Les pauvres gens... Sans nom et sans grade...
Ce sont ces inconnus, anonymes de l'Histoire que je rencontre au hasard des recensements, des Archives, des actes, de naissances, de décés, de mariages. Bonheurs et tragédies, rires, chagrin et larmes à la mort d'un nouveau né... Nés de père inconnu, enfant légitime... ou non...
Héros d'une vie, d'un évènement sur le théâtre du quotidien de l'histoire, que l'Histoire n'a pas retenu, n'a pas convoqué pour écrire, pour s'écrire, mais pourtant.
Tout ceux qui ont fait le passé, le nôtre. Ces "gens de peu" comme les nomment ceux qui ont un peu plus, ou croit en avoir davantage. Ces gens nombreux qui ont animés et fait vivre les villages des campagnes de France, dansés, pleurés. Qui ont fait. Qui les ont fait.
Ces gens qui ont été.
Mes recherches me conduisent vers ces archives là, vers ces traces là, souvent les seules qu'ils aient laissées à une postérité qui ne se soucient plus d'eux. Mais le présent s'en est-il soucié ?
Qui sont-ils ? Laboureur, cantonnier, chef cantonnier, couturière, ménagére, menuisier, vannier, manoeuvrier... Des métiers qui n'existent plus et ne feraient plus vivre...
Hommes, femmes, enfants...Familles.
Les Archives sont vivantes à qui sait les lire, les décoder, les écouter pour leur rendre âme et vie. Les Archives sont la vie passées et renferment tant de secrets, de peines, de joies de bonheurs et de larmes qu'est la vie de chacun d'entre nous.
Travail de l'Historien encore. Partir à la rencontre de ces hommes, femmes, enfants et comprendre leur histoire, leur vie. Mettre en images, mettre des mots sur les images. Faire revivre ce passé pour le comprendre et peut-être mieux saisir ce qui a été pour expliquer ce qui est.
Depuis plusieurs mois je suis plongée dans ce début du XX° siècle, qui je le pense n'a vraiment commencé qu'en 1919, après cette guerre mondiale qui changea le monde, les hommes et les sociétés. Elle marque je crois un tournant fondamental moral et éthique, une articulation sur un monde nouveau où l'homme occupera une place différente. Elle réveille ce Thanotos endormi, ces pulsions de haine et de destruction. Le Mal a été libéré pour s'incarner quelques décennies plus tard, dans une violence inouïe, à peine pensable, imaginable... Où l'homme a montré le pire de lui même, la Bête immonde qu'il peut-être et devenir sans grand peine.
L'historien est le passeur, le témoin, mais pas le spectateur ! Il prend part à ce qu'il découvre, car ce qu'il voit, ce qu'il lit ne peut le laisser indemne. Il appartient alors au témoin de transmettre le message, de témoigner de ce passé qu'il vient de côtoyer.
Un rôle difficile et complexe car il se doit de rester neutre, sans être bienveillant vis à vis des événements, relater les faits et rien que des faits, ne pas juger mais analyser au prisme du contexte et tenter de penser avec l'esprit du moment, non le sien... D'une infinie difficulté, un exercice terriblement compliqué aux limites du possible. L'objectivité, comme l'ici et maintenant est la pire des ascèses. Ne pas se laisser envahir par ses émotions, son chagrin et sa peine aussi, sa colère, son parti pris.
Transfert, le transfert de l'historien existe bel et bien. Je lui avais consacré un chapitre dans ma recherche sur la duchesse de Longueville... Transfert et contre transfert, amour et haine.
L'histoire serait-elle aussi une question d'amour ?
Lire les Archives et l'histoire qu'elles nous racontent ne laissent pas indemnes, évidemment.
Alors que dire des pauvres gens ? Comment reconstruire leur histoire, leur passé, quelles traces, empreintes nous ont-ils laissés ? L'histoire de France et d'ailleurs s'intéresse aux monarques,princes du Sang ou autres Grands ne retenant les petits que pour comptabiliser la misère et les guerres, ce qui va la plupart du temps de pair. Pourtant ce sont bien ces armées de Pauvres gens, des villes et des campagnes qui ont bâtis le monde, à la sueur de leur front et de leur âme.
Que dire des pauvres gens ? Qui nous ont laissés peu de choses, avec bien de la chance, quelques lettres, un journal, les cartes postales.. Près de nous, un peu plus près quelques histoires qu'on transmets, légendes familiales qui parfois se perdent dans les méandres de la langue et des mémoires.
Que dire alors ? Comment écrire ? Comment construire ?
Partir de quoi ? Pour aller où. Si les Archives parlent, elles ne comblent pas le manque, celui de ce qui s'est passé, ce qui a été vécu. Il manque tellement de manques !
Que dire, que faire et que raconter à partir du manque, reconstituer un métier, un art, une vie est possible, mais la vie intime, l'intimité du quotidien.. Elle peut l'être également si nous disposons de suffisamment de matière ce qui est loin d'être le cas pour ces gens qui ne savaient pas écrire parfois.
Alors admettre qu'on ne saura pas, car Clio ne peut imaginer, écrire une fiction, elle peut au mieux supposer, poser des hypothèses.
Sans émotions... L'historien fait alors fi de sa propre perception, il ne peut rien dire de la mort de ce bébé de 2 mois... de cette femme morte le jour de la naissance de sa fille, ces prénoms identiques à celui du père de la mère ou du dernier né... Le psychanalyste comprend, relie... tente une approche mais l'historien ?
Il ne peut pas mettre de mots sur l'éprouvé, la tristesse ? Peut-être ? Il ne peut rien dire sur ces familles où des enfants naissent chaque année et meurent au rythme des hivers. Ils met en mot des chiffres. Des dates, des noms, c'est déjà ça..
Alors quid de l'histoire de ces "pauvres gens" de tous ceux qui ne nous ont rien laissé si ce n'est que l'humble trace dans les registres des Archives du lieu de leur vie.
Frustration extrême, déception souvent.
La tâche de l'historien est ingrate parfois ; nous devons faire avec ces manques, ces trous, ces vides, ces sources qui ne sont plus.
Faire avec le sans, écrire avec ce qui est là, présent, présent du passé, ce que cet avant nous a légué ou pas, ce qu'il en reste. Ecrire l'histoire avec les reliquats du passé.. et ne pas extrapoler, combler...
Ce ne serait alors plus de l'Histoire mais du roman.. L'histoire dans l'Histoire...
Et celle de ces pauvres gens est de ces histoires perdues dans le trou noir, le tourbillon des ans qui passent qui ne laissent que peu de traces si ce n'est celles inscrites dans les monuments dédiés aux morts. Mais ceux là, dès lors... Ne sont plus anonymes...
Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste.
L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
lundi 21 juillet 2014
jeudi 17 juillet 2014
Triste anniversaire 16-17 juillet 1942
Il y a des anniversaires dont on se passerait bien, des dates qu'on aimerait ne pas avoir à commémorer puisque c'est le mot à la mode, devoir de mémoire, souvenirs..
Des actes qui n'auraient jamais du être, mis en scène...
Notre société a tant de choses à se prouver qu'elle plonge dans le passé pour s'excuser de ne pas avoir le temps de gérer l'horreur et l'ignominie du présent.
La veille de la fête nationale de ce pays il s'y est passé des choses relevant de l'impensable et de l'innommable, des faits qu'on pensait d'une autre époque, d'un autre temps. Qu'on croyait révolus.
Pourtant les rues de Paris, et d'autres villes de la France raisonnaient des cris de "mort aux juifs"... Cris et gestes de haine... Encore !
Vitrines brisées, magasins saccagés...
Est-il besoin de rappeler une certaine nuit dans les villes d'un autre pays.. Ennemi alors... Il n'y a pas si longtemps
Actes qui ont été blâmés, jugés, condamnés..
Et pourtant !
Consternation, peine, colère, tristesse et ce sentiment de détresse profonde une fois encore?
Une fois de trop.
J'ai entendu les témoignages de ceux qui y étaient, les vidéos prises par mon amie Estie, et d'autres, j'ai entendu les cris, hurlements terrifiant, vus ce déferlement de violence...
Mais surtout j'ai vu...
Ces regards interrogateurs...
Des regards remplis de peurs, d'angoisse...
Les regards de ceux qui justement en ce mois de juillet 42 !
La Rafle du Vel d'Hiv..
16-17 juillet 1942, c'est la guerre certes, mais quand même. J'ai du mal à imaginer les forces de l'ordre, des pères de famille, des hommes, des sujets humains, rassembler leurs semblables dans un ghetto afin de les livrer à l'ennemi...
Hommes, femmes, enfants, vieillards, bébés...
L'horreur absolue !
Encore...
Pourtant, tout cela a bien eu lieu, dans ce lieu qu'est la France qui s'auto-proclame "Pays de la liberté et des droits de l'Homme"
Mais de quel homme ?
J'ai déjà souligné à maintes reprises que de l'histoire les hommes n'en tiraient leçon. Nul enseignement n'en a été appris aucune conclusion ... Rien.
Tout recommence encore et encore
On convoquera la haine, le mal, les pulsions. On convoquera tout ça et puis ?
Quid ?
Hier une amie m'écrit "... C'est pourquoi je parle autour de moi, de Dora, d'Hélène et de sa famille, pour qu'on ne les oublie pas"
Combien de Dora et d'Hélène ont été conduites au Vel d'Hiv par des gendarmes et policiers zélés aux ordres de la police de Vichy ?
Même les autorités allemandes s'en étonnaient, ne pensaient pas que ce gouvernement et ses complices pouvaient collaborer au delà du pensable, au delà de leurs demandes.
Ainsi, l'être humain nous étonnera toujours, s'il est capable du meilleur, il se montre le plus souvent hélas capable du pire.
Je lis aussi "nul oubli, nul pardon". Bien sur que non, on ne peut ni pardonner, encore moins oublier, mais peut-on espérer. Peut-on avoir ce secret espoir que tout cela ne se reproduira pas, que plus jamais ça n'est pas une vaine prière ?
Mais si pour faire la paix il faut être deux, pour vivre ensemble il faut être tous, tous à le vouloir... ?
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
Des actes qui n'auraient jamais du être, mis en scène...
Notre société a tant de choses à se prouver qu'elle plonge dans le passé pour s'excuser de ne pas avoir le temps de gérer l'horreur et l'ignominie du présent.
La veille de la fête nationale de ce pays il s'y est passé des choses relevant de l'impensable et de l'innommable, des faits qu'on pensait d'une autre époque, d'un autre temps. Qu'on croyait révolus.
Pourtant les rues de Paris, et d'autres villes de la France raisonnaient des cris de "mort aux juifs"... Cris et gestes de haine... Encore !
Vitrines brisées, magasins saccagés...
Est-il besoin de rappeler une certaine nuit dans les villes d'un autre pays.. Ennemi alors... Il n'y a pas si longtemps
Actes qui ont été blâmés, jugés, condamnés..
Et pourtant !
Consternation, peine, colère, tristesse et ce sentiment de détresse profonde une fois encore?
Une fois de trop.
J'ai entendu les témoignages de ceux qui y étaient, les vidéos prises par mon amie Estie, et d'autres, j'ai entendu les cris, hurlements terrifiant, vus ce déferlement de violence...
Mais surtout j'ai vu...
Ces regards interrogateurs...
Des regards remplis de peurs, d'angoisse...
Les regards de ceux qui justement en ce mois de juillet 42 !
La Rafle du Vel d'Hiv..
16-17 juillet 1942, c'est la guerre certes, mais quand même. J'ai du mal à imaginer les forces de l'ordre, des pères de famille, des hommes, des sujets humains, rassembler leurs semblables dans un ghetto afin de les livrer à l'ennemi...
Hommes, femmes, enfants, vieillards, bébés...
L'horreur absolue !
Encore...
Pourtant, tout cela a bien eu lieu, dans ce lieu qu'est la France qui s'auto-proclame "Pays de la liberté et des droits de l'Homme"
Mais de quel homme ?
J'ai déjà souligné à maintes reprises que de l'histoire les hommes n'en tiraient leçon. Nul enseignement n'en a été appris aucune conclusion ... Rien.
Tout recommence encore et encore
On convoquera la haine, le mal, les pulsions. On convoquera tout ça et puis ?
Quid ?
Hier une amie m'écrit "... C'est pourquoi je parle autour de moi, de Dora, d'Hélène et de sa famille, pour qu'on ne les oublie pas"
Combien de Dora et d'Hélène ont été conduites au Vel d'Hiv par des gendarmes et policiers zélés aux ordres de la police de Vichy ?
Même les autorités allemandes s'en étonnaient, ne pensaient pas que ce gouvernement et ses complices pouvaient collaborer au delà du pensable, au delà de leurs demandes.
Ainsi, l'être humain nous étonnera toujours, s'il est capable du meilleur, il se montre le plus souvent hélas capable du pire.
Je lis aussi "nul oubli, nul pardon". Bien sur que non, on ne peut ni pardonner, encore moins oublier, mais peut-on espérer. Peut-on avoir ce secret espoir que tout cela ne se reproduira pas, que plus jamais ça n'est pas une vaine prière ?
Mais si pour faire la paix il faut être deux, pour vivre ensemble il faut être tous, tous à le vouloir... ?
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
lundi 14 juillet 2014
Dire et Bribes
Ce rêve me hante souvent
Comme les autres
C'est souvent les mêmes,
Une sorte de feuilleton, une bonne série, parfois moins bonne
Je m'y retrouve, là où je l'ai laissé
Pour le prochain épisode
Rêver c'est fatiguant
Et je me réveille épuisé
Toutes les nuits j'escalade
Des murs de pierres aux escaliers insolites
Escaliers réguliers, à pic et irréguliers...
Je saute, vite, je cours et j'arrive
J'y arrive ! Où ? Mais nulle part
Ce n'est pas important ?
Faut-il toujours aller quelque part ?
Puis je saute, encore mais dans le vide sûr de moi que je suis car ça marche à chaque fois dans le rêve dans les rêves que je fais je retombe sur mes pieds toujours sans savoir pourquoi c'est magique je lâche prise enfin une bonne fois pour toute il n'y a pas d'autres issues et puis on verra bien.
..................................................................
Des obstacles, des cassures, des brisures
C'est fatigant le rêve
Je me réveille épuisé
Je marche dans des endroits improbables qui n'existent pas
Ailleurs qu'ici, dans mes rêves
Endroits singuliers, parenthèses et refuges
Asile !
C'est confortable le rêve
Mais il faut se réveiller
Se réveiller fatigué, tellement fatigué...
Dixit.
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Comme les autres
C'est souvent les mêmes,
Une sorte de feuilleton, une bonne série, parfois moins bonne
Je m'y retrouve, là où je l'ai laissé
Pour le prochain épisode
Rêver c'est fatiguant
Et je me réveille épuisé
Toutes les nuits j'escalade
Des murs de pierres aux escaliers insolites
Escaliers réguliers, à pic et irréguliers...
Je saute, vite, je cours et j'arrive
J'y arrive ! Où ? Mais nulle part
Ce n'est pas important ?
Faut-il toujours aller quelque part ?
Puis je saute, encore mais dans le vide sûr de moi que je suis car ça marche à chaque fois dans le rêve dans les rêves que je fais je retombe sur mes pieds toujours sans savoir pourquoi c'est magique je lâche prise enfin une bonne fois pour toute il n'y a pas d'autres issues et puis on verra bien.
..................................................................
Des obstacles, des cassures, des brisures
C'est fatigant le rêve
Je me réveille épuisé
Je marche dans des endroits improbables qui n'existent pas
Ailleurs qu'ici, dans mes rêves
Endroits singuliers, parenthèses et refuges
Asile !
C'est confortable le rêve
Mais il faut se réveiller
Se réveiller fatigué, tellement fatigué...
Dixit.
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
samedi 28 juin 2014
La Guerre.
On me demande souvent "mais pourquoi la guerre vous fascine t-elle à ce point ?"
La guerre ne me fascine pas, elle m'interpelle, elle questionne en moi le sujet, la faculté du sujet à faire la guerre, ce pourquoi qui le conduit à mettre en scène ces actes là.
La guerre, faire la guerre, jouer à la guerre, sauf qu'elle n'est pas un jeu, et que le je lorsqu'il s'y frotte y laisse des plumes et s'y pique. Toujours.
La guerre est là, toujours au coeur de l'histoire des Hommes depuis les Origines... La guerre ordonne, fait et défait les frontières, trace les lignes de démarcation, les gomme, les remodèles, sans se soucier vraiment des hommes, seule compte la terre, ce morceau de territoire, d'accès à la mer... Sans se soucier des hommes.
Pourtant ce sont les hommes qui font, qui vont à la guerre, qui en reviennent ou pas. Mais peu importe il y en aura une autre, et encore une autre, toujours une autre, qui sera la dernière, qui sera pour qu'il n'y en ait plus d'autres jamais.
Et pourtant !
Alors pourquoi la Guerre ?
Freud a tenté d'y répondre dans la longue lettre qu'il a adressé à Einstein. Tenté. On peut toujours essayer. On peut toujours poser des hypothèses, voir le Mal qui est en chacun de nous se libérer et être légitimé pour raison d'état, se dire que nous restons coûte que coûte un être sauvage, une sorte de monstre, de Minotaure dont la mince couche de vernis a craqué... vite et bien, pour réveler la vraie nature, l'état de nature... Violence, haine, destruction, de-s-humanité.
Se qui se cache ne tient pas, ne tient qu'à un fil, celui de la vie ou de la mort, une bombe à retardement. Et si on se trompe de fil, elle explose...
Mais encore ? Mais toujours
Depuis plusieurs mois je m'intéresse à la guerre 14-18, cent ans déjà ! Cent ans et pourtant. Depuis ce temps j'essaie de comprendre le quotidien de ces hommes sur le Front, sur les champs de bataille, mais pas seulement, car la guerre n'épargne rien, elle est rapidement partout, et l'arrière s'efface pour laisser la place à une guerre totale, sans pitié. Il ne reste plus rien d'humain, d'humanité dans ce carnage, dans cette tragédie où tout n'est que ruines et ravages.
Pourtant ! Tout se mettait en place pour l'homme, son confort, son avenir, son plaisir. Le progrès, celui que la "civilisation" était sensée lui offrir, lui donner pour réduire la peine, le travail.
Profiter. Aspirer à une autre forme de bonheur que ce progrès devait apporter, apprécier la vie, les choses de la vie....
Pourtant ?
Encore pourtant.. Pour tant de progrès, d'avancée sur le chemin du bonheur, de la vie aisée, de la douceur de vivre. Pour tant ?
On dit souvent que cette maudite guerre est arrivée car tout avait été tenté en vain !
Qu'elle était la seule issue à un conflit qui rodait lui aussi, comme la mort toujours prête à sauter sur sa proie, comme si les hommes ne pouvaient jouir sans honte, sans peine et culpabilité du bonheur et de la paix qui l'accompagne ?
Comme s'il était nécessaire que la pulsion se décharge et libère la violence qu'elle n'en pouvait plus de contenir.
Contenir ce qui ne tient plus..
Mais la guerre se décide et contraint ceux qui ne l'ont pas décidé à être en première ligne, à donner, à gâcher leur vie qui ne leur appartient plus
Montre t-elle alors les limites ou les illusions de la liberté de l'être, de la singularité, du désir d'individualité et par là de la démocratie ?
Faisant ainsi du sujet libre le fragment d'un tout qui ne peut être que totalitaire. Un pour tous, mais jamais tous pour un.
Le un n'existe plus, mais a t-il seulement existé.. Illusion ? Encore
L'homme n'est plus, il devient in humain, il lui faut sortir de l'Humanité et du monde des hommes pour rejoindre les champs de bataille ?
Soldat de plomb et de larmes qui le plombe au fond des tranchées de l'horreur et de la boucherie, avançant à la mort sans savoir vraiment pourquoi ? Etre là ? Plutôt qu'ici ou ailleurs, sans l'avoir voulu, décider, obéir, servir, mourir, crever... !
"La guerre c'est moche", me dit un jour un étudiant... Oui, c'est toujours moche, il n'y rien de plus barbare. C'est l'esthétique de l'horreur, la fascination du Néant, la marche vers l'Enfer qui est sur terre, car la seule issue est d'en finir...
Vie, vies sacrifiées sur l'autel de la sauvagerie, de l'inhumanité, de l'hypocrisie des hommes qui ont la certitude de défendre un bout de terre qui leur appartient.
Illusion encore ! La guerre nous montre l'homme tel qu'il est, à l'âge de pierre, à l'âge des Origines, l'homme de la horde qui se donne des airs civilisés sous de beaux habits dorés en usant d'un langage châtié, comble de la perversion ...
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
La guerre ne me fascine pas, elle m'interpelle, elle questionne en moi le sujet, la faculté du sujet à faire la guerre, ce pourquoi qui le conduit à mettre en scène ces actes là.
La guerre, faire la guerre, jouer à la guerre, sauf qu'elle n'est pas un jeu, et que le je lorsqu'il s'y frotte y laisse des plumes et s'y pique. Toujours.
La guerre est là, toujours au coeur de l'histoire des Hommes depuis les Origines... La guerre ordonne, fait et défait les frontières, trace les lignes de démarcation, les gomme, les remodèles, sans se soucier vraiment des hommes, seule compte la terre, ce morceau de territoire, d'accès à la mer... Sans se soucier des hommes.
Pourtant ce sont les hommes qui font, qui vont à la guerre, qui en reviennent ou pas. Mais peu importe il y en aura une autre, et encore une autre, toujours une autre, qui sera la dernière, qui sera pour qu'il n'y en ait plus d'autres jamais.
Et pourtant !
Alors pourquoi la Guerre ?
Freud a tenté d'y répondre dans la longue lettre qu'il a adressé à Einstein. Tenté. On peut toujours essayer. On peut toujours poser des hypothèses, voir le Mal qui est en chacun de nous se libérer et être légitimé pour raison d'état, se dire que nous restons coûte que coûte un être sauvage, une sorte de monstre, de Minotaure dont la mince couche de vernis a craqué... vite et bien, pour réveler la vraie nature, l'état de nature... Violence, haine, destruction, de-s-humanité.
Se qui se cache ne tient pas, ne tient qu'à un fil, celui de la vie ou de la mort, une bombe à retardement. Et si on se trompe de fil, elle explose...
Mais encore ? Mais toujours
Depuis plusieurs mois je m'intéresse à la guerre 14-18, cent ans déjà ! Cent ans et pourtant. Depuis ce temps j'essaie de comprendre le quotidien de ces hommes sur le Front, sur les champs de bataille, mais pas seulement, car la guerre n'épargne rien, elle est rapidement partout, et l'arrière s'efface pour laisser la place à une guerre totale, sans pitié. Il ne reste plus rien d'humain, d'humanité dans ce carnage, dans cette tragédie où tout n'est que ruines et ravages.
Pourtant ! Tout se mettait en place pour l'homme, son confort, son avenir, son plaisir. Le progrès, celui que la "civilisation" était sensée lui offrir, lui donner pour réduire la peine, le travail.
Profiter. Aspirer à une autre forme de bonheur que ce progrès devait apporter, apprécier la vie, les choses de la vie....
Pourtant ?
Encore pourtant.. Pour tant de progrès, d'avancée sur le chemin du bonheur, de la vie aisée, de la douceur de vivre. Pour tant ?
On dit souvent que cette maudite guerre est arrivée car tout avait été tenté en vain !
Qu'elle était la seule issue à un conflit qui rodait lui aussi, comme la mort toujours prête à sauter sur sa proie, comme si les hommes ne pouvaient jouir sans honte, sans peine et culpabilité du bonheur et de la paix qui l'accompagne ?
Comme s'il était nécessaire que la pulsion se décharge et libère la violence qu'elle n'en pouvait plus de contenir.
Contenir ce qui ne tient plus..
Mais la guerre se décide et contraint ceux qui ne l'ont pas décidé à être en première ligne, à donner, à gâcher leur vie qui ne leur appartient plus
Montre t-elle alors les limites ou les illusions de la liberté de l'être, de la singularité, du désir d'individualité et par là de la démocratie ?
Faisant ainsi du sujet libre le fragment d'un tout qui ne peut être que totalitaire. Un pour tous, mais jamais tous pour un.
Le un n'existe plus, mais a t-il seulement existé.. Illusion ? Encore
L'homme n'est plus, il devient in humain, il lui faut sortir de l'Humanité et du monde des hommes pour rejoindre les champs de bataille ?
Soldat de plomb et de larmes qui le plombe au fond des tranchées de l'horreur et de la boucherie, avançant à la mort sans savoir vraiment pourquoi ? Etre là ? Plutôt qu'ici ou ailleurs, sans l'avoir voulu, décider, obéir, servir, mourir, crever... !
"La guerre c'est moche", me dit un jour un étudiant... Oui, c'est toujours moche, il n'y rien de plus barbare. C'est l'esthétique de l'horreur, la fascination du Néant, la marche vers l'Enfer qui est sur terre, car la seule issue est d'en finir...
Vie, vies sacrifiées sur l'autel de la sauvagerie, de l'inhumanité, de l'hypocrisie des hommes qui ont la certitude de défendre un bout de terre qui leur appartient.
Illusion encore ! La guerre nous montre l'homme tel qu'il est, à l'âge de pierre, à l'âge des Origines, l'homme de la horde qui se donne des airs civilisés sous de beaux habits dorés en usant d'un langage châtié, comble de la perversion ...
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
vendredi 27 juin 2014
samedi 21 juin 2014
Détail
"Mot que le mal de la banalité a mis à l'index, qui ne peut plus être prononcé sans une certaine appréhension, dont la représentation n'est plus la même tant l'acception et le détournement infâme et odieux l'ont fait glisser de sens, l'ont précipité vers la nausée."
Telle en est à présent ma définition.
Encore un ! Mot, idée, phrase, concept... Banalisé, usé et abusé, mot violenté et violé.. Mot capturé, kidnappé et ajouté à une longue liste qui permet de mettre en mot une idéologie nauséabonde.
Mot qui implique une représentation douloureuse, manipulé et instrumentalisé à des fins haineuses, mauvaises, toxiques et perverses.
Dérapage ?... !
Mot de la langue perverti par les pulsions de mort de ces sujets qui n'ont que leur haine à offrir en partage, puis qui s'en expliquent et s'indignent : l'interlocuteur a encore une fois du "mal comprendre"..
Mal entendu, ce mal dit... ?
Sûrement pas, ne soyons pas dupes !
Ustensilisation des mots, des propos et des consciences. Grande Messe de la raillerie et de l'insulte, mal de la banalité encore une fois. Toute puissance et impunité assurées... Le discours se relâche et se lâche, ainsi l'escalade de l'intolérance est à son comble. La violence également. L'insécurité rode, tout comme le crime qu'elle permet et légitime.
Le lien social peut-il encore tenir bien longtemps devant un tel discours "identitaire" ? Ou celui ci ne serait qu'un détail ?... Lui aussi ? Curieux retournement de la situation ?
Oui, certains mots dans la bouche de certains sujets prennent un certain sens, une certaine couleur, une certaine odeur...
Ces mots dits ne me plaisent pas, tout comme la haine et le rejet de l'autre qu'ils génèrent. Incitation à la haine et à l'intolérance, ils sont le relais de l'emprise, et des pensées qui s'autorisent dans toutes les sphères de la société, politique, sportive, culturelle. Dans l'espace du sujet humain qui ne sait plus "vivre ensemble", qui ne veut plus vivre ensemble. Ils prennent origine dans le Mal pour se dissoudre dans le quotidien le plus banal, au détour d'une conversation, d'une plaisanterie ou d'un discours...
Mais voilà le mot est dit, lâché.. Avec ce qu'il sous entend et ce qu'il sous tend !
Mot jeté en pâture, jouez, alimentez, réjouissez vous ! Faites et fêtes en ce que bon vous semblera ! C'est à vous !
Le détail est un mot fort, qui prend tout son sens et toute sa puissance dans le discours dont il est lui même le détail. Elément de rhétorique il n'échappe pas à l'écoute, à l'ordre des mots et à leur sonorité, il résonne et donne le ton, il s'accorde ou pas, selon certains rythmes, certaines cadences. Il se scande et se chante, se marmonne ou se hurle, se crie ou se murmure, coule ou coince, se coince et se noue au fond de la gorge. Il sonne faux !
Surtout quand il marche au pas de l'oie...
Le détail est un mot qui à présent dérange, un mot dont le son à une certaine résonance, une certaine raisonance. Il appartient alors au registre trop familier du discours de l'intolérance. Celle de l'autre encore une fois. Minorant, minimisant, détail de l'histoire et histoire du détail qui se fond sur le fond et se tient sur fond de rhétorique mais usé et instrumentalisé de telle sorte que celui qui le dit lui donne ce sens qui sent le souffre et le diable qui lui insuffle.
Lors d'un dernier dérapage car l'euphémisme est à la mode, (d'usage fréquent en ces moments de troubles, de lien social distendu et tordu) certains s'insurgent et clament fort qu'on ne peut plus dire quoi que ce soit, user des mots sans que certains -qu'ils ne nomment pas mais désignent cependant- y voient ce qu'il ne faudrait pas y voir.
C'est donc qu'il y a quelque chose à y voir, un quelque chose qui ne serait pas beau à voir. Projection encore, perversion de la langue,des mots et du discours.
Perversion tout court !
On ne s'en sort, pas on nage dedans sans même savoir vraiment nager. On ploie sous le poids ! Faire de la victime un assassin, pratique courante chez le pervers qui se repait et jouit à n'en plus finir de lire dans le regard de celui qu'il provoque la stupeur, l'effroi et surtout l'incompréhension.
Ce discours est un détail, et la vie n'est qu'une somme de détails plus ou moins bien assemblés, une fournée de détails... Mots qui se tordent d'horreur, mais dont personne ou si peu osent en relever l'essence diabolique, malsaine et toxique.
L'histoire est une somme de détails, de génocides, de meurtres, de tragédies, de guerres, de tueries, de sang...Et d'horreur. L'homme est au coeur de son histoire, chaque jour est son oeuvre, il n'en tire aucune leçon, et n'en détaille aucune mesure.
Une transgression dont ils se délectent et jouissent. Etymologiquement transgresser est le fait de traverser, franchir, aller au delà des limites, au delà de l'interdit posé, nous en avons déjà souligné toute l'importance. C'est le franchissement de cette ligne jaune qui fait que le lien social encore une fois peut tenir. Mais peut-on en revenir ? Après ? Peut-il y avoir un après ? Ou bien ce pas en dehors du cadre est-il une mort ? Une mort non seulement du mot mais de la langue, celle qui fait corps ? Ce pas est-il une avancée vers ce Styx mystérieux dont on ne revient jamais ? Cet autre côté qui est peut-être ce côté le plus sombre de l'homme ? Du sujet qui se retrouve alors du côté d'avant l'Humanité, d'où il n'est vraiment jamais sorti ? Cette relation forte, cette tentation du Mal résidant peut-être dans cette résidence là, au fond de la Horde insécuritaire, mais identitaire ? Une Horde sauvage où tout peut être permis ? Sauf le remords et le regrets ?
Est-ce alors seulement un détail ?
Pour l'historien tout détail n'est pas rien, puisque l'histoire en est la Somme ce grand tout qui fait l'histoire des Hommes. Ce détail qui change tout, qui change le visage d'une vie ainsi que d'un monde. Ce détail qui fait que le monde d'après ne sera plus jamais comme avant...Ce qui en fait sa particularité, un détail de la langue... !
Un détail.
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
Telle en est à présent ma définition.
Encore un ! Mot, idée, phrase, concept... Banalisé, usé et abusé, mot violenté et violé.. Mot capturé, kidnappé et ajouté à une longue liste qui permet de mettre en mot une idéologie nauséabonde.
Mot qui implique une représentation douloureuse, manipulé et instrumentalisé à des fins haineuses, mauvaises, toxiques et perverses.
Dérapage ?... !
Mot de la langue perverti par les pulsions de mort de ces sujets qui n'ont que leur haine à offrir en partage, puis qui s'en expliquent et s'indignent : l'interlocuteur a encore une fois du "mal comprendre"..
Mal entendu, ce mal dit... ?
Sûrement pas, ne soyons pas dupes !
Ustensilisation des mots, des propos et des consciences. Grande Messe de la raillerie et de l'insulte, mal de la banalité encore une fois. Toute puissance et impunité assurées... Le discours se relâche et se lâche, ainsi l'escalade de l'intolérance est à son comble. La violence également. L'insécurité rode, tout comme le crime qu'elle permet et légitime.
Le lien social peut-il encore tenir bien longtemps devant un tel discours "identitaire" ? Ou celui ci ne serait qu'un détail ?... Lui aussi ? Curieux retournement de la situation ?
Oui, certains mots dans la bouche de certains sujets prennent un certain sens, une certaine couleur, une certaine odeur...
Ces mots dits ne me plaisent pas, tout comme la haine et le rejet de l'autre qu'ils génèrent. Incitation à la haine et à l'intolérance, ils sont le relais de l'emprise, et des pensées qui s'autorisent dans toutes les sphères de la société, politique, sportive, culturelle. Dans l'espace du sujet humain qui ne sait plus "vivre ensemble", qui ne veut plus vivre ensemble. Ils prennent origine dans le Mal pour se dissoudre dans le quotidien le plus banal, au détour d'une conversation, d'une plaisanterie ou d'un discours...
Mais voilà le mot est dit, lâché.. Avec ce qu'il sous entend et ce qu'il sous tend !
Mot jeté en pâture, jouez, alimentez, réjouissez vous ! Faites et fêtes en ce que bon vous semblera ! C'est à vous !
Le détail est un mot fort, qui prend tout son sens et toute sa puissance dans le discours dont il est lui même le détail. Elément de rhétorique il n'échappe pas à l'écoute, à l'ordre des mots et à leur sonorité, il résonne et donne le ton, il s'accorde ou pas, selon certains rythmes, certaines cadences. Il se scande et se chante, se marmonne ou se hurle, se crie ou se murmure, coule ou coince, se coince et se noue au fond de la gorge. Il sonne faux !
Surtout quand il marche au pas de l'oie...
Le détail est un mot qui à présent dérange, un mot dont le son à une certaine résonance, une certaine raisonance. Il appartient alors au registre trop familier du discours de l'intolérance. Celle de l'autre encore une fois. Minorant, minimisant, détail de l'histoire et histoire du détail qui se fond sur le fond et se tient sur fond de rhétorique mais usé et instrumentalisé de telle sorte que celui qui le dit lui donne ce sens qui sent le souffre et le diable qui lui insuffle.
Lors d'un dernier dérapage car l'euphémisme est à la mode, (d'usage fréquent en ces moments de troubles, de lien social distendu et tordu) certains s'insurgent et clament fort qu'on ne peut plus dire quoi que ce soit, user des mots sans que certains -qu'ils ne nomment pas mais désignent cependant- y voient ce qu'il ne faudrait pas y voir.
C'est donc qu'il y a quelque chose à y voir, un quelque chose qui ne serait pas beau à voir. Projection encore, perversion de la langue,des mots et du discours.
Perversion tout court !
On ne s'en sort, pas on nage dedans sans même savoir vraiment nager. On ploie sous le poids ! Faire de la victime un assassin, pratique courante chez le pervers qui se repait et jouit à n'en plus finir de lire dans le regard de celui qu'il provoque la stupeur, l'effroi et surtout l'incompréhension.
Ce discours est un détail, et la vie n'est qu'une somme de détails plus ou moins bien assemblés, une fournée de détails... Mots qui se tordent d'horreur, mais dont personne ou si peu osent en relever l'essence diabolique, malsaine et toxique.
L'histoire est une somme de détails, de génocides, de meurtres, de tragédies, de guerres, de tueries, de sang...Et d'horreur. L'homme est au coeur de son histoire, chaque jour est son oeuvre, il n'en tire aucune leçon, et n'en détaille aucune mesure.
Une transgression dont ils se délectent et jouissent. Etymologiquement transgresser est le fait de traverser, franchir, aller au delà des limites, au delà de l'interdit posé, nous en avons déjà souligné toute l'importance. C'est le franchissement de cette ligne jaune qui fait que le lien social encore une fois peut tenir. Mais peut-on en revenir ? Après ? Peut-il y avoir un après ? Ou bien ce pas en dehors du cadre est-il une mort ? Une mort non seulement du mot mais de la langue, celle qui fait corps ? Ce pas est-il une avancée vers ce Styx mystérieux dont on ne revient jamais ? Cet autre côté qui est peut-être ce côté le plus sombre de l'homme ? Du sujet qui se retrouve alors du côté d'avant l'Humanité, d'où il n'est vraiment jamais sorti ? Cette relation forte, cette tentation du Mal résidant peut-être dans cette résidence là, au fond de la Horde insécuritaire, mais identitaire ? Une Horde sauvage où tout peut être permis ? Sauf le remords et le regrets ?
Est-ce alors seulement un détail ?
Pour l'historien tout détail n'est pas rien, puisque l'histoire en est la Somme ce grand tout qui fait l'histoire des Hommes. Ce détail qui change tout, qui change le visage d'une vie ainsi que d'un monde. Ce détail qui fait que le monde d'après ne sera plus jamais comme avant...Ce qui en fait sa particularité, un détail de la langue... !
Un détail.
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
dimanche 15 juin 2014
Merci
Un simple petit mot : Merci, mais qui engage, qui noue, qui entretient le lien social.
Un de ces petits mots désuets qui fait sourire, parfois, qu'on oublie, souvent,mais qui pourtant est essentiel. Pour soi, pour l'autre, pour nous, pour tous.
"Bonjour, bonsoir, bonne journée, ça va ? S'il vous plait, merci.."
Simple comme bonjour et pourtant pour certains, pour beaucoup trop ça ne va pas de soi.
Alors pourquoi ?
Ce qu'on nomme pudiquement "compétences, habilités sociales" sont des règles de savoir vivre.
Savoir vivre : Encore une expression qu'il convient de décomposer, d'analyser, c'est pourtant simple encore une fois : Savoir vivre avec les autres, et avec soi même. Aussi, condition première peut-être.
Cela implique le respect ; du respect, pour les autres et pour soi, l'un n'allant pas sans l'autre non plus.
Ainsi va la vie, ainsi va le lien social qui fait que l'homme sorti de la Horde devient sujet humain, membre d'une communauté, d'une société. Qui fait des je le nous.
Alors merci ?
Il convient une fois encore de remonter aux sources, à l'origine et à l'histoire du mot, une expérience non seulement intéressante mais essentielle et indispensable si on veut comprendre la représentation de ces cinq lettres pour chacun d'entre nous.
Dire merci c'est s'acquitter de la dette, ne plus rien devoir, en rester là être quitte, ne pas être en compte, solde de tout compte.
Dire merci c'est reconnaitre l'autre, ce qu'il nous a donné, apporté, prêté et le lui dire.
Pourtant l'histoire de ce petit mot est bien loin de cette acception là, de cette représentation contemporaine. Etre à la merci... Etre soumis, être entièrement sous la dépendance de...
Etre... !
S'il est question de la dette, il n'est pas question qu'elle soit soldée, au contraire, car si ceux là sont en compte, il est loin d'être réglé. Il y a ce rapport de forces, cette inégalité qui ressort avec violence de ces cinq lettres là. "Merci". Ainsi corvéable à merci...Il n'y a rien à l'horizon qui puisse y mettre un terme bien au contraire, c'est une répétition, une mal édiction, on n'y peut rien
Pauvre peuple ! Corvéable à souhait, mais à la merci de qui ? Loi du plus fort ? De celui qui détient ce qui fait le pouvoir, pouvoir pris, ravi au plus faible ? Pour le dominer ? Et le réduire à merci, à sa merci.
Cette lutte est sans merci... Aussi, alors à quoi bon ?
Y aurait-il de cette résurgence, réminiscence sourde, trace indélébile de cette représentation du passé qui germe encore dans les coeurs, dans la mémoire de celui qui ne peut se résoudre à...
Ou bien simple oubli ?
Défaut d'éducation, perte des valeurs, des repères, du cadre, des limites, de la représentation, de la symbolisation, de la perte ?
Bien sûr il y a de ça, bien sûr il y a du manque, de l'absence de transmission, mais une fois encore que peut-on transmettre quand on n'a rien reçu ?
A quoi bon remercier... !
Il faut rappeler quand même avant de conclure que l'étymologie de ce joli petit mot signifie "salaire,récompense, solde" d'où le sens médiéval où son sens le plus fort était grâce et miséricorde (demander merci)...
A méditer donc, sans oublier de dire "merci".
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Un de ces petits mots désuets qui fait sourire, parfois, qu'on oublie, souvent,mais qui pourtant est essentiel. Pour soi, pour l'autre, pour nous, pour tous.
"Bonjour, bonsoir, bonne journée, ça va ? S'il vous plait, merci.."
Simple comme bonjour et pourtant pour certains, pour beaucoup trop ça ne va pas de soi.
Alors pourquoi ?
Ce qu'on nomme pudiquement "compétences, habilités sociales" sont des règles de savoir vivre.
Savoir vivre : Encore une expression qu'il convient de décomposer, d'analyser, c'est pourtant simple encore une fois : Savoir vivre avec les autres, et avec soi même. Aussi, condition première peut-être.
Cela implique le respect ; du respect, pour les autres et pour soi, l'un n'allant pas sans l'autre non plus.
Ainsi va la vie, ainsi va le lien social qui fait que l'homme sorti de la Horde devient sujet humain, membre d'une communauté, d'une société. Qui fait des je le nous.
Alors merci ?
Il convient une fois encore de remonter aux sources, à l'origine et à l'histoire du mot, une expérience non seulement intéressante mais essentielle et indispensable si on veut comprendre la représentation de ces cinq lettres pour chacun d'entre nous.
Dire merci c'est s'acquitter de la dette, ne plus rien devoir, en rester là être quitte, ne pas être en compte, solde de tout compte.
Dire merci c'est reconnaitre l'autre, ce qu'il nous a donné, apporté, prêté et le lui dire.
Pourtant l'histoire de ce petit mot est bien loin de cette acception là, de cette représentation contemporaine. Etre à la merci... Etre soumis, être entièrement sous la dépendance de...
Etre... !
S'il est question de la dette, il n'est pas question qu'elle soit soldée, au contraire, car si ceux là sont en compte, il est loin d'être réglé. Il y a ce rapport de forces, cette inégalité qui ressort avec violence de ces cinq lettres là. "Merci". Ainsi corvéable à merci...Il n'y a rien à l'horizon qui puisse y mettre un terme bien au contraire, c'est une répétition, une mal édiction, on n'y peut rien
Pauvre peuple ! Corvéable à souhait, mais à la merci de qui ? Loi du plus fort ? De celui qui détient ce qui fait le pouvoir, pouvoir pris, ravi au plus faible ? Pour le dominer ? Et le réduire à merci, à sa merci.
Cette lutte est sans merci... Aussi, alors à quoi bon ?
Y aurait-il de cette résurgence, réminiscence sourde, trace indélébile de cette représentation du passé qui germe encore dans les coeurs, dans la mémoire de celui qui ne peut se résoudre à...
Ou bien simple oubli ?
Défaut d'éducation, perte des valeurs, des repères, du cadre, des limites, de la représentation, de la symbolisation, de la perte ?
Bien sûr il y a de ça, bien sûr il y a du manque, de l'absence de transmission, mais une fois encore que peut-on transmettre quand on n'a rien reçu ?
A quoi bon remercier... !
Il faut rappeler quand même avant de conclure que l'étymologie de ce joli petit mot signifie "salaire,récompense, solde" d'où le sens médiéval où son sens le plus fort était grâce et miséricorde (demander merci)...
A méditer donc, sans oublier de dire "merci".
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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.
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Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.