La mystique Juive nous dit que le monde est brisé, mais que chaque éclat peut-être relié, réuni, repris, relié.
La beauté ne vient pas d'une perfection lisse mais de cette mosaïque vivante où chaque fragment à sa dignité
Mon univers sensoriel c'est les tissus, les ciseaux, la craie d'argile, les épingles qui brillent les fils de toutes les couleurs qui dansent dans la lumière. Puis tout devient et se fond dans un imaginaire, un monde magique, celui des Tailleurs d'habits, des couturières et des dentellières.
La couture et le tissage sont des actes d'amour qui réparent et transforment.
Font advenir de nouveau.
Le tissu et l'écriture sont deux formes d'une même histoire d'amour
Je crée avec des fils, des morceaux oubliés, des restes effilochés, des bouts de laine et de ficelle.. je prends, je tisse, je réunis et retisse un lien où il semblait n'y avoir que des fragments, je reprends le fil sur la trame.
C'est un geste que je porte depuis l'enfance
Le tissu est ma langue intime, ma mémoire et mon souffle
C''est une sensualité
La couture n'est pas seulement un métier ou un savoir faire
C'est une manière de vivre, d'aimer et de désirer car le tissu s'est pas seulement une matière
Il est une métaphore du monde
Alors je recueille ce qui est déchiré
Chutes de tissus, fils de soie et de coton, laine et chanvre
Shmates
Je leur redonne une place en les insérant dans la trame du monde
Et je tisse un tout qui n'est ni lisse ni uniforme
Mais habité par ses différences, ses cicatrices, ses couleurs multiples
Et on parle les langues et la Langue
Shmates.
C'est une rencontre d'amour.
Une des plus mystérieuses et des plus belles.
Mes mains ne savent pas coudre comme celles des Femmes de ma famille, mais depuis l'enfance, je n'ai cessé de recueillir les fils, les bouts de ficelle et de laine, les rubans, les morceaux effilochés pour en faire naitre une nouvelle étoffe.
Tous les gestes de la couturière sont ancrés au plus profond de moi et demeurent comme un alphabet sensible, un langage premier.
Le Tissu est mon Univers, mon Monde réel, imaginé et imaginaire. Il est l'océan dans lequel je baigne, la Mémoire des Gestes anciens et ancestraux, mais aussi l'élan de ma propre création.
Shmates
Créer pour moi c'est toujours tisser
Tisser pour moi c'est toujours créer
C'est une rencontre d'amour
Une tendresse infini, un désir inassouvi
Pour cette matière sensuelle.
L'écriture n'est pas autre chose.
Comme la couture, elle recueille les morceaux dispersés, les voix perdues, les traces menacées d'oubli, les assemble dans une trame fragile et sacrée, offerte à la lumière. Les mots sont mes fils, les silences sont mes noeuds, les phrases mes étoffes.
Ainsi pour moi écrire et tisser ne vont pas l'un sans l'autre. Pour chacun, il faut reprendre le monde brisé, le réparer point par point, mot après mot, non pour retrouver une unité parfaite, mais pour inventer une beauté qui accueille les failles, les déchirures, les cicatrices comme le Tikkan olam.
Il n'est pas question d'abolir la fracture, mais de lui donner une place dans l'étoffe du vivant, comme ces reprises visibles qui transforment les blessures en lumière.
Tisser c'est entrer dans le secret du MondeTisser c'est entrer dans le secret du Monde
La mystique Juive nous dit que le monde est brisé, mais que chaque éclat peut-être relié, réuni, repris, relié.
La beauté ne vient pas d'une perfection lisse mais de cette mosaïque vivante où chaque fragment à sa dignité
Mon univers sensoriel c'est les tissus, les ciseaux, la craie d'argile, les épingles qui brillent les fils de toutes les couleurs qui dansent dans la lumière. Puis tout devient et se fond dans un imaginaire, un monde magique, celui des Tailleurs d'habits, des couturières et des dentellières.
La couture et le tissage sont des actes d'amour qui réparent et transforment.
Font advenir de nouveau.
Le tissu et l'écriture sont deux formes d'une même histoire d'amour
Je crée avec des fils, des morceaux oubliés, des restes effilochés, des bouts de laine et de ficelle.. je prends, je tisse, je réunis et retisse un lien où il semblait n'y avoir que des fragments, je reprends le fil sur la trame.
C'est un geste que je porte depuis l'enfance
Le tissu est ma langue intime, ma mémoire et mon souffle
C''est une sensualité
La couture n'est pas seulement un métier ou un savoir faire
C'est une manière de vivre, d'aimer et de désirer car le tissu s'est pas seulement une matière
Il est une métaphore du monde
Alors je recueille ce qui est déchiré
Chutes de tissus, fils de soie et de coton, laine et chanvre
Shmates
Je leur redonne une place en les insérant dans la trame du monde
Et je tisse un tout qui n'est ni lisse ni uniforme
Mais habité par ses différences, ses cicatrices, ses couleurs multiples
Et on parle les langues et la Langue
Shmates.
C'est une rencontre d'amour.
Une des plus mystérieuses et des plus belles.
Mes mains ne savent pas coudre comme celles des Femmes de ma famille, mais depuis l'enfance, je n'ai cessé de recueillir les fils, les bouts de ficelle et de laine, les rubans, les morceaux effilochés pour en faire naitre une nouvelle étoffe.
Tous les gestes de la couturière sont ancrés au plus profond de moi et demeurent comme un alphabet sensible, un langage premier.
Le Tissu est mon Univers, mon Monde réel, imaginé et imaginaire. Il est l'océan dans lequel je baigne, la Mémoire des Gestes anciens et ancestraux, mais aussi l'élan de ma propre création.
Shmates
Créer pour moi c'est toujours tisser
Tisser pour moi c'est toujours créer
C'est une rencontre d'amour
Une tendresse infini, un désir inassouvi
Pour cette matière sensuelle.
L'écriture n'est pas autre chose.
Comme la couture, elle recueille les morceaux dispersés, les voix perdues, les traces menacées d'oubli, les assemble dans une trame fragile et sacrée, offerte à la lumière. Les mots sont mes fils, les silences sont mes noeuds, les phrases mes étoffes.
Ainsi pour moi écrire et tisser ne vont pas l'un sans l'autre. Pour chacun, il faut reprendre le monde brisé, le réparer point par point, mot après mot, non pour retrouver une unité parfaite, mais pour inventer une beauté qui accueille les failles, les déchirures, les cicatrices comme le Tikkan olam.
Il n'est pas question d'abolir la fracture, mais de lui donner une place dans l'étoffe du vivant, comme ces reprises visibles qui transforment les blessures en lumière.
Tisser c'est entrer dans le secret du Monde
Brigitte Judit
Le 3 septembre 2025 in Les contes de l'Etrange Couturière
Brigitte Judit Dusch, psychanalyste, historienne, exploratrice urbaine, chercheurCréditphoto @brigittedusch






