Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

dimanche 18 janvier 2015

Maux de mots

"Les mots font mal pas de les entendre mais de les dire...
Les mots je ne les trouve pas, pas vraiment, pas exactement, pas le bon, pas celui qu'il faut.
Les mots je ne m'en souviens plus, je ne sais plus comment on dit, ou on devrait dire,
Les mots, ils s'envolent, je les perds, je les oublie, c'est comme ça, je n'y peux rien !
Les mots c'est des maux, c'est pour dire j'ai mal, alors je préfère les taire, mais pas me taire, alors j'ai mal, mal dans mon corps, mal à mon corps, c'est peut-être plus simple ?
Les mots, longtemps je n'ai pu les laisser aller, hors de ma bouche, hors de mon corps, hors de moi, en dedans, ils restaient là, bien cachés, tout au fond, comme coincés.
Les mots ? Vous croyez qu'il faut vraiment les dire, les vrais ceux qu'on pense, qui ne sont pas beaux, les mots gris, gros et moches ?
Les mots, les gros mots, ce sont eux qui me viennent, ils ne sont d'ailleurs pas si gros que ça, ils sont fleuris, ils sont lourds, ils font du bruit, comme des merdes qui tombent, c'est le bruit, le choc des mots et c'est jouissif. Ou jouissant ? Je ne sais pas, les deux peut-être. Enfin, bref ça fait du bien (éclat de rire).
Les mots doux qui ne le sont pas tant que ça, sucrés, salés, piquant, je te pique et tu me piques, tu fais mal, mais je peux faire pire avec la langue, la langue des mots, celle qui blesse, la langue sexe, la langue sexuelle qui touche sa cible et ne la rate pas. la langue qui pique, langue à la sauce piquante !
Les mots d'enfant, na, ra, minou.. (rire) minou ! mot d'enfant ? Comme les sucettes à l'anis ou pas, ça m'a toujours fait rire, play a joke !
Les mots en toutes les langues, je les assemble et les colle dans un discours incohérent pour les autres, mais qui prend tout son sens pour moi, car les autres, ces mots les emmerde et cela me plait bien à moi de les emmerder comme ça, avec mes mots à moi, mon monde à moi.
Merde, c'est un mot que j'aime bien, un mot que j'emploie souvent, ça résume bien ma vie, finalement, ou la vie tout court, c'est une merde, nous venons comme de la merde et finissons en merde... Ah non, en poussière, mais finalement c'est pareil, merde tu es, merde tu finiras. C'est comme ça !
J'aime les mots, justes, précis, le mot, avec ce le défini, celui qu'il faut exactement, à cette place dans cette phrase, il faut que le mot s'emboite comme une pièce de puzzle, qu'il vienne se mettre là tout bien à sa place. Et c'est moi qui ait ce pouvoir. De l'y mettre ou pas
Le mot qui bouche le vide, qui le remplit, parler pour ne rien dire, pour ne pas sentir ce vide, ce blanc pas supportable, même pour dire des conneries, je parle, je mets des mots partout.
Mot, cailloux, pour baliser la route, pas perdre le nord, mots boussoles.
Je joue avec les mots comme je joue aux échecs ou au carte, je suis le maître des maux et des mots, et du jeu, je fouette les mots, fouette cocher et cours jusqu'à en crever, ton dernier mot sera ton dernier souffle, d'ailleurs je pense souvent aux derniers mots de mes derniers maux.
Les mots de la folie, ceux qui tournent en boucle dans mon pauvre ciboulot malade, pauvre tête qui était bien remplie et qui se vide comme une vieille gamelle, je suis bon à foutre en l'air, foutre mots. foutage de maux, foutre, c'est drôle ça, foutre ? en l'air, s'envoyer en l'air et y rester, une belle fin.
Mots de la fin et de la faim, ne rien bouffer, ne rien avaler car ça ne passe pas, ça reste en travers, au travers et ça barre le passage. Je n'y peux rien, je n'y veux rien, et surtout pas mettre de mots là dessus, ils seraient indigestes.
Je ne dirai plus rien, je la fermerai, à chaque fois que je l'ouvre et que je dis ce que je pense c'est le drame. Tout ce que vous pourrez dire sera retenu contre vous, vous voyez ?"

Mots dits, retenus, lancés, balancés, vomis, hurlés, vociférés, criés dans un sanglot, dans un soupir, mots qui soulage du mal qui au pluriel devient l'homonyme, le mot nymos. l'homo nyme de ce qui est dit, le sera, ne le sera pas, pourrait l'être, pourrait ne pas l'être, le sera ou ne le sera pas
Dire des mots, ne pas les dire est difficile est complexe, on ne parle pas pour ne rien dire, même si ce rien est déjà beaucoup. On parle pour dire ou ne pas dire, on dit ou on ne dit pas pour ne pas parler des mots qui sont là au fond de l'âme, toile de fond du bonheur, de la souffrance, de la joie ou de la douleur, on les lance sur du papier ou à la cantonade et on les chante aussi parfois pour ne pas les pleurer ou les vomis. Les mots vomis, gueulés et dégueulés à la face de l'autre pour ne pas être transparents, pour être tout simplement, un peu comme si le mot faisait vivre, comme le mal, un peu comme si le mot animait l'âme morte, au fond du trou. Mais qui ne dit mot consent ? Rien n'est alors moins sûr, ce mot, retenu, ou qui s'arrête au seuil de la porte sans en pouvoir franchir le pas, retenu dans le filet ou dans le sas pour être filtré peut-être ou tu, tué.
Mot, mots dis, mal dit, maudit. Male diction, bene diction. Diction. Dire.
Je te dis, tu me dis, on se dit. On parle, on cause, on échange, on partage, on vit, on se lie, on se délie, on se noue, on se dénoue.
On parle.

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne

dimanche 11 janvier 2015

Le Sacré et le profane 1

Sacré et profane, c'est un peu comme Eros et Thanatos, comme le Bien et le Mal, une histoire de couple qui s'entend, puis ne s'entend plus, s'aime et se déteste, se supporte et s'insupporte, s'unit et se quitte, mais continuent à aller et venir, à venir et aller, à être ensemble, l'un tirant toujours la couverture à soi.
Indissociable. L'un et l'autre, mais pas l'un sans l'autre. Curieuse relation.
Le Sacré et le Profane.

1 Le Sacré


Un sacré inaccessible, hors de portée, symbolique, extra ordinaire, qui échappe au commun des mortels, au commun tout court. Un sacré nécessaire qui tire origine de l'Origine elle même, du fond des temps, de la Mythologie, du Mythe, de la religion aussi...
Il y a du dire et du non dit, du dit et du non dire, de la transmission inachevée, tout est là mais pas tout, il y a du mystère, du secret... Du caché.
Le Sacré en la Crypte...
Et la Crypte est parfois scellée, elle même inaccessible sauf à quelques uns ?

Le sacré est aussi cette sorte de garde fou qui empêche de franchir certaines barrières, qui maintient en le cadre, qui fixe des limites. Mais quelles limites, là est la bonne question
Il y a quelque chose de mystérieux dans le Sacré, quelque chose qui échappe, ce 'ça " qui se loge là où on ne l'attend pas, partout et nulle part, cet inconnu connu seulement des initiés où de ce qu'on se figure tel.
Le Sacré fait peur, parfois, inspire le respect, l'angoisse, le questionnement, le Savoir
Quel savoir... Le Sacré et ses secrets, ses symboles et ses histoires, ses objets et ses rituels
Nous avons besoin de ce Sacré là ? C'est l'espoir dont nous nous nourrissons, qui nous permet de nous situer ici et maintenant, mais aussi hier et ailleurs. Sans ce sacré que serait l'homme qui serait-il ? Serait-il un Sujet Humain ?
Le Sacré est-il nécessaire à l'humanisation du Sujet, à son maintien dans cette Humanité là ? Le Sacré est pourtant l'oeuvre des hommes. Leur création. Pourquoi ce besoin ? Ce besoin de créer et ce besoin d'exprimer cette création à travers des paroles, des gestes, des rites.
Réassurance ? Crainte ? Angoisse devant ce grand vide que pourrait être la mort, la sienne et celle de l'autre, mais la mort de l'Humanité toute entière
Le Sacré pour s'en protéger. Pour s'en prémunir, rituel magique devenu immuable auquel il ne faut pas toucher, pas s'attaquer sous peine de...
Sous peine de quoi ?
Qu'est-il attaché à ce Sacré là ? Ce symbole ou représentation symbolique qui retranche les hommes derrière une défense archaïque et complexe, celle de l'Origine et de l'Originel.
Ce temps or temps, hors du monde, cet espace singulier qui n'appartient à personne, ni tout à fait à l'homme ni tout à fait aux dieux.. Lieu de rencontre ? Ou pas.
Lieu où cette rencontre entre ces entités pourraient avoir lieu mais ne sera pas, au risque d'en perdre le caractère qui en fait justement le Sacré.
Le Sacré a t-il une identité ? Est-il insaisissable, impalpable, inqualifiable, imprononçable, hors champ. S'il est confondu avec le divin le voilà basculé et basculant devant un caractère qui le désigne en un lieu où il peut-être, peut-être mais où il ne peut pas être entièrement.
Le Sacré amène alors le Tabou, celui d'enfreindre la limite. De briser la barrière pour aller voir de l'autre côté. Sans limite ?
Mircea Eliade disait que la seule chose que nous pouvions lui opposer était le profane.......

Brigitte Dusch Historienne, psychanalyste.

samedi 13 décembre 2014

Psychanalyse has been ?

"Has been, c'est mieux que never been, quand même !"avait coutume de plaisanter un de mes patients...
Has been la psychanalsye ?

Dépassée ; La psychanalyse ?


Je ne sais pas si la psychanalyse est dépassée, c'est à dire comme je l'entends plus "à la mode", car il y a des modes  comme ces "thérapies à deux balles" qui sévissent en promettant monts et merveilles. Comme si on allait guérir en un claquement de doigt. Je ne sais pas si comme "on" le dit elle est dépassée. Mais ce "on" le dit depuis longtemps. Tellement longtemps.

Et la psychanalyse est toujours là, au rendez-vous de ceux qui espèrent connaitre, comprendre, et pour cela acceptent d'aller à la rencontre d'eux mêmes. Qui se donnent ce curieux rendez-vous, ce moment singulier où...
Où.
Où, justement pour marquer le lieu, l'endroit et l'espace où a lieu cette rencontre
Car la psychanalyse n'est pas un concept abstrait, une idée, une vue de l'esprit. Elle est, permet, propose.
Alors ? Elle a toujours fait et continue de faire couler beaucoup d'encre, ceux de ses adorateurs, de ses détracteurs... Des extrêmes souvent les débats qu'elle suscite sont le plus souvent passionnés on aime, on adore, on déteste, on hait aussi ! La psychanalyse n'est pas une science, n'est pas évaluable, n'est pas ci pas cela.
Mais elle est.
Ce sont la plupart du temps les psychanalystes eux mêmes qui la maltraitent, la mettent en péril en se conduisant comme des gourous, maintenant pour certains les analysants fragiles sous emprise , mais ils ne sont pas les seuls hélas. Ce sont ces mêmes qui la rendent ridicule par leur langage abscons, hermétique, fermés qu'ils comprennent eux mêmes à peine. Leurs congrès, séminaires, ressemblent parfois à des meetings politiques, orateurs agités, allumés, haranguant une foule qui attend la bonne parole et se rassemble autour d'un messie providentiel. Buvant, avalant, ingurgitant une bouillie infâme et indigeste, mais une fois encore ils ne sont pas les seuls !
Les meilleurs amis sont parfois les meilleurs ennemis quand on ne sait pas raison garder.
Comme partout, il faut savoir trouver et surtout sauve- garder la juste mesure ; infiniment complexe et compliqué !
La psychanalyse est décriée, elle ne sert à rien, n'est réservé qu'à ceux qui ont les moyens de se l'offrir.
Le verbe est juste, offrir, on s'offre. On se fait ce cadeau, celui de ce parcours. Pourquoi pas ?
Elle est un verbiage, une dentelle verbale, on brode, on tricote et on assemble. On toujours mais qui est ce on ? Qui est cet autre on ? Ce je ? et surtout que veut-il ? Que me veut-il ? Et qu'est ce que mon Je lui veut... A ce on ?
Des questions, des pistes, des images, des représentations, des rêves et des liens, tout ça dans l'ordre, dans le désordre, ça secoue, ça ébranle, ça interpelle ça convoque, ça bouge, ça remue, ça...
Ca prend du temps, aussi, un peu, beaucoup de temps parfois
C'est long à ce qu'"on dit une psychanalyse ? Long... Pas forcément, pas toujours.
Une thérapie n'est pas éclair non plus, même les cognitivistes révisent leur position et parlent de deux ans, nous sommes loin des trois mois promis pour faire de vous un autre homme ou une autre femme sûre d'elle ! Nous ne polémiquerons pas, nous soulignerons, stabiloterons seulement !
Mais il faut que ça aille vite, alors on invente, on bricole des méthodes, des formations tout aussi éclair que le résultat qu'elles sont sensées apporter.
Il faut être sérieux ni la méthode Coué ni celle qui consiste en des mouvements oculaires ni toutes ces autres new-âgeries pour reprendre le terme d'un de mes vieux professeurs n'ont révolutionné la Santé Mentale et ont apaisé les souffrances ! Cela se saurait, malgré la propagande et la publicité douteuses dont ces méthodes s'entourent.
Venez, venez, sans rien faire ou presque vous irez mieux. En TCC, il faut mouiller sa chemise, sortir affronter en live ses pires cauchemars, mettre le nez sur l'araignée ou toutes autres bestioles responsables de la peur, terreur ou de l'effroi ressenti par le sujet, qui à la lumière de cette expérience s'il lui reste un peu d'esprit nommera ses "impressions" car cognitives elles sont aussi actives les thérapies. Vous serez guéris de vos phobies, énurésie, insomnies.
Vous serez guéris !
Qui résisterait à ce chant des Sirènes
Guéris, guérison...  En effet. Guérir et ne plus souffrir
La psychanalyse, elle ne parle pas de guérison, car on ne guérit pas de soi même, nous ne sommes pas une maladie il me semble, mais on peut en souffrir. On peut souffrir de cette maladie, de ces mots non dits, mais mis en maux. Le symptôme ne s'éradique pas, ne se musèle pas, mais s'écoute. La psychanalyse lui offre, lui propose cet espace. Cet espace où il peut être dit, en mots ou silences.
Espace ; Lieu singulier d'une écoute particulière, celle où les maux se mettent en mots, se disent autrement, mais se disent. L'un et l'autre, l'autre et l'un mais n'est pas..
La psychanalyse permet d'Etre ce "eSt" avec un S qui change tout. Qui sépare, ce S séparateur, qui coupe, qui délie et sort le sujet de l'indifférenciation. Il est. Un, unique, singulier. C'est cette singularité là que lui offre la psychanalyse, cette manière d'être qu'elle lui permet. Etre sujet, un peu acteur de sa vie également, au passage ce n'est pas négligeable, au contraire, c'est un bonus, recouvrer cette liberté d'être et de faire, d'agir en tant que Je, sujet Je. Je suis : Moi et pas un autre, Je suis celui que je veux être et pas celui que les autres veulent que je sois. Je suis.
Etre ! Advenir à soi même n'Etre que ça, naitre encore, Re naitre à soi même ?
Alors je ne sais pas si la psychanalyse est dépassée, mais elle permet ce dépassement là, celui du désir, du désir de l'autre pour soi.
Elle permet alors le Désir.

Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste.


mardi 25 novembre 2014

LE victime

Le : Article défini masculin
Victime : nom commun féminin singulier.
Le n'est pas l'article qui convient, puisqu'il introduit un nom masculin. On doit donc dire LA victime pour être grammaticalement correct. Pourquoi cette féminisation ?
Le français est une langue binaire, dichotomique, le nom est soit masculin, soit féminin, il n'y a pas de neutre, ni rosa, dominus, templum, ni de der die das. Il y a le ou la, un ou une.
Alors la table est féminine, la cuisine, la merde aussi, le tabouret, le sexe, le sujet... Sont masculins
Puis ce l'... l'article.. article contracté. Contracté de quoi ? De qui ?
Ainsi on dit une victime. Sauf qu'il y a aussi un victime

Et c'est de ce UN, ce LE dont-il est question ici.

Les violences conjugales parlent de femmes battues, mais les hommes le sont aussi, sauf qu'on en parle moins ou pas. Un homme n'est pas battu, dans l'imaginaire collectif, il bat, il frappe, il est méchant, cruel. Il bat sa femme, bien sûr, mais aussi ses enfants, le droit de l'Ancien Régime l'y encourageait si le châtiment était mérité. Seul le Pater Familias était en capacité de l'apprécier.
Aujourd'hui... Le droit a évolué, dans les textes, mais pas forcément dans les mentalités.
Mais l'homme victime de maltraitance, manipulation, violence, viol, agression par une agresseuse... Existe, nous l'avons tous rencontré, au moins une fois.
Difficile pour un homme de se rendre au commissariat, aux Urgences d'un hôpital pour déposer une plainte, faire constater les bleus, les coups, les blessures que sa compagne lui a porté.
Des hommes victimes ! Le victime.
Combien d'hommes se font agresser ? Combien d'hommes sont victimes d'accusations perverses ? De mensonges qui les trainent dans la boue et en prison ?
Ainsi X dont l'enfant de trois ans déclare que son papa a des gestes déplacés... Du moins c'est sa mère qui le dit, le soutient, l'accuse. L'enfant lui ne sait rien, ne comprend pas... Mais il dit que maman a dit que. Car maman n'aime pas quand son papa vient le chercher... Alors .
Combien de dépositions,  d'accusations en ce sens ? Pas vraies, fausses, mensongères, qui mettent KO le victime, qui jamais n'a eu un geste... déplacé. Qui ne comprend pas. Qui est anéanti.
Combien ?
On n'en parle pas, ou peu, c'est grotesque, ridicule, c'est une atteinte à la virilité, un mec ne pleure pas, c'est fort, ça donne des coups, ça fait la guerre. Sauf que les femmes aussi font la guerre maintenant, elles peuvent aussi s'avérer violentes, tueuses, agressives et donner des coups. La pulsion est féminine ? La.
Mais nous sommes plongés dans un monde de stéréotypes où l'enfant est mieux avec sa mère, un père ne sait pas puisqu'il n'a pas l'instinct maternel... Instinct qui n'existe pas davantage chez la femme. Madame Badinter l'ayant brillamment démontré.
Mais c'est ainsi.
Il n'est nullement question de discuter ici de la théorie des genres, masculin/féminin, l'un n'est pas l'autre, et l'autre n'est pas l'un . En revanche, l'un et l'autre sont essentiels. Encore une question de grammaire. Et conjonction de coordination. De liaison.
Les violences faites aux femmes, il y en a. Hélas, trop ! De toutes les manières, de toutes les façons, de la différence de salaire aux coups reçus, des regards aux violences sexuelles, du dénigrement aux mots insultants et humiliants aux blagues de mauvais goût...La liste n'est pas exhaustive
Mais les hommes ne sont pas en reste, non plus, hélas, car la violence est le propre du Sujet Humain, de l'Homme mâle et femelle, la violence est le propre de l'Humanité qui n'est jamais sortie de l'inhumanité et le prouve à chaque instant.
Mots et maux, coups et paroles, tout est bon pour faire mal et ce qui ne te détruit pas te rend plus fort à ce qu'il parait, à moins que ça ne te fasse mourir. Que ça ne te tue.
LE victime. LA victime. Des coups et de la connerie de l'autre, son semblable mais pas son même. Mais de quel même s'agit-il ? Que ferions nous de la mêmeté ?
Intéressante question. Voir son reflet dans la glace ou dans l'autre est-il rassurant ? Y voir ses défauts est-il angoissant ?
Homme, femme, enfant. Violence ?
Faut-il cliver ? Y a t-il des violences pires que d'autres ? Le Mal a t-il un genre ? Le Mal a t-il un sexe ? Le Mal se décline t-il au masculin ? Au féminin ? Au pluriel ? Au singulier ?
Dans tous les cas, quelles que soient les réponses, nous ne pouvons devant le Mal rester Neutres.

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne

In aperçu


vendredi 14 novembre 2014

Superwoman ?

Vica est une femme moderne, une "superwoman" dit-elle pour se définir. Pourtant elle n'est pas heureuse :
-"Voyez-vous je ne fais pas ce que j'aurai aimé faire, mon métier ne me plait pas."
Vica est une scientifique, elle déteste la science, les sciences, la Recherche, les recherches. Elle déteste tout ça pourtant c'est son métier, celui qu'elle a choisi.
Qu'elle a choisi ?
- "Choisi ? Je l'ai cru longtemps, mais au fur et à mesure de l'analyse, non, je ne l'ai pas choisi, j'ai seulement choisi de faire plaisir à mes parents, car j'aime mes parents, ils sont morts, mais vous voyez, je n'arrive pas à en parler au passé... "
Je vois et surtout j'entends.
Ses parents, elle en parle, souvent, toujours, elle en pleure "les meilleurs êtres au monde", "les plus belles personnes" "Papa, maman, je préférai papa je crois, maman était différente, elle a tout abandonné pour la carrière de papa, elle était douée pourtant, elle faisait de la peinture, du dessin, de la musique"
Et Vica de pleurer sur ce passé qui n'est pas le sien car souligne t-elle "je n'étais pas née"
Faire plaisir à ce couple dont elle n'a été que le seul enfant. La Fille a qui ils ont tout donné, puis qui elle, la fille, puis elle la femme à tout donné. En retour ?
Pourtant Vica a rencontré un homme, un seul, "'c'est comme ça, je n'aurai pu en connaitre plusieurs qu'auraient dit mes parents ?"
Parents, encore !
Un homme qu'elle a aimé : "'mais qui lui ne l'a pas aimée comme son père l'a fait" d'ailleurs il ne lui arrivait pas à la cheville, qui aurait pu rivaliser, égaler cet homme, parfait, la perfection incarnée, bon, savant, qui se donnait corps et âme à son métier. Papa était un être merveilleux, le meilleur du monde" ajoute t-elle en pleurant... Encore !
Mais se donnait-il à sa famille ?
Vica n'en dit rien
Elle dit simplement et seulement que pour ce père adoré, elle a remballé ses rêves, ses envies de bohème pour la science et les sciences
Remiser ce féminin pour ce masculin : " Maman ne faisait rien elle attendait papa en lisant, dessinant, jouant du piano.."
Pénélope tissant, femme patiente, femme en attente. Femme ?

Papa, Maman, des mots de petite fille dans la bouche d'une femme ; Devenue elle aussi une maman


Vica n'aime pas ce qu'elle fait, elle n'est pas heureuse, elle n'aime plus sa vie, ni privée ni professionnelle, alors elle rêve de théâtre, de tapis rouge, de cinéma, elle s'identifie, tantôt à Bérénice, parfois à Phèdre ou à un personnage kleistien. Il faut qu'il y ait du ratage, du manque et de la souffrance. Elle aimerait jouer, jouer à celui qui joue, qui tient le rôle. Elle aimerait pleurer, souffrir, mourir sur scène, se déchirer.

"Vous connaissez la chanson : j'aurai aimé être un artiste ? Et bien c'est tout moi ça, c'est tout moi"
Alors Vica se fait son cinéma. Elle s'invente une autre vie. Une vie de bohème, de littérature, de livres, de films, de théâtre, de chansons, de poésie, de douceur, d'écriture. Elle descend l'escalier, foule le tapis rouge. Que d'émotions, que de sensations. Elle se voit sous les ors, drapée dans une robe de princesse somptueuse, applaudie et photographiée. Faire la Une des magazines ?

Puis elle se réveille et elle pleure, elle pleure sur ce rêve qui n'est pas, sur ce masque qui tombe et la plonge dans une réalité qu'elle n'aime pas.
Une vie ! Sa vie, son quotidien, banal, dans la grisaille d'une ville de banlieue, où chaque matin en récitant des vers elle brave les embouteillage pour faire un travail qu'elle n'aime pas.
"Arbeit, c'est comme ça que vous dites en allemand, c'est dur, arbeit, mais ça colle bien avec ce que je fais, mais il me fait mal, me rend mal, me ronge, me bouffe, me tue...."
Silence.........
"En réalité je suis une esclave, celle de ce travail"
Silence...........
"C'est comme mon mari, ce travail, je ne peux pas le quitter"
Silence....
Larmes....
"Je ne suis pas libre................"
.....................................................
Silence.
 Libre, mais quelle liberté ? De quelle liberté s'agit-il ?
La liberté de la fidélité, la limite de celle ci ? La liberté de s'envoler, de devenir et d'advenir ?

Brigitte Dusch. Psychanalyste, historienne
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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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