Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

samedi 12 septembre 2009

@mi

Ce jour là elle est triste, désespérée..
"Je viens de perdre un ami"
Silence...Puis elle se reprend, devant mon regard interrogateur..
'Un ami ?"
"Oui, enfin, c'est sur internet, vous savez, je suis inscrite sur ....et j'ai des amis, des tas d'amis et ce matin, je vois qu'il en manque un..."
Silence, elle se reprend
"Oui, je regarde plusieurs fois par jour combien j'ai d'amis, des personnes qui demandent à être mes amis, ou qui acceptent mon invitation à le devenir..."

Elle est inscrite sur ce réseau social, depuis quelques temps, elle y a des amis, la plupart elle ne les connait pas, ne les a jamais vu, et ne les verra sans doute jamais.
Un nombre d'amis, important, sorte de baromêtre de popularité, témoin du lien social qui se crée, qui se fait, se noue au hasard de rencontres virtuelles, d'inscription à des groupes, pages, discussions, intérêt commun
Des amis.

"Ami, ce mot là signifie quoi pour vous ?"
Elle hésite, ne sait pas vraiment quoi et comment répondre
Puis "Je ne sais pas exactement dire, des gens.."
Puis de parler du net, des forums de discussions, de tout ce temps qu'elle passe derrière son écran devant son clavier
"C'est facile, un clic, on parle, on discute, on raconte, on voit ou non, on chatte, tout ça de chez soi, sans mettre le nez dehors
Justement le nez dehors, elle le met de moins en moins
"Pour faire les courses, et encore, tout ce que je peux commander sur le net, je le fais, c'est mieux"
Gain de temps, pas vraiment, du temps elle en a, peut-être trop, justement, un trop de temps qui fait vide, qui donne le vertige...
"Et cet ami perdu ?"

"Il manque un ami sur ma liste, il n'est plus là, il est parti, il s'est rayé de ma liste...
J'ai fait des recherches pour savoir s'il était toujours inscrit, il l'est, mais n'est plus mon ami.. "
Silence
"Je ne comprends pas, je n'ai rien dit, d'ailleurs je ne lui ai jamais vraiment parlé, en fait, j'ai simplement cliqué sur le lien pour accepter cette amitié.."
Elle me regarde "oui, on clique pour accepter ou non, c'est bien..."
"Cela me faisait 80 amis, vous vous rendez compte, moi qui ne voit jamais personne !"
Nous y voilà donc...
Jamais personne.
Et d'expliquer que : "En vrai, dans la vie de tous les jours, je ne vois personne, je ne connais pratiquement personne, la caissière de la superette, le facteur parfois...un voisin.. Mais sinon..."
L'isolement social. Voulu ? Cherché ? Souhaité ? Suscité ?
Crainte de l'autre, de son regard, de son être "en vrai" de sa présence dans le réel ?
Refuge dans le virtuel ou un seul clic engage une relation d'amitié ?
Mais quid de l'amitié ?
Elle ne peut définir ce terme, elle ne sait pas, elle parle bien des copines qu'elle avait en classe, des filles avait qui elle sortait, des gens avec qui elle travaillait

Mais ce n'était pas des amis..
Alors, ces vignettes, au coin d'un profil, ces gens, ces personnes inconnues, sont des amis ?
Et pourquoi ?

Plus tard, nous essayons de parler de cette perte là, de cette désinscription de sa liste, de cette dés affection. De cette dé faction. De cet abandon.
Abandon, il s'agit bien de cela? La perte, d'une amitié... Virtuelle relation inconnue, d'un inconnu,
Pourtant elle ressent quelque chose de très fort, de la peine, du chagrin, une certaine souffrance, celle d'être le "mauvais objet" qu'on laisse au bord du chemin qu'on déclique...
Elle culpabilise, se demande ce qui sur son profil, sa photo ses commentaires aurait pu déplaire à cet ami qui l'a quitté...
Elle ne peut admettre qu'elle ne porte aucune responsabilté. Elle souffre.
Une souffrance bien réelle, qu'elle reconnait cependant disproportionnée et irraisonnée, mais qui est pourtant là, et contre laquelle elle ne peut rien.
Contre laquelle elle ne peut rien, vraiment, qui fait qu'elle se sent ridicule, mais c'est ainsi
Si cet @mi l'a quitté, c'est que....
Il y a donc du manque, du moins 1 sur sa liste, du moins qui retire du plus
Un moins d'amour, d'amitié, un moins qui s'est retiré
Qui lui est retiré !

jeudi 10 septembre 2009

image 4

Il n'aime pas qu'on le prenne en photo
Il ne veut pas être sur la photo
Les photos...
Il se cache derrière ses mains, il fait barrage à l'objectif. Il refuse ce rapt là, cette capture d'image.
Un ravissement....
Il ne veut pas qu'on se saisisse de cet instant, de l'instant, d'un instant, qui lui appartient, à lui, à lui seul.
Il ne veut pas partager ça, avec personne, pas même ses proches...
Il ne veut pas. C'est tout.
Pourquoi ? Il n'a pas à se justifier, c'est comme ça c'est tout.
L'image, le droit à l'image, le droit de l'image. l'image de soi.
La photo.
Capture d'image, d'un instant, d'un moment
Immortaliser de cet instant, pour un toujours éphémère, un toujours jamais. Pour quoi ? Pour qui ? Mémoire ? Mémoire du temps qui passe.. De ce temps qui échappe, qui nous échappe.
Maitriser alors cet instant de temps en le fixant sur un morceau de pellicule, puis sur une image, un écran, pour le voir, après, plus tard, bien plus tard
Pour se souvenir. Se souvenir de ces instants, de ces moments, de ce visage là à ce moment là
Regrets, nostalgie, passé...D'un passé qui n'est plus
Se souvenir des jours heureux et je pleure
Mais je pleure sur qui ? Sur quoi ? Sur ces jours là ? Sur soi ? sur l'image de soi ? L'image de soi à ce moment là ?
Figé. Fixé, pour l'éternité. Immortalité qui devrait subsister dans un au dela, un delà de soi, quand le soi ne sera plus là.
Capturer cet instant bref dans un présent qui ne dure pas, comme pour faire fi du temps, d'un futur à venir, d'un vieillissement inexorable, du travail du temps qui se fait, malgré tout, malgré la photo, qui malgré tout, jaunit.
"Pour avoir un souvenir, pour moi, s'il te plait, laisse moi te prendre en photo"
Mais il ne veut toujours pas : "je n'aime pas ça"
Comme si cette image fixée sur le papier permettait le souvenir..
Souvenir, mémoire, regrets, passé. Comme si les traits d'un visage aimé, pouvaient s'estomper dans la brume de l'oubli, des années qui passent et on ne se souvient plus très bien, c'était comme ci, c'était comme ça.. Je ne sais plus vraiment !
Une patiente m'expliquait avoir brulé un jour toutes les photos de sa jeunesse, sans regrets, justement pour ne plus en avoir
Cela lui était insupportable de voir, revoir encore sa "beauté fanée"
"A quoi bon, voir tout ça, ce visage lisse, ces yeux, ces cheveux.. A quoi bon avoir été belle, si belle alors qu'aujourdhui,,il n'en reste rien, plus rien, un visage vieilli, ridé, des cheveux blancs que je suis obligée de teindre, des yeux tristes d'avoir tant pleuré ceux qui m'ont quitté, les peines et les chagrins ont raison de tout..."
Alors elle a brulé, elle a fait un petit tas, de toutes ces photos là, de ces témoins d'un passé révolu, puis elle a immolé ce passé en buvant une coupe de champagne
"Belle cérémonie" poursuit-elle, je me suis enterrée moi même, du moins j'ai enterré cette femme là, celle du passé qui est morte, qui n'est plus, pour me permettre de vivre, d'être, moi la vieille !
Elle se sent soulagée à présent, plus de nostalgie, le temps passe, celui qûi est passé est révolu. Vivre avec ses souvenirs, dit elle est mauvais, "ça ne donne rien de bon"
L'image de soi qui insupporte parfois, mais aussi l'image de l'autre... Se demander si l'autre, enfants, petits enfants, n'auraient pas aimé savoir, voir qui était cette femme avant.. Avant d'être cette femme d'aujourdh'ui
Femme d'hier... Vestige du passé, d'une beauté fanée.
Prisonnière d'un passé, d'un moment figé, d'un instant que l'objectif a incarcéré pour un toujours à jamais insupportable. Une cage rouillée, étouffante dont il faut se liberer.
Mais la beauté est-elle la raison, la seule qui raisonne, qui fait qu'on ne veut plus voir, sa voir, re voir ?
J'ai toujours un petit pincement au coeur, une certaine émotion quand je feuillete l'album familial et que je vois mes grands parents, ma mère, mon père, jeunes....Comme je ne les ai jamais connu, vraiment, comme je n'en n'ai pas gardé le souvenir...Je ressens aussi un certain malaise devant cette intrusion, pénétrant une intimité à laquelle je ne suis pas conviée. Ces photos ne m'étant pas destinées. Se pose alors de l'adresse de celle ci ? Pour qui ? Pour quoi ?

La photographie de soi, l'image de soi. Qu'on voit de soi par le prisme de l'objectif. Cette image là est la confrontation de soi au réel de soi. L'expression de la représentation de soi dans le réel
Se voir sur la photo, se reconnaitre ou pas.
"C'est moi... C'est pas moi."
Confrontation au Réel, à la réalité de soi, de son existence. Voir, SE voir
Projection de l'image de soi dans une dimension autre, sur le papier, sur l'écran, dissociation...?
Un soi étranger à soi même, un soi qu'on découvre peut-être en même temps que les autres regardent. Un soi qui surprend, qui étonne, qui déçoit...Un soi qui n'est pas le moi ?
Soi est alors un autre ? Un autre moi, que ce moi n'imagine pas, ne voit pas.
L'image de la photographie est différente de l'image du miroir.
Finalement me dit une adolescente "On ne se voit pas, on ne voit jamais vraiment comment on est."
On ne verrait donc pas ce qu'on montre pourtant à voir à l'autre.
Quel est ce moi que je ne saurai voir ?

mercredi 9 septembre 2009

Le violoncelliste de Sarajevo

Livre découvert sur les rayons de la bibliothèque, pris au hasard du titre, de la couverture. Comme je le fais la plupart du temps. J'aime cet imprévu, ce "hasard" cette découverte d'un auteur ou d'un livre. Sans trop savoir si j'aimerai ou pas. Libre de poursuivre le récit ou non !
Une rencontre ou non...

Le siège de Sarajevo. Un obus comme tous les jours, plusieurs fois par jour. Cette fois, il fauche 22 personnes qui font la queue devant une boulangerie
Presque banal dans cet univers de guerre, dans cet enfer.
Un homme pourtant ne veut pas de cette banalité là, il refuse;
Chaque jour, à 16 h, il se rend sur les lieux et joue au violon "l'Adagio " d'Albinoni, à cet endroi précis, en hommage aux victimes
Il jouera 22 jours consécutifs...
Imperturbable

Il se rendra sur les lieux et jouera au mépris de la mort, des snipers, des balles perdues, il joue.

Une histoire vraie, qui débute le 27 mai 1992...Un violoncelleiste virtuose, Vedran Smailovic, jouera, jouera, sous les bombes, sous les balles, seul, sans public, pour lui, pour les morts. Pour ?
Puis peu à peu, les gens savent, passent, écoutent, s'arretent, un instant, plus longtemps...
Il y a un homme là bas, qui joue une musique, c'est triste, il vient tous les jours.

... Une sorte de rumeur, qui s'amplifie, chaque jour...

Acte de résistance ? Courage ? Refus ? Volonté d'humanité encore ?
Chacun est menacé, tout le temps, la vie ne tient qu'à un fil, pour celui qui se risque hors des ruines dans les décombres, qui se risque hors des remparts pour chercher de quoi maigrement subsister...Qui s'accroche à la vie, au fil tenu de la vie, encore !

L'auteur à travers le quotidien de trois autres personnages, une jeune sniper, Flèche, un homme qui va chercher de l'eau pour sa famille et une vieille voisine acariatre tous les 4 jours, Kenan, le boulanger Dragan qui tous les matins se rend à son travail.
Il nous livre le quotidien, leur quotidien au milieu de ce champ de ruines, leur lutte pour la vie, leur vie, pour que tienne encore un peu, encore un jour le fil tenu de leur existence.

Chacun risque sa peau, sous les balles des snipers, des contres snipers, des obus des "hommes des collines"
Nul pathos, nulle lamentation. Il n'y a pas, ou plus la place pour ça.
Un récit sobre, presque un documentaire, une analyse des sentiments, des émotions, des affects..
Courage, peur , craintes, états d'âme, questionnements intérieurs...
Les persponnages sous les balles sont face à eux même, face à leur être seul, à leur possible derniers moments... Ils doivent faire face aux événements, à leur devoir, fuir, avancer, laisser de côté...
Face à la mort, tout le temps, face à leur fin, possible, tout le temps !
Tous pensent au passé à cette ville, ce Sarajvo qu'ils n'ont pas quitté parce qu'ils l'aiment et qu'ils refusent de le laisser à ces "hommes des collines" qui veulent le détruire et par là, les détruire, casser, briser leur rêve, leur histoire. Avec des bombes !

La destruction de la bibiliothèque est poignante. C'est une partie de l'âme de la ville qui est arrachée à son corps. Un corps détruit, des ruines, un champ de ruines qui se vide de ses âmes un peu plus chaque jour... Un quotidien insoutenable, mais terriblement "normal", devenu terriblement banal !
La banalité du mal !

Chacun est face à lui meme, à ses craintes et à ses fantômes, à ses cotés sombres aussi. L'homme est duel, divisé, clivé, il voudrait etre, mais n'ose pas, craint de mourir, la mort est au rendez vous à chaque seconde, c'est elle qui décide quand et comment... Sans trop de surprise, la surprise étant d'être encore vivant en se relevant sous les gravats...
Alors on se demande si on est lâche, courageux, on regarde on attend de voir un autre, un inconnu traverser la rue, atteindre l'autre côté, pour s'engager soi même, se croyant à l'abri d'un sniper, puisque l'inconnu est encore en vie. On se demande si c'est bien, ou mal d'avoir attendu, d'avoir ustensilisé l'autre, d'avoir expérimenté, de s'en être servi comme "cobaye".
Le lecteur, lui aussi est face à lui même, grâce à l'image que lui renvoit ce miroir.... Héros, anti-héros, collaborateur, résistant... Tout à la fois, le meilleur ? Le pire ? Mais qu'est-ce que ces valeurs, ces concepts dans un univers de destruction, où l'homme détruit l'homme, où il est ustensilisé par l'homme, où il est l'autre de l'autre, l'autre mauvais qu'il faut détruire.
Il y a toujours un autre mauvais ?

Et puis le lecteur qui se laisse emporter par le quotidien de ces trois héros héroïques et ordinaires oublie lui aussi que la mort n'est plus extra ordinaire, qu'elle est en ce lieu devenue banale. En revanche, aller chercher de l'eau, du pain, se raser, se laver, cuire son repas etc.... sont des actes impossibles mettant la vie en danger,
Le quotidien est risqué, les habitants, rescapés sont des morts en sursis, ou des vivants en sursis, en attente d'un secours d'une Europe qui s'en fout, qui se bat elle aussi dans les salles de conférence, sans lever le petit doigt pour arrèter ce massacre, à une heure d'avion de chez nous !
L'enfer de Sarajevo était à notre porte, derrière cette porte que personne ici n'a jamais osé entrouvrir


Steven Galloway Le violoncelliste de Sarajevo. Ed. Lattes.

mardi 8 septembre 2009

Images 3

Les enfants elle n'en veut pas.
Elle ne s'était même jamais posé la question
Les enfants elle n'aime pas ça
Ca ne l'interresse pas.
Elle s'en fout !
Elle a toujours su qu'elle n'aurait pas d'enfant. Jamais. Qu'elle n'en n'avait "pas besoin"
Pourtant d'enfant elle parle... D'enfants ?
Du refus d'enfant, du refus de maternité.
Un mot qu'elle déteste
Un état qu'elle déteste, qu'elle refuse, qui la répugne, qui la révulse, qui lui donne la nausée
"Voyez, pas besoin d'être enceinte pour les vomir"
Désir de vomir .... Jeter, explulser au dehors... Dehors.
Puis de décrire cet état "détesté"
"Le corps déformé, ce ventre énorme, ces seins qui tombent, difformes... sans forme, on ne ressemble plus à rien"
Silence
"C'est fou de se retrouver avec un corps étranger en soi, dans soi, héberger ce parasite, avoir ça en soi, ne plus être soi, partager, être déformée par cette chose sans nom qui grandit, grossit, prend de la place, vous saigne à blanc, vous vampirise. Vampire déja !"
Elle s'agite, soupire, ne sait pas trop comment traduire cet inconfort.
"C'est tout ce qu'il y a autour qui me dégoute, quand j'étais gosse, les bébés je trouvais ça laid, moche, braillard, les copines s'extasiaient devant les poussettes et ces petits êtres hurlants, ridés... c'était d'un ridicule..."
Silence. Elle rit !

"Moi, ça ne m'interressait pas, les enfants, je trouvais ça nul, même ceux des copines, je ne suis jamais allée les voir à la maternité, M'extasier... ? "
"Comment peut-on accepter de se mettre dans un tel état pour mettre au monde un enfant, se déchirer, se faire mal, souffrir le martyr...Tout ça pour ça, pour rien, pour pire que rien car on doit s'en occuper toute la vie, un fardeau quoi, mais le plus intolérable, c'est d'avoir ça en soi ?"
Silence, elle pense, elle n'est pas ailleurs...
"Ce qui me révulse c'est ce ventre, cette difformité, si contraire à la féminité, ce côté animal, mammifère, le lait, ah ces femmes qui allaitent, c'est dégoutant, bestial. Je ne supporte pas ça, c'est la nausée assurée, c'est impudique, elles donnent le sein, un éorme sein gonflé...Immonde et impudique !
"Ce ventre... Cette affaire de femelle, sage femme, maternité, gnan gnan, couleur rose et bleue, layette, salle de travail, torture ! quand je pense qu'avant elles y laissaient leur vie !Pour la survie de l'espèce.
Silence"
"Je me suis toujours demandée ce qui poussait la femme à être enceinte
Silence
"Enceinte, ou attendre un enfant, être grosse, on disait avant, grosse, ce mot là est bien dit, bien vu, grosse, énorme, difforme déformée, dilatée ..."
Et elle rit, cherche mon regard,
Dilatée, vous voyez le scketch ,
C'est ça dilatée.
Silence
"Etre femme ne passe pas par la maternité, pas forcément, nous avons le droit de décider de ça, je suis une femme féminine, je n'ai pas besoin d'être grosse pour l'être plus, on le serait plutôt moins... Le désir, mais quel désir, désir d'être une femelle, non plus une femme. Non, je suis une femme sans ça"

Plus, moins, la féminité arythmétique, mathématique, le moins et le plus, pour faire un tout..
Un plus pour finalement devenir un moins, à la fin
Féminité ? Féminitude ? Se sentir femme ? Le devenir ? Le rester ? Le manquer ?
Etre femme ? Etre mère ? Mère et femme ? Mère ou femme ?
Bribes de thérapies, d'analyse, de questionnement, de désir, de non désir qui posent la ou les questions du désir de femme, de l'image de femmes, de féminité.
Longtemps indissociables ces images de femmes et de mères ont aussi longuement été dissociées, voire opposées, comme si l'une ne pouvait être l'autre, une femme, ou une mère, une mère ou une femme
Liberté de choix, de non choix, dilemme parfois, quelque fois, souvent
Désir d'enfant, de grossesse, d'être "grosse"
Désir de voir son corps, se transformer. Angoisse de le voir se déformer.
Images encore, miroir, regard, de soi, de l'autre, des autres, de l'Autre, de la société...
Regard de soi, vers soi,en soi
Regard supportable ou insupportable de soi, des autres sur soi
Image de femmes, paroles de femmes !

Entre tien



mercredi 2 septembre 2009

La dialectique perverse

Nous y avons à faire souvent, bien souvent, tellement souvent qu'on ne la reconnait pas.
Elle avance masquée, cruellement déguisée sous des aspects, doucereux, liquoreux.
Et nous ne nous méfions pas
Dialectique perverse !
On ne s'en méfie pas, justement parce qu'elle ne saute pas aux yeux, tout de suite. Pourtant le malaise est là, on le sent arriver, s'installer...Mais ?
On se dit alors que quelque chose ne va pas, que ça coince quelque part...On ne comprend pas.
Mal aise, mal être, il remplit envahit l'être...
L'autre et soi, soi et l'autre. Un dialogue, une relation, un lien ? Ou non ?
Absence ? Vide ?
Une réciprocité, cependant....
L'un ne se sent pas bien vis à vis de l'autre, il sent que l'autre ne "joue pas vraiment le jeu" ou le joue un peu trop au contraire.
L'un sent que l'autre est trop, fait en trop...
Comme si.
Une sorte de dialogue que personne ne comprend vraiment, ou feint de ne pas comprendre pour ne pas perdre la face : "Je te hais, mais tu ne le sais pas, ne veux pas vraiment le savoir, le montrer, alors tu préfères penser que je t'aime, et tu m'aimes alors en retour parce que tu n'as ni le courage, ni la force de me haïr".....
Amour versus haine. Haine versus amour
L'un est l'autre, l'un et l'autre, encore une fois, indissociables, intimes, liés, reliés,
Faut-il que l'aime haîsse d'amour l'idée de haïr l'autre pour que cette dialectique puisse se mettre en place
Une sorte de mise en scène. Un pas de deux, sans vraiment de rencontre, un décalage.
Tu es là, quand je n'y suis pas, mais j'aurai pu y être, et tu le savais, tu es arrivé un peu en avance ou en retard, pour être sûr que la rencontre n'ait pas lieu, vraiment lieu.
L'amour de la haine...Pas de faire mal, de faire, ni bien ni mal, justement, mots dénués de sens, vidés de substance
Curieuse rencontre, singulière histoire que celle de ceux là... Qui se rencontrent pour ne pas se rencontrer vraiment.
Une rencontre percutante, pourtant, qui heurte, sans prévenir,
La rencontre....
Une rencontre abusée d'êtres qui s'abusent. Etres ? L'un est, l'autre pas
L'un y est, l'autre pas
Perverse...? Pervers ?
Tout en finesse, en dentelle presque, la rencontre perverse a de multiples visage, facettes, elle emprunte divers masques qu'elle change au gré de l'humeur


L'un ustensilise l'autre. Instrument.. Sujet / Objet. Il convient de désujétiser l'autre, d'en faire un outil, un objet. Désingularisation.
Hannah Arrendt a bien expliqué ce mécanisme lors du procès de Nuremberg. Il reste vrai, définitivement vrai.
Il convient donc de réduire l'autre non à néant, mais pire : au rang d'objet, à le "chosifier" comme elle dit, il est plus facile ensuite de faire de, faire avec
Retirer toute humanité dégage de toute responsabilité.
C'est une possibilité...
Cela peut expliquer, cela permet...
Permet de se justifier, de s'autoriser aussi de soi même, à faire ça. A moins de ne pas différencier ce qui est de ce qui n'est pas, ce qui se fait de ce qui ne se fait pas. Mais nous rentrons ici, dans une autre forme de dialectique.
Il sagit encore une fois d'une relation triangulaire, l'un et l'autre et le quelque chose entre les deux qui coince, qui ne passe pas bien. Qui fait que justement la rencontre ne soit pas si simple, que la simple ligne droite de la communication bifurque vers une dimension trigonale, qui pose la complexité, et le questionnement
Questionnement pervers s'il en soit.
Relation perverse qu'il en soit. Qu'il en fasse, à ne pas savoir qu'enfer !

mardi 1 septembre 2009

Fin

Il n'est pas vraiment vieux, mais semble,comme on dit avoir fait son temps
Il avance, d'un pas pas vraiment alerte, mais il monte, il grimpe sur la colline...
Il s'arrête. Pas vraiment fatigué, mais lassé peut-être
Il ne bouge plus, ne regarde même pas le paysage autour de lui
Il ne s'interresse pas.
Il s'asseoit.
Il regarde, rien, pas grand chose.
Il regarde, lui, à l'intérieur de lui
Pas vraiment fatigué, lassé peut-être, de lui, des autres, de l'autre, du reste...
N'a plus envie de bouger, de se relever, de monter, de grimper, d'escalader
La colline ne l'interresse pas, ne l'a vraiment jamais interressé
Il s'est interressé, un temps, son temps, un peu pour faire comme tout le monde, mais au fond ?
Au fond quoi...
Alors il se demande sans trop de conviction ce qu'il fait là ?
Seul, planté, là au beau milieu d'une colline, au beau milieu de nulle part
Il en rirait bien, mais même de ça, il n'en n'a pas envie, plus envie
L'envie...
Et si justement c'était ça, l'envie.

L'en vie ?
L'envie de ne plus vouloir, de ne plus avoir d'envie
Il soupire
Il se dit que d'autres diraient qu'il déprime, qu'il n'a pas le moral, qu'il ne va pas bien...
Il sourit
Il ne s'est jamais senti aussi bien.
Et pourtant, il a fait son temps, même s'il n'est pas vieux, pas si vieux.
Mais il trouve qu'il a fait son temps, et qu'il est temps.
Il se demande alors ce qu'il reste, ce qui lui reste
Comme temps,

Encore.
Le temps qu'il reste, qui lui reste
Pour arriver au bout, à la fin, à l'ulitme, au soulagement, à la vrai fin, à sa fin
La fin, l'ultime attente, car, il lui semble qu'il n'en a pas d'autre, qu'il n'en n'a jamais eu d'autres, penser le contraire est mensonge et pire : illusion.
Illusion, il aurait vécu alors tout ce temps dans l'illusion
Mais l'illusion de quoi ? De rien, puisqu'il n'y a rien, et qu'il n'y aura jamais rien,

De passage.... Il est de passage, ici, un bref moment, qui pourtant lui semble bien long

Il n'a nulle envie de regarder en arrière, de faire le compte ou le décompte de ce conte à l'envers; Il n'a nulle envie de tricoter encore, de ramailler, de ravauder ou de détricoter quoi que ce soit
Il se dit alors, que peut-être bien il est fatigué
Fatigué de tout ça, de l'illusion
Il ne lui reste alors qu'une chose à faire, une et seulement une seule
Attendre
L'attente !
Il espère seulement que cette attente ne sera pas trop longue !
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Nota bene

Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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