Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

lundi 26 mai 2008

Der Die Das

C'est une question de genres
Il y en a deux en français, le masculin et le féminin :Le ou La
Trois en allemand et en anglais pour les principales, féminin et masculin, plus un : le neutre.
Quid du troisième... Le it, le das..Le neutre
En français le neutre n'existe pas...
Le neutre ?
Celui qui n'est ni masculin, ni féminin... Le neutre, entre les deux, ni l'un ni l'autre, ou un peu l'un et un peu l'autre, un peu des deux..
Neutre, neutralité ?
Qui est entre les deux...
Qui ne prend pas parti, qui n'entre pas dans les conflits. On parle d'un état neutre, d'une couleur neutre, d'un corps neutre en chimie pour désigner un corps formé par la combinaison d'un acide et d'une base dont certaines propriétés s'annulent réciproquement... Neutre donc !
De certaines fleurs qui ne contiennent ni étamine ni pistil, d'insectes n'ayant pas de sexe..
Neutre donc...
Ni féminin, ni masculin...Rien des deux ?
De la neutralité soit disant, et qui se le doit "bienveillante" du psychanalyste, qui n'intervient ni n'interfére dans le récit, dans le discours, dans la parole, dans la vie de son analysé, analysant...


Revenons un peu à ce trait grammatical répartissant les classes, les catégories, déterminant le sexe des choses, males ou femelles, filles ou garçon, le ou la..
Pourtant paradoxalement le genre ne représente pas grammaticalement le sexe, si on s'attarde un peu sur l'allemand, nous sommes forcés de constater que si die Frau, est bien féminin, Mädchen et Fraulein sont neutres..Pourtant, il est toujours question de désigner des êtres de sexe féminin, une fillette et une Mademoiselle...
Neutres ?
L'anglais réserve ce genre pour les objets inanimés...
le latin et le grec aussi comportaient un neutre, le fameux templum de nos déclinaisons par exemple..
Qu'est-il devenu dans notre langue, englouti... Dévoré...Happé..

Pas de neutre, ni de neutralité ?
Ni dans la langue, ni ailleurs.
Les choses, personnes, objets, sentiments, sont filles ou garçon. Le ou La. Pas d'alternative.
Pas d'intergenre. Pas de transgenre.
Forcément masculin et féminin...
Alors pourquoi le neutre, pourquoi pas le neutre ?
Une dualité, donc ! Pas une certaine dualité, mais une dualité forcément. Une pensée dichotomique en la matière. Ainsi tout est masculin ou féminin. Il n'y a aucune autre possibilité. Simplissime. Aucune faille entre les deux. Aucune faille grammaticale, lexicale, aucun vide qui pourrait être comblé, ou quelqu'autre possibilité pourrait éventuellement s'engouffrer.
Pas de neutralité de ce côté là, il faut se déclarer. Comme on se déclare, ou comme on est déclaré à l'état civil. Le choix est simple. Féminin, masculin
Deux cases dont l'une à cocher !
Simplissime.
Rassurant aussi. Certains sociologues ont proposé pourtant une alternative, une possibilité autre que le sexe male ou femelle, en y opposant le neutre justement. Ils semblent n'avoir reçu que peu d'écho...
Tout n'est pas aussi simple. Ultra simple, pour ne pas dire simpliste..

Seuls les anges n'ont pas de sexe ! Et encore..
Asexués ? Privés de. Privé de l'un et privé de l'autre. Sans l'un et sans l'autre. Ni l'un ni l'autre
Comme pour se rassurer, mais de quoi ? De qui ?
Le sexe des anges ?
No sexe ou intersexe..
Quid ce cet intersexualité ? Qui est, mais qui semble niée
"Je ne suis ni homme ni femme, un peu des deux peut-être, cela dépend des moments"... Me dit un ou une patiente encombré (e) d'un sexe qu'elle ne reconnaissait pas, qui ne lui convenait pas, et qui ne la ou le représentait pas.. ? Le, la ? Je ne sais, elle ou il non plus, alternant plusieurs prénoms selon le moment, et qui un jour opte "pour un prénom neutre... c'est féminin et masculin, féminin ou masculin"
Neutre ! Encore
Un peu des deux, l'un ou l'autre, sans que le choix puisse se faire, ou être fait.. Ce choix ? Mais quel choix ? Au petit bonheur de l'autre ? Qui ne saura ? Et qui ne verra ?
Quid du neutre donc ? De l'inter sexe ? De l'inter genre ?
De celui ou celle qui n'est pas tout à fait ce que l'on croit, ou ce qu'il ou elle croit, ce que l'autre croit.
De ce sexe indeterminé, mais qui pourtant se doit de l'être. Il n'est pas question qu'il ne le soit pas, et pourtant !
On n'en parle pas, ou peu, et pas partout...Cela semble invraissemblable, impossible...In imaginable, ne pouvant ni se représenter, ni se mettre en mots...
La neutralité donc. Qui ne peut s'exprimer, ni par un article défini, car celui ci ne définit que ce qui est par définition défini, et la neutralité semble ne pas l'être... Ni par un pronom mis à la place du nom, puisque le nom est lui même défini par l'article qui le précéde et qui invariablement en donne le sexe. L'identité sexué
Le sujet ne peut donc être neutre...Il n'y aurait pas grammaticalement parlant de singularité neutre, ni de subjectivité neutre...
Alors comment traduire, exprimer cette singularité là ? Cette singulière singularité qu'exprime le sujet "neutre" ?
Est ce un moyen, une solution, convenable, correcte, grammaticalement, syntaxiquement, lexicalement pour ne pas voir ce qui pourtant est montré quand même à voir.
Pourquoi la langue refuse t-elle cette rencontre là ? Une singulière rencontre que celle là.. Pas prévue cependant par les gardiens du temple

Templum, templum templum
Déclinons en toute liberté.
Mais quid de cette liberté là ?

samedi 24 mai 2008

Héritage et transmission

Cette question semble fondamentale...
Il ne s'agit pas de "Quoi transmettre ?"
Mais plutôt "Comment transmettre ?"
Le quoi, cela s'entend constitue le patrimoine, les biens si chèrement (oh combien) acquis et pas toujours à la sueur de son front...

Il s'agit donc essentiellement de "comment transmettre ses biens matériels à ses enfants, ou petits enfants, le plus facilement possible et surtout de la manière la moins couteuse possible...."

Notaires et juristes rivalisent d'astuces toujours juriquement correctes, écrivent moults ouvrages afin que cette transmission là puisse se faire dans les meilleures conditions, tout en prenant au passage une commission (mais cela vaut bien le conseil, et le conseil vaut bien gratification, tout travail méritant salaire).

Héritage ? Transmission ? Transmission de cet héritage !

Quid de cette transmission là ?
Quel cadeau ? Véritable cadeau ou cadeau empoisonné, de ceux dont on ne sait quoi faire, qu'on remise par devers soi, et qu'on ressort à l'occasion ?
Quel fardeau ? Quel boulet ?
Pourquoi cet acharnement à vouloir à tout prix léguer, transmettre un peu ou beaucoup de soi, de ce qu'on a amassé, gagné tout au long de sa vie, et qu'on ne pourra garder puisque mort, on n'emporte rien dans l'au delà. Qu'il faut tout quitter.
C'est ainsi. L'homme n'est finalement que peu de chose, il quitte, seul ses biens lui survivent...Son souvenir ? Son empreinte ? Trace de son passage ici bas ?

Donc, ainsi on peut se convaincre qu' on ne quitte pas tout à fait, puisque ce qu'on laisse, survivra, restera, sans nous... restera au delà de nous. Un peu de nous...Alors !
Un zeste de soi, vaut bien un petit geste, envers le survivant. Qui on l'espère transmettra encore et encore. Au delà de son nom, de ses gènes !
Quel ambition, mais surtout quelle vanité !
L'homme est ainsi fait, et ainsi encouragé.

Alors le transmettre...Pour que ce ne soit pas perdu ?
La perte, le vide....Crainte, angoisse, peur de cet inconnu, vaste désert inutile que l'on s'oblige à ignorer, à dénier.
Transmettre... Mettre au delà :Trans.... que cela traverse
Transgénérationnel...
Pour laisser un peu de soi, encore un peu, le reste, qui reste.
Le reste pour penser un peu à celui qui part, qui est parti, qui manque peut-être et qui comble ce manque, ce vide par "un petit quelque chose....Pas grand chose...De l'argent...Une maison....Des terres...Des titres....De l'argent....Des comptes en banque..Des entreprises,"
Le reste qui comble le vide, le rempli et empêche l'oubli

Et celui qui reste d'affirmer encore sa puissance, la puissance de l'amour de celui qui est partit pour celui ou ceux qui restent, en transmettant, un peu, beaucoup, passionnément...Ou pas du tout..
Un peu, beaucoup, à l'un, passionnément à l'autre, ou pas du tout !
Et que faire ce beaucoup, de ce un peu, et de ce pas du tout !
Cadeau... Cas d'eau ? Mais de quel eau trouble s'agit-il ?
Où s'agite t-il ? Sans peut-être savoir nager... Ou surnager, nager sur, surfer, sombrer...
Comment nager surnager et ne pas se noyer, pour récupérer à bout de bras ces cadeaux qui sont si souvent empoisonnés

Transmission donc ?
Quelle signification lui donner
Que craint donc celui qui transmet ce lourd et encombrant fardeau
Que son fils, ou sa descendance ne sont pas capables d'en faire autant, qu'il manque ou manquera ?
A t-il si peu confiance en celui ci ?
A t-il peu confiance en ce qu'il lui a transmis de son vivant ? A travers l'éducation, l'amour, la tendresse, l'affection qu'il lui aura ou aurait donné ?
Crainte encore pour l'avenir, et un avenir sans soi, "Après moi le déluge" n'aurait donc plus court ou cours dans cette logique là..
Car il s'agit bien de l'après moi. Après moi, il ne pourra que rester quelque chose, de mon passage...
La trace, on y revient, l'empreinte, le fossile... Le reste dans l'archéologie des souvenirs, des mémoires. L'image s'estompe, mais la pierre reste, fait qu'on se rappelle, qu'on s'incruste, dans les mémoires, dans les souvenirs, dans la vie, dans l'espoir et dans l'avenir de l'autre
Un autre qu'on dit aimer, mais dont on se méfie, quand même un peu, dont on n'est pas sûr de la réussite, alors un petit coup de pouce pour l'encourager n'est pas un mal
Un mal ? Quel mal y a t-il à léguer ses biens
Ses biens, le soi encore, l'être et l'avoir
Peut on croire qu'au bout de toute une vie, nous n'avons pas encore su faire la différence ? Que nous n'avons pas compris le paradoxe de ces deux auxilliaires ? De ces deux instruments de la langue qu'on s'amuse à ustensiliser au cours de la parole mais qui en réalité nous jouent bien des tours pendables : Qui sommes nous ? Et qu'avons nous ?
Nous ne sommes rien et n'avons rien, répondra le sage ?
Mais combien d'années ou combien de vie pour arriver à une telle ascèse morale, intellectuelle et spirituelle ?
Alors nous continuons de transmettre, non contents de transmettre nos tares, nos maladies, nos idioties, nos croyances les plus folles, nos secrets de familles, nous léguons nos biens à nos enfants qui fort heureusement pour certains ne savent qu'en faire !
Et s'en défont. Et s'en dé-font, ainsi font font font les petites marionnettes,

Ainsi font font font trois petits tours et puis s'en vont......

mercredi 21 mai 2008

Intrusion

La Birmanie, le droit d'ingérence, l'intervention, l'aide internationale, les condamnations, le refus de cette aide..... Et tant d'autres choses encore !
Doit-on ? Ne doit-on pas ?
De quel droit ? De celui du plus fort ? De celui qui sait ?
Mais qui sait quoi ? Ce qui est bien ou pas ?
Cette question est en effet fondamentale, elle fait actuellement couler beaucoup d'encre. Une partie de la population mondiale assiste impuissante à la mort lente de quelques milliers d'individus. Ce n'est pas nouveau, cela fait des siècles et des siècles !
On voit la mort, pas vraiment en vrai, sur le petit écran, mais où est la différence entre la vraie mort et la fiction.. Celle où les figurants se relèvent ?


Curieusement, on s'indige de l'attitude des gouvernants, des responsables, des politiques, des militaires qui dirigent ce pays. Qui se sont proclamés responsables, qui s'en sont autorisés d'eux mêmes. Qui ne sont pas dignes, pas forcément convenables, conformes...A une certaine idée de la démocratie ?


Curieusement, je n'entends et ne lis que peu de compassion, d'empathie pour ces hommes, ces femmes et ces enfants qui meurent à petit feu.

Mourir encore ! Quelle fatigue de voir et de voir encore la mort, défiler sous nos yeux.. N'aurait-on rien d'autre à nous montrer ?
Mais c'est loin, il y a la distance, la distance en Km, mais la distance psychologique aussi, comme dit le bon sens commun, loin du coeur....


Le problème essentiel se résume au droit d'ingérence. Doit on imposer l'aide à ce pays dont les gouvernants n'en veulent pas.
Curieux paradoxe que celui là.... Aider, contre, donner, alors que l'autre ne veut pas. Imposer une aide.
Comment le peut-on ?
Au nom de qui ? De quoi ? Du droit de qui ? Du droit de quoi ?
Je ne rentrerai pas au fond du problème, savoir s'il existe ou non, mais je crois que c'est le cas, une clause spéciale autorisant l'ONU à intervenir quand une population est en souffrance.
On pourrait reposer les mêmes questions quant au fondement de cette clause, de cette loi, de l'ONU.
Il s'agit ici de l'autre. Ce qui signifie d'abord reconnaitre, et admettre cette notion d'altérité. De différence, d'autre autre.


Oui, une population est en souffrance, elle est en danger, elle est maltraitée... Nous sommes devant le schéma de la victime et de son agresseur. Seulement dans ce cas précis, il n'y a pas une victime, mais des victimes et des agresseurs
Des responsables qui eux estiment que c'est bien de ne pas intervenir, qu'ils n'ont pas besoin de l'aide d'autres pays. D'une aide qui se veut humanitaire !



Qu'ils se suffisent à eux mêmes, s'auto suffisent, comme ils se sont auto proclamés, qu'ils savent ce qui est bien, du moins qui ont décidé de ce qui était bien. Si toutefois cette notion a un sens, existe...Signifiant ? Signifié ?



La Russie de Poutine a réagi de même lors du drame du Koursk, laissant mourir des hommes au fond de l'océan, afin que l'occident ne contemple et ne ne mesure l'ampleur de leur manque, de leur retard... ne se mèle pas de leurs affaires, militaires en l'occurence; L'intime de l'Etat.
Pénétrer dans ces domaines n'était pas imaginable, représentable,
Ces domaines là sont réputés inviolables et doivent le rester... Rien ne doit transparaitre, déborder, laisser deviner, laisser suggérer....

En est-il de même ici ?
Que cache t-on ? Que ne veut-on pas qui soit vu ? Que ne veut-on pas montrer à voir ? Et pourquoi ?
Pourquoi, cacher, taire...
Pourquoi ne doit on pas voir ? Sinon quel danger courons nous, ou plutôt quel danger court éventuellement l'autre
Qui en laissant voir, ou entrevoir, deviner, ouvre alors une faille où l'ennemi, l'autre pourrait s'engouffrer
Est ce là, la crainte de la faille est cepour elle qu'il ne faut pas faillir, ne pas faillir et sacrifier des vies, qui vont payer ce prix.
Cette faille, ce petit vide qui laisse entrer. Laisse entrer ce qu'on ne veut pas forcément ! Ce qu'on n'attend pas, ce qu'on ne maitrise pas non plus !


Le prix du non laisser à voir
Plutot mourir que de laisser voir, laisser deviner, laisser pénétrer ce territoire secret, intime qui ne doit pas être dévoilé au risque d'un danger terrible, une certaine peure de perdre une virginité grotesque qui ne convainc pas même celui qui faint d'y croire.
Curieux comportement, comportement pathologique à différéents niveaux. Car au nom de ce désir de ne pas montrer, on sacrifie la vie d'innocents. Mais quel prix ont ces vies ?
La vie a t-elle un prix ?
Que vaut l'individu ? Le sujet ? Est-il un sujet ?
Y a t-il une place pour le sujet ? et de quelle subjectivité est-il question?
L'homme n'est il pas une fraction de l'état, d'un état qui n'est ni providence, ni providentiel ?
Ingérence ? Intrusion ?
L'autre ici serait un intrus, un étranger dont on n'a nulle envie de voir pénétrer ni le sol ni les secrets que pourrait renfermer ce sol, ou se renfermer sur ce sol, qui se referme et se refermerait encore et encore, peut-être à tout jamais
Intrus et étranger, exil de soi même, exil en soi même
Mais que pense l'occident de l'étranger ? De l'étrange étranger ? Qu'il craint parfois, souvent de voir pénétrer son sol...Et s'y planter
Pourtant cet occident là, voudrait pénétrer au nom de quoi ? Au nom du droit qu'il s'est donné sur le sol étranger, d'un étranger étrange mais qu'il voudrait aider...Humainement aider...
Prétendre apporter de l'aide, prétendre apporter un savoir, à ceux suppose t-il qui ne savent pas, mais qui devraient savoir quoi ? Au juste ? De juste ?
Qu'est ce qui est juste ? Qu'est ce que le juste ?
L'intrusion de l'intrus dans l'étrange étrangeté étrangére à soi même ?
Au risque d'être paranoïaque on pourrait dire que l'intrusion est partout, que tout est intrusé, pour être ustensilisé... Manipulation ?
Intru. Instru... Mentalisation. On pourrait dire ça, en effet
Mais l'essentiel reste dans la certitude de certains, d'être certains d'avoir raison, de savoir ce qui est bon pour l'autre. Sans savoir qui est cet autre, et encore moins sans s'interroger sur ses réels besoins. Encore moins sur ces désirs ?
Mais quels désirs ? Le désir de l'un puisque l'autre n'apparait que contraint et soumis par le désir de l'autre. Désir de bien faire ? Cela n'est pas le propos, mais désir de faire et cela suffit, suffit à faire et surtout défaire, et déffère une autorité, une toute puissance qui n'a de raisons que la raison du plus fort !
Intrusion dans le désir de l'autre, signifie non seulement nier le désir, mais fondamentalement nier l'autre. Le nier, le dénier, et ne lui reconnaitre qu'existence en fonction de soi, et seulement de soi...
Ingérence et intrusion. Manipulation et instrumentalisation. Violation des droits, mais violation de ses devoirs, par une intrusion massive qui annule et annhile l'autre qui n'existe pas, qui n'existe plus ou qui s'il veut exister, doit obligatoirement passer par le désir et le bon vouloir de celui que se dit, savoir et être fort !
Jusqu'où faut-il aller ? Instruire et intruser ?
Sauver ? Aider ? Proposer ? Guérir ? Instrumentaliser ? Apaiser ? Reconnaitre ? Respecter ?

dimanche 11 mai 2008

Les mères !

Ah que ne dit-on pas des mères ?
Tant et tant ! Vous m'en direz tant !
Reproches, fautes, coupables...
Elles sont sans cesse sur le banc des accusées, coupables !
Accusées de tous les maux, elles ne trouvent guère d'avocats véritables que des commis d'office, bien décidés pourtant, à les défendre. Surtout si ce sont des fils !

Pourquoi donc les mères... Pourquoi et qu'ont elles fait ? Ou pas fait ?
Fait ou pas fait, cela revient au même, car si elles ont fait, elles ne l'ont pas fait bien, et si elle ne l'ont pas fait...Cela a fait défaut ! Cela a manqué ! Et la mère qui manque....Qui manque à ses devoirs, la mère défectueuse, la mère que fait des faux !
Défaut ! Nous y voila, des faux et des faux à défaut de faucilles pour couper, éraser, éradiquer, castrer toutes actions, pensées, volonté, désirs...

Pauvres mères, ce n'est pourtant pas la mer à boire que d'élever des enfants..
La mer à boire, il faut le faire, et parfois la coupe est amère ! Pauvre mère !
La coupe est pleine, pleine de mères

Tache impossible que d'éduquer constatait Freud ! Amer peut-être ? Réaliste sûrement.
Mais parlait-il au nom et en nom du Père, du fils, ou du psychanalyste ?
Mais que disait-ils des mères, lui qui n'aimait pas vraiment les femmes ou qui les craignaient et s'en méfiait peut-être un peu...

Comme les hommes de son temps, le Père méconnaissait ce sexe qui l'intriguait pourtant, qui ne voulait pas révèler ses secrets, qui se tordait, se tordillait scandaleusement et hurlait dans les murs de la Salpétrière...
Pourtant il a exploré, voulu comprendre, analysé... Mais il s'est heurté à l'aridité du vaste "Continent noir" pourtant si fertile qui ne s'est ni dévoilé, ni laissé vaincre.

Freud misogyne, sûrement... Ou Ignorant. Ou maladroit.

Au point de leur faire envier le satané pénis... Attribut viril ! Phare, emblème de la masculinité à défaut de virilité.
Dépourvue de pénis, la pauvre femme est condamnée d'avance. Née femme, la voilà victime et condamnée à tout jamais
Heureusement "on ne nait pas femme on le devient" Merci cher Castor !


Mais pour des décennies la voilà castrée à tout jamais, il lui manque ce qu'elle convoite pourtant et qu'elle n'aura jamais.

Tant pis pour elle ! Ou tant mieux
Que ferait-elle de ce "machin" pour reprendre les termes d'une de mes patientes ?

Mais pourtant, selon les épigones, elle aura le phallus, du moins un substitut : Elle s'en saisira et le brandira au nez et à la barbe de l'homme, qui en a lui ! l' enfant ! emblême de sa féminitude...de sa féminité, de sa femmellité.

Pauvre mère en effet, qui porte l'enfant, mais le porte déjà mal in utéro, elle lui parle trop, mal ou pas assez ! Catastrophe ! le pauvre enfant, pas encore né est déjà traumatisé !
Mère qui n'a pas su, ne sait et ne saura le protéger.. Du dedans, du dehors, de la horde, du père !

Mis au monde, ne va t-elle pas trop l'accaparer, le dévorer, le manger du regard, et par là peut être délaisser le père, telle la mante religieuse qui pour un temps, n'a plus besoin de s'accoupler puisqu'elle a satisfait au besoin de l'espèce. Qui sans elle s'en verrait menacée.
Que ne doit on pas aux mères ? Ou alors faut-il le leur reprocher ça aussi, la continuité de notre espéce, en l'espèce et en l'état ?

Procrér, mère ventre, mère continuité de l'espèce, mère femelle, mère porteuse...
Elle avait les siècles passés tout intéret à mettre au monde un garçon, sinon elle risquait d'être répudiée, jetée, délaissée, reléguée..
Bonne à faire des hommes qui iront mourir à la guerre pour nourrir la folie des hommes, la folie meurtrière !

Mais revenons à cette mère, porteuse et éleveuse. Et de son petit, de sa portée.

Ou bien elle ne s'occupe pas de ce petit être ou ne s'en occupe pas suffisamment, pas assez, pas assez bien, mais toujours avec du "pas" du négatif, elle ne sera pas suffisamment aimante, suffisamment enveloppante, protectrice, maternante, femellisante..
Des mères animales abandonnent leurs petits....

Mère abandonnique, source des tous les maux, que les malheureux un peu plus grands mettront en mots sur les divans des analystes. S'épancheront longuement sur cette femme qui leur a donné la vie, et qui leur a donné si mal, tant de mal ! Qui certains les encourageront dans cette stupide croyance que leur mère est source de tous leurs maux... Ou cause de leur bonheur, insupportable ou insurmontable bonheur d'une mère qui aurait été trop aimante, trop collante, trop posséssive, qui ne lui aurait pas laissé de place, ou une toute petite place.
Du peu, du pas, on passe au trop, au trop peu, au trop trop....

Elle n'est pas une mère !
Trop mère, trop de mère, pas assez de mère, pas de mère.... C'est amère !

Mère sacrée, mais vierge, qui a pourtant enfanté, mais qui pourtant est divinisée justement car elle n'a jamais fauté.
Reproduction sexuée, et sexuelle, plus vraie pourtant de nos jours, puisqu'on peut y assiter, et l'assisté, et comble de la .....choisir le père, le garder, le jeter... Le manipuler? lui faire un chien de sa chienne, lui faire un enfant dans le dos.

Mère sans père devenu inutile et mère vierge de toute intrusion du sexe male
.. Ah les miracles de la sciences, bébés éprouvettes et mère couveuse.
Quid de l'enfant ?

Elle couve, elle couve, elle met au monde, elle borde, elle gronde, elle caresse, elle aide, elle crie, elle nourrit, elle soigne, elle réprimande, elle frappe parfois, elle aime, elle embrasse, elle félicite, elle cajole, elle rassure, elle guide les premiers pas, elle se lève la nuit...elle aime encore, elle pleure souvent, elle aime toujours, elle déteste parfois, elle se fache encore, elle pardonne la plupart du temps, elle aime, elle pleure, elle embrasse encore, elle prend la main, elle serre la main, elle aime, elle lache la main, elle fait signe de la main un beau matin à son enfant qui s'éloigne, un peu... qui revient... et qui repart encore... qui revient, et qui ne revient pas.. ou alors si loin, si longtemps après !
C'est un peu le fort Da, mais à l'envers
L'enfant lui est sûr que sa mère reviendra. Elle, elle ne l'est pas !

Mère à toutes épreuves, à toutes les sauces, à toutes les fêtes, à tous les maux, à tous les mots, à toutes les calomnies, à toutes les gémonies.
Responsables de nos malheurs, de nos troubles en tout genres, de notre anorexie, de notre boulimie, de nos insomnies, de nos manies, de nos toxicomanies, de nos addictions, de nos maladies..
N'a t-on pas dit, écrit, enseigné, avant de revenir un peu à la raison, que c'était la mère, elle encore elle, toujours elle qui était responsable de l'autisme de son enfant, de sa psychose !
Mère phobogéne, anxiogène, psychogène

Accusée taisez vous !
Vous étes coupable, vous étes née coupable et vous n'avez rien à dire !
Pas d'avocat, de plaidoierie, elle est inutile, pas de procés, il est fait d'avance ! La sentence est prête, toute faite.

On aime sa mère, et on la déteste, on l'aime et on la hait, on l'aime trop, pas assez, pas comme il faudrait, du moins pas comme elle voudrait, pas comme on voudrait non plus.
Ou on ne la deteste pas assez, car on ne peut pas, on n'y arrive pas, on voudrait bien, ce serait plus simple, plus facile...Pour qui ? pour nous ? pour elle ?

Mais elle ne nous aime pas non plus comme on voudrait qu'elle nous aime, enfant objet unique de son amour, on doit la partager, avec le père, avec le frére, avec la soeur, avec tous ces rivaux !
Plus tard en grandissant, on se dit qu'elle nous a aimé moins peut etre que le père, le frére la soeur, ou plus ? Ou on n'en sait rien.

Alors est-on quitte ? Ou resterons nous éternellement en compte ? Ne solderons nous jamais les comptes, les dettes, celles que l'on croit devoir, celles dont on se croit redevables ?

On se dit aussi qu'elle ne nous a peut etre pas aimé, jamais, ce qui est peut etre vrai
Et alors ? En avait -elle le droit
Mais doit on se poser la question en ses termes là?
Droit, le droit est partout, pas encore de loi pour régir ses rapports là ,
Tu aimeras ta mère, je crois dans un vague papier qui se nomme testament, un commandement c'est ça ! Mais force de loi ?

Injonction d'aimer ta mère, mais elle ?
Injonction d'aimer son enfant, c'est l'usage, c'est la coutume, c'est comme ça. Il le faut, on le doit, l'amour maternel ! Il est divinisé, sacralisé, élevé au rang de mythe supréme.
Elle aime son enfant, c'est comme ça, cet amour là ne s'apprend pas, elle l'a eu fond des tripes, c'est animal, c'est bestial !
On veut encore nous faire croire tout ça
On mélange tout, on confuse tout, instinct, pulsion, passion, on secoue, on mélange bien, et on distribue un peu d'amour maternel par ci par là. Comme le plus vieux métier, il est vieux comme le monde
Curieux non ce rapport, cette équation entre la maman et la putain. La maman ou la putain.
Deux destins de femmes... Le quel choisir ? Mais y a t-il y choix ?

Pauvre enfant, et pauvre mère aussi, qui avant d'être mère a été un enfant, un bébé, une petite fille et qui a eu elle aussi une mère... Qui l'a aimé. Y songe t-on ?
Sa mère, l'a telle aimé trop ? pas assez ? pas du tout ?
Qu'en savons nous ?
Que savons nous de l'amour de la mère de notre mère pour sa fille ?
Que savons nous de cette relation là ? De cette tendresse là ?
De ces sentiments là. Elle même le sait-elle ?
Que donner quand on n'a rien reçu ? ou trop reçu ,
Quand on a été trop aimé ou pas assez ?
Ce qui revient au même ou qui est pire

Il ya la mère et la fille, la fille et la mère, la mère et le fils le fils et la mère
Que n'a t-on pas écrit (des choses fort justes,souvent d'ailleurs) sur ces duos insolites et détonnants.
Les relations, ne sont pas les mêmes, les gestes, la tendresse....
Mais l'amour maternel ? l'amour de la mère ? L'amour à la mère, le mal à la mère, la maladie de la mère, le manque de mère, le vide de mère...
Une bouteille à la mer...E

Quoiqu'elle fasse, la mère ne le fait pas bien, pas assez bien, et parfois mal, c'est ce que disent les magazines, les psy de bazar, les psychanalsystes qui ont oubliés qu'ils ont et qui pontifient des théories...
C'est ce qu'on lit dans les journaux, voit à la télé, dans les séries, les mauvais films.. ou les bons
Il faut bien une intrigue

C'est sain de reprocher à sa mère, mais c'est toxique et simplissime de tout lui mettre sur le dos, même s'il est large et de se défiler des responsabilités qui nous incombent
On peut pendant des années, pleurer sur le divan que tout ce qui n ous arrive est de sa faute, ce qui est sans doute vrai, puisqu'on le dit, en tout cas c'est vrai pour le patient
Mais après ? Vivre toute sa vie avec ces regrets, ces remords, ses rancoeurs et surtout ces non dits, ou ces trop dits. Ces et ses silences !
Ce n'est pas ça faire le chemin, du moins pas vraiment comme ça.

Peut être a t-on la chance de s'en expliquer, de s'en ouvrir à elle, si on le peut, si c'est possible et si on n'en a encore le temps. Si on le désire, si elle le désire. Si la rencontre peut avoir lieu
Que de rendez vous manqués !
Que de rencontres ratées
Que de longues d'ondes différentes, de défauts de connections...

Une de mes patientes a pu le faire....Elle avait mal à la mère, mal à sa mère, qui avait mal et male de son enfant...La guérison arrive en sus, de surcroit parfois !

Il faut parfois régler ses comptes, ses contes avec sa mère, ça compte dans la vie, dans notre vie, dans sa vie à elle, dans notre vie de mère, si on le devient...
Ouvir une fois pour toute le tiroir caisse.
La mère compte dans une vie et elle nous conte parfois une bien sombre histoire, avec laquelle nous ne sommes pas toujours au clair. Clarifier ou éclaircir, mais nous ne menons pas une enquête policière, tout juste une quête, à la recherche de soi même. Si toute fois on y parvient
Mère que ne dit-on pas en ton nom ? Que n'as tu pas fait encore ?
C'est ta faute, mais c'est à toi qu'on s'adresse quand on souffre, c'est ton nom que le jeune soldat qui agonise sur les champs de bataille gémit dans son dernier soupir, c'est encore "maman" qui est tatouée "pour toujours" sur le bras du dur des durs ou du légionnaire....
C'est "Mama" me dit un jour un ancien prisonnier des goulags sibériens devenu mercenaire en sortant une vieille photos jaunie de la poche de son treillis. Il me désigne en souriant une Babouchka trônant sur un misérable banc, un chat sur les genoux "Mama" Son visage s'est éclairé, je ne l'avais jamais vu aussi heureux
Maman, c'est plus doux que mère !

Oui, la mère a des tords parfois, souvent quelque fois, mais si elle n'a pas été celle qu'on aurait aimé qu'on soit, nous n'avons pas non plus été l'enfant dont elle a révé !

Il m'arrive alors de penser à la mienne. Toute une histoire que la nôtre, sans elle et sans cette histoire si particulière je ne serai pas devenue moi, je ne serai pas devenue psychanalyste, je ne serai pas devenue une femme libre.
Si nous n'avons pas toujours pu nous dire les choses que nous aurions voulu, il me plait à croire que nous nous sommes aimées, chacune à notre manière...Maladroitement peut-être. Mais elle m'a transmis le plus beau des héritages, et je l'en remercie !
Aujourd'hui, et pour toujours elle me manque !

C'est un article lu dans la presse médicale qui m'a agaçée vivement et m'a donné envie d'écrire tout ça : "Si les enfants ont de l'asthme c'est de la faute de leur mère "assène sans complexe le titre accrocheur
Et d'expliquer à grand renforts d'exemples (surgénéralisation pathologique ?) que la mère stressée pendant sa grossesse provoquaient ces troubles chez le nouveau né, puis l'enfant !!!!
Sans manquer de préciser ôh quelle horreur ! le côut entrainé par le stress de ces mères déjà mauvaises.

Peut-être par ce que mère moi même ?

Mais c'est avec bonheur et espoir que je le termine cet article.
J'ai regardé avec beaucoup d'émotion le merveilleux film franco-israélien de Radu Mihaileanu
"Va, vis et deviens"
Une mère guidée par l'amour qu'elle porte à son enfant, un amour inconditionnel, lui ordonne de suivre une autre mère, en partance pour un avenir meilleur.. Un avenir qu'elle ne pourrait pas lui donner. Une possibilité de vivre. Seulement de vivre !
Pas de mot ! Mais le regard, le regard seul de ces deux femmes, de ces deux mères, dont l'une venait de voir mourir son fils de faim, de maladie dans ses bras, et l'autre qui perdait le sien....
Cet enfant a eu trois mères, il a toujours été fidèle a celle qui lui a donné la vie, en aimant les deux autres, qui l'ont aimé aussi, fort, très fort, si fort.
Qui chacune à leur manière lui ont donné l'amour et lui ont donné la vie.
Ces trois femme lsui ont fait le plus beau des cadeaux, celui de devenir un homme !


Va.... Vis ....et Deviens !

C'est sur ces mots, ces mots d'espoir, ces mots d'amour aussi que je veux conclure....

lundi 5 mai 2008

Les noeuds de l'enfance..

"Aujourd'hui que vous étes psychanalyste, vous avez forcément dénoué tous les noeuds de votre enfance" m'écrit une jeune analysante, particulièrement aux prises avec ceux de son enfance à elle !
Les noeuds de l'enfance ? Les dénouer ? Tous ? Forcément ?


Tous les noeuds ?
Dénouer tous les noeuds ?
Forcément ?
Ce forcément durassien... Forcément !

Sûrement certains et heureusement ! Suis je tentée de répondre... Mais tous ?
Car il n'y a pas de noeud unique, forcément !
Il y en a plusieurs....

Les noeuds de l'enfance ? Noués lors de l'enfance,
C'est sûrement eux qui ont fait que je sois devenue psychanalyste, et thérapeute...Oui, sûrement.
Ce sont eux qui ont fait que je me suis posée toutes ces questions, enfant déjà. Que je voulais comprendre. Ce qui n'allait pas, mais ce qui allait aussi.
Que j'ai cherché à avoir des réponses, que je me suis engagée sur ce long chemin, dans ce difficile parcours. Que les réponses amenaient encore des questions, que ces mêmes réponses dénouaient mais renouaient encore....

Que j'ai cherché encore et toujours.
Sans regret, avec douleur parfois, avec bonheur souvent.

C'est sûrement eux qui ont fait la femme que je suis aujourd'hui...

La souffrance, celle de l'enfance, mais aussi celle qui suit celle ci, la souffrance tout court cette fois, est souvent déterminante pour comprendre. Mais elle n'est pas la seule et heureusement. C'est la vie, la vie tout court, qui est faite de bonheur, de joie, de souffrance, de chagrin, de joie encore et de bonheur.... Un éternel recommencement, le chemin de la vie, faite et ponctuée d'événements heureux et/ou malheureux, mais que nous affrontons plus ou moins bien, cela dépend. Mais que nous essayons d'affronter, de dépasser, de digérer, pour être plus fort, pour vivre au quotidien tout simplement, du mieux que l'on peut, avec soi, mais aussi avec les autres. Si l'on peut. Comme on peut !


Alors on se fait le pari : Se comprendre d'abord. Du moins essayer de tenter
Puis peut-être, après le désir de comprendre les autres.
Mais se comprendre avant, étape essentielle, fondamentale, essentiellement nécessaire avant de s'engager dans le difficile parcours d'aller à la rencontre de l'autre.
Se rencontrer, ne pas manquer son rendez vous avec soi, pour éventuellement accepter un rendez vous avec l'autre...

Se comprendre pour s'aider...
Se comprendre pour aider...
Comprendre les autres pour les aider ?
Le mot aide ne convient pas ici. Il est presque de trop, incongru.
Bien que parfois, il faut porter, tenir à bout de bras la souffrance de l'autre, pour lui permettre de tenir debout, du moins pas trop courbé, affligé par le chagrin, la peine...
Porter ! Soutenir ! Su porter !

Alors, comprendre, dénouer, délier, pour accompagner, écouter... ?
Offrir un espace de parole, un espace d'écoute, un espace à celui qui s'engage sur ce long chemin ?

Pour en revenir aux noeuds de l'enfance, on peut se demander comment ces noeuds adviennent
Pourquoi un noeud ? Des noeuds ?

Qu'est ce qui se noue ? Qui noue ? Et pour quoi ? Pour qui ? Comment ?
Pourquoi ensuite dénouer ? Pour soi ?

Sommes nous alors "un sac de noeuds" ? Sublime et pittoresque métaphore
Mais dans ce cas précis, il y a le sac, celui qui contient le noeud, les noeuds,
Et dans quel état se trouve ce sac ne contenant que des noeuds

Je m'attarde volontairement juste un peu sur le noeud, sa représentation, la représentation que j'en ai. Elle est paradoxale, d'une part le joli noeud qui orne les nattes de la petite fille (oui, la natte, la tresse, on tisse ? on lie on noue ? les cheveux, la chevelure, les méches que l'on retient par ce joli petit bout de chiffon qui deviendra le noeud, ces méches rebelles, folles qu'on prive de liberté, de mouvement naturel, pur les discipliner sagement et transformer la sauvageonne en petite fille modèle)
Et le noeud qui ferme, qui empéche que ça ne s'échappe, qui obstrue, qui relie les liens...
les liens ?
Le noeud qui ferme le sac

Et puis il y a ce noeud au fond de la gorge, qui empêche les mots de sortir, de s'échapper, de se dire, de se laisser aller, de laisser les mots de courir en toute liberté...
J'ai la gorge nouée, les sanglots ne peuvent même pas éclater !
Le noeud qui empêche les aliments de passer
Ce qui reste à travers la gorge, ceux qui restent...
Celui qui tord l'estomac, les intestins...
Le corps est noué, les muscles, les nerfs...
Tout est dur! tendu ! prêt à se défendre

En position de combat
Mais pour affronter qui ?
Pour affronter quoi ?
Les fantômes et les squelettes enfouis dans les placards, au fond des oubliettes, des caches secrétes, de la crypte souterraine ?

Déterrés le morts! ou plutôt les pseudo morts, ceux ou ce qu'on ne peut tuer ! Qui ne peuvent pas mourir !
Les éveiller et les empêcher de dormir au cimetière,
Debout !
Toutes ces ombres, ces spectres qui rodent, qui hantent notre inconscient. Qui heurtent et frappent aux portes de notre conscient, comme un inconnu la nuit au plus profond de l'hiver
Alors nous le laissons entrer, lui faisons une petite place, une toute petite à table d'abord, puis comme il fait froid et que la tempête de neige est au plus fort, on lui offre une paillasse pour la nuit, à défaut de la chambre d'amis.

Toutes ces ombres...Enfouies, mais pas suffisamment
Et qui reviennent de temps à autres
Se rappeler... Se souvenir
Don't remenber the bad days !
Don't remenber !
Vergiss nicht !

Noeuds que je dénoue, que je renoue, et que je noue encore et encore.Comme sur un tricotin !

Noeuds de l'enfance, du souvenir construit assemblé et rejeté pourtant au plus loin de mon inconscient, mal refoulé, pensionnaire à vie de ma mémoire à long terme... Qui fait que jamais je n'oublierai.
Même la démence ne m'en protégera pas !

L'homme est-il donc condamné à vivre de noeuds ? A nouer et vivre encore et encore avec les noeuds de ses propres fantômes et ceux de ses ancêtres parfois ?
Les maisons ne sont pas hantées, ce sont les êtres, et nul ne peut exhorciser ! Nul ne peut extirper ces esprits malins cachés à tous jamais au plus profond de ces noeuds du corps, mais aussi et surtout de l'esprit.
Esprits malins qui torturez l'esprit de l'homme, qui nouez pour qu'il n'oublie pas, comme on fait un noeud à son mouchoir
On fait un noeud tant et si bien, qu'on ne sait plus pourquoi on l'a fait
On le dénoue alors, pour redonner forme au mouchoir !
Lisse, tout lisse et uni, il est prêt à servir, à resservir
Et puis, pour ne pas l'oublier

On refait encore une fois, un petit noeud.................
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