Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

vendredi 18 novembre 2011

Tirer leçon

Tirer leçon

Je lisais la semaine dernière un article qui posait la question de savoir si tel représentant d'un peuple tirerait la leçon d'un événement particulier...
j'ai lu attentivement son énonciation, il ne proposait aucune réponse, il se demandait simplement...Si
Alors, à mon tour je me suis demandée ce que "tirer leçon" veut dire ?
Quel sens cela a t-il ? Est ce nécessaire de prendre leçon d'un fait, d'un événement, d'une situation...
D'en apprendre quelque chose pour soi, pour l'avenir.. D'apprendre !
Apprendre !
C'est ce mot qui importe...
Apprendre suppose un souhait, une motivation, une reconnaissance, celle de ne pas savoir, de ne pas tout savoir, de remettre en cause, en question son propre savoir, de le confronter au savoir de l'autre...
l'autre ! Encore lui !
Il est décidément partout cet autre !!!!
Le savoir de l'autre...
Admettre déjà l'autre, et dans la situation dont il était question, c'était bien de cet autre là, nié, gommé, haï, détesté, tué, annulé dont il était question !
Mais ne nous égarons pas encore que....
L'autre, quoi qu'on fasse est là, existe ! et c'est tant mieux. L'autre est celui qui fait de l'autre un sujet social et ainsi de suite; Se crée le lien social, la société, le monde... La vie
Les uns et les autres. Nous sommes tous l'autre de l'autre, l'autre de quelqu'un.
Admettre cela parait simpliste, simple et pourtant, c'est bien là où ça coince, vraiment, car penser à l'autre et surtout penser l'autre ne va pas de soi... Sinon ce serait en effet simplissime !
Penser l'autre, son existence, sa différence et sa singularité, nous en avons déjà parlé
Nous vivons entourés d'autres, nous en sommes les hôtes, en les recevant et en les visitant.
Maintenant que cet autre, fait partie de notre étant, et de notre pensée, il faut accepter son savoir, son autre savoir, son autre discours qui nous est donné à entendre, qu'il nous donne à entendre
Une histoire de communication ? Simplissime alors !
Nous savons tous que non, ces histoires là sont tordues, complexes, perverses.. parfois
Car si on entend l'autre, l'autre discours de l'autre, comment l'entend ton ?
Avec quelles oreilles ? Que mettons nous derrière ces mots, quelles intentions lui prêtons nous ? Et réciproquement !
Que veut-il de nous par ce discours
La langue de l'autre
L'autre qui prend langue, pour quoi ?
Que veut-il ? Que nous veut-il ?
C'est là que rien ne va vraiment plus, ou que ça va de travers, que les chemins de traverses s'entrecroisent et se méle
Pour entendre et comprendre il faut être deux qui parlent la même langue, qui ont les mêmes mots pour désigner les mêmes choses... Ou que l'un sait ce que l'autre veut dire avec ses mots qui n'ont pas le même sens que les siens.
Une sorte de compréhension mutuelle, la plus proche possible, la moins mauvaise possible
Le savoir de l'autre est à ce prix, et parfois hors de portée de notre portée et de la sienne...
Entendre l'autre, et remettre en question son propre savoir.
Se dire que peut-être le savoir de l'autre pose question ? Complète, affirme, infirme son propre savoir, qu'il vient s'y ajouter, que ce savoir là apporte quelque chose à notre savoir
Que le discours de l'autre apporte quelque chose à son propre discours...
Prendre langue..
Ainsi pour tirer leçon de quelque situation, de la réaction de l'autre, s'il faut le reconnaitre, s'il faut entrer dans son discours, ce qui n'est pas aisé, il faut et c'est là l'essentiel faire le constat qu'on ne sait pas tout, qu'il reste quelque chose à apprendre toujours, qu'il n'y a pas de vérité, que celle ci peut se remettre en jeu...

Aussi, parfois... Qu'il faut accepter, reconnaitre, tolérer et respecter. Que l'autre peut nous enseigner, nous aider à comprendre, à grandir, à devenir...
Accepter que l'autre peut-être à l'origine, au commencement de ce processus...
C'est d'ailleurs cet autre, étrange étranger qui fait le fondement de la société, qui joue le rôle de la filiation et de la transmission.
Freud lui même ne s'y était pas trompé dans sa grande fresque mythique où il explique comment l'homme accède à l'humanité.
En posant l'Interdit.
La métaphore de l'inceste...
L'interdit de l'inceste qui empêche l'individu de s'enfermer au sein même de son propre clan, l'obligeant à aller voir 'ailleurs" au dehors de ses frontières, de s'ouvrir au monde.
Il s'agit d'une invitation à l'altérité...!
L'autre... Encore
L'autre pour...
Ainsi, tirer leçon, nous apparait bien illusoire, si ce n'est que la métaphore, encore une, de la nécessité de devoir aller vers l'autre, de sortir de sa Horde, de son monde clos.. pour fonder le lien social...
Ailleurs...
Pour simplement accéder à l'humanité. Donc de s'inscrire dans la fonction du manque, ce manque qui façonne du désir..
.

dimanche 13 novembre 2011

Un jour pour se souvenir

J'ai écrit ce texte il y a plusieurs années, je l'ai mis en ligne le jour du 11 novembre sur ma page personnelle d'un réseau social. Il a suscité nombreux commentaires et multiples réflexions.
Que représente aujourd'hui le 11 novembre, pour nos enfants, pour ceux qui restent... Souvent un jour férié, pas tout à fait, les magasins, grandes surfaces sont ouvertes, les familles se promènent, font leurs courses, leur emplettes de Noël.. Déjà...
Que reste t-il alors de cette journée, de l'armistice, de la fin de la "Grande Guerre" ?
Dans les mémoires, les souvenirs.
Se souvenir, oui, mais de quoi ? De qui...
Une journée du souvenir, pour tous les soldats ? Ceux morts inutilement au nom de quoi ? Pour satisfaire toujours et encore les ambitions de quelques uns ?
Des soldats qui, il faut le souligner continuent de tomber au champ de l'horreur alors que notre pays n'est pas en guerre !
Mourir ! La mort d'un soldat compte t-elle ?
La mort d'une génération d'homme de chaque côté du Rhin a t-elle servie à quelque chose, l'homme est-il devenu plus sage ?
Nous avons tous la réponse singulière  à cette épineuse question. Qui suscite encore et encore de multiples questions...
La guerre ? La paix.
Mais pas l'oubli, la perte de la mémoire et du souvenir
.


11 novembre


C'est demain !
Je me demandais ce matin quel symbole pouvait encore représenter cette journée
Pour reprendre les termes des lycéens et collégiens : l'armistice de la guerre 14-18 et une journée d'école en moins !
Mais que représente justement cette journée fériée ?
Que veut-on commémorer, puisque ce mot est à la mode.La mémoire..
Dans ce cas tout ou presque serait à commémorer, et il y en a tant. Des grands événements, des grandes dates, à se souvenir, mais qu'on aimerait peut-être oublier. Car il n'y a pas toujours de quoi être fier, loin de là.
L'histoire de ce pays, n'est pas un long fleuve tranquille, elle ne permet à quiconque de donner des leçons...
Mais revenons à ce 11 novembre. Sans poilus.. Le dernier est mort l'an passé !
Il n'y a plus de témoin. Plus personne pour dire et raconter, à quel point ces massacres, ces boucheries ont été stupides et inutiles.
Cette guerre fut meutrière, nul besoin de le rappeler. je me souviens de ces cérémonies lorsque j'étais enfant, dans mon petit village des Ardennes, nous étions tous, sages écoliers devant le Monument aux morts, avec notre institutrice, je lisais la liste des noms sur cette sinistre bâtisse : Il y avait tous ceux de mes camarades de classe. Chaque famille avait payé son tribu, un fils, un mari, un oncle, un père, un frère...Sans compter les ravages, les maisons brulées, les terres dévastés, la maladie, la faim, les violences.
Comme s'il fallait offrir des hommes, pour tuer d'autres hommes afin de satisfaire la folie d'autres hommes !
Lourd tribu pour un inutile sacrifice !
Le dieu de la Guerre n'est pas apaisé pour autant, car il recommence à réclamer, encore et encore, sous d'autres formes. Sans rien comprendre, sans tirer de leçon, d'expérience de ses pères, et pairs.
A quoi bon commémorer alors ?
Se souvenir pour recommencer pire encore ?
Serait-ce alors le symbole de la violence, de la folie et de la barbarie des hommes ?

samedi 5 novembre 2011

Rencontre ?

La rencontre de l'autre ?
Comment rencontrer l'autre, aller au devant de cet autre là, si justement cet autre, il ne nous voit pas !
Une rencontre suppose d'être deux au moins....
Aller au devant, accueillir, aller vers..

Il y a me semble t-il des rencontres impossibles ou qui se passent mal, qui ne se passent pas bien du tout !
Pourquoi ? Mais pourquoi ces être là, ces autres là n'arrivent-ils pas à se rencontrer, à se dire, à échanger, à partager, à être deux, au moins....

Aller à la rencontre, aller, marque le mouvement, quitter, renoncer à, pour aller vers
Quitter, laisser.. Tendre vers cet autre, qui se découvre aussi être, un être étant.
Etre un inconnu, un être étrange, un être étranger.

Ne plus être dans la position statique, dans l'attente, spectateur, mais devenir acteur, poser cet acte là, décider de ..

C'est essentiel de comprendre çà, de voir, de sentir ce mouvement là, à l'origine du désir, de la volonté de la rencontre.
De percevoir ce rythme.
Ce balancement...

Mais.... ?

Encore faut-il que cette volonté soit réciproque, que l'autre en question ait lui aussi ce désir, cette volonté, cette envie
Oui, dans cette histoire il faut être deux !
Il faut aussi accepter que cet autre, là, pas si loin, en face de, près de, est différent, savoir et accepter qu'il est singulier, qu' il ne parle pas toujours le même langage, la même langue.

La différence ! Et/est de taille parfois !
Admettre l'autre dans sa singularité, ans sa dimension autre : ne pas la nier, la dénier, la critiquer, la maudire, la haïr !

Ne pas vouloir effacer cet autre là en le privant de ce qui fait sa différence, son altérité, ne pas vouloir qu'il soit autrement qu'il est.
Etant donné que la différence est autre, et effraie...
Nier est infiniment aisé et peut être confortable, rassurant aussi
Mais cet autre, dont certains disent que c'est l'enfer, est là...
L'ignorer ne peut durer

Mais voilà ! Accueillir ne signifie pas non plus tout permettre, renoncer à tout, afin de satisfaire cet autre, pour qu'il se sente chez lui dans cet ailleurs !

Un ailleurs inconnu, accueillant certes, mais pas tout !

Pas tout ! C'est justement sur ce Pas tout que la rencontre coince, cloche !
Car souvent il faut tout, à l'un et à l'autre.
Que l'ici devienne l'ailleurs, que l'ici se superpose, puis s'efface pour devenir et être, naitre et n'être plus que l'ailleurs...

Cet autre qui demande à être accueilli exige aussi parfois de son hôte qu'il renonce à sa singularité !
Alors ça grince !

Offrir l'hospitalité ne veut pas dire renoncer à sa propre langue, à sa propre essence, cela témoigne d'une ouverture, d'une générosité aussi parfois, d'intelligence toujours !
Les rencontres sont le fondement de toute société, de tout lien social

Accepter cette hospitalité là à aussi un sens... C'est aller vers l'autre, prendre ou saisir la main tendue...
Offrir en partage et en retour !
Comprendre et partager, et ne pas imposer.
Il y a des rencontres impossibles tout simplement parce que l'un refuse de voir l'autre, de le reconnaitre et de l'accepter
Parce que l'un des deux veut tout le gâteau, ne rien partager et ne veut même pas laisser de miettes
Il est dans la haine de l'autre en qui il voit son double mortifère ! L'autre devient le réceptacle de sa haine, de sa propre souffrance qu'il ne peut évacuer autrement !
L'autre n'existe pas en tant que tel ! Il n'est qu'en n'étant cela....
Et rien ne va plus !
Puisqu'on veut bien être accueilli, sans vouloir de l'autre...
en tant qu'autre. Singulier, sujet.
En tant qu'alter égo.
L'autre alors n'a pas de sens, on lui a dénié jusqu'à son existence, son essence. Autre devient synonyme de vide, et non plus de vie, un vide qu'il faut remplir de soi...
C'est une notion qu'il ne peut ni symboliser, ni conceptualiser ! Et encore moins élaborer !
Cet autre, dans le déni n'envisage pas pour aller au devant de celui qui lui tend la main d'apprendre ne serait-ce que les rudiments de sa langue, de son histoire afin de le comprendre ! De le respecter ! Et de le reconnaitre !

Car c'est bien de reconnaissance qu'il sagit !


De connaissance, de soi, d'acceptation de soir aussi, d'abord afin de faire le pas..
D'avancer pour aller vers cet autre qui tend la main...

Il reste pour certains un long chemin à faire....
Un très long chemin...
Un impossible chemin peut-être ?
Une impossible rencontre Alors !


lundi 31 octobre 2011

Thérapeute : Un métier

Etre ou devenir thérapeute, psychanalyste, psychothérapeute
Etre ou devenir
Devenir pour être ?
Mais est-on ? Devient-on ?

J'ai longuement hésité : Comment intituler cet article. Thérapeute, j'ai choisi ce mot, en souvenir peut-être d'un de mes enseignants à l'université qui nous disait 

"psychothérapeute ne veut rien dire, ce serait réduire notre champ d'action"
J'ai souvent médité cette phrase, et au fil du temps au fur et à mesure de ma pratique, l'ai presque faite mienne. Mais il savait de quoi il parlait ce Professeur, il nous enseignait, mais surtout recevait des patients et soignait la "folie" depuis tant d'années...

Mais ce n'est pas là l'objet. Pas tout à fait, encore que !
Etre ou devenir. Etre et devenir
Devenir pour étant, sûrement, plus sûrement peut-être.
Rien ne m'agace davantage que le mot "psy" employé lui aussi à toutes les sauces, formant à lui tout seul une nébuleuse obscure qui s'enfonce dans les brumes et les ténèbres d'un nouage artificiel.

Etre psy. Rêve ou/et fantasme de tant et tant de gens.
Pourquoi donc ?
"J'ai vu que tu faisais psy, ça me tente bien, finalement ça a l'air d'être cool"

Il y a certains métiers comme ça, curieusement, peu de personnes fantasme sur le désir de devenir maçon, plombier, électricien, femme de ménage, caissière
....
Mais psy, oui, comme le disent les ados "ça le fait" !

Nombres de personnes en rêvent, comme d'un second métier, souvent, parfois, parce qu'ils pensent s'être fourvoyés dans la grande ville à courir partout pour nourrir leur famille, gagner de l'argent en menant une vie de fou.
Ils ont "pris conscience" et veulent tout changer, partir sur et vers une autre voix, écouter leur voie interieure...

Alors ils se tournent vers la psy, la thérapie, ou plus exactement le plus souvent vers des thérapies "new age" pour reprendre encore les termes de mon vieux professeur.
Emerveillés par toutes ces pratiques de décryptage des gestes, des rêves, passant par l'astrologie, l'atro analyse, la morpho psycho truc,  la numérologie, le tirage de cartes spéciales, la relaxation,la méditation (au nom orientalisant), la zénitude quelconque, la sophro machin chose, les mouvements oculaires... Bref, la liste est trop longue... je vais m'arrèter là.
Mais en ouvrant des magazines ou en cliquant sur le net, nous avons l'embarras du choix !

Séduits par ces techniques prometteuses et promettant un mieux être, une belle vie,plus de soucis, certifiant éradiquer le symptôme qui vous bouffe la vie, elles attirent tous ceux en mal d'être et d'aise, se disant que finalement ils pourraient se donner une seconde chance !
Pourquoi pas ?

Mais voilà, on ne s'improvise pas thérapeute, il ne s'agit pas d'un jeu
"On dirait que je suis le psy et toi le patient"
Non, il ne s'agit pas de cela. Il a soi certes mais il y a l'autre surtout, celui qui s'adresse... Qui souffre et qui vient à la rencontre de cet autre là supposé savoir quelque chose de sa souffrance.
Qui s'en remet à lui.
Et ce n'est pas rien !

On ne s'improvise pas celui là...
Et puis encore...!
On n'a pas cette envie comme ça tout simplement parce que la vie actuelle ne va pas, ne convient plus, fait souffrir, parce que la vie fait souffrir et que la simple pensée de changer, de prendre un autre chemin, de mettre une autre chemise va "arranger les choses"

Va soulager ce '"quelque chose qui cloche chez moi" pour aller au devant de ce qui coince chez l'autre..
,

Ce qui coince, justement, c'est ça, c'est ce désir, c'est ce désir là. Ce désir de faire de la psy...
De la "psy"!

La psy... Un univers impitoyable, où celui qui n'est pas passé sur le divan ou au minimun sur une chaise, face à un vrai thérapeute risque de ne pas s'en remettre :
Une posture qui n'accepte pas l'imposture !
Une imposture qui fait mal !
Mais ne s'agit-il pas du désir du sujet, de celui qui s'autorise de lui même ?

Ce désir de "seconde vie" légitime ne se fait pas, ne se met pas non plus en acte n'importe comment....
Si devenir thérapeute est un métier, c'est aussi le fruit d'un désir. Celui de ce sujet justement....

Si la thérapie, les théories, la clinique, la psychiatrie, s'apprennent sur les bancs de l'université et dans les livres, elles se frottent aussi à la pratique, aux stages que nous effectuons dans les "lieux de la folie" de la souffrance, auprès d'autres professionnels qui nous enseignent et nous transmettre le "savoir"  à leur manière.

Apprendre, travailler, tout le temps car il faut le savoir, nous n'en n'avons jamais fini avec cette "théorie" (avec la "pratique" non plus) cette matière du savoir. Jamais !
Tout le temps il nous faut lire, participer à des conférences, écouter, écrire, travailler encore et encore, se confronter à la réalité sociale, politique, économique, philosophique, être un acteur du lien social...
Réflechir et adapter, s'adapter, comprendre.
Etre en perpétuel mouvement, toujours !
L'oeil, les oreilles, les sens en alerte....
Aussi !
Mais cela est bien loin d'être suffisant....
Il y a l'essentiel !
Ce long travail engagé qui nous permet d'articuler le savoir, l'être, et le devenir.
Ce long travail, (les analysants qui me lisent savent...) sur soi, cette analyse qui se décline souvent en plusieurs tranches, couches, interminable, finie et infinie à la fois... Qui nous emmène et nous emporte vers les chemins de notre histoire, pour comprendre. Comprendre qui ont est, mais aussi pourquoi on est. Etre ! Pour devenir Etre. Je suis...
Un long chemin, difficile, semé d'embûches, de pièges, de bonheurs, de larmes, de joies, de chagrins, de colères, de peines, de regrets, de soulagements...
Qui vaut le coût et le coup... Pour devenir soi..
Pour être soi, étant devenir...
Alors... ?
On ne devient pas forcément thérapeute.. Psychanalyste, psychothérapeute...
En tous cas on ne se sent pas psy.. Seulement...
On réalise le peu de sens et l'absurdité de ces trois lettres !
Non devenir thérapeute ne se décide pas sur un coup de tête, de dés... Parce que simplement on a envie de changer de vie ! Parce qu'on veut faire autre chose. Parce qu'on a participé à un stage de machin chose et que finalement c'est pas si mal, parce qu'on a envie d'aider les gens, de faire le bien autour de soi.
Parce que ça flatte son égo..
Parce que....
C'est, je dirai plus compliqué que ça.. Du moins je crois !

mercredi 19 octobre 2011

1941


Le compteur s'est arrêté, enfin !
Enfin
1941...

Vous, lecteurs qui venez ici, vous aviez remarqué sûrement ce compteur, dans la marge...Discret, certes, mais présent
Dérangeant...
Parce que....
Certains d'entre vous m'en ont parlé.. m'ont demandé..
Ce compteur ?

Ce compteur du temps qui passe, du temps passé !
Ce compteur qui chaque jour enregistrait un chiffre supplémentaire

... without Gilad !

1941 jours...

1941 jours sans toi....


C'est long, incroyablement long, affreusement long, insoutenable !
Tous ces jours sans savoir, où tu étais, tous ces jours à savoir que tu souffrais... Loin de chez toi, loin des tiens
Sans savoir !
Sans savoir si tu vivrai, si tu reverrai la lumière du jour, les tiens et ta Terre !

1941 jours seul, ce n'est pas humain !
Personne ne peut infliger cela à personne !
Pourtant !
1941 jours de supplice, de tortures, de misères et de douleurs
Pour toi, pour ta mère, pour ton père, ton frère, ta soeur, ton grand'père
Pour nous...

Aucune mère ne pouvait rester insensible aucun père, aucun être humain !

Enfin...!

Tu es là..
Gilad tu es là, de retour !

Tu es enfin de retour parmi les tiens, tu as retrouvé sa famille, ta Terre, ta maison, les tiens. Et j'en suis heureuse !
Infiniment heureuse, j'ai tant et tant souhaité, espéré ce moment.

Je suis heureuse que ce compteur ait disparu, ne soit plus ici. Enfin...

Il l'a été car nous nous devions de ne pas t'oublier
Nous nous devions, je me devais, ne pas te rayer de la liste des vivants.
Je me devais de rappeler au passant qui passe, que les jours passés l'étaient sans toi. L'étaient loin de toi...

C'est pourquoi ce compteur était là !
Pour conter ton absence, ton manque...
Pour dire aussi ta présence, dans nos coeurs, ta présence tout simplement !
Gilad !

Il en était de mon devoir, de mon devoir d'être humain !

Ceux qui me connaissent savent à quel point pour moi c'était important !
Vital !

Pas un seul jour sans penser à toi, à ta mère, à ta famille, pas un jour sans prière, sans espoir, sans t' envoyer l'énergie et la force pour tenir bon, pour tenir.
Des jours à essayer de ne pas penser, à essayer de ne pas imaginer ta détresse, ton désespoir, ta solitude, ta douleur et celle des tiens.

Des larmes... De la peine...Mais de l'espoir ! Une rage de vaincre, de vivre et de transmettre tout ça pour que tu sois enfin là !

Pas un jour sans tout ça, peur, peine, chagrin et colère de ses jours qu'on te volait, de ta jeunesse qu'on t'arrachait !
Pour rien !

Nous n'avons jamais cessé de penser et d'espèrer !

Nous t'attendions, tu es devenu pendant tous ces jours, notre enfant, notre fils, notre frère
Nous attendions ton retour..
Car nous savions que ce jour arriverait ! Jamais nous n'avons perdu l'espoir, c'est notre force !
Ce compteur servait à cela aussi...
Ce compteur servait à dire...
A dire au monde entier que tu étais là, que tu étais vivant !
Dire pour qu'ils ne t'oublient pas
Car l'oubli c'est pire que la mort !
C'est un assassinat sournois, une mort lente...

Et de celà, nous ne voulions pas !
Ce compteur était là pour ça
Pour intriguer,
Pour déranger,
Pour questionner, 

Pour interpeller...

Pour nous dire...
Dire que dire c'est vivre aussi, que nommer c'est faire vivre...
Prononcer ton nom, pour ne pas l'oublier
Dire ton nom...Gilad Shalit...
Ne pas le laisser sombrer dans l'oubli.

Hier, comme beaucoup j'ai regardé les images, écouté,ce "direct différé", attendant enfin ce moment...Le vivant dans ma chair et dans mon coeur

Une si longue attente !
Hier j'ai pleuré, des larmes de joie et de peine aussi pour ceux qui ne sont pas encore rentrés, pour ceux qui souffrent encore...

Je, nous ne les oublions pas...

Il en va de notre humanité. Nul n'a le droit de souffrir, d'être privé de sa liberté, de se faire voler sa vie !
Nul ne peut être l'otage de la haine, de la bétise, de la violence...
Nul ne peut obliger l'autre à vivre ça...


 un message personnel et pour vous remercier aussi, vous, qui passiez par là...
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Nota bene

Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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