Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

dimanche 8 octobre 2017

ll y a le rêve.

ll y a le rêve, celui où je suis avec elle, où nous sommes. ll y a elle et moi. 
ll y a le rêve, là où nous nous retrouvons depuis ces années où je suis sans elle, sans nous, elle loin de moi, moi loin d'elle; le seul endroit où je la vois, où elle me voit, où nous nous voyons. Cette fenêtre ouverte sur l'Univers et l'inconnu devenu familier.
ll y a le rêve.
Voyage hors du temps et du champ du réel, dans ce monde parallèle où nous sommes
identiques et autres, mêmes et différents. Où se joue le jeu du je qui le temps de ce temps devient un autre. Où nous sommes au rendez-vous.


ll faut écrire vite, au réveil, au saut du lit pour ne pas que ces mots se perdent pour ne pas que ce moment se dilue, pour ne pas que s'envole le moment de la rencontre. Que l'espace temps où ça se joue cette parenthèse singulière où nous sommes là et parlons, vivons, où je la vois, lui prends la main et l'embrasse. Cette faille temporelle qui s'ouvre au creux du sommeil afin que s'y logent les rêves et les désirs les plus fous, ou bien un scénario différent espéré ou redouté, mais une autre version du réel vécu heureux ou douloureux.
C'est le rêve endorm
i qui réveille le dormeur et imprime la trace et la trame d'un autre possible, d'une autre direction d'un autre chemin, d'un autre destin. 

ll y a le rêve.
ll y a le désir, si fort qu'il concrétise le rêve au sein même du rêve, car il ne peut avoir lieu nulle part ailleurs, Cet ailleurs devient alors l'ici, le maintenant du moment tant espéré. ll devient l'ici le temps bref d'un morceau de nuit, d'un court instant où se joue l'acte de la scène d'une vie; Scénario écrit et produit par le seul Désir, celui du sujet acteur du rêve sans autres spectateurs que lui même et sa mémoire.
l
ieu et moment privilégié hors du temps qui n'est pas mort, pas seulement suspendu mais tout simplement autre. une sorte de réalité temporelle hors champ. Un monde connu et cependant étrange ; théâtre singulier, où s'improvisent les drames, les retrouvailles, où on s'embrasse et on pleure où l'on rejoue la vie interrompue par le départ de l'autre, ou se met en place cet autre possible qui aurait fait qu'aujourd'hui on soit un autre.
ll y a le rêve,
il y a mon rêve, il n'est pas étrange mais il est familier car il me permet de te retrouver ; de continuer le chemin que d'autres nous ont interdit, ont interrompu. Ne t'en fait pas ; j'en connais la route, la direction, je suis une enfant arrachée, déchirée, volée à ceux qui l'ont aimée. Pendant des années et encore aujourd'hui je les retrouve dans ce lieu magique où celui qui peut toucher les étoiles n'a qu'à lever la main. ll suffit de vouloir ? Non pas vraiment il suffit de ne plus rien vouloir, de lâcher et de voir venir. Je n'ai plus peur car je sais que tu es au rendez-vous. Que ceux qui nous ont privé de nous, ne peuvent rien contre nous car à ce monde ils n'ont pas accès, ce monde est à nous. J'en suis heureuse même si les larmes m'empêchent d'écrire ; ce ne sont plus des larmes de douleurs, mais des larmes d'émotion. Nous avons r
i, parlé, tu m'as raconté. Nous ne dirons rien. C'est notre secret, notre monde pas si imaginaire que ça, et leur réel on s'en fout, toi et moi on sait qu'il n'y a pas que ça ! Le réveil ne m'effraie pas, je sais, je sens que tu vas bien et je suis là, tout près de toi.
ll y a le rêve : et il y a là, Anna et Mamina.
Je t'a
ime.

Br
igitte Dusch, historienne, psychanalyste.

dimanche 1 octobre 2017

Des rives




Elle dit :
"ll y a toujours la douleur et le chagrin au fond de mon coeur, quoi que je fasse je n'y arrive pas, ça tourne en boucle, ça part, je crois que ça part, mais non, c'est là, toujours et ça revient en pleine figure, parfois je ne m'y attend pas, je passe, je marche et je pleure. C'est une torture, je n'arrive plus à vivre vraiment. Je suis parasitée, envahie par le chagrin. Pourtant il ne faut pas rester là ! "

..................................
S
ilence

Elle d
it :

"Je ne parviens pas à arrêter de penser, je pense tout le temps, même la nuit je pense, ça m'empêche de rêver, la pensée, c'est une plaie, je nettoie, je panse, mais ça ne guérit pas, c'est là et ça s'ouvre à nouveau, encore et encore plus fort. Je crois que c'est fini, mais non, puisque j'y pense encore. Si je pouvais oublier, revenir en arrière..."

....................................

"Revenir en arrière ?"
..........................................
S
ilence

"Ou
i. Mais non, car je n'ai pas compris pourquoi la douleur, donc je ne pourrais pas changer, même en revenant en arrière. J'y ai pensé. Mais peut-on modifier les événements ? La cicatrice ne tient pas, je ne dois pas savoir réparer, mauvais pansement, mauvaise suture. Je suis un mauvais patient."
 

...............................
"Ou
i revenir en arrière ! Après tout pourquoi pas, j'y pense et m'y projette dans ce passé là, pour rejouer la scène ; me remettre en scène, refaire le scénario, mais il doit manquer des élèments du script, le temps passe, et la mémoire est sélective

...........
Je ne vois peut-être pas ce qui coince, ce qui a fait déraper, c'est ça. ! basta, il faut que j'arrête, ça tourne en boucle ce truc là, et je dois boucler, une bonne fois pour toute, ne plus y penser, mettre une croix dessus, plutôt que de porter la croix, d'ailleurs les croix je n'y crois pas."

Absolu, douleur absolue, je cherche, c'est là, on ne peut pas oubl
ier la blessure, vous appelez ça le trauma, c'est ça je suis traumatisée par ça, et je ne guérit pas. Je ne guérirai jamais, je mourrai malade, c'est terrible çà ! mais on peut aussi mourir de cette maladie là, le chagrin".


 .......................

"Revenir en arrière plutôt que d'avancer, alors qu'oublier c'est aller devant en jetant derrière cee qui était avant. Je ne veux ni l'un ni l'autre, 'j'aimerai seulement  être maintenant !


"Mais j'aimerai comprendre ce qui ne se comprend pas".


Br
igitte Dusch psychanalyste, historienne

mardi 19 septembre 2017

ll y a le silence


Silence, pas de bruit, pas de souffle
Rien
ll y a le silence,
Le silence du coeur, de la vie et de l'âme
Celui qu'on s'impose et celui qui s'impose
De lui même ou pas
Ca va de soi ou pas
Ca va de lui.
Elle dit :
"Tait toi", "ne dis plus rien" "je ne veux rien entendre". Se taire
Chut, chute, dans le grand vide, dans l'abime du silence
"Elle dit encore :
"Silence"'
Le silence fait sens à l'absence ou l'absence fait sens au silence, il en est la cause, l'origine, la réponse,
l'absence sans le silence n'a pas de sens, mais elle n'est pas le silence, comme il n'est pas l'absence.
Le silence est intérieur, intime, il est en soi, il est là, partout où nous allons, partout où nous vivons, partout où nous voulons, partout où nous le voulons, partout où nous le convoquons.
Au milieu du bruit et des tumultes.
Aussi, surtout, il faut.
Le silence est singulier ; il n'appartient qu'à ceux qui savent l'entendre.
Elle dit
"Je veux goûter le silence"
c'est une gourmandise, un plat de choix un mets d'exception, une délicatesse infinie, précieuse et rare
c'est un joyaux hors de prix et de portée. Un luxe à offrir, à s'offrir
Cadeau.
Mais
Elle dit :
"Je ne supporte plus ce silence, je ne veux plus entendre cette absence"
Elle dit :
"Le silence me tue, je n'en peux plus, je n'en veux plus"
Elle dit :
"Je meurs d'être seule"
Silence, mort, mourir.
Le silence l'abasourdit, le silence est le manque, le manque de l'absence et de celui qui lui manque
Le silence c'est ça aussi
Ou pas ?
Alors le silence maudit car il n'y a pas de mots dits, donnés, offerts, il n'y a pas de bruit, pas de bruissement pas de présence, pas l'ombre ni le souffle de l'absence
Le silence étouffe et enveloppe
Elle dit
Je suis le silence.

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne

dimanche 10 septembre 2017

10 septembre... день рождения


Nous Sommes nés tous les deux aujourd'hui
Tous les deux, toi et moi

Jetés au monde
ll y a des années
Plusieurs décennies.
Nous, toi et moi ; moi et toi
Nous sommes nés et nous avons grandi
Toi sur les rives glaciales de ce pays de neige et de gel. Amour
Et moi ailleurs, au loin sur les rives d'une obscure rivière. Haine
Si loin mais si proche !
Nous portons tous les deux les mêmes traces
De la guerre, de l'abandon et de la perte
Nous avons le même regard à ce qu'il parait et nos yeux de glace montrent l'abime du désespoir, de cette nostalgie et de cette peine de l'hier et de l'avant, sans regret mais sans véritable attente, même si demain sera meilleur ; à ce qu'il parait.Nous venons du même monde agonisant et moribond pour lequel nous gardons la même nostalgie, le même amour, la même tendresse.
Requ
iem
Tu es mon frère, mon jumeau, mon âme

Tu écris ce que je pourrai dire
Tu as mes mots pour mettre au jour ce que je pense, ce que je ressens et ce que je vis. 
Ce que tu penses et dis je pourrai le dire, l'écrire. Ta vérité est la mienne.
Toi seul a su trouver les mots pour décrire la terre d'Ardenne. Celle qui m'a adoptée. Toi seul en a décelé l'essence et le secret, a su percer son mystère sous la misère qui l'enveloppe, car elle nous ressemble.
Tu es moi et je suis toi !
Nous sommes mêmes et s
inguliers. Une singularité dans la différence qui fait que chaque être est unique mais se ressemble. Une sorte de double au même visage. 
Tu as cette colère et cette jo
ie qui éclatent sans prévenir ! ce rire et ces larmes qui font ce que nous sommes, les enfants désabusés, perdus dans le démesure et la cruauté, laissés au bord de la vie mais qui débordent de violence et de tendresse, d'amour et de colère. Nous sommes tout ça ! et ça nous sommes. ll faut que ce soit juste, rare, précieux, rigoureux, tant pis si ça fait mal, la vie ne fait pas de cadeaux, mais nous ne lui en faisons pas. Nous ne sommes jamais petits et tout est possible, même si on ne comprend pas. Pour nous la parole n'est pas qu'un mot, elle engage l'honneur. Nous sommes sans concession, ni pour nous ni pour l'autre, nous ne sommes pas pessimistes mais réalistes, même si parfois c'est pareil. La vie est comme elle est et c'est ainsi qu'il faut la prendre et l'aimer.
Nous sommes des survivants !
Les milliers de kilomètres qu'ils ont mis entre nous ne nous ont jamais séparés
Nous sommes le frère et la soeur, les mêmes : les âmes siamoises du bout du monde, inséparables pour l'éternité ! au delà de l'Oural, de la Volga et de l'Altai coule le même sang voguent les mêmes rêves, pleurent les mêmes larmes
Nous ne nous verrons jamais peut-être, mais nous sommes au delà de ça. Nous le savons, tu es là et je suis là.
Tes mots sont les miens ton silence m'habite
Notre
lien est indéfectible, indestructible, infaillible, notre force.
Nous avons nous reçu l'amour ; le seul et l'ultime : celui qui porte et advient dans la tragédie de notre vie ; celui qui a fait celui et celle que nous sommes.
Car nous sommes debout face à ce monde qu'on ne connait plus qui n'est pas le nôtre mais dont nous nous sommes affranchis dés notre venue au monde.
Nous sommes Toi et Moi, son enfant, son sang et son âme, elle nous a tout donné pour que nous soyons face à ce Réel cruel.
L'indestructible.
L'amour d'une Femme qui nous a transmis la langue, l'histoire et le mythe.
L'amour inconditionnel.

La Femme qui nous unit pour l'éternité.
Bon anniversaire mon Frère! Sois toi ! vis et longue vie !


Я люблю тебя

Br
igitte Dusch, historienne, psychanalyste.



jeudi 24 août 2017

Bien de la misère




Bien de la misère
Bien de la misère et bien du malheur ; il est rudement lourd le fardeau qu’il faut porter, il faut, car aucun choix n’est possible, c’est comme ça, bien de la misère et bien du malheur

Un poids dont on ne peut se défaire, dont on ne peut se délester, qu’on ne peut poser, jeter pour s’alléger. On aimerait pourtant ouvrir la valise pour la vider, pas totalement peut-être mais du moins en partie. Ca ferait du bien, ce serait moins lourd, plus facile à porter moins difficile pour avancer
Pour aller et venir sur la route, sur le chemin de cette vie qui semble pavée de larmes et de lames de fond qui vous submergent sans prévenir.
Ce n’est pas que c’est lourd, que le barda pèse ce n’est pas vraiment ce malheur là, car on pourrait peut-être ?
Ce n’est pas ça.
Ce fardeau là est dans la tête, dans le cœur et dans l’âme c’est ce même qui fout des coups à n’en plus finir, encore et encore sans jamais s’arrêter ! Alors comment s’en délester ? Est-ce une malédiction ce « mal dit » qui poursuit le sujet au point de le rendre fou… De douleur ? Est-ce une fatalité ? Fatum malin qu’on ne peut extraire avant qu’il n’ait distillé ses métastases et qu’il les ait ancrées au plus profond de la psyché ?
Tout ; tout est là pour rappeler que la douleur le chagrin et la peine sont les compagnons de misère sur tous les chemins de traverse qu’on tente d’emprunter jusqu’à l’Ultime destination. Car seule la Mort parait être la délivrance ; le Graal qui enfin  va libérer le sujet de son poids de malheur :
On l’espère, on le souhaite.
La Mort reste alors le seul espoir, le terme du chemin et du pauvre combat mené sans vraiment de succès ; cette minable lutte où on s’accroche, décidant d’un coup que cette fois c’en est bien fini que la coupe est pleine, qu’on ne se laissera plus avoir. On remet son titre en jeux et on remonte sur le ring ! Mais la vie est une garce qui ne laisse aucun répit, perverse maléfique tenant sa proie pour ne jamais la lâcher
On tombe, on se relève, brillant, fanfaron. Mais ça ne dure qu’un temps, vient alors celui où on courbe l’échine, car les coups sont trop forts, trop durs à encaisser, les meurtrissures trop nécrosées, les plaies ne se referment plus, les cicatrices craquent au moindre geste sourire ou larmes.
C'est auss
i la dernière bataille, le dernier combat d'où on ne se relève pas, car on ne peut pas, on ne veut pas. KO...
On déclare forfait et on gise sur le ring au milieu d'un brouhaha qu'on n'entend même plus. Puis malgré nous, nous voilà debout, encore !

Et le sujet moribond doit reprendre la route.


ll avance alors courbé, prendre les coups fait peut-être moins mal, le cœur lourd de malheurs et de misères, n’osant plus penser de peur de se briser les os, de rompre les veines et de se répandre, vieille flaque informe au milieu de l’univers sordide devenu sien. Et après ? Que peut-il arriver de pire, puisque le pire est là. Sauf que le pire est imprévisible et peut encore survenir pire alors qu’on ne s’y attend pas ou plus au détour d’une rencontre, retrouvailles ou entrevues qui auraient pu être heureuse !
Mais le bonheur n’est pas invité et ne s’invite jamais à la table du Commandeur.
Qu’on se le dise.
Alors il avance encore jusqu’à la délivrance, la mère Naissance qui le lavera des peines et allégera ses souffrances  enfin !
Courbé, rétréci, petit, bouffé par la vie, les rancunes et les rancoeurs de ceux qui pourtant il a aimé mais qui n’ont pas compris et l’ont accablé…
Pauvre laboureur ! pauvre manant ! pauvre passant !


Par le soleil ou par le mauvais temps, comme le petit cheval blanc, il s’en va sur son chemin de misère avec pour bagages reproches et dégoût en se disant qu’il lui faudra tenir jusqu’au bout ; que l’enfer est sur terre et que de l’autre côté, au mieux il n’y a rien au pire ça ne pourra être pire

Par le soleil et le mauvais temps, il avance, courbant l’échine, il en a b
ien du courage pour porter tout ce malheur ; toute cette misère !

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.

lundi 14 août 2017

Je voudrai

Je voudrai que le monde soit autre, soit autre que ce que les autres en font, ce que les autres et moi, puisque je suis aussi l'autre de l'autre et des autres
On est toujours l'autre de quelqu'un.
Autre soi même et autre de soi même aussi parfois

Je voudrai non que le monde soit meilleur mais soit autrement, soit différent
Soit différent et non plus indifférent
Car l'autre est indifférent pour l'autre qui lui est différent
Je voudrai que l'indifférence ne fasse plus la différence entre l'autre et l'autre
Que l'autre de soi même soit aussi l'autre de l'autre
Je voudrai...

Br
igitte Dusch, historienne, psychanalyste. ln "Les nouvelles d'Arsel".
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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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