Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

mardi 25 août 2009

Image

Elle n'aime pas son image, celle que la glace lui renvoit
Elle n'aime pas ces formes, ses formes, cette mise en forme
Elle n'aime pas, mais ne voit que ça, ne voient qu'elles
Ces formes, qui dérangent, ces courbes, ces "trop plein" comme elle dit, ce trop qui vraiment est trop, est en trop
Elle n'aime pas !
Difforme, en forme, des formes qui déforment...
A la voir, à la regarder, rien ne semble en trop....De trop !
Lui dire ne sert à rien, ce que l'autre voit ne lui importe pas, seul ce qu'elle croit que l'autre voit est important
Elle est persuadée que l'autre, les autres, ne voient que ça, ces formes, ses formes à elle qui la déforme, qui sont en trop, qui font que....
Du ventre, des fesses, des hanches, des seins
Trop, en trop....
Elle n'alterne pas vraiment les régimes, le sport, les plantes ou autres tentatives....Elle essaient parfois, sans grand résultat
"Elles reviennent encore, cela ne sert à rien que je m'affame...Mais je voudrai tellement les gommer, les effacer, les zapper, les retirer, elles sont là, me narguent...Sans elle, je serai acceptable, présentable...Jolie..."
Alors elle cache, se drape dans des vétements un peu larges, pas trop, mais qui gomment, effacent, estompent...Un peu, les formes...
Non que ce soit obcessionnel, mais c'est là, quand même...
"Ca me ruine la vie, enfin un peu... Cette image de moi dans la glace....Rien ne me va... Ca ressort de partout...."
Pourtant, rien de tout cela n'est réel, vrai, pour l'autre....Les autres...
Mais ce regard là ne lui importe pas, ce n'est pas le reflet que lui renvoit le miroir, ce méchant miroir, ou les yeux qui scrutent inlassablement ce miroir qui refuse de lui dire non qu'elle est la plus belle, mais que ces formes là sont belles
Formes... Femme.. Féminité...Féminitude....
Femelle, maternité, mammifère, mamelle....
Des formes dont elle ne veut pas... Une ligne parfaite, droite, svelte, sans aspérité, lisse et nue
Nue ! Nudité....
La main ne glisse pas, mais ce heurte à ses formes, comme les yeux dans le miroir...
Elle a songé parfois à la chirurgie esthétique, mais se dit, dans des moments plus paisible que c'est sans doute un peu exagéré... Mais quand même
Elle ne supporte pas ce corps tout en forme parfois, quelque fois... Cela la plonge dans un état affligeant, elle pleure, cache encore davantage...
Se reprend, se dit alors que la seule solution est de vivre avec, mais ce vivre là, ne semble pas possible, pas vraiment...
Alors elle se regarde dans la glace, terrible miroir qui lui assène encore une vérité intenable, insoutenable à son regard à elle....Des formes, elle ne voit que ça, de face, de profil....Et elle rêve, gomme, aplatit...
Le rêve, la perfection, l'imaginé, le corps fantasmé, le corps rêvé, une sorte de Graal, inaccessible...
Elle n'ose en parler, se replie, se renferme, s'enferme...
Elle pense que personne ne peut comprendre, ne peut la comprendre, que comme le dit sa soeur "Elle se plaint d'aise"
Que tant d'autres, aimeraient, paient pour en avoir des formes... des formes qui font rêver, du moins le croient-elles, les font rêver, font rêver les hommes, font d'elles des femmes, des femmes en formes....
Mais elle, elle ne veut ni faire rêver les hommes, ni rêver d'être une femme, une femme, peut-être tout simplement

Elle ne veut pas de cette féminité là, de cette femmelleté là, de cette femmellitude là...
De tout ces formes là....

samedi 22 août 2009

Inessentiel

Faut-il l'opposer à l'essentiel ?
Et dans ce cas que signifie l'essentiel ?
De la nécessité de l'essentiel ?
Ou de l'inessentiel.... ?
L'essence, la nature intime d'une chose, d'un objet, d'un arbre, d'une fleur...L'essence essentielle, partie précieuse, magique presque, essentielle...
L'essence d'un sujet, la réalité permanente d'un être qui évolue, se modifie, grandit, se grandit...Essence et substance.
Le qu'est ce que c'est ?
L'essentiel, qu'il faut avoir, gardé, appris, transmis....
Essentiellement.

Inessentiel en serait-il alors l'opposé, le non permanent, ce qui ne reste pas, ce qui n'importe pas, ce qui finalement n'existe peut-être pas ?
Inessentiel au monde, à la vie, au quotidien de celle ci...
Le non essentiel, ce dont on peut se passer, mais qui est cependant, puisqu'on peut le nommer, mais qui pourrait ne pas être

Mais qui est ?
Alors pourquoi ? Et quid de cet inessentiel
Que ou qui nomme t-on ainsi
Quand et comment décide t-on de l'inessentialité d'une chose, d'un objet, d'un sujet ?
L'inessentialité est elle singulière ? Quelle singularité ?
L'opposition à l'essentiel relèguerait cette notion à ce qui ne l'est pas, et seulement à ce qui n'est pas l'essence, le plus important, le vital en quelques sortes. Parlerait-on alors du superflu ?
Réduire l'innessentiel au superflu, au trop, au "en trop" à ce qui n'est pas vraiment nécessaire ?
Vaste débat que celui là, alors que le sujet est plongé dans un univers de superflu, d'innessentiel, ou l'essentiel, n'est plus, n'est plus assez...
Encore... Encore serait donc le sésame de l'inessentiel, ce "toujours plus" qui illusionne celui qui le posséde.
Parce que l'essentiel ne suffirait pas, ne serait pas "assez", le sujet croit qu'en s'entourant de plus, d'encore un peu plus, il sera, à défauf d'être ou d'avoir été.
Sera, un futur, non essentiel, alors que l'ici et maintenant, lui ferait pleinement apprécier l'essentiel, ce qui est à portée de sa main, de son coeur, de son âme
Courir toujours après, plus vite, plus rapidement, pour atteindre, l'innateignable, mais qui reste de l'ordre du rêve, d'une inessentielleté qui devient pourtant vitale
Il ne faut cependant pas croire, tout ce qu'on raconte, dans les journaux, les magazines, les livres, à la télévision. Le monde capitaliste, nous laisse à penser, que ce qui n'est pas, il peut nous le procurer, une sorte de loi du marché, faussée dés le départ, mais qui nous illusionne
Posséder devient alors la clé. Avoir et non être, avoir au détriment de l'être, un être qui a, qui posséde... Non plus l'essentiel, le fondamental, l'important, l'essence même qui fait de lui un sujet singulier, cette part, toute infime mais tellement précieuse qui fait que le sujet est. EST.

Alea jacta est !
Il faut avoir et non être. Avoir permet d'être, ou du moins de faire semblant d'oublier qui on est pour un instant, car cet être là, ne plait pas, ne nous plait pas.
Le recouvrir d'oripeau, de biens de consommation, encore et encore... L'en recouvrir jusqu'à plus soif, jusqu'à la nausée... Au trop plein qui déborde, qui n'a plus de cadres, de limites...
Superflu, trop pour le pas assez, le jamais parfait, le toujours encore un peu....
L'inessentiel ferait alors t-il perdre l'essentiel ?

vendredi 31 juillet 2009

L'ultime liberté.

"Tentative de suicide...A voir d'urgence"
Combien de fois ais-je entendu ce message....
Combien de fois ais-je entendu ce désir d'en finir, de mettre un terme ...End. Game over !
Ce souhait de na pas aller plus loin, plus avant, cette non en vie, mais cette en vie d'aller ailleurs, voir ailleurs ! Se faire voir dans un autre ailleurs ?
Tabou que ce désir là.... "TS" inscrit en marge sur les dossiers, chuchotements presque honteux des équipes soignantes des unités non psychiatriques, commentaires superflux parfois, souvent "quand même... A son âge, (comme s'il y avait un âge correct pour mourir)...il ou elle a tout pourtant."
Propos reflétant l'angoisse, la peur, l'effroi devant celui ou celle qui a osé, qui a osé transgresser, transgresser la loi, celle posée par les hommes, une loi pas écrite, mais tacite, atavique, morale, religieuse, empreinte et mélée de tout ça, ensemble, noué, tressé.
Interdit !
Interdit de se donner la mort, de décider de son dernier jour, de son dernier Banquet, de sa dernière cigarette, de son dernier verre...
Interdit, c'est comme ça, comme si la mort, sa propre mort n'appartenait pas à soi, n'était pas le bien du sujet, pas le droit de dire c'est fini, end game, end... pas toujours happy !
Comme si le sujet ne disposait pas de sa personne, de son corps de chair, de sang, d'âme peut-être ?
On ne se donne pas la mort, c'est comme ça ! On ne s'offre pas ça !

Interrogations et débats sur le suicide, sur cette permission de mettre un terme à sa vie, de décider que c'est le dernier jour pour soi dans le monde des vivants. Les Anciens n'avaient pas l' approche actuelle, cette peur, ce souci, ce non dit. Le suicide n'était pas tabou, il était permis et n'inspirait ni mépris ni crainte ni désapprobation. Seule issue en certaines circonstances, douleur insupportable, ne pas tomber entre les mains de ses ennemis, ne pas trahir ses amis. On reconnaissait un certain courage à celui qui décidait d'en finir..
Les Stoïciens considéraient cet acte comme une "liberté suprême", décider de mourir et non attendre que la mort vienne prendre, sournoisement...
Les religions, les dogmes, les croyances ont rapidement mis la main sur cette "ultime liberté" que l'homme créature soit disant divine s'était accordée !
Création d'un dieu, l'homme n'avait pas et ne devait pas disposer de son corps, ni de son âme, l'enfer attend le suicidé, qui ne partage même pas le carré de cimetière des morts dogmatiquement corrects, ni même la fosse commune !
Maudits soit -ils !
Ils ont transgressés, bravés l'interdit suprême et défié dieu, un dieu crée à l'image de l'homme...!!! Qui seul donne la vie, et qui seul la reprend, quand ? Quand il a décidé que s'en était fini, pour la pauvre marionnette dont il tirerait les ficelles du haut d'un nuage perché dans le ciel... Pauvre humanité !


Pourtant on donne la mort, au nom de ce même dieu parfois !

En toute légalité, certains pays n'ont pas aboli la peine de mort et condamnent d'autres à mourir, mais condamne ces mêmes s'ils ont voulu ou donné la mort ! s'ils ont voulu se donner la mort
La guerre ? Que dire de cette peine de mort, de ce devoir de mort, encouragé, par la religion elle même, on bénit encore les troupes partant aux massacres !
Mort ! Pas d'égalité dans ce désir, ce vouloir là...

Se tuer, décider de sa mort c'est aller à l'encontre des lois des hommes, de la société, de la Vie, du sacré de la vie..
Encore aujourd'hui, on ne parle pas des suicidés, c'est un secret, de famille, de polichinelle... C'est quelque part honteux de refuser ce cadeau qu'est la vie, pour préférer hâter sa fin, vers un inconnu dont on ne reviendra jamais !
Pourquoi vouloir mourir ?
Il y aurait tant et tant à dire, entre cette volonté d'en finir, cet SOS, ultime bouteille à la mer, ultime tentative de vivre
Je meurs parce que je veux vivre, je décide de mourir parce que je souffre dans mon âme, au plus profond de moi, de mes tripes et personne n'entend, personne ne voit, personne ne regarde !
Ultime appel ! "M'aider, mayday...Médée...." S'il vous plait, ne me laissez pas au bord du chemin
Ultime solution, dernier recours, je n'en peux plus, je ne sais pas comment m'en sortir, je ne sais plus, j'ai touché le fond, c'est fini....
Plus de gout à rien, plus envie, plus d'en vie, parce que mort déjà au fond de soi
Le suicide prend de multiples visages, diverses facettes....Quand l'insupportable, le plus supportable, le non tolérable... Quand le sujet n'en peux plus, ne peux plus faire façe, qu'il ne peut plus voir de lumière dans son ciel à jamais obscurci, vaste continent noir, trou sans fond, tourbillon insensé de souffrances, de douleurs, de misères et de maladie
Sans issue, no futur, pas de retour possible, il ne reste alors plus rien que la mort, et si celle ci ne vient pas, alors il convient de la hâter un peu, d'anticiper, puique elle sera un jour au rendez vous. Alors pourquoi ne pas le fixer soi même ce rendez vous là, et ne pas le manquer....
Justement parfois il est manqué, raté, juste une tentative....

mardi 14 juillet 2009

Antique...

"Dans le monde des hommes, il n'est question de justice que lorsque les forces s'équilibrent, sinon les puissants exigent et les faibles s'inclinent"



Ainsi écrivait Thucydide, in la guerre du Péloponèse V, p. 84...
Cela fait des siècles, mais cette réflexion me semble bien actuelle, et je vous invite à y réfléchir avec moi...Si cela vous dit ?

samedi 11 juillet 2009

Le dernier jour

"Vous feriez quoi, s'il ne vous restait qu'un seul jour à vivre" me demande un patient, en souriant....A demi. Quoique ?
A vrai dire je n'en sais rien, tous les jours sont les derniers, peuvent être les derniers, et je ne me suis jamais vraiment posé la question de cette ultimité, donc la question de cette certitude que je me lève un matin pour entamer mon dernier jour...
Le dernier matin...
Mon dernier matin...
Mon dernier jour !
La question est néanmoins interressante, soulignant par là, cette possibilité d'ici et maintenant, pour une fois, la dernière une bonne fois pour toute
Les jours se succédent et ne se ressemblent pas, on ne se baigne jamais dans le même fleuve, on ne regarde jamais le même ciel, on ne vit jamais les mêmes choses...
Chaque jour est alors nouveau, avec une possibilité de non lendemain, encore faut-il avoir ça présent à l'esprit?
Ce que nous n'avons pas, forcément, toujours... ?
Est-il, serait-il possible alors de vivre avec cette possibilité là, se dire que le jour, l'instant présent est, peut-être, le dernier ?
Comment envisager une telle possibilité ? Eventualité ?
Il convient sûrement de ne pas prendre au pied de la Lettre, encore que, chaque jour qui passe ne se ressemble pas, même si cette impression de déjà vu nous colle à la peau
Une sorte de répétition, demain, même heure..... Une répétition fatiguante, rassurante...
Répétition, mais pas à l'identique. Jamais, cela ne se peut...Pas de copié, collé, l'émotion, l'affect, la situation, rien n'est jamais semblable. Pas de mêmeté.
Donc chaque jour singulier est le dernier et demain sera un autre jour, demain est un autre jour..
Mais s'agit-il du dernier jour, ici, et maintenant, sur cette Terre, dans cette vie... ?
Dernier jour avant un ailleurs ? Mais quel ailleurs ?
Y a t-il vraiment un dernier jour ? Du moins un jour identifié comme tel ? Oui à postériori, mais nous ne pouvons pas le savoir, puisque nous n'aurons jamais connaissance de cet ultimité. Il sera alors le dernier pour les autres, l'autre que soi... Mais pas le dernier pour soi.

Non, logiquement alors à priori, ni dans l'instant présent, dans l'ici et maintenant.
Sur l'échelle du Temps ?
Nous ne sommes pas les maitres du temps, il nous échappe, s'enfuit, file au fil du temps qui passe... Nous ne sommes pas non plus dans la maitrise de celui ci, même si nous en sommes les gestionnaires, que nous apprenons à l'être, pour soi disant mieux vivre sa vie, mieux la remplir, ne pas laisser de place à un vide éventuel, qui pourrait...
Qui pourrait quoi ?
Laisser justement la possibilité d'ouvrir une fenêtre sur le passé ou le futur..Au sein même d'un présent qu'on pourrait supposer intenable ?
S'agit-il alors de vivre pleinement chaque jour qui passe comme le dernier... Comme s'il n'y en aurait plus d'autre, plus jamais... L'ultime alors que ce jourd'hui.

Et alors quoi ? On en fait quoi de spécial de ce dernier jour là... On fait quoi de spécial ce jour la ?Qui ne sera peut-être pas le dernier, puisque demain sera, et un autre supposé dernier succédera encore, et encore, et encore ?
Supercherie de croire que cette fois c'est le bon, ou le mauvais, que demain ne sera pas, mais si c'est le dernier c'est toujours ça de pris, mais pris, quoi et sur quoi, et à qui ?
On prend quoi quand on vit ?
Envisager alors la vie comme un combat, une lutte, mais contre qui ?
On ne se bat pas seul, pour rien, on se bat, contre, pour.... Il y a un objectif, une récompense, une possibilité,
Ici laquelle ?
Eternelle question que la vie, le sens de celle ci, si toutefois, sens il y a.
Le dernier jour n'existerait alors pas, il ne serait qu'une vue de l'esprit, une illusion encore, un espoir ultime de mettre fin...?
Le dernier jour du condamné, qui attend comme une délivrance.. Mais qui ne peut finalement profiter, si profit il peut y avoir de cette dernière possibilité... Condamné à vivre le dernier jour de sa vie, sachant que demain ne sera pas, car d'autres ont décidé pour lui.
Dernier jour, dernière étape sur le calendrier, avant de franchir le pas, vers un inconnu, vers le vide et le néant, pour l'éternité.
Le dernier jour, de celui qui décide de mettre un terme, d'écrire le mot fin...Décision, dernière volonté. Responsabilité ?
Quid alors de ces derniers jours, de ces derniers moments dans le monde des vivants ?
Qui sait ? Qui peut dire ? Qui peut faire ?
Alors cette notion de dernier jour, de vivre ce jour d'hui comme s'il était le dernier ne serait encore qu'une illusion, une tromperie de l'esprit comme seuls peuvent en construire l'homme, les hommes pour oublier cette condition humaine, cette non immortalité, compensant par ailleurs avec cette volonté, ce désir de pouvoir s'en affrenchir, alors que la vie et l'ultime finalement ne lui appartient même pas ?
Pourtant chaque jour est toujours le dernier, car celui qui suivra ne lui ressemblera pas, comme "le soleil est nouveau chaque jour*"

Héraclite, cité par Aristote in Meteorologica, II, 2, 354 b33

mercredi 8 juillet 2009

La patience

J'apprends la patience,



Tous les jours
Depuis de nombreuses années
Depuis mon enfance. Etre patient était d'ailleurs présenté comme une qualité, une vertu, qu'il nous fallait cultiver. Apprendre.
Encore un de ces concepts un peu vieillots, démodés, à l'heure du zapping, du clic, de l'immédiateté.
Aujourd'hui on veut tout, tout de suite, satisfaire immédiatement une envie, un désir, d'ailleurs ces mots n'ont plus guère de sens, on désire une paire de chaussettes comme on a envie d'un hamburger... On donne à croire que tout est possible tout de suite, on devance presque le désir, le souhait.....
Alors la patience !
Etre patient, suppose que nous soyons capable de différer, de nous soumettre à des contingences ....Que nous puissions repousser le désir, l'envie, le besoin...Le remettre à plus tard.

Mais parfois cette patience nous est imposée, nous devons la subir, c'est une contrainte, et être patient ne se pose alors pas en terme de choix, nous devons peut-être faire face à :
Anxiété, angoisse, peur...Toutes ces émotions peuvent alors surgir, nous envahir, car confrontés à cet insupportable parenthèse qu'il faut subir, malgré soi, malgré notre désir, notre envie. Malgré nous.

Elle s'impose alors, s'intruse, car de choix, il n'y a pas. Nous voilà confrontés, que nous le voulions ou non, à une sorte de mur, infranchissable ! Incontournable.
La patience....!
Le temps....Entre....Le désir différé, l'action reportée...
Quand ?
Le Temps.
Le mur du Temps. Un temps qui ne se compte plus, qui ne s'égréne pas aussi vite que l'on voudrait, qu'on ne gère plus, qu'on ne maitrise plus.
Une sorte de lutte inégale avec lui, un combat perdu d'avance, il faut être patient, inutile de vouloir être gagnant. Peine perdue ! Nous voilà devant.
Alors on peut faire face, essayer, tenter, lui faire face, ne pas courber l'échine, ne pas se laisser aller. Ne pas renoncer.
Il ne s'agit pas d'engager un bras de faire, avec les Seigneurs du Temps, ils sont plus forts que tout, que nous, mais de tenter de faire, de penser, d'imaginer, de mettre en mots... De prendre en compte ce temps qu'ils laissent avant...
Avant ? Mais avant quoi ?
Il conviendrait alors d'établir une relation entre la patience et l'attente, la patience en attendant, qu'il se passe quelque chose, la patience serait donc un moment inter méde...Entre deux..
Cela suppose un objectif, la patience ne serait pas une fin en soi, un objectif à atteindre, mais une contrainte, une épreuve.
Une mise à l'épreuve du temps, du temps qui ne passe pas aussi vite qu'on le voudrait, car on voudrait tout de suite, tout ! un temps qu'on voudrait raccourcir, condenser.
Pour arriver plus vite, obtenir plus vite.
Patienter alors pour quelque chose, un but, un objectif, une rencontre
Patienter ? Il faut alors que ça vaille le coup....Vivre le présent inconfortable pour un éventuel futur, inconnu qui se profile au fond d'un horizon incertain.
Attente de ce futur ? Croire en ce futur
Patience en vue d'un espoir ?
La patience confronte le sujet au vide, au vide de l'absence de solution immédiate, de satisfaction, un vide qui le condamne à la frustration. A un inconnu espére paradoxalement..
Au vide de son existence...
Vide, vacuité...Gouffre sans fond, sans fondement, sans fin, sans début, sans rien, sans....
Vide.
Attendre, puis attendre encore, car il y aurait toujours du désir, toujours un besoin à assouvir, à différer, à satisfaire, puis un autre..
Patience encore et encore... Pour ?
Mais quelle patience pour une attente sans lendemain, une attente durant laquelle on ne voit rien venir...
Patience ou renoncement ?
La patience est aussi un jeu, de hasard, de divination... Faire une patience pour tuer le temps et se soumettre par là à sa décision.
S'en remettre au hasard, pour se désinvestir ? Pour ?
Mettre de l'ordre dans ce jeu de cartes, réussir ou pas, y voir ainsi un signe, du destin ? Patience encore ? Pour l'espoir d'une solution, d'une réponse, d'un oui, d'un non ? D'une réussite ou d'un échec.... Croire ?
Le temps ne se maitrise pas, il aurait soit disant un temps pour tout, même pour attendre, et où il nous faut faire preuve de patience
Faire croire qu'elle peut mener à la sagesse est une illusion pour qui n'est pas philosophe, même celui ci n'y croit guère, il s'interroge et se questionne, à quoi bon être patient ?

Elle est néanmoins nécessaire, quand elle permet de prendre un certain recul, de mettre des mots, ou des émotions sur des événements, qui se passent, qui arrivent...Qui nous arrivent
Quand elle permet de ne pas nous précipiter, de ne pas se laisser aller à ses pulsions, à ses envies
Une sorte de patiente, garante de civilisation, d'ordre social, d'éducation, de lien social ?
Patience encore ...
Patience pour l'ultime destination, la patience d'attendre la mort, qui viendra quand sonnera l'heure.... L'attente de la mort, l'inconnu mais le certain.
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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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