L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
dimanche 12 octobre 2014
Aper Su ?
samedi 27 septembre 2014
Mots d'enfances...
Des bribes, des morceaux, des fragments épars, éparpillés, gisant ça et là... Revenant à la mémoire, hantant les mémoires des vivants, des adultes devenus grands, qui ne se défont pas des fantômes de ces enfances
Des mots et des phrases, d'hommes, de femmes, exilés, ici, et là, encore, qui se demandent pourquoi, qui cherchent à savoir, à comprendre, à retrouver la trace, les racines et l'origine...
Des mots et des maux.
"Je me souviens un peu de la petite fille que j'étais, je ne me sentais pas à ma place au milieu des autres enfants de l'école, je ne leur ressemblais pas..... Ou ils ne me ressemblaient pas. Nous n'avions rien en commun, ils ne me parlaient pas, et je n'avais pas non plus envie d'aller vers eux. Ils étaient "d'ici" et pas moi, je ne savais même pas d'où je venais, même mon nom, ils n'arrivaient pas à le dire.. A chaque fois c'était pareil. Ils se moquaient. J'aimais bien l'école, j'y apprenais une langue qui n'était pas celle de la maison, mais je n'aimais pas la récréation... "
"Petit déjà je ne leur ressemblais pas, il y avait eux et il y avait moi. C'était comme ça. Mon enfance en fait je ne m'en souviens pas, on ne sortait pas, on ne voyait personne, il y avait la peur, mais je ne sais pas de quoi, peur de manquer peut-être ? Mais je n'ai manqué de rien"
"J'ai grandi dans un petit village du nord de la France, je ne savais pas grand chose de ma famille car on n'en parlait pas à la maison, j'avais des copines, elles m'invitaient chez elle, ça ne ressemblait pas à chez nous. J'aimais bien. Elles avaient une famille, il y avait des fêtes, chez moi rien, personne. Je m'ennuyais, je n'aimais pas les vacances, c'était triste. Heureuse ? Lorsque j'étais petite ? Je n'en sais rien, je voulais grandir pour partir, ça c'est sûr, partir ailleurs, je ne savais pas où mais je rêvais de l'Amérique. J'y suis allée .. rires.. "
"Je n'ai jamais connu mes parents, ce sont mes grands parents qui m'ont élevés. Ma mère et mon père je ne sais pas qui ils sont, enfin qui ils étaient... Ils n'avaient pas eu le temps de venir, disait ma grand mère et elle se cachait pour pleurer. Venir où ? Aller où ? Je ne savais pas, c'est bien plus tard que je l'ai su. Je l'ai appris dans les livres, les journaux, les documentaires. Je vais de la généalogie pour retrouver leur trace, savoir qui ils étaient... ! J'espère trouver un peu de paix."
"Mon enfance n'était pas malheureuse, j'ai grandi derrière ce que vous appeliez le rideau de fer, le mur de la honte et plein d'autres choses encore. Je n'étais pas malheureuse car j'avais la chance d'avoir de la famille, ils étaient là tous, presque, pas comme mon amie, qui elle n'avait presque plus personne...Morts, morts tous morts. Disait-elle. Elle riait en pleurant, il ne restera plus que moi !"
"Petit ? Oh là là c'est loin tout ça -rires- puis soupirs, puis tristesse. Tiens je n'y pense jamais ou pas souvent. Mon père ? Il était sévère, il criait, en fait non, c'était ma mère, non je ne sais plus, les deux peut-être, en fait je suis parti très vite... C'est mon grand père qui m'a recueilli, il m'a élevé et m'a dit "maintenant mon gars, il faut que tu arrêtes de faire des conneries et que tu fasses quelque chose de ta vie".. je l'ai écouté et j'ai plutôt bien fait."
"L'enfance, c'était les foyers, vous savez ceux du même nom, j'étais un enfant placé, déplacé surtout. oui, déplacé, je le suis toujours, quand je bosse je suis en déplacement, c'est peut-être pour ça que je viens vous voir.. Pour trouver une place".......
.............................................................................................................................................
Enfance, enfances, mots d'enfants et paroles d'enfance, oubliées, reléguées parfois au fond des mémoires mais toujours toile de fond qui sous tend la vie, la peur, l'angoisse, les cauchemars.
On aimerait y revenir, y retourner, pour recommencer, oublier, faire autrement, gommer, refaire. C'est impossible.
Enfances blessures, enfances blessantes, enfances trauma, enfances traumatisantes, enfances effractions, enfances effractées, enfances traces, traces de l'enfance
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
Des mots et des phrases, d'hommes, de femmes, exilés, ici, et là, encore, qui se demandent pourquoi, qui cherchent à savoir, à comprendre, à retrouver la trace, les racines et l'origine...
Des mots et des maux.
"Je me souviens un peu de la petite fille que j'étais, je ne me sentais pas à ma place au milieu des autres enfants de l'école, je ne leur ressemblais pas..... Ou ils ne me ressemblaient pas. Nous n'avions rien en commun, ils ne me parlaient pas, et je n'avais pas non plus envie d'aller vers eux. Ils étaient "d'ici" et pas moi, je ne savais même pas d'où je venais, même mon nom, ils n'arrivaient pas à le dire.. A chaque fois c'était pareil. Ils se moquaient. J'aimais bien l'école, j'y apprenais une langue qui n'était pas celle de la maison, mais je n'aimais pas la récréation... "
"Petit déjà je ne leur ressemblais pas, il y avait eux et il y avait moi. C'était comme ça. Mon enfance en fait je ne m'en souviens pas, on ne sortait pas, on ne voyait personne, il y avait la peur, mais je ne sais pas de quoi, peur de manquer peut-être ? Mais je n'ai manqué de rien"
"J'ai grandi dans un petit village du nord de la France, je ne savais pas grand chose de ma famille car on n'en parlait pas à la maison, j'avais des copines, elles m'invitaient chez elle, ça ne ressemblait pas à chez nous. J'aimais bien. Elles avaient une famille, il y avait des fêtes, chez moi rien, personne. Je m'ennuyais, je n'aimais pas les vacances, c'était triste. Heureuse ? Lorsque j'étais petite ? Je n'en sais rien, je voulais grandir pour partir, ça c'est sûr, partir ailleurs, je ne savais pas où mais je rêvais de l'Amérique. J'y suis allée .. rires.. "
"Je n'ai jamais connu mes parents, ce sont mes grands parents qui m'ont élevés. Ma mère et mon père je ne sais pas qui ils sont, enfin qui ils étaient... Ils n'avaient pas eu le temps de venir, disait ma grand mère et elle se cachait pour pleurer. Venir où ? Aller où ? Je ne savais pas, c'est bien plus tard que je l'ai su. Je l'ai appris dans les livres, les journaux, les documentaires. Je vais de la généalogie pour retrouver leur trace, savoir qui ils étaient... ! J'espère trouver un peu de paix."
"Mon enfance n'était pas malheureuse, j'ai grandi derrière ce que vous appeliez le rideau de fer, le mur de la honte et plein d'autres choses encore. Je n'étais pas malheureuse car j'avais la chance d'avoir de la famille, ils étaient là tous, presque, pas comme mon amie, qui elle n'avait presque plus personne...Morts, morts tous morts. Disait-elle. Elle riait en pleurant, il ne restera plus que moi !"
"Petit ? Oh là là c'est loin tout ça -rires- puis soupirs, puis tristesse. Tiens je n'y pense jamais ou pas souvent. Mon père ? Il était sévère, il criait, en fait non, c'était ma mère, non je ne sais plus, les deux peut-être, en fait je suis parti très vite... C'est mon grand père qui m'a recueilli, il m'a élevé et m'a dit "maintenant mon gars, il faut que tu arrêtes de faire des conneries et que tu fasses quelque chose de ta vie".. je l'ai écouté et j'ai plutôt bien fait."
"L'enfance, c'était les foyers, vous savez ceux du même nom, j'étais un enfant placé, déplacé surtout. oui, déplacé, je le suis toujours, quand je bosse je suis en déplacement, c'est peut-être pour ça que je viens vous voir.. Pour trouver une place".......
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Enfance, enfances, mots d'enfants et paroles d'enfance, oubliées, reléguées parfois au fond des mémoires mais toujours toile de fond qui sous tend la vie, la peur, l'angoisse, les cauchemars.
On aimerait y revenir, y retourner, pour recommencer, oublier, faire autrement, gommer, refaire. C'est impossible.
Enfances blessures, enfances blessantes, enfances trauma, enfances traumatisantes, enfances effractions, enfances effractées, enfances traces, traces de l'enfance
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
jeudi 18 septembre 2014
Procrastination
Un mot savant, pas facile à prononcer, à écrire à retenir pour dire de manière technique ce qu'on ne fait pas aujourd'hui et qu'on remet à demain. Ou à après demain pour ne pas dire aux calendes grecques.
Procrastiner est à la mode, pas l'acte, pas le faire, ou plutôt le non faire, mais le mot. On le voit, on l'entend presque partout. Mais au fond qu'en sait-on ?
Nous nous sommes tous trouvé confrontés à ces tâches ingrates, déplaisantes, mais qui néanmoins doivent être faites.
Certains sujets font au fur et à mesure afin de ne pas se laisser déborder par une pile de repassage, une vaisselle, un tas de papier à remplir, des lettres à faire etc..
Ce qui est fait est fait et n'est plus à faire. S'ils ne retirent pas un plaisir particulier à passer l'aspirateur ou faire une déclaration de revenus ils éprouvent cependant la satisfaction de l'avoir fait.
Un certain contentement
D'autres au contraire n'ont pas envie, mais alors pas envie, si peu envie qu'ils ne le font pas, se disant que peut-être d'autres le feront. Ou bien que demain, après demain ou un jour ils auront plus de temps, le moment sera plus favorable, ou pire que sous la pression se sera mieux fait
"j'attends toujours le dernier moment, la dernière limite, j'ai le couteau sous la gorge, là je ne peux plus reculer, alors je le fais" me confie un adulte d'une quarantaine d'années.
J'ai toujours fait comme ça, au lycée, les devoirs je les rendais à la dernière minutes, pas le temps de me relire mais basta !"
Dommage, se relire permet d'éviter des erreurs et de gagner quelques points. Mais faire dans l'urgence ne le permet pas. Le faire à temps, si.
Alors pourquoi ? Pourquoi remettre à demain.
Ce n'est pas me semble t-il une question de gestion de temps, ce n'est pas aussi simple. S'il est vrai qu'il y a un temps pour tout et que l'organisation est nécessaire, voire indispensable, certains sujet ne peuvent, ne savent ou refusent tout simplement de s'organiser
Je fais quand j'en ai envie. Quand je veux, quand je le désire, je déteste les contraintes.
Les contraintes, obligations, devoirs. C'est bien de cela qu'il s'agit. Toutes ces choses qui ne sont pas du plaisir, du bon temps mais qu'il faut faire. Alors remettons, laissons de côté. Pourquoi s'embarrasser à s'obliger à faire quelque chose de désagréable. Si tel n'est pas notre bon plaisir ?
Frustration.... Celle qui dit-on aide au développement
Frustration... Ne pas avoir tout de suite ce qu'on désire. Le plaisir, immédiat, l'immédiateté.
S'obliger.
Se frustrer, s'imposer. Se confronter au réel, ce qui cogne, ce auquel on se cogne disait Lacan... Ce réel qui fait mal qui rappelle à la réalité. Principe de plaisir et principe de réalité.
La frustration n'a rien d'agréable, c'est éprouver le manque, et le manque est insupportable pour ces sujets désireux et habitués surtout à tout avoir, tout obtenir d'un seul clic.
Ne pas faire alors car ce faire de suite serait source de déplaisir, ce déplaisir intolérable les poussant à différer ce faire, pour rester dans le plaisir et la satisfaction immédiate...
Une piste peut-être mais sûrement pas la seule. La paresse bien souvent invoquée, ne tient pas davantage... Laisser trainer, différer pour un demain aléatoire où peut-être...
Mais s'il n'y avait pas de demain ?
Laisser... Laisser pour un demain, un futur possible encore ?
Se dire qu'on aura encore le temps, la trace du faire, faisant à faire... Semblant de croire que plus tard ce faire sera fait ? Car demain "on" aura le temps ? Attendre toujours ce temps, ce soit disant moment pour ça. Qui n'est qu'un leurre, car de moment "pour ça" il n'y en a pas, et le sujet le sait, mais diffère quand même. Parfois une tâche qui somme toute n'est pas si ingrate que cela, mais qui lui pèse, car il n'a pas envie tout simplement. Trouvant qu'il est déjà sous pression tout le temps, alors pourquoi une de plus ?
Sur ce point il n'a pas tout à fait tort, la pression existe, elle est de plus en plus présente, il faut, on doit sont les leitmotiv de notre société qui ne prend plus le temps de et produit des sujets/objets de cette immédiateté des désirs satisfaits. Le sujet est réduit à la chose cliquant sur le bien convoité et notant les chiffres de sa carte bleue pour obtenir chaussure, CD, livre ou autre sans avoir même à sortir de chez lui, à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit.
Procrastiner n'est pas nouveau, le mot non plus, mais il est remis à la mode et fait même l'objet d'une pathologie, certains thérapeutes se propose m^me de rééduquer le sujet récalcitrant en le déconditionnant de ces mauvaises habitudes pour lui en inculquer de nouvelles, meilleures celles là. Dit-il
Seulement voilà, le sujet humain n'est pas un ordinateur, son cerveau n'est pas un logiciel et même si la Science (avec plusieurs majuscules) se penche elle aussi sur la Chose et en donne des explications plus ou moins scientifiques cela ne nous explique pas le pourquoi et le comment. Cela ne nous dit rien non plus sur la souffrance, l'anxiété et l'angoisse éprouvés par le sujet
Car rien n'est dit à propos de l'angoisse qui pourtant se situe au coeur de la problématique une fois encore et je le souligne, le surligne s'il le faut est bien là...
L'angoisse avant, pendant et après. L'angoisse qui serre et étreint, qui fait mal, qui questionne, interpelle le sujet.. Qui laisse et qui remet sans foi sur le métier son ouvrage.
Qui laisse l'ouvrage sur le métier, qui le laisse pour qu'il reste.
Abandon de l'ouvrage, pas tout à fait, pas toute, laisser trace de son passage, ici, et plus tard aussi, certitude de ce plus tard, de ce demain peut-être ou après demain. De ce futur, possible encore car il reste à faire
Il reste à être.
Il reste à être encore là...
Demain et après. Ne pas tout finir, terminer, c'est aussi quitter, ne plus revenir.
Laisser alors un peu ou tout l'ouvrage sur le métier, afin de savoir que partir n'est pas encore possible qu'il est encore trop tôt. Laisser un peu de soi. Pour l'autre, mais aussi pour soi
Trace.
Encore.
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Procrastiner est à la mode, pas l'acte, pas le faire, ou plutôt le non faire, mais le mot. On le voit, on l'entend presque partout. Mais au fond qu'en sait-on ?
Nous nous sommes tous trouvé confrontés à ces tâches ingrates, déplaisantes, mais qui néanmoins doivent être faites.
Certains sujets font au fur et à mesure afin de ne pas se laisser déborder par une pile de repassage, une vaisselle, un tas de papier à remplir, des lettres à faire etc..
Ce qui est fait est fait et n'est plus à faire. S'ils ne retirent pas un plaisir particulier à passer l'aspirateur ou faire une déclaration de revenus ils éprouvent cependant la satisfaction de l'avoir fait.
Un certain contentement
D'autres au contraire n'ont pas envie, mais alors pas envie, si peu envie qu'ils ne le font pas, se disant que peut-être d'autres le feront. Ou bien que demain, après demain ou un jour ils auront plus de temps, le moment sera plus favorable, ou pire que sous la pression se sera mieux fait
"j'attends toujours le dernier moment, la dernière limite, j'ai le couteau sous la gorge, là je ne peux plus reculer, alors je le fais" me confie un adulte d'une quarantaine d'années.
J'ai toujours fait comme ça, au lycée, les devoirs je les rendais à la dernière minutes, pas le temps de me relire mais basta !"
Dommage, se relire permet d'éviter des erreurs et de gagner quelques points. Mais faire dans l'urgence ne le permet pas. Le faire à temps, si.
Alors pourquoi ? Pourquoi remettre à demain.
Ce n'est pas me semble t-il une question de gestion de temps, ce n'est pas aussi simple. S'il est vrai qu'il y a un temps pour tout et que l'organisation est nécessaire, voire indispensable, certains sujet ne peuvent, ne savent ou refusent tout simplement de s'organiser
Je fais quand j'en ai envie. Quand je veux, quand je le désire, je déteste les contraintes.
Les contraintes, obligations, devoirs. C'est bien de cela qu'il s'agit. Toutes ces choses qui ne sont pas du plaisir, du bon temps mais qu'il faut faire. Alors remettons, laissons de côté. Pourquoi s'embarrasser à s'obliger à faire quelque chose de désagréable. Si tel n'est pas notre bon plaisir ?
Frustration.... Celle qui dit-on aide au développement
Frustration... Ne pas avoir tout de suite ce qu'on désire. Le plaisir, immédiat, l'immédiateté.
S'obliger.
Se frustrer, s'imposer. Se confronter au réel, ce qui cogne, ce auquel on se cogne disait Lacan... Ce réel qui fait mal qui rappelle à la réalité. Principe de plaisir et principe de réalité.
La frustration n'a rien d'agréable, c'est éprouver le manque, et le manque est insupportable pour ces sujets désireux et habitués surtout à tout avoir, tout obtenir d'un seul clic.
Ne pas faire alors car ce faire de suite serait source de déplaisir, ce déplaisir intolérable les poussant à différer ce faire, pour rester dans le plaisir et la satisfaction immédiate...
Une piste peut-être mais sûrement pas la seule. La paresse bien souvent invoquée, ne tient pas davantage... Laisser trainer, différer pour un demain aléatoire où peut-être...
Mais s'il n'y avait pas de demain ?
Laisser... Laisser pour un demain, un futur possible encore ?
Se dire qu'on aura encore le temps, la trace du faire, faisant à faire... Semblant de croire que plus tard ce faire sera fait ? Car demain "on" aura le temps ? Attendre toujours ce temps, ce soit disant moment pour ça. Qui n'est qu'un leurre, car de moment "pour ça" il n'y en a pas, et le sujet le sait, mais diffère quand même. Parfois une tâche qui somme toute n'est pas si ingrate que cela, mais qui lui pèse, car il n'a pas envie tout simplement. Trouvant qu'il est déjà sous pression tout le temps, alors pourquoi une de plus ?
Sur ce point il n'a pas tout à fait tort, la pression existe, elle est de plus en plus présente, il faut, on doit sont les leitmotiv de notre société qui ne prend plus le temps de et produit des sujets/objets de cette immédiateté des désirs satisfaits. Le sujet est réduit à la chose cliquant sur le bien convoité et notant les chiffres de sa carte bleue pour obtenir chaussure, CD, livre ou autre sans avoir même à sortir de chez lui, à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit.
Procrastiner n'est pas nouveau, le mot non plus, mais il est remis à la mode et fait même l'objet d'une pathologie, certains thérapeutes se propose m^me de rééduquer le sujet récalcitrant en le déconditionnant de ces mauvaises habitudes pour lui en inculquer de nouvelles, meilleures celles là. Dit-il
Seulement voilà, le sujet humain n'est pas un ordinateur, son cerveau n'est pas un logiciel et même si la Science (avec plusieurs majuscules) se penche elle aussi sur la Chose et en donne des explications plus ou moins scientifiques cela ne nous explique pas le pourquoi et le comment. Cela ne nous dit rien non plus sur la souffrance, l'anxiété et l'angoisse éprouvés par le sujet
Car rien n'est dit à propos de l'angoisse qui pourtant se situe au coeur de la problématique une fois encore et je le souligne, le surligne s'il le faut est bien là...
L'angoisse avant, pendant et après. L'angoisse qui serre et étreint, qui fait mal, qui questionne, interpelle le sujet.. Qui laisse et qui remet sans foi sur le métier son ouvrage.
Qui laisse l'ouvrage sur le métier, qui le laisse pour qu'il reste.
Abandon de l'ouvrage, pas tout à fait, pas toute, laisser trace de son passage, ici, et plus tard aussi, certitude de ce plus tard, de ce demain peut-être ou après demain. De ce futur, possible encore car il reste à faire
Il reste à être.
Il reste à être encore là...
Demain et après. Ne pas tout finir, terminer, c'est aussi quitter, ne plus revenir.
Laisser alors un peu ou tout l'ouvrage sur le métier, afin de savoir que partir n'est pas encore possible qu'il est encore trop tôt. Laisser un peu de soi. Pour l'autre, mais aussi pour soi
Trace.
Encore.
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
vendredi 29 août 2014
Alter non ego
Je suis l'autre ou pas ?
Je suis ou pas ?
Etre ? Mais être l'autre....
Voir et trouver en l'autre, soi même ou un autre soi même qui finalement n'est pas tout à fait soi ?
Quid alors de cette mêmeté rassurante, qui le devrait au moins mais qui ne l'est pas .
Quid de cet alter non ego ?
Il est toujours question de l'autre me direz-vous ? Mais est-il alors question de soi ? Soi et soi, l'autre et l'autre, mais soi n'est pas l'autre ?
Ressemblance, dissonance, harmonie ?
Si l'altérité désigne le caractère qui est de l'autre, sa singularité en quelque sorte c'est pour bien désigner et souligner sa différence.
Reconnaitre en l'autre un être différent de soi même, véritablement autre, respecter cette altérité, la voir, la distinguer et l'accepter
Il n'y a rien à voir là avec la tolérance, car voir en l'autre un sujet singulier est une des conditions du lien social.
Convient-il de rappeler qu'alteritas héritage du latin signifie différence ? Ainsi tout est dit, ou presque.
Car tout n'est jamais complétement dit, il y a toujours un reste, un reliquest qui fait une faille où tout peut s'engouffrer... peut-être ?
Ainsi l'autre est différent, singulier, existe surtout. Ainsi le monde est-il fait !
Pourtant chacun s'évertue à chercher en l'autre un peu de soi, pour s'y reconnaitre, s'y fondre parfois, une recherche éperdue d'âme soeur aussi, qui viendrait compléter, faire un tout de soi et de l'autre, un tout où se soi et l'autre fusionne pour ne faire qu'un. Un seul
Mêmeté encore une fois
L'autre n'étant pas soi et soi n'étant pas l'autre !
Peur alors de cette étrange étrangeté, de ce quelque chose qu'on ne reconnait pas, qui n'est pas soi, pas de soi, qui ne va pas de soi et qui justement fait de l'autre un autre. Etrange, curieux et singulier.
Alors tenter de changer l'autre, de le faire changer, de l'amener à soi, sur son terrain, dans son espace telle une proie peut-être pour mieux l'absorber, mieux l'assimiler, mieux la digérer ?
Penser alors que soi, et seul soi sait ce qui est bien, bon pour soi mais aussi pour l'autre, que ce soi, détient en quelque sorte la vérité, une vérité, et que l'autre doit y adhérer
Et parfois en toute bonne foi, pour réduire sa souffrance, pour être heureux, au détriment alors de cet autre qui joue sur une autre partition, un autre terrain
Une rencontre qui n'est pas, puisque personne ne fait un bout de chemin pour aller au rendez-vous de l'autre ?
Alter ego... Un peu comme l'Utopie, un monde sans aspérité, où il n'y a pas de conflit, pas de Polemos, où rien ne se passe et règne l'harmonie
Un monde sans singularité où il n'y a qu'une seule pensée....Mais quelle pensée ?
Et qui en décide ?
Qui décide et de quoi ?
Vaste sujet, vaste débat !
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
Je suis ou pas ?
Etre ? Mais être l'autre....
Voir et trouver en l'autre, soi même ou un autre soi même qui finalement n'est pas tout à fait soi ?
Quid alors de cette mêmeté rassurante, qui le devrait au moins mais qui ne l'est pas .
Quid de cet alter non ego ?
Il est toujours question de l'autre me direz-vous ? Mais est-il alors question de soi ? Soi et soi, l'autre et l'autre, mais soi n'est pas l'autre ?
Ressemblance, dissonance, harmonie ?
Si l'altérité désigne le caractère qui est de l'autre, sa singularité en quelque sorte c'est pour bien désigner et souligner sa différence.
Reconnaitre en l'autre un être différent de soi même, véritablement autre, respecter cette altérité, la voir, la distinguer et l'accepter
Il n'y a rien à voir là avec la tolérance, car voir en l'autre un sujet singulier est une des conditions du lien social.
Convient-il de rappeler qu'alteritas héritage du latin signifie différence ? Ainsi tout est dit, ou presque.
Car tout n'est jamais complétement dit, il y a toujours un reste, un reliquest qui fait une faille où tout peut s'engouffrer... peut-être ?
Ainsi l'autre est différent, singulier, existe surtout. Ainsi le monde est-il fait !
Pourtant chacun s'évertue à chercher en l'autre un peu de soi, pour s'y reconnaitre, s'y fondre parfois, une recherche éperdue d'âme soeur aussi, qui viendrait compléter, faire un tout de soi et de l'autre, un tout où se soi et l'autre fusionne pour ne faire qu'un. Un seul
Mêmeté encore une fois
L'autre n'étant pas soi et soi n'étant pas l'autre !
Peur alors de cette étrange étrangeté, de ce quelque chose qu'on ne reconnait pas, qui n'est pas soi, pas de soi, qui ne va pas de soi et qui justement fait de l'autre un autre. Etrange, curieux et singulier.
Alors tenter de changer l'autre, de le faire changer, de l'amener à soi, sur son terrain, dans son espace telle une proie peut-être pour mieux l'absorber, mieux l'assimiler, mieux la digérer ?
Penser alors que soi, et seul soi sait ce qui est bien, bon pour soi mais aussi pour l'autre, que ce soi, détient en quelque sorte la vérité, une vérité, et que l'autre doit y adhérer
Et parfois en toute bonne foi, pour réduire sa souffrance, pour être heureux, au détriment alors de cet autre qui joue sur une autre partition, un autre terrain
Une rencontre qui n'est pas, puisque personne ne fait un bout de chemin pour aller au rendez-vous de l'autre ?
Alter ego... Un peu comme l'Utopie, un monde sans aspérité, où il n'y a pas de conflit, pas de Polemos, où rien ne se passe et règne l'harmonie
Un monde sans singularité où il n'y a qu'une seule pensée....Mais quelle pensée ?
Et qui en décide ?
Qui décide et de quoi ?
Vaste sujet, vaste débat !
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
lundi 25 août 2014
En noir et blanc
jeudi 7 août 2014
L'injonction
Tu... Tue ! Dois.. Devoir.
L'injonction est un ordre, un commandement, qui ne se discute pas.
Enjoindre de faire, de payer, de dire, d'obéir. Contraindre, forcer, obliger.
Injonction thérapeutique, paradoxale.
Un ordre formel qui ne peut et ne doit être contourné et transgressé. L'injonction d'enjoindre
Dans un dernier article j'évoquais le mal dit, ce mal qui est dit sans détour. Au cours de la conversation. Sans souci de savoir qu'elle sera la répercussion des mots dits, prononcés.
Ces mots qui s'avèrent au cours du discours une condamnation à mort, une injonction de.... Ne pas vivre, donc mourir.
Il y a des mots et des maux qui sont par essence des injonctions
Qui privent d'espoir, de vie, d'en vie.
Diagnostic et pronostic ! On ne marchande pas, c'est le dernier prix.
Pourtant ; qui a le droit ? Et surtout qui sait.
Ces mots soulèvent un questionnement permanent, sans réponse non plus. Bien que ! A force de constater les ravages de ces mots sauvages, ces mots assénés trop brutalement, certains services mettent en place ce qu'ils nomment pudiquement "consultation d'annonce"
Annonce. Euphémisme ? Comme s'il y avait un art et une manière de dire. "Vous avez ceci ou cela"
Vous avez, nous y voilà.
Avoir. Vous avez et par conséquent vous êtes. L'avoir de la maladie fait de vous un être malade.
Un mot et le sujet devient l'objet de son mal, la chose de la médecine un numéro de dossier avec une pathologie au nom barbare et savant
Nous savons tout ça ! Nous déplorons tout ça. Vous, Je, ainsi ce nous.
Ces mots, ces ordres qui ne laissent place à aucune faille pour un discours autre, pour celui du sujet qui justement n'en veut pas. Ces mots assassins qui tuent avant même que le mal fasse son oeuvre ! Mots qui tuent le désir, qui ne laissent place pour rien d'autre qu'une pensée unique, celle de celui qui décide pour tous. Totalitarisme de la pensée, encore. Unité, unifier, ne plus voir qu'une seule tête. Plus de place pour la singularité. Dangereuse et rebelle qui vient plomber les statistiques qui démontrent que. Cela doit être ainsi et pas autrement.
Dénoncer alors ces protocoles où ne rentrent que les sujets conformes, pouvant prouver l'efficacité ou la non efficacité... Sauf que c'est penser une fois encore que : Chaque sujet est unique.
Cette unicité qui fait de lui sa force lui permet d'échapper aux statistiques qui ne sont que des chiffres et des graphes qui ne veulent rien dire de plus que l'injonction du moment.
Vous devez être mince, avoir confiance en vous, décider de votre vie, faire le bon choix, trouver le bon partenaire, élever vos enfants, être de bonne humeur, sourire, accepter tout cela, sans rien dire, surtout sans vous rebeller.
Faire semblant, accepter et courber l'échine. Se résigner, se dire que de cette maladie on n'en réchappe pas, le médecin l'a dit, le grand professeur aussi. Sauf que ! Qui sont-ils ces gens pour affirmer ça ? De quel droit se donne t-il celui de vie ou de mort sur un sujet ?
Ces scientifiques qui raillent les astrologues et les voyants ? Mais ils sont mille fois pire ! Car ils jouent sur la peur et le pouvoir qu'ils imposent à ceux qui les consultent tremblant de peur et plaçant leur espoir dans les quelques mots que ces "pontes" lâcheront avec parcimonie...
On ne leur demande pas de mentir, simplement d'être humain ! Encore trop difficile pour certains. S'ils ne contrôlent pas leurs émotions, leur peur, est-ce le problème du patient ? Du malade car il faut bien l'appeler par son nom ?
Mais il en est de même pour ces enseignants, instituteurs, professeurs, conseillers en tout et rien qui d'un seul mot, d'une seule observation sur le carnet scolaire biffe l'avenir professionnel et l'avenir tout court d'un enfant !
Comme s'ils savaient. De ces enfants blessés et meurtris par ces injonctions, j'ai souvent entendu la souffrance et la douleur. Celle d'être des "bons à rien"... Le maitre là dit. Mots assassins encore.
Et d'apprendre à ces enfants, que ce mal dit n'est pas une mal ediction comme les paroles de la méchante fée dans les contes. Qu'ils ont le droit de ne pas y croire, que c'est même un devoir.
Ne pas y croire pour croire en autre chose, en béné diction, ce qui est bien dit, ce qui est dit,ce qu'on se dit. Maudire et bénir, mal et bien ; encore, et ce n'est pas aussi simple, nous le savons
Mais ce qui est dit n'est pas immuable, il reste au sujet au moins un soupçon d'espoir. Juste ce qu'il faut pour qu'il soupçonne qu'il peut, changer, faire, agir être acteur de cette part essentielle qui fait que sa vie n'est pas le destin que les autres ont choisi pour lui
Car nul n'a ce droit, nul n'a ce pouvoir, nul ne peut...
Espoir ! Désir ! Envie... Pour rester, et être en vie.
Britgitte Dusch, psychanalyste, historienne.
L'injonction est un ordre, un commandement, qui ne se discute pas.
Enjoindre de faire, de payer, de dire, d'obéir. Contraindre, forcer, obliger.
Injonction thérapeutique, paradoxale.
Un ordre formel qui ne peut et ne doit être contourné et transgressé. L'injonction d'enjoindre
Dans un dernier article j'évoquais le mal dit, ce mal qui est dit sans détour. Au cours de la conversation. Sans souci de savoir qu'elle sera la répercussion des mots dits, prononcés.
Ces mots qui s'avèrent au cours du discours une condamnation à mort, une injonction de.... Ne pas vivre, donc mourir.
Il y a des mots et des maux qui sont par essence des injonctions
Qui privent d'espoir, de vie, d'en vie.
Diagnostic et pronostic ! On ne marchande pas, c'est le dernier prix.
Pourtant ; qui a le droit ? Et surtout qui sait.
Ces mots soulèvent un questionnement permanent, sans réponse non plus. Bien que ! A force de constater les ravages de ces mots sauvages, ces mots assénés trop brutalement, certains services mettent en place ce qu'ils nomment pudiquement "consultation d'annonce"
Annonce. Euphémisme ? Comme s'il y avait un art et une manière de dire. "Vous avez ceci ou cela"
Vous avez, nous y voilà.
Avoir. Vous avez et par conséquent vous êtes. L'avoir de la maladie fait de vous un être malade.
Un mot et le sujet devient l'objet de son mal, la chose de la médecine un numéro de dossier avec une pathologie au nom barbare et savant
Nous savons tout ça ! Nous déplorons tout ça. Vous, Je, ainsi ce nous.
Ces mots, ces ordres qui ne laissent place à aucune faille pour un discours autre, pour celui du sujet qui justement n'en veut pas. Ces mots assassins qui tuent avant même que le mal fasse son oeuvre ! Mots qui tuent le désir, qui ne laissent place pour rien d'autre qu'une pensée unique, celle de celui qui décide pour tous. Totalitarisme de la pensée, encore. Unité, unifier, ne plus voir qu'une seule tête. Plus de place pour la singularité. Dangereuse et rebelle qui vient plomber les statistiques qui démontrent que. Cela doit être ainsi et pas autrement.
Dénoncer alors ces protocoles où ne rentrent que les sujets conformes, pouvant prouver l'efficacité ou la non efficacité... Sauf que c'est penser une fois encore que : Chaque sujet est unique.
Cette unicité qui fait de lui sa force lui permet d'échapper aux statistiques qui ne sont que des chiffres et des graphes qui ne veulent rien dire de plus que l'injonction du moment.
Vous devez être mince, avoir confiance en vous, décider de votre vie, faire le bon choix, trouver le bon partenaire, élever vos enfants, être de bonne humeur, sourire, accepter tout cela, sans rien dire, surtout sans vous rebeller.
Faire semblant, accepter et courber l'échine. Se résigner, se dire que de cette maladie on n'en réchappe pas, le médecin l'a dit, le grand professeur aussi. Sauf que ! Qui sont-ils ces gens pour affirmer ça ? De quel droit se donne t-il celui de vie ou de mort sur un sujet ?
Ces scientifiques qui raillent les astrologues et les voyants ? Mais ils sont mille fois pire ! Car ils jouent sur la peur et le pouvoir qu'ils imposent à ceux qui les consultent tremblant de peur et plaçant leur espoir dans les quelques mots que ces "pontes" lâcheront avec parcimonie...
On ne leur demande pas de mentir, simplement d'être humain ! Encore trop difficile pour certains. S'ils ne contrôlent pas leurs émotions, leur peur, est-ce le problème du patient ? Du malade car il faut bien l'appeler par son nom ?
Mais il en est de même pour ces enseignants, instituteurs, professeurs, conseillers en tout et rien qui d'un seul mot, d'une seule observation sur le carnet scolaire biffe l'avenir professionnel et l'avenir tout court d'un enfant !
Comme s'ils savaient. De ces enfants blessés et meurtris par ces injonctions, j'ai souvent entendu la souffrance et la douleur. Celle d'être des "bons à rien"... Le maitre là dit. Mots assassins encore.
Et d'apprendre à ces enfants, que ce mal dit n'est pas une mal ediction comme les paroles de la méchante fée dans les contes. Qu'ils ont le droit de ne pas y croire, que c'est même un devoir.
Ne pas y croire pour croire en autre chose, en béné diction, ce qui est bien dit, ce qui est dit,ce qu'on se dit. Maudire et bénir, mal et bien ; encore, et ce n'est pas aussi simple, nous le savons
Mais ce qui est dit n'est pas immuable, il reste au sujet au moins un soupçon d'espoir. Juste ce qu'il faut pour qu'il soupçonne qu'il peut, changer, faire, agir être acteur de cette part essentielle qui fait que sa vie n'est pas le destin que les autres ont choisi pour lui
Car nul n'a ce droit, nul n'a ce pouvoir, nul ne peut...
Espoir ! Désir ! Envie... Pour rester, et être en vie.
Britgitte Dusch, psychanalyste, historienne.
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dimanche 27 juillet 2014
Le mal dit 1
Mon dernier article a suscité des commentaires sur certains réseaux sociaux et c'est tant mieux ! Je ne peux y répondre en 140 signes cela me semble un exercice un peu difficile, alors je vais tenter en quelques lignes quand même, d'apporter quelques éléments, non de réponse, mais peut-être de réflexions prolongeant les interrogations.
En effet l'annonce d'un diagnostic se révèle toujours une épreuve, parfois un soulagement : Enfin un mot pour mettre sur tous ces maux. Une explication qui rassure car "je ne suis pas fou"..
Comprendre, faire des liens, associer. Savoir, car il faut bien quand même savoir !
C'est de soi, de sa peau dont il est question...
C'est essentiel, mais ça ne suffit pas, car il faut à présent faire avec, avec ce mot, inconnu, absent de la pensée il y a quelques instants.
Ce mot qui bouleverse, qui transforme et qui tue parfois ! Aussi !
Tumeur... Tu meurs !
Injonction infernale !
Un seul mot qui suffit non seulement à envahir l'être mais à le bousculer, le renverser, le déséquilibrer, car après une telle annonce, plus rien ne pourra désormais être comme avant.
Tous les cliniciens ont décrits les différentes étapes, de cet accueil singulier et extra ordinaire qu'est celui de la malade, des émotion, états d'âme, ce que je nomme une "crise"
Car c'est bien de crise qu'il s'agit, une crise qui se constitue dans le quotidien du sujet qui se sachant mal, se sait à présent malade !
Un pas est donc franchi... Brusquement, parfois ! Mais ce pas ne donne pas forcément accès au pire, même si c'est ce pire qui arrive aussi brutalement à l'esprit.
Comme je l'ai écrit, cancer, malgré toutes les avancées de la médecine signifie encore dans bien des esprits (grand public mais aussi médecins hélas) une condamnation à une mort certaine, lente, douloureuse, pénible.. Un parcours du combattant, au mieux, car le soldat s'il combat, ne se rend pas forcément sans avoir épuisé ses ressources ni tiré sa dernière cartouche !
Et c'est là que se situe la différence, je crois.
Nul n'est forcé de se rendre... D'obéir à l'injonction qu'est cette condamnation mal nommée encore, mais pire sous entendue.
Injonction, condamnation à mort.
Etre positif n'est pas possible m'écrit-on ! J'en conviens c'est difficile, voire impossible ! Comment être positif en sachant que le couperet peut tomber ! Va tomber, penser ça à chaque instant... Mais nul besoin d'être malade pour mourir ! Et qui sait quand ? Comme me disait un patient "voilà, je sais que la mort est au bout, mais je n'ai rien appris de nouveau, car ça je le savais déjà.. "
C'est peut-être ça le plus difficile, être brutalement confronté à sa propre mort, sa propre finitude, qui est le lot de chacun, mais comme l'écrit Freud, l'inconscient ne connait ni le temps ni la mort, et l'homme se pense immortel ! Alors l'annonce fait figure de rappel, nous place face à l'épreuve du Réel qui est sans appel !
L'homme est mortel ! La mort, sa mort impensée et impensable... Comment faire avec ça ?
Pourquoi penser la mort alors qu'on est en vie ? Pourquoi ne pas se penser en vie, avoir cette envie... ?
Etre positif semble en effet bien dérisoire face à ce danger, face à cette menace, brandir cette étincelle d'espoir, cette injonction aussi peut-être indécente, ridicule et grotesque, pourtant ! Conserver une lueur d'espérance ne peut qu'aider, soutenir le désir.
Se battre ! Souvent le langage guerrier est de mise, une lutte s'engage entre soi et l'intrus, celui qui squatte le corps, pour en déposséder le sujet, faire son lit, son nid dans ce lieu pour mieux y déployer la mort ! Trahison, le corps lâche, accueille cet ennemi, collabore et ne résiste pas ! Engager un dialogue, faire des compromis ? Mais lesquels ? L'un veut la peau de l'autre ! L'un l'aura, l'autre pas !
Une sorte d'histoire dont certains affirment connaître la fin, une histoire qu'il convient pourtant d'écrire, en laissant chacun d'y inscrire sa fin, comme il la souhaite, comme il le désire.
Car qui connait la fin ? Qui sait quand l'histoire s'arrête ? Qui peut décider de ça et dire ça ?
Résister n'est pas seulement se battre les armes à la main, il y a les combattants de l'ombre eux aussi, tout aussi efficaces.. Ceux qui usent d'autres armes, d'autres outils, car tout est bon dans ce combat là, dans cet affrontement là. On fait feu de tout bois car c'est de sa peau qu'il s'agit, et qui mieux que soi peut savoir comment la sauver.. ? Laisser à l'autre, celui soit disant supposé tout savoir décider que ceci ou cela doit se faire, doit être... ? Lui laisser, lui donner se pouvoir là ? Démissionner alors de sa propre vie et en confier les rennes à un parfait inconnu qui hormis le nom de votre maladie ne sait rien ou si peu de vous ?
Que faire : Résister, combattre, se battre avec, apprivoiser l'intrus, s'en faire un ami, comprendre ce qu'il fait là, pourquoi soi, se laisser aller, laisser faire, attendre, avoir mal, culpabiliser, se fâcher, être en colère, démissionner, se taire... ?
Oui que faire ? Ce faire là est tout aussi singulier car qui va dire quoi faire ? Qui sait mieux ce qu'il faut faire, ce faut qui est la faux qui se profile au loin pour rappeler que le jour approche, ce dernier instant tant redouté mais qui disent certains malades viendra enfin mettre un terme à tout ça ?
Espoir ! Lequel ? Qui donne, transmet cet essentiel, fondamental sans lequel toute vie n'est pas possible, cet espoir là qui permet de vivre avec, d'être soi, simplement soi...
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
En effet l'annonce d'un diagnostic se révèle toujours une épreuve, parfois un soulagement : Enfin un mot pour mettre sur tous ces maux. Une explication qui rassure car "je ne suis pas fou"..
Comprendre, faire des liens, associer. Savoir, car il faut bien quand même savoir !
C'est de soi, de sa peau dont il est question...
C'est essentiel, mais ça ne suffit pas, car il faut à présent faire avec, avec ce mot, inconnu, absent de la pensée il y a quelques instants.
Ce mot qui bouleverse, qui transforme et qui tue parfois ! Aussi !
Tumeur... Tu meurs !
Injonction infernale !
Un seul mot qui suffit non seulement à envahir l'être mais à le bousculer, le renverser, le déséquilibrer, car après une telle annonce, plus rien ne pourra désormais être comme avant.
Tous les cliniciens ont décrits les différentes étapes, de cet accueil singulier et extra ordinaire qu'est celui de la malade, des émotion, états d'âme, ce que je nomme une "crise"
Car c'est bien de crise qu'il s'agit, une crise qui se constitue dans le quotidien du sujet qui se sachant mal, se sait à présent malade !
Un pas est donc franchi... Brusquement, parfois ! Mais ce pas ne donne pas forcément accès au pire, même si c'est ce pire qui arrive aussi brutalement à l'esprit.
Comme je l'ai écrit, cancer, malgré toutes les avancées de la médecine signifie encore dans bien des esprits (grand public mais aussi médecins hélas) une condamnation à une mort certaine, lente, douloureuse, pénible.. Un parcours du combattant, au mieux, car le soldat s'il combat, ne se rend pas forcément sans avoir épuisé ses ressources ni tiré sa dernière cartouche !
Et c'est là que se situe la différence, je crois.
Nul n'est forcé de se rendre... D'obéir à l'injonction qu'est cette condamnation mal nommée encore, mais pire sous entendue.
Injonction, condamnation à mort.
Etre positif n'est pas possible m'écrit-on ! J'en conviens c'est difficile, voire impossible ! Comment être positif en sachant que le couperet peut tomber ! Va tomber, penser ça à chaque instant... Mais nul besoin d'être malade pour mourir ! Et qui sait quand ? Comme me disait un patient "voilà, je sais que la mort est au bout, mais je n'ai rien appris de nouveau, car ça je le savais déjà.. "
C'est peut-être ça le plus difficile, être brutalement confronté à sa propre mort, sa propre finitude, qui est le lot de chacun, mais comme l'écrit Freud, l'inconscient ne connait ni le temps ni la mort, et l'homme se pense immortel ! Alors l'annonce fait figure de rappel, nous place face à l'épreuve du Réel qui est sans appel !
L'homme est mortel ! La mort, sa mort impensée et impensable... Comment faire avec ça ?
Pourquoi penser la mort alors qu'on est en vie ? Pourquoi ne pas se penser en vie, avoir cette envie... ?
Etre positif semble en effet bien dérisoire face à ce danger, face à cette menace, brandir cette étincelle d'espoir, cette injonction aussi peut-être indécente, ridicule et grotesque, pourtant ! Conserver une lueur d'espérance ne peut qu'aider, soutenir le désir.
Se battre ! Souvent le langage guerrier est de mise, une lutte s'engage entre soi et l'intrus, celui qui squatte le corps, pour en déposséder le sujet, faire son lit, son nid dans ce lieu pour mieux y déployer la mort ! Trahison, le corps lâche, accueille cet ennemi, collabore et ne résiste pas ! Engager un dialogue, faire des compromis ? Mais lesquels ? L'un veut la peau de l'autre ! L'un l'aura, l'autre pas !
Une sorte d'histoire dont certains affirment connaître la fin, une histoire qu'il convient pourtant d'écrire, en laissant chacun d'y inscrire sa fin, comme il la souhaite, comme il le désire.
Car qui connait la fin ? Qui sait quand l'histoire s'arrête ? Qui peut décider de ça et dire ça ?
Résister n'est pas seulement se battre les armes à la main, il y a les combattants de l'ombre eux aussi, tout aussi efficaces.. Ceux qui usent d'autres armes, d'autres outils, car tout est bon dans ce combat là, dans cet affrontement là. On fait feu de tout bois car c'est de sa peau qu'il s'agit, et qui mieux que soi peut savoir comment la sauver.. ? Laisser à l'autre, celui soit disant supposé tout savoir décider que ceci ou cela doit se faire, doit être... ? Lui laisser, lui donner se pouvoir là ? Démissionner alors de sa propre vie et en confier les rennes à un parfait inconnu qui hormis le nom de votre maladie ne sait rien ou si peu de vous ?
Que faire : Résister, combattre, se battre avec, apprivoiser l'intrus, s'en faire un ami, comprendre ce qu'il fait là, pourquoi soi, se laisser aller, laisser faire, attendre, avoir mal, culpabiliser, se fâcher, être en colère, démissionner, se taire... ?
Oui que faire ? Ce faire là est tout aussi singulier car qui va dire quoi faire ? Qui sait mieux ce qu'il faut faire, ce faut qui est la faux qui se profile au loin pour rappeler que le jour approche, ce dernier instant tant redouté mais qui disent certains malades viendra enfin mettre un terme à tout ça ?
Espoir ! Lequel ? Qui donne, transmet cet essentiel, fondamental sans lequel toute vie n'est pas possible, cet espoir là qui permet de vivre avec, d'être soi, simplement soi...
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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.
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Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.