L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
mercredi 22 août 2012
mercredi 8 août 2012
Prendre Langue
Hier dans la soirée je regardais l'émission d'Arte consacrée à la littérature israélienne, une occasion pour moi de découvrir des auteurs inconnus, d'explorer d'autres mondes littéraires de nouveaux auteurs. Passionnée de littérature étrangère je ne rate jamais aucune émission de ce genre...
Pourtant ce n'est pas la littérature en elle même qui m'a interpellée, mais plutôt la langue. La question de la langue.
J'ai écouté attentivement Aharon Appelfeld parler de la langue et de son identité, comment cet homme qui avait survécu à l'Holocauste se vivait dans le pays qui était à présent le sien, où il vivait depuis plus de 60 ans : Israel.
Il évoquait son mutisme, cet arrêt de la langue, des mots qui ne voulaient, ne pouvaient plus sortir après le traumatisme de la mort de sa mère, de l'arrestation de son père, de sa fuite pour rejoindre les forêts de Roumanie et sa vie parmi les bandits... Il ne pouvait dire, mettre des mots, sans risquer sa vie, parler, dire était se condamner à mort, les mots qui tuent ! Seul le silence pouvait le garder en vie ! Envie de silence, sans mot dire, pour ne pas être maudit. Les mots de la mise à mort.
Il parlait de ce silence, de ce désir de vivre qui ne pouvait être et passer par et seulement par l'absence de langage ! A l'encontre de tout, de cette langue qui lie, qui fait lien, qui fait lien social.
Lien social ? Un lien social défait, qui ne tient plus qu'à un fil, celui de la langue et de la bouche qu'il ferme qu'il scelle du sceau de l'alliance...Celle de ?
Une langue perdue, enfouie, tapie au plus profond de son être, une langue qu'il n'arrivait plus à mettre au monde une fois le danger passé, là dans ce lieu et cet espace où les mots devaient être posés pour dire et expliquer; Plus de mot. Des mots qui ne viennent plus, qui ne s'ordonnent plus, qui restent coincés au fond de la gorge, qui ne peuvent franchir la bouche, les lèvres, pour aller au dehors. Au dehors des limites de soi.
Les mots de l'intérieur ne pouvant être mis au dehors.
Il explique ensuite pudiquement le conflit intérieur, celui de l'Heimatsprache, la langue de la mère, celle même de ses bourreaux, comment dire sa douleur avec les mots des assassins ?
Un conflit terrible et terrifiant que celui là. Une langue que beaucoup se sont alors interdit de parler, qu'ils ne pouvaient plus parler, comment dire sa souffrance avec les mots de ceux qui les ont conduits à la mort ? Comment ?
Une histoire de langue encore ! D'identité, Toujours : D'être au monde, d'accoucher encore à ce monde dans une douleur inouïe, puis vivre, vivre avec tout ça.
La langue encore !
Aharon Appelfeld raconte les langues, toutes celles qui venant de partout résonnaient dans ce pays si vieux mais si neuf ! Les langues de tous ceux qui sont arrivés là avec pour seul bagage la langue de ceux qu'ils veulent oublier, qu'ils quittent pour tout recommencer.
C'est alors que le miracle encore une fois opère... Et la langue, celle d'un peuple oubliée, langue de quelques initiés, langue oubliée comprise uniquement par quelques uns renait alors de ses cendres pour unir, pour réunir un peuple dispersé et meurtri qui dans une force ultime est venue là chercher l'avenir et l'espoir ! Est venu par là rechercher la Langue. Est venu prendre Langue
La langue !
Trait d'union... Trait qui surgit pour unir, réunir ceux là mêmes qui éparpillés au delà des terres et des mers, sont revenus après des siècles d'errance.
La langue a bien été ce trait d'union entre les enfants d'une même mère ! Ces frères venus des quatre coins du monde pour retrouver enfin leur âme. Renouer avec le passé pour construire l'avenir !
Parler enfin la même langue, celle du Livre mais celle aussi de la Vie, du Livre de la Vie
Miracle ? Ou seulement volonté des hommes, celles de construire, de bâtir, de se relever pour exister encore ! Etre au monde toujours.
C'est aussi ainsi que le concept de langue maternelle prend ici tout son sens, sa valeur, sa vraie valeur,celle de la langue mise au monde après une longue gestation dans la matrice, Une histoire de femmes encore en quelques sorte, la langue de la Mère, celle de la Matrie !
Filiation divine mais aussi et terrestre à la fois, cette langue de la Mère, de la Terre Mère donnée et transmise pas la seule mère...
La langue.
Pourtant ce n'est pas la littérature en elle même qui m'a interpellée, mais plutôt la langue. La question de la langue.
J'ai écouté attentivement Aharon Appelfeld parler de la langue et de son identité, comment cet homme qui avait survécu à l'Holocauste se vivait dans le pays qui était à présent le sien, où il vivait depuis plus de 60 ans : Israel.
Il évoquait son mutisme, cet arrêt de la langue, des mots qui ne voulaient, ne pouvaient plus sortir après le traumatisme de la mort de sa mère, de l'arrestation de son père, de sa fuite pour rejoindre les forêts de Roumanie et sa vie parmi les bandits... Il ne pouvait dire, mettre des mots, sans risquer sa vie, parler, dire était se condamner à mort, les mots qui tuent ! Seul le silence pouvait le garder en vie ! Envie de silence, sans mot dire, pour ne pas être maudit. Les mots de la mise à mort.
Il parlait de ce silence, de ce désir de vivre qui ne pouvait être et passer par et seulement par l'absence de langage ! A l'encontre de tout, de cette langue qui lie, qui fait lien, qui fait lien social.
Lien social ? Un lien social défait, qui ne tient plus qu'à un fil, celui de la langue et de la bouche qu'il ferme qu'il scelle du sceau de l'alliance...Celle de ?
Une langue perdue, enfouie, tapie au plus profond de son être, une langue qu'il n'arrivait plus à mettre au monde une fois le danger passé, là dans ce lieu et cet espace où les mots devaient être posés pour dire et expliquer; Plus de mot. Des mots qui ne viennent plus, qui ne s'ordonnent plus, qui restent coincés au fond de la gorge, qui ne peuvent franchir la bouche, les lèvres, pour aller au dehors. Au dehors des limites de soi.
Les mots de l'intérieur ne pouvant être mis au dehors.
Il explique ensuite pudiquement le conflit intérieur, celui de l'Heimatsprache, la langue de la mère, celle même de ses bourreaux, comment dire sa douleur avec les mots des assassins ?
Un conflit terrible et terrifiant que celui là. Une langue que beaucoup se sont alors interdit de parler, qu'ils ne pouvaient plus parler, comment dire sa souffrance avec les mots de ceux qui les ont conduits à la mort ? Comment ?
Une histoire de langue encore ! D'identité, Toujours : D'être au monde, d'accoucher encore à ce monde dans une douleur inouïe, puis vivre, vivre avec tout ça.
La langue encore !
Aharon Appelfeld raconte les langues, toutes celles qui venant de partout résonnaient dans ce pays si vieux mais si neuf ! Les langues de tous ceux qui sont arrivés là avec pour seul bagage la langue de ceux qu'ils veulent oublier, qu'ils quittent pour tout recommencer.
C'est alors que le miracle encore une fois opère... Et la langue, celle d'un peuple oubliée, langue de quelques initiés, langue oubliée comprise uniquement par quelques uns renait alors de ses cendres pour unir, pour réunir un peuple dispersé et meurtri qui dans une force ultime est venue là chercher l'avenir et l'espoir ! Est venu par là rechercher la Langue. Est venu prendre Langue
La langue !
Trait d'union... Trait qui surgit pour unir, réunir ceux là mêmes qui éparpillés au delà des terres et des mers, sont revenus après des siècles d'errance.
La langue a bien été ce trait d'union entre les enfants d'une même mère ! Ces frères venus des quatre coins du monde pour retrouver enfin leur âme. Renouer avec le passé pour construire l'avenir !
Parler enfin la même langue, celle du Livre mais celle aussi de la Vie, du Livre de la Vie
Miracle ? Ou seulement volonté des hommes, celles de construire, de bâtir, de se relever pour exister encore ! Etre au monde toujours.
C'est aussi ainsi que le concept de langue maternelle prend ici tout son sens, sa valeur, sa vraie valeur,celle de la langue mise au monde après une longue gestation dans la matrice, Une histoire de femmes encore en quelques sorte, la langue de la Mère, celle de la Matrie !
Filiation divine mais aussi et terrestre à la fois, cette langue de la Mère, de la Terre Mère donnée et transmise pas la seule mère...
La langue.
dimanche 15 juillet 2012
Vel d'Hiv : La Rafle
Pour ne pas oublier je vous invite à regarder, diffuser ce film documentaire réalisé par Samuel Muller.
La rafle du Vel d'Hiv s'est déroulée du 16 au 18 juillet 1942 dirigé par Jean Leguay alors délégué de la Police de Vichy en zone occupée et René Bousquet le secrétaire général de la Police française. Ils se sont montrés particulièrement zélés.
J'ai souhaité partager ces liens ici. A la mémoire de ces victimes de la haine... Femmes enfants... Pour qu'ils ne soient jamais oubliés.
Durant l'été 2010, Samuel Muller a accompagné son père lors d'un voyage de mémoire sur les traces de la Shoah et de sa famille disparue.
Enfant, Michel Muller a été arrêté avec sa mère et sa soeur Annette lors de la Rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942. Interné à Beaune-la-Rolande puis à Drancy, il réchappa à la déportation grâce à l'action de son père.
Du XXème arrondissement de Paris au sud de la Pologne, ce film retrace l’histoire de la famille Muller.
Réalisation et montage : Samuel Muller
Janvier 2011 - Durée : 71 min.
Un voyage pas comme les autres - un film de... par fondationshoah
A lire également :
Je vous invite également à la lecture de ce livre : Annette Muller, la petite fille du Vel d'Hiv (Editions Cercil, 2009)
Je cite la présentation qu'en a faite Samuel Muller. "Annette, âgée de 9 ans, est arrêtée par la police française avec sa mère et ses frères lors de la rafle du Vel d’Hiv de juillet 1942.8 000 personnes, dont 4 115 enfants, sont comme elle, conduites dans les camps de
Beaune-la-Rolande et de Pithiviers, surveillés par la gendarmerie française.
Arrachée à sa mère qui est déportée, elle se retrouve seule dans le camp de Beaune-la-
Rolande avec son petit frère, Michel, 5 ans.
Parmi ces 4 115 enfants, seuls quelques uns n’ont pas été déportés. Tous les autres ont été assassinés à Auschwitz.
Très rares sont donc les témoignages sur ces événements.
« Un beau livre d’abord où l’on aura plaisir à regarder les dizaines de photographies et les nombreuses
reproductions de documents d’archives d’une qualité parfaite et la plupart inédits. Un livre d’histoire et de micro-histoire avec un texte bien mis en page, enrichi de notes historiques de bas de page claires et précises et complété de quelques contributions d’historiens spécialistes.
Un livre émouvant qui rassemble deux témoignages dont on se souviendra longtemps. Le témoignage d’Annette Muller et celui de son père sont le coeur de l’ouvrage. Annette Muller a neuf ans quand elle est arrêtée avec sa mère et ses quatre frères le 16 juillet 1942 ; elle échappe à la déportation mais est arrachée des bras de sa mère qui monte dans un train pour Auschwitz.
Un dossier de documents d’archives permet de reconstituer les étapes de l’itinéraire du côté de l’administration. Manek raconte sa vie depuis sa jeunesse en Pologne jusqu’à sa longue cache dans la France occupée après qu’il ait perdu sa femme et caché ses enfants. » Joel Drogland.
Nous espérons que ce livre à la fois témoignage et travail historique, vous intéressera.
Il permet de reconstituer le processus qui a conduit à l’arrestation et à la déportation de plusieurs milliers d’enfants. Les études mettent en exergue les mécanismes qui ont conduit à séparer les mères de leurs enfants, à interner des milliers d’enfants seuls dans les camps de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers, puis à les déporter alors que les nazis ne les demandent pas à ce moment-là"
samedi 14 juillet 2012
Au début du chemin
samedi 7 juillet 2012
Comme tout le monde ?
Comme tout le monde !
Tout le monde... Aujourd'hui il semble que ce soit le leitmotiv partout, dans les journaux, les médias, les livres, les cabinets médicaux, les protocoles de développement personnel etc..
Etre comme tout le monde ! Avoir des défauts, des imperfections, être grossier, se laisser aller, écrire de manière phonétique... Tout le monde le fait, donc il ne faut pas s'inquiéter, sous entendons : c'est la norme !
La norme..
Un mot singulier et particulier aussi, qui décide de celle ci ? Existe t-elle au pluriel ou seulement au singulier ?
Convient-il de ne pas trop s'en écarter, de ne pas trop s'en approcher non plus,où se situe alors la norme de la norme pour être en plein dedans ? Into ?
Il ne faut donc s'effrayer de rien, pas plus des fautes d'ortographes que de ses kilos en trop, pour soit disant déculpabiliser les femmes, je ne sais plus quelle actrice posait nue et déclarait avoir de la cellulite, un corps disgracieux qu'elle n'aimait pas !
Nous voilà rassurés !
Elle se disait alors comne tout le monde, pas différente des autres, indifférenciée en quelque sorte, perdue dans la masse, l'indifférenciation.
Je me souviens d'un temps où les parents sachant que leurs rejetons n'étaient ni ne seraient jamais parfaits mettaient un point d'honneur à leur transmettre quelques valeurs fondamentales pour être polis, bien élevés, être à l'aise en société : Se tenir convenablement, manger selon des conventions "normées"... Les régles élémentaires de politesse, le savoir vivre qui aujourdh'ui n'existe plus que sous l'appelation métaphorique et fallacieuse de "compétence sociale", ou mieux encore "habiltés sociales"
Certains thérapeutes font même payer des honoraires très élevés pour apprendre à des personnes qui en sont dénuées les manières et les attitudes à adopter pour paraitre civilisés !
Curieuse société me direz vous ?
Alors ? La norme ?
Ne pas savoir se tenir à table, ne pas se lever pour laisser sa place à une personne qui en a besoin, passer devant la file d'attente, insulter la personne qui vous fait une remarque.... Tout le monde le fait, c'est comme ça maintenant ! Il faut s'y faire !
"Ce sont de "petites incivilités sociales pas bien méchantes... Ce sont des sauvageons, nous avons tous été jeunes... etc.."
Il faut être tolérant, sous entendu laissons faire, ne disons rien, puisque tout le monde le fait ! Mais ?
Une litanie que nous entendons tous et qui finit comme tout disque rayé à nous lasser, au moins à lasser certains qui eux, à très juste titre, considérent que ce ne sont pas des incivilités, mais des manques certains, de sérieux manques je dirai !
Tout le monde.. Ainsi on ne met plus la barre haute, on la descend, on tend non plus vers le meilleur, mais plutôt vers la médiocrité, celle ci semble plus accessible, donc plus rassurante...
Les ragots des stars du show biz et de la politique font le bonheur d'un certain public qui voit qu'ils sont comme eux, qu'ils se chamaillent aussi, se trompent, prennent des kilos, grillent des feux rouges,conduisent en état d'ivresse... Tirant vers le bas l'image plutôt que vers le haut !
Le processus identificatoire en prend un sacré coup du même coup...
Se laisser aller à ses pulsions, sans retenue, oublier, s'oublier, en actes, en paroles...
Agir, ne pas réflêchir, oublier que les actes et les mots peuvent avoir des conséquences, blesser l'autre
L'autre ?
Mais quel autre ? Où est-il ? Celui là est au mieux l'enfer au pire il n'existe pas.
Car chacun de ceux là se croient seuls, la rue, le monde leur appartient, ils l'occupent sans se soucier de l'autre possible occupant lui aussi, ils sont seuls lorsque dans le métro ils hurlent dans leur portable, tondent leur pelouse, taillent leur haie, roulent à toute vitesse, fument dans les lieux interdits.
Interdits.. Quid de ce mot ?
C'est aussi là que ça coince, interdits, ceux là mêmes qui jamais n'ont été posés, ni par des parents défaillants pas plus que par une société trop indulgente qui a défaut ou par peur de condamner excuse et pardonne avant même d'avoir fait le bilan, avant même d'avoir expliqué et fait prendre conscience.
Conscience : Encore un de ces mots qui coince..
Alors tout le monde ? Faire comme tout le monde signifie t-il : ne pas avoir de retenue, manquer d'éducation, ne pas réfléchir, faire ce qui nous passe par la tête, satisfaire immédiatiement toute pulsion au mépris de l'autre, vivre pour vivre l'instant présent, ne pas savoir différer ni besoin ni envie, en plus savoir se situer dans le désir, ne pas savoir remettre à demain, ne pas savoir attendre, ne pas prendre conscience de la valeur des choses, de la vie,de sa vie et de celle des autrre
Est-ce alors réélement exister ? Etre dans le lien social ?
La perfection existe peut-être ! Du moins existe l'idée qu'on s'en fait, l'atteindre peut représenter l'inaccessible quête, mais la Quête ! Elle est possible, partir à la rencontre de l'autre, mais de ce je qui est aussi un autre, à l'intérieur de soi, ar si on ne respecte pas les autres, comment peut-on avoir du respect pour cet autre qui est soi ?
Tendre vers... Essayer de.. Améliorer... Faire encore mieux...?
Ne pas être comme tout le monde alors, s'en distinguer, être différent, singulier et unique, cultiver cette singularité là qui fait que chaque sujet est un, et non pas une partie d'une masse où tout est indifférencié, où tout se ressemble, ou le sujet n'a pas de place...
Etre un sujet avec ses qualités, son identité, ce "petit quelque chose" qui fait qu'on le reconnait, cette particularité là... Qui fait que Je s'il est un autre, est aussi un Je différent d'un autre Je
Un sujet qui a enfin pu émerger du Chaos !
Tout le monde... Aujourd'hui il semble que ce soit le leitmotiv partout, dans les journaux, les médias, les livres, les cabinets médicaux, les protocoles de développement personnel etc..
Etre comme tout le monde ! Avoir des défauts, des imperfections, être grossier, se laisser aller, écrire de manière phonétique... Tout le monde le fait, donc il ne faut pas s'inquiéter, sous entendons : c'est la norme !
La norme..
Un mot singulier et particulier aussi, qui décide de celle ci ? Existe t-elle au pluriel ou seulement au singulier ?
Convient-il de ne pas trop s'en écarter, de ne pas trop s'en approcher non plus,où se situe alors la norme de la norme pour être en plein dedans ? Into ?
Il ne faut donc s'effrayer de rien, pas plus des fautes d'ortographes que de ses kilos en trop, pour soit disant déculpabiliser les femmes, je ne sais plus quelle actrice posait nue et déclarait avoir de la cellulite, un corps disgracieux qu'elle n'aimait pas !
Nous voilà rassurés !
Elle se disait alors comne tout le monde, pas différente des autres, indifférenciée en quelque sorte, perdue dans la masse, l'indifférenciation.
Je me souviens d'un temps où les parents sachant que leurs rejetons n'étaient ni ne seraient jamais parfaits mettaient un point d'honneur à leur transmettre quelques valeurs fondamentales pour être polis, bien élevés, être à l'aise en société : Se tenir convenablement, manger selon des conventions "normées"... Les régles élémentaires de politesse, le savoir vivre qui aujourdh'ui n'existe plus que sous l'appelation métaphorique et fallacieuse de "compétence sociale", ou mieux encore "habiltés sociales"
Certains thérapeutes font même payer des honoraires très élevés pour apprendre à des personnes qui en sont dénuées les manières et les attitudes à adopter pour paraitre civilisés !
Curieuse société me direz vous ?
Alors ? La norme ?
Ne pas savoir se tenir à table, ne pas se lever pour laisser sa place à une personne qui en a besoin, passer devant la file d'attente, insulter la personne qui vous fait une remarque.... Tout le monde le fait, c'est comme ça maintenant ! Il faut s'y faire !
"Ce sont de "petites incivilités sociales pas bien méchantes... Ce sont des sauvageons, nous avons tous été jeunes... etc.."
Il faut être tolérant, sous entendu laissons faire, ne disons rien, puisque tout le monde le fait ! Mais ?
Une litanie que nous entendons tous et qui finit comme tout disque rayé à nous lasser, au moins à lasser certains qui eux, à très juste titre, considérent que ce ne sont pas des incivilités, mais des manques certains, de sérieux manques je dirai !
Tout le monde.. Ainsi on ne met plus la barre haute, on la descend, on tend non plus vers le meilleur, mais plutôt vers la médiocrité, celle ci semble plus accessible, donc plus rassurante...
Les ragots des stars du show biz et de la politique font le bonheur d'un certain public qui voit qu'ils sont comme eux, qu'ils se chamaillent aussi, se trompent, prennent des kilos, grillent des feux rouges,conduisent en état d'ivresse... Tirant vers le bas l'image plutôt que vers le haut !
Le processus identificatoire en prend un sacré coup du même coup...
Se laisser aller à ses pulsions, sans retenue, oublier, s'oublier, en actes, en paroles...
Agir, ne pas réflêchir, oublier que les actes et les mots peuvent avoir des conséquences, blesser l'autre
L'autre ?
Mais quel autre ? Où est-il ? Celui là est au mieux l'enfer au pire il n'existe pas.
Car chacun de ceux là se croient seuls, la rue, le monde leur appartient, ils l'occupent sans se soucier de l'autre possible occupant lui aussi, ils sont seuls lorsque dans le métro ils hurlent dans leur portable, tondent leur pelouse, taillent leur haie, roulent à toute vitesse, fument dans les lieux interdits.
Interdits.. Quid de ce mot ?
C'est aussi là que ça coince, interdits, ceux là mêmes qui jamais n'ont été posés, ni par des parents défaillants pas plus que par une société trop indulgente qui a défaut ou par peur de condamner excuse et pardonne avant même d'avoir fait le bilan, avant même d'avoir expliqué et fait prendre conscience.
Conscience : Encore un de ces mots qui coince..
Alors tout le monde ? Faire comme tout le monde signifie t-il : ne pas avoir de retenue, manquer d'éducation, ne pas réfléchir, faire ce qui nous passe par la tête, satisfaire immédiatiement toute pulsion au mépris de l'autre, vivre pour vivre l'instant présent, ne pas savoir différer ni besoin ni envie, en plus savoir se situer dans le désir, ne pas savoir remettre à demain, ne pas savoir attendre, ne pas prendre conscience de la valeur des choses, de la vie,de sa vie et de celle des autrre
Est-ce alors réélement exister ? Etre dans le lien social ?
La perfection existe peut-être ! Du moins existe l'idée qu'on s'en fait, l'atteindre peut représenter l'inaccessible quête, mais la Quête ! Elle est possible, partir à la rencontre de l'autre, mais de ce je qui est aussi un autre, à l'intérieur de soi, ar si on ne respecte pas les autres, comment peut-on avoir du respect pour cet autre qui est soi ?
Tendre vers... Essayer de.. Améliorer... Faire encore mieux...?
Ne pas être comme tout le monde alors, s'en distinguer, être différent, singulier et unique, cultiver cette singularité là qui fait que chaque sujet est un, et non pas une partie d'une masse où tout est indifférencié, où tout se ressemble, ou le sujet n'a pas de place...
Etre un sujet avec ses qualités, son identité, ce "petit quelque chose" qui fait qu'on le reconnait, cette particularité là... Qui fait que Je s'il est un autre, est aussi un Je différent d'un autre Je
Un sujet qui a enfin pu émerger du Chaos !
vendredi 29 juin 2012
La mort de l'enfant
La mort d'un enfant
Impensable, impossible, inimaginable, inenvisageable...
Et pourtant !
L'actualité nous prouve le contraire, souvent, trop souvent, et récemment encore !
Comment imaginer la douleur, car il n'y a pas d'autre mot que celui là, la douleur des parents devant la perte d'un enfant ?
Perte. Perte insurmontable car perte pour toujours, perte éternelle, et souffrance qui l'est tout autant.
On ne se remet pas, on ne guérit jamais de la mort d'un enfant, on survit tout au plus, tout au moins. On reste à jamais dans le manque, ce manque qui non seulement s'inscrit dans le quotidien mais qui hante le futur, car là, le temps n'arrange rien, le temps n'apaise pas, loin de là.
Il creuse encore un peu plus le sillon, la peine.
Chaque jour, chaque minute, chaque année qui passent, passent dans le manque, dans le manque de l'enfant parti à tout jamais. S'il était là, s'il avait été là...
La vie ne se poursuit qu'à travers cette condition. Ce si. Ce conditionnel, ce futur qui ne peut être qu'antérieur.
Mort de son enfant, mort de l'enfant...Voir un enfant mourir n'est jamais dans l'ordre des choses à ce qu'il parait. Comme s'il y avait un ordre des choses, de la vie, de la mort. L'enfant survit à ses parents, qui survivent ainsi à travers lui, qui vivent au delà, éternellement, encore et encore...
Filiation et génération.
La mort d'un enfant n'est pas seulement un drame, une tragédie pour celui, pour ceux qui restent, condamnés à vivre à perpétuité avec cette mort là, cette ombre là, cet enfant qui n'est plus, qui devait pourtant être et leur survivre.
Vivre devient une torture épouvantable, une blessure béante qui ne se referme pas, une plaie ouverte toujours !
Survivre ? Vivre avec sans. Mais comment faire ? Car il faut faire, malgré, malgré tout, malgré sans.
Alors il faut faire avec ce sans, pour les autres, qui sont là, encore là ! Encore là et rappellent un peu plus celui qui manque, qui n'est pas et ne sera plus jamais au rendez vous !
Imaginer la peine, la souffrance, le chagrin, la douleur, la déchirure n'est pas possible quand on ne l'a pas vécu. N'est pas pensable.
Il faut avancer tant bien que mal, ou plus mal que bien sur ce chemin de peine, de désespoir, faire taire ses larmes, faire semblant souvent ! Le plus souvent !
Il faut aller, aller dans le temps, qui n'a plus vraiment de sens...Un temps au rythme singulier, qui n'a du sens que par l'absence de la présence, celle de l'enfant pris, ravi pour toujours, parti au delà du temps, comme dans une autre dimension. Celle d'un autre temps, celui du passé transcendant sans cesse le présent pour construire le futur, un futur sans. Un temps qui s'égrène tant bien que mal dans la misère de l'âme, à l'ombre d'un visage, d'un rire, d'un mot.
Un temps qu'on aurait voulu retenir, contenir dans l'instant, le moment...
Un temps hors du temps, une sorte de parenthèse folle retenant prisonnier pour ne pas oublier ! Maintenir en retrait d'un monde indécent poursuivant sa course au mépris du chagrin de celui qui reste pour errer aveuglément parmi les ténèbres.
Le temps sombre, obscur, nébuleux qui s'écoule, immuable, et la vie ! Là présente, constante et insultante qui se poursuit sans lui, comme si cette présence de l'absence ne changeait rien...Pourtant !
Un ricanement absurde, un déchirement atroce qui ouvre encore un peu plus la terrible blessure.
Il y a comme ça des cicatrices qui ne se ferment pas, des blessures qui ne se réparent pas, jamais, il y a comme ça au fond du regard une sorte de lueur éteinte pour toujours. Une sorte de mauvais rêve dont on ne se réveille jamais.
Longtemps Elle a gardé prés d'elle, contre Elle, ce tee shirt tâché du sang de son enfant, mort dans ses bras, tout petit enfant, qu'elle a serré en priant un dieu pour qu'il lui laisse la vie, quitte à prendre la sienne, qu'il lui laisse le temps, encore du temps..Qu'il lui laisse encore pour un temps, tout le temps.
Longtemps Elle a gardé ce sang sur ses mains, ses mains pressant la plaie béante pour que ce sang ne quitte pas ce petit corps sans vie. Pour qu'il le maintienne en vie, encore !
Longtemps Elle a refusé de croire que la vie était partie, qu'il en était fini ! Qu'elle s'était échappée de ce petit corps, à présent inerte, ce petit corps qui l'instant d'avant débordait de vie, cet enfant qui jouait là avant qu'un fou ne vienne lui ravir sa vie, cette vie, ce soleil qui illuminait sa vie à elle aussi !
Une mère ne peut devenir que folle quand elle perd sa chair, quand elle perd son petit !
Elle ne peut que rester folle, seule, dans sa douleur, face à sa douleur, toujours !
Longtemps Elle a gardé ce vêtement taché de sang.... Elle ne sait plus avec toutes ces années ce qu'il est devenu.. Mais son enfant lui n'est plus. Plus jamais, plus là. Elle vit, survit et pleure ! Parfois
Il n'y a jamais un jour, une minute ou une seconde sans qu'elle pense, y pense, même si elle continue la route, avec ce manque, ce sans, ce vide, qu'on appelle pudiquement la mort !
On ne se remet jamais de cette mort là !
A Jayne, pour Jayne. Avec toutes mon affection, ma tendresse et mon amour. Aux autres aussi...
Impensable, impossible, inimaginable, inenvisageable...
Et pourtant !
L'actualité nous prouve le contraire, souvent, trop souvent, et récemment encore !
Comment imaginer la douleur, car il n'y a pas d'autre mot que celui là, la douleur des parents devant la perte d'un enfant ?
Perte. Perte insurmontable car perte pour toujours, perte éternelle, et souffrance qui l'est tout autant.
On ne se remet pas, on ne guérit jamais de la mort d'un enfant, on survit tout au plus, tout au moins. On reste à jamais dans le manque, ce manque qui non seulement s'inscrit dans le quotidien mais qui hante le futur, car là, le temps n'arrange rien, le temps n'apaise pas, loin de là.
Il creuse encore un peu plus le sillon, la peine.
Chaque jour, chaque minute, chaque année qui passent, passent dans le manque, dans le manque de l'enfant parti à tout jamais. S'il était là, s'il avait été là...
La vie ne se poursuit qu'à travers cette condition. Ce si. Ce conditionnel, ce futur qui ne peut être qu'antérieur.
Mort de son enfant, mort de l'enfant...Voir un enfant mourir n'est jamais dans l'ordre des choses à ce qu'il parait. Comme s'il y avait un ordre des choses, de la vie, de la mort. L'enfant survit à ses parents, qui survivent ainsi à travers lui, qui vivent au delà, éternellement, encore et encore...
Filiation et génération.
La mort d'un enfant n'est pas seulement un drame, une tragédie pour celui, pour ceux qui restent, condamnés à vivre à perpétuité avec cette mort là, cette ombre là, cet enfant qui n'est plus, qui devait pourtant être et leur survivre.
Vivre devient une torture épouvantable, une blessure béante qui ne se referme pas, une plaie ouverte toujours !
Survivre ? Vivre avec sans. Mais comment faire ? Car il faut faire, malgré, malgré tout, malgré sans.
Alors il faut faire avec ce sans, pour les autres, qui sont là, encore là ! Encore là et rappellent un peu plus celui qui manque, qui n'est pas et ne sera plus jamais au rendez vous !
Imaginer la peine, la souffrance, le chagrin, la douleur, la déchirure n'est pas possible quand on ne l'a pas vécu. N'est pas pensable.
Il faut avancer tant bien que mal, ou plus mal que bien sur ce chemin de peine, de désespoir, faire taire ses larmes, faire semblant souvent ! Le plus souvent !
Il faut aller, aller dans le temps, qui n'a plus vraiment de sens...Un temps au rythme singulier, qui n'a du sens que par l'absence de la présence, celle de l'enfant pris, ravi pour toujours, parti au delà du temps, comme dans une autre dimension. Celle d'un autre temps, celui du passé transcendant sans cesse le présent pour construire le futur, un futur sans. Un temps qui s'égrène tant bien que mal dans la misère de l'âme, à l'ombre d'un visage, d'un rire, d'un mot.
Un temps qu'on aurait voulu retenir, contenir dans l'instant, le moment...
Un temps hors du temps, une sorte de parenthèse folle retenant prisonnier pour ne pas oublier ! Maintenir en retrait d'un monde indécent poursuivant sa course au mépris du chagrin de celui qui reste pour errer aveuglément parmi les ténèbres.
Le temps sombre, obscur, nébuleux qui s'écoule, immuable, et la vie ! Là présente, constante et insultante qui se poursuit sans lui, comme si cette présence de l'absence ne changeait rien...Pourtant !
Un ricanement absurde, un déchirement atroce qui ouvre encore un peu plus la terrible blessure.
Il y a comme ça des cicatrices qui ne se ferment pas, des blessures qui ne se réparent pas, jamais, il y a comme ça au fond du regard une sorte de lueur éteinte pour toujours. Une sorte de mauvais rêve dont on ne se réveille jamais.
Longtemps Elle a gardé prés d'elle, contre Elle, ce tee shirt tâché du sang de son enfant, mort dans ses bras, tout petit enfant, qu'elle a serré en priant un dieu pour qu'il lui laisse la vie, quitte à prendre la sienne, qu'il lui laisse le temps, encore du temps..Qu'il lui laisse encore pour un temps, tout le temps.
Longtemps Elle a gardé ce sang sur ses mains, ses mains pressant la plaie béante pour que ce sang ne quitte pas ce petit corps sans vie. Pour qu'il le maintienne en vie, encore !
Longtemps Elle a refusé de croire que la vie était partie, qu'il en était fini ! Qu'elle s'était échappée de ce petit corps, à présent inerte, ce petit corps qui l'instant d'avant débordait de vie, cet enfant qui jouait là avant qu'un fou ne vienne lui ravir sa vie, cette vie, ce soleil qui illuminait sa vie à elle aussi !
Une mère ne peut devenir que folle quand elle perd sa chair, quand elle perd son petit !
Elle ne peut que rester folle, seule, dans sa douleur, face à sa douleur, toujours !
Longtemps Elle a gardé ce vêtement taché de sang.... Elle ne sait plus avec toutes ces années ce qu'il est devenu.. Mais son enfant lui n'est plus. Plus jamais, plus là. Elle vit, survit et pleure ! Parfois
Il n'y a jamais un jour, une minute ou une seconde sans qu'elle pense, y pense, même si elle continue la route, avec ce manque, ce sans, ce vide, qu'on appelle pudiquement la mort !
On ne se remet jamais de cette mort là !
A Jayne, pour Jayne. Avec toutes mon affection, ma tendresse et mon amour. Aux autres aussi...
jeudi 21 juin 2012
Exposition Les enfants dans la Shoah
En lien cette vidéo sur l'exposition.
J'ai simplement eu envie de la classer dans la rubrique "vie"
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Nota bene
Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.
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