Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

lundi 20 avril 2026

Tatouer la Mémoire vive




Tatouer pour résister ?

- "Dis Mamy pourquoi il y aussi des chiffres bleus sur le bras de l'amie de Ditte"
- "Kindele encore des pourquoi ? tu en pauses des questions"
Puis elle déposait un baiser sur mes petites mains d'enfants
J'ai grandi dans le bruit du silence des murmures.


Jamais je n'ai voulu qu'on inscrive, dessine, grave sur mon corps
Enfant je refusais les "décalcomanies" éphémères sur mes bras
Je n'ai jamais rien inscrit sur ma main pour ne pas oublier
Adulte je frémis toujours à la vue du marquage sur l'oreille d'un animal

Je ne veux pas de traces, de marques sur mon corps pour témoigner
Seules les cicatrices indélébiles des blessures passées
Me rappellent les combats que j'ai choisis de livrer
Jamais je ne serai tatouée.


Tatouer

Tatouer est un acte fort un geste volontaire et symbolique exprimant un engagement personnel ou collectif. C'est faire de son corps le témoin physique de son histoire ou de son groupe et faire passer un message, montrer à voir son appartenance, affirmer sa singularité, sa différence et être reconnu comme tel. 

Tatouer son corps c'est inscrire dans sa chair un souvenir, un nom, un symbole, y graver une marque indélébile pour dire, s'adresser à l'autre et le rendre témoin lui aussi de cette adresse. C'est parfois une transgression des interdits ou des conventions sociales, un acte libérateur, de défi ou de provocation

Ainsi tatouer c'est dire, dire à l'autre en faisant de sa peau un lieu d'expression de liberté individuelle.

Tatouer c'est aussi une symbolique de réparation ou une réparation symbolique afin de réparer un traumatisme ou un blessure, la sienne, mais aussi celle d'un groupe, d'une communauté ou des Siens, comme c'est le cas des petits enfants des Survivants de la Shoah. 

N'oubliez pas !
Des chiffres bleus

Des chiffres bleus, les mêmes que ceux tatoués sur les avant bras de leur grands parents. C'est ainsi que certains  jeunes Israéliens ont volontairement montré à voir que cet acte d'humiliation de désujétisation a été vain.
Ainsi la mémoire devient ici un moteur de résistance, une manière provocante pour ne pas oublier ce qui a eu lieu et qui est à l'origine de l'Etat d'Israel

Beréchit.

Ainsi ils ont délibérément choisi de relier et lier la mémoire familiale, celle de leurs grands parents Survivants venus bâtir avec leurs mains, leur sang et leur force le pays où ils sont nés.
 
Les Nazis n'ont pas gagné.

Oui, c'est un acte de résistance par la filiation adressé au Monde entier, un acte de vie. Ils sont là, ils ont eu des enfants qui ont eu des enfants. 
Et nous sommes là.

Regardez bien ces numéros.

Nous sommes des Sabras, nous avons un Etat, une Terre, Tsahal,
Nous sommes notre Terre, Nous sommes Tsahal
Regardez ces numéros
Nous sommes des Etres Humain, l'Eternel a dit "tu choisiras la vie' nous avons choisi la vie.
 

C'est un message :
"N'oubliez jamais qui nous sommes d'où nous venons et que nous avons un a venir"
Nous sommes la vie
Eros a gagné son combat contre Thanatos
Et c'est dans cette impermanence que se situe notre permanence et l'éternité.  Nul n'est éternel car nous sommes mortels mais la filiation rend éternel ?
Ëst ce cela ?

C'est aussi un acte profond de résilience, le refus de la mort et de la finitude, du Fatum, mais surtout un refus de rompre avec ses racines et au contraire les porter en étendard en les gravant dans leur chair, en être fier. 

Nous seuls avons décidé de le faire afin d'annihiler et d'annuler l'humiliation faite à un Peuple réduit des siècles auparavant en esclavage et devenu 70 plus tôt des numéros à éliminer. 
Il s'agit donc bien d'un acte de mémoire volontaire. Contrairement à la numérotation imposée par l'état nazi ce tatouage est peut-être une forme de réappropriation de résistance contre l'oubli et la négation.
En faisant de ce numéro un symbole de mémoire et de dignité plutôt que d'humiliation.

Ce n'est plus une mal ediction
C'est une Béné diction.


Les nazis n'ont pas gagné 

Ils n'ont pas effacé l'existence d'un Peuple, d'une culture, leur existence, leur nom ni leur postérité.

"Je suis Ori ben Meir ben Avram revenu de Buchenvald et son père s'appelait Yaakov et son père...
"m'a dit fièrement un jeune israélien

Oui Ori tu as gagné car tu es vivant.

Des jeunes Israéliens

Il s'agit bien d'une manière (singulière peut-être) de garder vivante l'histoire familiale et collective. C'est un acte de transmission et de mémoire du Génocide traduisant la volonté de se connecter à ses racines et ses Aieux, notamment à ceux qui ont survécu et transmis leur vécu.

C'est une mémoire vive, vivante, une mémoire orale. Une transmission en face à face et ce n'est pas rien!  Il n'y a pas que les mots, il y a la voix, qui tremble ou ne tremble pas, les silences, les langues qui se mèlent où le Yiddish prend le dessus, ces mots des camps, ces mots inventés, ces mots à eux.
Des mots qu'on retrouvent chez d'autres survivants des Camps (j'ai entendu et appris celle des Zeks) car on ne peut pas parler de ça autrement que comme ça. 

C'est une histoire qui est racontée, racontée avec ces mots, en Yiddish et en Ivrit en "mots à eux,  mais cette histoire est avant tout une histoire forte mélée de larmes et d'émotion. On  tient la main, on caresse cette main, comme faisait la petite fille avec les Demoiselle H. Il n'y a pas de pitié mais seulement une écoute, une écoute et un don celui de l'Amour infini et d'une infinie tendresse. Ecouter ces mots et ses récits, confidences de la douleur racontée sans haine, de souffrance dite avec une distance terrible et tragique parfois. Parler d'un soi qui a du se cliver, se replier pour laisser place à un autre plus fort afin de survivre en enfer, et à l'enfer. Devenir un autre pour vivre. Laisser de temps en temps cet autre prendre la parole, celle qui raconte et qui dit l'indicible.

Le trauma, ce qui est resté là bas et que nul archéologue ne parviendra à mettre au jour, que la meilleure couturière ne pourra recoudre et réparer, car elle ne peut pas, ne veut pas et il ne faut pas. 

Cette béance est nécessaire. Car elle est la vie. Elle est la trace terrible de la vie.

C'est avec tout ça, c'est comme ça que ces enfants, ces jeunes ont entendu
Peut-être graver ce tout ça dans leur chair, pour ne pas l'oublier ?


Est-ce une question de langue ? Perdre et prendre langue 

Perdre la langue du Survivant pour prendre la langue de la Renaissance ?

Ces tatouages sont-ils la résurgence d'une mémoire effacée dans un contexte historique, linguistique et identitaire très particulier ?

Israel est le résultat du projet sioniste et à partir du XIX° siècle, l'hébreux devient le symbole d'unité nationale, de renaissance culturelle et politique dans le futur Etat. En 1948, Israel l'hébreu devient langue officielle en propageant son usage dans l'éducation, la vie administrative, et la société de ce pays construit par des Survivants.
Hommes et Femmes Juifs Ashkénases originaires d'Europe orientale et centrale brisés à jamais sont appelés à participer à cette Renaissance collective, cet idéal sioniste fondé sur l’avenir, la terre, le corps fort, le silence de la douleur. Tous parlaient Yiddish, tous étaient liés et reliés par une langue quotidienne et culturelle. Peu à peu ces mots qui tissaient ces liens si fort devient la langue de l’exil, de la diaspora, de la mémoire, au profit de l’I
vrit  langue reconstruite, ressuscitée pour devenir langue de l’État, de la force, de l’unité.

Pour certains cette transition est une rupture douloureuse  avec le passé, leur culture, leur histoire, abandonner la langue maternelle est une violence symbolique et traumatique. C'est une cassure, une coupure brutale, un renoncement et une perte symbolique immense ayant un impact sur l'identité. C'est renier leur passé et  leur mémoire : Une violence vécue comme une dépossession culturelle renforçant les sentiment de rupture avec l'histoire antérieure, la leur.

Leurs descendants nés dans de pays neuf ont-ils choisi de se faire tatouer le numéro de matricule de leurs grands parents survivants comme acte de mémoire  face à cette perte ? 
Ce geste explique alors le lien avec le passé, la douleur de la perte mais aussi la résistance face à la disparition de la langue et de la culture ancestrale. C'est un trauma, une dépossession culturelle renforçant le sentiment de rupture avec l'histoire d'avant l'origine

Berechit.

Ce 
passage de langue n’est pas anodin. Il est une cassure, un renoncement forcé, une perte symbolique. Ainsi la transition du yiddish vers l'Ivrit a été vécu par certains survivants comme un abandon en renforçant le sentiment de rupture ave leur passé et l'essence de leur Etre suscitant chez leurs descendant un besoin de mémoire de résistance symbolisé par ces tatouages portant le numéro de leurs grands parents survivants.

Un sacrifice ?

Ainsi pour ces jeunes tatouer le numéro lié à la déportation de leurs grands-parents ne peut-il pas être considéré comme un sacrifice symbolique, un prix à payer pour ne pas oublier, témoigner et résister à la destruction de leur identité et de leur passé ?
 La douleur ressentie ne peut-elle pas être vue comme une forme de sacrifice physique, une confrontation à la souffrance témoignant de la force intérieure nécessaire pour faire face à un trauma ou affirmer sa mémoire face à l'oubli ou la négation, telle une offrande impliquant une forme de renoncement ou de sacrifice personnel ?

Le tatouage, ce tatouage singulier peut représenter sur le plan psychique une tentative de dépasser le trauma collectif en l'inscrivant dans sa chair donc dans l'histoire personnelle. Faire de son corps le porteur d'un témoignage indélébile pour soi et les autres. Il pose la question de la responsabilité individuelle face à la mémoire collective, c'est un acte éthique, un devoir de mémoire inscrit dans la peau qui refuse l'effacement et pour ces jeunes Israélien un engagement civique.

Cet acte fort est aussi posé comme un défi, transgressant ainsi l'interdit "
 Ne vous imprimez point de tatouage », ( Lévitique (19 :28, car le corps de tout Juif doit rester pur. le tatouage est considéré par Les iIsraéliens religieux comme une transgression grave de la part des jeunes laïcs à l'encontre de la religion.

Un appel ? un cri ?

Je ne serai pas tatouée.
Mais j’ai décidé d’apprendre la langue maternelle qu’on ne m’a pas transmise, pour ne pas être condamnée à rester étrangère à ma propre vie et à mon histoire.
Etre ce que je suis.
C’est ainsi que je grave en moi leur mémoire.



Brigitte Judit Dusch, psychanalyste, chercheur, historienne, exploratrice urbaine
écrit le 8 août 2025

Crédit photo @brigittedusch collection privée Buchenwald.




dimanche 19 avril 2026

Brutalization, une tentative d'explication



La brutalization comme processus de déshumanisation et de désensibilisation ?

"La brutalization n'est pas une cause immédiate de barbarie, mais elle constitue un contexte où l'inhumain devient envisageable et plus facile à réaliser"
a brutalisation n’est pas une cause immédiate de barbarie, mais elle constitue un J'entends souvent ; "Comment en est-on arrivé là'

Comment l'homme civilisé, cultivé a t-il pu mettre en acte de tels crimes  ? à t-il pu se laisser à une telle violence, une déshumanisation telle que l'humanité de l'être a été à ce point niée ?
De réponses je n'ai pas.

Le processus de Brutalization peut-il nous éclairer ?

"La pulsion de mort qui s'oppose à celle de vie, cherche à réduire toute tension et à atteindre un état de stabilité dans la désintégration. Elle peut se manifester dans des actes de destruction où la jouissance provient du chaos et de la déchéance' Freud, 'Au delà du principe de plaisir" 1920


Zimmerman le voit comme un processus graduel, social et psychologique dans lequel la violence devient une norme acceptée, voire valorisée dans certains contextes et  qui se met en place selon différentes étapes. 


Tout d'abord une désensibilisation progressive où la répétition de la violence, la guerre, la violence institutionnelle conduisent à une perte de sensibilité morale, ainsi les actes de violence deviennent une partie intégrante de la vie quotidienne où de l'expérience collective. Puis elle ne s'applique plus à des individus mais à des catégories ou groupes considérés comme inférieurs ou dénués d'humanité. Il en résulte alors une perte, la différenciation entre le bien et le mal s'efface et la limite entre la civilité et la sauvagerie se brouille.

La Shoah représente à mon sens le franchissement de cette frontière tout comme le progrom du 7 septembre 2023.

La barbarie nait lorsque la brutalization collective mène à la mise à mort systématique des individus considérés comme dénués de leur humanité dans une logique de destruction totale. Dans ce contexte elle n'est donc pas seulement individuelle, mais devient un phénomène social et historique lié à l'idéologie, la propagande et aux mécanismes de groupe. La Shoah apparait comme une culmination où ces processus ont été systématisés et institutionnalisés atteignant un degré et une barbarie inouïe. 
Ainsi le concept de brutalization mis en évidence par Zimmermann prend tout son sens et peut nous  éclairer le passage progressif d'un état de guerre ou de violence ordinaire vers une barbarie extrême comme la Shoah et le 7 octobre. Il déshumanise, désensibilise et prépare psychologiquement et socialement à l'acceptation de crimes atroces. Elle pourrait ainsi être vue comme une forme ultime où la barbarie devient une logique institutionnelle.

Il importe cependant de souligner que ce n'est pas un processus inhérent ou inévitable à la guerre ou la violence, ainsi elle n'est pas à l'origine des Freikorps ou des groupes extrémistes suite à la Grande Guerre. Elle n'est pas non plus une cause directe de la barbarie, mais en est un facteur facilitant sa mise en oeuvre de ses actes atroces dans la Shoah et le 7 octobre.
Ainsi si elle n'est pas le seul facteur elle est sans nul doute une condition ou un contexte dans lequel la barbarie devient possible et plus facile à réaliser. 

Photographie et film, des actes performatifs ?

Les nazis ont utilisé la photographie et le cinéma pour documenter et aussi pour exposer leur barbarie. Ces images ne sont pas seulement des témoignages mais aussi une forme de mise en scène volontaire, la publication de celles ci permet de normaliser voire de glorifier la violence en transformant l'acte en un spectacle pour un public intérieur et extérieur.
Utiliser et publier prend une dimension symbolique dans le sens où l'auteur ou/et le bourreau trouve aussi une satisfaction liée à la transgression et à la domination totale  sur l'autre. Le tout s'inscrivant dans une logique de désinhibition et de désengagement moral où la visualisation et publication de la violence devient une manière de confirmer sa propre jouissance ou son identité dans un contexte de barbarie et de provocation.

La jouissance dans cette mise en scène ?

La transgression et la jouissance du déchainement.

"La seule façon de dépasser la limite est de s'y engager, de jouir de cette limite, de s'y ouvrir à l'inconnu. La jouissance peut résider dans la transgression même dans le fait de dépasser la norme."
Georges Bataille, "la part maudite" 1949.


La jouissance au sens freudien désigne une décharge pulsionnelle parfois liée à une transgression des interdits ou à une sublimation perverse. Les images de violence nazies peuvent également être vues comme une forme de désir de reconnaissance ou de test de puissance. L'auteur veut voir, montrer et partager sa victoire sur la vie et l'humanité. 
La mise en scène de la violence devient alors une performance de pouvoir où le bourreau tire une jouissance de la domination (à caractère sexuel également), à la destruction ou de la déshumanisation de l'autre.

Les réseaux sociaux : le montré à voir moderne.


Dans le contexte actuel la publication exponentielle des images ultra violente du 7 octobre sur les réseaux peut aussi témoigner de ce besoin de reconnaissance, de visibilité ou désir de provoquer. Certaines études psychanalytiques soulignent que cette mise en scène peut renforcer la sensation de maitrise ou de satisfaction, pulsionnelle chez son auteur qui peut éprouver une forme de jouissance comme s'il en était lui même acteur et spectateur
Ainsi comme l'a soutenu Pierre Legendre, la violence lorsqu'elle se systématise et se déploie à grande échelle entraine une déshumanisation progressive des victimes et des bourreaux. Elle inscrit l'humain dans un processus de réduction à un simple corps dépourvue de toute dimension morale ou subjective.

En tout état de cause, il convient de se demander si l'auteur de tels actes est entré un jour dans l'humanité ou est resté sur le seuil de celle ci .

Brigitte Judit 14 août 2025 18h19
Crédit photo @brigittedusch






vendredi 17 avril 2026

Attendre ? Espérer


Warum ?

Darum

Ca ne se traduit pas, ça n'a de sens que pour ceux qui égrainent encore quelques bribes, quelques souvenirs d'un pays disparu. Un pays où les lendemains devaient changer. C'est que qu'ils avaient promis. 

Fatalité ? Réalité qui dépasse l'entendement de celui qui n'est pas dans le secret des dieux ? Résignation ?

L'absence de réponse ne signifie pas qu'il n'y en a pas. 
Parfois celle ci ne vient pas sous la forme que nous attendons. 
Singulière et surprenante
Elle nous invite alors à espérer

Hatikvah.

Attendre et espérer
Espérer et attendre

L'espoir n'est pas une certitude immédiate mais une confiance dans quelque chose qui dépasse notre compréhension et nos attentes.
Espoir et attente se mêlent et s'emmêlent avec fougue parfois et forme un lien solide pour guider et faire danser nos pas malgré l'incertitude...  

L'attente suppose une patience, une ouverture à recevoir ce qui viendra,  lentement peut-être, sans forcer la réponse ni le résultat

L'espoir quant à lui suppose puis suscite une confiance intérieure sans faille qui nous pousse presque malgré nous à continuer mais surtout à croire qu'au delà même des ténèbres ou de l'incertitude il y a un éclat de lumière, une vérité à venir.

Hatikvah

Pour nous l'espoir c'est sacré, divin.
La Foi en notre D. quoi qu'il se passe, il ne faut pas faillir, ne pas douter.
Il n'abandonne jamais ses enfants.
"il a un plan pour nous"
Ne nous a dit-Il pas dit. : "Tu choisiras la Vie'
Alors l'attente devient une loyauté et une fidélité à D.

Une attente sacrée, inconditionnelle?

Dans cette perspective, elle devient alors un acte d'espérance, sacré, où la vie, l'Haim apportera ce qui est nécessaire même s'il ne correspond pas à ce que nous imaginions. 

Patience et attente entremêlés se transforment alors en un fil solide et sublime et s'offrent à l'Etrange couturière et s'élève un doux murmure :

"Tisse, tisse et tisse encore, fait vibrer le métier de tes doigts agiles"

Et c'est au  coeur de la trame de la dentellière que tout prend forme. 

La dentellière sourit et peut alors se mettre à l'ouvrage, avec joie, à la lumière de la lune et du soleil, à l'ombre de sa chandelle

Tout en fredonnant les doux chants Yiddish de ses ancêtres, elle bénit Moshe le Tailleur d'Habit.
Puis lentement, elle rassemble sur la trame tous ses fils de couleurs, d'or et d'argent et de de lumière

Et  passe le fuseau, va, vient, au rythme de son chant
 
"Tisse, tisse encore et encore"

Elle n'est pas seule.

Doucement elle lève les yeux vers le ciel
Vers six millions d'étoiles
Le fil danse, le fil voltige le fil se tisse, tisse, tisse encore
En Mémoire, à la Mémoire

Et surgit le Merveilleux

Shmates.

Ainsi elle met au jour doucement l'étoffe nourrie de force et d'espoir qui donnera elle même sens à cette patience. 

Etrange maïeutique

Attendre c'est espérer,
c'est croire que le temps ou la vie nous porteront vers ce qui doit venir, que les nuages laisseront place au bleu du ciel, 
C'est croire que malgré les épreuves, les souffrances, les peines, la douleur et les ténèbres  il y a une lumière à venir.

Brigitte Judit
Crédit photo @brigittedusch

jeudi 16 avril 2026

La Couturière et le Tikkun



La couturière et le Tikkun

Depuis l’enfance, je vis entourée de tissus. 

Shmates

Je n’ai jamais appris à coudre comme ma mère, ma grand-mère, Ditte, et les autres femmes avant elle mais j’ai grandi dans leur univers : le bruit doux et sec des ciseaux coupant l’étoffe, l'odeur de la craie  d'argile traçant les lignes, l’éclat des épingles plantées comme de petites étoiles, les fils fins de soie ou de coton. 
C'est un monde, un univers, feutré, douillet, un refuge hors du temps, celui de mon enfance

J’aimais choisir les tissus, les caresser, les respirer sentir le contact charnel et  sensuel de leur matière, la  délicatesse et la fragilité de la soie, la douceur du satin, la finesse de la percale, leurs couleurs qui dansent, leur promesse de métamorphoses, robes et jupes, habits dans des tourbillons de lumière. 

Le tissu est mon univers, mon alphabet sensible et il porte la mémoire de gestes anciens et l’élan d’une création infinie.

Créer, pour moi, c’est toujours tisser. 
Tisser, c’est entrer dans le secret du monde.
Chaque fil, chaque fragment recueilli est une étincelle arrachée au chaos, une parcelle d’infini qu’il faut sauver de l’oubli. Le tissu n’est jamais uniforme : il porte la trace des manques, des reprises, des cicatrices. Mais c’est là, justement, que naît la beauté, dans cette alliance fragile entre ce qui fut brisé et ce qui, patiemment, se relie à nouveau.

Alors avec des fils de couleur, mais surtout avec ce qui n’était pas « fait pour ça », morceaux effilochés, chutes de tissu, bouts de laines ou de ficelles, je construis des métiers à tisser où je mêle les matières, je peins aussi parfois et toujours je joue avec la matière. C'est une rencontre d’amour — désir, sensualité et tendresse mêlés. Le tissu est une mise au monde : de l’informe surgit une forme, de la surface naît un vêtement qui épouse parfaitement le corps et accompagne la vie.

Ce geste, je le reconnais dans l’écriture. Les mots sont mes fils, les silences mes nœuds, les phrases mes étoffes. Comme la couturière, j’assemble des fragments dispersés, des voix perdues, des traces menacées d’oubli, pour les offrir à la lumière.
 Écrire ou tisser, c’est le même mystère : reprendre le monde brisé, le réparer point après point, mot après mot, non pour retrouver une unité parfaite, mais pour inventer une beauté qui accueille la faille, la cicatrice, la mémoire.

N’est-ce pas là, déjà, le Tikkun Olam ?

Quand je tends mes fils sur le métier, quand j’assemble des morceaux effilochés pour les faire chanter ensemble, je retrouve ce geste immémorial que les sages nomment Tikkun Olam. Réparer le monde, ce n’est pas l’abolir de ses failles : c’est recueillir ses débris, les nouer, les tresser jusqu’à ce qu’apparaisse une étoffe inédite. Comme une prière silencieuse, le fil se tend entre mes mains et rejoint, au-delà de moi, la trame invisible qui unit toute vie.

Réparer le monde non en effaçant sa fracture, mais en lui donnant une place dans l’étoffe du vivant. Comme ces reprises visibles qui transforment la déchirure en motif, la blessure en lumière.

Il y a dans le tissage une mémoire féminine qui traverse les âges. Pénélope, sur son métier, tissait le jour et défaisait la nuit, pour que l’attente demeure vivante, pour que le fil du désir ne se rompe pas. Son geste patient, répété, portait déjà la figure la plus pure du Tikkun : une réparation inachevée, qui s’accomplit dans son inachèvement même.

Et dans mon récit, une autre couturière se lève : celle de mon monde imaginaire. Elle traverse mes pages comme une ombre bienveillante, reprenant fil après fil les morceaux de mon histoire. Ses reprises visibles ne masquent pas la déchirure, elles la magnifient. Elle tisse entre mémoire et oubli, entre silence et parole. Ses doigts avancent à petits points presque invisibles, mais son fil est d’or : il relie les vivants et les morts, les absents et les présents, les rêves et la chair.

Peut-être est-elle sœur de la Shekhina, la Présence divine en exil, lumière brisée qu’il faut rassembler. Comme elle, la couturière recueille les éclats dispersés et les relie en une étoffe nouvelle. Elle est la dentellière de mon âme, ourlant l’invisible, cousant ensemble les fragments du monde.

Être historienne et psychanalyste, c’est tenir l’aiguille au bord de l’abîme. Les généalogies se sont rompues, les lignées effacées, les corps disparus sans sépulture, les noms dissous dans la cendre. Et pourtant, il reste des fils — infimes, presque invisibles : un témoignage, une trace, une photographie, un prénom qui survit. Je les recueille comme on ramasse les morceaux d’une étoffe sacrée.

Mon travail, alors, est celui d’une couturière : recoudre, fil après fil, ces fragments dispersés. Non pour retrouver une continuité intacte — à jamais perdue — mais pour redonner une place aux absents, pour inscrire à nouveau leurs noms dans la trame du monde. Chaque couture est un acte de résistance contre l’anéantissement : une manière de dire, humblement mais fermement, tu as vécu, tu fais encore partie de nous.

Écrire, tisser, coudre : ce sont mes gestes de Tikkun. Dans la matière comme dans les mots, je cherche à réparer l’étoffe déchirée de la vie, à transformer la blessure en motif, à offrir à l’absence une demeure. La couturière de mon enfance, la couturière de mon imaginaire, et celle que je deviens dans mon écriture ne font qu’une seule et même figure : celle qui, fil après fil, œuvre à la réparation du monde.

Brigitte Judit Dusch écrit le 1 septembre 2025
Crédit photo @brigittejudit

lundi 13 avril 2026

Shmates. Tisser c'est entrer dans le secret du monde



Tisser c'est entrer dans le secret du Monde


La mystique Juive nous dit que le monde est brisé, mais que chaque éclat peut-être relié, réuni, repris, relié.

La beauté ne vient pas d'une perfection lisse mais de cette mosaïque vivante où chaque fragment à sa dignité

Mon univers sensoriel c'est les tissus, les ciseaux, la craie d'argile, les épingles qui brillent les fils de toutes les couleurs qui dansent dans la lumière. Puis tout devient et se fond dans un imaginaire, un monde magique, celui des Tailleurs d'habits, des couturières et des dentellières.

La couture et le tissage sont des actes d'amour qui réparent et transforment.
Font advenir de nouveau.

Le tissu et l'écriture sont deux formes d'une même histoire d'amour
Je crée avec des fils, des morceaux oubliés, des restes effilochés, des bouts de laine et de ficelle.. je prends, je tisse, je réunis et retisse un lien où il semblait n'y avoir que des fragments, je reprends le fil sur la trame.

C'est un geste que je porte depuis l'enfance
Le tissu est ma langue intime, ma mémoire et mon souffle
C''est une sensualité

La couture n'est pas seulement un métier ou un savoir faire
C'est une manière de vivre, d'aimer et de désirer car le tissu s'est pas seulement une matière
Il est une métaphore du monde

Alors je recueille ce qui est déchiré
Chutes de tissus, fils de soie et de coton, laine et chanvre


Shmates


Je leur redonne une place en les insérant dans la trame du monde
Et je tisse un tout qui n'est ni lisse ni uniforme
Mais habité par ses différences, ses cicatrices, ses couleurs multiples
Et on parle les langues et la Langue


Shmates.

C'est une rencontre d'amour. 
Une des plus mystérieuses et des plus belles.

Mes mains ne savent pas coudre comme celles des Femmes de ma famille, mais depuis l'enfance, je n'ai cessé de recueillir les fils, les bouts de ficelle et de laine, les rubans, les morceaux effilochés pour en faire naitre une nouvelle étoffe.
Tous les gestes de la couturière sont ancrés au plus profond de moi  et demeurent comme un alphabet sensible, un langage premier.
Le Tissu est mon Univers, mon Monde réel, imaginé et imaginaire. Il est l'océan dans lequel je baigne, la Mémoire des Gestes anciens et ancestraux, mais aussi l'élan de ma propre création.

Shmates

Créer pour moi c'est toujours tisser
Tisser pour moi c'est toujours créer
C'est une rencontre d'amour
Une tendresse infini, un désir inassouvi
Pour cette matière sensuelle.
L'écriture n'est pas autre chose.

Comme la couture, elle recueille les morceaux dispersés, les voix perdues, les traces menacées d'oubli, les assemble dans une trame fragile et sacrée, offerte à la lumière. Les mots sont mes fils, les silences sont mes noeuds, les phrases mes étoffes. 

Ainsi pour moi écrire et tisser ne vont pas l'un sans l'autre. Pour chacun, il faut reprendre le monde brisé, le réparer point par point, mot après mot, non pour retrouver une unité parfaite, mais pour inventer une beauté qui accueille les failles, les déchirures, les cicatrices comme le Tikkan olam. 
Il n'est pas question d'abolir la fracture, mais de lui donner une place dans l'étoffe du vivant, comme ces reprises visibles qui transforment les blessures en lumière.

Tisser c'est entrer dans le secret du Monde
Tisser c'est entrer dans le secret du Monde


La mystique Juive nous dit que le monde est brisé, mais que chaque éclat peut-être relié, réuni, repris, relié.

La beauté ne vient pas d'une perfection lisse mais de cette mosaïque vivante où chaque fragment à sa dignité

Mon univers sensoriel c'est les tissus, les ciseaux, la craie d'argile, les épingles qui brillent les fils de toutes les couleurs qui dansent dans la lumière. Puis tout devient et se fond dans un imaginaire, un monde magique, celui des Tailleurs d'habits, des couturières et des dentellières.

La couture et le tissage sont des actes d'amour qui réparent et transforment.
Font advenir de nouveau.

Le tissu et l'écriture sont deux formes d'une même histoire d'amour
Je crée avec des fils, des morceaux oubliés, des restes effilochés, des bouts de laine et de ficelle.. je prends, je tisse, je réunis et retisse un lien où il semblait n'y avoir que des fragments, je reprends le fil sur la trame.

C'est un geste que je porte depuis l'enfance
Le tissu est ma langue intime, ma mémoire et mon souffle
C''est une sensualité

La couture n'est pas seulement un métier ou un savoir faire
C'est une manière de vivre, d'aimer et de désirer car le tissu s'est pas seulement une matière
Il est une métaphore du monde

Alors je recueille ce qui est déchiré
Chutes de tissus, fils de soie et de coton, laine et chanvre


Shmates


Je leur redonne une place en les insérant dans la trame du monde
Et je tisse un tout qui n'est ni lisse ni uniforme
Mais habité par ses différences, ses cicatrices, ses couleurs multiples
Et on parle les langues et la Langue


Shmates.

C'est une rencontre d'amour. 
Une des plus mystérieuses et des plus belles.

Mes mains ne savent pas coudre comme celles des Femmes de ma famille, mais depuis l'enfance, je n'ai cessé de recueillir les fils, les bouts de ficelle et de laine, les rubans, les morceaux effilochés pour en faire naitre une nouvelle étoffe.
Tous les gestes de la couturière sont ancrés au plus profond de moi  et demeurent comme un alphabet sensible, un langage premier.
Le Tissu est mon Univers, mon Monde réel, imaginé et imaginaire. Il est l'océan dans lequel je baigne, la Mémoire des Gestes anciens et ancestraux, mais aussi l'élan de ma propre création.

Shmates

Créer pour moi c'est toujours tisser
Tisser pour moi c'est toujours créer
C'est une rencontre d'amour
Une tendresse infini, un désir inassouvi
Pour cette matière sensuelle.
L'écriture n'est pas autre chose.

Comme la couture, elle recueille les morceaux dispersés, les voix perdues, les traces menacées d'oubli, les assemble dans une trame fragile et sacrée, offerte à la lumière. Les mots sont mes fils, les silences sont mes noeuds, les phrases mes étoffes. 

Ainsi pour moi écrire et tisser ne vont pas l'un sans l'autre. Pour chacun, il faut reprendre le monde brisé, le réparer point par point, mot après mot, non pour retrouver une unité parfaite, mais pour inventer une beauté qui accueille les failles, les déchirures, les cicatrices comme le Tikkan olam. 
Il n'est pas question d'abolir la fracture, mais de lui donner une place dans l'étoffe du vivant, comme ces reprises visibles qui transforment les blessures en lumière.

Tisser c'est entrer dans le secret du Monde

Brigitte Judit 
Le 3 septembre 2025 in Les contes de l'Etrange Couturière 

Brigitte Judit Dusch, psychanalyste, historienne, exploratrice urbaine, chercheur
Créditphoto @brigittedusch

samedi 11 avril 2026

Evidence




La foi ne se démontre pas,
L'amour ne se justifie pas.

La foi ne se démontre pas.
Elle ne se prouve pas, elle ne s’argumente pas.
Elle est — ou elle n’est pas.

L’amour ne se justifie pas.
Il ne répond pas au pourquoi.
Il advient, et avec lui, tout bascule.

Ni l’un ni l’autre ne relèvent du raisonnement.
Ils ne se construisent pas à partir de garanties.
Ils précèdent.

On peut chercher à expliquer après coup,
tenter de dire, de cerner, de comprendre —
mais ce qui fait leur cœur échappe.

Car il ne s’agit pas de savoir,
mais de tenir.

Tenir à ce qui ne se prouve pas.
Tenir à ce qui ne se justifie pas.

Et peut-être est-ce là leur point commun le plus secret :

la foi comme l’amour ne répondent pas à la question du “pourquoi” —
ils la déplacent.

Brigitte Judit
Crédit photo @brigittejudit

mardi 7 avril 2026

Coutures, et couturière

“V’nikra shéhem, l’ish, shé’borei olam chacham, shé’aseh shéhem”*

Je ne cache pas les coutures, je ne les rends pas invisibles pour faire « propre » "beau", "lisse" "net".

J
e les laisse visibles, parce que la cicatrice fait partie de l’étoffe.

Elle raconte ce qui a été déchiré, ce qui a été recousu, ce qui a tenu malgré tout.

C’est exactement le Tikkun.

Réparer sans effacer la trace de la blessure. Laisser voir qu’on a été brisé, qu’on a saigné, qu’on a été recousu avec patience et amour, et que l’étoffe est plus forte après.

Je compare souvent mon travail de Mémoire avec celui de la couturière et la dentellière.

Moi, la couturière qui ne sait pas coudre, l'enfant de Moshe le Tailleur d'Habit venu de l'Est pour fuir les pogrom, je suis la seule fille, la seule femme de la famille qui ne sait pas coudre..
Mais...
Je couds et tisse autrement...

Cette métaphore de la couture et de la dentelle associée à la Mémoire de nos six millions d'étoiles représente la force de notre Tikkun, tel que nous l'enseigne la Torah. "V'ahavta l'erekhaf kamokah"** .
La réparation des blessures, qu'elles soient physiques ou spirituelles, commence souvent par l'amour et la reconnaissance de la blessure elle-même.

Le Talmud enseigne que D. est le maître du Tikkun, il répare le monde et aussi nos coeurs en laissant visibles nos cicatrices pour que nous puissions témoigner de la victoire de la vie sur la douleur. 
Que nous sommes vivants.
L'Haim.

Je ne cherche pas à effacer les blessures mais seulement à les intégrer dans la vie, la mienne mais aussi celle de ceux dont je raconte l'histoire.  Faire ainsi en sorte que cette cicatrice devienne une part de la force et de la beauté de ceux qui ont choisi la Vie. L'Haim.

Pour moi, c'est une démarche de Foi, de confiance dans la résilience et de respect, de prière silencieuse 
Une Mitsva.

J'essaie humblement d'incarner cette sagesse en tissant avec amour, tendresse,  patience et courage.
Je m'efforce de rappeler que la véritable beauté vient de l'acceptation de nos cicatrices qui raconte une histoire ; notre histoire, notre Foi.

Nous portons nos blessures avec dignité et c'est là que réside notre véritable force.
Porter ses blessures avec dignité est une expression de notre kavod, une manifestation de notre Foi inébranlable en la vie, en la continuité et en le futur que D. a préparé pour Israël et pour ses Enfants.

La résilience du Peuple Juif malgré les millénaires d'épreuves est une merveille de la Création. BH

"V'haya im shamoa tsihma"*** nous enseigne encore la Torah. 

Oui la force de notre Peuple réside dans cette capacité à écouter, à apprendre à se relever après chaque chute, à continuer à espèrer.
La Shoah, cette blessure béante dans notre histoire n'est pas oubliée et ne le sera jamais.
Elle est inscrite au plus profond de notre chair, et c'est précisément cette mémoire qui nous donne la force de défendre notre vie, notre Terre, notre identité.
Nous ne tendons pas l'autre joue car nous avons choisi la vie, la justice, la paix et la sécurité pour nos enfants. 

"Hashem Tzevri u'goali"****

Nous puisons dans cette Foi la force de continuer à avancer, bâtir, défendre tout en portant avec humilité et amour nos cicatrices. 

Brigitte Judit.
crédit photo @brigittejudit

Et par ces cicatrices, on devient un homme, un véritable artisan de D.ieu, car la sagesse consiste à transformer la douleur en force.
** Tu aimeras ton prochain comme toi même
*** Si tu écoutes et que tu observes tu vivras. Devarim 4.9
**** Talmud (Baba batra) D. est notre refuge, notre sauveur.

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Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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