Psychanalye Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

vendredi 7 juin 2019

Ce désir étrange et singulier



Souvent me vient ce désir étrange et singulier
Un désir de vide rempli de rien
Désir de non vie et de non envie

Souvent me vient ce désir que tout soit fini
Le désir de l'ultime repos
Celui du vide rempli de rien
Désir de la nuit infinie
Pour oublier que l'avant est fini
Eprouver une indicible tristesse
De ne plus être à la hauteur
De ses attentes et même de ses faiblesses
Etre au bord de ce précipice
Qui ne demande qu'à accueillir
Ce qui n'est plus et ce qui n'est pas encore.
Qui ne sera peut-être jamais
A nous de décider

Souvent me vient ce désir étrange et singulier
De me réfugier au creux de cette parenthèse
Celle du vide, du creux et du rien

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch

dimanche 26 mai 2019

S'oublier à l'ogre.



L'autre est un ogre, un ogre qui dévore tout sur son passage, il prend tout, détruit tout, dévaste tout, ne laisse rien, écrase tout.
Il prend tout. C'est un ravage.

Pour lui il n'y a pas d'autre.


S'oublier au point de ne plus être là, s'abandonner au point d'effacer son être.
N'être plus, naitre plus jamais
Dans cette histoire, il n'y a pas de reddition ; c'est une invasion, une guerre qui n'a jamais été menée, une guerre d'usure, une guerre froide et insidieuse qui s'est infiltrée dans les parois des sentiments, dans les failles des émotions, c'est aimer au point de se laisser, de se laisser aller à l'autre, cet autre qui prend tout et plus encore, c'est aimer mal c'est mal aimer, c'est ne pas s'aimer
Sans le savoir.

C'est se laisser aller à tout ça, sans vraiment s'en apercevoir, sans vraiment se rendre compte qu'on n'existe plus, que nous ne sommes plus qu'un pâle fantôme de notre être qui n'a jamais vraiment été incarné.
C'est se mettre en marge d'un vouloir, d'un désir qui n'a jamais été vraiment désiré, c'est être ailleurs.

C'est donner à l'ogre tous les pouvoirs, pour tenter de croire, juste un court instant que notre piètre existence peut avoir juste un peu de sens
C'est se croire aimer, dans les yeux d'un autre, qui n'a pas de regard, pas d'égard. C'est une imposture, c'est une torture, c'est une mort à petit feu qu'on s'impose chaque jour mais qui nous rend vivant
S'abandonner à l'autre qui dévore sans jamais pouvoir aimer
S'abandonner à ça pour ne pas être mort
Pas encore.


Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch 

mercredi 1 mai 2019

Notre chef d'oeuvre


Et il y eut le chef d'œuvre !
Il y eut ce temps, au temps des Cathédrales et plus tard encore.
Il y eut le chef d'œuvre, l'aboutissement d'un apprentissage.



Nous ne sommes pas des Compagnons, nous ne faisons pas le Tour de France
Et pourtant ?
Nous humble sujet Compagnon du Devoir quotidien, notre humble quête ne peut-elle pas aboutir au Chef D'œuvre ?


Qu'est ce que ce chef d'œuvre ?

Non, il n'est pas l'aboutissement de toute une vie, car une vie ne peut être aboutie, elle n'est qu'impermanence, bouleversements et changements auxquels nous devons nous adapter, plier sans jamais rompre afin de poursuivre notre chemin. C'est une Quête éternelle à la recherche de soi, d'un soi perdu au tréfond de la mémoire, dans un recoin de l'inconscient, bien caché, mais bien présent aussi pour nous empoisonner la vie. Quête de soi, non à travers un univers, ou pas seulement, mais surtout dans les méandres de soi. Conquérir le Je, le soi, l'Être essentiel qui est ce Je cet ego, qu'on ne connait pas vraiment, ou dont on ne veut pas, tant il ne nous plait pas.

C'est un apprentissage, long réclamant patience et humilité
C'est l'apprentissage de l'amour de soi, de l'accueil de soi, c'est partir dans ce long voyage là, c'est regarder, entendre, voir, écouter, sentir, ressentir, c'est savoir qu'il y a des émotions, qui arrivent sans crier gare parfois, qui émergent et nous submergent mais dont il faut faire quelque chose, ne pas nous priver de la colère ou du chagrin pas plus que de la joie et du bonheur, savoir que "ça passe" et que cela nous appartient.

Cette quête n'est jamais vaine, elle ne fait de nous ni des Saints ni des Parfaits, mais nous rend un peu plus humain et plus humble, car l'humilité est la condition sine qua non de la quête, il ne faut rien en attendre, ou ne pas placer l'espoir trop haut, être suffisamment ouvert pour être prêt, prêt  à oser aller vers l'inconnu, car ces territoires n'ont jamais été explorés par qui que ce soit et nous ne pouvons en lire des récits de voyages. Celui ci est singulier, il est le nôtre, il est nôtre et c'est à nous de le découvrir et d'en découvrir le chemin, nulle carte pour nous y mener, à nous de nous lancer dans cet inconnu, dans cet insoupçonné, à nous d'en acquérir le savoir afin de combler notre ignorance et d'en finir avec notre déni.
C'est notre quête, notre aventure, fantastique et extraordinaire : elle peut prendre des formes multiples et variées, du chemin de mémoire sur des routes de campagnes ou des chemins sombres, ensoleillés, tortueux et boueux qui nous conduisent aux bords de rives et de pâturages inconnus. Il faut oser, ne pas renoncer, le voyage, ce voyage en soi, vaut le coup, c'est ce savoir là, ce savoir sur soi, qui nous rend plus fort, nous force à extirper de nous ces sursauts de vie, ces désirs de vivre, ces envies qui vont nous tenir en vie, c'est expérimenter ça qui va nous montrer qu'en nous se trouvent toutes les ressources pour ne pas mourir. se trouver, se dépasser, se surpasser et s'étonner et dire "oui, je peux, je suis fier de moi" je sais ! je sais au moins un peu plus qui je suis, je sais que je suis.

Etre ! Etre pour ne pas mourir, Etre pour vivre , Etre pour aimer, Etre pour s'aimer. C'est la quête, le résultat de cet apprentissage, l'apprendre, le prendre de soi... Et comprendre ça est notre chef d'œuvre !

Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste.
Crédit photo @brigittedusch



dimanche 14 avril 2019

Pas sage



De passage, ne soyons pas sage
Risquons nous à la fantaisie
Nous n'avons qu'une vie
Expérimentons le bonheur
Au mépris du malheur
Soyons libre de notre vie
De notre destin
Affirmons sans souci
Que nous ne choisissons la vie
Vivre pas sage
Car nous ne sommes que de passage.

Passons donc par ci par là,
Ne suivons pas de chemin droit
Egarons nous dans les méandres, dans les chemins de traverses
Pas sage ! Ne soyons pas sage, de passage, nous sommes des passeurs d'âme.

Brigitte Dusch in "Les nouvelles d'Arsel"
Crédit photo @brigittedusch "Damgan"

lundi 8 avril 2019

Parce qu'il faut partir



Parce qu'il faut partir, prendre le large, quitter pour ne pas s'ancrer
Ne pas s'installer, rester là des années
Ou des siècles

Nous sommes de partout
Nous sommes de nulle part
Et c'est notre force
Parce qu'il faut partir, ne pas rester là
On ne s'attache pas, on ne se lie pas
On ne s'enracine pas
Il n'y a pas de douleurs
Pas de souffrance, ni joies ni malheur,
Nous ne sommes que de passages ici et là, aujourd'hui, hier et demain
Nul ne se souviendra de nous
Est ce l'essentiel ?
Qu'est ce que l'essentiel ?
Laisser une empreinte, une trace de notre passage, alors que nous sommes une poussière balayée par le premier vent du Nord, qui nous emporte au bout de la terre, au bout du ciel et de la nuit !
Voyage et lumière
Ici et là par ci par là
Parce qu'il faut partir

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne, in "Les Nouvelles d'Arsel"
Crédit photo @brigittedusch 

dimanche 17 mars 2019

S'offrir la vie


C'est une lueur, une lumière, un soleil, c'est un cadeau, l'unique, le seul que l'on offre à soi même : se donner la vie.

Elle dit : "Je veux voir la lumière, celle qui est au bout du tunnel car j'y arrive enfin...
"Le chemin a été long, mais j'y suis presque et ça fait du bien"


Elle est longue la route vers la reconstruction
Elle est semée d'embûches, de chaos, on avance un peu, on recule beaucoup, on tâtonne dans le noir, cette pénombre qui n'en finit pas de nous envahir, de nous recouvrir pour nous empêcher de voir le jour, de voir le ciel et les étoiles de la nuit.
Tout est sombre et lugubre et on n'y "arrive pas" chaque jour est un cauchemar et chaque nuit un enfer
On vit avec nos fantômes, ceux de nos pères et de nos mères.
Non, personne n'a voulu de cet héritage là, mais c'est comme ça : ça se transmet de mère en fille, de père en fils et parfois ça saute une génération.
Fatalité : Fatum : Destin.
La vie n'est pas tracée et personne n'est prédestiné à devenir, être malheureux. Personne, ni dieu ni maître n'assigne le sujet à porter le fardeau de ses Ancêtres. "Tu respecteras ton père et ta mère, mais point leur bagage tu porteras".

Oui, le chemin est long, mais il vaut le coup, même si parfois c'est un parcours du combattant. Ne faut-il pas se battre pour venir au monde ? Pour se mettre au monde ? Se donner et s'offrir à ce monde qui pendant toutes ces années nous a effrayé ?
Certes la vie nous a été donné un jour, une nuit, à un moment par une femme, la mère, notre mère. Nous avons vu le jour ? Mais pas toujours. Nous avons vu une sorte de jour, mais qui ne nous convient pas, un jour biaisé, un jour assombri parfois par une enfance difficile, douloureuse, absente. Et depuis devoir trainer ce poids, rester au seuil de la Caverne sans oser aller voir un peu plus loin, y trouver dans cet ailleurs une herbe plus verte et un ciel plus bleu. Il faut sortir : Il faut partir.
Partir à la découverte de soi, partir pour une aventure périlleuse mais nécessaire, vitale, essentielle, la sienne, celle qu'on se donne pour enfin naître à soi même : Etre enfin soi
C'est un chemin singulier, où nous devons poser des choix, renoncer, et oser, ouvrir ou non des portes et des fenêtres, les refermer, ou entrer. Seuls nous savons, une petite voix nous guide parfois, être attentif, se tromper, recommencer, avancer, reculer et recommencer, faire un pas, puis un autre, se libérer : enfin.
Accoucher de soi même. Etre au monde, Etre soi, pour soi. Et advenir à soi.
A présent il faut aller. Aller sur les chemins de la vie, celle que nous avons décidé d'être nôtre.
Ouvrir enfin la porte vers la lumière et le ciel bleu. Oser Enfin s'offrir ça !

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch Lac de Bairon, Mes Ardennes.

samedi 9 mars 2019

La crise d'angoisse


Elle arrive comme ça, on ne s'y attend pas, on ne sait pas ce que c'est, on ne comprend pas. C'est violent, c'est brutal… C'est affreux, c'est terrifiant.
Ca prend comme ça, d'un coup, n'importe quand, n'importe où, sans savoir pourquoi.
On se dit qu'on va mourir, que le cœur va lâcher. On ne peut plus respirer, tout est bloqué, on a mal, on pense devenir fou, les jambes tremblent, on a chaud, froid, et ça serre, le cœur, l'estomac, le ventre, la nausée, la perte de contrôle, des tremblements, la tête qui tourne, la boule au ventre, le nœud dans la gorge, le nœud partout, on est pris tout entier dans un étau, et sa serre, encore, plus fort, on va mourir, ce n'est pas possible, on tremble encore, on est livide, et pâle, c'est terrible, on perd le contrôle de soi, tout fout le camp, on va tomber, on essaie bien, on voudrait bien,  on n'y arrive pas…
Puis ça passe…. 
On a l'impression que ça ne s'arrêtera jamais, ça dure l'éternité, on est hors sol, hors de soi, de la terre, des autres, ailleurs, et on ne comprend toujours pas. Crise cardiaque ? Autre chose grave ? Mourir, toujours cette peur de la moirt, subite, comme ça, soudain ! Qu'est ce qu'il se passe, alors qu'il n'y a rien de spécial….

"Je vais mourir". "Je deviens fou". "J'ai tellement mal"

Le médecin consulté, ou les Urgences parfois, après plusieurs bilans, disent que tout va bien, le corps se porte bien. Pourtant !
On a mal et on a peur, peur que ça revienne on ne sait pas quand, parce que ça revient des fois, n'importe quand, n'importe où ?


Angoisse, anxiété, Angst, AngorDes mots, voilà des mots. Mais que signifient ces mots ?

Crise d'angoisse, crise de panique. Crise tout court. Douleur, souffrance, et peur. Et peur d'avoir peur que ça recommence, et de ne pas savoir si et quand ça va s'arrêter. Ce "ça" maudit, qu'on ne peut nommer car on ne sait pas vraiment ce que c'est et pourquoi "ça" arrive comme ça.

Il y a la peur, la peur à l'origine de la peur, ce cercle vicieux qui terrifie, car cette crise ne vient pas de nulle part, ne surgit pas comme ça. Alors pourquoi ?
D'abord comprendre ce qui se passe dans son corps, comment "ça" prend possession du "soi". S'assurer qu'il n'y a rien de physique. "C'est déjà ça, mais pas forcément" souligne E. "au moins si c'était le cœur on pourrait me soigner et ma famille ne me prendrait pas pour un fou"
Le mot est lâché, car bien sûr, si le corps n'a rien, c'est dans la tête que "ça" se passe, donc…
Folie, non prise au sérieux… De la plainte qui elle est bien réelle car si aucun organe n'est responsable de la douleur, celle ci est pourtant bien réelle aussi. Car "ça" fait mal et il faut que "ça" s'arrête, absolument.
Bien sûr il existe des médicaments, qui soulagent, mais le sujet, le "je" lui, voudrait comprendre pourquoi son corps lui envoie un tel signal ? un tel rappel à l'ordre? Ce n'est pas une mince affaire. C'est partir à la recherche de l'origine, la peur originelle, celle où tout à commencé, celle bien enfouie dans un repli de l'inconscient afin de faire face au quotidien. Sauf qu'elle est là, tapie, en toile de fond et nous empoisonne l'existence, nous rappelle sans cesse que nous sommes en comptes et qu'il faut les régler. L'angoisse : Elle n'est pas sans objet disait Lacan, c'est exact, mais quel en est l'objet ? Il est singulier, il est nôtre, nous l'avons fait ainsi. La psychanalyse en elle même ne donne aucun "outil" pour soulager dans l'immédiat contrairement aux thérapies cognitives qui permettent de mettre en place quelques techniques efficaces en attendant de trouver en nous l'explication à ces symptômes, de comprendre ce qu'est l'angoisse de l'angoisse. Il faut l'écouter, apprendre à la sentir venir, l'accueillir aussi parfois en sachant qu'il n'y a pas de danger et qu'elle va s'en aller. Puis petit à petit les pièces du puzzle s'assemblent et le "je" va se sentir prêt à affronter sa peur, pour ne plus avoir peur d'avoir peur.

Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste
Crédit photo @brigittedusch

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