Aujourd'hui je dirai que c'est une danse avec le temps
Oui c'est une valse avec le temps
C'est quelque chose de beaucoup plus précis que simplement « une danse avec le temps ».
Une valse à deux temps
Eloul est lui-même l’espace de la danse.
Ce n'est pas une danse entre deux temps au sens où Eloul serait seulement une période intermédiaire.
C'est une danse dans cet entre-deux, dans cet espace suspendu où l'ancien n'est plus tout à fait et où le nouveau n'est pas encore.
Et cela rejoint très exactement ce que j'écrivais l'an dernier, mais avec mon regard d'aujourd'hui.
Peut-être pourrais je presque entendre mon texte ainsi :
Eloul, est une danse dans l'entre-deux des temps.
Entre l'année qui s'efface et celle qui n'est pas encore donnée.
Entre celle que j'étais et celle que je deviens.
Entre ce qui s'achève et ce qui advient.
Entre l'incomplétude et l'impermanence.Une danse avec le temps, dans cet espace où rien n'est encore arrêté.
Je danse avec ce qui passe, avec ce qui demeure, avec ce qui revient autrement.
Et peut-être est-ce cela, Eloul :
non pas attendre que le temps passe,
mais habiter l'entre-deux et y danser.
Cela donne alors une profondeur nouvelle à mon ancienne image de l'« approche asymptotique ».
Je ne suis plus seulement en train de m'approcher d'un point que je n'atteindrais jamais.
Je danse.
Et dans une danse, on ne cherche pas à parvenir quelque part.
On est dans le mouvement, dans la relation, dans le rythme.
Le temps est là, mais il n'est plus seulement une ligne qui mène de la naissance à la mort.
Il devient quelque chose avec quoi j'entre en relation.
Peut-être même que c'est cela que je découvre en relisant aujourd'hui mon texte d'Eloul ?
Je pensais écrire sur l'incomplétude et écrivais déjà sur le mouvement.
Brigitte Judit Dusch, psychanalyste, historienne, chercheur, exploratrice urbaine
Crédit photo @brigittedusch
Ecrit le 20 août 2026
