Mon livre : "j'aime ma vie"

vendredi 26 avril 2013

Ecrire

Ecrire, écriture... Elle est au centre de ma pratique professionnelle, depuis de nombreuses années, presque depuis toujours... Ecrire, lire cet écrire.
Ecrire c'est dire, c'est vivre, c'est être et c'est faire
C'est prendre la distance, le recul de l'événement, de l'histoire, de l'action.
Ecrire, mettre, poser, déposer les mots, c'est offrir, c'est donner, c'est se débarrasser, c'est laisser, abandonner, se délester, se rendre plus léger..
C'est tout ça et ce n'est pas encore tout à fait ça.
Distance et recul, la parole laisse, casse, crée la rupture..
L'écriture laisse la trace, le passage, la cicatrice pour mieux peut-être dire, puis partir, car il restera témoignage du dit.
Dédit, se dédit et dédie cette écriture à soi, ou à l'autre, l'adresse, destinataire connu ou inconnu, étrange ou étranger, les mots sont lancés, c'est un coup de dés, parfois comme une bouteille à la mer, donner, faire croire, s'illusionner de l'insolitude, pour ne pas se perdre, se perdre dans les maux, se perdre alors dans les mots !
Peut-être ?
Aventure singulière que de coucher sur le papier, taper sur le clavier ces/ses mots qui s'inscrivent sur la page ou l'écran blanc.
Qui le déchirent, le recouvrent, l'imprègnent de la saveur, de l'odeur, du parfum de cette solitude, de ce désir du partage ?
Cri, SOS, j'é cris, le cri qui tue, tu ne l'entends pas, et tu le tues !
Cri encore, inscrit et décrit les maux par les mots qui se mettent ensemble alors que plus rien ne s'assemble, puzzle détruit, champ de ruines déconstruit encore ! Ravagé ! Ravages.
L'écrit
C'est tout ça et ce n'est pas ça, vraiment, parfois, peut-être ? L'écrit qu'on laisse derrière soi, avant de partir, pour peut-être ne pas revenir.
Partir sans laisser d'adresse, ni à l'un ni à soi, ni à l'autre...
Partir sans rien dire........
Dernières volontés, reconnaissances, explications, je te dis, je dédis ce message à ceux qui resteront peut-être pour ne pas qu'ils oublient ?
Qu'ils gardent peut-être dans les replis de la mémoire l'écrit chiffonné car il n'ont pas su entendre les cris.
Cris du vivant, écrit du survivant qui veut graver les mots et transmettre ses maux.
Ecriture, écris-tu ?
Ecris vain ?
C'est aussi sûrement le laisser passer cet ausweiss de l'au delà qui transcende les mots dits car ceux là ne sont pas assez forts pour marteler la pensée ?
Ce billet qu'on glisse au gardien des Enfers ?

"Je te glisse ce billet sur lequel je crie mes maux, car les mots que j'aurai pu te dire ne veulent pas sortir".
"Comme ça quand tu seras partie, tu me liras et tu penseras à moi, en lisant tout ça"
"C'est tellement dur et sale à dire, que de l'écrire je ne crie pas pour rien"
"Ecris, écris moi de temps en temps, moi je te donne ces mots, mais tu n'es pas obligée.....
.."

A Dora.