Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

mardi 8 juillet 2008

Croire ?

Croire ou ne pas croire ?
Mais comment et pourquoi croyons nous ? Si nous croyons ?
Pourquoi ce besoin terrible, vital, essentiel de croire....De croire en dieu, en Dieu, en autre chose, en une autre entité, en l'autre, en l'Autre ?
Qui est dieu ? Dieu ?
Un sujet singulier, aussi singulier que le sujet qui lui prête vie ? Qui lui donne vie un instant, l'instant d'une vie ? De sa propre vie, pour l'aider à la vivre. L'accompagner tout au long, de ce chemin de pierres, de ce chemin de douleur, de souffrances...Dieu est-il alors nécessaire ?
Sans dieu est-ce possible ? Ou impossible ?

Croire, s'apprend ou non, s'inculque ou non ?
Héritage ? Transmission ?
Nait-on croyant ? Incroyant ? Crédule ? Incrédule ?
Ou faut il quelque chose, une sorte de révélation, de lumière, de rideau qui se déchire pour reprendre la métaphore d'Anne de Bourbon, pour voir enfin Dieu, ce dieu, qui se cachait, qui ne se montrait pas, ou qu'on ne voulait pas voir ?
Ou qu'on n'était pas digne de voir ?
Cet autre là, cet autre, pourtant là mais que jusque là on ignorait l'existence ? Cachez moi ce dieu que je ne saurai voir, que je ne pourrai voir ?

Faut-il des conditions particulières, pour l'apercevoir ? L'entrevoir seulement ?
Le fait-on apparaitre à la demande ? Suffit-il de rentrer en sa maison pour l'entretenir, ou nous entend-il de n'importe où ou de nulle part ?

"Dieu était où ce jour là ?" Me demande un jour le père d'une victime ?

Faut-il lui demander un rendez vous ? La liste d'attente est-elle longue ? A t-on vraiment une chance de le rencontrer ? Faut-il s'adresser directement à lui ? Répond-il lui même au téléphone ou charge t-il sa secrétaire d'éloigner les indésirables ?
D'abord qui est dieu ? Homme ? Femme ? les deux ?
Comme les anges ?

Croire, en Dieu, souvent, il suit le verbe. Au début était le Verbe !
Je crois sans croire, ou je ne crois pas tout en croyant, je voudrai bien y croire, mais je ne sais pas

Je crois mais je ne suis pas sûr, je ne crois pas, mais peut-être un peu quand même....
Au moment dernier, au moment ultime, quand on croit que c'est la fin, alors on croit, en la fin, en dieu.... Promet-il une fin plus douce ? Est-ce une certitude que cela, et celle ci adoucit-elle la fin ?
Mais la fin de quoi ?
De non recevoir ? De ne pas croire ? Croire en la fin ? La fin de croire ?

Croire est une éternelle question, en qui ? vient en suite, en quoi ? pourquoi pas ?
Une question mais un besoin, presque vital, essentiel...Mais où le place t-on ? A quel niveau de la hierarchie, de la pyramide se situe t-il ? Où le sujet qui croit ou ne croit pas le place t-il ?
Il faut manger, boire, se loger, vétir, vivre...Croire ?
Est-ce un besoin nécessaire à la survie, ou passe t-il ensuite, quand le reste est satisfait ?
L'homme a t-il besoin d'être repu pour croire ou est-ce l'inverse ?

A t-il besoin d'un dieu, d'un être suprême pour se rassurer, être rassuré, ne pas avoir ce sentiment désespéré et désespérant d'être seul au monde....
Mais nous sommes seuls au monde ! Seuls parmi le monde, dans le monde, dans notre monde, le monde que nous nous sommes crée, que nous avons investi... Que nous avons fait à notre image ? Ou l'a t-il fait à son image ? A moins que ce ne soit l'homme qui soit à son image, mais quelle image, l'image de dieu ? L'homme est-il à l'image de dieu ? Dieu à l'image de l'homme qui l'a imaginé, tiré par les forceps de son imagination d'homme, pour en faire un super homme, homme suprême parmi les hommes ?

Dieu est là, prés de nous, grondant, rassurant, aimant, punissant, récompensant, aimant, miséricordieux... Il suffit de demander, de prier, de louer, de remercier aussi....
Mais parfois il fait défaut, à en croire certains qui s'interrogent sur son absence, sur son oubli le jour où ils auraient eu bien besoin de lui...



Je n'oublierai jamais les paroles de ce vieil homme, ami de mon grand père, lorsque petite fille je lui demandai s'il croyait en dieu " dieu, j'ai cessé d'y croire lorsque je suis arrivé à Auchwitz" me répondit-il...
J'ignorai ce qu'était Auchwitz alors....

Mais dieu avait t-il quelque chose à faire là ? A t-il à faire dans les affaires des hommes, dans leur folie, dans ce monde à eux, dans ce monde qu'ils ont crée ! A leur image, non à l'image de dieu, alors, si dieu il y a, et un dieu à l'image de l'homme, si on considére que l'homme en est responsable, de sa cré a tion, de sa re cré a tion...

Est-il responsable de tout cela ? Si dieu il ya ?
Devons nous alors lui imputer, les guerres, la violence, la folie et la barbarie des hommes...
En est-il à l'origine ? Mais de quelle origine s'agit-il alors, la sienne ou celle des hommes ?

Je ne cesse de me poser la question, moi qui n'ai toujours pas résolu l'équation....
Dans le doute, dans le doute, je suis, je demeure et je reste...
Comme saint Thomas, je crois, qui ne croit que ce qu'il voit... Seulement moi, je ne vois que ce que je crois...
Cruel dilemme ? Illusion terrible ?
Donc si je ne crois pas, je ne peux pas voir, alors que si je crois, je peux voir...Tour de magie, mais où est le magicien ? Et qui est le magicien ? Réussit-il toujours les tours de passe passe, passe, passe et repasse, impair et passe, Un pair et passe, un Père et passe, mais passe quoi ?
Au nom du Père alors ? Un père tout puissant ? Un père qui passe sans voir, sans voir cette misérable créature, qui s'use et s'use à croire en lui.
Un père absent, le non du père, qui passe et ne s'arréte pas, mais s'arréter où et pour quoi ? pour dire quoi ?
Le nom du père, nom de Dieu ?
Un père, nous avons tous besoin d'un père...Un géniteur ? un créateur ? Père es-tu là ? Père me reconnaitras tu au jugement dernier ? Pourquoi dernier ? ultime jugement d'un créateur, d'un père qu'on ne connait finalement pas, un père qui donne sa semance, comme ça, sans s'inquiéterde ce qu'il adviendra...Un père qui passe,
"Père pourquoi m'as tu abandonné"
Cela revient à se demander pourquoi ? Où était le Père ce jour là ? Et les autres jours.....Que dieu soit disant fait....A son image encore ?

Un père qui manque, qui nous manque, qu'on appelle et qui ne répond pas... Défaillance du père, mauvais père, un père qu'on ne reconnaitrait pas ?
Un père inconnu ?
Sommes nous alors les enfants nés de père inconnu ?
Un père qui sème, et qui ne connait ni reconnait pas ses enfants ?
Alors sommes nous les enfants de dieu ?
Dieu est-il le père de ces enfants qui se prétendent de lui ? De sa lignée ? Qui revendiquent sa paternité ?

Il faut le croire, et le voir, le voir et le croire, ce père.... Erigé en dieu vivant, en dieu qui ne peut pas mourir, parce q'uil doit vivre encore des siècles et des siècles après nous qui sommes de pauvres mortels, mais qui ne sommes pas vraiment sûrs de vouloir cette fichue immortablité, car au final c'est reposant de mourir...Un peu...
Croire qu'apèrs la mort on retrouvera le père, on renouera ou on nouera des liens qu'on n'a pu nouer sur terre, car le père n'y était pas ?
Illussion ? Mythe ?
Mais pourquoi le Père ? Qu'avons nous fait de la Mère ? De la Déesse Mère ?
Croire ?

Qui es tu ?

mardi 1 juillet 2008

Chats

Curieux et insolite de parler de chats... et de chiens sur un blog consacré à la psychanalyse...
A la psychanalyse aujourd'hui !
Mais justement, ici on peut parler de tout, écrire sur tout ! Donc pourquoi pas sur les chats ?

Ce n'est pas seulement ma passion pour ces animaux qui m'incite à écrire cet article, mais aussi et surtout, la place que le chat, ou l'animal familier occupe dans la tête, l'esprit, la vie, le coeur des gens, des gens ordinaires, que nous rencontrons au quotidien, vous, nous, moi.
Mais aussi et surtout dans la vie des patients, des personnes âgées, (mais plus jeunes aussi) malades, que je rencontre à l'hôpital...

Le chat, l'animal familier est souvent au centre de leur préoccupations....Ainsi, ils deviennent parfois l'objet de conversations, de confidences, d'échanges...

Objet de toutes les attentions, de toutes les inquiétudes aussi, quand la "maitresse" ou le "maitre" de l'animal est hospitalisé... Parti pour plus ou moins longtemps, pour un temps parfois indéterminé, parfois pour toujours.

"Avez vous un animal ?"

C'est une question que je posais souvent aux Urgences quand une personne seule était admise. L'urgentiste, responsable du service s'enquerrait toujours s'il y avait un animal à bord du véhicule quand il se rendait sur les lieux d'un accident. Et prenait les dispositions nécessaires.
Une question que je pose souvent quand je rencontre une personne seule, isolée, hospitalisée, au hasard d'un malaise, d'une mauvaise chute....Au mauvais hasard d'un mauvais jour, qui l'a amenée jusque là.

Cela peut paraître surprenant, voire dérisoire, pour celui qui n'a pas d'animal familier.

Pourtant c'est important, voire essentiel pour celui qui blessé, malade, accidenté se voit privé de son compagnon, et le voit privé de lui... Brutalement. Et le voit privé de sa présence, et se demande qui va prendre soin de lui...


"Qui va s'occuper de mon chat ? de mon chien ? " me demandent parfois, les larmes aux yeux certains patients....A lzur demande, je me suis toujours employée à les aider à trouver une solution. Estimant que cela faisait partie aussi de ma fonction.
Une solution qui permettait de calmer une part de l'angoisse, de l'anxiété provoquée par cette inquiétude.
Une solution qui permettait au patient ou la patiente de se projeter dans un avenir, plus ou moins proche, mais d'envisager le demain : retrouver sa maison et son animal...Si possible.
"Il faut que je sois vite sur pieds, pour retrouver mon chien...." Un futur, l'espèrance d'un futur, une possibilité d'un autre futur.

Parfois il n'y a plus d'animal, pour se protéger de la perte, de la souffrance qu'occasionne la perte, pour se protéger de la peur de la perte, se protèger de la souffrance, car on souffre bien assez comme ça !
Pour éviter la perte, la sienne, et laisser l'animal, "Ce ne serait pas bien de reprendre un chat, à mon âge....Que deviendrait-il quand je serai morte ?..Qui en prendra soin" j'entends souvent ces mots, presques inaudibles, les yeux baissés, baignés de larmes.
Des mots scandant une fois encore, s'il en est encore possible, la solitude, la solitude d'être vieux, d'être seul, d'être loin, ou de voir et savoir les siens, ou ceux qu'on croyait tels, loin !
Ne pas leur infliger le fardeau de cet héritage dont ils ne voudront certainement pas...Déjà que ces autres là n'avaient guère à faire avec !
Des larmes, comme s'il y en avait encore à verser. De ces yeux qui pourtant ont déjà souvent tant et tant pleurés !

Pas des larmes sur soi, sur sa mort, mais sur la perte, la perte que l'animal devrait vivre.... La privation de l'amour, celle que cette vieille dame lui aurait donné....Pour ne pas infliger ça à un éventuel compagnon, elle se prive de sa compagnie. Témoignant ainsi d'un amour inconditionnel,
un véritable amour que celui là. Impliquant le détachement, le dénument et la souffrance d'être seul encore un peu plus longtemps, sans même plus se donner la peine de partager, de partager le trop plein d'amour que malgré la maladie ou le grand âge elle pourrait encore donner.
S'interdisant ce désir...
Ne voulant être égoiste, car cet amour là, repose bien sur un échange, une présence contre un peu de chaleur....Humaine ?

La présence d'un animal auprès d'une personne seule, ou agée ou seule et agée est souvent réconfortante, rassurante. Celle n'est pas seule, n'est plus seule, ne se croit plus seule, face à la solitude, à la solitude de l'abandon, de l'abandon des proches, à l'abandon de tous quelquefois.
L'animal de compagnie est alors une présence...Quand celle des humains fait défaut, quand il n'y a souvent plus que l'absence..
Une absence, terrible parfois...Si l'animal n'était pas là, aucune parole, aucun mot ne serait prononcé !

Rien ne serait dit !
Plus de parole, plus de langage, plus de langue......Plus d'échange...

"On pourrait me prendre pour une folle, me confie un jour une vieille dame, mais s'il n'y avait pas Noisette (sa petite chatte) je ne parlerai à personne, ou je parlerai toute seule !"

Substitution, illusion ?
Se donner à croire, s'amener à croire, se plaire à croire...Que l'échange est là, encore et encore, que la parole est là, encore et encore, et que ce petit animal, objet devient sujet d'amour, d'affection.
Le seul lien...

Mais le lien avec quoi ?
Quand le lien social est défaillant, ou n'est plus ?
Quand l'amour, l'intérêt, la reconnaissance de l'autre fait défaut ?

Absence, solitude et abandon....Isolement, repli, perte du lien social
L'animal est là, témoin, auditeur, confident muet d'une vie qui s'amenuise, qui s'étire longuement, lentement vers la fin.
Seul témoin de cette longue marche, l'animal familier est là, impuissant, mais rassurant par sa présence, par le fait d'être là, seulement là...
Un peu comme la télévision que certains allument, pour entendre une voix, ne pas être seul..
Etre seul au milieu du bruit, de musique, de parole qu'on entend mais qu'on n'écoute pas, Seulement ce "fond", assurant, rassurant, qu'il existe autre chose, une sorte de dehors, un dehors dedans, un dehors auquel on n'accède pas.... Mais pour se dire et se redire encore que ce dehors existe !

L'homme est un être social, il a besoin de son semblable, pour vivre, penser, parler... L'un et l'autre. Le lien social.
L'autre fait alors défaut à l'un qui cherche à combler ce vide, cette béance qui ne cicatrise pas, qui s'ouvre comme une plaie à chaque effort....
L'un fait alors défaut à l'autre, mais parfois il ne le sait pas, il se plait ou s'oblige à croire qu'il est devenu inutile et n'a plus rien à faire, ni affaire dans ce dehors qu'il ne reconnait pas, ou qu'il ne reconnait plus. Qu'il n'y a plus sa place
Il s'isole dans son dedans....Loin du dehors, qui lui manque tant, qu'il essaie plus ou moins adroitement de reconstituer...Un semblant, faire semblant, sang blanc, exangue de couleur, de teinte....Neutre, vide !

L'animal peut combler ce vide, du moins il essaie de le croire, et il essaie de replanter le décor ce décor d'avant...Où la parole était
Quand le verbe était !
Mais il n'est plus...


A tous ces vieux et vieilles qui m'ont parlé tant et tant de cet amour là....A Dora et son canari.

lundi 30 juin 2008

A corps parfait

Corps à corps,


Corps...
Parfait,
Par fait, mais fait de quoi ? Ce corps qu'on veut, qu'on aime, qu'on souhaite parfait.
Perfection... le corps aussi doit, se doit -être parfait
Sans rien de trop, ni trop, ni pas assez, juste la mesure, le corps qu'il faut..
Faut-il alors accorder le corps à la perfection, sans fausse note, être en accord, en bon accord cela vaut mieux.. Il parait !
Mais qui donne le la. Le la de cet accord ?

A corps parfait, vous devez être, vous madame, mais vous aussi monsieur..
Egalité des sexes..N'est-il pas ?
Cela vaut aussi en ce sens....

Alors le corps parfait devient un objectif, avant de devenir, d'être et de rester une obsession
Il le faut ce corps parfait, pour cet été, objectif vacances.....Car enfoui sous la masse informe des vétements, enveloppe protectice, salvatrice il peut être presque parfait....Ca ne se voit pas vraiment, même si l'autre le devine, le moi le sait lui....Que ce n'est pas parfait !

Mais les beaux jours, le soleil, les vacances, la plage et le maillot qui va en théorie avec exige le no défaut ! Zéro défaut ! C'est ça être parfait !
On ne plaisante pas, et il faut s'y prendre des semaines avant, voir des mois....Anticiper ce corps parfait ! le visualiser, l'imaginer, le rêver, le fantasmer....
Et commencer les régimes, les massages, les tisanes minceurs, les trucs et machins miraculeux sensés rendre à ce corps qui aimerait bien se laisser un peu aller, l'allure de la perfection.
Se laisser aller.... Expression à bannir, bonne pour les looser, les Omer Simpsons...
Il convient de se prendre en mains, en bonnes mains, pour masser, modeler, traquer le bourrelet, immonde et infame qui dépasse du satané maillot !
Qui dépasse.... Dé passe !
Immontrable à voir, et à montrer à voir ! Quel indécence
Quel laisser aller !
Comment ressembler à la Peggy du Saloon, à la fille du magazine, qui affiche en vous narguant ce corps parfait que vous n'aurez jamais !
Qui tout en affichant ce corps parfait se masse sensuellement avec la dernière crème minceur qui est sensée venir à bout de la cellulite ou de la peau d'orange...
C'est indécent !

Il ne faut plus rien manger, pas de sucre, pas bien ! pas de pain, pas bien, pas de gâteau, sacrilège
"Affamez vous", qu'ils disaient, et "vous l'aurez ce corps parfait"
"Il faut souffrir pour être belle" encore un aphorsisme qu'on se croit devoir prendre au pied de la lettre.

Il parait aussi que certains gagnaient leur pain à la sueur de leur front, c'est ce corps parfait qu'il faut gagner à l'arrache", à la force du poignet, par du poignée d'amour, mais à la poigne des abdos, des pompes et des km de jogging... N'oubliez pas de boire, car il faut éliminer !


Injonction perverse que celle là, corps parfait...Prenez soin de vous !
Comment prendre soin de son corps et le malmener autant afin d'en obtenir une perfection...
Faut-il maltraiter, torturer, ce corps pour en obtenir le meilleur de lui même ? La perfection.
Le torturer, le former et le formater... Lui donner les formes du modèle, le modeler selon...Selon le dicktat dicté par la mode, par les tortionnaires, les bourreaux des Temps modernes qui infligent la torture légale et légalisée. Une torture qui s'étale dans les magazines et que chacun et chacun s'inflige au quotidien
La meilleure des recettes, et qui fait vendre, qui fait vendre des recettes, pour atteindre non le nirvana, encore que ? C'est peut-être là la perfection !

Injonction paradoxale et schizophrène qui fait de l'homme et de la femme un objet, un objet qui devra et devrait être convoité par celui et celle qui rêve d'atteindre lui aussi cette perfection
perfection du corps parfait, imaginé et fantasmé, innatteignable et innaccessible, qui reste et restera la Terre Promise, celle dont on rêve mais qu'on n'ose imaginer etre sienne, atteindre un jour. Une nuit peut-être, en rêve, en rêve simplement,mais dont on ne parlera pas...Fragile rêve, porcelaine d'une nuit, pantouffle de verre qui redevient chausson difforme au petit matin....!

Corps parfait dont on rêve, corps fantasmé, sympbole du bonheur, mais d'un bonheur surfait qui ne comble pas les rides, mais seulement le papier glacé de ces magazines qui ne racontent rien, mais qui balancent à la figure, de manière indécente, des corps désincarnés et sans âme de mannequins de papiers sans vie et sans forme..

Cmment peut on rever de ça ? D'atteindre cette perfection là, cette per version là ?
Perfection versus perversion
Abus de langage, abus de substance, oui, de substance vitale qui à entrendre viendrait à l'encontre de ce corps parfait
Coprs parfait, lisse et sans âme
Nulle cicatrice de vie, de souffrance et de douleur, lisse à perte de vue, et perte de caresse, qu'on effleure sans toucher, car on pourrait le briser
Fragilité de ce corps presque sans vie objet inanimé qui n'a plus d'âme, âme qui s'est vendue au plus offrant des crèmes qui lui a promis d'oter, d'éliminer ce qui n'était pas parfait !

Un corps qui ne souffre plus de ne plus se souffrir, de ne plus s'aimer mais qui ne peut se hair, un corps qui ne s'appartient plus tout à fait, qui est allé rejoindre cette armée de corps parfaits, pour défiler sans rien perdre de la fanfare..De celle de ces fêtes imposées ou plus personne ne comprend pourquoi elle est là, et depuis si longtemps...Immuable...

Un corps qu'on aime, ou qu'on aime pas, c'est souvent le cas, qu'on aime tant quon maltraite afin qu'il soit parfait. L'amour est proche de la haine, la haine est proche de l'amour...Parfois même ils se confondent, ils s'entremèlent, et se mèlent tant qu'on ne sait plus vraiment de quoi il s'agit !

Parfait, c'est aussi une course, un challenge, aller au bout de ses forces, au bout de soi même, remporter le premier prix...Etre parfait, c'est toujours mieux qu'a peu près, à ce qu'il parait...

Comme un piaono que l'aveugle essaie à moultes reprises et sans succés d'accorder...Car quelque chose est cassé, qu'elque chose s'est cassé, cassé à jamais, il manque une pièce, introuvable, cet espèce d'objet a, qu'on cherche et ne trouve pas, une espèce d'obscur objet du désir, mais de quel désir ?

Parfait, pas imparfait, au présent et non au futur, maintenant, parfait un corps parfait

Mais de quelle perfection parle t-on au juste ?
Qui décide de quoi ? Et pour qui ?
Quelle est la liberté du sujet là dedans ?
Etre parfait, à la perfetion
Prendre l'injonction au pied de la lettre, au pied de la balance....
Ou faut-il s'en balancer justement, et balancer cette idée de la perfection qui n'est parfaite que pour les autres par les autres, mais qui n'a pas de sens pour soi ?

Pour être dans l'accord par fait ?

dimanche 29 juin 2008

Sacrifice


La mort ?

Qu'est ce que la mort ?
Cette question reste et restera sans réponse, personne n'en n'est jamais revenu pour nous le dire !
Et puis avons nous vraiment envie de savoir ?
Gigantesque continent inconnu, imaginé, imaginaire et fantasmé des milliers de fois.
Inconnu et inviolé, dévastant pourtant l'imaginaire et la réalité.
Dévastateur du symbolique....

Continent noir, territoire des ténébres, il constitue le Paradis ou l'Enfer de ceux qui pensent que l'au delà pourrait être, et être peut-être un monde meilleur.
Mais meilleur que quoi ? Que le monde d'ici bas ?
On se plait alors à dire, à croire et à faire croire, que l'enfer est sur terre, ce qui peut-être vrai, et qu'on serait tenté de croire, quand on y regarde bien, de prés ou de très prés...
C'est finalement effrayant
On se dit alors que l'au delà, si toute fois au delà il y a, ne peut être pire, on se rassure comme on peut, comme on veut, en s'inventant des histoires, en s'amusant à se faire peur !

Comme lorsqu'on est petit et qu'on se rend au cimetière, la nuit, quand il fait bien noir...Espérant peut-être voir quelques lucioles qui nous renseignera sur les morts, ou la mort !

Il y a toujours un monde meilleur que le monde dans lequel on vit, cela nous permet de vivre, ou de survivre. Il y a toujours mieux, toujours plus...Nous nous plaisons à le croire.
Mais en réalité ou en secret, on n'y croit pas trop, ou alors les jours de spleen ou les jours où on refait le monde par une nuit d'insomnie. Une nuit sans lune qui s'ouvre encore sur un jour sans soleil !
Pour se convaincre qu'on aura au moins une possibilité d'ailleurs, où il fera plus clair, plus chaud, moins chaud quand même que les flammes de l'enfer, où personne n'a vraiment envie de bruler
pourtant on est prêt à vendre son âme au diable, pour une poignée de dollards, ou quelques rides en moins
Non, pas qu'on ne veuille vieillir, mais on a pas vraiment envie de mourir, ou pire de vieillir vieux, alors si le diable s'habille en botox pourquoi pas ?
Lucifer n'est plus ce diable cornu mais l'homme qui manipule tout, la vie et l'ADN, les esprits et aussi les âmes.
Mais on ne s'en tire pas trop mal, car Lucifer était aussi le premier rebelle ! Alors, tout est peut-être permis !

Si on n'achète plus de places au paradis, on se dit que peut-être ?
Car le peut-être , c'est pas si mal, ca laisse une porte ouverte
Une porte ouverte vers le ciel
Le ciel, pourquoi pas la terre ?
C'est meilleur de s'élèver, ça fait moins mal que s'abaisser, vu qu'on a rampé pas mal d'années pendant sa triste vie, on aimerait quand même que le jour de sa mort on se hisse vers le soleil, sans trop s'y roussir les ailes, ou celles de l'ange qui viendra nous chercher !

Ah que la mort semble douce quand on y pense comme ça; Mais le mieux quand même c'est de ne pas y penser, ou d'y penser le moins possible, elle viendra assez tôt, nous cueillir sur le champs de bataille de notre misérable vie..

Alors qu'est ce que la mort ? Une simple vue de l'esprit ? Elle existe vraiment ou alors ce n'est qu'une invention pour nous faire peur ?
Vis bien sinon tu vas mourir !
Mais de toutes façon, on va mourir ! Tous, on le sait, même si on oublie, on zappe, on refoule, c'est la seule certitude de l'être humain, c'est le seul et même don donné à chaque nourrisson, la mort !
le même cadeau que nous recevons à la naissance
Notre seul bagage, en quelques sorte. Notre valise, notre héritage. Sans droit de succession, c'est totalement gratuit !
On se le traine plus ou moins lourd, pendant un nombre indéterminé d'années, nul ne sait quand les quatre soeurs couperont le fil, si elles le feront exprés ou par inadvertance... Encore une incertitude, dont certains aimeraient se passer, dont certains s'acharnent à connaitre ! En vain..
Cadeau donc..

Puis on en fait ce que l'on veut...Fais ce que voudras....Fais ce que pourras !

On passe sa vie à apprendre à bien vivre, ou a bien mourir, c'est selon, selon soi, selon sa culture, selon son éducation, selon nos croyances : celles qu'on nous a offerttes ou infligées, encore un joug dont on peine à se libérer.
Mais nous ne sommes pas égaux devant la mort ! Face à la mort... Certains meurent mieux que d'autres, plus vite, en ayant moins mal, plus vieux, plus jeunes, sans s'en rendre compte ! Certains se la donnent (quel cadeau se font-ils alors ?). D'autres la recoivent (quel cadeaux ?); d'autres l'infligent au nom d'une loi, d'un non, d'un nom dont eux seuls connaissent la règle qu'ils ont défini au préalable.
La vie est d'une injustice...Parfois ? Souvent ? Toujours !
Apprenez à mourir tonnait Bossuet du haut de sa chaire aux misérables qui s'étaient trainés jusque là, pour être vus !Et qui passaient leur vie à vivre ! Qui venaient là, histoire d'en rire.
Mais se rit-on de la mort ? Ou se rit-elle de nous ?

La mort n'est elle alors qu'une simple vue de l'esprit ? Une illusion entretenue tout au long de la vie, un simple passage non vers l'au delà, mais vers une autre vie ?
Tout s'arrête t-il quand le coeur s'arrête de battre ?
On se bat, on débat pour le savoir, dire et imposer ses vues sur le sujet, vaste sujet aussi vaste que la mort, mais celle ci reste un désert, un champ de ruines ou un paradis, cela dépend de la définition qu'on s'en donne, du moment où on se la donne....

On ne peut vraiment la regarder en face, ou alors on n'en revient pas, si on en revient, c'est qu'on ne la pas vu tout à fait, nous n'avons fait que l'apercevoir, au coin d'une porte qu'elle nous a claqué à la figure, nous disant qu'il n'était pas encore temps, que ce n'était pas le moment, qu'il nous faudrait attendre encore..
Encore ? Mais combien de temps ?
Tout serait-il écrit ? Mais écrit où ? Ecrit par qui ?

Elle ne semble pas si terrible vue de près, après tout, elle ne semble pas si terrifiante.
Vue de l'esprit, mais vue comment, comment l'esprit peut-il voir ça, l'imaginer et le fantasmer ?
Pulsion de mort ?
Pulsion de vie ?
L'un ne peut être sans l'autre, l'un dépend de l'autre, l'autre dépend de l'un. Curieux duo, où l'un doit céder la place à l'autre. Pas de mystère, on sait qui des deux sera le champion, encore que, parfois la lutte est âpre, et la vie ne se laisse pas faire, elle gagne la partie, du moins pour un moment, et ce n'est que partie remise, l'adversaire attend tapi dans l'ombre son heure, son heurt et son moment, où il viendra infliger sa revanche et laisser la vie KO au bout d'un seul round, le dernier. Il lui ravira à jamais son titre de champion, qu'il n'hésitera jamais à remettre en jeux, car il sera de toutes les manières vainqueur !
Le match est donc truqué, n'empêche qu'on s'amuse comme des fous parfois, ceux qui savent, ceux qui font de la vie un jeux, une pièce de théâtre, ceux qui décident d'en écrire le scénario et d'en modifier les épisodes au fil des rencontres, comme les soaps américains !
Après tout, la mort ne fait qu'un simple clin d'oeil à la vie.. Elle nous ouvre les yeux, avant de les fermer pour l'éternité !
Tout un art de vivre, mais aussi tout un art de mourir...
Ne pas rater sa mort, est peut-être (encore une fois une éventualité, mais la dernière) plus difficile que de ne pas rater sa vie. Si celle ci a été médiocre on peut tenter de faire une apothéose avec celle ci, pour que les adieux ne soient pas tristes et restent dignes, on n'ose alors tout ce qu'on n'aurait pas osé de son vivant, après tout ! Après nous, ne peut-il y avoir que le déluge ?
On entre dans la mort, un peu comme on rentre en religion (du moins en théorie, comme on dit) pour toujours, sans aucune possibilité de faire marche arrière, il n'y a pas de billet de retour, et c'est peut-être tant mieux ?
La dernière volonté est parfois au contraire de susciter des regrets éternels.... Regretté pour qui ? Pour quoi ? Par qui ?
Curieux départ que celui ci, douleur pour ceux qui restent encore un moment...

La mort n'est jamais belle, simple, mise vraiment en scéne, pour l'avoir vue, souvent, approchée trop souvent, cotoyée aussi quelque fois, frôlée....Belle n'est pas l'adjectif qui convient. Simple non plus...Elle arrive quand on ne l'attend pas vraiment....Il reste souvent ce souffle de vie, cette pulsion de survie qui pousse encore une fois au dernier combat.

Dernier effort, derniere ligne droite, dernier round...1, 2, 3....Puis on n'entend plus l'arbitre.... conter.
RIP

samedi 28 juin 2008

Etre mère

Naissons nous ainsi ? Ou le devons nous ?
Etre mère ? Devenir mère ?
Et si on le devient ? Comment le devient-on ? Ou comment ne le devient-on pas ?
La maternité, faire, attendre, donner naissance à un enfant, ne fait pas d'une femme une mère.
Mettre au monde ne rend pas mère....La femme qui accouche le deviendra peut-être, ou ne le deviendra pas. Qui le sait ? Elle ne le sait peut-être pas encore.
Elle peut le devenir, puis ne pas le rester. Sentiment fugace, douloureux, difficile et complexe.. Que la mèritude...

Durant des siècles, des millénaires et aujourd'hui encore on entretient ce mythe de l'amour maternel, de l'instinct maternel, de l'amour de la mère pour son enfant, du sacrifice de celle ci.
La mère qui n'est pas suffisamment mère, qui ne le montre pas à voir, qui n'est pas perçue comme telle est dénaturée .

Alors on s'émeut, on crie au scandale devant celle qui abandonne ses "petits"qui les rangent au fond du congélateur, qui les étrangle, les mettent à la poubelle, ou dans le fond de la cuvette des WC où elles viennent se délester de leur fardeau !
On s'interroge sur le degré de détresse, de solitude, de folie de ces femmes qui selon l'opinion publique ne méritent pas le titre de mère !
Ne décerne t-on pas ce titre ? Ce mérite ? Aux mères de familles nombreuses, qui ont fait assez d'enfants, de fils pour aller à la guerre et défendre les intérets des puissants, qui n'ont que faire de ces vies qui ne sont rien... Il n'y a pas si longtemps. On les récompense, et on les fête aussi !

Il ne s'agit ni de critiquer, encore moins de juger, qui serions nous pour ainsi faire ? De tenter de comprendre peut-être, mais aussi et surtout de s'interroger, de regarder en face un comportement qui choque, qui heurte la morale, la conscience, le sens commun...De ne pas se voiler la face en quelque sorte, mais de ne pas simplement voir...
De se demander pourquoi nous sommes choqués, dérangés, bousculés, par de tels faits ? Qu'est ce que cet insupportable et pourquoi il raisonne (ou pas ) chez nous ?
Toujours se demander ce qui nous dérange et pourquoi ?

Une mère doit aimer ses enfants. Il en est ainsi.
Mais comment faire ? Comment s'y prendre pour respecter au pied de la lettre cette injonction terrible : "tes enfants tu aimeras !"
Et les enfants des autres ?

Etre mère, ne s'apprend pas, même les anciennes" écoles ménagères" qui apprenaient à laver, langer et torcher le nourrisson, ne disaient rien de cet amour là, de cet amour qualifié de maternel puiqu'il allait de soi ! de soit !
Amen....Ainsi soit-il ! Qu'il en soit ainsi.... Allez en paix.
Mais en paix de quoi ? Et ainsi de quoi ?

Etre mère si on le devient...ou si on ne le devient pas : Pourquoi ? Comment ?
"Est-ce normal que je n'aime pas mon enfant ?" demande inquiète la jeune femme débordée entre travail, couches, biberons..."je ne lui en veut d'être aussi fatiguée..."
Mais quid de la normalité ?
Suis je un monstre parce que je suis une mère pas suffisamment bonne, pour ne pas dire mauvaise ?
J'ai parlé dans un précédent article de l'abandon, de ces femmes qui ne voulaient pas être mère et qui ont offert leur enfant, à une autre femme qui elle, se sentait mère, alors qu'elle ne pouvait donner la vie....
Paradoxe que tout cela ? Inquiétant et curieux...
Que de belles images que ces mères regardant béatement un nouveau né dans leur bras...Oubliées les souffrances de la grossesse, de l'accouchement, le corps déchiré, déformé par des mois d'attente et des heures de douleurs au milieu d'une salle de travail glaciale et impersonnelle. C'est un travail ! Arbeit Zimmer ! que d'accoucher ! Que de mettre au monde ! Que de donner le jour ! Que de donner la vie ! C'est laborieux... Quel travail que cela !
Mais quel en est le salaire, puisque le bon sens commun, toujours appelé à la rescousse nous asséne que "tout travail mérite salaire"
Est-ce le revers de la médaille ?

Les femmes parlent peu de ces moments là, de ses instants de détresse, dans la solitude terrible au milieu des lumières, des cris, des larmes, des ordres "poussez, ça y est presque, encore un effort..."
Un effort qui ne soulage pas, mais qui l'engage pour la vie ! Une vie sous contrat....Un amour maternel à donner, à dire, à montrer "qu'il est beau ce bébé" .

La femme doit alors devenir la mère de ce bébé, de cet étranger, de ce corps étrange et étranger sorti du sien, de ce parasite qu'elle a porté, aimé ou detesté peut-être pendant ces longs mois.
Peu de femmes en dehors du divan, du cabinet du thérapeute osent dire ! osent mettre des mots sur leur angoisse, leur souffrance, leur rejet, leur amour/haine à l'égard de ce petit intrus qui leur pompe tout, la nourriture, la vie aussi.... Sur l'ambivalence des sentiments maternels ou des sensations de la femme, mère en devenir.

Pourtant il va falloir être mère et le montrer... Comme sur les publicités ! Comme sur les images d'Epinal, qui aujourd'hui sont celles de la télé : Une femme épanouie venant d'accoucher un bébé superbe dans les bras...Plus belle la vie ?
La réalité, occultée, souvent, c'est tellement plus simple, est plus complexe...
On oublie de dire, la fatigue, les pleurs, les nuits blanches... Et il faut être mère, et le devenir !
Héroïsme ?
C'est alors un combat mené de front, sur le front, sur tous les fronts, qu'il faut affronter parfois seule, ou a deux, pire encore dans une solitude absolue, face à face avec sa peur, sa peur de ne pas bien faire, de mal faire, de ne pas faire, de faire trop... Une guerre, une bataille qui ne cesse pas, mais avec quoi ? Et contre qui ?

Une mère est-elle encore une femme ? Une femme est -elle une mère ?
Peut-on être les deux à la fois ? Passer de l'une à l'autre, de l'autre à l'une, comme ça ?
Mère versus femme ?
Femme versus mère ?
La mère tue t-elle la femme ? Est-ce la fin de la femme... On devient femme, puis on devient mère, et on se demande si on est encore femme... Si on le reviendra un jour ?
Etre mère et rester femme, devenir mère en étant femme ?
Les deux sont ils compatibles ? Incompatibles ?
Femme femelle qui attend des petits.... Femme femme qui désire et qui est désirée ?
Désirée désirante ?

"Aucune loi ne m'oblige à aimer ma fille" me dit un jour une femme hospitalisée qui refusait que le médecin contacte sa fille, sa seule famille, elle souhaitait finir ses jours seule. "Pourquoi lui demander de venir ? Nous ne nous aimons pas, et ne nous sommes jamais aimé,es et c'est bien ainsi."
Aucune loi, encore, peut-être un jour ? Vers une réglementation des sentiments ?
Qu'est ce que l'amour ? Est-on programmé pour ça ? L'avons nous dans les génes ? Pouvons nous le transmettre ? Le donner ? Le recevoir ?
Ces mères qui n'aiment pas étaient-elles aimées ? Et comment ? Comment peut-on donner de l'amour quand on n'en n'a pas reçu ? Que transmettre quand on n'a rien donné, quand il ne s'est rien passé ?
Pire encore, que le pas d'amour, la haine, la haine dans le sang, la haine en héritage.... Quid alors ?

Etre mère est une quête sans fin, on le devient, si on le désire, ce n'est pas me semble t-il une question d'instinct, de pulsion..Les animaux aussi abandonnent leurs petits, la chatte préfère certains de ses chatons....Nous sommes des mammifères, évolués, soit disant...Puisque nous parlons, nous pensons, nous élaborons, mentalisons, symbolisons... Mais la femelle humaine ne met-elle pas aussi ses petits à mort !

Etre mère n'est pas simple, n'est pas un exercice facile, il s'apprend chaque jour, à chaque minute, aimer un enfant, n'est pas aimer ses enfants, il arrive qu'on aime davantage celui là, que l'autre....Ou qu'on déteste plus celui ci que l'autre !
Il arrive aussi de les aimer aujourd'hui, les désaimer demain, ou le contraire !
Etre mère c'est du désir, rien que du désir envers l'autre, mais un désir désinterressé ! Paradoxe que ce désir là..
On ne fait pas un enfant, on ne donne pas la vie pour soi, pour son désir.... C'est le don de la vie à l'autre, à cet enfant, ce petit de soi, qui n'est pas soi, même s'il en est le prolongement, un bout qui reste, qui dépasse et qui normalement survivra... Un petit être dont il faut se détacher, qu'il faut détacher, des années après avoir coupé le cordon...
Ce petit là que le ventre de la mère a abrité, protégé, nourri, s'en ira, ira, aimera, et deviendra...
Si l'amour de la mère est là, s'il ne l'est pas, il lui faudra devenir autrement, mais il deviendra sûrement !
Ce petit là, élevé dans l'amour d'une autre, qui ne l'a pas porté, mis au monde, mais qui l'aide à grandir, à se construire... A devenir.
On peut être mère sans avoir donné la vie au sens propre, car donner la vie, n'est pas seulement accoucher de l'enfant, ce n'est pas forcément ça...
Quid alors de cet amour qui est sensé submerger la femme à ce moment là, qui la remplit soit disant d'un bonheur extrème, d'une joie incomparable (si on passe sous silence le baby blues, la dépréssion post partum, la décompensation d'un trouble bipolaire...Cachez s'il vous plait cette réalité sordide, triviale qui viendrait ternir cette belle image de la Vierge à l'enfant.... Au sourire, Immaculée conception...Car la femme, mère n'en n'est pas moins vierge, nulle souillure, nulle déchirure, nulle intrusion... Un bébé apporté par le saint esprit ou la cigogne !)

Mais l'amour maternel ? L'amour qu'on dit tel ! Les sentiments de la mère pour son enfant ?L'amour d'une femme pour un enfant... Pas forcément le sien, mais l'enfant d'une autre, un enfant qu'elle aura choisi, reconnu comme sien ! Porté à bout de bras, désigné ; "enfant tu es mien, je te connais et te reconnais comme tel ! Enfant je dois alors prendre soin de toi, je suis responsable de toi, je dois te donner la vie... Celle que tu vivras !"

Un amour tellement fort qu'il doit permettre l'abandon, celui de l'enfant, qui laisse la mère, la mère qui laisse l'enfant partir, loin d'elle, qui se sent déchirée au plus profond d'elle même, ces douleurs là sont celles de l'enfantement.....Aimer pour laisser partir, l'autre, à la quête de soi !

Etre mère est une histoire, l'histoire d'histoires de mère et de fils, de mère et de filles, de mère et d'enfant, d'amour et de haine...
Ambivalence des sentiments, des émotions...

Une histoire d'amour et de rencontre impossibles, sûrement parfois, que celle de la mère et de l'enfant, ou de la mère et de la fille, un rendez vous, où un des partenaires n'est jamais à l'heure, toujours en avance ou en retard, et l'autre ne l'attend pas.
Puis un jour, un des deux ne viendra pas, ne viendra plus, ne sera même plus en retard car il ne sera plus là.
Parti pour toujours...Sans avoir réglé les comptes, laissé l'autre en conte ! En conte de fées, qui ne s'est pas fait ! Qui s'est défait à force de décevoir....de recevoir, ou de ne pas recevoir.
Etre mère c'est ça, tout ça, aimer, ne pas aimer, haïr et détester, tout ça à la fois parfois....Souvent, parfois toujours.

A toutes les mères qui n'ont pas aimé leur enfant, qui ne les aime pas, qui ne peuvent pas les aimer, qui n'ont pas su, qui n'ont pas pu, qui aimeraient bien, qui ne s'en soucient pas...et qui m'ont confié leurs souffrance, leur peine, leur chagrin, leur non regret, leur absence de remords aussi.
A tous ces enfants qui n'ont pas été aimé, qui ont pleuré ce manque, jamais comblé, ce vide immense, ce trou béant, qui ont mandié cet amour perdu à jamais, et qui viennent demander à l'analyse de leur permettre de comprendre pourquoi...
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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
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Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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