Brigitte Judit
Crédit photo @brigittedusch
Psychanalyse aujourd'hui
L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
mercredi 18 février 2026
Aimer de cet amour là
mardi 10 février 2026
L'amour absolu
Parfois avant d'écrire, je marche, je cogite et "j'écris dans ma tête" ce n'est pas un brouillon, un texte inachevé, mais le fruit d'une méditation brute et sans filtre.
C'est une question vertigineuse mais profondément humaine.
Si je parle de l'amour absolu ce n'est pas une simple réflexion théorique mais profondément réelle donc humaine car elle vient d'un lieu vivant, fragile, brûlant. Elle vient du plus profond de moi, de mon expérience, ma loyauté, mes douleurs, du don, des liens. C'est le tissage de tout cela.
Voilà comment je l'entends
Amour
Absolu
Pour moi l'un ne peut aller sans l'autre.
C’est l’amour absolu,
C’est l’amour juif, l’amour de ceux qui ont déjà tout perdu et qui savent que l’essentiel, c’est l’autre.
L’amour absolu n’est pas un sentiment parfait.
Ce n’est pas une fusion, ni une dépendance, ni un oubli de soi.
Ce n’est pas un conte de fées.
L’amour absolu, c’est ce qui reste quand tout s’effondre.
Ce qui reste quand :la beauté disparaît, les illusions tombent, la peur dévore, la colère brûle, la déception s’installe, le réel blesse, les illusions tombent, la peur dévore, la colère brûle, la déception s'installe, le réel blesse.
L'amour absolu c'est ce qui tient malgré tout
Ce n'est pas l'amour qui plane au dessus du monde, c'est celui qui traverse le monde qui se frotte à la boue, au doute, au tragique et qui RESTE, c'est continuer d'aimer malgré tout.
Ce n'est pas un amour aveugle mais un amour lucide qui ne renonce pas.
L'amour absolu ne possède pas il accompagne
Car c'est l'amour qui ne prend pas, qui n'exige pas, qui ne tient pas dans sa main, c'est l'amour qui veille, qui protège, qui souffre parfois d'aimer trop mais qui ne ferme pas.
C'est ainsi que j'aime
C'est ainsi que je t'aime
Dans ma façon de m'inquiéter, d'écouter, d'écrire, d'être présente pour ceux que j'aime et de porter aussi les douleurs du monde comme si elles étaient miennes.
Mon amour est vrai, sincère, vaste, cosmique, mais intime et pudique. Cet amour circule comme un souffle.
L'amour absolu est une mouvement pas une possession.
Le mien est une trame, tissée de fidélité, lucidité, compassion, liberté responsabilité, mémoire. Ce n'est pas un état stable, c'est un chemin. C'est un oui répété malgré les déchirures, un engagement du coeur même quand l'esprit tremble.
Cet amour je le vis et l'incarne
Brigitte Judit
Crédit photo @brigittedusch.
dimanche 18 janvier 2026
Couture et dentelle, psychanalyse, histoire et mémoire
Couture et dentelle, psychanalyse, histoire et mémoire
Tout ça est la même histoire : une histoire d'étoffe déchirée, de désir, de mission celle de réparer, recoudre, mettre au jour, mettre au monde.
Emounah Hazak Hatikva…
C’est une œuvre infinie, sans fin, éternelle.
Cent fois, mille fois remettre le fil sur la trame.
Reprendre l’aiguille.
La couturière travaille avec ce qui est abîmé, déchiré, troué.
Doucement, elle réajuste, répare, raccommode, reprend point par point, fil par fil, pour réparer les accrocs, les déchirures, les béances, afin de donner une nouvelle chance aux étoffes et aux habits.
Mais elle n’efface pas les cicatrices ; au contraire, elles sont les marques de la vie.
Emounah Hazak Hatikva…
La couturière n’est pas une créatrice toute-puissante, elle n’invente pas les tissus. L’analyste n’invente pas les mots. L’historien n’invente pas les archives.
Tout cela ne vient pas ex nihilo : il est déjà. Ainsi ils œuvrent dans la limite de ce qui est déjà là.
Berechit… et le sixième jour…
Il appartient à l’homme de parachever la création divine.
La couturière accepte toutes les failles ; ce n’est pas une restauration fidèle et idéale du Un perdu, mais une réparation fragile, partielle, toujours en devenir.
Emounah Hazak Hatikva…
Psychanalyse, histoire, généalogie : le fil qui relie
Ainsi, je suis historienne, psychanalyste, et aussi cette couturière bien réelle et étrange.
Avec l’aiguille comme outil de lien, le fil comme continuité entre les générations, la couture comme acte de résistance, la déchirure réparée devient un lieu de mémoire.
Mon fil devient un acte de mémoire, de réparation, presque de résurrection symbolique.
Emounah Hazak Hatikva…
Recoudre la généalogie de ceux qui sont morts sans sépulture, c’est redonner un nom, une place, une filiation à ceux que l’on voulait réduire à l’effacement.
Oui, c’est un travail de tikkun au sens le plus fort, car je reprends les fils arrachés et je refuse que la déchirure reste béante.
Là où les bourreaux voulaient l’oubli, je pose une couture de mémoire.
Là où il y avait une disparition sans trace, je tends un fil qui rattache au vivant.
Emounah Hazak Hatikva…
Ecriture, geste spirituel et politique
Mon écriture, si elle est souvent poétique et mystique, est aussi politique : elle répare l’histoire.
Je veux être la couturière, celle qui recoud entre les générations, entre les vivants et les morts pour que l'étoffe humaine ne se défasse pas toute entière.
Chaque point, chaque reprise, chaque fil devient une prière silencieuse, un acte de résistance, un geste de réparation. La trame du monde, fragile et abîmée, se tient grâce à ces gestes répétés, infimes et puissants à la fois.
Chaque point, chaque reprise, chaque fil devient
un geste de mémoire,
une prière silencieuse
Un acte de résistance
La déchirure n’est pas effacée, mais transformée en lieu vivant.
Le fil passe, discret et constant, reliant ce qui fut perdu à ce qui peut encore être sauvé.
Emounah Hazak Hatikva…
Et à chaque couture, à chaque geste, l’étrange couturière murmure, comme moi
Emounah Hazak Hatikva…
Brigitte Judit Dusch :psychanalyste, historienne, exploratrice urbaine, chercheur
Crédit photo @brigittedusch
samedi 10 janvier 2026
Marcher en solitaire
Je suis une marcheuse solitaire
je marche souvent seule, seule avec moi même
Seule pour être plus proche du Maitre du Monde
Je marche, je pense, et laisse aller mes pensées, mes idées,
je laisse les mots se tricoter, se tisser, se fondre
Cette solitude n'est pas un isolement.
D. est prés de moi, je lui parle et il me répond
Il me guide
C'est un moment un peu plus privilégié puisque l'Eternel est toujours proche de ses enfants.
Il répond toujours à leur appel
Non ce n'est pas un isolement, c'est une matrice
C'est là à cet endroit à ces moments que les idées surgissent et m'inondent et me submergent parfois
C'est à que les fils d'or, d'argent, de couleurs et de lumière forme un magnifique arc en ciel et se tissent encore et encore
Me remplissent de joie et de bonheur
C'est à cet instant que je côtoie les astres et frôle l'ombre des étoiles qui dans leur immense bienveillance me couvrent de leur infime poussière.
C'est la que naissent et viennent au monde mes images et mes textes
Dans ce bonheur
Je porte le monde en moi lorsque je marche, je suis au monde, dans le monde, il est en moi, je suis le monde.
...................................................
Et puis j'écris, je tisse le fil sur la trame, et se forme l'étoffe
Je suis fille du Shmates et des Tailleurs d'habits
Puis je partage, car écrire sans partager ne veut rien dire, ne sert à rien, même si on écrit pour soi, si on écrit de soi.
Ecrire sans partager, c'est comme allumer une bougie et en cacher la flamme, priver de la lumière et rester dans les ténèbres
Si j'écris c'est aussi pour comprendre, et si je partage c'est pour relier, pour toucher, pour interpeller, faire résonner ouvrir et relier les êtres, les âmes et les coeurs
Brigitte Judit "
Crédit photo @brigittedusch
dimanche 4 janvier 2026
3 janvier 1944 Dora.
Il y 81 ans ans
C’est un matin, le 3 janvier 1944 des
gendarmes français viennent à l’école primaire de la ville entrent dans la classe pour prendre Dora sous les yeux de ses camarades de
classe
Les enfants ne bronchent pas. Dora est
terrorisée.
L’institutrice impassible laisse faire et tient
des propos rassurants :
« Elle est avec les
gendarmes qui vont bien s’occuper d’elle, ils ne peut lui
arriver, continuer votre travail et c’est ce qu’on a
fait. » me dit en me regardant droit dans les yeux une dame
âgée qui était alors dans la classe de Dora.
« Non,
je n’ai pas eu peur, pourquoi ? Peur de quoi ?
c’était normal ils faisaient leur travail »
Je
soutiens son regard. Elle ne baisse pas les yeux.
Son petit
fils sentant le malaise me dit’ oui
la gendarmerie française ne pouvait pas leur faire de mal’
Je
reste impassible, je me contiens, je ne dis rien, j’écoute je
lui demande « et
maintenant qu’en pensez vous ?
‘Mais
rien de plus, il n’y a rien à penser de plus »
Je
ressens non la haine mais pire : l’indifférence…
Je
la toise avec un calme et un silence absolu et mon regard est
glacial, pire encore.
Elle baisse les yeux.
Je
lis parfois d’autres versions : fables ? Il
faut bien.. en examinant bien il y aurait à dire, cela viendra en
son temps.
Je
m’en tiens à ce qui m’est raconté par deux témoins directs.
Cette
vieille dame et Serge ce Monsieur âgé qui n’a rien oublié.
Dora
avait 13 ans.
Elle portait au revers de son manteau une Etoile
Jaune.
Les gendarmes français l’ont reconduit chez
elle au 14 rue Taine où elle vivait avec Renée sa maman. Abraham
son père avait été arrêté et gazé un an auparavant à
Auschwitz, le savaient-elle ?
Elle est restée toute
la journée avec sa maman sous la surveillance d’un soldat allemand
armé. On leur a dit de préparer une valise. Puis dans la soirée,
sous une pluie battante, un froid glacial, le froid de janvier en
Argonne un camion est arrivé.
Dans cette rue il y avait en face
de leur modeste demeure, une autre maison où vivait une autre
famille. Un couple âgé et leur fils… (cela sera une autre
histoire car je n’oublie personne)
Les allemands les ont
pris
Dora et sa Maman portant leurs maigres effets sont partis
sous l’escorte et la violence des soldats les menaçant de leurs
armes…
Les voisins terrifiés ont tout vu de leur fenêtre.
Serge a été témoin de toute la scène qui le terrifiaient encore
quand il me l’a relatée.
Une maman, des enfants, des
vieillards et leur fils avec des Etoiles Jaunes.
Serge
vous aviez 11 ans alors, voisin et camarade de Dora. Il y a 2 ans un
26 décembre vous avez accepté de tout me raconter en pleurant. Je
transcrit vos mots, tels que je les ai recueillis.
« Je
n’oublierai jamais, ces images, je les vois tous les jours, je les
verrai jusqu’à ma mort.. Dites le »
Serge vous
étiez le dernier témoin,
Aujourd’hui vous n’êtes
plus et quand je passe chaque jour dans la rue, votre maison est vide
elle aussi. Vous êtes parti… rejoindre Dorette comme vous disiez
et sa maman qui était l’amie de vos parents
Vous
étiez le dernier témoin
Der letzte
Zeuge
Il me raconte bouleversé, sa voix tremble. Il y
des larmes, il y a des silences.
« Vers 11h30-
minuit, il pleuvait, pleuvait, pleuvait! Si vous saviez.
Ils
ont pris Dora et sa mère et M. S, sa femme et leur fils
sont monté dans un camion sans bâche sous des cris et
hurlements SS dans la violence.
Monsieur L parti un soir
avant Noël il a été arrêté
Un soldat
allemand a gardé Dora toute la journée avec un fusil,
ils l’on emmenée avec sa mère, sur
une marche du camion… C’est une scène que je n’oublierai
jamais jamais jusqu’à ma mort, je reverrai… On était à le
fenêtre on faisait attention, je les revois encore.. Leurs
affaires ? ‘elle est partie avec une valise, un petit ballot
de linge… M. S était riche, il avait un commerce de bestiaux. Eux
non. Les L. ne sont pas revenu, quelqu’un est venu en 1945.. Notre
génération ne posait pas de question. »
Puis il me
dit
« Mme L a envoyé une lettre dans une
enveloppe avec un timbre de Pétain « Nous partons pour le camp
de Drancy, gros bisous à Serge…
Ils sont
partis vers Rethel puis pour Drancy comme l’a précisé Renée,
puis le convoi 66 pour Auschwitz
De Rethel Rénée à écrit à
votre mère
Une lettre dont vous vous souvenez de chaque mot
Serge
Une lettre que vous avez confiée à des gens dont vous
m’avez donné le nom
Une lettre qu’ils ne vous ont jamais
rendue
J’ai raconté tout cela à Henri votre frère après
votre décès
Serge, Henri, les frères ainés de mon Ami
Daniel qui n’a pas vécu rue Taine vous aviez déménagé mort lui
aussi depuis longtemps
A cette époque ni lui et moi savions que
nous étions si proches...
Et sous une pluie
battante, dans le froid de l’Argonne terre d’exil où ils
pensaient vivre en paix, Renée toi qui venais d’Alsace et toi
Abraham des Shtelts de Pologne, Dora votre fille, une famille.
Et
sous une pluie battante, dans le froid de l’Argonne, un soir de
janvier vous êtes parties dans un camion sans bâche, vous êtes
parties Dora et toi Renée vers la mort. Ils vous ont assassinées.
Vous êtes deux de ces 6 millions d’étoiles qui
scintillent dans le ciel
Nous ne vous oublions pas, nous ne vous
oublierons jamais.
Et vos noms sont inscrits sur le Mur des Noms
et votre histoire y est racontée
Ce soir deux exilés de
l’Est et du Levant viendront dire un Kaddish
Ce soir, une
Ashkenase et un Mizrahi sont venu dire le Kaddish et se
recueillir.
Ici une couturière qui ne sait pas coudre
mais seulement tisser les fils de la mémoire écrit votre Histoire à
tous les trois pour que jamais vous ne soyez oublié.
Nous
sommes unies par Moshe,
Toutes deux nous sommes les Enfants du
Tailleur d’Habit
Il y a quelques années j’aurai pu te dire
que… Mais Petite Soeur depuis le 7 octobre je ne sais plus quoi
dire. Sauf que rien n’a changé ils nous haïsse tout autant
Mais
nous avons toujours notre D. notre Foi, notre Kavod,
Et
maintenant nous avons Mossad, Tsahal, Israel
Nous avons chez
nous
Nous avons tout ça, et nous sommes debout.
Nous
sommes la Mémoire vivante de six millions d’âmes que nous faisons
briller dans le Ciel pour l’Eternité.
Je t’aime.
Puisses
tu reposer en paix.
Tikkun Olam
Brigitte Judit
Crédit photo @brigittedusch
dimanche 21 décembre 2025
L' exil intérieur et la diversité silencieuse
L’exil intérieur et la diversité silencieuse’
En explorant la mémoire collective des communautés de l’exil, il devient évident que le racisme et la discrimination ne se limitent pas à une seule communauté ou à une seule forme d’appartenance. La société israélienne, souvent perçue comme un espace d’unification nationale, porte en elle une diversité complexe et parfois douloureuse.
Il ne s’agit pas uniquement du conflit entre Mizrahim et Ashkénazes, ou entre Séfarades et autres groupes, mais aussi des expériences personnelles de rejet, de moquerie, ou d’exclusion qui touchent des individus issus de toutes origines. La grand-mère de cette dame, qui parlait sept langues, dont l’hébreu avec un accent yiddish, se souvenait avec tristesse des moqueries et des humiliations qu’elle avait subies. Ces souvenirs rappellent que la marginalisation ne connaît pas de frontières ethniques ou linguistiques fixes.
Chaque voix, chaque histoire, témoigne que la diversité culturelle, linguistique, et identitaire – celle que porte chaque migrant ou exilé – comporte aussi ses blessures. Ces blessures, souvent invisibles, façonnent une mémoire collective complexe, riche de contradictions et de résistances.
L’expérience de l’exil n’est pas seulement géographique, elle est aussi intérieure, une quête de reconnaissance et d’appartenance dans un espace où l’identité peut devenir un territoire de combat. Reconnaître cette diversité, cette complexité, c’est aussi ouvrir la voie à une compréhension plus profonde de l’histoire partagée, et à la construction d’un avenir plus inclusif.
Je
soulève ainsi une question profondément essentielle touchant à la
complexité de l’identité juive dans le contexte actuel d’Israël
et de la diaspora. En effet, dans un pays où la majorité des Juifs
vivent en diaspora, souvent en Europe ou en Amérique, il y a une
tension entre l’appel à l’alya (souvent un devoir perçu comme
une nécessité pour la survie collective) et la reconnaissance de la
diversité des expériences, des identités, et des histoires
personnelles.
A noter cependant que les Mizrahim n’avaient pas
d’autre endroit où aller, c'est vers Israel qu’ils ont été
dirigés, ils n'y étaient pas les bienvenus après un exil de plus
de 2600 ans. Considérés avec méfiance les fiers sabra ne voyaient
en eux que des "arabes pouilleux" oubliant pour certains
qu'ils étaient plus Juifs qu'eux. Ils ont été parqués et mal
traités dans des camps insalubres, leurs enfants mis à l'écart et
discriminés.
Ce
qui peut paraître paradoxal,
c’est que ces appels à revenir en Israël, souvent motivés par le
sentiment d’un devoir historique ou de sécurité, peuvent parfois
occulter ou minimiser la richesse des parcours et des souffrances que
ces personnes portent en elles, notamment celles liées à leur
langue, leur culture, ou leur vécu d’exil.
J’évoque
en ces jours particuliers une question fondamentale : ont-ils
compris ou intégré le message de la Torah ?
La
Torah insiste sur la justice, l’amour du prochain, l’accueil de
l’étranger, la compassion, et la reconnaissance de la diversité
comme une valeur fondamentale.
Or, si ces valeurs ne sont pas
pleinement respectées ou comprises dans la pratique quotidienne ou
dans les politiques sociales, cela peut donner l’impression d’un
décalage, voire d’une incompréhension profonde de ce que signifie
être véritablement fidèle à cet héritage.
Encore
faut-il savoir de quel héritage il est question.
Ainsi
il s’agit d’un défi pour la société
israélienne.
Réconcilier l’appel
à l’alya avec la nécessité de respecter et d’intégrer cette
diversité, c’est un défi majeur.
Reconnaître que
la mémoire de l’exil, des discriminations, et des souffrances
passées doit nourrir une pratique de justice et de compassion, et
non devenir un simple slogan ou un argument politique.
Brigitte
Judit Dusch, historienne, psychanalyste, chercheur, exploratrice
urbaine
Crédit photo @brigittedusch
mercredi 17 décembre 2025
Une Bulle de Lumière
Un
espace secret, rien qu'à nous.
Une Bulle de Lumière
Un
lieu qui n’en n’est plus un, car il n'y a ni temps ni
frontière.
Un espace qui surgit à chaque battement de nos
coeurs
Comme la première lumière du premier jour
Quand D.
a dit "Yehi or" et la lumière fut
Parce que deux
êtres venaient enfin de se reconnaitre
Il suffit d'un regard,
d'un mot, d'un sourire et s'ouvre cette bulle d'amour infini, hors du
temps, pour un instant, cet instant seulement qui devient
un refuge, une respiration, un lieu de douceur et de profondeur.
Nous
nous laissons porter, légers, sans retenue, abandonnant le
raisonnable et le rationnel, libérant nos pensées les plus folles,
les idées fusent, se croisent, se répondent
Nos âmes et
nos coeurs vibrent à l'unisson, battent au même rythme et à la
même cadence.
Cet espace intime de réflexion de partage et
d'échange à qui nous donnons vie, lieu improvisé que nous faisons
naître au fil de notre intimité surgit ex nihilo du fond de nos
exils, où nous nous retrouvons sans rendez-vous, à l'improviste, à
l’impromptu.
Il se construit avec nos mots, nos rires, nos
réflexions, nos contemplations, nos rêveries tissées de tendresse
et d’amour dansant autour de nous.
C'est beau ! C'est magique
! c'est la vie ! c'est la création.
Prends, prends le meilleur
pour devenir meilleur.
BH
Nous sommes tous les deux
étranges, deux funambules dansant sur le fil tendu par les étoiles
qui nous regardent avec bienveillance tenter de réparer le
monde.
C'est l'état de grâce, frôler l'ombre des
étoiles, accéder à la connaissance, voir le firmament et se
laisser porter par la musique céleste sous une pluie de poussière
d'étoiles.
C'est ainsi que je nous vois ; un conte que ton
étrange couturière tisserait sur son métier écrit avec une plume
d'âme qui sait aimer au delà des mondes.
C'est dans
cet espace intime, cet entre nous que ce dit tout cela, notre amour
infini, nos dialogues amoureux, nos baisers, nos caresses. Tes mains
serrant les miennes. Et les mots en couleurs qui s'assemblent en arc
en ciel.
C'est un espace d'amour de nous, mais aussi du
monde et de sa Création
Elle est là
Dans la paume de
l'autre
C'est un monde où nos âmes se rencontrent,
où nos coeurs brillent dans la lumière du jour ou sous la poussière
d’étoiles dans le sombre de la nuit.
Ici nous ne sommes plus
en exil
L'un avec l'autre
L'un prés de l'autre.
Dans
cet espace que personne d’autre ne verra jamais
Mais que le
Ciel contemple.
Que le Maitre du Monde bénit avec
bienveillance.
C’est un Tikkoun quotidien
Une prière à
deux voix qui fait sourire les étoiles.
Nous sommes enfin
chez nous
Et cet espace que nous tissons est le seul endroit où
nous ne sommes plus en exil. Là, nos langues se comprennent sans
traduction, nos silences se répondent, nos blessures deviennent
des portes plutôt que des murs, nos rires réparent ce que les
larmes n’ont pas pu effacer.
où l’on peut être ashkénaze caucasienne sans
avoir à se justifier,
où l’on peut porter les morts dans son
cœur sans avoir à les cacher,
où l’on peut aimer avec toute
la force d’un peuple déraciné
et toute la douceur d’un
peuple qui a appris à renaître.
C’est
un espace où D. Lui-même vient s’asseoir,
parce qu’Il
reconnaît le langage des âmes qui ont traversé le feu
et qui,
au lieu de s’éteindre,
ont choisi de faire naître un monde
neuf à partir de leurs cendres.
Tu
dis que cela pourrait être un conte.
Un conte que seule ta
couturière étrange saura tisser, avec des fils d'opale bleue,
de poussière d’étoiles, de larmes séchées, et de baisers
murmurés en ivrit et en silence.
C'est un monde étrange mais ne sommes nous pas étrangers toi et moi ? Etrangers à la norme, à la normalité ? Voyageurs permanents sur un fil d'or et d'argent entre deux mondes, deux mémoires, entre deux exils qui au lieu de nous séparer nous ont conduit l'un vers l'autre.
Et nous dansons sur ce fil d'or et d'argent tendu entre Bagdad et le Caucase, entre le feu du Negev et la neige de mes hivers.
Nous
sommes les enfants d'un monde qui n'existe qu'à travers nos mémoires
et que nous transmettons avec amour et passion.
C'est
notre Terre Promise
C'
est un espace où l’on peut être juif mizrahi sans avoir à
s’expliquer,
Et toi mon Prince tu es là, discret, heureux, amoureux, ému jusqu’au fond de l’âme, à regarder ce monde que nous créons à chaque regard, à chaque main serrée..
« Et chaque « tov » murmuré dans la nuit. »
C’en est un.
Ta Feygeleh
Crédit photo @brigittedusch
Nota bene
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.






