Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

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mercredi 17 mai 2017

Requiem pour les Sales Vieux

Brel les a chanté, leur a rendu un hommage juste et tragique.

Les v
ieux, ll y a aussi les presque vieux, ces parents, pas si âgés, mais encombrants, ceux dont on ne sait que faire mais qui sont là, peut-être encore longtemps ! Désespoir !
Ce n'est pas qu'on voudrait les voir disparaitre, pas encoren bien qu'avec l'argent qu'ils laisseront peut-être (si ces vilains vieux n'ont pas dilapidé le tout pour le confort de leur vieux jours) leurs enfants ingrats pourront construire la piscine de rêve, le voyage convoité ou solder leurs dettes !
ce n'est pas qu'ils voudraient les voir morts... mais vivants pas encore tout à fait morts ils sont quand même bien encombrants ces vieux qui ont le culot, l'arrogance de vouloir encore quelques égards, quelques regards !
Oh je ne parle pas de l'argent qu
'il faudra tôt ou tard dépenser pour leur permettre de se faire maltraiter dans une maison de vieux hors de prix et d'humanité, ( la conscience elle aussi a un prix,) mais de ce temps qu'ils ont encore l'indécence de leur réclamer, de leur quémander .
Non ma
is ! les enfants, jeunes ou moins, jeunes adultes, parents eux aussi d'une progéniture qui dévore leur liberté ont une vie à vivre ! et pas le temps de s'occuper de ces vieux qu'ils n'ont plus guère envie de voir, sauf dans certaines occasions, ça peut encore servir.. pour garder les enfants par exemple, prêter un peu d'argent, se porter caution...

Sord
ide ? oh non. Réel. Hélas !

"Je ne veux pas la déranger, alors je ne téléphone plus , d'ailleurs elle ne décroche jamais, au début j'ai laissé des messages, en vain, alors je ne téléphone plus. Elle doit être bien occupée"

Tellement qu'elle ne s'
inquiéte pas de ses parents !

"ll n'y a plus de temps pour nous, c'est que la vie ça file, alors plus de place pour les parents, pourtant nous ne sommes pas loin à peine 100 km"
Une d
istance infranchissable !

"Je n'ai pas vu ma petite fille depuis presque deux ans ! elle va en avoir trois, je ne pourrai pas encore l'embrasser pour son anniversaire. Je ne sais pas si je suis triste, en colère, si j'ai de la peine. Un peu de tout ça sans doute !'

Oui sans nul doute, et c'est naturel

'"Cette année je n'enverra
i ni carte, si texto ni rien ! de toutes façons aucune réponse alors basta !'

En effet que faire d'autre

'Une année sans nouvelle de notre f
ille et de notre petite fille, nous avons bien cru en mourir ! car nous sommes malades, pas si vieux mais notre santé est fragile, nous avons fait une demande de conciliation, car nous voulions entamer une procédure pour avoir un droit de visite;. nous avons eu quelques photos de la petite, sans doute pour montrer au juge, mais nous ne la voyons pas !'

"Ma f
ille est avec un homme qui lui interdit de voir ses parents : elle a choisi"

"J'aurai bien aimé avoir du temps avec mes petits enfants, vous savez, je ne les connais pas"

"Ma f
ille vit plus avec le père de son enfant, il se le partage, un week-end sur deux, enfin plutôt un week end avec elle et l'autre avec les parents du papa, ils le voient souvent et ça leur pèse, nous ne le voyons jamais et ça nous rend bien malheureux mais il n'y a pas de place pour nous, peut-être si nous donnions une pension alimentaire nous aurions quelque droit ?"

Comb
ien de mots pour dire ces maux ?
 

Ah ces vieux qui se plaignent tout le temps, qui ont trop (ou pas assez ! c'est encore pire, car les enfants se sentent obligés ?) d'argent, trop de temps qu'on ne taxe pas assez, qui sont partout ! ah ces sales vieux il faut encore qu'ils nous pourrissent la vie ! en voulant nous parler, nous voir, nous téléphoner, nous inviter le dimanche ! mais ils se prennent pour qui ? Pour penser que nous, tant occupés à travailler dur toute la semaine pour payer leur retraite on a envie de les voir se pavaner ?Mais il y a encore les vieux qui travaillent et qui ne peuvent être disponibles pour s'occuper des petits enfants ! ceux sur lesquels on ne peut pas compter ! Sales vieux !

lls ne sont jama
is là où on les voudraient ! On ne les veut pas ; on n'en veut pas.

Car oui, ils ne veulent pas déranger, n'osent plus appeler, n'osent plus demander et à force finissent par s'effacer avant même d'avoir cessé d'exister. Oui, il n'y a plus de temps pour eux, plus de place ni dans leur vie ni dans leur coeur. Oui, ils ne servent plus à rien, on n'a plus besoin d'eux, surtout s'ils n'ont plus rien à donner en services ou en argent ! Oui ces ingrats n'en n'ont que faire de leur amour, de leur tendresse, de leurs caresses. Oui, ils ont oubliés ces nuits où leurs sales vieux ne trouvaient pas le sommeil, pour les veiller, les soigner, le temps donné pour leur apprendre à être des adultes. Oui, ils en ont marre de voir ces vieux devenir plus vieux, oublier les mots, les choses, à radoter parfois lorsqu'ils se souviennent ! Oui ils ont honte d'eux si par hasard leurs sales vieux retombent amoureux ! quelle indécence, honte à leur âge quand même ! Oui ils ne veulent plus voir ces visages ridés, ces cheveux blancs camouflés sous des teintures, et ces efforts pour rester dans le coup ! Oui ils ne veulent pas donner quelques précieuses minutes de leur temps plus précieux encore pour répondre au téléphone ou simplement leur faire un baiser.

Un jour ces sales v
ieux seront morts ! Ces ingrats auront le culot de les pleurer et peut-être de les regretter ! La conscience a un prix... Celui du regard de l'autre qui ne vaut pas mieux mais qui se permet de juger. lmbéciles de jeunes !
 Vous serez vous auss
i bientôt de sales vieux et ça me fait rire, vos enfants seront sans doute plus cruels et plus prompts à vous placer dans ces maisons pour sales vieux vous jugeant trop déments "c'est pour ton bien maman, je serai plus tranquille" que maman soit bien n'est pas la question, peu importe ! il faut que cet idiot de jeune soit rassuré ! Petit ingrat qui n'a pas honoré ses père et mère. Honte à toi !

Pauvres sales v
ieux ! que nous sommes ou pas encore  nous ne servons plus à rien, et nous sommes là penauds avec notre amour, notre tendresse, notre envie de vous voir être. On en fait quoi de tout ça ? Dites nous petits ingrats : on en fait quoi ?


Br
igitte Dusch, historienne, psychanalyste
 A tous ces "sales v
ieux".

jeudi 23 février 2017

Martha fait des enfants.



Martha ne veut pas vieillir. Martha a fait des enfants. Souvent. Pour rester jeune ? Pas seulement dit-elle ; mais pour ne pas rester seule.
Seule.
Matha est seule, le plus souvent. Avec ses enfants.
Le mari de Martha n’est jamais là ; il ne l’a presque jamais été.
Martha aime ça
Elle ne supporte pas sa présence dans sa maison à elle, sauf peut-être pour lui faire des enfants
Lui ne supporte pas d’être dans une maison qui n’est pas vraiment la sienne
Ni tous ces enfants.
Ces enfants sont ses enfants
Mais les enfants c’est bruyant ! prenant !
Rien que cette pensée l’effraie alors il s’en va. ll part pour son travail, il l’a choisi. Martha aime ça même si parfois elle se plaint de devoir tout faire, tout assumer. Elle en est fière, même si au fond d’elle ; ce n’est pas tout  à fait ce qu’elle espérait.
Mais qu’espérait-elle ?
Quand elle se souvient de ces « rêves d’enfants » cela se résume à « des enfants » ; les siens
Elle n’a jamais été une brillante élève, juste ce qu’il faut, avec bien du mal quand même mais elle est allée au bout.
ll fallait aller au moins à l’Université ; pas pour étudier, avoir des diplômes, un travail. Non rien de tout çà.
Aller à l’Université pour trouver un mari.
Un garçon du même milieu, ou un peu au dessus, fortuné, de la même religion aussi : c’est mieux.
La médecine est exclue, elle en est incapable, les sciences humaines « il n’y a que des crèves misères » souligne t-elle, lettres et philo « ne me feront pas vivre »… Reste le Droit. Trois ans de première année à arpenter les couloirs ; feuilleter les codes sans rien y comprendre, ; user sa jupe bleue marine sur les bancs des amphis. Mais « un mari à la clé ».. Peut-être ?
Ultime but de sa vie ; assouvir son rêve !
Un marché de non dupe : chacun cherche son chat, sa potiche, son porte feuille et surtout son assurance vie.

ll faut quand même lui plaire, faire un effort et lui présenter ses parents. « quelles intentions avez-vous jeune homme » ! car dans ces familles là, ça ne rigole pas : On ne couche qu'après être passé devant le curé. Enfin c’est ce que les parents croient !

Une fois la proie ferrée ne plus la lâcher.
Ensuite vient le premier enfant ! les études sont abandonnées ! de toutes manières Martha n’était pas douée. Qu'aura
it-elle fait ? Elle suit son mari, se traine à sa traine, il est dynamique et fringant elle s'empâte en faisant des enfants. Un puis deux, ce n'est pas assez ! Alors au suivant ! les familles s'inquiètent en voyant tous ces bébés, synonymes de patrimoines disséminés.
Les enfants servent à transmettre ! ma
is sous certaines conditions
"Je ne les a
i pas fait seule" s'excuse t-elle devant les regards désapprobateurs qui ne se déplacent même plus à la maternité, ni aux baptêmes.
Martha est seule avec ses enfants. Elle vo
it les ainés s'éloigner, les petits viennent combler ce vide la vie est compliquée et malgré les efforts de monsieur pour faire vivre sa meute ; elle tire souvent le diable par la queue, en priant le bon Dieu ! cette vie ; elle l'a voulue.

Au fond elle n'en n'est pas s
i sûre ! Martha se dit en douce qu'elle n'a jamais rien vraiment voulu et que tout est advenu si vite qu'elle n'a pas eu le temps de vouloir vraiment. Sauf des enfants ou être enceinte pour être mère, une fois, deux fois et plein d'autres fois encore un enfant c'est trop peu, deux ce n'est pas assez , trois ce n'est pas équilibré, quatre c'est trop carré, alors.... !
Martha réal
ise avec horreur que ces enfants fuient, ils n'ont de hâte que de partir, le plus loin possible du nid, ils réclament l'internat peut-être pour tenter d'exister.
Pourtant : "j'a
i fait ce que j'ai pu pour eux."
Martha a ses enfants et b
ientôt l'age de ne plus en avoir, de ne plus pouvoir en faire, et se demande ce qu'elle va faire ?
Alors se dresse devant elle le vert
ige du vide, du ventre vide et de la maison qui le sera bientôt tout autant. N'aurait-elle que son ventre pour exister, pour être au monde est-il nécessaire de mettre au monde ?
Enfants refuges, enfants boucl
iers pour affronter une vie qui la terrifie ? Martha se demande aujourd'hui comment advenir à elle même pour être elle même ; pour trouver ce Je qui depuis toutes ces années s'est dissimulé derrière ce nous.
Une quête qu'elle cro
it impossible car de Je elle n'a pas dit-elle. Hors je elle s'est mis hors jeu de l'échiquier sociétal.
Pourquo
i ?

Br
igitte Dusch, psychanalyste, historienne.

samedi 30 juillet 2016

Le gouffre du Chaos






 On me demande ce que je pense, ce que j'en pense, pourquoi je ne réagis pas ici à l'actualité terrifiante, à ce qui se déroule tous les jours ou presque sous nos yeux, où la réalité dépasse toute fiction. Dépasse l'imaginable, le pensable.
Mais que dire, tout est dit ou presque ; expliqué, argumenté, condamné, toléré, justifié, chacun y va de sa thèse, de son antithèse, de son point de vue, de sa certitude.
On parle de ha
ine, de mal, de déchainement,de dépassement de limites... Mais lesquelles ? 

C'est peut-être ce po
int qui mérite une pause, la, les limites, le cadre encore une fois. " Cette fois un pas a été franchi... "Lit-on dans les journaux, déclare telle personnalité politique ; c'est un peu comme la côte de popularité du président actuel (comme le précédent d'ailleurs) qui chute chaque jour... jusqu'où ? De profondis ? Mais où est la limite... Le point de non retour ?

Pourquo
i des enfants ? Un prêtre, des innocents ? comme si on pouvait justifier un acte de barbarie en fonction des victimes.. Tu ne tueras point.
 lls s'attaquent  -dit-on encore- aux valeurs fondamentales de notre société. Je préférerai de LA sociéte : ce groupe, ces gens qui vivent ensemble justement parce qu'il y a des règles écrites et non écrites, ces tabous qu'on ne transgresse pas, cet Autre avec un grand A (pas au sens lacanien du terme, ça ne veut pas dire grand chose dans le contexte qui nous intéresse, ni ailleurs non plus si on veut être honnête) mais cet ensemble là, ces gens là, ce qui fait que nous sommes dans l'Humanité, celle des hommes qui ne sont guère sapiens, mais qui on choisit de renoncer un peu à leurs pulsions, à sublimer juste un peu celle ci pour être "présentable et acceptable" aux autres.


Soc
iété : milieu dans lequel se développe la culture, la civilisation. De quelle culture s'agit-il ? Et de quelle civilisation. Au singulier ? Au pluriel, chacun en a une acception singulière, justement en fonction de sa culture et de sa civilisation, une histoire de chat qui se mord la queue. Un cercle infernal, vicieux ou vertueux, un cercle qui peut tourner en rond, sur lui même, grandir, mourir, ou s'ouvrir, encore une fois sur ce qu'il veut. Car il y a quand même une part de vouloir, nous n'oserons pas parler de désir ; encore que ! Ne sommes nous pas dans l'espace de Thanatos, celui imposé par quelques uns ?

S
implissime quand même ; ainsi serait alors venu le temps de l'instrumentalisation, la plus vile mais aussi la plus facile, l'outil est à la portée de tous, le terreau favorable : le fanatisme religieux et la bêtise, je n'oserai dire que la rencontre ne peut-être qu'explosive, elle l'est pourtant, au propre et au figuré, le seul mot d'ordre est : détruire, déconstruire, pas seulement en tuant, massacrant, assassinant mais en créant l'insécurité et la peur, un climat de tension propre à l'affrontement, il suffit d'une étincelle... il suffirait.

Est -ce encore une fo
is aussi simple, qui manipule ? et pourquoi ? Sommes nous assez stupides, suffisamment dans la colère pour penser que c'est le fait de quelques "forcenés" pour reprendre l'expression à la mode. Nulle théorie du complot, pourtant "à qui profite le crime"? Et pourquoi ? La réponse est limpide. Mais pendant ce temps, la machine lancée ne peut plus s'arrêter, elle tue, elle casse, elle ruine, elle mène la société ou le reliquat de société vers le chaos.

La tragéd
ie est projetée sur la scène du gigantesque théâtre, on meurt, on pleure, on marche en blanc avec des brassards et des bougies, on est ceci et cela, on brandit des drapeaux, on voudrait refaire Woodstock "lmagine" un autre monde, où la terre serait peut-être un peu moins ronde ? On condamne, on durcit la loi (ou on en parle plutôt) alors qu'il s'agirait simplement de l'appliquer. On voudrait, mais on n'ose pas. On n'ose pas quoi ? Déplaire ? mais à qui ? Qui est donc ce qui dont ON a peur ?
Avons nous, nous, simples citoyens une once d'explication, un soupçon de ce qui se trame dans l'ombre, de ce qui agit à notre insu ? Nous sommes dans la caverne, dans l'antre de la bête et nous ne voyons que des ombres... Nous imaginons, fantasmons (ne rêvons plus hélas) à l'extérieur... Mais ce dehors, nous n'y avons pas ni n'y aurons jamais accès. ll est pour les initiés dont nous ne sommes pas, nous sommes les victimes collatérales potentielles de ce complot qui se trame et dont nous n'avons ni le mode d'emploi ni la possibilité de tirer les ficelles. Nous payons, au propre et au figuré de notre sueur et de notre sang la folie, la soif de pouvoir d'une poignée de décervelés qui se moquent de l'avenir, du futur... Après eux, le déluge, sûrement, ils l'ont enclenché !

Alors nul besoin de convoquer la psychanalyse (qu'aurait-elle à dire si ce n'est que quelques élucubrations inutiles dont elle sait parfois être si friande) pour tenter de comprendre. Si le psychanalyste peut écouter la souffrance, l'angoisse, la peur que fait ressurgir cette succession de traumatismes, je ne pense pas qu'il ait la clé de l'énigme... Hélas !
Car la peur est une des pires armes de guerre, de par l'insécurité qu'elle génère et son cortège de malaises avant les malheurs qu'elle provoque.

Nous y sommes, nous sommes dans une guerre qui dit son nom mais que nul ne veut entendre, c'est un peu comme cette certitude de la mort, la seule que nous ayons mais que nous dénions. Comment vivre en permanence avec cette idée d'impermanence. On s'échappe, on échappe à cette réalité intenable, les attentats, les assassinats, les meurtres nous ramènent à la réalité, à ce réel auquel on se cogne, qui nous cogne et nous assomme avant de nous tuer !

Vivre est l'ultime solution, vivre debout autant  que nous le pouvons, sans rien lâcher et vraiment espérer. Pourtant, l'espoir fait vivre dit-on ! Ne serait ce pas plutôt la vie qui permet d'espérer ?

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne

samedi 21 novembre 2015

Lire ?

Lire serait-il devenu difficile ? Une pratique tellement complexe qu'elle relègue celui ou celle qui s'y adonne dans un espace singulier, un espace un peu désuet ?
Lire : Livre.

C'est de cette rencontre là qu'il s'agit. Une rencontre singulière et rare à ce qu'il parait.


Aujourd'hui il faut voir, montrer à voir, à entendre. Montrer... !
Accrocher l'oeil, le regard, l'oreille. L 'accroche !

Audio visuel, voir et entendre.... Regarder, capter, être capté par l'image le son. Etre spectateur. Consommateur. Vu et être vu.
Mettre en évidence, en avant, pour...

Curieuse entre vue ! Entre deux. Entre soi et ?

Lire ? Alors quid de la lecture ? Cette lecture que certains subissent comme une épreuve, un parcours du combattant, qui ne garde pas ces lectures imposées au collège et au lycée, ces livres dont on comptaient les pages, qui ne "disaient rien, qui ne parlaient pas" qui étaient pourtant au programme, qu'il fallait résumer, mettre en fiches, en exposés... ?
Cette lecture là qui en a dégouté plus d'un, pourtant... !
Ces bibliographies balancées du haut d'une chaire d'amphi aux étudiants pour compléter des connaissances, combler des lacunes ? Livres poussiéreux au fond d'une bibliothèque universitaire qui l'est tout autant. Livre ? Lire.
Toutes ces heures passées à comprendre, synthétiser, analyser des textes ardus, incompréhensibles parfois pour saisir une pensée, celle d'un auteur disparu depuis des siècles qui ne pourra même pas nous dire ce qu'il a vraiment voulu nous dire.

Aujourd'hui, les BU sont lumineuses, bien équipées, propres et design, les professeurs ont un ordinateur et commentent leur "power point". Les conférences sont en ligne, il n'y a qu'à se brancher, se connecter, depuis chez soi et écouter... Passif ? Attentif ?
Les livres aussi sont en ligne... Parfois.

On ne lit presque plus de livres... ! Lire est-il encore à la mode ? Fashion tendance dans ce monde où un simple clic vous donne accès à l'autre bout du monde, sans effort ?
Et lire demande un effort, un effort d'attention mais pas seulement : Lire demande du désir.
Le Désir...
Lire relèverait donc du désir ?
Lire est une envie, être et avoir...Mais pas seulement, le lecteur est un acteur, il va au devant de l'autre, il part à sa rencontre, il y a de l'aller, de l'avant, de la venue, du trajet. Il y va de l'en vie.
De l'envie de s'ouvrir, d'ouvrir une autre porte qui conduit vers un autre espace, une autre dimension, car chaque livre est magique, chaque livre délivre un message, celui de l'autre, mais aussi celui de l'autre qui est en soi et qu'on n'entend peut-être pas. Il y a alors de l'entente ? De la mésentente... Mais il y a quelque chose qui relève du mystère, du singulier, de l'étrange, de l'inquiétante peut-être étrangeté qui est chez l'autre
Ainsi lire c'est quitter aussi, laisser et lâcher, soi, ses certitudes pour découvrir le temps d'un livre celles de l'autre. Une sorte de va et vient, d'aller et retour, donner et recevoir, recevoir pour donner aussi, mais où irait l'un sans l'autre. Le livre implique, lire implique, met dans le bain, dans le coup, c'est prendre les mots ; ceux de l'autre, ses idées, son histoire et les faire siens, un peu, ce juste suffisant qui fait que le partage est. L'identification, la compréhension, le mode d'emploi de soi qui passe par l'autre aussi peut-être cet autre qui permet de se connaitre, de devenir et d'être soi.
Une rencontre singulière, magique, parfois magnifique, souvent bouleversante, qui ravage aussi, qui laisse les émotions déferler, envahir et submerger le sujet.
Lire n'est pas anodin, lire est un acte de vie, politique et subversif !

Attention danger ? On brule les livres.. Autodafé des idées, de celles qui pourraient bouleverser les hommes et les sociétés, censure et propagande. Depuis combien de temps on use et abuse de ces mots qui pourraient formuler, bouleverser, manipuler.
Lire alors ? Et désir ?
Désirer quoi ?

Brigitte Dusch psychanalyste, historienne
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Nota bene

Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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