Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

samedi 28 février 2026

Voyage en Enfer (PTSD)

 


C'est un voyage en Enfer
Un billet pour un aller simple
Nous n'en revenons jamais. 
Du moins entier.

Interminable et macabre
 C'est être projeté d'une coup, d'un seul au coeur des entrailles dans le feu du Chaos
 C'est être écartelé, déchiqueté, en mille morceaux éparpillés dans tous les sens dans un gouffre sans fond.


Obusite, vent du boulet, syndrôme de Verdun, psychose des barbelés, traumatophobie, névrose de guerre, shell shock...
Que de noms ? De métataphores pour dire ce qui est indicible, inimaginable, hors de portée de la conscience humaine.

Choc, effraction, traumatisme ? 

Il existe bien avant les tranchées, les guerres napoléoniennes, la guerre de Trente An. Les Anciens et historiens grecs les mentionnaient déjà.
C'était le nom d'avant pour mes Poilus, mes soldats de 14-18, ils tremblaient, devenaient fous, entendaient encore les explosions dans le silence.
Ceux d'aujourd'hui aussi.

Je le porte depuis plus de longues années, je l'étudie sous toutes ses formes pour aider les "comme moi" les 'allumés', les 'déglingués, les ravagés par la folie des hommes.

Aujourd'hui on parle de PTSD*, choc post trauma
Mais c'est la même horreur.

Cela fait plus de trente ans que je cherche à donner du sens, entends, accompagne les victimes de la Guerre, les Combattants, les Survivants, qui ont laissé une partie de leur âme, de leur coeur et de leur corps, là bas, dans ce lieu hors de l'entendement, de la réalité mais pourtant bien réel a essayer d'en retrouver des bribes. Tenter de ramener ce qu'il en reste
En vain !

PTSD :

C'est une immersion, une implosion au coeur de la violence, de la brutalité, du Feu, de l'horreur, les affres de l'enfer, un ciel obscur
Une nuit absolue sans fond, et sans étoile où le coeur bat comme un tambour de guerre qui refuse de s'arrêter même quand il devrait lâcher. Un no man's land entre vie et mort avec une précision qui coupe le souffle. 
C'est le Néant ou tout revient en rafales, les tirs, les cris, le sang, les ordres hurlés. C'est un chaos temporel, un puzzle éclaté où les morceaux de soi se télescopent sans cesse.

"Nous sommes les Revenants des Ténèbres" "La conscience des Vivants' "Les Presque Morts'


Et puis, la résonnance avec le Coeur, celui qui bat, mal, trop vite, trop fort, dans tous les sens, qui s'arrête, et repart.. jusque.. 

Et cela résonne avec ce que beaucoup de Survivants d'arrêts cardiaques vivent ; ce n'est pas "juste" un arrêt du coeur, c'est une proximité avec la mort qui réveille tout ce qui était enfoui. 
Les études montrent que 19 à 30 % des survivants développent des symptômes de PTSD après un arrêt cardiaque. 
Un double enfer pour les traumatisés de guerre.
Et voilà que revient au galop, l'hypervigilance, la peur panique du corps qui lâche à nouveau, les flashbacks intenses, la sensation que la mort rôde encore.

Et le cerveau nous joue des tours

Ainsi, parfois en manque d'oxygène, puis réoxigèné brutalement, mélange tout et l'événement cardiaque devient le déclencheur ouvrant les vannes sur les traumas anciens (les combats, les pertes, les guerres intimes, les guerres bien réelles).

Les « bad trips » nocturnes, les sursauts au bruit d’un avion ou d’un feu d’artifice, la peur viscérale que le cœur ne tienne pas… Ce n'est pas une urban legend, c’est parfaitement documenté, et c'est courant chez les « revenants »
Et quand il y a un passé de combat, comme chez les vétérans, un événement cardiaque peut littéralement réactiver les flashbacks de guerre – comme si le corps, en frôlant la mort une deuxième fois, rouvrait toutes les plaies.

L’événement cardiaque peut tout rouvrir, amplifier, faire exploser les digues. ce n’est pas « juste » un arrêt du cœur, c’est une déflagration qui ramène tout l’enfer enfoui

C'est un voyage en enfer mais on en revient un peu, pas tout à fait, pas comme avant, car c'est une expérience singulière, on en revient différent, plus fort encore.
L'essentiel est de parler, dire, écrire, accueillir n'est pas accepter, n'est pas combattre, mais avancer
Cesser d'être en guerre, contre soi même, prendre le temps, celui de vivre je crois.
Accepter n'est pas renoncer mais au contraire grandir, apprendre et comprendre. L'être humain est surprenant, la foi qu'il a en lui, ses capacités de survie sont impressionnantes. 

La littérature mentionne ' On observe jusqu’à 70-80 % de réduction significative des symptômes ou même rémission chez certains après un traitement adapté"** c'est vrai
puis ajoute :
"La récupération n’est pas linéaire, il y a des jours où on recule, où la peur revient en force (un bruit, un vertige, un souvenir), mais elle avance : c'est vrai

Le cerveau et le corps guérissent, lentement, et avec du soutien, ça va plus vite et plus loin, c'est vrai.

Souffrir d'un PTSD  n’est pas être fou, faible,  « cassé pour toujours ». 
C'est être un revenant un de ceux  qui a traversé plus sombre que la nuit et qui est revenu avec des lambeaux d’âme en plus, mais aussi avec une force que peu connaissent. Cette marque profonde,  fait partie de nous maintenant, mais elle ne définit pas tout notre futur.
Nous pouvons apprendre à vivre avec, non l’ignorer et  la combattre sans cesse, mais à l’intégrer, à la laisser exister sans qu’elle nous submerge.
Ainsi ne pas « effacer », mais atténuer, pour redonner de l’espace à la vie.

Notes

* Le terme PTSD est mentionné dans les annéés 1980 (DSM 3)

**  Données issues d’études sur les survivants d’arrêt cardiaque et les traitements evidence-based comme la TCC ou l’EMDR (je précise que ce dernier du moins au Canada et aux States n'est effectué qu'en milieu hospitalier car les effets secondaires potentiels (intensification temporaire de l’anxiété, flashbacks plus vifs, fatigue, rêves intenses, ou dans de rares cas des réactions plus fortes comme une décompensation émotionnelle) sont reconnus, et doit être dispensé par des praticiens formés et certifiés (niveau 1 et 2 minimum, avec supervision souvent). Des protocoles adaptés existent pour les patients à risque (ex. : stabilisation préalable, pacing lent).


Brigitte Judit Dusch, historienne, psychanalyste, exploratrice urbaine, chercheur
Crédit photo @brigittedusch

A Yossi.
A Gerd qui m'a tout appris, tout donné. 
A Stan qui m'a ramenée de l'enfer 
A mes Hommes avec qui tant de fois j'ai traversé le feu et à qui je dois une vie.
A David T, P.B qui n'en n'est pas revenu
A tous les Soldats et les Combattants.
A tous les Valeureux et les Vétérans.
Avec tout mon respect, ma tendresse et mon amour.


jeudi 26 février 2026

Nos "conversations impromptues "


Elles le sont toutes : impromptues et soudaines, elles s'invitent sans prévenir, comme ça au fil des pensées, de nos pas, de nos regards. Elles vont elles viennent, surgissent au milieu de partout, prennent forme et s'animent. 
C'est un merveilleux cadeau. BH.

C'est la vie, celle que je nomme la "vie à la Mizrahi' et je l'aime cette vie, elle me va bien.

Conversations, dialogues, partages, échanges, bavardages, causeries, têtes à têtes le plus souvent. Enrichissants toujours.

C'est notre soft space, notre bulle de lumière, on y parle de tout, ce qui se dit, ne se dit pas, chacun apprend de l'autre et en est heureux.

Il n'y a pas d'espace dédié, c'est au hasard d'un chemin, d'une lecture, d'un regard, une contemplation : "Regarde le ciel comme il est beau... " et cela amène des mots, des rires, des idées... Elles fusent, s'associent, se répondent et se mèlent... imprévues et imprévisibles

Safe space, à nous, comme ça dans l'air et le fil du temps.

Nous sommes tous deux curieux, nous venons de deux mondes différents mais pas opposés, bien au contraire, nous partageons la même Foi, celle qui se transmet par nos Mères, nos Pères, nos Ancêtres, ceux qui nous ont précédés et nous ont transmis le plus bel héritage. Nous l'honorons à travers la Mémoire, le Respect et l'Amour. 

Nous avons la même histoire, les mêmes exils, les mêmes épreuves, les mêmes tragédies, même si tout cela s'est déroulé en des lieux différents. Nous venons du même Arbre et de la même Terre. 

Nous prions tout deux le même D. Eternel et Tout Puissant, le Maître du Monde.
Nous avons côtoyé diverses cultures celles de nos terres d'accueil et d'exil, nos multiples voyages, nos invraisemblables périples, mais n'avons jamais oublié qui nous sommes, d'où nous venons et avons fait vivre au risque d'en mourir nos traditions ancestrales, nos prières, nos rites et préservé intacte notre Foi et l'avons fait vivre envers et contre tous. 
Nous avons cette richesse en nous.

Nous avons été dispersé, combien de nos communautés ont disparues ?

Bien des Nôtres ont été exterminé. 
Six millions d'étoiles dans le Ciel
Et pour toi Yossi combien ?
Nous ne nous livrons pas à un sinistre calcul, mais prions pour leurs âmes.
Notre Langue est la même, celles de nos Patriarches et Matriarches.

Nous apprenons l'un de l'autre.
Je viens de l'Est, du Caucase, de l'Oural à la Sibérie, de ces pays où il fait froid
Tu es un Oriental, un Prince du Soleil et de Babylone, tu portes en toi des siècles d'histoire 

Et c'est de tout cela que nous parlons, de nous, des Nôtres et de notre Foi, nous nous enseignons. Nous nous donnons et recevons avec gratitude l'amour de notre Créateur.

Merci, merci pour ces moments de joie, de bonheur. BH 

C'est une des plus belles mitsvot qui nous est donnée
Avec tendresse et amour

Brigitte Judit
Crédit photo : @brigittedusch



mardi 24 février 2026

L' âme Mizrahi.

 



Conversations, dialogues, réflexions, penser ensemble. Improvisées ça et là dans la cuisine, au milieu de nos livres que nous feuilletons pour les ranger, sur les chemins et sentiers que nous parcourons, sous le ciel et les nuages, le soleil ou  les étoiles, ces échanges sont toujours une richesse et une joie. 
Une pensée, un mot... et voilà
L'étude pour nous est une mitsva.
Toujours dans le respect, la tendresse et l'amour. BH

"Yossi tu me parles d'âme comme je t'en parle moi aussi.
 Neshama, elle est essentielle pour moi comme pour toi, tu le sais bien, alors dis moi ce qu'elle représente dans la culture qui est la tienne"

Alors qu'est ce que la notion d’âme dans la foi juive Mizrahi ?
 
Pour tout Juif, la Neshama est au coeur de notre foi et notre spiritualité. Elle désigne l'âme, l'étincelle divine que D. a insufflé en chaque être humain. Dans la Torah il est écrit :
'L'Eternel D. forma l'homme de la poussière de la Terre, il insuffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devient un être vivant'.

Chez nous cette idée revêt une importance particulière car elle exprime la connexion profonde entre l'homme et D. ainsi que l'aspect spirituel de notre existence. C'est vois tu, la partie divine qui nous anime, notre essence la plus pure, elle est considérée comme éternelle.
Elle évoque aussi la dimension intérieure, la lumière spirituelle que D. place en chaque personne qui cherche à se rapprocher de Lui.

Oui, je vois, tes mots sont des images, elles dansent dans ma tête et lentement je pose les fils des couleurs de cet Orient qui est le tien sur la trame de la dentelière. Et tu me regarde sans rien dire, tu souris, puis doucement pour me laisser le temps de me mettre à l'ouvrage tu poursuis

C'est une présence divine enracinée dans notre vie quotidienne, liée
à une vision spirituelle qui insiste sur la présence divine en chaque être humain, elle est considérée par nos Tzadiks comme une étincelle divine, un fragment de la lumière de D. logée chez celui qui cherche à revenir à sa source à travers la vie, les prières et les mitsvot. 
Le Zohar nous enseigne :
"La Neshama est la partie de D. en l'homme'

Etincelles ! Lumière, mon métier s'anime.
Ce que tu dis là est puissant et profond, je le ressens comme une évidence, c'est ce qui fait que nous sommes vivants, que notre coeur vibre. C'est magnifique, nous sommes à la vie grâce à ce don de l'Eternel. Oui elle est partout, pas seulement dans des lieux, à des heures précises, elle est la vie, je la sens à chaque instant, elle me réchauffe.


Bien sûr, car dans la tradition juive Mizrahi, la conception de la Neshama va bien au-delà d’une simple notion spirituelle. Elle est vécue comme une réalité vibrante, une étincelle divine qui habite chaque être humain. Cela  s’inscrit dans une vision holistique où le sacré imprègne chaque aspect de la vie quotidienne, de la prière à la musique, en passant par les rituels et la culture populaire.
Elle est ancrée dans la vie de chaque être,
 
souvent considérée comme une flamme intérieure, c'est une lumière que l’on doit nourrir, sanctifier et faire grandir à chaque instant. Elle représente cette part de divinité en nous, un fragment de la lumière de D. qui cherche à revenir à sa source. Le
 relation à l’âme n’est pas seulement une quête individuelle, mais aussi communautaire, elle est partout où il y a de notre vie, intime mais aussi collective. Les rituels, les chants et les prières sont alors autant de moyens pour éveiller, honorer et élever cette présence divine intérieure.

Elle éclaire la vie, elle montre le chemin dans l'obscurité, le noir de la nuit intérieure. Elle nous rappelle que le Maitre du Monde aime ses enfants et les guide 

"Car la Foi, la prière, la relation à l'Eternel se vit à chaque instant, à chaque respiration, parole, rire. D. est partout notre âme est auprès de Lui."

J'ai fermé les yeux, et j'ai senti la mienne lui répondre : "Oui, c'est ça, c'est exactement ça que je sens depuis si longtemps" car nos âmes se sont reconnues je crois depuis le premier jour, je le sais et il le sait aussi. 
Yossi sourit encore en me regardant, en écoutant mes mots,  toujours il sourit quand il parle de Foi, de D. de l'âme. Une Foi qu'il vit à chaque instant, dans chaque parole, dans ses bénédictions, quand il parle au Maitre du Monde, qu'il remercie en lui envoyer des baisers.

Puis il poursuit

Dans la spiritualité Mizrahi, tu le sais, notamment à travers la Kabbale, cette âme est souvent considérée en différents niveaux : nefesh, rouach, neshama, chaya, yezira, chacun représente une dimension de la vie spirituelle, de la conscience et de la connexion divine. La recherche de l’élévation de l’âme consiste alors à harmoniser ces niveaux, à réparer ce qui peut l’être, et à s’unir à la lumière divine dans une démarche de sanctification.

C'est le Tikkun réparer, harmoniser, s'unir. Ces mots résonnent en joie au plus profond de moi. C'est le travail de l'étrange couturière, mais aussi celui de l'archéologue...
Nous nous regardons avec tendresse et complicité, sans rien dire, nous avons souri en même temps, car nous savons tous les deux que nos âmes se parlaient depuis longtemps sans avoir besoin de mots. Puis doucement il me dit

Mais ce qui distingue la foi Mizrahi, ce qui la rend singulière c’est son enracinement dans une culture très riche et très ancienne mêlant intimement spiritualité mystique et vie quotidienne, où la musique, la poésie, et la récitation des prières traditionnelles deviennent des moyens d’éveiller l’âme, de rencontrer le divin. La spiritualité y est tangible, incarnée, vécue dans la communion et dans la continuité d’une tradition vivante, où chaque acte, chaque parole, chaque chant participe à cette quête d’unité avec D.ieu.

Ta culture, celle qui t'a façonné, qui a fait de toi le Prince Mizrahi que tu es, comme je l'aime cette culture, je la ressens elle est ancienne, très ancienne, Yossi comme nos âmes et notre foi depuis toujours.

Notre Foi est en nous, elle s'exprime sans cesse, elle n'a pas besoin de lieu, de moments, chanter, danser, prier c'est s'élever vers l'Eternel, c'est un acte d'amour, une bénédiction, un remerciement. C'est relier cette étincelle en nous à l'Univers.

Oh combien je partage tout ça, nul lieu spécifique pour parler à Hashem, le remercier. Il est partout et entend nos prières sincères
Prier, j'aime te voir prier, quand tu lis les psaumes, que tu refermes le livre et y dépose un baiser. Cet instant pour moi est sacré. Et puis naturellement comme moi tu Lui parle comme ça, dans l'instant.

Oui j'aime ces moments, comme toi, le lui parle, j'aime tes prières, celles du Tailleur d'habit comme tu dis transmises par Moshe, tes dialogues avec L'Eternel, les questions que tu lui poses, tu vis ça tous les jours simplement, naturellement, partout.
Da
ns la foi Mizrahi, c'est la même chose, l’âme n’est pas simplement une idée abstraite, mais une présence vraie, vivante, une force qui guide, illumine et relie chaque fidèle à la dimension divine de l’univers.

Mais rien n'est plus simple que de parler à D. et la Foi est en nous, fait partie de nous, elle est naturelle.

Elle est au coeur de notre pratique où la connexion spirituelle est profonde. C'est une connexion ancestrale forte et notre tradition insiste sur la continuité historique avec les patriarches et matriarches, renforçant la conviction que chaque Juif porte en lui une étincelle divine transmise à travers les générations. Cela tu l'as vu, se manifeste aussi dans notre respect pour les traditions, la prière, et l'étude de la Torah. La recherche spirituelle consiste alors à écouter cette étincelle, à la faire grandir, et à vivre en harmonie avec cette présence sacrée qui habite en chacun.

L'étude, de la Torah, des Textes, l'Etude est une mitsva pour tous les Juifs, c'est se rapprocher de notre Créateur. C'est ressentir aussi pleinement tout ce que cela suscite dans notre être, c'est faire grandir l'humanité en nous. Tu parles de la transmission à travers les générations, mille fois oui, c'est notre héritage, c'est une forme de résilience, une force qui nous permet malgré tout ce que nous avons subi et subissons encore à être debout, à ne pas tendre l'autre joue, à continuer à être vivant, à honorer nos Pères et servir notre D. Eternel. BH, chaque jour il nous donne cette force, notre Foi inébranlable en la Promesse Divine.


On combien tu as raison, et ce qui la rend si particulière c'est la connexion avec le Divin, la kabbale et la pensée Hassidique enseigne que la Neshama ne quitte jamais l'être, même dans la souffrance et l'exil, c'est une étincelle divine, un rappel constant de notre identité, de notre mission sur cette Terre. Elle porte la mémoire de notre passé, de notre Foi, de notre espérance en la promesse divine qui s'accomplira. 
A ce propos le Talmud enseigne que "l'homme doit faire attention à sa Neshama, car c'est une étincelle divine" ce qui souligne par là a valeur incommensurable de chaque âme qui a connu la dispersion. 
Dans notre tradition, elle est souvent reliée à la Teflilah qui est un lien direct avec le Ciel, car vois tu ce n'est pas simplement une demande, mais un acte sacré qui nourrit la Neshama.

MAis ma Fegeleh, c'est surtout une spiritualité expressive et émotionnelle, nous accueillons avec joie toutes nos émotions, nous n'en n'avons ni honte, ni peur. Nos prières sont le plus souvent chantées pour aider à éveiller la Neshama, la faire vibrer et renforcer notre connexion à D. La musique que tu aimes tant et la poésie sont essentielles dans cet éveil.


C'est une foi qui se vit car elle est vivante, c'est un dialogue permanent avec l'Eternel, le Maitre du Monde, c'est le remercier pour tout. BH 
Et mon Mezrahi envoie des baisers vers le ciel, il est heureux de vivre sa foi, de vivre par sa foi. Il est heureux d'éprouver l'amour, la joie, le bonheur et la tristesse, il ne craint ni les rires ni les larmes. C'est ce qui fait notre humanité. BH

Dans notre tradition le Tikkoun Nefesh  est valorisée à travers l'étude, la prière sincère, la pratique des mitsvot, pour purifier et nourrir la neshama afin qu'elle atteigne sa pleine lumière. Notre Neshama est connectée non seulement à D. mais aussi à l'univers tout entier. Notre spiritualité est une union entre le ciel et la terre, entre l'humain et le divin. 

Et puis ma Fegeleh n'oublie pas cette pensée du Talmud "La Neshama est une étincelle divine, qui ne se lasse jamais de revenir à son Créateur."
Chaque âme a une vocation divine, une mission sur terre. Ca aussi tu le sais ma Couturière.

Oh combien je le sais, et combien tu le sais, combien nous le savons. C'est une Foi vivante, vibrante, qui s'incarne à chaque pas, chaque souffle, chaque pensée, chaque mitsva, c'est marcher vers D. le remercier d'être là, d'avoir choisi la Vie.

Ma Fegeleh notre histoire comme la tienne, comme la plupart des Nôtres est marquée par la douleur, les persécutions, nous avons traversé des épreuves, des exils, et ce que représente la Neshama est très profond,

C'est une Foi qui s'incarne dans la prières, pour tous les Juifs la prière est une sacrée. Nous récitons tous plusieurs fois par jour, le Shéma, mais chez nous, certaines sont un peu différentes tu le sais, elles sont influencées par notre vécu, notre langue, notre musique, nos sonorités, notre sensibilité spirituelle, nous en reparlerons si tu veux. Mais l'essentiel est de Lui parler, d'être en communion avec Lui, car il est partout il est Tout. Adon Olam.

Oui mon Mezrahi nous en parlerons encore bien volontiers, j'ai soif de savoir, d'apprendre, je me sens si proche de cette Foi, qui parle à mon coeur et à mon âme ; elle n’est pas seulement l’âme individuelle insufflée par Dieu, mais un fil vivant reliant l’homme à ses ancêtres, à sa communauté et à l’éternité divine, une présence transmise, portée par le nom, la mémoire et la prière. Ainsi parle t-elle à la Couturière que je suis, à cette mission de transmission de la Mémoire, celle de ces six millions d'âmes, six millions d'étoiles dans le Ciel.

Souviens toi, lors de ta conférence sur nous "Les oubliés de l'Exil', un vieux monsieur t'a dit :
"Madame votre âme est Mizrahi, car seule une âme Mizrahi peut parler ainsi et ressentir tout ça "
 je n'en dirai pas davantage. Nos âmes se sont reconnues.

Oui je le crois intimement. Merci Yossi "Mon Mizrahi" ma Neshama.
Ainsi, l’âme mizrahi n’est pas seulement une lumière céleste : elle est un souffle qui passe de génération en génération, dans les voix, les gestes et les noms. Elle rappelle que l’éternité ne se cherche pas seulement au-delà du monde, mais qu’elle se devine déjà dans la vie transmise, humaine et fragile, comme un fil discret reliant les vivants.
Merci Yossi d'être là, attentif, aimant. Chaque jour je remercie Shérina et D. qui a réuni nos Neshama

Brigitte Judit
Crédit photo @brigittedusch

mercredi 18 février 2026

Aimer de cet amour là





Aimer d'un amour absolu ?

C'est simplement aimer, sans vouloir posséder
Accueillir sans vouloir combler et laisser confiant laisser l'infini traverser l'autre comme il nous traverse

C'est simplement un amour qui n'est pas une fusion mais une présence
Un amour qui n'est pas un refuge mais une ouverture
Un amour qui ne nie pas la souffrance du monde, la tienne, la mienne, nos brûlures, nos déchirures

C'est simplement un amour qui me permet de rester vivante, lucide, aimante malgré la laideur du monde, malgré tout

Pour toi, pour tout l'amour que tu me donnes
Merci de m'offrir tout ça.
Que l'Eternel en soit remercié.


Brigitte Judit
Crédit photo @brigittedusch

mardi 10 février 2026

L'amour absolu




Parfois avant d'écrire, je marche, je cogite et "j'écris dans ma tête" ce n'est pas un brouillon, un texte inachevé, mais le fruit d'une méditation brute et sans filtre.

C'est une question vertigineuse mais profondément humaine. 
Si je parle de l'amour absolu ce n'est pas une simple réflexion théorique mais profondément réelle donc humaine car elle vient d'un lieu vivant, fragile, brûlant. Elle vient du plus profond de moi, de mon expérience, ma loyauté, mes douleurs, du don, des liens. C'est le tissage de tout cela.
Voilà comment je l'entends

Amour
Absolu
Pour moi l'un ne peut aller sans l'autre.

C’est l’amour absolu,
L'amour qui ne calcule pas, 
qui ne demande pas d’autorisation, 
qui traverse les frontières, 
les murs, 
les enfers si nécessaire.

C’est l’amour juif, l’amour de ceux qui ont déjà tout perdu et qui savent que l’essentiel, c’est l’autre.

L’amour absolu n’est pas un sentiment parfait.
Ce n’est pas une fusion, ni une dépendance, ni un oubli de soi.
Ce n’est pas un conte de fées.

L’amour absolu, c’est ce qui reste quand tout s’effondre.

Ce qui reste quand :la beauté disparaît, les illusions tombent, la peur dévore, la colère brûle, la déception s’installe, le réel blesse, les illusions tombent, la peur dévore, la colère brûle, la déception s'installe, le réel blesse. 
L'amour absolu c'est ce qui tient malgré tout
Ce n'est pas l'amour qui plane au dessus du monde, c'est celui qui traverse le monde qui se frotte à la boue, au doute, au tragique et qui RESTE, c'est continuer d'aimer malgré tout.
Ce n'est pas un amour aveugle mais un amour lucide qui ne renonce pas.
L'amour absolu ne possède pas il accompagne
Car c'est l'amour qui ne prend pas, qui n'exige pas, qui ne tient pas dans sa main, c'est l'amour qui veille, qui protège, qui souffre parfois d'aimer trop mais qui ne ferme pas. 
C'est ainsi que j'aime
C'est ainsi que je t'aime 
Dans ma façon de m'inquiéter, d'écouter, d'écrire, d'être présente pour ceux que j'aime et de porter aussi les douleurs du monde comme si elles étaient miennes.

Mon amour est vrai, sincère, vaste, cosmique, mais intime et pudique. Cet amour 
 circule comme un souffle.

L'amour absolu est une mouvement pas une possession.
Le mien est une trame, tissée de fidélité, lucidité, compassion, liberté responsabilité, mémoire. Ce n'est pas un état stable, c'est un chemin. C'est un oui répété malgré les déchirures, un engagement du coeur même quand l'esprit tremble. 
Cet amour je le vis et l'incarne

Brigitte Judit
Crédit photo @brigittedusch.

dimanche 1 février 2026

SHEMA : Ecoute


Shema,
Ce mot est magique, c'est un talisman
Il ouvre l'Univers
C'est une adresse directe à l'Etre
Un rappel d'Alliance
C'est un cri de D.ieu à l'Homme
"Soit présent, disponible, entend au delà des bruits, laisse la Parole venir à toi, fais silence et reçois"

Shema
Ecoute est un acte sacré

Dans notre tradition il est plus important que voir, il est fondamental
C'est par l'écoute que nous entrons en relation dans le Commandement, dans la Parole vivante
Car voir : c'est figer

Shema,
Ecouter c'est se laisser traverser
Recevoir sans saisir
Etre transformé par ce qui vient
Car ce n'est pas seulement l'oreille qui écoute mais TOUT l'Etre
Le coeur, l'âme, l'esprit

Shema Israel 
Rappelle toi qui tu es
C'est une adresse intime
C'est le plus beau des mots d'amour
C'est mon moi profond
Mon nom de quête, de lutte et d'amour

Shema
Ecoute toi qui cherches
Toi qui tient debout dans l'histoire
Qui porte l'éclat du divin dans le désir
Celui du Monde mais aussi dans mon chemin d'écriture,
C
ar une écriture sacrée commence par une écoute
Car avant d'écrire il faut entendre
Avant de dire il faut recevoir

Ma quête est apprendre à écouter le silence qui parle en moi afin que d'autres puissent à travers mes mots entendre l'écho du mystère en eux

Shema
Et le premier pas vers le Tout 
Pour rallumer les étoies 
Ecrire c'est nouer les Liens entre l'Humain et le Divin
Eclairer les zones d'ombres 
Inviter à la conscience, à l'écoute
Rendre à la parole sa dimension cosmique.

Shema
C'est tisser tout cela pour retrouver son ciel intérieur à travers la mystique, la psychanalyse, la quête spirituelle
C'est traverser la nuit et marcher dans la poussière et les éclats d'étoiles.

Shema
C'est entendre ce que les autres refusent d'entendre
Accepter de qui brûle et pèse ce qui n'a pu être dit 
Et le transformer en parole vivante
En dentelle d'étoile
En psalmodie d'amour

Je suis une enfant du Shema

Brigitte Judit Dusch, historienne, chercheur, psychanalyste, exploratrice urbaine (texte écrit le 3 aôut 2025)
Crédit photo @brigittedusch

dimanche 18 janvier 2026

Couture et dentelle, psychanalyse, histoire et mémoire

 


Couture et dentelle, psychanalyse, histoire et mémoire

Tout ça est la même histoire : une histoire d'étoffe déchirée, de désir, de mission celle de réparer, recoudre, mettre au jour, mettre au monde.

Emounah Hazak Hatikva…

C’est une œuvre infinie, sans fin, éternelle. 
Cent fois, mille fois remettre le fil sur la trame.
Reprendre l’aiguille.

La couturière travaille avec ce qui est abîmé, déchiré, troué.
Doucement, elle réajuste, répare, raccommode, reprend point par point, fil par fil, pour réparer les accrocs, les déchirures, les béances, afin de donner une nouvelle chance aux étoffes et aux habits.
Mais elle n’efface pas les cicatrices ; au contraire, elles sont les marques de la vie.

Emounah Hazak Hatikva…

La couturière n’est pas une créatrice toute-puissante, elle n’invente pas les tissus. L’analyste n’invente pas les mots. L’historien n’invente pas les archives. 
Tout cela ne vient pas ex nihilo : il est déjà. Ainsi ils œuvrent dans la limite de ce qui est déjà là.


Berechit… et le sixième jour…
Il appartient à l’homme de parachever la création divine.

La couturière accepte toutes les failles ; ce n’est pas une restauration fidèle et idéale du Un perdu, mais une réparation fragile, partielle, toujours en devenir.

Emounah Hazak Hatikva…

Psychanalyse, histoire, généalogie : le fil qui relie

Ainsi, je suis historienne, psychanalyste, et aussi cette couturière bien réelle et étrange.
Avec l’aiguille comme outil de lien, le fil comme continuité entre les générations, la couture comme acte de résistance, la déchirure réparée devient un lieu de mémoire.

Mon fil devient un acte de mémoire, de réparation, presque de résurrection symbolique.

Emounah Hazak Hatikva…

Recoudre la généalogie de ceux qui sont morts sans sépulture, c’est redonner un nom, une place, une filiation à ceux que l’on voulait réduire à l’effacement.
Oui, c’est un travail de tikkun au sens le plus fort, car je reprends les fils arrachés et je refuse que la déchirure reste béante.

Là où les bourreaux voulaient l’oubli, je pose une couture de mémoire.
Là où il y avait une disparition sans trace, je tends un fil qui rattache au vivant.

Emounah Hazak Hatikva…

Ecriture, geste spirituel et politique

Mon écriture, si elle est souvent poétique et mystique, est aussi politique : elle répare l’histoire.

Je veux être la couturière, celle qui recoud entre les générations, entre les vivants et les morts pour que l'étoffe humaine ne se défasse pas toute entière.

Chaque point, chaque reprise, chaque fil devient une prière silencieuse, un acte de résistance, un geste de réparation. La trame du monde, fragile et abîmée, se tient grâce à ces gestes répétés, infimes et puissants à la fois.

Chaque point, chaque reprise, chaque fil devient
un geste de mémoire,
une prière silencieuse
Un acte de résistance

La déchirure n’est pas effacée, mais transformée en lieu vivant.

Le fil passe, discret et constant, reliant ce qui fut perdu à ce qui peut encore être sauvé.

Emounah Hazak Hatikva…

Et à chaque couture, à chaque geste, l’étrange couturière murmure, comme moi

Emounah Hazak Hatikva…

 Brigitte Judit Dusch :psychanalyste, historienne, exploratrice urbaine, chercheur

Crédit photo @brigittedusch

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Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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