Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

jeudi 24 septembre 2009

Libres

"Nous sommes libres de tout, sauf de ne pas être libres"
Jean Paul Sartre...

Si cela vous tente, de réflechir, de méditer, et surtout de partager, je serai très heureuse de lire les commentaires et d'en parler !

mardi 22 septembre 2009

Soraya

C'est par hasard (?) que je suis tombée sur la diffusion de ce téléfilm en zappant sur mon "OK"
Pas très envie de regarder quelque chose de long, compliqué alors nous nous sommes dits que "Ca ferait l'affaire" sans trop d'entrain
Je ne connais que trop peu l'histoire de l'Iran, j'en sais ce que m'en ont dit mes amis (dont un très cher, que j'aime beaucoup) qui ont fuit ce régime du temps du Shah... Je connais encore moins cette princesse, j'avais entendu son nom, toute petite... "Pauvre Soraya !)
Peu convaincue par le glamour et le côté "roman feuilleton" du début, je me suis pourtant laissée portée par les deux parties de l'histoire
Histoire triste et terrible qui débute pourtant comme un conte de fées
On oublie souvent que ceux çi, contrairement à la légende, finissent, comme le chante Catherine Ringer"mal en général"
Celui ci particulièrement.
Et de penser ensuite : La Femme, encore elle ! Qu'elle soit princesse ou roturière son sort n'est guère enviable, vraiment...
Une femme, acceptable, et qui pourra être une mère. C'est surtout ce qu'on lui demande, ce qu'on attend d'elle. La transmission, et quelle mission que celle là !
Le destin de Soraya, se résume à la fonction de "mère porteuse d'un héritier"
Au XX° siècle !


Peu à peu me sont revenues ces réflexions, cet "engouement" pour cette princesse des mille et une nuits, aimée, adulée puis abandonnée, reniée, répudiée, parcequ'elle n'a pu enfanter.
Ventre vide.... Vacuité...Exilée.
Il ne lui resta que le titre de princesse ! la Belle Affaire
Quand les petites filles rêvent et jouent à la princesse, belle robe, bijoux...Parures, diamants et dentelles...Prince Charmant...En rêve, fantasme.
Mais en vrai ?
Tragédie ?
"Princesse aux yeux tristes" C'est ainsi qu'on la nomma, après, quand loin du Palais, la pauvre femme se réfugia dans sa peine et son malheur, celui de ne pas avoir été capable d'être mère, de ne pas avoir été une mère, de ne pas avoir donné un héritier.
Bonne à rien !
Tragédie !
Ces yeux tristes...
Elle me rappelle une autre princesse, qui avait elle aussi ce regard triste, si triste..
Pourtant, elle a donné un héritier. Elle
Le sort des princesses n'est décidement pas enviable !
Et de se demander encore pourquoi ces destins là suscitent des réactions, de la sympathie, voire de la compassion du public, des autres, de ceux qui regardent, qui voient, spectateurs passifs et voyeurs de ces vies brisées ? Qui assistent impuissants à la vie de ces soit disants puissants.

Comme si quelques part, ces autres là, ne trouvaient pas ici, dans ces vies là, une part d'eux même, un fragment de puzzle, un morceau de souffrance, un vestige de quelque grandeur, espoir, douleur passée.. Ou à venir ?
Comme si cette souffrance, ces malheurs, ces peines, ces chagrins ne rendaient pas plus proches ?
Comme si finalement, ces destins grandioses, enviables n'étaient que pitoyables...Il semble alors que cette pitié fascine.
Ou bien elle émeut, elle ne laisse pas indifférent, ces souffrances montrées à voir, font pleurer dans les chaumières. Comme si le malheur était plus accéssible que le bonheur. Qui lui fait des envieux.
Troublant !
Soraya, princesse aux yeux tristes, princesse dans une cage dorée, princesse qui n'a pu voler des ses propres ailes brisées par... ?
Curieux destin que celui de ces femmes "célèbres", dont la vie privée se confond à la vie publique...Mais y a t-il une frontière ? Un infime limes qui peut départager, cliver ?
Je me souviens de ces difficultés rencontrées lors de mes travaux de recherche en Histoire, devant ce corpus que je ne savais ordonner. Mon directeur de thèse vint à mon aide et me dit"vie publique et vie privée... Peut-être ? "
Mais comment faire cette diffèrence ? Je n'en vois pas, il n'y en a pas ?

C'était par là, qu'il me fallait donc commencer...

mercredi 16 septembre 2009

Image 5

Elle passe la plupart de ses après midi à faire du shopping, elle n'a pas grand chose à faire, d'autre.
Elle s'ennuie, sortir, faire les boutiques, ça la distrait.
Elle n'arrive pas vraiment à s'occuper autrement..;

Les enfants sont grands maintenant, ils ont quitté la maison, elle y est seule la plupart du temps, son mari travaille, il est absent, alors elle s'ennuie
Quand les tâches ménagères sont terminées, elle sort, elle ne regarde pas la télé, comme ses copines, ça ne l'interresse pas, elle ne lit pas, ou alors quelques magazines féminins.
Des magazines qui parlent de mode, de maquillage, de nouveautés.
Elle ne va pas non plus au cinéma, ça ne l'interresse pas !
Alors elle sort, elle va en ville, ou prend sa voiture et va dans les grandes villes de la région
Elle s'y promène des journées entières, rentre dans toutes les boutiques, n'achète pas forcément, mais se laisse quand même tenter, par un "sac", un "petit haut", un vétement qui s'il ne l'est pas, devient vite indispensable... pour elle
Elle n'en n'a pas vraiment besoin, même pas du tout. Mais elle le voit, le repère, l'essaie, hésite parfois, le laisse, puis y pense, elle ne pense même plus qu'à ça, cela devient dit elle "une obcession"
Il lui faut alors, elle repart dans le magasin, appele la vendeuse de son portable pour qu'elle lui mette de côté...
Elle essaie, des vétements, à n'en plus finir, il faut être tendance "fashion"
Elle lui faut posséder le sac ou les bottes vues sur le dernièr magazine... Elle aime les vétements, s'habiller.
Elle change tous les jours, plusieurs fois par jour, parfois,
Quand elle rentre, elle déballe ses achats, et se demande où elle va les ranger, alors elle reste des heures devant son armoire et se demande ce qu'elle va entasser dans une valise pour les mettre au grenier. Les ressortir un jour "la mode est un éternel recommencement"
Elle sait qu'elle n'a pas vraiment besoin de tout ça, mais c'est plus fort qu'elle, elle a besoin d'être, et pour être, il lui faut avoir. Avoir pour être vue, regardée, des autres.
Elle sait qu'elle est, qu'on la regarde parce qu'elle a sur elle les derniers vétements de la dernière collection de la boutique la plus chère et la plus en vue de la ville
Ca lui donne une certaine assurance, ça lui permet d'être...
Elle ne parle jamais d'argent, de ce que ça coûte, de ce que ça lui coûte "'j'ai encore fait chauffer la carte bleue.. " dit-elle en riant
Elle ne parle pas non plus de ce qu'en dit sa famille, son mari....Comment ils trouvent ses derniers achats...
Elle fait attention à elle, à son image, sa ligne..."Si jamais je ne rentre pas dans un 36, ou un 38, c'est catastrophique, je ne mange plus, je fais du sport, jusqu'à temps que je puisse retrouver une taille normale"
Elle ne pense jamais que les tailles peuvent varier, que parfois un 40 peut-être un 38....C'est elle qui ne va pas... Alors !
C'est elle qui est en cause, c'est elle qui est la cause
C'est elle qui est face au vide, au vide de l'ennui, à cet énorme gouffre, qui telle une spirale l'aspire...Elle a sûrement tenté de se débattre, de se défendre, de résister.
Et puis à quoi bon !
Alors elle achète, elle dépense pour remplir, elle compense, l'argent qu'elle lache, le moins pour engouffrer tous ces plus dans son armoire.
Pour se revêtir de tous ces a tours qui lui donnent la vie, qui la font être alors qu'elle ne fait qu'avoir.
Avoir...Ne faire qu'avoir, se faire avoir, avoir fait...
Avoir, être, devenir, rester
Verbes d'états..........................................................

lundi 14 septembre 2009

Désujetisation

Désujétiser, ce verbe n'existe pas, désujétisation non plus, mais ce néologisme me parait décrire exactement le processus qui consiste à oter sa qualité de sujet à l'être humain
De sujet il devient objet
Se trouve, se retrouve au coeur de la possiblité de manipulation.

C'est une opération singulière et méthodique que celle là, scientifique, presque tayloriste
Une opération de désincarnation, de décorticage, de démontage, méticuleux, précis, ordonné
Certains en deviennent maitres.


Désujétiser
C'est partir du postulat que sujet il y a. De se placer de ce côté là. D'y rester, côute que coute.
Il se conforte dans sa position de sujet

Toute la réussite de l'opération consiste en la considération de l'autre, ou plutôt en sa déconsidération
Ne plus le reconnaitre comme sujet. Si l'autre est différent, singulier dans sa position d'autre justement, semblable mais différent. Il devient différent, autre autrement
De sujet il devient objet.
Ainsi convaincu de cette différence, les rapports de force, ou tout simplement les rapports relationnels ou communicationnels ne sont plus équilibrés. La balance penche forcément plus d'un côté que d'un autre.
Objet. S'adresse t-on à un objet ?
On assiste alors au schéma suivant : un sujet A qui entre en relation avec un sujet B qu'il a objectivisé.
le sujet A jouit de sa puissance de sujet et peut user de B, objet, en toute quiétude, et surtout en l'absence de culpabilité.
La banalisation de l'autre...Donc se donner la possibilité, s'autoriser de soi même à en user, en abuser. Instrumentalisation.
L'objet ainsi est soumis à la destruction psychique lente et méthodique de son "agresseur"
Agresseur qui lui aussi, c'est plutôt banal est un sujet ordinaire. Une sorte de monsieur "Toutlemonde"
Avec un profil singulier, qui tire sa jouissance dans la désujétisation de l'autre.... Son instrumentalisation
Pas forcément pour l'utiliser, mais surtout pour jouir de cette perte de qualité de sujet de l'autre anéanti...
S'installe alors un rapport particulier, une relation dysfonctionnelle. Une relation qui ne tient pas, qui cloche car elle fait mal, elle fait mal à cet autre qui a perdu sa qualité de sujet
Une relation qui n'est plus à armes égales. Car c'est bien d'armes qu'il s'agit, d'absence d'arme
Un est armé, l'autre n'est pas, un peu comme s'il tirait dans le dos...
Harceleur, agresseur, victime, agressé
L'un et l'autre, mais l'autre n'est pas l'un
Un des deux y laisse sa peau, son moi peau, ce qu'il est.
C'est un deuil impossible à faire, car inreprésentable, car insidieux...
L'un donne les coups, l'autre les reçoit, mais ce n'est pas aussi simple que ça.... Il se passe quelque choses dans cette relation là, singulière qui s'est nouée entre ces deux là...
C'est peut-être du côté de ce lien là, de ce qui s'est tissé qu'il convient de s'interroger
Comment, quand et pourquoi ?

Reg arts


samedi 12 septembre 2009

@mi

Ce jour là elle est triste, désespérée..
"Je viens de perdre un ami"
Silence...Puis elle se reprend, devant mon regard interrogateur..
'Un ami ?"
"Oui, enfin, c'est sur internet, vous savez, je suis inscrite sur ....et j'ai des amis, des tas d'amis et ce matin, je vois qu'il en manque un..."
Silence, elle se reprend
"Oui, je regarde plusieurs fois par jour combien j'ai d'amis, des personnes qui demandent à être mes amis, ou qui acceptent mon invitation à le devenir..."

Elle est inscrite sur ce réseau social, depuis quelques temps, elle y a des amis, la plupart elle ne les connait pas, ne les a jamais vu, et ne les verra sans doute jamais.
Un nombre d'amis, important, sorte de baromêtre de popularité, témoin du lien social qui se crée, qui se fait, se noue au hasard de rencontres virtuelles, d'inscription à des groupes, pages, discussions, intérêt commun
Des amis.

"Ami, ce mot là signifie quoi pour vous ?"
Elle hésite, ne sait pas vraiment quoi et comment répondre
Puis "Je ne sais pas exactement dire, des gens.."
Puis de parler du net, des forums de discussions, de tout ce temps qu'elle passe derrière son écran devant son clavier
"C'est facile, un clic, on parle, on discute, on raconte, on voit ou non, on chatte, tout ça de chez soi, sans mettre le nez dehors
Justement le nez dehors, elle le met de moins en moins
"Pour faire les courses, et encore, tout ce que je peux commander sur le net, je le fais, c'est mieux"
Gain de temps, pas vraiment, du temps elle en a, peut-être trop, justement, un trop de temps qui fait vide, qui donne le vertige...
"Et cet ami perdu ?"

"Il manque un ami sur ma liste, il n'est plus là, il est parti, il s'est rayé de ma liste...
J'ai fait des recherches pour savoir s'il était toujours inscrit, il l'est, mais n'est plus mon ami.. "
Silence
"Je ne comprends pas, je n'ai rien dit, d'ailleurs je ne lui ai jamais vraiment parlé, en fait, j'ai simplement cliqué sur le lien pour accepter cette amitié.."
Elle me regarde "oui, on clique pour accepter ou non, c'est bien..."
"Cela me faisait 80 amis, vous vous rendez compte, moi qui ne voit jamais personne !"
Nous y voilà donc...
Jamais personne.
Et d'expliquer que : "En vrai, dans la vie de tous les jours, je ne vois personne, je ne connais pratiquement personne, la caissière de la superette, le facteur parfois...un voisin.. Mais sinon..."
L'isolement social. Voulu ? Cherché ? Souhaité ? Suscité ?
Crainte de l'autre, de son regard, de son être "en vrai" de sa présence dans le réel ?
Refuge dans le virtuel ou un seul clic engage une relation d'amitié ?
Mais quid de l'amitié ?
Elle ne peut définir ce terme, elle ne sait pas, elle parle bien des copines qu'elle avait en classe, des filles avait qui elle sortait, des gens avec qui elle travaillait

Mais ce n'était pas des amis..
Alors, ces vignettes, au coin d'un profil, ces gens, ces personnes inconnues, sont des amis ?
Et pourquoi ?

Plus tard, nous essayons de parler de cette perte là, de cette désinscription de sa liste, de cette dés affection. De cette dé faction. De cet abandon.
Abandon, il s'agit bien de cela? La perte, d'une amitié... Virtuelle relation inconnue, d'un inconnu,
Pourtant elle ressent quelque chose de très fort, de la peine, du chagrin, une certaine souffrance, celle d'être le "mauvais objet" qu'on laisse au bord du chemin qu'on déclique...
Elle culpabilise, se demande ce qui sur son profil, sa photo ses commentaires aurait pu déplaire à cet ami qui l'a quitté...
Elle ne peut admettre qu'elle ne porte aucune responsabilté. Elle souffre.
Une souffrance bien réelle, qu'elle reconnait cependant disproportionnée et irraisonnée, mais qui est pourtant là, et contre laquelle elle ne peut rien.
Contre laquelle elle ne peut rien, vraiment, qui fait qu'elle se sent ridicule, mais c'est ainsi
Si cet @mi l'a quitté, c'est que....
Il y a donc du manque, du moins 1 sur sa liste, du moins qui retire du plus
Un moins d'amour, d'amitié, un moins qui s'est retiré
Qui lui est retiré !
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Nota bene

Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

Vous étes venus

compteur visite blog

map