Samedi en revenant de la bibliothèque j'assistais à une curieuse scène
Comme toujours lorsque je veux éviter le centre ville je passe par les petites rues de la vieille ville, ruelles sombres mais somme toute très sympathiques.
C'est alors que je vois une petite fille seule au milieu de la placette qui mène directement aux rues piétonnes de la ville. Plus loin à l'entrée d'une ruelle, des adultes qui la regardent et s'éloignent. Un de ces adultes lui lance "tu devrais venir, sinon un méchant monsieur va venir te prendre"
La fillette ne bronche pas, puis elle continue à s'éloigner.
"Il va te prendre et te faire du mal si tu ne viens pas.." poursuivent les grands tout en s'éloignant.
J'avance et je dépasse à la sortie des ruelles une femme tenant à la main une poussette vide... Fumant une cigarette.
Je ne connais pas la suite de l'histoire, ne sait s'ils sont allés la chercher ou si la fillette les a rejoint.
Ce n'est pas là que ce situe le questionnement, encore que... !
Et ce n'est finalement pas l'issue de la scène qui m'a interpellée.
Voilà une fillette qui décide d'aller vers des rues animées, bruyantes, éclairées, où les piétons se promènent ...Où il y a du monde, le monde. Puis des adultes qui préfèrent prendre un raccourci éviter ce bruit, ou voir simplement des ruelles d'une vieille ville, trouver un peu de fraîcheur...?
Deux décisions, deux actes posés. Une fillette qui manifeste son opposition, son désir d'ailleurs, de curiosité peut-être, désir d'explorer ce qui est vivant, l'endroit où il y a de la lumière,des gens, du bruit, un endroit animé... Une fillette qui dit non.
Des adultes qui pour faire revenir cette enfant "dans le droit chemin" le plus court peut-être lui oppose une menace, terrifiante. Celle de ce "méchant monsieur qui va venir la prendre pour lui faire du mal"
mettant en mots des fantasmes, des peurs... mettant en scène les terribles faits divers que les journaux nous servent chaque jour... Mettant en scène un réel possible.
Mais ?
Est-ce vraiment le message ?
Que voulaient-ils dire ? Lui dire ?
Ecoute tes parents, écoute l'adulte, tu dois lui obéir... ?
Alors pourquoi cette menace ?
Pourquoi ne pas expliquer clairement les choses à une fillette qui visiblement ne voulait pas les suivre ?
Quel est le rôle de l'adulte ? Alors
Pourquoi avoir lâché la main de cette enfant ? Ce "'laisser faire" constituant ici un "laisser aller" pour justement découvrir et explorer n'est-il pas non plus une possibilité de non, de poser un acte différent, de faire un choix ?
L'enfant doit faire des choix, et par là s'opposer à l'injonction parentale. La transgresser... Mais quand et comment ?
C'est tout le problème du non, de ce non que l'enfant se doit d'opposer pour marquer sa singularité, sa différence, son être autre, qui n'est plus en symbiose avec le parent, l'adulte.
L'enfant se détache pour vivre sa vie, découvrir, explorer... Mais comment doit-il le faire, comment peut-il le faire ? Sans les yeux, sans le regard de cet adulte ?
Sous le regard de cet adulte qui se doit de laisser faire, tout en gardant "un oeil" sur ce laisser aller, ce laisser faire, qu'il se doit de laisser transgresser afin que l'enfant puisse accéder à une progressive autonomie, puisse partir à la conquête de son "moi" ?
Aller explorer d'autres territoires, découvrir d'autres lieux, sachant qu'il existe et qu'il y a le lieu sècure où nous attend l'adulte tout aussi sècure. Ulysse a fait un beau voyage...
Mais comme nous le savons tous il fut très heureux de retrouver sa maison !
L'adulte se doit d'encourager l'enfant de le laisser aller, tout en étant à ses côtés, il se doit tout autant de l'avertir des dangers de tous ces territoires inconnus, car l'inexploré peut-être hostile, mais pas de l'en effrayer, de l'en décourager, de le menacer des pires scénarios. Comment l'enfant alors, curieux et avide d'expériences pourra t-il explorer le monde qui l'entoure ? Comment pourra t-il avoir confiance, en lui et en les autres ?
Il ne s'agit pas de laisser l'enfant aller, faire, sans surveillance, au contraire, et c'est là que tout est complexe, difficile voir presque impossible. Laisser sans tout permettre, laisser aller sans tout abandonner. Car c'est bien de perte encore dont il est question dans cette histoire
Qui s'avance sur un territoire étranger s'il découvre perd aussi, fait le deuil, le deuil d'une méconnaissance pour accueillir un savoir et une expérience. Deuil aussi pour le parent, d'un enfant qui se détache qui s'éloigne et qui dit non, Qui affirme sa singularité, et sa vie propre !
Cette histoire m'a interpellée vivement, l'attitude détachée et la menace de ses adultes ne sachant ocomment faire obéir leur enfantN'osant dire non, et n'ayant pas trouvé d'autre solution que de la mettre en garde contre un éventuel autre, "méchant,qui lui ferait du mal".. Evoquant alors le danger et aéglement leur impossibiltié à l'en protéger... Ne sachant pas comment construire ce cadre de confiance, éducatif,ni mettre les limites nécessaires à chacuen des parties pour que la relation puisse s'y construire et s'y épanouir, ce fameux cadre sécure.
Nous savons le mot de Freud, lorsqu'il répondit à une mère désireuse de bien éduquer son enfant :
" Faites comme vous voudrez : de toute façon vous ferez mal"
Est ce encore vrai ? Ne pouvons nous pas tenter de faire "good enough" ? seulement.
L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
vendredi 14 décembre 2012
Le non de l'enfant.
samedi 8 décembre 2012
Soin de soi.
Prendre soin de soi.
Prenez soin de vous, prends soin de toi !
Une phrase qui ponctue une conversation, qui la termine, mais qui devient parfois une injonction;
Prendre soin de soi...
L'un à l'autre, l'un et l'autre dans la relation, de bienveillance, de souci, d'interrogation.. L'un pour l'autre.
Prends soin de toi !
Expression devenue courante.
Galvaudée parfois comme tant et tant de mots, verbes, expressions...
Sans qu'on sache ce que ça signifie vraiment, ce que l'autre veut dire, sans que celui qui l'entend et le dit en saisisse tout le sens, toute l'essence.
Le sens ?
Prendre soin de soi.
Soin... voilà un mot qui a lui tout seul fait encore couler beaucoup d'encre, impliquant la maladie, le mal aise qui réclame un acte précis, déterminé : le soin, qui nécessite d'être soigné pour aller, être, faire mieux
Une sorte d'exhortation à aller mieux, ne pas aller mal ?
Mais pourquoi ? Pourquoi demander à l'autre de se prendre lui même en charge ?
Quid de cette prescription là ?
Faut-il simplement que cet autre là soit simplement gentil avec lui même et j'insiste sur le pronom réfléchi qui prend ici toute sa valeur symbolique, cet "himself "!
Gentil ? Bienveillant ? Chaleureux ? Amical ? Aimant...
Aimant nous y voilà peut-être...
Car il y a de l'amour la dessous, l'amour de l'autre qui passe par l'amour de lui même, et par conséquent et projectivement peut-être aussi de soi même
Ne faut-il pas s'aimer juste un petit peu soi même pour être en capacité d'aimer juste un petit peu aussi l'autre ? Celui là même à qui on demande de prendre soin de lui...
Une amour "suffisamment bon" ? "'Good enough" ? Encore ?
Parce que quoi ? Nous ne pouvons pas prendre soin de lui ? Tout entier ? Il faut qu'il y mette un peu du sien pour que ça prenne ? Il faut qu'il prenne un peu le temps de regarder, de regarder sa vie, et son self, son je .. Qu'il apprenne à l'aimer et à le trouver beau.
Qu'il prenne soin, qu'il enveloppe son "Je" d'un hâlo de douceur, de gentillesse, de tendresse et d'amour
Qu'il prenne soin de ce je comme et en même temps qu'il prend soin de son corps, cette enveloppe montrée à voir à l'autre sous le plus beau jour qui soit.
Montré à voir, car de cela aussi il est question. L'image donnée, offerte au regard de cet autre...
Quelle image ? Quelle image donnée, quelle image veut-on, doit-on donner ?
Ainsi ce temps pris chaque jour au soin de soi... Ce temps pour se vêtir, s'apprêter, passé au choix de la couleur de l'habit qui fait celui que nous serons ce jour là, le maquillage, la coiffure, toute cette mise en scène destinée à produire une image soumise au regard de l'autre, qui renvoie en miroir une image aimable ou détestable ? Est-ce bien de cela dont il s'agit ?
Ce montré à voir, ce je extérieur, cette carapace, ce costume endossé pour le rôle? A jouer ? A mettre en actes pour la journée où il sera peut-être mis en pièces ?
Ou est-ce autre chose ?
Un autre chose plus intime ? Plus secret ?
Un lieu infime où se joue la rencontre de je avec soi ?
Une invitation alors pour cette rencontre ? Ce rendez-vous singulier ?
Peut-être...
Comme toute expression devenue 'fourre tout" on peut y mettre ce qu'on veut, répétée à tort et à travers elle perd son sens et sa puissance. Et pourtant si on y prend garde le poids des mots nous enseigne
Pour prendre soin de soi, au pied de la lettre peut-il faut-il aussi s'écouter, prendre ce temps là. S'écouter vivre, aimer, souffrir, rire, prendre conscience de son existence, de sa vie, de son souffle.. Avoir envie d'être, mais être en vie.
Se sentir vivant, aimable et fragile, fort et aimant.
Poser un regard bienveillant sur ce "Je" qui parfois est en souffrance, n'en peut plus de toutes les injonctions auxquelles il doit non seulement répondre mais aussi et surtout se conformer pour être, exister et faire partie de ce lien social, espace devenu étriqué et sans concession.
Sujet tiraillé, toujours aux prises avec une singularité devant trouver sa place au sein de la Cité, sans trop y laisser de plumes, sans trop lui concéder, tout en gardant son âme !
Déchirement, renoncement... Un prix parfois fort à payer !
Alors il faut prendre soin de soi... Prendre soin à ne pas trop perdre, laisser un peu trop de soi pour ?
Mais pour quoi ?
"Prends soin de toi" Cela peut-être tout ou presque, banalité, politesse, injonction, invitation, prescription, bienveillance, compassion, empathie, sympathie...
A nous seul appartient ce choix.
Prenez soin de vous, prends soin de toi !
Une phrase qui ponctue une conversation, qui la termine, mais qui devient parfois une injonction;
Prendre soin de soi...
L'un à l'autre, l'un et l'autre dans la relation, de bienveillance, de souci, d'interrogation.. L'un pour l'autre.
Prends soin de toi !
Expression devenue courante.
Galvaudée parfois comme tant et tant de mots, verbes, expressions...
Sans qu'on sache ce que ça signifie vraiment, ce que l'autre veut dire, sans que celui qui l'entend et le dit en saisisse tout le sens, toute l'essence.
Le sens ?
Prendre soin de soi.
Soin... voilà un mot qui a lui tout seul fait encore couler beaucoup d'encre, impliquant la maladie, le mal aise qui réclame un acte précis, déterminé : le soin, qui nécessite d'être soigné pour aller, être, faire mieux
Une sorte d'exhortation à aller mieux, ne pas aller mal ?
Mais pourquoi ? Pourquoi demander à l'autre de se prendre lui même en charge ?
Quid de cette prescription là ?
Faut-il simplement que cet autre là soit simplement gentil avec lui même et j'insiste sur le pronom réfléchi qui prend ici toute sa valeur symbolique, cet "himself "!
Gentil ? Bienveillant ? Chaleureux ? Amical ? Aimant...
Aimant nous y voilà peut-être...
Car il y a de l'amour la dessous, l'amour de l'autre qui passe par l'amour de lui même, et par conséquent et projectivement peut-être aussi de soi même
Ne faut-il pas s'aimer juste un petit peu soi même pour être en capacité d'aimer juste un petit peu aussi l'autre ? Celui là même à qui on demande de prendre soin de lui...
Une amour "suffisamment bon" ? "'Good enough" ? Encore ?
Parce que quoi ? Nous ne pouvons pas prendre soin de lui ? Tout entier ? Il faut qu'il y mette un peu du sien pour que ça prenne ? Il faut qu'il prenne un peu le temps de regarder, de regarder sa vie, et son self, son je .. Qu'il apprenne à l'aimer et à le trouver beau.
Qu'il prenne soin, qu'il enveloppe son "Je" d'un hâlo de douceur, de gentillesse, de tendresse et d'amour
Qu'il prenne soin de ce je comme et en même temps qu'il prend soin de son corps, cette enveloppe montrée à voir à l'autre sous le plus beau jour qui soit.
Montré à voir, car de cela aussi il est question. L'image donnée, offerte au regard de cet autre...
Quelle image ? Quelle image donnée, quelle image veut-on, doit-on donner ?
Ainsi ce temps pris chaque jour au soin de soi... Ce temps pour se vêtir, s'apprêter, passé au choix de la couleur de l'habit qui fait celui que nous serons ce jour là, le maquillage, la coiffure, toute cette mise en scène destinée à produire une image soumise au regard de l'autre, qui renvoie en miroir une image aimable ou détestable ? Est-ce bien de cela dont il s'agit ?
Ce montré à voir, ce je extérieur, cette carapace, ce costume endossé pour le rôle? A jouer ? A mettre en actes pour la journée où il sera peut-être mis en pièces ?
Ou est-ce autre chose ?
Un autre chose plus intime ? Plus secret ?
Un lieu infime où se joue la rencontre de je avec soi ?
Une invitation alors pour cette rencontre ? Ce rendez-vous singulier ?
Peut-être...
Comme toute expression devenue 'fourre tout" on peut y mettre ce qu'on veut, répétée à tort et à travers elle perd son sens et sa puissance. Et pourtant si on y prend garde le poids des mots nous enseigne
Pour prendre soin de soi, au pied de la lettre peut-il faut-il aussi s'écouter, prendre ce temps là. S'écouter vivre, aimer, souffrir, rire, prendre conscience de son existence, de sa vie, de son souffle.. Avoir envie d'être, mais être en vie.
Se sentir vivant, aimable et fragile, fort et aimant.
Poser un regard bienveillant sur ce "Je" qui parfois est en souffrance, n'en peut plus de toutes les injonctions auxquelles il doit non seulement répondre mais aussi et surtout se conformer pour être, exister et faire partie de ce lien social, espace devenu étriqué et sans concession.
Sujet tiraillé, toujours aux prises avec une singularité devant trouver sa place au sein de la Cité, sans trop y laisser de plumes, sans trop lui concéder, tout en gardant son âme !
Déchirement, renoncement... Un prix parfois fort à payer !
Alors il faut prendre soin de soi... Prendre soin à ne pas trop perdre, laisser un peu trop de soi pour ?
Mais pour quoi ?
"Prends soin de toi" Cela peut-être tout ou presque, banalité, politesse, injonction, invitation, prescription, bienveillance, compassion, empathie, sympathie...
A nous seul appartient ce choix.
dimanche 25 novembre 2012
L'enfant qui part
Son dernier enfant vient de partir, il vient de quitter le nid.
Cette fois, ce départ, cette perte lui semble insurmontable
Pourtant ce n'est pas la première fois qu'un enfant s'en va, qu'il quitte la maison pour partir, pas si loin, mais trop loin quand même
Elle ne sait plus trop où elle en est, elle se sent seule, elle n'a plus personne à attendre, à qui préparer les repas.
Pourtant ce dernier enfant, ce tout petit qui a grandi est encore là un peu, il n'est pas parti vraiment.
Elle sait pourtant que ce départ, ce départ à demi est le premier pas vers le Départ, le vrai cette fois, celui où il n'y aura presque plus de retour, ou alors seulement quelques jours, par çi par là, une visite, des vacances... Mais un départ !
Elle savait pourtant, elle s'était préparé, ce n'est pas la première fois, mais il restait encore trois enfants, puis deux, puis un. maintenant il n'y a plus d'enfant, plus d'ado, plus de cris, plus de bruit, plus de musique, plus de rien...Puisque maintenant il n'y a plus rien.
la maison est triste, vide, elle dort, en sommeil...
Elle se demande pourquoi se lever, le matin, il n'y a plus de petit déjeuner à préparer, plus de linge à laver, repasser, plus de livres, cd, magazines à ranger. Il n'y a plus rien à faire. Plus rien.
Elle vit alors dans l'attente, celle de cette fin de semaine, où l'enfant, les enfants aussi parfois sera là, reviendra, où les mots, les rires résonneront dans la maison !
Elle attend !
Elle se demande si cette attente est bien raisonnable, elle sait bien que non, mais c'est comme ça, plus fort qu'elle !
Non qu'elle était davantage attachée à cet enfant là, mais elle n'était pas seule, sa vie, sa présence à la maison avait encore un sens, une utilité
Elle parle alors de ce vide, de ce gouffre et de ce rien qui l'entourent, qui la cernent et paradoxalement l'étouffent, l'enserrent et l'angoissent.
La tenaillent...Cette peur du vide, ce vertige qui l'entraine elle ne sait où
L'inconnu, étrange et dangereux...
Elle sait que tout ça est "fou" dit-elle, mais c'est "comme ça .. C'est pour ça que c'est fou"
Son dernier enfant vient de partir, pour pas très loin, quelques dizaines de km les séparent, elle est heureuse, puisqu'il l'est, puisqu'il construit sa vie, son avenir, il a quitté la maison, comme son frère, et ses soeurs, pour étudier, apprendre, vivre
Elle n'a jamais considéré que ses enfants lui appartenaient, qu'ils étaient les siens, elle les a toujours laissé aller, découvrir, le monde, les autres, partir..
Mais elle se sent dèsespérement seule abandonnée presque à elle même et à cette solitude qu'au fond delle même elle redoute plus que tout !
Ce face à face avec elle même, avec son être seul lui semble terrible, presque insurmontable
Elle n'est pas oisive loin de là, ses journées sont remplies, mais c'est autre chose, indicible, imperceptible aux autres, mais une douleur intérieure qui la terrasse et l'empêche presque de réagir..
Un peu comme si elle n'avait rien à se dire, ou peut-être parce qu'elle a trop à se dire, et c'est ce trop là qui lui fait peur, dont elle ne veut pas vraiment, mais qui arrive et revient tel un boomerang.
Ce trop qu'elle a mis à distance pendant ces années, où elle n'était pas seule, vraiment. Un trop mis de côté auquel elle ne peut maintenant plus échapper, même avec des faux semblant
Ce remplissage du temps ne la comble plus ni ne comble plus ce manque
Ce terrible manque d'enfant...
Parti maintenant et la laissant seule, face à elle, face à ce manque en elle qui est là, la tient et la tenaille et qu'il va lui falloir enfin, malgré tout, affronter.
Affronter l'inconnu, l'imprévisible aussi, ou le rien ? Elle ne sait pas trop. Tenter de ne plus vivre dans l'espoir, et l'attente, celle du retour.
Affronter ce temps qui arrive, qui advient. Ce temps présent, sans regarder en arrière et se projeter en avant. Le moment présent. Qui est, fugace et soudain mais qui est là et s'impose.
S'affronter finalement, penser, "vivre pour moi".... "Ca ne je sais pas faire ça !"
Mais qui le sait, le sait-on vraiment ?
Cette fois, ce départ, cette perte lui semble insurmontable
Pourtant ce n'est pas la première fois qu'un enfant s'en va, qu'il quitte la maison pour partir, pas si loin, mais trop loin quand même
Elle ne sait plus trop où elle en est, elle se sent seule, elle n'a plus personne à attendre, à qui préparer les repas.
Pourtant ce dernier enfant, ce tout petit qui a grandi est encore là un peu, il n'est pas parti vraiment.
Elle sait pourtant que ce départ, ce départ à demi est le premier pas vers le Départ, le vrai cette fois, celui où il n'y aura presque plus de retour, ou alors seulement quelques jours, par çi par là, une visite, des vacances... Mais un départ !
Elle savait pourtant, elle s'était préparé, ce n'est pas la première fois, mais il restait encore trois enfants, puis deux, puis un. maintenant il n'y a plus d'enfant, plus d'ado, plus de cris, plus de bruit, plus de musique, plus de rien...Puisque maintenant il n'y a plus rien.
la maison est triste, vide, elle dort, en sommeil...
Elle se demande pourquoi se lever, le matin, il n'y a plus de petit déjeuner à préparer, plus de linge à laver, repasser, plus de livres, cd, magazines à ranger. Il n'y a plus rien à faire. Plus rien.
Elle vit alors dans l'attente, celle de cette fin de semaine, où l'enfant, les enfants aussi parfois sera là, reviendra, où les mots, les rires résonneront dans la maison !
Elle attend !
Elle se demande si cette attente est bien raisonnable, elle sait bien que non, mais c'est comme ça, plus fort qu'elle !
Non qu'elle était davantage attachée à cet enfant là, mais elle n'était pas seule, sa vie, sa présence à la maison avait encore un sens, une utilité
Elle parle alors de ce vide, de ce gouffre et de ce rien qui l'entourent, qui la cernent et paradoxalement l'étouffent, l'enserrent et l'angoissent.
La tenaillent...Cette peur du vide, ce vertige qui l'entraine elle ne sait où
L'inconnu, étrange et dangereux...
Elle sait que tout ça est "fou" dit-elle, mais c'est "comme ça .. C'est pour ça que c'est fou"
Son dernier enfant vient de partir, pour pas très loin, quelques dizaines de km les séparent, elle est heureuse, puisqu'il l'est, puisqu'il construit sa vie, son avenir, il a quitté la maison, comme son frère, et ses soeurs, pour étudier, apprendre, vivre
Elle n'a jamais considéré que ses enfants lui appartenaient, qu'ils étaient les siens, elle les a toujours laissé aller, découvrir, le monde, les autres, partir..
Mais elle se sent dèsespérement seule abandonnée presque à elle même et à cette solitude qu'au fond delle même elle redoute plus que tout !
Ce face à face avec elle même, avec son être seul lui semble terrible, presque insurmontable
Elle n'est pas oisive loin de là, ses journées sont remplies, mais c'est autre chose, indicible, imperceptible aux autres, mais une douleur intérieure qui la terrasse et l'empêche presque de réagir..
Un peu comme si elle n'avait rien à se dire, ou peut-être parce qu'elle a trop à se dire, et c'est ce trop là qui lui fait peur, dont elle ne veut pas vraiment, mais qui arrive et revient tel un boomerang.
Ce trop qu'elle a mis à distance pendant ces années, où elle n'était pas seule, vraiment. Un trop mis de côté auquel elle ne peut maintenant plus échapper, même avec des faux semblant
Ce remplissage du temps ne la comble plus ni ne comble plus ce manque
Ce terrible manque d'enfant...
Parti maintenant et la laissant seule, face à elle, face à ce manque en elle qui est là, la tient et la tenaille et qu'il va lui falloir enfin, malgré tout, affronter.
Affronter l'inconnu, l'imprévisible aussi, ou le rien ? Elle ne sait pas trop. Tenter de ne plus vivre dans l'espoir, et l'attente, celle du retour.
Affronter ce temps qui arrive, qui advient. Ce temps présent, sans regarder en arrière et se projeter en avant. Le moment présent. Qui est, fugace et soudain mais qui est là et s'impose.
S'affronter finalement, penser, "vivre pour moi".... "Ca ne je sais pas faire ça !"
Mais qui le sait, le sait-on vraiment ?
mercredi 21 novembre 2012
Lettre d'un soldat à un gazaoui
Lettre d'un homme à un autre homme.
C'est un lien vers un texte que je vous propose aujourd'hui d'explorer.
/http://streetisrael.com/lettre-a-un-gazaoui-je-suis-le-soldat-qui-a-dormi-chez-vous/
Un texte que je n'ai pas écrit, mais dont la lecture m'a profondément émue, bouleversée.
Ce sont les mots d'un soldat. Pas un soldat de métier, mais un réserviste, une simple personne, comme vous et moi, à la différence que cet homme là a du prendre les armes pour défendre son pays.
Car son pays est en guerre.
Nous avons bien du mal à imaginer ça. Nous. Ici. La guerre !
Qu'en savons nous vraiment ? La plupart d'entre nous avons la chance de vivre dans un pays en paix (encore que, nous ne sommes pas dupes cette paix n'est que relative), et de la guerre, nous ne voyons que les images de la télévision, des médias, des films de guerre, réels ou de fiction.
Alors ce n'est pas simple j'en conviens d'imaginer ça, de prendre seulement quelques minutes pour se représenter la vie sous les bombes, sirènes, alertes, roquettes, explosions, attentats, véhicules piégés. Un bruit permanent, un ciel obscurci par la fumée, la peur, la crainte pour soi, ses proches...
Se demander comment sera tout à l'heure ? Demain ? Conduire ses enfants à l'école la peur au ventre. La peur ? L'angoisse... Et pourtant il faut continuer à vivre (si on peut appeler ça vivre pour reprendre les termes de mon amie Igaella)
Non ici ce n'est pas ça, quand la sirène retentit chaque premier mercredi du mois c'est pour vérifier si elle fonctionne bien.
Quand les alarmes sonnent dans les établissements scolaires c'est pour faire faire "un exercice" aux enfants, en cas d'incendie... Un jeu ou presque.
En France comme le soulignait mon fils, les tables des écoliers ne sont pas blindées ! Ce n'est pas nécessaire ! Qui y songerait ? Ils n'ont pas à se protéger dessous ou en faire un bouclier en cas de....
En cas de... !
Mais comment imaginer tout ça, ici... Puisqu'en général ça n'arrive qu'aux autres.. !
Alors j'ai décidé de publier cette lettre. Une lettre écrite par ce soldat réserviste à un gazaoui. Un soldat qui a dormi dans sa maison... A cause de la guerre.
Une curieuse et singulière rencontre. Un homme et l'ombre d'un homme et de sa famille.
Des mots justes, vrais, authentiques, sincères. Une lettre sans pathos, bouleversante justement car il n'y a rien de tragique, rien de théâtral.
Un quotidien malheureusement banal, l'ordinaire qu'est la guerre... ! Il dit, décrit, pense et veut faire savoir à cet homme ce qu'il a ressenti, ce qu'il pense. Il lui écrit et il n'a que les mots, une lettre à l'absent en présence de l'absence.
Il s'identifie, le voit, l'imagine... ! Voit en cet homme chez qui il est à cause de la guerre, un homme, comme lui, non un ennemi à haïr... Comme vous...
Il le voit et lui parle avec humanité... Il tisse malgré les bombes ce lien social si nécessaire, ce même qui nous a fait advenir à l'humanité. Ce fil tenu et fragile, que nous remettons en jeu chaque jour, car cela ne va pas de soi.
Yishai ressent ce besoin profond. Ses mots sont précieux car ils sont la marque du lien, celle du lien social, qui malgré le conflit maintient l'humanité, fait que les hommes restent des hommes, ont cette volonté, peuvent prendre ce recul nécessaire pour comprendre, analyser ce qui se passe et assumer, assurer le choix qui se pose alors.
Si j'ai choisi de publier ce lien aussi, c'est avec le profond souhait d'informer, de dire une vérité, celle qui est souvent bannie des écrans de télé, des journaux, qui ne parlent pas de ce quotidien là, ces médias qui ne prennent pas la peine de s'y arrêter. Véhiculer des clichés est toujours infiniment plus simple, ne mène pas non plus à la polémique, ne froisse pas le politiquement et le socialement correct de bon ton. .
Il est aussi de mon devoir de partager, de témoigner à mon humble niveau pour lutter contre toute cette propagande et désinformation. C'est je crois l'engagement de tout sujet libre ! C'est ma contribution et mon devoir, ici, dans ce pays en paix. Pour l'instant.
Je sais qu'une fois encore aucun commentaire n'émanera de cet article. Mais je n'en demande pas tant, et vous remercie de lire la lettre de ce soldat. Ce sera déjà ça !
Je remercie Yishai l'auteur de ces lignes
Merci à Yoram Salamon directeur de http://www.streetisrael.com/ qui aimablement m'a autorisé à reproduire et partagé ce lien sur mon blog.
A tout ceux que j'aime là bas...
C'est un lien vers un texte que je vous propose aujourd'hui d'explorer.
/http://streetisrael.com/lettre-a-un-gazaoui-je-suis-le-soldat-qui-a-dormi-chez-vous/
Un texte que je n'ai pas écrit, mais dont la lecture m'a profondément émue, bouleversée.
Ce sont les mots d'un soldat. Pas un soldat de métier, mais un réserviste, une simple personne, comme vous et moi, à la différence que cet homme là a du prendre les armes pour défendre son pays.
Car son pays est en guerre.
Nous avons bien du mal à imaginer ça. Nous. Ici. La guerre !
Qu'en savons nous vraiment ? La plupart d'entre nous avons la chance de vivre dans un pays en paix (encore que, nous ne sommes pas dupes cette paix n'est que relative), et de la guerre, nous ne voyons que les images de la télévision, des médias, des films de guerre, réels ou de fiction.
Alors ce n'est pas simple j'en conviens d'imaginer ça, de prendre seulement quelques minutes pour se représenter la vie sous les bombes, sirènes, alertes, roquettes, explosions, attentats, véhicules piégés. Un bruit permanent, un ciel obscurci par la fumée, la peur, la crainte pour soi, ses proches...
Se demander comment sera tout à l'heure ? Demain ? Conduire ses enfants à l'école la peur au ventre. La peur ? L'angoisse... Et pourtant il faut continuer à vivre (si on peut appeler ça vivre pour reprendre les termes de mon amie Igaella)
Non ici ce n'est pas ça, quand la sirène retentit chaque premier mercredi du mois c'est pour vérifier si elle fonctionne bien.
Quand les alarmes sonnent dans les établissements scolaires c'est pour faire faire "un exercice" aux enfants, en cas d'incendie... Un jeu ou presque.
En France comme le soulignait mon fils, les tables des écoliers ne sont pas blindées ! Ce n'est pas nécessaire ! Qui y songerait ? Ils n'ont pas à se protéger dessous ou en faire un bouclier en cas de....
En cas de... !
Mais comment imaginer tout ça, ici... Puisqu'en général ça n'arrive qu'aux autres.. !
Alors j'ai décidé de publier cette lettre. Une lettre écrite par ce soldat réserviste à un gazaoui. Un soldat qui a dormi dans sa maison... A cause de la guerre.
Une curieuse et singulière rencontre. Un homme et l'ombre d'un homme et de sa famille.
Des mots justes, vrais, authentiques, sincères. Une lettre sans pathos, bouleversante justement car il n'y a rien de tragique, rien de théâtral.
Un quotidien malheureusement banal, l'ordinaire qu'est la guerre... ! Il dit, décrit, pense et veut faire savoir à cet homme ce qu'il a ressenti, ce qu'il pense. Il lui écrit et il n'a que les mots, une lettre à l'absent en présence de l'absence.
Il s'identifie, le voit, l'imagine... ! Voit en cet homme chez qui il est à cause de la guerre, un homme, comme lui, non un ennemi à haïr... Comme vous...
Il le voit et lui parle avec humanité... Il tisse malgré les bombes ce lien social si nécessaire, ce même qui nous a fait advenir à l'humanité. Ce fil tenu et fragile, que nous remettons en jeu chaque jour, car cela ne va pas de soi.
Yishai ressent ce besoin profond. Ses mots sont précieux car ils sont la marque du lien, celle du lien social, qui malgré le conflit maintient l'humanité, fait que les hommes restent des hommes, ont cette volonté, peuvent prendre ce recul nécessaire pour comprendre, analyser ce qui se passe et assumer, assurer le choix qui se pose alors.
Si j'ai choisi de publier ce lien aussi, c'est avec le profond souhait d'informer, de dire une vérité, celle qui est souvent bannie des écrans de télé, des journaux, qui ne parlent pas de ce quotidien là, ces médias qui ne prennent pas la peine de s'y arrêter. Véhiculer des clichés est toujours infiniment plus simple, ne mène pas non plus à la polémique, ne froisse pas le politiquement et le socialement correct de bon ton. .
Il est aussi de mon devoir de partager, de témoigner à mon humble niveau pour lutter contre toute cette propagande et désinformation. C'est je crois l'engagement de tout sujet libre ! C'est ma contribution et mon devoir, ici, dans ce pays en paix. Pour l'instant.
Je sais qu'une fois encore aucun commentaire n'émanera de cet article. Mais je n'en demande pas tant, et vous remercie de lire la lettre de ce soldat. Ce sera déjà ça !
Je remercie Yishai l'auteur de ces lignes
Merci à Yoram Salamon directeur de http://www.streetisrael.com/ qui aimablement m'a autorisé à reproduire et partagé ce lien sur mon blog.
A tout ceux que j'aime là bas...
mardi 13 novembre 2012
Répétition
Je vous propose aujourd'hui cette petite phrase néanmoins très intéressante :
"De par sa nature, la répétition s'oppose à la réminiscence. Elle est toujours impossible à assouvir. C'est dans ce registre que se situe la notion freudienne de retrouvailles avec l'objet perdu".
Lacan, Séminaire IV.S La relation d'objet.
"De par sa nature, la répétition s'oppose à la réminiscence. Elle est toujours impossible à assouvir. C'est dans ce registre que se situe la notion freudienne de retrouvailles avec l'objet perdu".
Lacan, Séminaire IV.S La relation d'objet.
dimanche 11 novembre 2012
Comme un soldat
Il voulait être enterré comme un soldat
Il ne voulait ni fleurs ni couronne
Il voulait qu'on ne prévienne personne
Il voulait un enterrement civil...
Il voulait...
Mais...Personne n'a entendu !
J'ai retrouvé dans de vieux papiers ces quelques lignes qui ne s'adressaient pas à moi, mais à quelqu'un d'autre...
Il y a bien longtemps
Quelques mots griffonnés sur une feuille chiffonnée, quelques mots jetés sur du papier d'écolier.
J'ignore si ces lignes ont été lues avant moi et si son destinataire les a reçues.
J'ignore tout ça !
Elles ne m'étaient pas destinées, elles n'étaient pas pour moi... Pourtant je les ai lues.
Ces quelques lignes qui m'ont touchées !
Ces dernières volontés qui n'ont pas été respectées.
Pourtant !
Il voulait être enterré comme un soldat, sans fleur ni couronne, sans rien d'autre que les "gens du cimetière municipal" écrivait-il sans doute en proie à la douleur physique et morale, sans doute aux prises avec ses démons, fantômes insatiables toujours à la lisière de la crypte, spectres infâmes et tyranniques qui lui rappelait qu'il faudrait rendre les armes, un jour.
Il ne les déposerait que debout ! Rendre l'âme ? Mais cette âme il l'avait perdu, il y a longtemps ! Tellement longtemps qu'il ne s'en souvenait plus.
Il était mort déjà, il y a bien longtemps depuis la vie n'était qu'un sursis auquel il pensait ne pas avoir droit. Incapable de répondre à l'impossible question du pourquoi moi ?
Survivant. Mais survivant de quoi ?
En sursis, encore là alors qu'il n'y était pas vraiment, qu'il n'avait pas en vie d'y être, être là dans un monde qu'il ne comprenait plus.
En suspend, dans l'attente ultime peut-être ?
Il voulait mourir comme un soldat, la seule mort digne, la seule qui lui soit acceptable, alors il ne voulait personne, personne pour le pleurer, pour le retenir peut-être encore parmi ceux qui vivent ou font semblant.
C'est peut-être justement de ces semblants là qu'ils ne veut pas, de ces faux semblants, faux amis mais vrais ennemis. Toute sa vie il l'a vécu comme un soldat, défendant sa vie pour ne pas sombrer dans la folie. Pas tout à fait.
Mais de quelle folie ?
Ses dernières volontés : celles d'oublier et d'être oublié, comme un regret d'être arrivé là sur terre, d'être né, peut-être, puis d'avoir survécu là où tant d'autres sont morts !
Mourir comme un soldat...Sans doute pensait-il aux innombrables morts, tombés au champ d'horreur, enterrés ça et là dans de vastes prairies étrangères où ils sont tombés, où ils ne reposent pas en paix, si loin de leur terre !
Où parfois des ombres rodent et tentent de retrouver, un nom un date, pour déposer une fleur, une prière ou une pensée pour ceux qui sont partis trop vite pour rien
Une vie pour rien, une mort pour rien.. ?
Ces tombes parfois anonymes croix de bois, croix de fer... Allongés là pour une éternité qu'ils n'ont pas vraiment demandée ?
Cette tombe là peut-être, sans vraiment de cercueil ?
Un nom ? Même pas des initiales, les siennes et deux dates, le cadre de son enfer !
C'est ce soldat là qu'il n'a pas vraiment été, qu'il n'a pas eu le temps de devenir, mais "soldat de l'ombre" pourtant, ceux qui à ce qu'on m'a dit valait tout autant que les autres, plus peut-être... Plus que ceux qui portaient l'uniforme... !
Comme un soldat il a été, tout au long de ce long sursis que la vie ne lui a pas vraiment offert, car ce sursis là il ne l'avait ni souhaité ni demandé, il lui avait été infligé ! Il vaut alors survivre tant bien que mal, ou parfois plutôt mal que bien !
Mourir pour vivre enfin comme un soldat...
Je n'en sais rien.
J'ai refermé ce papier froissé, qui ne m'était pas destiné, je l'ai rangé... Une lettre pas pour moi, que je n'aurai sans doute pas du ouvrir et lire, mais ? Une lettre qui m'a bouleversée...
En hommage en ce 11 novembre
Il ne voulait ni fleurs ni couronne
Il voulait qu'on ne prévienne personne
Il voulait un enterrement civil...
Il voulait...
Mais...Personne n'a entendu !
J'ai retrouvé dans de vieux papiers ces quelques lignes qui ne s'adressaient pas à moi, mais à quelqu'un d'autre...
Il y a bien longtemps
Quelques mots griffonnés sur une feuille chiffonnée, quelques mots jetés sur du papier d'écolier.
J'ignore si ces lignes ont été lues avant moi et si son destinataire les a reçues.
J'ignore tout ça !
Elles ne m'étaient pas destinées, elles n'étaient pas pour moi... Pourtant je les ai lues.
Ces quelques lignes qui m'ont touchées !
Ces dernières volontés qui n'ont pas été respectées.
Pourtant !
Il voulait être enterré comme un soldat, sans fleur ni couronne, sans rien d'autre que les "gens du cimetière municipal" écrivait-il sans doute en proie à la douleur physique et morale, sans doute aux prises avec ses démons, fantômes insatiables toujours à la lisière de la crypte, spectres infâmes et tyranniques qui lui rappelait qu'il faudrait rendre les armes, un jour.
Il ne les déposerait que debout ! Rendre l'âme ? Mais cette âme il l'avait perdu, il y a longtemps ! Tellement longtemps qu'il ne s'en souvenait plus.
Il était mort déjà, il y a bien longtemps depuis la vie n'était qu'un sursis auquel il pensait ne pas avoir droit. Incapable de répondre à l'impossible question du pourquoi moi ?
Survivant. Mais survivant de quoi ?
En sursis, encore là alors qu'il n'y était pas vraiment, qu'il n'avait pas en vie d'y être, être là dans un monde qu'il ne comprenait plus.
En suspend, dans l'attente ultime peut-être ?
Il voulait mourir comme un soldat, la seule mort digne, la seule qui lui soit acceptable, alors il ne voulait personne, personne pour le pleurer, pour le retenir peut-être encore parmi ceux qui vivent ou font semblant.
C'est peut-être justement de ces semblants là qu'ils ne veut pas, de ces faux semblants, faux amis mais vrais ennemis. Toute sa vie il l'a vécu comme un soldat, défendant sa vie pour ne pas sombrer dans la folie. Pas tout à fait.
Mais de quelle folie ?
Ses dernières volontés : celles d'oublier et d'être oublié, comme un regret d'être arrivé là sur terre, d'être né, peut-être, puis d'avoir survécu là où tant d'autres sont morts !
Mourir comme un soldat...Sans doute pensait-il aux innombrables morts, tombés au champ d'horreur, enterrés ça et là dans de vastes prairies étrangères où ils sont tombés, où ils ne reposent pas en paix, si loin de leur terre !
Où parfois des ombres rodent et tentent de retrouver, un nom un date, pour déposer une fleur, une prière ou une pensée pour ceux qui sont partis trop vite pour rien
Une vie pour rien, une mort pour rien.. ?
Ces tombes parfois anonymes croix de bois, croix de fer... Allongés là pour une éternité qu'ils n'ont pas vraiment demandée ?
Cette tombe là peut-être, sans vraiment de cercueil ?
Un nom ? Même pas des initiales, les siennes et deux dates, le cadre de son enfer !
C'est ce soldat là qu'il n'a pas vraiment été, qu'il n'a pas eu le temps de devenir, mais "soldat de l'ombre" pourtant, ceux qui à ce qu'on m'a dit valait tout autant que les autres, plus peut-être... Plus que ceux qui portaient l'uniforme... !
Comme un soldat il a été, tout au long de ce long sursis que la vie ne lui a pas vraiment offert, car ce sursis là il ne l'avait ni souhaité ni demandé, il lui avait été infligé ! Il vaut alors survivre tant bien que mal, ou parfois plutôt mal que bien !
Mourir pour vivre enfin comme un soldat...
Je n'en sais rien.
J'ai refermé ce papier froissé, qui ne m'était pas destiné, je l'ai rangé... Une lettre pas pour moi, que je n'aurai sans doute pas du ouvrir et lire, mais ? Une lettre qui m'a bouleversée...
En hommage en ce 11 novembre
mercredi 31 octobre 2012
L'A mère
A mère...Ce préfixe, petit a, cette voyelle, première lettre de l'alphabet, préfixe privatif qui désigne le manque, le vide, ce qui fait défaut.
A mère, pour désigner la mère qui manque, qui fait défaut, qui n'est pas, qui n'a pas été, qui n'a pas joué ce rôle, qui ne l'a pas offert à son enfant, cet enfant qui au fond n'a jamais été vraiment sien;
Et la souffrance de ce manque, pour cet enfant là, la souffrance qui s'est introduit dans cette faille, la faille de cette mère défaillante.
A mère..
Quand il n'y a pas de mère, quand elle n'est pas là, pas seulement physiquement mais aussi et surtout psychiquement, affectivement, émotionnellement
Quand la mère ne se montre pas, ne montre pas, mais devient parfois un monstre.
Quand la mère défaille, refuse, dénie et nie l'enfant qu'elle a pourtant mis au monde.
Nie à l'enfant d'être le sien, d'être un être sujet aimable.
Nombreux sont ceux qui souffrent de ça, de ce manque là, du manque de mère, de l'a mère. Il en résulte une a mertume, une douleur, une souffrance parfois indicible, une plaie toujours béante, même si ce n'est qu'un petit peu, car ce petit peu là est un poison, qui mine, qui ruine et qui tue lentement à tout petit feu.
Elle "est née par hasard " dit-elle, d'une mère qui ne voulait pas d'elle, en tout cas qui ne l'a pas désirée. Elle est le fruit de l'envie de l'en vie et non du désir, du désir d'amour, du désir de vie.
Fruit d'une rencontre peut-être, mais celle ci ne s'est jamais faite. Entre elle et elle, elle se sent vide, amère.
Sa mère ne voulait pas du père, mais sa mère à elle ne voulait pas de ça, car en ces temps là ça ne se faisait pas, une histoire de mère encore.
A mère ou trop de mère ?
Elle voulait bien garder l'enfant puisqu'il était là, arrivé là alors qu'on ne l'attendait pas, mais ne voulait pas du père, qu'elle n'aimait peut-être pas, mais qui lui a donner l'envie de se sentir en vie après tout ce silence...
Mais elle a obéi à sa mère sorte d'ogresse vengeresse, toute puissante et omnisciente régentant un monde qui n'avait plus alors raison d'être, mais s'accrochant quand même à ce triste privilège ! Matriarche !
Alors elle a épousé le père, avant la naissance de cet enfant, de la honte ou presque...
Mais elle n'a pas reconnu cet enfant, ne l'a sûrement pas regardé, porté, aimé ! Une fois jeté en pâture au monde hostile elle en a fait l'offrande à l'ogresse qui l'a élevé, gardé, nourri aussi...
Une histoire de mère, amère... Sans aucun doute !
Ce n'est qu'à l'âge de devenir mère elle aussi peut-être que cette a mertume lui revient en mémoire. Elle a grandi tant bien que mal, entre des femmes qui ne s'aiment pas, qui se reprochaient un passé dont elles n'assumaient ni l'une ni l'autre la responsabilité.
Vilain petit canard responsable désigné de cette dispute, elle est brinquebalée comme un colis qu'on aimerait déposer sans savoir vraiment où, car il n'y a pas de place, aucun endroit pour l'accueillir.
A mère ! Qui est-elle cette absence qui n'a pas même su la nommer et qui n'a pas même essayé de l'aimer.
Qui à chaque regard posé sur elle ne voyait que la faute, l'erreur commise pour avoir eu cette envie de vie !
Elle était ça, l'erreur, la cause, responsable désignée d'une vie gâchée, d'un avenir raté, celui d'une mère qui n'a pas eu la délicatesse de s'éclipser, de l'abandonner vraiment !
Elle n'a pas pleuré quand cette mère qui ne l'était que sur le registre de l'état civil est morte, elle n'a pas versé une seule larme sur la perte de celle qui l'a déposée au monde. "On ne pleure pas ce qui n'existe pas"
A mère.
A mère, pour désigner la mère qui manque, qui fait défaut, qui n'est pas, qui n'a pas été, qui n'a pas joué ce rôle, qui ne l'a pas offert à son enfant, cet enfant qui au fond n'a jamais été vraiment sien;
Et la souffrance de ce manque, pour cet enfant là, la souffrance qui s'est introduit dans cette faille, la faille de cette mère défaillante.
A mère..
Quand il n'y a pas de mère, quand elle n'est pas là, pas seulement physiquement mais aussi et surtout psychiquement, affectivement, émotionnellement
Quand la mère ne se montre pas, ne montre pas, mais devient parfois un monstre.
Quand la mère défaille, refuse, dénie et nie l'enfant qu'elle a pourtant mis au monde.
Nie à l'enfant d'être le sien, d'être un être sujet aimable.
Nombreux sont ceux qui souffrent de ça, de ce manque là, du manque de mère, de l'a mère. Il en résulte une a mertume, une douleur, une souffrance parfois indicible, une plaie toujours béante, même si ce n'est qu'un petit peu, car ce petit peu là est un poison, qui mine, qui ruine et qui tue lentement à tout petit feu.
Elle "est née par hasard " dit-elle, d'une mère qui ne voulait pas d'elle, en tout cas qui ne l'a pas désirée. Elle est le fruit de l'envie de l'en vie et non du désir, du désir d'amour, du désir de vie.
Fruit d'une rencontre peut-être, mais celle ci ne s'est jamais faite. Entre elle et elle, elle se sent vide, amère.
Sa mère ne voulait pas du père, mais sa mère à elle ne voulait pas de ça, car en ces temps là ça ne se faisait pas, une histoire de mère encore.
A mère ou trop de mère ?
Elle voulait bien garder l'enfant puisqu'il était là, arrivé là alors qu'on ne l'attendait pas, mais ne voulait pas du père, qu'elle n'aimait peut-être pas, mais qui lui a donner l'envie de se sentir en vie après tout ce silence...
Mais elle a obéi à sa mère sorte d'ogresse vengeresse, toute puissante et omnisciente régentant un monde qui n'avait plus alors raison d'être, mais s'accrochant quand même à ce triste privilège ! Matriarche !
Alors elle a épousé le père, avant la naissance de cet enfant, de la honte ou presque...
Mais elle n'a pas reconnu cet enfant, ne l'a sûrement pas regardé, porté, aimé ! Une fois jeté en pâture au monde hostile elle en a fait l'offrande à l'ogresse qui l'a élevé, gardé, nourri aussi...
Une histoire de mère, amère... Sans aucun doute !
Ce n'est qu'à l'âge de devenir mère elle aussi peut-être que cette a mertume lui revient en mémoire. Elle a grandi tant bien que mal, entre des femmes qui ne s'aiment pas, qui se reprochaient un passé dont elles n'assumaient ni l'une ni l'autre la responsabilité.
Vilain petit canard responsable désigné de cette dispute, elle est brinquebalée comme un colis qu'on aimerait déposer sans savoir vraiment où, car il n'y a pas de place, aucun endroit pour l'accueillir.
A mère ! Qui est-elle cette absence qui n'a pas même su la nommer et qui n'a pas même essayé de l'aimer.
Qui à chaque regard posé sur elle ne voyait que la faute, l'erreur commise pour avoir eu cette envie de vie !
Elle était ça, l'erreur, la cause, responsable désignée d'une vie gâchée, d'un avenir raté, celui d'une mère qui n'a pas eu la délicatesse de s'éclipser, de l'abandonner vraiment !
Elle n'a pas pleuré quand cette mère qui ne l'était que sur le registre de l'état civil est morte, elle n'a pas versé une seule larme sur la perte de celle qui l'a déposée au monde. "On ne pleure pas ce qui n'existe pas"
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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.
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