Un fil tiré, un fil tissé en appelle un autre puis un autre
c’est presque une loi du vivant.
Un fil n’existe jamais seul.
Dès qu’il est saisi, il appelle.
Dès qu’il est tiré, il met en mouvement autre chose ; une mémoire, une image, une douleur, une joie, un nom.
Ce n’est pas une suite linéaire,
C’est une propagation.
Je ne choisis pas les fils.
Mais c'eux qui me choisissent,
qui me sollicitent.
Un fil tissé ouvre un espace, et cet espace appelle un autre fil.
Pas pour compléter, pas pour finir, mais pour continuer la circulation.
Ce n'est pas une logique de construction où chaque élément aurait une place assignée à l’avance.
Ici, rien n’est fermé.
La trame reste ouverte, disponible, respirante.
En attente
Et je tisse, au fil du temps, au fil du fil qui passe, qui va, qui vient, qui advient
C'est un refrain au creux de ce rythme
un fil, puis un autre, puis un autre…
C’est presque une écriture du souffle.
Pas un bloc, pas un système, mais une avancée par touches, par reprises, par résonances.
Comme si chaque fil portait en lui une promesse de relation.
Et peut-être que ce qui fait tenir l’ensemble,
ce n’est pas une structure rigide, mais une fidélité — la mienne — à ce qui se présente.
Je ne force pas le fil suivant.
Mais je le reconnais quand il vient.
C’est une posture exigeante, en réalité
elle demande de ne pas combler trop vite, de ne pas refermer, de ne pas plaquer du sens là où quelque chose est encore en train de se former.
Attente, patience
un fil en appelle un autre.
Et dans ce mouvement, quelque chose comme une continuité se tisse, mais une continuité vivante, jamais figée.
Pas une ligne droite, mais une étoffe en train d’advenir.
Et moi je suis à je suis à la fois celle qui suit le fil… et celle par qui il peut continuer.
Brigitte Judit
@crédit photo @brigittedusch

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