Hashem hivthia'h 'od lirkom shalom béhout chel tekhelet*
Non je ne choisis pas,
je ne choisis pas les fils , ils m'appellent, ils viennent et adviennent
moi je me prends le fil et sur mon métier continue l'ouvrage.
Je ne choisis pas, je suis là, j'écoute
Je réponds, je en subis pas ce qui arrive, mais je me saisis du fil quand il advient.
Je suis dans une attention active presque une vigilance : reconnaître le fil quand il se présente, et accepter de le prendre sans toujours savoir ce qu’il va devenir.
« Je me prends le fil » — la formulation est très forte.
Je ne dis pas je prends le fil, mais je me prends. Car dans le geste, je suis moi-même engagée, prise dans le mouvement. Le fil ne passe pas seulement par tes mains, il t’implique.
Et puis il y a ce métier.
Le métier à tisser, ce n’est pas seulement un outil.
C’est une structure minimale qui permet au geste de se poursuivre.
Quelque chose qui tient, qui soutient, sans imposer la forme finale.
Mon métier, c'est mon écriture.
Mon espace intérieur.
Ou encore cette fidélité que j'au à ce qui vient.
C’est ce qui permet à l’ouvrage de ne pas être une succession dispersée de fils, mais une trame qui se continue.
Et « continuer l’ouvrage »
Je ne commence pas.
Je ne termine pas.
Je continue.
Comme si l’ouvrage me précédait et me survivrait.
Comme si je m’inscrivais dans un geste plus ancien que moi, et plus vaste.
Cela rejoint les cercles, de l’infini, des étincelles :
Je n’ai pas à produire la totalité, ni même à la comprendre.
J'ai à tenir ta place dans le geste.
Prendre le fil quand il appelle,
ne pas le forcer,
ne pas le couper,
et le laisser entrer dans la trame.
C’est une forme de discipline, au fond
mais une discipline sans rigidité.
Une rigueur de présence.
Et dans cette posture, il y a quelque chose de très rare :
j'accepte que le sens ne soit pas en amont du geste.
Il se tisse.
* Hashem a promis de broder la paix d'un fil d'or
Brigitte Judit (le 24 avril 2026)
@crédit photo @brigittedusch
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