Labyrinthe 3 Une traversée de soi
Ainsi le labyrinthe devient un passage, une traversée de soi afin de se trouver ou retrouver, et partir à la recherche de l'autre Mais ce passage là n'est pas sans issue, il y a le fil qui ne me quitte pas celui de la pensée.. Le labyrinthe de la pensée ?
Au début, le labyrinthe évoque souvent l'égarement, on s'y perd, on tourne en rond, on ne sait plus où l'on est, on cherche une sortie
Mais dans ma réflexion, il est en train de devenir autre chose.
C'est une traversée.
Il n'est pas un lieu où l'on se perd définitivement, mais un espace de transformation.
« Une traversée de soi afin de se trouver ou retrouver, et partir à la recherche de l'autre »
C'est très beau, parce que les deux mouvements sont inséparables.
Chercher l'autre nous déplace toujours un peu de nous-mêmes. Et se connaître davantage permet parfois de mieux entendre l'autre.
C'est vrai de l'historien.
C'est vrai du psychanalyste.
C'est vrai aussi de l'écrivain.
Le labyrinthe devient alors un lieu de passage entre soi et l'autre, le présent et le passé, la mémoire et l'histoire, l'intime et le collectif, la question et la compréhension.
Et j'ajoute immédiatement quelque chose d'essentiel :
« il y a le fil qui ne me quitte pas : celui de la pensée »
Voilà sans doute mon fil d'Ariane. Ainsi il n'est
Ni une doctrine.
Ni une certitude.
Ni une idéologie.
La pensée ?
Cette pensée je la décris depuis le début comme vivante, mobile, impermanente, capable de se remettre en question, d'accueillir l'inconfort, de rebattre les cartes lorsqu'une nouvelle source apparaît.
Le fil n'est pas la réponse, il est ce qui permet de continuer à chercher.
Et cela me fait penser que mon labyrinthe n'est pas seulement celui de l'Histoire.
Il est peut-être effectivement le labyrinthe de la pensée.
Une pensée qui explore, revient sur ses pas, emprunte des impasses, découvre des passages inattendus, rencontre des contradictions, accepte de ne pas tout maîtriser.
Mais qui ne cesse jamais de cheminer.
D'ailleurs, dans ce que je vis, et raconte, depuis le Warum de l'enfance jusqu'à Boris, Dora, Camille, la Shoah, la Grande Guerre, la foi, la psychanalyse, il y a toujours le même mouvement : Une question ouvre un chemin.
Puis une autre, une archive, une rencontre, un bouleversement, une nouvelle question.
Et peut-être que mon labyrinthe est moins un piège qu'un lieu de maturation.
C'est un lieu où la pensée travaille, où elle accepte de ne pas savoir tout de suite.
Où elle laisse le temps faire son œuvre et entre dans mon champ d'étude sur
"L'éthique de l'historien"
Ainsi cette idée émerge peu à peu :
L'historien entre dans le labyrinthe des vies humaines muni d'un seul fil véritable : la pensée.
Non une pensée qui enferme mais une pensée qui relie, questionne, doute, cherche et qui permet, au terme de la traversée, de rendre à l'autre sa place de sujet dans la grande trame de l'Humanité
Alors entrer dans le labyrinthe, est-ce visiter l'intérieur de soi-même, pour y retrouver ce qu'on sait déjà, sans le savoir ?




