Psychanalye Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

vendredi 4 octobre 2019

Chut...




Ne pas rompre le silence
Ne pas briser cet apaisement
Surtout….
Tout est si calme.
Ne pas faire de bruit
Seul le chant des oiseaux à l'ombre des figuiers
Nous rappelle que nous sommes encore vivants

Ne pas casser le silence
Il n'y a rien, rien qui se dit, rien qui se crie
Tout est blanc et calme

Alors… 


Ne pas bouger, ne pas ciller, ne pas…
Chut !
Ecouter simplement le silence
Le calme d'un jour apaisé
D'une lumière pâle et rassurante


Ne pas rompre la paix
Cadeau précieux et rare
Sans prix.

Se l'offrir et le garder, un peu, longtemps ?
Mais on n'emprisonne pas le silence, la beauté, et la liberté,
Tout s'échappe, se dilue, pour renaître à nouveau
Un jour, demain peut-être 
Qui sait ?

Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste
Crédit photo @brigittedusch

samedi 7 septembre 2019

La dernière vague


C'est le dernier sursaut, 
La dernière vague
L'ultime vague à l'âme

La dernière descente aux Enfers

Ca arrive comme ça, on ne l'attend pas,
Elle enveloppe, s'accroche, emprisonne
Tisse sa toile lentement et sûrement

C'est violent, c'est brutal,
D'un seul coup d'un seul nous revoilà en guerre,
Combattant pitoyable, surpris en son sommeil
Assailli par une armée de pensées noires, d'idées grises et de mots sombres
Aux Armes !

On se débat, et on se bat !
Car de cette guerre là, on ne sera pas las
Elle ne nous épuisera pas, elle ne nous prendra pas,


Cette fois nous ne battons pas en retraite, nous ne baissons pas les bras, nous ne courbons pas l'échine, cette fois nous combattons fiers et solides, nous vaincrons, nous poussons l'ennemi dans le gouffre de l'oubli.

Elle ne nous aura pas, elle ne nous prendra pas la vie, elle rendra les armes avant d'expirer et d'expier dans un dernier soupir, nous ne ferons pas de quartiers, cette fois, c'est l'Ultime.

Dernière réplique, extrême sursaut, ultime vague !

Flamboyant combattant, épuisés mais vainqueur nous avons gagné la partie, la vie est plus forte, et il n'y aura plus de rechute, plus de rémission, plus de combat. Nous avons enfin instauré la paix
La Paix de l'âme et de l'esprit
Nous avons vaincus nos démons, ils s'en sont retournés au fond des Enfers.

Enfin !

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
crédit photo @brigittedusch

dimanche 1 septembre 2019

La Dolorosa

Elle s'est imposé à moi,
Comme ça
La Dolorosa
Dans un rêve ; semi endormie, semi éveillée
Au cœur de la douleur
Il était une montagne
La Dolorosa
Infranchissable, immuable, là : devant moi.

C'est un mot inconnu, étrange, étranger, 

Au son doux, limpide et clair que je peux décliner sans fin,
Rosa, rosa, rosam

Una Dolorosa, dolorosa sum ? insurmontable douleur qui m'étreint et me tient entre le jour et la nuit, l'éveil et le sommeil.
Je te contemple impuissante, et répète inlassablement ton nom qui se colle à moi, sans que je sache pourquoi.
La douleur n'est douce que dans l'illusion du sacrifice.
Dolorosa, la douleur d'une rose, la rose de la douleur
Je ne veux garder que Rosa

Il y a cette montagne, toujours, lointaine, perdue dans un ciel bleu, presque sans nuage, 
Dolorosa c'est son nom.
Je la regarde avec tendresse, elle ne semble plus infranchissable, je souris, je crois que nous nous sommes apprivoisées. Dolorosa ton nom sonne, et résonne. C'est une douce mélodie, et je ferme enfin les yeux, ton image ne me quitte pas. Dolorosa, rose de la douleur. Dolorosa es, Dolorasa sum, Dolorosa sempre

Brigitte Dusch Psychanalyste, historienne
Crédit photo, @brigittedusch

samedi 24 août 2019

L'envers du Temps



A eux

C'était il y a si longtemps,
il y a plus de cent ans
Mais pour moi, c'est aujourd'hui
Pour lui, pour elle,  pour nous il n'y a plus de temps.
Il s'est arrêté
Le temps d'un instant
C'est l'envers du Temps
Nous en faisons le nôtre
C'était il y a si longtemps
Mais ce temps est si présent. Le temps n'existe pas. Le temps est celui que l'on se donne, que l'on prend.

C'est un voyage inattendu, inespéré, étrange, mais il faut se laisser porter, s'abandonner à un temps inconnu et imprévu, se laisser aller à vivre à contre courant. A l'envers du temps.


S'inviter à oser ne pas rester au seuil de cette rencontre singulière
Ne pas hésiter à franchir le pas

Et pour une fois, peut-être bien la seule, 
Se faire confiance
Se laisser aller à une confiance qui va de soi.

Aller être ailleurs, s'en retourner avant, avant soi, avant son existence pour comprendre le présent, pour donner un sens à ce qui advient.

C'est l'envers du Temps.
On se retrouve alors au coeur d'une parenthèse, d'une bulle secrète qui n'existe que pour elle, pour lui et pour moi. 
Es-tu là ? Viens, entre n'ai pas peur, c'est moi, c'est lui, et c'est grâce à toi.
Viens, donne moi la main, ne crains rien allons ensemble
Alors on
s'offre un autre temps, pour Elle, pour Lui et pour Moi.

Mais pourquoi ? Mais comment ? Je ne me suis jamais posé de questions, j'ai fait, j'ai cherché, toujours guidée, toujours emmenée là où il fallait, une force invisible auprès de moi, une force sans faille, une certitude, l'infini.


Mais là ? C'est étrange, mais je me laisse guider encore une fois : Il faut m'aider


Il faut qu'ils m'expliquent ce que je dois faire, où je dois aller, car ils n'en n'ont pas eu le temps. C'est seulement, là, à cet instant, dans ce présent, où eux, ne sont plus que je comprends.

Enfin !

 Ils me demandent à moi qui suis là, aujourd'hui de faire ce qui n'a pu être fait alors, de mettre un terme à cette infinie béance, ce vide abyssal, cette faille, qui les sépare…

Ils me demandent de les réunir pour l'éternité. Pour toujours à jamais.

Il m'a fallu du temps, une vie presque pour comprendre et répondre. Je me suis laisser aller à vivre et cheminer, guidée par cette force inouïe, cette chance insolente et incroyable, un hasard prévisible, des signes m'indiquant un à un la route à suivre, le chemin à prendre sans jamais hésiter. Ils étaient là, loin l'un de l'autre et si près de moi. Tous ces petits cailloux ils les ont semés, jusqu'au coup de théâtre !

J'aurai du comprendre à cet instant. J'avais fait un serment. On ne sait pas toujours l'intensité de ce qu'on promet.

Je suis de parole et d'honneur. Il l'était elle aussi. Voilà. Il ne pouvait en être autrement.

C'est une question d'amour et de désir, le leur et le mien, car il faut aimer à la vie mais aussi au delà de la mort pour tenter tout ça.

C'est une histoire étrange et singulière, une aventure dont on ne ressort pas indemne, mais bouleversée et transformée. J'ai côtoyé l'infini, l'éternité, je suis allée dans cet ailleurs. Le temps s'est arrêté, comme le train sur le quai d'une gare. Il m'a suffit d'y aller. Voyageuse sans billet, sans aller et sans retour, car le temps n'a de limites que celles qu'on veut lui imposer.

Une bulle hors temps, une bulle d'amour et de tendresse où des êtres sont réunis au delà de la vie. Je me sens apaisée, libérée. Une sorte de bonheur m'envahit, une impression étrange mais familière.
C'était peut-être le but de ma quête, l'ultime, non, je le sais. Depuis la maison est plus calme, il y a moins de bruit. Je n'ai pas peur des fantômes, je n'ai pas peur des morts, je n'ai pas peur de ce que je connais pas. Je ne fuis pas. Depuis la maison est calme et nous sommes apaisés, je sens cette présence, bienveillante comme elle l'a toujours été, mais elle a un parfum nouveau, un souffle de légèreté. Dans ma tradition,  afin que nul ne meure, on en garde le souvenir, celui ci est gravé au fond de mon cœur, il l'a toujours été. C'est sans doute pour ça….

Et il aura fallu cent ans.


Brigitte Dusch psychanalyste, historienne
crédit photo @brigittedusch

samedi 17 août 2019

Le Royaume des Morts.


C'est le royaume des Morts,
Celui dont parait-il on ne revient pas.
Alors ce ne doit pas être tout à fait ça.

Ce n'était peut-être pas vraiment ça.

Je reviens d'un monde étrange et singulier
Un lieu étrange, entre deux, entre deux mondes, entre deux.
Ni tout à fait ici ni tout à fait ailleurs
Etre là sans y être

Etre nulle part 
Et n'être plus à soi.

Un monde étrange, un lieu qui soit disant n'existe pas,
On y va d'un seul coup, d'un seul, sans rien demander
Sans prendre de billet, ni pour l'aller, ni pour le retour
D'ailleurs on ne sait pas si on en reviendra

Etrange voyage, sans aucun rivage.

C'est le royaume des Morts
Mais étrangement je n'en rencontre pas
Il n'y a personne, même pas moi.
Personne ne vient à ma rencontre,
Il n'y a rien, sauf de la brume, je m'enfonce dans le brouillard, épais, opaque et sans fin, il ne m'enveloppe pas, il est là et je suis là, côte à côte, tout est confus, et les mots ne viennent pas, ils ne serviraient à rien dans cet univers là.
Lieu mystérieux où je n'ai pas peur, où je ne ressens rien et où plus rien ne m'habite, où la douleur enfin a cesser d'exister.

C'est le royaume des Morts, sans Morts aucun, sans vivant et sans rien
Un monde sans couleur, un monde sans odeur, un monde sans saveur
Une solitude infinie, un brouillard obscur, une absence de soi, une absence hors de soi. Une parenthèse fermée. Ne rien faire, ne rien dire, attendre. Mais quoi ?
Sensation infime, tout est embrouillé, je suis au cœur de cette nébuleuse qui me berce sans m'apaiser. Il n'y a rien, seul le vide.

Expérience étrange, le Royaume des Morts ? Où parfois l'encore vivant s'égare, se trompe de chemin, ce n'est pas le moment, ce n'est pas l'heure, il faut rentrer, attendre encore un peu

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch

vendredi 26 juillet 2019

L"avis de décés




Je viens de recevoir une lettre : un avis de décès.
On me dit que tu es mort.

Mais depuis combien de temps ne m'avais tu pas dit que tu étais vivant ?

Depuis combien d'années, ne m'as-tu pas donné signe de ta vie ?

Je sais maintenant que tu es mort.

Que je ne te reverrai plus, même si je n'y croyais plus guère, mais tant que…
On y croit, on s'accroche toujours à un espoir.
On se rencontre, on s'aime, on ne s'aime plus, puis on s'aime encore, on sait qu'aujourd'hui, n'est pas demain, car demain ne sera peut-être jamais, alors on ne pose pas de question, on ne se pose aucune question. Vivre. C'est tout.
Maintenant tu ne vis plus
Puis on est loin, trop loin, trop loin de tout, trop loin de nous, un nous qui n'est plus rien.
Nous ne nous sommes jamais donné de nouvelles, pourquoi faire ? nous ne nous sommes jamais envoyé de lettre. Un jour on se quitte, on part, on recommence une vie, ailleurs, on devient un autre, on s'éloigne, on prend un train… Gare, train c'est toute une histoire, l'histoire de ma vie. Je n'aime pas les trains, je n'aime pas les gares, je n'aime pas les départs. Je sais que toi non plus. Nous avions ça en commun. Je crois que c'était atavique.

Malgré tout ça sommes nous un jour devenu des étrangers ?
On sait tout ça, on le sait dès la rencontre, c'est un peu la règle du jeu, du Je, du toi et du moi.
Je viens de recevoir une lettre et on me dit que tu es mort,
On ne me dit pas comment, quand et pourquoi.

On me dit seulement que je ne te reverrai pas.
Je ne t'ai jamais dit aurevoir, nous ne nous sommes jamais dit aurevoir
Ces mots n'avaient pas de sens
Ils n'en n'ont pas pour moi encore aujourd'hui
Car nous ne sommes jamais mort,
La vie c'est comme ça.
Je n'arrive pas à être triste, car nous sommes morts depuis longtemps déjà
Combien de nous reste t-il encore ?
Le temps passe, oublie notre monde et notre langue, nous sommes les derniers d'un monde qu'ils ont détruit, nous sommes les Ultimes, ceux qui ont cru et ont eu la Foi, celle de croire que peut-être.
Tu es mort, mais ce n'est pas seulement toi, c'est un fragment de notre Histoire qui tombe, qui s'effrite et qui fout le camp, après nous il n'y a plus rien. Pourtant nous avons tenu, aussi fort que l'on a pu. Maintenant c'est foutu.

Je vois alors notre monde se diluer dans le déluge interminable d'un saccage annoncé, d'un naufrage sans nom que nous n'avons pu empêcher. Qui aurait pu ?
Adieu l'Ami. Adieu Kamarad, A bientôt la haut ou là bas, ou ailleurs, ou peut-être nulle part nous n'en savons rien.
Nous verrons bien.


Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste,
Crédit photo : @brigittedusch

lundi 15 juillet 2019

Il n'y a plus de certitude


Il n'y a plus de certitude
D'un seul coup il n'y a plus rien
Nous nous sommes trahis
Nous nous sommes abusés
Tout s'écroule
D'un seul coup d'un seul
Il n'y a plus de certitude
Tout devient incertain
Angoissant et terrifiant
Comment vivre à présent
Alors que nous ne sommes plus sûrs de rien ?
Que le monde n'est qu'illusion
Et que nous sommes le complice de ses mensonges
Tromperies et trahisons
Pourtant nous étions tellement certain
Il n'y avait nul doute
D'un seul coup tout s'écroule,
C'est une chute dans le vide
Le gouffre de l'angoisse, l'antre de la Mort
Il n'y a plus de certitude
Il n'y a plus rien.

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch
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