Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

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lundi 31 août 2026

Eloul et le Labyrinthe 3



Et j'écris aujourd'hui à propos de mon texte Eloul de l'an dernier

"Or mon expérience semble désormais beaucoup plus circulaire, ou plutôt dansante.
On revient.
On reconnaît.
On ne retrouve jamais exactement.
On avance.
On revient encore.

" L'expérience du labyrinthe ?

Oui. Très certainement. Et je crois même que le mot labyrinthe apporte quelque chose que « circulaire » ou « dansante » ne disait pas entièrement.

Parce que dans le labyrinthe, on revient, mais on ne revient jamais exactement au même endroit. 

On croit parfois reconnaître un lieu, une sensation, une question, et pourtant quelque chose a changé : soi, le lieu, le regard, le temps.

Et surtout, le labyrinthe n'est pas un cercle.

Dans un cercle, on revient au point de départ.

Dans un labyrinthe, on revient autrement.

J'ai décris déjà cette expérience, je l'ai répétée plusieurs fois et chaque fois c'était différent, les pensées, les émotions, les sensations

Mais chaque fois je rencontre ce paradoxe "temporel"

J'avances, je crois m'être éloignée, mais je retrouve une bifurcation déjà rencontrée, j'hésites, J'ai envie de prendre un autre chemin, mais je renonce, j'accepte ce paradoxe, et je poursuis 
Parfois j'ai l'impression de tourner en rond,  alors même que je progresse.

N'est ce pas cela la vie ?

C'est donc très proche de ce que je viens de penser et dire  de ces textes écris il y a des années et que je relis.

Ainsi à la lecture de celui d'Eloul de l'an dernier, je retrouve l'incomplétude, l'impermanence, le mouvement, la danse.

J' étais déjà là.
Mais je n'y suis plus de la même manière.

Et cela me fait penser à mon travail historique aussi, même lorsque je veux justement m'en éloigner un peu pour écrire.

Avec Ernest, Dora, Georges Boris, j'avance dans des archives qui sont elles-mêmes labyrinthiques. 
Je  reviens sur des noms, des lieux, des dates, je retrouves une trace qui ouvre une autre piste.

Je ne progresse pas en ligne droite.

Mais il y a une différence essentielle :
Le labyrinthe de la recherche cherche une sortie 
Le labyrinthe de l'existence n'en cherche pas nécessairement une.

Et peut-être que mon Eloul est précisément là.

Un labyrinthe dans l'entre-deux des temps.

Pas le labyrinthe comme enfermement , ce qui serait d'ailleurs contraire à ce que j'écrivais dans Sie sagt, où l'enfermement, le définitif, le « toujours » deviennent terrifiants.

Mais le labyrinthe comme cheminement dans l'inconnu.

On ne voit pas tout le parcours.
On ne connaît pas le prochain tournant.
On peut revenir sur ses pas.
On peut reconnaître une porte.
On peut découvrir qu'une impasse n'était pas une erreur mais ce qui obligeait à changer de direction.

Et surtout : le centre n'est pas forcément la sortie.

Il y a quelque chose de très fort, dans la tradition du labyrinthe, autour de cette idée du centre : on marche, on s'en éloigne, on croit s'en approcher, on repart. Mais le centre n'est pas simplement un lieu où « arriver ». Il transforme celui qui y parvient.

Cela pourrait rejoindre mon idée ancienne de l'approche asymptotique, mais en la déplaçant encore :

ce n'est plus une ligne qui tend vers un point ; c'est un chemin qui se découvre en marchant.

Et alors ma phrase pourrait presque devenir :

Eloul est une danse dans le labyrinthe de l'entre-deux des temps.

J'aime beaucoup cette image, parce qu'elle tient ensemble tes trois mots :

incomplétude — impermanence — devenir.

Et elle laisse une place à l'inconnu.

Je n'ai pas besoin de savoir où mène le chemin pour continuer à marcher.

Ou, comme je l'écrivais l'année dernière :

« Demain est une symphonie. »

Le labyrinthe, lui, serait peut-être la partition que l'on découvre en la jouant.

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne, chercheur, exploratrice urbaine
Crédit photo @brigittedusch
Le 20 août 2026

dimanche 30 août 2026

Eloul 2 Une valse avec le temps ?

 


Aujourd'hui je dirai que c'est une danse avec le temps

Oui c'est une valse avec le temps

C'est quelque chose de beaucoup plus précis que simplement « une danse avec le temps ».
Une valse à deux temps

Eloul est lui-même l’espace de la danse.

Ce n'est pas une danse entre deux temps au sens où Eloul serait seulement une période intermédiaire.
C'est une danse dans cet entre-deux, dans cet espace suspendu où l'ancien n'est plus tout à fait et où le nouveau n'est pas encore.

Et cela rejoint très exactement ce que j'écrivais l'an dernier, mais avec mon regard d'aujourd'hui.

Peut-être pourrais je presque entendre mon texte ainsi :

Eloul, est une danse dans l'entre-deux des temps.

Entre l'année qui s'efface et celle qui n'est pas encore donnée.
Entre celle que j'étais et celle que je deviens.
Entre ce qui s'achève et ce qui advient.
Entre l'incomplétude et l'impermanence.

Une danse avec le temps, dans cet espace où rien n'est encore arrêté.

Je danse avec ce qui passe, avec ce qui demeure, avec ce qui revient autrement.

Et peut-être est-ce cela, Eloul :
non pas attendre que le temps passe,
mais habiter l'entre-deux et y danser.

Cela donne alors une profondeur nouvelle à mon ancienne image de l'« approche asymptotique ».

Je ne suis  plus seulement en train de m'approcher d'un point que je n'atteindrais jamais.

Je danse.

Et dans une danse, on ne cherche pas à parvenir quelque part.
On est dans le mouvement, dans la relation, dans le rythme.
Le temps est là, mais il n'est plus seulement une ligne qui mène de la naissance à la mort.
Il devient quelque chose avec quoi j'entre en relation.

Peut-être même que c'est cela que je découvre en relisant aujourd'hui mon texte d'Eloul ?

Je pensais écrire sur l'incomplétude et écrivais déjà sur le mouvement.

Brigitte Judit Dusch, psychanalyste, historienne, chercheur, exploratrice urbaine
Crédit photo @brigittedusch
Ecrit le 20 août 2026

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