Mon livre : "j'aime ma vie"

samedi 28 septembre 2024

Le refuge intérieur


Il faut bien ça pour se retrouver, se lover au fond de soi, pour se ressourcer et même parfois renaitre, advenir une fois encore à la vie, une fois de plus ?


Va, vis, deviens et adviens à toi même aux autres et là Vie.
L'Haim.

Alors ?

Il faut bien un coin où se cacher où se terrer quand rien ne va plus, que les jeux sont fait !
D
ead man's hand ?

Il faut bien se mettre à l'abri des bris de la vie pour lécher ses plaies, tant et tant de fois pour les cicatriser, recommencer encore car la suture s'est déchirée, une fois encore.

Il faut bien ça pour se cacher, tout au fond de soi, à l'abri de son propre regard, son propre souffle.. ne plus s'entendre, ne plus se voir, pour se réparer, se séparer, se refaire, folder une bonne fois pour toute, remettre son titre en jeu, abattre ses cartes en une seule fois et rafler la mise

Refuge ? 

Se réfugier, s'isoler, dans l'entre soi, au coeur même de son âme et de son corps, se blottir contre soi, ne faire qu'un avec soi, se confondre
Se fondre en soi, au plus profond de soi, pour n'être qu'avec soi
C'est une profonde solitude, la solitude originelle et la solitude ultime
Sol, seul, soi
Nous sommes des Etres seuls, l'être seul à soi
Dans la réalité de l'irréel de soi

C'est l'ultime, le seul refuge. 
Celui qui nous permet de vivre, d'être au milieu de ce monde dans lequel nous avons été projeté avec une violence absolue, inouïe, terrible et parfois tragique
C'est un arrachement du Monde, une déchirure de l'Humanité, une blessure qui s'ouvre devant le vide de l'Infini, de l'infinitude qui nous arrache à la tiédeur du Soi, de l'Etre ailleurs ou pas

Refuge ?
Il ne peut être que là, dans cette sensualité mystérieuse, cette intimité de la douceur de l'Absolu.
C'est braver le Néant, le vide et le gouffre de l'Abîme
Pour ne jamais s'y abîmer et s'y abandonner à tout jamais

On se retrouve que soi dans ce Refuge là.
Et il faut s'offrir ça
Se donner ça
Au moins une fois
Afin de vivre et ne pas mourir.

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne, exploratrice urbaine
Crédit photo @brigittedusch