Psychanalye Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

dimanche 20 juin 2021

Une mort douce




Je veux une mort douce
Car ma vie ne l'a pas été
J'attends une mort tranquille
Apaisante et apaisée

Elle mettra fin à toutes ces souffrances
Je crois, j'espère, je pense
Un aller simple pour l'Ultime voyage
Aucun retour n'est possible
Et c'est tant mieux

Une vie entière à t'attendre
Quand viendras tu me délivrer ?
Quand viendras-tu à bout de mes peines, de mes chagrins, de mes douleurs ?
La vie est un enfer
La mort une récompense
Pourquoi donc s'acharner ?
Etre là, ne pas vouloir partir ?
La crainte peut-être de faire de la peine
Mais à qui ?
A ceux qui nous aiment ?
Par qui on pense être aimé ?

La vie est une illusion, l'amour une trahison
Des mots, des gestes, mais qui tôt fait sont balayés par le vent de l'oubli
Et puis quel vanité de se croire aimé ?

Je veux une mort douce
Et je l'attends, je n'ai pas peur
Elle n'est pas mon ennemie
Depuis toutes ces années, nous avons appris à nous aimer
Une rencontre, singulière, inconnue et Ultime
Le Val sans Retour.
Enfin !

Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste
Crédit photo @brigittedusch

jeudi 17 juin 2021

Pensées Noires


Ce sont des pensées qui arrivent par vagues, ce sont des pensées qui soudainement m'assaillent. 

Elles me livrent sans merci une terrible bataille
Je ne résiste guère et je rends vite les armes. 
Ce sont des histoires qui finissent toujours mal,
Leur issue ne peut être que fatale.
Ce sont des pensées sombres, grises qui m'envahissent toute entière, me dévorent d'une seule traite ,et me voilà engloutie.
Un tourbillon sans nom qui me traine vers le fond d'un lac ou d'une rivière.
C'est tout le temps et n'importe où ici et là, sans que je n'y puisse rien.
La Mort qui rôde est devenue mon unique compagne.
Elle hante mes jours et mes nuits
 
La Mort est depuis longtemps ma seule amie
La seule qui ne m'ai jamais trahie
Ce sont des pensées noires qui peuplent ma solitude mes chemins et ma vie, m
on abandon au monde qui se délite sans moi.
Elles sont là présentes, obscedantes inquiétantes et délirantes parfois.
C'est le réel, ma possible vérité qui ne peut-être que la seule dans un futur tellement proche qu'il en devient présent.
J'y suis préparée depuis si longtemps, l'heure se rapproche. Imaginer la fin est peut-être un soulagement, l'apprivoisement de l'ultime échéance, ce rendez-vous dont on ne veut pas vraiment mais qu'il ne faut pas rater. Le dernier de sa vie, le seul qui ne sera pas oublié, le seul qu'on a si mal préparé ! Pourtant.
Alors il vaut peut-être mieux vivre avec maintenant, ces pensées noires sont des amies, des êtres chers qui peuplent mes rêves du jour et de la nuit, les seuls qui ne m'ont jamais vraiment quittée. 
Pourquoi attendre ? Pourquoi demain ? Alors maintenant, car il n'y a plus d'avant, plus d'après, ce sont des pensées noires mais le ciel n'a plus de lumière, il est devenu sombre et rempli de nuages, les étoiles se sont éteintes, la lune et le soleil sont devenus noirs

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch

samedi 15 mai 2021

L'alliance de Marguerite




J'étais une enfant et je ne comprenais pas

Je ne l'avais jamais vu pleurer
………………………….

Les larmes de Marguerite
J'étais une petite fille 
et je la voyais désespérée

………………………….

Ses doigts étaient gonflés
Il fallait la lui enlever
L'alliance de Marguerite

Depuis le mois de Juin 1914
Elle ne l'avais jamais quitté
Jamais enlevée.


50 ans ou presque que cet anneau
Avait été glissé à son doigt
Elle qui n'a été marié que deux mois


50 ans qu'il ne lui restait plus que ça
Cette alliance d'or
Ce cercle

Elle avait tout essayé,
Mais il fallait l'enlever
L'amputer de ce lien
Pour qu'elle ne perde pas sa main
son doigt ne voulait pas la rendre
cette alliance d'or 
cet anneau de mariage
cette promesse d'une vie
où l'on ne se quittera jamais
mais on lui avait enlevé
il y a 50 ans déjà 
l'homme qu'elle a aimé, 
et qui lui avait passé 
la bague au doigt
Je me souviens de ce supplice
de cette torture
Cet anneau scié

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo, @brigittedusch

samedi 8 mai 2021

Mourir de vivre




Et nous voilà lentement entrer dans l'obscurité, celle des ténèbres, pourtant nous sommes bien vivants, encore bien vivants : Mais pour combien de temps ? 
Le ciel est tellement sombre que nous nous demandons si nous sommes encore en vie ? Si nous n'avons pas franchi le seuil du grand départ, si nous n'avons pas atteint les rives du Grand Fleuve sans Retour ?

La vie s'étiole, lentement, indiciblement, nous sommes spectateurs et acteurs de cette agonie. La vie s'écoule petit à petit avec un lent débit, quelque chose la ralentit. Nous regardons interloqués, stupéfaits et presque sans voix notre vie, notre propre existence s'échapper, partir au loin sans pouvoir la rattraper.

Le souffle, l'espoir, l'attente, le désir et l'envie nous sont volés. Que reste t-il ?

Il fait sombre en pleine journée, des nuages gris, puis noirs emplissent le ciel cache un soleil pâle qui renonce à se faire une place. Et nous regardons tristement ce spectacle, sans rien faire, car on ne peut pas, nous n'avons plus la force.

Lentement le désir s'en est allé, nous nous laissons submerger, pourquoi résister ? A quoi bon persévérer ? Qui voudrait de cette vie là ? D'une vie au ralenti ? D'une vie qui ne se ressemble pas ? 
Qui avait un jour imaginé ça, même dans nos cauchemars les plus fous nous n'aurions pas pensé que nous devrions vivre tout ça ? 

Mourir de vivre. 

La vie est devenue une mort lente
Infâme torture sans espoir de fin, la seule issue étant de mourir vraiment ?
Qui peut vivre une vie sans soleil, dans une géole à ciel ouvert où tout est interdit

Mourir de vivre

C'est la nouvelle prescription de ceux qui décident pour nous, ceux qui décident qui vivra ou pas, cela a des relents nauséabonds, les mêmes qui nous appellent au devoir de mémoire pour "Plus jamais ça " et qui en redemandent encore et encore. Nous enferment dans des nouveaux ghettos qui ne portent pas leur nom mais dont la finalité est la même
"Mourir de vivre" l'injonction finale pour en finir avec les indésirables que nous sommes et laisser à la population le soin de se déchirer avant de s'exteminer.
Voilà le programme !

Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste
Crédit photo @brigittedusch

 

mardi 4 mai 2021

Un autre temps



Je suis d'un autre temps, d'un autre monde aussi, et ce monde a disparu tout comme le temps d'avant.
Ce monde et ce temps  ci ne me conviennent pas, je m'y sens étrangement perdue, tous ces bouleversements, ces interdits. Il n'y a plus guère de joie, de rires et de chants, plus personne ne danse dans la rue, ne se salue ne se demande "comment ça va ?".
C'est le temps de la violence, crue, sourde mais bruyante et terrifiante.


La peur s'est installée un peu partout, on se méfie de tout et de tous, on ne sait jamais ce qui pourrait arriver, le pire sûrement, il n'y a plus de meilleur. On a étouffé le meilleur en nous..

Ce monde devient fou, Il a interdit la vie. 
Il faut y vivre presque secrétement,  sans faire de bruit, passer rapidement en s'excusant d'être là encore en vie, baisser les yeux et  la tête, rester en marge du chemin. Ne pas être vu, trop, on ne sait pas vraiment si on a encore le droit d'être là. La vie n'est plus un droit.

Je suis d'un autre temps, et c'est bien ainsi
J'ai connu les jours heureux de l'insouciance de la vie, des lendemains qui chantaient plus ou moins bien mais chantonnaient au moins, les jours un peu fous nous étions contents de nous retrouver dans des soirées improvisées et parfois un peu trop gaies.
Le temps des jours heureux, des soleils et des lunes ou on refaisait le monde sans vraiment penser à ce demain qui ne viendrait peut-être jamais, mais qu'importe ? 


Je suis d'un autre temps que celui d'aujourd'hui. Je me demande comment nous sommes arrivés là ? A ce terminus, cette voie qui me laisse sans voix car il n'y a pas d'issue. 
Je ne comprends pas ce monde mal, heureux, tiraillé entre "je dois et je ne peux pas" qui conteste tout mais obéit aux injonctions paradoxale,  qui voit le mal partout, alors qu'il est lui même le mal, à l'origine du Mal. 

On ne peut plus sourire, s'embrasser ou se câliner, sans qu'il nous soit prêté la pire des intentions. On ne peut plus s'aimer, ni se désirer. C'est devenu un crime et tout est réprimé, encadré. La loi entre dans l'intimité des foyers et des chambres à coucher. Il n'y a plus de Il, plus de Elle, il faut tout mélanger sous prétexte d'égalité, il faut imposer la mêmeté.
Ce monde se détruit de ne pas comprendre que nous ne pouvons vivre que grâce à nos différences. Etre semblable ne même à rien sauf à la stérilité de la pensée et de la vie.

Ce monde s'acharne à vouloir, demander, exiger, il ne faut plus être  femmes ni hommes, ni l'une ni l'autre mais un peu de tout ça, sans être vraiment ça. On n'est plus vraiment soi puisqu'il faut être tout. 

Il faut, toujours, jamais, on doit C'est le refrain qui vient chaque matin nous rappeler que nous n'avons plus le droit d'être simplement des Humains.

Il faut la haine et le rejet. La méfiance et la défiance, faire croire qu'on est fort et qu'on peut se passer de l'autre : L'autre ce danger. Il faut nous diviser

Non, je ne suis ni de ce monde ni de ce temps et j'en suis fort heureuse, j'aime la vie et les rencontres, j'aime regarder un ciel et le trouver beau, j'aime me perdre dans le bleu de la mer. Non je ne veux pas être de ce monde et de ce temps car je suis au monde et au temps, immortel et intemporel

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch

lundi 26 avril 2021

Créer pour crier




Quand il n'y a plus les mots,
Quand ils ne suffisent plus pour dire nos émotions
A l'autre
Parce qu'il n'y a plus d'autre à qui dire.
Il n'y a plus de mots.

Alors il faut créer

Créer pour crier la colère, la joie, la tendresse, la misère.
Il n'y a plus de partage, il n'y a plus rien
Il n'y a plus d'échange
Il n'y a plus d'autre de l'autre
Pour l'autre

Comment tisser, les mots, les assembler, les chuchoter, comment dire ce qui est ressenti au plus profond de soi ?

Comment aimer ? Comme s'aimer, comment aimer l'autre et comment aimer soi ?
L'amour est un échange, un partage, un don, un cadeau.

Alors il faut crèer
Pour nous sauver, 
Nous sauver de la folie, de la peur, et de la solitude
Il faut créer pour crier,
Etreindre la douleur, éteindre la souffrance

Ecrire, peindre, sculpter, rimer, pour crier, hurler la LIBERTE


Notre colère, notre peine, notre chagrin mais aussi et surtout notre désir, notre soif, notre besoin !

VIVRE

Je veux vivre pour pouvoir mourir d'avoir vécu, je veux mourir d'une vie qui m'a donné l'envie, le désir, le bonheur, le chagrin, la joie avec l'autre
Je veux jouer, je veux croire, je veux aimer, je veux marcher en liberté.

Je refuse qu'on m'empêche de dire je t'aime, je veux, respirer, danser, chanter, rire, marcher en toute liberté là où je veux et quand je veux.

Je veux  VIVRE, seulement VIVRE pour pouvoir mourir

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch

samedi 24 avril 2021

Il faudra passer l'hiver

Il dit "Il faudra passer l'hiver, le froid et les tempêtes, quand les beaux jours viendront, tout ira mieux"
Mais quel hiver ?
Il dit "Il faudra passer les mauvais jours, les pluies et les vents, ensuite tout ira mieux"
Il dit :
J'aimerai croire, croire en ses mots, croire en demain, croire en des jours meilleurs.
Je dis "Mais aujourd'hui, même en hiver, avec le froid et les tempêtes, les pluies et les vents, tu es là et je suis là, nous sommes là ? Demain, le printemps, l'été... Qui nous dit que tout ça viendra ? "
Le moment présent ?
Si douloureux, si difficile qu'il n'est pas possible de s'y fixer, de s'y ancrer, penser à demain : seule bouée de sauvetage, bouteille à la mer et ultime espoir.
Que sommes nous sans l'espoir, l'espérance du jour après la nuit et du soleil après la pluie.
Il dit "Je sais qu'il n'y aura pas de printemps, que c'est fini, alors attendre quoi ? Puisqu'il n'y a plus rien, que c'est la fin"
Mais quelle fin ? Ne sommes nous pas toujours à la fin de quelque chose ? Il faut bien la nuit pour que renaisse le jour ?
Je dis " Mais aujourd'hui, même en hiver il y a un ciel bleu, un rayon de soleil parfois, tu es là et je suis là, alors ? Pourquoi penser à ce demain qui n'existe pas encore, où nous n'existerons peut-être pas où nous serons peut-être : qui sait tout cela ?"
Qui peut dire en effet ce que sera l'avenir ? Vivre le moment présent est tellement difficile, nous avons besoin de nous voir tout à l'heure, demain ou encore après. Il nous faut nous imaginer un futur, où nous serons, afin d'être aujourd'hui maintenant.
Il dit "Je sens bien que c'est la fin, je n'en peux plus, ce n'est pas une vie..."
Qu'est ce que la vie, joie, bonheur et chagrin c'est un peu de ça, chaque jour, ça passe, ça revient, parfois il y a la maladie, la presque mort, la douleur et la souffrance.
Elle est telle qu'il faut que tout s'arrête pour enfin la faire taire.
Et pour cela il ne faut pas qu'il y ait de demain. Il faut que la douleur se taise, et il n'y a pas d'autres solutions que de refuser ce demain où se sera la même chose ou peut-être pire.
Je dis ' Mais aujourd'hui demain parait impossible, laissons lui quand même une chance : nous n'en savons rien. L'instant où tu me parles fait mal, mais te soulage, il libère la colère, les larmes c'est bon de dire que c'est douloureux, de partager cette émotion, et puis de cesser de s'ancrer à l'idée que demain... Sera, ne sera pas, sera peut-être... "

Etre ici et maintenant est une terrible ascèse, impossible pari, avec soi, pourtant ! persévérance et rigueur seraient nécessaire, mais peut-on vraiment être dans un ici et maintenant douloureux où la souffrance a tout envahi, a tellement pris de place qu'il ne reste pas la moindre faille pour qu'un souffle d' espoir puisse se faufiler ?
Peut-on voir un brin de soleil quand le ciel est trop noir, quand notre vie est un champ de bataille avant de devenir un champ de ruines ?

Je n'ai pas de réponse, je n'en sais rien. Cela appartient à chacun de nous, certains parviennent à voir une percée de cet arc en ciel, certains ne peuvent pas ou ne peuvent plus. 

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne 
Crédit photo @brigittedusch
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