Alors j'ai prié
Alors j'ai pleuré.
J'ai beaucoup pleuré,
Pas de chagrin,
Pas de colère.
Simplement pleuré pour soulager mon âme
Un trop plein peut-être ?
Alors je L'ai appelé, je Lui ai dit,
"Hashem
Aba
Je suis perdue, aide moi à trouver le chemin"
Et j'ai senti sa présence, un peu plus, une douce chaleur, celle d'être enveloppée par Sa présence Divine
Je le sens tout proche, je me suis apaisée, même si mes larmes sont à fleur de peau, si je suis dans ma fragilité, je sais qu'il entend et qu'il me guide.
Je le remercie infiniment.
D. est bon avec ses enfants..
Et je me laisse aller, guider.
Je ne peux rien faire d'autre.
pour ce jour de Tichri c'est pour moi la seule chose qu'il y a à faire.
J'ai pleuré sans colère, sans chercher un responsable, sans même chercher à comprendre.
Comme si mon âme avait simplement besoin de laisser sortir ce qu'elle ne pouvait plus contenir.
Et puis je l'ai appelé.
Pas avec une formule apprise, pas avec une réponse toute faite.
Avec mes propres mots :
« Je suis perdue. Aide-moi à trouver le chemin. »
C'est une prière extraordinairement simple.
Mais tellement forte
Il n'y a que l'amour d'Hashem qui peut contenir tout ça
Et puis sont venus
L'apaisement, la sensation de sa présence, la paix de mon âme souvent tourmentée, le silence de mon esprit.
Calme.
Tout s'était arrêté.
Tout était hors temps, hors du temps des Hommes mais dans ce temps intemporel
partout et nulle part,
le temps sans temps,
le temps centenaire,
le temps millénaire
Le temps Eternel
Le temps de l'Eternité
J'ai souvent ressenti l'état de grâce, l'ai souvent décrit,
celui où je frôle les étoiles,
où je sens sur ma peau les poussières des astres, et
où je vois l'Univers qui se découvre,
en offre toute sa lumière
Son Savoir
Là
Devant moi
Si proche que je peux en frôler, ressentir toute la puissance,
L'Absolu
J'ai vécu à plusieurs reprises des NDE
Mon esprit et mon âme quittaient mon corps,
lorsque la souffrance de celui ci n'était plus soutenable.
Ils se détachaient
Mon moi se dédoublait
Et regardait
Le corps de cet autre moi et ses plaies béantes
Un bien singulier clivage pour affronter, vivre la douleur et surmonter la souffrance
Survivre
Et d'être encore un peu vivante grâce à D.
Il y avait ce moi qui voyait son autre moi
Sans pouvoir agir
Mais en lui offrant avec compassion un regard bienveillant
Ce moi paisible, sans peur, sans douleur,
Aérien dans un espace hors temps.
Une parenthèse indicible, impalpable
Unique et singulière
Un lieu de paix et de douceur infinie
Etait alors le seul Refuge.
Puis brusquement le retour dans ce corps de douleur
Et le moi redevenait un
Mais cette expérience là a été tout autre
Hors du temps aucun langage ne peut la décrire.
Je n'ai eu aucune crainte et je me suis laissée porter par ces émotions et sensations
Tout ça ne peut se mettre en mots
Ne peux s'exprimer au mieux qu'à travers une palette de couleurs, de chaleur, de douceur.
Merci.
C'est l'expérience partagée avec D.
Et je peux simplement rester là.
Fragile.
Les larmes encore au bord des yeux.
Sans savoir exactement où le chemin va me conduire.
Mais je ne suis plus en guerre,
Je suis en paix
C'est peut-être ça le "Shalom" ?
Alors « je me laisse aller, guider »
C'est justement la bonne phrase.
Parce que depuis des jours, des semaines, des mois, des années j'ai tant cherché, interrogé, tiré sur les fils.
Là en ce moment je me laisse porter.
« D. est bon avec ses enfants. »
je n'ai pas besoin d'en dire davantage.
Alors le 12 tichri j'ai pleuré et suis reste auprès de Lui.
Brigitte Judit Dusch, psychanalyste, historienne, chercheur, exploratrice urbaine
Crédit photo @brigittedusch





