Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

jeudi 17 octobre 2024

Le chemin à l'envers, le passé au présent

 


Il est venu me chercher sans me prévenir. 
"Viens je t'emmène, mets de bonnes chaussures"...
Je n'ai pas été vraiment surprise, Il a toujours été imprévisible. Je savais que ce jour viendrait, depuis toutes ces années. Il savait que j'étais là depuis le jour de mon arrivée.. Cela fait un an.
Il était temps.
J'ai mis de bonnes chaussures, et je l'ai suivi, sans savoir où il m'emmenait, et ça n'avait aucune importance.
Là où il voulait aller, j'irai.
Pas un mot durant le trajet, nous sommes restés dans le silence, un silence absolu, un silence de recueillement. Qu'aurions nous dit que nous ne savions déjà ? 
Et le temps n'est rien. Il ne compte pas. Il est ce qu'on veut en faire, il est notre Désir.
Puis il s'est arrêté..
Nous nous sommes regardé
Longuement
"Tu veux refaire le chemin à l'envers ? "
Il ne me répond pas. 
Je le suis.
Dans le silence. 
Toujours ce silence
Nous marchons
Lui d'un bon pas
Je lui dis : "Je ne peux pas aller aussi vite'
Il ne répond pas, et ralentit son pas
Je sais le chemin, malgré toutes ses années, il n'a guère changé. 
Je lui dis "je vais avoir besoin de temps... "
Alors il me répond en me regardant longuement
'Tu as tout le temps que tu veux, nous avons tout le temps que tu voudras"
Et nous reprenons le chemin
Dans le silence toujours.
Je sens toutefois son regard, il veille.. Il y a la tendresse. il est là.
Je suis là, le temps est aboli, il n'existe plus, nous sommes là aujourd'hui ou hier, peu importe.. NOUS sommes là, ensemble comme il y a bien longtemps.
Le chemin est de plus en plus accidenté, de plus en plus difficile, le terrain est glissant les rappels peu sûrs...
Il avance et se retourne
"Je n'y arrive pas"
Alors il s'approche et saisit ma main. Sa main est ferme, son bras, son corps ne faiblissent pas, je sens toute sa force, sa puissance, et je me laisse aller, je me laisse guider. Je suis bien, je suis en confiance, je n'ai pas peur, rien ne peut m'arriver, je ne peux pas tomber, je sais que je peux aller là où il me conduira, et que c'est bon !
Il ne dit rien, ne sourit pas, nos regards se croisent, il passe sa main dans mes cheveux doucement, rien n'a changé. 
Nous continuons la route toujours dans le silence
Je regarde, je contemple, dans le silence, un silence qui ne peut être brisé car nous sommes dans un sanctuaire, notre sanctuaire
Nos seules échanges passent par le regard et la confiance, celle que j'ai en lui, elle est totale et je lâche tout, je ne suis plus que moi, avec ma fragilité, ma vulnérabilité, mes faiblesses, ma douceur, et mes peurs, je suis retournée à l'Humanité, je n'ai plus peur de me voir, de me retrouver enfin et de revenir à moi.
Nous avons fait le chemin à l'envers, le chemin du Passé pour advenir au Présent
Si nous voulons, si nous pouvons
Il me dis "viens on va boire un chocolat chaud"
Je lui dis "Tu es sûr... ? 
Il me regarde et répond "Nous ne nous sommes jamais caché non ? Pourquoi on le ferait aujourd'hui ? Alors viens. Je suis là. Viens."
Oui en ce temps là on ne se cachait pas. Aujourd'hui tout a changé, mais il ne veut pas, il est fier et heureux d'être avec moi. Il me prend la main et on va boire un chocolat comme il y a si longtemps. Il demande de la chantilly , "Mit Sahne" pour moi. Il n'a rien oublié
Il garde sa main sur la mienne.
Il ne dit rien, je ne dis rien
Silence... 
Puis il m'a raccompagnée
Nous ne nous sommes pas dit aurevoir
Il m'a juste serrée dans ses bras. Longtemps. Très fort, et je m'y suis laissée aller.
J'ai fermé les yeux.
Un temps bien singulier qui s'inscrit dans une histoire singulière elle aussi
Nous avons refait le chemin à l'envers pour advenir au Présent.
Demain sera un autre jour. 
Et il nous appartient de décider comment il sera.

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne, exploratrice urbaine
Crédit photo @brigittedusch.
 


jeudi 10 octobre 2024

Yom Kippour. Pardonner. Qu'est ce que le Pardon ?

 


A quelques heures de Kippourn le jour le plus saint de l’année – le jour durant lequel nous sommes le plus proches de D.ieu et de la quintessence de nos âmes

“Car en ce jour, Il fera expiation pour vous purifier de toutes vos fautes, afin que vous soyez purifiés devant Dieu.” (Lévitique 16,30).

Pardonner. Le pardon. Qu'est ce que le pardon ? 

C'est surtout prendre conscience de son acte, de ses actes, du mal que nous avons pu faire, sans le vouloir ou en le voulant. Prendre acte de l’acte posé et des conséquences qui en découlent.

C’est le résultat d'une longue introspection, sans fard, sans essayer de se donner de bonnes raisons ou excuses,  de « recontextualiser » comme le souligne souvent l’historienne que je suis. C'est un face à face avec soi

La question du pardon n’est pas seulement spirituelle, religieuse ou philosophique, elle est éthique et morale. C’est une histoire entre soi et soi, soi et D.ieu. Et c’est à Lui Seul de nous l’accorder. Certes il est bon, il aime par dessus tout ses enfants, aussi turbulents soient-ils  et il suffit de lui demander. Hakadosh Baruch Hu attend qu'on lui demande, il n'attend que ça. Alors je lui demande je lui demanderai encore, comme chaque jour, comme toujours, et comme toujours j’essaierai de faire mieux, de faire de mon mieux, de faire Techouva. Encore et encore.

Mais s’il est facile d’obtenir son pardon, il ne peut pardonner à la place de ceux que nous avons offensé et c’est à nous et à nous seuls de leur demander. Ainsi dois je prendre conscience de ce que j’ai fait, « réveiller ma mémoire, être sincère et vraie ». Il s’agit là d’humilité mais aussi de reconnaissance non seulement des actes posés mais aussi de leurs conséquences. L'autre  offensé mais aussi ses proches qui en ont souffert eux aussi et ainsi de suite… Ce « résidu » qui se transmet de générations en générations. 

Il va de soi que c’est réciproque.

Pardonner, se pardonner à soi d'abord est nécessaire pour s’inscrire encore dans la vie, nous ne pouvons porter la culpabilité d’un acte que nous avons reconnu, toute notre vie. Ce serait nourrir de la colère contre soi et nous priver ainsi de l ‘élan vital et de nos relations aux autres et aux monde. Ainsi l’autre, les autres, cette fameuse altérité, celle dont on ne peut être dépourvu pour s'inscrire dans l’Humanité, être Humain, sujet de l’humanité qui considère l’autre comme lui même et qui ainsi ne lui fait pas ce qu’il n’aimerait qu’on lui fasse. Nulle question de religion ici, seulement de morale et d’éthique, de respect envers soi même. Ainsi appartient-il à cet autre, ces autres de se regarder aussi dans le miroir et de se repentir, prendre conscience que leurs actes, leurs silences, leur non reconnaissance nous ont blessés. Et nous demander pardon.
Encore faut-il être sincère, ce n’est pas à moi, à nous de juger. D. Eternel lui seul peut le faire.

Le pardon n’est pas l’oubli, cette différence éthique permet de relativiser, mais ne répond pas à la question sur le fond. Elle pose en revanche celle d’une possible conciliation, mais surtout d’une réconciliation incluant l’altérité, permettant une « compensation, une réparation » Cela me laisse perplexe. Est-il possible de réparer ce qui est irrémédiablement brisé ? Je ne le pense pas, encore moins quand ce pardon est le résultat d'une injonction émanant la plupart du temps d'une autorité, politique le plus souvent, désireuse de tout effacer pour mieux recommencer.  Ainsi, je ne dirai mot du fameux « devoir de mémoire ». encore moins de "l’amnistie", contrefaçon du pardon pour reprendre les mots de Catherine Chalier. Faut-il instituer, une loi un décret ? celui de pardonner à son bourreau, à son agresseur ?
Il faudrait alors tout pardonner, effacer les souffrances de la victime et pardonner car « ils ne savent pas ce qu’ils font » ? Notion qui m’est étrangère, qui ne ne s'inscrit pas dans la Culture que j’ai reçue et qui est Mienne, mon Identité la plus profonde. Ce serait ainsi à l'offensé de demande à l’offenseur de venir lui demander pardon pour les actes qu’il a commis et qui sont responsables de sa souffrance. C’est profondément humiliant. Ainsi elle serait coupable, coupable d'avoir souffert et de continuer à le faire ? Cette notion chrétienne est d’une violence absolue car il y a bien celui qui fait le mal et celui qui il l’a infligé.

Alors devons nous TOUT pardonner ? je ne saurai répondre, cela fait des décennies que je me pose la question sans me satisfaire des possibles réponses que je peux  apporter. Puis je pardonner toutes les souffrances reçues ? L’ingratitude ? La méchanceté ? La haine dont j’ai été l’objet ? Il m’appartient à moi seule d’en juger. C’est un dialogue entre Lui et moi. Mais puis je pardonner toutes les offenses qui m’ont été faites et qui ont fait, font encore souffrir ceux que j’aime, les Miens. Là c’est une autre histoire.
Le pardon n’est pas inconditionnel, je le crois intimement, et ce n’est pas à la victime d’en prendre l’initiative, je le pense aussi intimement. 

Je pense aussi qu’il y a des actes impardonnables, des deuils, des tragédies, des souffrances reçues, ceux qui survivent à tout ça ne peuvent être jugés ni blâmés s’ils ne le peuvent pas et j’en suis, j’implore la clémence de mon Créateur.

Mais on ne peut vivre dans la haine. Ce n’est pas tenable. Je fais de mon mieux chaque jour, et je sais qu’Il m’entend. Cette année encore, après m'être déliée des vœux de l’an passé, j’en formule de nouveaux. Nous les Juifs parlons du  tikkoun olam (la réparation du monde ) et cela me convient,  je fais du mieux que je peux, chaque jour que l'Eternel me donne en cadeau.

« Ne hais pas ton frère en ton coeur
Admoneste ton prochain
«  (Lévitique 19, 17)

Ainsi ne faut-il pas haîr, pour ne pas s’abîmer et se détruire. La parole peut nous y aider, sur le chemin de ce pardon nous pouvons peut-être engager le dialogue, dire à celui qui nous a blessé que nous en avons souffert. Il en va de nous, de notre esprit et de notre âme. Nous pouvons essayer d’éviter ou de délier ce nœud qui s’installe et se resserre de jours en jours, le nœud que forme l’emprise de la Haine qui nous conduit  vers une spirale infernale au fond de gouffre de la souffrance qui l’est tout autant.
Il faut du temps, celui ci est nôtre allié, et tant que nous pensons que nous en sommes pas prêts à pardonner, cela ne sert à rien. Il faut être sincère avec nous même. Il faut alors je crois, se pardonner de ne pas être prêts car ce n'est pas pour nous le moment. Alors il faut à nouveau explorer notre âme, notre Ego, notre Etre et faire le deuil de notre « perfection » Se souvenir pour Nous, Peuple de l'Exil, de l’Egypte où notre Peuple fut maintenu en esclavage, mai se souvenir aussi qu’il Nous a accueilli. C'est avoir la Mémoire vive » et ne jamais se laisser envahir par le Mal, le Satan. Se souvenir aussi des «bonnes choses » car il y en a eu. toujours. Pour ma part, encore une fois chaque jour j’essaie de retrouver ces bons moments, ces leçons dans les souffrances qui m’ont été infligées, certes j’ai appris, j’ai tiré leçon, j'éprouve même de la gratitude pour celui qui m'a fait mal, car grâce à lui j'apprends encore qu'on ne peut se fier, se confier, mais je ne lui pardonne pas, je n'oublie pas. Je ne suis pas dans la Haine et chaque fois que je suis à terre, je me relève, grâce à la Force que ne donne ma Foi et car il n'y a que Lui. Mais je ne suis pas non plus certaine de pouvoir pardonner, même si cela m’est demandé.
Encore une fois il m'est impossible de pardonner à ceux qui ne se sont jamais excusés. Et avec ceux là, je suis en compte depuis fort longtemps….

Brigitte Dusch historienne, psychanalyste, exploratrice urbaine
Crédit photo @SachaDusch, Maison Rachi (qu'il soit remercié)

samedi 28 septembre 2024

Le refuge intérieur


Il faut bien ça pour se retrouver, se lover au fond de soi, pour se ressourcer et même parfois renaitre, advenir une fois encore à la vie, une fois de plus ?


Va, vis, deviens et adviens à toi même aux autres et là Vie.
L'Haim.

Alors ?

Il faut bien un coin où se cacher où se terrer quand rien ne va plus, que les jeux sont fait !
D
ead man's hand ?

Il faut bien se mettre à l'abri des bris de la vie pour lécher ses plaies, tant et tant de fois pour les cicatriser, recommencer encore car la suture s'est déchirée, une fois encore.

Il faut bien ça pour se cacher, tout au fond de soi, à l'abri de son propre regard, son propre souffle.. ne plus s'entendre, ne plus se voir, pour se réparer, se séparer, se refaire, folder une bonne fois pour toute, remettre son titre en jeu, abattre ses cartes en une seule fois et rafler la mise

Refuge ? 

Se réfugier, s'isoler, dans l'entre soi, au coeur même de son âme et de son corps, se blottir contre soi, ne faire qu'un avec soi, se confondre
Se fondre en soi, au plus profond de soi, pour n'être qu'avec soi
C'est une profonde solitude, la solitude originelle et la solitude ultime
Sol, seul, soi
Nous sommes des Etres seuls, l'être seul à soi
Dans la réalité de l'irréel de soi

C'est l'ultime, le seul refuge. 
Celui qui nous permet de vivre, d'être au milieu de ce monde dans lequel nous avons été projeté avec une violence absolue, inouïe, terrible et parfois tragique
C'est un arrachement du Monde, une déchirure de l'Humanité, une blessure qui s'ouvre devant le vide de l'Infini, de l'infinitude qui nous arrache à la tiédeur du Soi, de l'Etre ailleurs ou pas

Refuge ?
Il ne peut être que là, dans cette sensualité mystérieuse, cette intimité de la douceur de l'Absolu.
C'est braver le Néant, le vide et le gouffre de l'Abîme
Pour ne jamais s'y abîmer et s'y abandonner à tout jamais

On se retrouve que soi dans ce Refuge là.
Et il faut s'offrir ça
Se donner ça
Au moins une fois
Afin de vivre et ne pas mourir.

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne, exploratrice urbaine
Crédit photo @brigittedusch



mercredi 18 septembre 2024

L'irréel ?

 


Sie sagt :

"Je vis dans l'irréel, dans un espace hors temps, je ne peux le situer vraiment, il existe mais il n'est pas, pas dans ma réalité.
Ma réalité ? 
Je ne saurai dire ce qu'elle est et si j'y suis. Je ne sais d'ailleurs où je suis vraiment
Je sais que je suis, là, dans cet endroit, mais ne suis pas même certaine que ce soit moi. 

Déréalisation ? Déflagration ? Défragmentation d'un réel ? Mais lequel ?

Justement qu'est ce que le Réel, le vrai, le juste, celui que tout le monde, voit, perçoit, celui dans lequel le sujet s'inscrit ? 

Je suis là dans ce réel là et je vois quantité de sujets, petites marionnettes  en papier s'agitant au coeur d'un théâtre de chiffons. Et moi je suis là, spectatrice et actrice malgré moi d'une mauvais pièce que je n'ai pas écrite, dont je ne connais pas le scénario,  les répliques, le début ni même la fin.

Tout cela m'indiffère. Je me dis secrètement que ça va s'arrêter,  que ce n'est qu'un rêve, une illusion de l'irréalité,  que je vais rentrer, rejoindre mon monde, ma planète, ma galaxie. J'espère.

Je suis perdue, je me suis perdue dans un univers qui n'est pas le mien, qui m'est étranger, étrange et singulier, qui est sans être vraiment, fabriqué de toutes pièces mais par qui ? par cet autre moi ? une réalité qui n'est ni alter ni active.


Je suis tombée du ciel, sans parachute, larguée comme ça au mauvais endroit. 
Je vis dans l'irréalité, au coeur d'une faille temporelle, d'une gigantesque abîme, au fond d'un océan... Mais je ne sais plus ou je ne sais pas d'où je viens.
Je sais que je suis, que j'ai une histoire dans un ailleurs, sans savoir où il se situe. 
Déflagration de l'espace temps ? Temps linéaire ? Temps imaginaire ? 
J'ai perdu le tempo, le rythme, j'ai perdu la clé de Sol.

Pourtant j'imagine, je me projette, je rassemble des morceaux de souvenirs,  je crois que tout va rentrer dans l'ordre, que je vais retrouver ma place au coeur de mon monde. Reprendre ma place au coeur de cette vie, la mienne dont je suis dépossédée. 
Ma place.

Je suis perdue, je me suis perdue, égarée dans un univers presque parallèle, une autre dimension, un labyrinthe peuplé de fantômes errants, sans trouver la clé et la porte pour me libérer. Me libérer de quoi ? J'ai perdu le fil, le fil de mon histoire, le fil de toute l'histoire de mon monde. 

Ce monde est étrange, ma vie s'y inscrit pourtant, j'évolue sur la scène où se jouent les scènes et se posent les actes d'une vie qui n'est pas la mienne mais qui y ressemble. Elle et moi ? Défusionnée, défragmentée, déréalisée. Encore !
Nous parlons la même langue, mais pas tout à fait, il y a des sons qui ne raisonnent et ne résonnent pas de la même manière.
Tout est trompeur, cela lui ressemble mais ce n'est pas chez moi, ce n'est pas ma maison. Je ne m'y retrouve pas. 

Qu'est ce que ma maison ? C'est irréel là aussi, une réalité composite, composée d'impostures et de fuites successives, alternatives, sans lieu, ni commun, ni privés ni publics. Il n'y a plus d'intime, d'intimité, tout est là, sur la table, étalé au grand jour au seuil de la nuit. Une nuit sans lune et sans étoiles, noire et irréelle encore
Je vais me réveiller, sortir de cette illusion, de ce jeu maléfique où j'ai tiré les mauvaises cartes. Jamais je ne tire les mauvaises cartes !
Bad beat 
Bad run

Reine de coeur ? Reine de pique ? 
Roi de coeur ou imperator ? 
Jocker ? 
Je suis la Dame de Coeur, toujours, je suis née ainsi, IL m'a nommée ainsi,  je suis Elle et je veux entrer dans le jeu, coeur,  rouge jaune et noir. Freeroll ?
Poker !

Iréel ce monde est irréel je m'y suis égarée, et je veux rentrer !

Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste, exploratrice urbaine
Crédit photo @brigittedusch

mardi 10 septembre 2024

Entre jour ? Entre nuit ?




L'entre jour, l'entre nuit ? Ces moments singuliers où l'esprit s'envole et se perd dans l'imaginaire à la quête d'un présent passé, qui n'existe plus que dans les souvenirs, mais s'inscrit toujours en creux sur la ligne du temps.
Celui qui passe sans toi.

Sans eux je ne survivrai pas. 
Alors je les laisse venir, m'envahir, me caresser, m'envelopper
Je les attends.

Combien de temps encore ? 
Combien de jours, de semaines, de mois, d'années ?
Combien d'attente dans l'antichambre de l'Eternité ?
Combien de temps au coeur de cette effroyable solitude ? 
Tragique sidération où le corps et le coeur semblent figés dans un temps révolu ?


Il a suffit d'un photo en noir et blanc tirée de l'oubli, enfouie au fond de ma mémoire. Elle a surgi là comme ça, par surprise, intrusion brutale, effraction violente lacérant ma chair, mon coeur, mettant à nu ce que j'ai de plus intime, ce que je garde secret au plus profond de mon âme l'offrant en une seconde à tous les tourments.

Pourtant ! 

D'un seul coup, d'un seul, j'ai pris conscience de ce temps qui nous séparait, de cette vie entière passée sans toi ? Pourquoi ? 


Je ne sais pas.
Brutal, violent, c'est une effraction terrible dans tous mon être, dans ma chair, dans mon âme, dans mon coeur, dans ma vie.

Cette vie que je t'ai donnée un jour pour l'éternité. 
Cette vie que tu m'as donnée un jour pour l'éternité
Cette vie, ta vie qui brutalement s'est arrêtée, volée, ta vie qui m'a été arrachée.

Je suis et serai jusqu'à ma mort déchirée, amputée d'une partie de mon être. à jamais. Je suis morte ce jour là. Une partie de moi est partie avec toi.

Je continue le chemin, je vis, j'aime, je chante et je danse encore, je fais de mon mieux, j'ai fais une promesse. 
Je me dois à ma parole
J'ai choisi la Vie
Mais.. 
Quel autre choix ?  tu sais comme moi que nous n'avons pas le droit.
Pourtant, j'y ai pensé souvent, j'y pense encore, souvent, toujours, je ne cesse pas, jusqu'à mon dernier souffle qui sera pour toi.

Mais je vis... encore !
Dévastée
Désespérée.

Il me plait de penser que tu es prés de moi, en moi, que tu veilles sur moi
Il parait que le temps n'existe pas, que c'est une invention de l'homme pour ne pas se perdre. Mais se perdre où ?
L'univers du temps ? Le temps de l'Univers ?
Alors je me perds... Je m'y perds. Je suis perdue.

Qu'il me semble long, ce temps, très long, trop long.
La vie est parfois un lourd fardeau à porter, insupportable !

Et tu me manques, à chaque seconde, à chaque souffle, à chaque battement de mon coeur qui bat parfois trop vite, trop fort, qui me fait mal, qui me déchire tant il est fatigué, usé. J'attends qu'il s'arrête enfin... 
Parfois je n'ai plus la force. 
Mais...
Je vis encore... !

Et le temps passe, s'écoule, à contre courant, j'aimerai m'y laisser couler, emporter
Mais ni le temps ni le courant n'ont de prise sur l'Amour. 
Il ne peut s'en emparer, les saisir, les retenir
Il ne peut  confisquer des promesses.

Entre jour entre nuit, entre temps : infime faille où je me glisse, ultime refuge où je te retrouve. Où je suis enfin ce que je suis, qui tu sais que je suis. 
Car toi seul sait. Nous seuls savons.

Etre enfin à soi !
S'abandonner enfin à soi, à nous.

Entre jour, entre nuit entre parenthèses, chuchotements, ne pas faire de bruit, être presque dans le silence, celui d'avant et d'après la mort. 

Entre la vie entre la mort, corridor de l'espoir d'un autre monde, d'un autre espace, qui me conduira à la lumière

Tu étais mon Soleil, j'étais ton Etoile. 
Pour toujours.

On se retrouvera dans ce Ciel que je regarde souvent, comme nous le faisions il y a si longtemps, il y a trop longtemps... Dans ce monde que nous voulions construire qui a accueilli notre amour, nos rêves et nos espoirs.

Je te parle souvent, je te vois, je nous vois, 

Pourquoi je dois vivre sans toi ?

J'aimerai tant que tu m'emporte loin de tout ça, tout prés de toi, doucement.
Pour toujours, pour l'Eternité, 
On se l'était promis
Je sais que tu m'attends. 

En ce jour si spécial en ce jour malgré toutes ces années passées, je te dis encore et encore, tant que je serai en vie avant que nous soyons enfin réunis pour l'Eternité. 

Ani lé Dodi vé dodi li  אני לדודי ודודי לי

J.BS

Brigitte Dusch, historienne psychanalyste, exploratrice urbaine
Crédit photo. @DJ... 


vendredi 6 septembre 2024

"Love affair"




"Liouba,  En me serrant sur ton coeur tu auras un peu mes mains dans tes cheveux, mes yeux dans les tiens, et mes lèvres sur ta bouche, pour toujours et même après"

"Love affair" C'est ce que tu disais en parlant de notre histoire, tu le disais avec tendresse et tout l'amour que tu as su m'offrir. Love affair. Rien ne nous destinait à une rencontre, le hasard ? Encore lui.

Au début ce fut un jeu, celui des mots et du hasard, nous étions différents, à l'opposé l'un de l'autre mais fascinés chacun par l'érudition, l'intelligence, la pertinence, de l'autre. Alors nous nous sommes engagés sur ce terrain ; excellents joueurs nous avons commencé une longue partie de poker, dont nous sommes sortis tous deux vainqueurs. 

Nous avons su des les premiers instants, qu'il se passerait quelque chose d'unique et de fort entre nous, mais nous n'étions pas pressés, le temps est intelligent. Nous nous étions promis que cela resterait un jeu, qu'il n'y aurait rien de sérieux. Que tout serait léger et vivant. 
Tu avais la sagesse et l'expérience de la vie, moi l'insolence de cette jeunesse qui pouvait tout se permettre, nous avions tous deux cette même soif de vivre, sachant que demain, dans un instant, tout pouvait s'arrêter. En sursis nous sommes tous en sursis de la vie. Alors vivons !

Il y avait cette soif de vivre, puis le désir. Le Désir. Tout se loge dans le Désir, surtout la pulsion de cette vie qui nous est offerte et qui ne demande qu'à être au monde pour mieux défier la mort. 

Nous nous étions promis que cela resterait un jeu.
Et puis.. 
Le désir, la tendresse, et puis l'amour. L'Amour s'il est un cadeau peut rapidement devenir un poison si on ne sait y prendre garde, surtout si on sait que cette "love affair" s'inscrit dans un temps court bref, et qu'il est compté.

Je n'aime pas être comptable de l'amour ni du temps qui m'est donné pour le vivre, mais nous avons décidé de faire vite, ne pas perdre ce temps précieux, le saisir au vol, de vivre ça vite et fort.
Je me souviens de ce long trajet en train, de la gare où tu m'attendais, de ces instants fébriles.. De ce petit train de banlieue de cette ville gigantesque, que nous avons pris tous les deux pour rejoindre avec ta vieille voiture ton refuge enfoui au milieu d'une campagne déserte, Un oasis, loin de tout et du monde qui s'enflammait de partout, Nous avions cet instant de répit rien que pour nous, avant ? De mourir peut-être ensevelis sous ce chaos.


"Love affair." Magique, magnifique, intense, torride, nous avons tout donné, nous nous sommes tout donné. Il fallait défier la mort et rester vivant. Encore, nous l'étions. Jusque quand ? Tu as pleuré tu aurais voulu que cela dure toute la vie, toute notre vie. Je te disais que si tout cela se passait entre nous c'était justement parce qu'il était impossible que ça dure une vie, et quelle vie ? Nous n'avions aucun avenir possible. Tu me parlais dans ta langue, puis en anglais je te répondais en allemand et en Yiddish, nous mélangions les langues, pour rire et s'amuser et quand cela t'énervait nous parlions français. 
On peut s'aimer dans toutes les langues, les mots sont parfois de trop.
 

"Love affair", brève histoire d'amour éternelle.. que nul n'oublie. Chance inouïe cadeau magnifique que la vie te donne, et lui dire merci.

Nous avons figé le temps.

On se lance parfois des bouteilles à la mer.. on n'a rien oublié, ni toi ni moi, je pense souvent à toi. Je revois le temps passé devant la cheminée, le thé fumant puis le champagne ! et les plats que tu me cuisinais, "c'est pas casher Douchka ça ira ?"' on riait, on s'aimait mais tu pleurais.. Car tu savais que tout allait se terminer... Je te disais "vis maintenant, pleinement demain on verra, après demain on sera peut-être mort !" Tu ne comprenais pas toujours comment je pouvais être ainsi. Nous ne nous sommes jamais raconté nos vies, cela n'avait aucune importance. Pourquoi faire ? Il n'y avait pas d'avant, il n'y aurait pas d'après, il n'y avait que l'instant présent, celui qui nous vivions, que nous engloutissions. 


Notre "love affair" est là dans ma mémoire, c'est une de mes plus belles histoires d'amour et je t'en remercie. Oui je t'ai aimé, je t'ai aimé très fort, et tu le sais. Cet amour n'a pu exister que parce qu'il est né et a grandi au milieu des décombres de nos vies, parmi les ruines et la laideur du monde que nous voulions changer. Cet amour a été la petite fleur au milieu de ces champs de mines...
Nous avons  attrapé au vol ce temps ce qui nous a été offert, que nous nous sommes offert, pour vivre, survivre je ne sais pas, pour vaincre la Mort sûrement, pour trop l'avoir vue ?

Je relis souvent cette lettre que tu m'as envoyée je la garde précieusement, si tu me lis, et je sais que tu me lis, sache qu'il me vient des larmes à chaque fois. je ferme les yeux et nous revoie, nous étions beaux, heureux, vivants. 

Je nous voie encore fermer doucement les volets de cette jolie maison qui a abrité la joie et le bonheur des amoureux que nous étions, je crois qu'à cet instant, je, nous, aurions voulu arrêter le temps, encore un peu.. Mais c'était déjà beaucoup ! Tu m'as accompagnée, nous avons fait toute cette route, dans un silence absolu, tu es venu avec moi sur le quai de la gare de cette belle ville si grande et je suis montée dans ce train... Il n'y avait plus rien à dire. On s'était promis de ne pas se retourner et de ne pas pleurer.

Lorsque tu m'as embrassée et serrée dans tes bras une dernière fois tu m'a fait promettre d'écrire notre histoire "Il faut écrire tout ça Liouba, je suis heureux, je ne pensais pas vivre un tel bonheur, je voudrai tellement te garder.. pour moi toujours" 

Immer, toujours.. 
"Quand j'aime c'est pour l'éternité"

A toi, pour toi. je sais que tu gardes sur ton coeur "ton icone". Je sais que tu es en vie, je le suis aussi. Nous nous sommes donné rendez vous au Paradis, le premier arrivé prévient l'autre.. On s'est dit ça ce jour là...
Je t'aime


Birgit (car c'est ainsi que tu disais) Dusch, historienne, psychanalyste, exploratrice urbaine
Crédit photo @brigittedusch

vendredi 23 août 2024

Les couturières et moi.


"
Entre la fenêtre et le foyer, Emma cousait ; elle n’avait point de fichu, on voyait sur ses épaules nues de petites gouttes de sueur."*

Je suis l'héritière d'une longue lignée de "couturières" de métier, occasionnelles, familiales. Il y a aussi des "tailleurs d'habits". 

J'ai grandi au milieu des tissus, des fils de toutes les couleurs, des épingles, l'odeur de la craie, le bruit des ciseaux, de la machine à pédales de ma grand mère dont j'entends encore le ronronnement en fermant les yeux.
Je la revois, tout comme ma mère, assise derrière sa table en piquant les coutures des morceaux de tissus qui deviendraient une robe, une jupe, un vêtement pour moi souvent. Je rêvais et m'impatientais.


Elles cousaient, toutes les femmes de mon enfance cousaient et moi je les regardais. Je voyais peu à peu les morceaux s'assembler devenir des robes, des jupes, des chemises. C'était magique c
oudre, assembler, tisser, relier, donner vie et du sens à des morceaux de tissus afin d'en faire un vêtement : quelque chose qui habille et qu'on habite, qui nous recouvre, nous enveloppe.

Coudre un vêtement est toute une histoire, une histoire singulière, une aventure, ça demande du temps, de la patience, cent fois on remet sur le métier son ouvrage. Il faut assembler, surfiler, essayer, démonter, réajuster, recommencer. Jusqu'à ce que "ça tombe bien".  

Pourtant je ne sais pas coudre et elles ne m'ont jamais appris à le faire.
Je ne suis pas couturière. 
Je suis historienne et psychanalyste
Je ne sais pas coudre... Mais


Je sais rassembler, assembler, coller, relier et donner vie. 
Alors suis-je peut être une couturière à ma façon ? Singulière couture qui est d'assembler non des bouts de tissus mais des morceaux d'histoires ? Des histoires singulières dont ils manquent des morceaux parfois. Assembler du mieux que je peux afin de construire, reconstruire pour mettre en forme et donner du sens...

Etre historien c'est comprendre et partir à la quête de tout ce qui peut nous y aider, afin de tisser, relier, assembler pour mettre du sens et raconter une histoire, celle des hommes, des femmes, des enfants qui ont vécu avant nous. Tenter le plus fidèlement possible de dire, de ne pas les trahir. Tâche oh combien difficile ! Leur donner la parole. Donner la parole aux Morts, aux oubliés souvent, à tous ceux qui n'ont pas laissé de traces dans les livres d'histoire mais qui sont l'histoire. C'est la tâche que je me suis donnée, pour les femmes du XVII° d'abord, puis pour les Hommes de 14. Les sortir de l'oubli et montrer à voir qu'ils n'étaient pas que des soldats, mais des enfants, des maris, des parents, des frères, qu'ils ont aimé, pleuré, ri, souffert, puis pour ces femmes, hommes et enfants victimes de la barbarie nazie.. Reconstruire, rétablir et surtout pour ces derniers la filiation qu'ils ont tenté de détruire en les exterminant.

Historienne, je collecte, je rassemble et j'assemble autant que je peux avec ce que j'ai, le peu parfois, jamais le trop, puis j'essaie de coudre... Coudre, assembler, faire tenir les pièces entre elles les coudre de fils blancs, noirs, de toutes les couleurs. Singulier travail ! Parfois les pièces manquent pour assembler, ravauder, repriser...  laisser des blancs : L'historien n'invente pas. Il s'en tient à ce qu'il a.

Drôle de couturier. 

Analyste, je suis aussi couturière à ma manière, artisan de cet assemblage insolite et singulier que me livrent les analysants, en les aidant à mettre 
 du sens, là où il n'apparait pas instantanément, à réunir des pièces, des bribes, ne pas perdre le fil pour faire tenir ce qu'ils habitent ! pour que ça tombe bien, sans faux plis. Que ce soit précis, clair et net.

"Vous raccommodez les âmes" "vous remettez en ordre le bordel qu'il y a dans ma tête" "Vous faites tenir tout ça, tout ce qui était en vrac" me disent-ils

Tout cela est une histoire des histoires de l'Histoire, c'est pour cette raison que depuis des années j'ai entrepris toutes ces recherches. Pour comprendre et aussi pour me comprendre. Oui j'ai grandi au milieu des tissus,  de la couture, des habits, de la couture et des couturières, je me suis souvent demandé moi qui ne sait pas coudre où je me situais au sein de cette filiation. En avais je par ce manque de savoir rompu le fil ? Ce manque ? Le fil ? le fil de l'histoire ? Celles que j'entendais, enfant.. Je regrette de ne pas avoir posé assez de questions, pourquoi ? Pourquoi je n'ai pas demandé ? Qu'on me dise encore ? Qu'on m'apprenne à coudre ? Pourtant j'ai des souvenirs, ils reviennent s'enfilent dans le chas de l'aiguille et j'assemblent les bribes, je puise dans les archives, croise et reprise, je trouve, je retrouve je me trouve enfin ! C'est parfois terrible et tragique. Alors toutes les émotions surgissent on se demande quoi faire, quoi en faire  ? Comment les assembler ? avec quels fils  pour que ça tienne. Et l'enfance ramène comme la vague sur le sable les mots, ceux là même que tu ne comprenais pas lorsque tu étais enfant, mais qui te semblaient étranges, ces mots chuchotés à peine qu'un enfant ne comprend pas.. Pourtant l'enfant qui ne ressemblait à rien ni à personne  entendait et comprenait ces "secrets" que tout le monde savait sauf lui. Alors tu cherches, tu fais attention au moindre mot, au moindre regard, tu assembles les pièces et tu écoutes de que disent les gens, tu reconstruis le puzzle.. et tu deviens historienne et psychanalyste, tu te dis alors des décennies plus tard, qu'entre un tailleur d'habit, une couturière, un marchand de tissus, une historienne, une psychanalyste, il y a un bien un  lien, un lien solide, le fil que tu as tiré et avec lequel tu as cousu, recousu ta propre histoire, reconstruit la filiation. Tu es heureux car enfin tu sais d'où tu viens et qui tu es.

Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste, exploratrice urbaine
Crédit photo @brigittedusch.

* Gustave Flaubert "Madame Bovary"

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Nota bene

Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

Vous étes venus

compteur visite blog

map