Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

mercredi 4 mars 2026

L'exil est chez moi.

Texte écrit le mardi 4 novembre 2025 dans le cadre de ma réflexion sur l'exil

Où est ma maison ?
Où est chez moi ?

Elle est partout et nulle part.
Je suis de partout et de nulle part.
Mais je suis.

L’exil, je le porte.
Mais il me porte aussi.

Tel le vent, il m’emporte parfois très loin de la rive,
et me ramène au creux d’une vague,
sur le bord de cette même rivière.

Mais rien n’est identique.
Tout est changé, transformé, déformé.
C’est une nouvelle mise au monde à chaque fois —
et c’est bon.

J’apprends, et j’avance.
Je vais, je reviens.

Ce retour est un nouveau départ,
avec une valise allégée,
mais remplie d’un nouvel espoir.

Alors j’avance.
Encore un peu plus loin.
Et tant pis, tant mieux, si je reviens.

Je suis en exil depuis toujours,
sans maison — mais pas sans origine.

Je suis Judit bat Janina bat Magda,
bat Macha, bat Esther, bat Bella…

C’est la plus grande des richesses.
Merci Hashem.

Je suis en exil —
souvent perdue au milieu de nulle part,
dans des contrées parfois hostiles, loin de tout.

Mais il me suffit de Lui parler,
et de me recueillir.
Je suis reliée aux Miens.

À des milliers de kilomètres,
dans les endroits les plus improbables,
il me suffisait de croiser un regard,
d’entendre quelques bribes de nos prières,
le son des violons juifs,
ou cette musique mizrahi
qui me colle à la peau et au cœur…

Et l’exil vole en éclat.

C’est un arc-en-ciel lumineux
et prodigieux.
Baroukh Hashem.

Je suis une étincelle.
Une petite poussière d’étoile.
Une lettre de notre Torah
qui s’envole et tourbillonne.

Alors oui, je suis tout ça.

Je suis un fragment de cette merveille,
de ce Peuple — mon Peuple —
de ma foi.

Moi qui parle à D.,
et Lui demande de me guider
pour être la meilleure possible.

L’exil coule dans notre sang
depuis des millénaires.
Mais nous sommes vivants.
Et nous le serons encore,
et encore.

Nous venons de partout, de tous les coins du monde, chassés lorsqu'on ne nous tolère plus, jetés sans ménagements, nous fuyons vers des lieux plus cléments, avant de repartir

Mes tailleurs d'habits avec leur vie sauvaient leurs fils, leurs ciseaux et quelques bouts de tissus sont les frères de tous ceux qui sont partis parfois presque nus. Nous ne parlions peut-être pas la même langue, mais celle qui nous unissait et nous unit est celle de la prière.
Nous n'avons pas besoin de bagages pour y mettre notre foi en l'Eternel .

L'exil .
C'est notre tragédie, mais aussi notre force, notre identité, et je suis infiniment fière et reconnaissante de faire partie de ce Peuple 

L’exil est notre maison,
L'exil est notre demeure.

Alors je ne marche pas seule,

Car il est à mes côtés, à chaque pas que je pose, à chaque souffle il est là, sa présence m’enveloppe et traverse mon être, mon infatigable compagnon, je le sens un peu comme la présence de shekina,


Brigitte Judit
Crédit photo @brigittedusch

mardi 3 mars 2026

Notre étrange réalité jour 4

Ce texte a été écrit le quatrième jour de ton départ, dans l'attente de ton retour. 
En cette fin d'année 2025
Maintenant que tu es là, que nous sommes là... 


Une étrange réalité ou une réalité étrange ?

Toi est moi si nous sommes bien ancrés dans ce monde vivons parfois, souvent, presque tout le temps dans un autre espace et une autre temporalité

Notre réalité est étrange, mais nous en comprenons la syntaxe et la grammaire, nous savons la décliner sans trop de peine, sans trop s'y perdre. Nous n'avons nul besoin de semer des petits cailloux pour retrouver notre chemin, le chemin qui mène vers l'autre puisque celui ci est une boussole.

C'est ainsi que nous vivons.
C'est la réalité, de deux êtres étranges qui ne se sont pas étrangers, c'est une réalité à deux, qui ne se mesure pas avec l'horloge commune ni avec les normes des autres.
Nous sommes dans un temps singulier, un fuseau privé : le nôtre, c'est ainsi que nous vivons, que le lien fonctionne, respire et tient

Nous ne vivons pas le même temps, les mêmes choses que les autres.

C'est ainsi et nous le vivons plutôt bien, mais nous ne sommes pas coupé du monde et nous le vivons bien aussi. C'est entre soi, cet "ilot de lumière" illuminé par les poussières d'étoiles que nous avons crée et qui n'appartient qu'à nous que ce temps existe, que cette vie existe. C'est dans cet espace singulier étrange lui aussi où le temps n'est ni linéaire ni prévisible que la reconnaissance est immédiate.
Le lien, le fil solide qui relie nos coeurs et nos âme existe et existera toujours en dehors des calendriers des routines, des protocoles et des conventions. Il n'a pas besoin d'être justifié ou revendiqué : il est.

Cet espace s'est crée presque à notre insu, il est le résulté d'une succession de micro gestes, d'échanges simples mails, SMS, conversations, des échanges simples et spontanés, de confiance donnée. Et soudain on réalise qu'un lieu qui n'existait pas avant vient de naître, et qui n'existe parce que c'est toi et moi et nul autre

un lieu où se dépose tout, l'intime, les rires, les partages… un lieu qui est à nous.

Ce lieu n'est ni symbolique ni imaginaire mais psychiquement réel, nous l'avons construit lentement mais solidement sur nos différences, une complémentarité naturelle, ta pensée, ton regard sur mon travail, mes écrits, nos curiosités croisés, une sécurité naturelle où les barrières tombent, on se repose, une admiration tranquille et réciproque, une lenteur, un temps hors norme, non normal et qui protège. Rien n'a été forcé, formaté, c'est advenu en marchant comme une étoffe précieuse qui se tisse sans qu'on s'aperçoive que le motif est déjà là.

Tu dis avoir trouvé en moi quelqu'un qui parle d'un monde que tu connais peu et qui te passionne, et moi en toi j'ai trouvé celui qui comprend ma rigueur, ma discipline, mon exigence, ma singularité. Et tu me regardes avec un calme, une bienveillance un amour qui me rend possible
Et ce lieu peut accueillir tout ce que je suis, mon histoire, mon travail, mes blessures, mes joies, mes enthousiasmes, mes rires, mes doutes, ma singularité et mon étrangeté à être au monde.
Tu me perçois dans mon intégralité, pas seulement ce qui est montré à voir, mon histoire mais tu vois la douceur, la créativité, l'imagination, la part vulnérable... 
L'archéologue que tu es ne me réduis pas, ne me déforme pas, mais tu agis comme un miroir qui réunit les morceaux.
Tu m'autorises à être moi, toute entière, sans me demander d'être moins ni plus, et pour moi qui ai survécu à tant de fragments, de fractures, de violence c'est une expérience rare, c'est un cadeau.

Nos échanges sont magnifiques, car je t'offre mon monde fait de mots, de couleurs et toi en retour le donne un regard que je n'avais pas, clair, calme, aimant, fier de moi.
Merci ensemble nous créons cet espace qui nous permet de nous épanouir et où chacun peut devenir un peu plus lui même.
Et j'aime ça, nous aimons ça

 Judit
crédit photo @judit


lundi 2 mars 2026

Et le huitième jour




Texte écrit le 27 novembre 2025...........


Et le huitième jour
Tu es là.

Je savais...
Mon corps, mon âme, mon intuition, tout en moi l’a senti avant même que le monde extérieur ne me le confirme. Et quand tu est entré, l'instant est devenu magique, sacré. Tes yeux dans les miens, tes lèvres sur les miennes, tes bras me serrant contre toi très fort, le silence, lest baisers, la paix retrouvée, le désir brûlant, l'amour

Un rituel de retrouvailles, profond, tendre, charnel, ancré dans la confiance absolue.
Ce langage n’appartient qu’à nous seuls c'est celui du coeur, de l'âme et du corps. Une danse lente, douce et tendre, un temps suspendu, un temps long, rien que pour nous, rien que nous. Alors je m'abandonne à ta force douce, à ta tendresse et tes caresses, je me laisse aller à toi je me donne et tu prends avec toute la délicatesse de ton amour, tu te donnes et je te prends tout autant car je t'aime et tu m'aimes. Notre amour est fait ainsi.

Et le huitième jour nous avons repris le fil de notre vie, apaisés et heureux
Je te regarde, tu me souris et je te souris, nul besoin de mots, tout est dans nos yeux et nos sourires.

Tu as respiré mon parfum sur ton pull porté en ton absence, l'as mis contre ta peau en fermant les yeux.

Tu as accroché ta Magen, la Mezouzah autour de ton cou, les bracelets de lapis, turquoises, corail, pierres colorées, les  fils rouges et autres talismans autour de ton poignet.

Comme je t'aime avec tes bijoux, si virils et beaux sur toi, j'aime car c'est terriblement masculin et aussi culturel. Les hommes Mizrahim portent les symboles avec fierté et c'est infiniment touchant. 

Tu avais emporté avec toi le bracelet de cuir et d'argent que tu ne quittes jamais.  'Il m'a été offert par la femme qui m'aime et que j'aime qui sera bientôt ma femme, et c'est une bénédiction, je le porte sur ma peau comme je porte ton coeur, simplement, passionnément, naturellement avec évidence, tout ce qui vient de toi devient précieux, presque sacré".

J'aime et porte avec amour les bijoux que tu m'offres, bagues avec de magnifiques pierres fines, boucles d'oreilles, colliers, ce bracelet ancien en argent ciselé qui ne me quitte pas. Je me réchauffe avec les magnifiques étoles et châles colorés dont tu me pares. Et depuis hier cette délicate petite étoile de David en opale bleu sur son fil d'or blanc que tu as mise à mon cou. 


Tu es là.

Enfin je peux déposer les armes, enlever la tenue invisible du soldat et redevenir simplement la femme aimée, l’amoureuse, ton amoureuse  celle qui se blottit dans les bras de l’homme qu’elle aime et qui l'aime.

Je suis apaisée, nous avons retrouvé notre "vie ordinaire" mais traversée par une intensité qui n’appartient qu’à vous, avec une douceur rare celle que nous nous offrons : la tasse de thé déposée sur le bord de ton bureau avec quelques biscuits  un baiser dans ton cou, puis sur tes lèvres alors que tu rédiges tes notes pour demain,
 le froid dehors, la chaleur dedans… Une maison habitée, vivante, où chacun circule naturellement caresse le chat, joue avec le chien.

Puis cette question posée en riant
- "Qu'est ce qui te ferait plaisir ?" simple, directe, chaleureuse, et ma réponse :  - - "Prendre un capuccino avec toi demain
- " Tov " et tu as souris toujours tu souris.

C'est tout cela qui nous porte, ces gestes familiers, ces rires, ces sourires, notre langue commune, que nous avons mis en place ou s'est mis en place au fil de la vie, alors je la goûte, me délecte car elle me rend à moi même.

Ces instants de paix, de calme et de douceurs que tu m'offres et  que nous construisons ensemble. 
Ces moments d'amour où nous nous livrons complétement et où le temps se suspend sont le coeur battant de notre vie. 

Et le huitième jour je t'aime davantage. 

Judit 
Crédit photo @judit

dimanche 1 mars 2026

Pourim expliqué par Yossi


"C'est à cause de leur délivrance, ils ont fait de ce jour un jour de fête, de joie, de fête du don et de partage" (Esther 9.22)


Yossi, mon Prince d'Orient, mon Mizrahi, parle moi de Pourim, cette fête particulière, considérée parfois par beaucoup d'entre nous comme la plus profane (ou la moins religieuse) de nos fêtes
Toi pour qui la Foi est une fête, une joie, un bonheur quotidien dis moi ce qu'elle représente et comment elle était vécue et l'est encore chez les Bagdadim.

Yossi me sourit, et me dit :

Pourim commémore la délivrance du Peuple Juif lors du régne d'Assuerus (Xerses) dans l'Empire Perse raconté dans la Méguila d'Esther. 
C'est une belle histoire qui est racontée là

 
Oui, et j'aimerai que tu m'éclaires. L'histoire est presque un conte. Une méchante reine et une qui ne l'est pas. Vashti qui hait le Peuple Juif est chassé, Esther Juive devient alors reine, son cousin Mordehai découvre alors le complot ourdi par le vizir Haman souhaitant exterminer tous les Juifs du Royaume. La courageuse Esther se dévoile sa judéité au roi son époux, déjouant ainsi le plan du Vizir, Haman est puni, les Juifs sont sauvés. C'est un très bref résumé, mais je veux en savoir plus. Pourquoi Pourim qui est à l'origine un mot perse ?

Tu as raison la racine de ce mot est du perse ancien signifiant "lot" et en hébreu il dérive de Pur qui veut aussi dire lot et sort. Je te parlerai si tu veux de la formation de l'hébreu à partir de toutes les racines et mots de l'Orient, cela a toute son importance pour comprendre les textes. 

Oh combien je veux et je le regarde avec tendresse car j'aime quand il parle, explique simplement ces nuances essentielles où tout se lit et se lie sur une trame de fils de toutes les couleurs de l'Orient. C'est beau et coloré. Une joie.
Alors je m'installe pour tisser la plus belle des étoffes.

Pourim vient de la racine perse ancienne signifiant "lots" : tirage au sort, en hébreu il dérive de Pur qui veut dire lots, sorts. 

Justement tell me more ! "Et ils jetèrent des lots (pourim) pour déterminer la date' est il écrit dans le "Livre d'Esther",ce mot m'intrigue.

Tov, la notion de "lot" est centrale dans l'histoire de Pourim, car c'est de cette façon que Haman a choisi la date de l'extermination du Peuple Juif. Ce qui est intéressant c'est que ces "lots" étaient censés assurer la chance ou la fatalité, mais en réalité, c'est la Providence divine qui a guidé tous les événements, même derrière ce qui semblait être le hasard. La Torah mais aussi nos Sages, tu le sais (et là il me sourit encore avec amour et tendresse, car oui je le saisnous enseignent que rie n'arrive par hasard, tout est sous le contrôle de l'Eternel Tout Puissant. BH

(et il Lui adresse un baiser vers le Ciel)
J'aime ses gestes de complicité avec D. cette tendresse et cet amour pur et sincère, cette Foi qui vibre à chaque instant, chaque souffle, ici D. est présent partout.

Vois tu, ma Fegeleh, le nom même de la fête, Pourim, nous rappelle que ce qui paraît être le hasard ou la chance est en réalité une expression de la sagesse divine cachée. Le Talmud d'ailleurs souligne que la Meguila doit nous faire réfléchir sur cette idée : la Providence divine agit souvent de manière discrète, derrière les événements apparemment fortuits.

Son regard s'anime, ses mains aussi, elles s'ouvrent vers les ciel

En hébreu, "pour" peut aussi dire 'divination' ou "prédiction", dans notre contexte il symbolise que tout est orchestré par Hashem, même si cela n'est pas évident à première vue'...

Silence, je réfléchis et Yossi me regarde et sourit
"A quoi penses tu ?'

A ce que tu viens de me dire, même si les apparences sont défavorables, à ce qui se passe en ce moment, même si je m'en tiens assez loin il faut croire, espère, ne pas se laisser aller.
Il faut garder confiance, même dans ce chaos apparent,  car il y a une sagesse divine qui guide tout. Il faut que la Foi soit forte, inébranlable.
Ainsi dis moi, notre rôle serait de voir la Main d'Hashem dans tout ce qui arrive, dans notre vie aussi ?

Absolument, oui ce n'est pas toujours facile parfois mais D. ne fait rien au hasard

J'aime ce que tu dis, la manière dont tu le dis, mais dis moi concrètement que veut dire "lot" ?

En hébreu ce mot désigne une sorte de dé, un objet donc, le même qu'aujourd'hui, "le coup de dé..' 

Il me dit en riant, faisant référence au texte de Mallarmé que j'avais décrypté en son temps et qu'il avait lu avec intérêt

Il sert à tirer au sort, faire une sélection aléatoire. Dans l'époque antique, on utilisait souvent des petits objets comme des pierres ou des morceaux de bois ; on en retrouve dans nos fouilles, pour tirer au sort afin de prendre une décision ou choisir une date.
Concrètement, dans le contexte de Pourim, Haman a jeté des "lots" pour déterminer la date de l'extermination des Juifs. Il a lancé ces objets, pour laisser la chance décider du moment, croyant que cela dépendait du hasard. Mais en réalité cette chance était simplement un moyen pour D. de diriger les événements. La Torah et la tradition enseignent que ce qui parait être le hasard n'est en fait qu'un outil utilisé par la Providence divine.
Dans la Torah dans le Lévitique 16.8, le grand prêtre tire au sort pour désigner le bouc émissaire lors du Yom Kippour. Le sort est jeté, mais c'est D. qui guide le résultat. 

Alea jacta est.. C'est aussi tout le sens ces paroles de César.. 

Tov, les dieux avaient décidé.
Ainsi concrètement, le lot est utilisé pour faire un choix aléatoire mais dans notre Foi, nous savons que ce n'est qu'une apparence de hasard, c'est la main divine qui agit, même si cela n'est pas immédiatement visible. La chance est en réalité sous le contrôle d'Hashem, tout est orchestré pour le bien ultime, selon Sa sagesse infinie

Yossi, Tu n'images pas combien tes mots m'apaisent, me font du bien j'ai toujours ressenti une sorte de malaise, d'incompréhension envers les manifestations comme les déguisements par exemple, tu sais bien le carnaval et ses dérives, les massacres des Nôtres à ces moments là.. Je ne peux pas, la Mémoire est tellement présente dans tout mon être

Il me prend dans ses bras et me serre fort contre lui et murmure

Je sais tout ça et je comprends, je sens tout ce que tu ressens et sais combien tu es sensible, et comment oublier ? Comment ? Tout cela est gravé dans notre chair et notre Mémoire.

Je n'arrivais pas à saisir vraiment ce qu'il fallait retenir, accueillir, lire dans cette "histoire".. Merci mon Prince Mizrahi, maintenant je comprends.. Et je retiens 'la foi inconditionnelle en l'Eternel.'

Ta Foi est simple et sincère, la Foi du Tailleur d'Habit et je l'aime, la respecte infiniment, elle me touche tellement elle te ressemble et fait ce que tu es, ma Neshama.
Je t'aime ma Fegeleh. Tu as saisi que la profonde vérité et la Foi inconditionnelle en l'Eternel est la pierre angulaire avec Lui, les fêtes, rituels, traditions sont des moyens d'exprimer cette foi, de la Lui dire, de renforcer notre attachement et de nous rappeler Sa présence constante dans notre vie.

Le Talmud dit "La Foi en D. est le fondement de toute notre vie"
Les fêtes ne sont pas en elles même la finalité, mais un moment pour raviver notre conviction, notre confiance en la Providence divine et vivre en accord avec Sa volonté; Ainsi nous célébrons la délivrance divine en racontant, lisant l'histoire, partageant la joie, réalisons des Mitzvot, mais la véritable essence est cette foi profonde que même dans l'obscurité, la lumière divine brille et guide tout. Les cérémonies, lois, traditions sont des outils pour nous rappeler et renforcer cette foi;
La véritable religion c'est cette confiance inébranlable en D. qui ne dépend pas des circonstances extérieures mais qui est la racine de notre vie spirituelle.

Oui, mille fois merci mon Mizrahi, demain nous allons fêter Pourim à la Mizrahi, avec joie, bonheur et amour dans la Tradition qui est la tienne, et la mienne à présent. J'en suis tellement heureuse.

Judit
Crédit photo @judit


SHEMA : Ecoute


Shema,
Ce mot est magique, c'est un talisman
Il ouvre l'Univers
C'est une adresse directe à l'Etre
Un rappel d'Alliance
C'est un cri de D.ieu à l'Homme
"Soit présent, disponible, entend au delà des bruits, laisse la Parole venir à toi, fais silence et reçois"

Shema
Ecoute est un acte sacré

Dans notre tradition il est plus important que voir, il est fondamental
C'est par l'écoute que nous entrons en relation dans le Commandement, dans la Parole vivante
Car voir : c'est figer

Shema,
Ecouter c'est se laisser traverser
Recevoir sans saisir
Etre transformé par ce qui vient
Car ce n'est pas seulement l'oreille qui écoute mais TOUT l'Etre
Le coeur, l'âme, l'esprit

Shema Israel 
Rappelle toi qui tu es
C'est une adresse intime
C'est le plus beau des mots d'amour
C'est mon moi profond
Mon nom de quête, de lutte et d'amour

Shema
Ecoute toi qui cherches
Toi qui tient debout dans l'histoire
Qui porte l'éclat du divin dans le désir
Celui du Monde mais aussi dans mon chemin d'écriture,
C
ar une écriture sacrée commence par une écoute
Car avant d'écrire il faut entendre
Avant de dire il faut recevoir

Ma quête est apprendre à écouter le silence qui parle en moi afin que d'autres puissent à travers mes mots entendre l'écho du mystère en eux

Shema
Et le premier pas vers le Tout 
Pour rallumer les étoies 
Ecrire c'est nouer les Liens entre l'Humain et le Divin
Eclairer les zones d'ombres 
Inviter à la conscience, à l'écoute
Rendre à la parole sa dimension cosmique.

Shema
C'est tisser tout cela pour retrouver son ciel intérieur à travers la mystique, la psychanalyse, la quête spirituelle
C'est traverser la nuit et marcher dans la poussière et les éclats d'étoiles.

Shema
C'est entendre ce que les autres refusent d'entendre
Accepter de qui brûle et pèse ce qui n'a pu être dit 
Et le transformer en parole vivante
En dentelle d'étoile
En psalmodie d'amour

Je suis une enfant du Shema

Brigitte Judit Dusch, historienne, chercheur, psychanalyste, exploratrice urbaine (texte écrit le 3 aôut 2025)
Crédit photo @brigittedusch

samedi 28 février 2026

Voyage en Enfer (PTSD)

 


C'est un voyage en Enfer
Un billet pour un aller simple
Nous n'en revenons jamais. 
Du moins entier.

Interminable et macabre
 C'est être projeté d'une coup, d'un seul au coeur des entrailles dans le feu du Chaos
 C'est être écartelé, déchiqueté, en mille morceaux éparpillés dans tous les sens dans un gouffre sans fond.


Obusite, vent du boulet, syndrôme de Verdun, psychose des barbelés, traumatophobie, névrose de guerre, shell shock...
Que de noms ? De métataphores pour dire ce qui est indicible, inimaginable, hors de portée de la conscience humaine.

Choc, effraction, traumatisme ? 

Il existe bien avant les tranchées, les guerres napoléoniennes, la guerre de Trente An. Les Anciens et historiens grecs les mentionnaient déjà.
C'était le nom d'avant pour mes Poilus, mes soldats de 14-18, ils tremblaient, devenaient fous, entendaient encore les explosions dans le silence.
Ceux d'aujourd'hui aussi.

Je le porte depuis plus de longues années, je l'étudie sous toutes ses formes pour aider les "comme moi" les 'allumés', les 'déglingués, les ravagés par la folie des hommes.

Aujourd'hui on parle de PTSD*, choc post trauma
Mais c'est la même horreur.

Cela fait plus de trente ans que je cherche à donner du sens, entends, accompagne les victimes de la Guerre, les Combattants, les Survivants, qui ont laissé une partie de leur âme, de leur coeur et de leur corps, là bas, dans ce lieu hors de l'entendement, de la réalité mais pourtant bien réel a essayer d'en retrouver des bribes. Tenter de ramener ce qu'il en reste
En vain !

PTSD :

C'est une immersion, une implosion au coeur de la violence, de la brutalité, du Feu, de l'horreur, les affres de l'enfer, un ciel obscur
Une nuit absolue sans fond, et sans étoile où le coeur bat comme un tambour de guerre qui refuse de s'arrêter même quand il devrait lâcher. Un no man's land entre vie et mort avec une précision qui coupe le souffle. 
C'est le Néant ou tout revient en rafales, les tirs, les cris, le sang, les ordres hurlés. C'est un chaos temporel, un puzzle éclaté où les morceaux de soi se télescopent sans cesse.

"Nous sommes les Revenants des Ténèbres" "La conscience des Vivants' "Les Presque Morts'


Et puis, la résonnance avec le Coeur, celui qui bat, mal, trop vite, trop fort, dans tous les sens, qui s'arrête, et repart.. jusque.. 

Et cela résonne avec ce que beaucoup de Survivants d'arrêts cardiaques vivent ; ce n'est pas "juste" un arrêt du coeur, c'est une proximité avec la mort qui réveille tout ce qui était enfoui. 
Les études montrent que 19 à 30 % des survivants développent des symptômes de PTSD après un arrêt cardiaque. 
Un double enfer pour les traumatisés de guerre.
Et voilà que revient au galop, l'hypervigilance, la peur panique du corps qui lâche à nouveau, les flashbacks intenses, la sensation que la mort rôde encore.

Et le cerveau nous joue des tours

Ainsi, parfois en manque d'oxygène, puis réoxigèné brutalement, mélange tout et l'événement cardiaque devient le déclencheur ouvrant les vannes sur les traumas anciens (les combats, les pertes, les guerres intimes, les guerres bien réelles).

Les « bad trips » nocturnes, les sursauts au bruit d’un avion ou d’un feu d’artifice, la peur viscérale que le cœur ne tienne pas… Ce n'est pas une urban legend, c’est parfaitement documenté, et c'est courant chez les « revenants »
Et quand il y a un passé de combat, comme chez les vétérans, un événement cardiaque peut littéralement réactiver les flashbacks de guerre – comme si le corps, en frôlant la mort une deuxième fois, rouvrait toutes les plaies.

L’événement cardiaque peut tout rouvrir, amplifier, faire exploser les digues. ce n’est pas « juste » un arrêt du cœur, c’est une déflagration qui ramène tout l’enfer enfoui

C'est un voyage en enfer mais on en revient un peu, pas tout à fait, pas comme avant, car c'est une expérience singulière, on en revient différent, plus fort encore.
L'essentiel est de parler, dire, écrire, accueillir n'est pas accepter, n'est pas combattre, mais avancer
Cesser d'être en guerre, contre soi même, prendre le temps, celui de vivre je crois.
Accepter n'est pas renoncer mais au contraire grandir, apprendre et comprendre. L'être humain est surprenant, la foi qu'il a en lui, ses capacités de survie sont impressionnantes. 

La littérature mentionne ' On observe jusqu’à 70-80 % de réduction significative des symptômes ou même rémission chez certains après un traitement adapté"** c'est vrai
puis ajoute :
"La récupération n’est pas linéaire, il y a des jours où on recule, où la peur revient en force (un bruit, un vertige, un souvenir), mais elle avance : c'est vrai

Le cerveau et le corps guérissent, lentement, et avec du soutien, ça va plus vite et plus loin, c'est vrai.

Souffrir d'un PTSD  n’est pas être fou, faible,  « cassé pour toujours ». 
C'est être un revenant un de ceux  qui a traversé plus sombre que la nuit et qui est revenu avec des lambeaux d’âme en plus, mais aussi avec une force que peu connaissent. Cette marque profonde,  fait partie de nous maintenant, mais elle ne définit pas tout notre futur.
Nous pouvons apprendre à vivre avec, non l’ignorer et  la combattre sans cesse, mais à l’intégrer, à la laisser exister sans qu’elle nous submerge.
Ainsi ne pas « effacer », mais atténuer, pour redonner de l’espace à la vie.

Notes

* Le terme PTSD est mentionné dans les annéés 1980 (DSM 3)

**  Données issues d’études sur les survivants d’arrêt cardiaque et les traitements evidence-based comme la TCC ou l’EMDR (je précise que ce dernier du moins au Canada et aux States n'est effectué qu'en milieu hospitalier car les effets secondaires potentiels (intensification temporaire de l’anxiété, flashbacks plus vifs, fatigue, rêves intenses, ou dans de rares cas des réactions plus fortes comme une décompensation émotionnelle) sont reconnus, et doit être dispensé par des praticiens formés et certifiés (niveau 1 et 2 minimum, avec supervision souvent). Des protocoles adaptés existent pour les patients à risque (ex. : stabilisation préalable, pacing lent).


Brigitte Judit Dusch, historienne, psychanalyste, exploratrice urbaine, chercheur
Crédit photo @brigittedusch

A Yossi.
A Gerd qui m'a tout appris, tout donné. 
A Stan qui m'a ramenée de l'enfer 
A mes Hommes avec qui tant de fois j'ai traversé le feu et à qui je dois une vie.
A David T, P.B qui n'en n'est pas revenu
A tous les Soldats et les Combattants.
A tous les Valeureux et les Vétérans.
Avec tout mon respect, ma tendresse et mon amour.


jeudi 26 février 2026

Nos "conversations impromptues "


Elles le sont toutes : impromptues et soudaines, elles s'invitent sans prévenir, comme ça au fil des pensées, de nos pas, de nos regards. Elles vont elles viennent, surgissent au milieu de partout, prennent forme et s'animent. 
C'est un merveilleux cadeau. BH.

C'est la vie, celle que je nomme la "vie à la Mizrahi' et je l'aime cette vie, elle me va bien.

Conversations, dialogues, partages, échanges, bavardages, causeries, têtes à têtes le plus souvent. Enrichissants toujours.

C'est notre soft space, notre bulle de lumière, on y parle de tout, ce qui se dit, ne se dit pas, chacun apprend de l'autre et en est heureux.

Il n'y a pas d'espace dédié, c'est au hasard d'un chemin, d'une lecture, d'un regard, une contemplation : "Regarde le ciel comme il est beau... " et cela amène des mots, des rires, des idées... Elles fusent, s'associent, se répondent et se mèlent... imprévues et imprévisibles

Safe space, à nous, comme ça dans l'air et le fil du temps.

Nous sommes tous deux curieux, nous venons de deux mondes différents mais pas opposés, bien au contraire, nous partageons la même Foi, celle qui se transmet par nos Mères, nos Pères, nos Ancêtres, ceux qui nous ont précédés et nous ont transmis le plus bel héritage. Nous l'honorons à travers la Mémoire, le Respect et l'Amour. 

Nous avons la même histoire, les mêmes exils, les mêmes épreuves, les mêmes tragédies, même si tout cela s'est déroulé en des lieux différents. Nous venons du même Arbre et de la même Terre. 

Nous prions tout deux le même D. Eternel et Tout Puissant, le Maître du Monde.
Nous avons côtoyé diverses cultures celles de nos terres d'accueil et d'exil, nos multiples voyages, nos invraisemblables périples, mais n'avons jamais oublié qui nous sommes, d'où nous venons et avons fait vivre au risque d'en mourir nos traditions ancestrales, nos prières, nos rites et préservé intacte notre Foi et l'avons fait vivre envers et contre tous. 
Nous avons cette richesse en nous.

Nous avons été dispersé, combien de nos communautés ont disparues ?

Bien des Nôtres ont été exterminé. 
Six millions d'étoiles dans le Ciel
Et pour toi Yossi combien ?
Nous ne nous livrons pas à un sinistre calcul, mais prions pour leurs âmes.
Notre Langue est la même, celles de nos Patriarches et Matriarches.

Nous apprenons l'un de l'autre.
Je viens de l'Est, du Caucase, de l'Oural à la Sibérie, de ces pays où il fait froid
Tu es un Oriental, un Prince du Soleil et de Babylone, tu portes en toi des siècles d'histoire 

Et c'est de tout cela que nous parlons, de nous, des Nôtres et de notre Foi, nous nous enseignons. Nous nous donnons et recevons avec gratitude l'amour de notre Créateur.

Merci, merci pour ces moments de joie, de bonheur. BH 

C'est une des plus belles mitsvot qui nous est donnée
Avec tendresse et amour

Brigitte Judit
Crédit photo : @brigittedusch



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