La bonne année !
Une année se termine une autre recommence, le roi est mort vive le roi.
Rien ne peut s'arrêter, tout doit s'enchainer, faire croire qu'au delà de la mort, la vie est encore là, un être disparait, un autre prend sa place
Ainsi va le monde....
La fête des fous avait lieu chaque année ce 31 décembre dans l'occident médiéval !
Ainsi l'homme conjure t-il sa peur, sa peur de mourir, sa peur de disparaitre. Avec ou sans lui, la Terre existe encore.
Survivre à la mort, survivre après la mort, à travers une oeuvre, des enfants, une pierre tombale ou des archives.
Etre éternel
L'éternité existe t-elle ? Le désir de l'être peut-être ?
Laisser une trace, une empreinte, ne pas être venu pour rien
Une année se termine une autre recommence. On brule l'ancienne pour mieux accueillir la nouvelle, y plaçant tous ses espoirs, espérances, rêves... Souhaitant le meilleur à soi surtout et accessoirement aux autres
Le bal des dupes a commencé... On y avance masqué.
Faites les fous, fête les fous !
On enterre l'année en faisant la fête, en s'abrutissant de bruit, de bouffe et d'alcool en remplissant le gouffre et le vide de sa solitude, de son angoisse terrible de se retrouver face à soi même !
Douleur terrible de se voir dans le miroir.On avance masqué, endormi, anesthésié
Les lendemains de fêtes ne chantent vraiment jamais, ils ont souvent un arrière goût amer, une sorte de gueule de bois dont on se remet à peine les jours suivants lorsque le brouillard se dissipe pour permettre d'émerger.
L'heure du Loup est alors épouvantable, si la vieille année de misère est terminée elle n'a pas emmenée avec elle soucis et problèmes, rancoeurs et jalousie, orgueil et vanité, désirs et pulsions.Les riches se réveillent riches, les pauvres, pauvres, les malades malades et la souffrance, la douleur, le chagrin et la peine font cogner le sujet au réel !
Enfin ce n'est pas grave, l'allumette craquée l'a fait entrer dans un monde irréel, celui de la magie et de l'illusion ... Qui est aussi celui du mensonge et de la tromperie
On avance masqué
Tombe le masque, tombe la neige, la vie est un tourbillon, un coup de vent, une tempête, un tsunami, qui vaut le coup d'être vécue..
Sans masque, simplement avec les deux pieds dans ce réel... Ce même qui nous permet d'avancer, d'être en relation avec soi et les autres...
Une grande et difficile épreuve
Une leçon de vie. Au quotidien
Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste.