L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
mercredi 25 juin 2008
lundi 23 juin 2008
Malentendu
Encore un mot où le préfixe mal donne du sens, modifie le sens
Mal entendu...
Il subsiste souvent ce malentendu, à l'origine de bien des conflits, des incompréhensions, des attentes, et des ententes qui ne se passent pas comme prévu !
Du moins comme on l'avait prévu
Mal entendu... Alors qu'avons nous mal entendu pour que ce malentendu subsiste, ou ce mal attendu....
Entendu, souligne quand même qu'on y a entendu quelque chose, mais pas de la manière qui convient, qui nous convient...
Mal....
Qu'est ce que mal ? Ce mot masculin formé de trois lettres possèdent un pouvoir immense, celui d'inverser le sens du mot, plus long en général qu'il précèdent !
Pouvoir maléfique ? mal encore...
Le mal, nous dit le dictionnaire cause la douleur et la souffrance, c'est mauvais, nuisible, terrible, bref, les chevaliers de l'Apocalypse ! Il ne génère que les pires maux ! (mal au pluriel).
Tout n'est que désolation, malheur, épreuve, supplice, blessure.
Lorsque la religion s'en mèle, tout s'emmelle et nous sommes damnés dans les Enfers jusqu'à la fin des Temps (lesquels ?) suppots de Satan, de Lucifer ou de toutes les formes que prendra le Mal in....
Il ne faut donc s'attendre à rien de bon, ni de ce côté ni de l'autre
Mal entendu donc ! Curieuse méprise que ce mot là ! Quiproquo..
Quiproquo, le mot est assez révélateur de ce qui advient. Le petit côté "théatre de boulevard" lui donne également ce ton acidulé qui résume la situation inachevée, enchevêtrée, inexpliquée qui arrive là, sans vraiment avoir été conviée...
Théatre de boulevard qui fait rire, ou plutôt qui a le "faire rire" pour fonction ! Car il met en scène devant un public venu pour ça, les mal heurs de la vie, les mal entendus, les maris trompés, les femmes adultères. Quelle drôle de vie ! Quelle drolerie ! Et tout le monde rit....Pour ne pas en pleurer, pour ne pas en mourir, car il faut vivre avec ça, avec tout ça, et le voir là, devant les yeux, devant ces yeux, rassure, dit qu'après tout, le malheur des autres, les rend sympatiques, les éloigne un peu moins, les rapproche un peu... On les entend mieux !
Comme c'est cruel tout ça...
Et on se penche pour entendre un peu mieux, encore un peu davantage !
Cruelle méprise encore une fois !
Il y a méprise donc, ou plutôt mal prise... j'ai cru voir, dans ce cas précis, entendre, et ce n'était pas ça. Du moins je ne m'attendais pas à ça ! Je pensais que c'était ça, eh bien non ! Je me suis trompé...Ou on m'a trompé !
Erreur sur la marchandise donc !
Erreur sur le contrat !
Les supermarchés remboursent si vous vous étes trompés "le droit à l'erreur,ce n'est pas grave, reportez le produit en magasin, nous le changeons, remboursons, faisons un avoir"
Un avoir, pour qui s'est fait avoir... A voir !
Un à voir, oui, mais sur quoi...
Cet à voir là, laisse supposer un futur, un demain, ou le sujet pourra recommencer, retenter à nouveau, rejouer, encore une fois...
Game open !
Un à entendre.....Pour demain, pour la prochaine fois !
A entendre : J'ai mal entendu, j'aimerai changer ce que j'ai mal entendu pour un autre entendu, ou bien avoir un a voir sur un futur prochain éventuel entendu... A entendre
Je demande donc à entendre une nouvelle fois !
J'ai entendu ce que j'aurai aimé entendre, ce que j'ai entendu, ce que je désirai entendre.
Il serait donc une fois encore question de désir ? Du désir ? De son propre désir ?
D'un désir projeté sur l'autre ? Sur cet autrui, qui aurait du être au rendez vous de notre propre désir ?
D'un désir qui ne rencontre pas le désir de l'autre, Mistake ! Comme ce mot est juste et surtout évocateur.
Il n'y a donc ni rencontre, ni rencontre tout à fait, le désir ne coïncide pas, ne s'ajuste pas avec celui de l'autre, ne se supperpose pas
Comme une sorte d'espace parrallèle où le langage est différent, avec cependant la possibilité de voir, d'entendre ici le désir de l'autre, d'entendre mal ... De l'entendre mal, de le voir évoluer sans qu'il rencontre le nôtre....Et ainsi vont les désirs.....Point de point d'intersection, ni de section, deux lignes sans faim, qui donnent pourtant soif, la soif de l'insatisfaction !
Du désir frustré, du désir qu'on remet dans sa poche !
Du désir qu'on entend pas... Malgré tout !
Puisque cette fois ci j'ai mal entendu, il y a eu méprise, mal prise, mal donne... Je ne suis pas satisfait de l'entente à laquelle je m'attendais !
Combien de rencontres, de rendez vous, de décision, de choix, de vie reposent sur un malentendu....
Tordu, pas conforme, trop petit ou trop grand mais qui ne va pas ! On s'est trompé voilà tout ! mais non, ne voilà pas tout, on s'est trompé de travail, d'appartement, de voiture, de compagne ou de compagnon, de choix, on s'est trompé de vie, et on ne peut pas reporter le ticket de caisse pour en changer.
Ce n'est pas qu'on n'a perdu, ou qu'on ne retrouve pas ce fichu ticket de caisse, mais c'est que ça ne marche pas comme ça !
Mais tout le monde ne le sait pas, ou ne le sait pas toujours... ! Le croit, le fait croire, le pense, et finalement....Cela repose encore sur un malentendu !
Mal entendu...
Il subsiste souvent ce malentendu, à l'origine de bien des conflits, des incompréhensions, des attentes, et des ententes qui ne se passent pas comme prévu !
Du moins comme on l'avait prévu
Mal entendu... Alors qu'avons nous mal entendu pour que ce malentendu subsiste, ou ce mal attendu....
Entendu, souligne quand même qu'on y a entendu quelque chose, mais pas de la manière qui convient, qui nous convient...
Mal....
Qu'est ce que mal ? Ce mot masculin formé de trois lettres possèdent un pouvoir immense, celui d'inverser le sens du mot, plus long en général qu'il précèdent !
Pouvoir maléfique ? mal encore...
Le mal, nous dit le dictionnaire cause la douleur et la souffrance, c'est mauvais, nuisible, terrible, bref, les chevaliers de l'Apocalypse ! Il ne génère que les pires maux ! (mal au pluriel).
Tout n'est que désolation, malheur, épreuve, supplice, blessure.
Lorsque la religion s'en mèle, tout s'emmelle et nous sommes damnés dans les Enfers jusqu'à la fin des Temps (lesquels ?) suppots de Satan, de Lucifer ou de toutes les formes que prendra le Mal in....
Il ne faut donc s'attendre à rien de bon, ni de ce côté ni de l'autre
Mal entendu donc ! Curieuse méprise que ce mot là ! Quiproquo..
Quiproquo, le mot est assez révélateur de ce qui advient. Le petit côté "théatre de boulevard" lui donne également ce ton acidulé qui résume la situation inachevée, enchevêtrée, inexpliquée qui arrive là, sans vraiment avoir été conviée...
Théatre de boulevard qui fait rire, ou plutôt qui a le "faire rire" pour fonction ! Car il met en scène devant un public venu pour ça, les mal heurs de la vie, les mal entendus, les maris trompés, les femmes adultères. Quelle drôle de vie ! Quelle drolerie ! Et tout le monde rit....Pour ne pas en pleurer, pour ne pas en mourir, car il faut vivre avec ça, avec tout ça, et le voir là, devant les yeux, devant ces yeux, rassure, dit qu'après tout, le malheur des autres, les rend sympatiques, les éloigne un peu moins, les rapproche un peu... On les entend mieux !
Comme c'est cruel tout ça...
Et on se penche pour entendre un peu mieux, encore un peu davantage !
Cruelle méprise encore une fois !
Il y a méprise donc, ou plutôt mal prise... j'ai cru voir, dans ce cas précis, entendre, et ce n'était pas ça. Du moins je ne m'attendais pas à ça ! Je pensais que c'était ça, eh bien non ! Je me suis trompé...Ou on m'a trompé !
Erreur sur la marchandise donc !
Erreur sur le contrat !
Les supermarchés remboursent si vous vous étes trompés "le droit à l'erreur,ce n'est pas grave, reportez le produit en magasin, nous le changeons, remboursons, faisons un avoir"
Un avoir, pour qui s'est fait avoir... A voir !
Un à voir, oui, mais sur quoi...
Cet à voir là, laisse supposer un futur, un demain, ou le sujet pourra recommencer, retenter à nouveau, rejouer, encore une fois...
Game open !
Un à entendre.....Pour demain, pour la prochaine fois !
A entendre : J'ai mal entendu, j'aimerai changer ce que j'ai mal entendu pour un autre entendu, ou bien avoir un a voir sur un futur prochain éventuel entendu... A entendre
Je demande donc à entendre une nouvelle fois !
J'ai entendu ce que j'aurai aimé entendre, ce que j'ai entendu, ce que je désirai entendre.
Il serait donc une fois encore question de désir ? Du désir ? De son propre désir ?
D'un désir projeté sur l'autre ? Sur cet autrui, qui aurait du être au rendez vous de notre propre désir ?
D'un désir qui ne rencontre pas le désir de l'autre, Mistake ! Comme ce mot est juste et surtout évocateur.
Il n'y a donc ni rencontre, ni rencontre tout à fait, le désir ne coïncide pas, ne s'ajuste pas avec celui de l'autre, ne se supperpose pas
Comme une sorte d'espace parrallèle où le langage est différent, avec cependant la possibilité de voir, d'entendre ici le désir de l'autre, d'entendre mal ... De l'entendre mal, de le voir évoluer sans qu'il rencontre le nôtre....Et ainsi vont les désirs.....Point de point d'intersection, ni de section, deux lignes sans faim, qui donnent pourtant soif, la soif de l'insatisfaction !
Du désir frustré, du désir qu'on remet dans sa poche !
Du désir qu'on entend pas... Malgré tout !
Puisque cette fois ci j'ai mal entendu, il y a eu méprise, mal prise, mal donne... Je ne suis pas satisfait de l'entente à laquelle je m'attendais !
Combien de rencontres, de rendez vous, de décision, de choix, de vie reposent sur un malentendu....
Tordu, pas conforme, trop petit ou trop grand mais qui ne va pas ! On s'est trompé voilà tout ! mais non, ne voilà pas tout, on s'est trompé de travail, d'appartement, de voiture, de compagne ou de compagnon, de choix, on s'est trompé de vie, et on ne peut pas reporter le ticket de caisse pour en changer.
Ce n'est pas qu'on n'a perdu, ou qu'on ne retrouve pas ce fichu ticket de caisse, mais c'est que ça ne marche pas comme ça !
Mais tout le monde ne le sait pas, ou ne le sait pas toujours... ! Le croit, le fait croire, le pense, et finalement....Cela repose encore sur un malentendu !
Neutralité
Dans un précédent article, j'ai évoqué la douloureuse question du genre, neutre.... Der, die, das, er, sie, es, he, she, it..
Le it, le das, le es....
Il s'agit ici de la neutralité, de l'état, de l'action, ou justement de la non action, si être neutre, signifie ne pas faire, de pas acter...
"Quand mes parents s'engueulent, je ne suis ni pour l'un ni pour l'autre...Je tiens à rester neutre" me dit un adolescent. Sage décision, peut-on penser !
Je n'entre pas dans le conflit, dans un conflit qui ne me concerne pas. ".... Car de toutes les manières, ça me retombera dessus.." Poursuit ce même ado...
On pourrait ainsi conclure que la neutralité assure d'un certain côté une relative tranquillité.
Un conflit éclate, je suis présent, je n'interviens pas car j'estime ou j'évalue ne pas être concerné. Ce constat, cette évaluation est bien entendue subjective, peut paraitre discutable, voire contestable quand il s'agit d'intérets graves... par exemple..
A partir de quand n'est-on pas concerné ? Jusqu'où ?
A partir de quand ne viole t-on pas l'intimité, car on se sent concerné ?
Vaste débat.... Curieuse question.... Multitude de réponse, du moins d'hypothèses, de thèses, de propositions, de suppositions..
Arrive donc, la question du rester neutre, de ne pas se meler, se meller, se joindre à, prendre parti....ou partie. Etre concerné ou non, faire avec ou non, à faire ou non...
Bien évidemment, cela nous mène à la neutralité de l'analyste, encore.... Celle du thérapeute, qui est convoqué parfois justement pour prendre position, donner un avis, un conseil, bref, ne pas être neutre.
Convoqué, par toujours par le patient ou l'analysant qui le prend à témoin, muet, souvent, mais qu'on aimerait consentant..
Convoqué aussi, souvent, parfois par d'autres tiers, qui l'engagent vers une position pas tenable, du moins pour celui, qui pense que la neutralité est une qualité essentielle de son travail, mais aussi de sa fonction....
Comment faire alors ? Comment répondre éthiquement, sans trop de dissonance, voir sans dissonance à ces demandes... Pas forcément perverses, ni toxiques au premier abord...
Mais qui, si on s'attarde relève de la plus pure perversion institutionnelle où le thérapeute devient l'instrument d'un pouvoir qui mène parfois à son insu une politique qu'il ne cautionne pas, ou pire encore contraire à son éthique...
La vigilance s'impose, sans sombrer dans la paranoïa !
Position pas tenable, face au tiers, face aux protogonistes, face aux différents acteurs de la scéne, mais aussi et surtout face à soi même.
Etre thérapeute, c'est justement ne pas intruser la vie, l'action, l'intimité de l'autre, et surtout celle de son patient, analysant, sujet en demande..
Comment garder la distance, le recul nécessaire à la cure, à l'acte analytique ou simplement thérapeutique.
Comment ne pas glisser, ne pas déraper...Ne pas pénétrer dans un domaine, sur un territoire où le thérapeute n'a rien à faire, où il serait un intrus, un indésirable.... Entrer et venir dans l'intime de l'autre, dans le désir de l'autre ?
Cette convocation dans la vie de l'autre, dans l'intime de l'autre doit se faire sans heurts, sans jugements, sans intervention intrusive. Sans pénétration, sans avoir à entrer par effraction dans le psychisme de celui ou celle qui demande de l'aide, qui demande !
La demande, justement, c'est à partir de là que se situe l'inter vention du thérapeute, cet appel au tiers, qui pourra du moins tentera de mettre du sens, là où pour le sujet le sens manque, ou fait défaut.
Intervention.... Comment se situe t-elle ?
Elle ne se situe pas non plus simplement à la simple écoute, une oreille attentive à la souffrance, à la douleur, aux pleurs du sujet....
Freud parlait de neutralité bienveillante, certains thérapeutes remettent en question ces deux vocables, affublant l'une d'impossible, l'autre d'une connotation religieuse
On peut voir dans les mots, ce qu'on a envie d'y voir, d'y trouver, c'est selon, c'est propre à chacun
Ce que voulait dire Freud est simple, même s'il n'a pas toujours été neutre, (le Maitre conversait, déjeunait, se promenait avec ses analysants, et intervenait dans le cours de leur vie en les conseillant parfois, en les grondant etc..) il a sûrement été bienveillant au sens où lui l'entendait !
Certains thérapeutes disent et conseillent aux autres thérapeutes d'être actifs, de "mouiller leur chemise" d'accompagner leur patient dans les actes du quotidien. raillant souvent le psychanalyste caricaturé au fond d'un sombre cabinet fumant le cigare, ou listant ses courses pendant que l'analysant allongé sur un divan débite des sornettes qui ne le même à rien (j'ai entendu ça il y a quelques mois... Sans une once d'humour malheureusement)
L'analyste, qui nous le savons tous, ne donne ni conseil, ni recette est donc, selon cette sommaire analyse un thérapeute passif...
L'analyse également ?
Est-ce alors un long fleuve tranquille ? Que l'analyse ?
Il faudrait entendre les témoignages des analysants ? De tous les analysants ? De chaque analysants ? Car il n'existe pas de cure type ?
Il n'existe aucun protocole, aucune recette à appliquer..
Chaque sujet qui s'adresse à un thérapeute, et j'insiste, et je m'implique, est unique, ce que le thérapeute peut lui proposer ne peut être que du "sur mesure"... Pas une grille avec des cases à cocher, ou à rentrer dans un terminal informatique pour en ressortir une prise en charge type...
Aucun analysant ou ancien analysant ne dira que sa cure est passive, qu'il ne se passe rien. Car il se passe au contraire, il passe, passent les mots et les maux qui se mettent en mots, les mots qui vont et viennent au fil de la pensée, des associations, des rêves qui défilent, qui se déroulent, se détricotent pour retricoter le fil de l'existence...
Dire qu'il ne se passe rien, relèverait-il alors de la plus pure ignorance ? ou malveillance ?
La neutralité de l'analyste, ou du thérapeute qui se réclame de la méthode du Père est de mise, fondamentale dans la conduite de la cure ou la thérapie....
Laisser les mots venir, les mots se dire, au fil de la pensée.
Le thérapeute n'a ni la solution, ni la bonne réponse, si réponse il y a, bonne ou mauvaise ? Ces mots n'ont aucun sens en ce lieu....
Le thérapeute ne peut dire, conseiller...De quel droit et de quelle manière ? Le sujet et sa vie, le sujet est sa vie... Son histoire lui appartient. L'accompagner dans sa propre quête de sens, d'historisation.
La neutralité, est elle le prix à payer pour garantir cette prise en charge ?
Etre neutre signifie t-il etre garant de cette unicité ? de cette originalité ?
Neutre veut-il dire alors respect et reconnaissance du sujet ?
Le it, le das, le es....
Il s'agit ici de la neutralité, de l'état, de l'action, ou justement de la non action, si être neutre, signifie ne pas faire, de pas acter...
"Quand mes parents s'engueulent, je ne suis ni pour l'un ni pour l'autre...Je tiens à rester neutre" me dit un adolescent. Sage décision, peut-on penser !
Je n'entre pas dans le conflit, dans un conflit qui ne me concerne pas. ".... Car de toutes les manières, ça me retombera dessus.." Poursuit ce même ado...
On pourrait ainsi conclure que la neutralité assure d'un certain côté une relative tranquillité.
Un conflit éclate, je suis présent, je n'interviens pas car j'estime ou j'évalue ne pas être concerné. Ce constat, cette évaluation est bien entendue subjective, peut paraitre discutable, voire contestable quand il s'agit d'intérets graves... par exemple..
A partir de quand n'est-on pas concerné ? Jusqu'où ?
A partir de quand ne viole t-on pas l'intimité, car on se sent concerné ?
Vaste débat.... Curieuse question.... Multitude de réponse, du moins d'hypothèses, de thèses, de propositions, de suppositions..
Arrive donc, la question du rester neutre, de ne pas se meler, se meller, se joindre à, prendre parti....ou partie. Etre concerné ou non, faire avec ou non, à faire ou non...
Bien évidemment, cela nous mène à la neutralité de l'analyste, encore.... Celle du thérapeute, qui est convoqué parfois justement pour prendre position, donner un avis, un conseil, bref, ne pas être neutre.
Convoqué, par toujours par le patient ou l'analysant qui le prend à témoin, muet, souvent, mais qu'on aimerait consentant..
Convoqué aussi, souvent, parfois par d'autres tiers, qui l'engagent vers une position pas tenable, du moins pour celui, qui pense que la neutralité est une qualité essentielle de son travail, mais aussi de sa fonction....
Comment faire alors ? Comment répondre éthiquement, sans trop de dissonance, voir sans dissonance à ces demandes... Pas forcément perverses, ni toxiques au premier abord...
Mais qui, si on s'attarde relève de la plus pure perversion institutionnelle où le thérapeute devient l'instrument d'un pouvoir qui mène parfois à son insu une politique qu'il ne cautionne pas, ou pire encore contraire à son éthique...
La vigilance s'impose, sans sombrer dans la paranoïa !
Position pas tenable, face au tiers, face aux protogonistes, face aux différents acteurs de la scéne, mais aussi et surtout face à soi même.
Etre thérapeute, c'est justement ne pas intruser la vie, l'action, l'intimité de l'autre, et surtout celle de son patient, analysant, sujet en demande..
Comment garder la distance, le recul nécessaire à la cure, à l'acte analytique ou simplement thérapeutique.
Comment ne pas glisser, ne pas déraper...Ne pas pénétrer dans un domaine, sur un territoire où le thérapeute n'a rien à faire, où il serait un intrus, un indésirable.... Entrer et venir dans l'intime de l'autre, dans le désir de l'autre ?
Cette convocation dans la vie de l'autre, dans l'intime de l'autre doit se faire sans heurts, sans jugements, sans intervention intrusive. Sans pénétration, sans avoir à entrer par effraction dans le psychisme de celui ou celle qui demande de l'aide, qui demande !
La demande, justement, c'est à partir de là que se situe l'inter vention du thérapeute, cet appel au tiers, qui pourra du moins tentera de mettre du sens, là où pour le sujet le sens manque, ou fait défaut.
Intervention.... Comment se situe t-elle ?
Elle ne se situe pas non plus simplement à la simple écoute, une oreille attentive à la souffrance, à la douleur, aux pleurs du sujet....
Freud parlait de neutralité bienveillante, certains thérapeutes remettent en question ces deux vocables, affublant l'une d'impossible, l'autre d'une connotation religieuse
On peut voir dans les mots, ce qu'on a envie d'y voir, d'y trouver, c'est selon, c'est propre à chacun
Ce que voulait dire Freud est simple, même s'il n'a pas toujours été neutre, (le Maitre conversait, déjeunait, se promenait avec ses analysants, et intervenait dans le cours de leur vie en les conseillant parfois, en les grondant etc..) il a sûrement été bienveillant au sens où lui l'entendait !
Certains thérapeutes disent et conseillent aux autres thérapeutes d'être actifs, de "mouiller leur chemise" d'accompagner leur patient dans les actes du quotidien. raillant souvent le psychanalyste caricaturé au fond d'un sombre cabinet fumant le cigare, ou listant ses courses pendant que l'analysant allongé sur un divan débite des sornettes qui ne le même à rien (j'ai entendu ça il y a quelques mois... Sans une once d'humour malheureusement)
L'analyste, qui nous le savons tous, ne donne ni conseil, ni recette est donc, selon cette sommaire analyse un thérapeute passif...
L'analyse également ?
Est-ce alors un long fleuve tranquille ? Que l'analyse ?
Il faudrait entendre les témoignages des analysants ? De tous les analysants ? De chaque analysants ? Car il n'existe pas de cure type ?
Il n'existe aucun protocole, aucune recette à appliquer..
Chaque sujet qui s'adresse à un thérapeute, et j'insiste, et je m'implique, est unique, ce que le thérapeute peut lui proposer ne peut être que du "sur mesure"... Pas une grille avec des cases à cocher, ou à rentrer dans un terminal informatique pour en ressortir une prise en charge type...
Aucun analysant ou ancien analysant ne dira que sa cure est passive, qu'il ne se passe rien. Car il se passe au contraire, il passe, passent les mots et les maux qui se mettent en mots, les mots qui vont et viennent au fil de la pensée, des associations, des rêves qui défilent, qui se déroulent, se détricotent pour retricoter le fil de l'existence...
Dire qu'il ne se passe rien, relèverait-il alors de la plus pure ignorance ? ou malveillance ?
La neutralité de l'analyste, ou du thérapeute qui se réclame de la méthode du Père est de mise, fondamentale dans la conduite de la cure ou la thérapie....
Laisser les mots venir, les mots se dire, au fil de la pensée.
Le thérapeute n'a ni la solution, ni la bonne réponse, si réponse il y a, bonne ou mauvaise ? Ces mots n'ont aucun sens en ce lieu....
Le thérapeute ne peut dire, conseiller...De quel droit et de quelle manière ? Le sujet et sa vie, le sujet est sa vie... Son histoire lui appartient. L'accompagner dans sa propre quête de sens, d'historisation.
La neutralité, est elle le prix à payer pour garantir cette prise en charge ?
Etre neutre signifie t-il etre garant de cette unicité ? de cette originalité ?
Neutre veut-il dire alors respect et reconnaissance du sujet ?
samedi 21 juin 2008
Mal être
Il y a le paraitre, il y a le mal être..
Une indéfinissable manière d'être, ou de ne pas être, ou d'être un peu, pas assez, trop peut-être, mais pas comme il conviendrait d'être, comme s'il convenait d'être, de telle ou telle façon... Mais dans ce cas être sans être vraiment comme on voudrait être ou souhaiterait être.
Etre cependant et à voir mal d'être. Etre aussi en mal d'être...
Etre !
Mal être, mais malaitre, dans le sens de paraitre, malaitre est le mal être montré à voir, comme le par être !
Malaitre dans son corps, dans sa tête, dans son âme
Mal être en soi, pas tout à fait dans son corps, dans sa tête, dans son âme
A côté, comme il semble que ce ne soit pas tout à fait dedans, ni tout à fait dehors non plus.. Pas tout à fait. C'est tout à fait ça...
A côté, mais à côté de quoi ? On sait qu'il y a un corps, que nous avons un corps, une sorte d'enveloppe charnelle, un moi peau disait Anzieu, qui protége le dedans du dehors, un peu comme la membrane cellulaire, mais dans ce cas là, le dedans n'est pas vraiment dedans, il reste un peu au dehors, ou il en reste un peu au dehors, il y a quelque chose qui reste, dehors, pas dedans, qui ne peut, ou qui ne veut rentrer.
Ca coince, c'est trop grand, trop gros, mal ficelé, ça ne rentre pas, même avec des efforts, comme si l'enveloppe était trop petite, ou mal conçue, ou pas adaptée, ou mal adaptée.... Pas aux formes, pas en forme, mais en forme et à la forme de quoi ?
Est-ce formaté ? Pour que ça puisse rentrer ? Ou pas rentrer ?
Dans ce cas ne serions nous pas convenablement formaté..
Notre corps ne serait pas adapté, notre enveloppe ? A ce qu'il y a à mettre dedans ?
Mal être donc, malaitre car ça ne rentre pas, ou ça ne rentre pas tout à fait, malgré les efforts et on ne sait pas quoi faire de ce qui ne rentre pas, de ce bout là, qui ne se loge pas, qu'on ne loge pas, qui reste, qui pend, qui est en trop, mais dont on peut se défaire, car ce bout là, celui qui reste fait néanmoins partie de nous, ou pire est nous !
Inlogeable moi ! Pas la moindre faille, pas le moindre repli, recoin, trou pour le loger, le faire disparaitre...L'oublier, le zapper, l'ignorer, le noyer.... l'inonder au sein de la masse qui est montrée à voir, qui est vu et qui ne l'est plus, car elle fait partie du paysage traditionnel, où rien ne se démarque
Ce malaitre là, doit donc disparaitre, pour paraitre à nouveau et montrer à voir une sorte de bienaitre.
Mais bien naitre, n'est pas donné à tout le monde. Tout alors tournerait autour de ça 'naitre" ce n, lettre préfixe au puissant pouvoir, à la toute puissance, de changer la face du monde, la face de la vie ? La face du moi..
Tout dépendrait de ce n, minuscule consonne mais magistrale pièce de l'échiquier impitoyable de notre histoire !
N, le n de la haine, le n de n'être, de naitre, de naitre rien, de ne rien être, de n'être pas, de n'être rien..
Malaitre, contraction, condensation de mal naitre ?
De mal n'être .....
De mal d'être...
Encore faudrait-il savoir, puis s'accorder pour savoir ce que malaitre veut dire ? Signifie ?
Le sens, c'est ça, le sens à donner, à lui donner, le sens que le sujet lui donne ?
Si paraître est un verbe d'état, malaitre l'est aussi, l'état de...Mais il ne semble pas, ne donne pas l'impression, il est !
Par être, entend on le sujet ? Le sujet qui est, qui est un être. Un être humain. Le sujet qui se présente à la vue, à la vue de l'autre. Paraître à l'autre, il y a du lien dans le paraitre, l'être par, autour, au sein de....Il est visible, il est vu.
Le paraître est l'apparence. "A défaut de l'être, nous avons au moins le paraître" écrivait Gauthier, à propos des comédiens....
A défaut de l'être, du bien être, y aurait-il le malaitre... ?
la vie n'est-elle pas, pour reprendre Shakeaspeare un gigantesque théatre où chacun est un aceur et joue la comédie ?
Mais quelle comédie : That's the question ? Et pas de réponse.... Ou trop de réponses. Justement
Comédia dell'arte ? Comédia de l'être, de l'estre ? De l'être qui voudrait être, mais qui s'y prend si mal, qu'il ne peut être bien et ne peut qu'être dans le malaitre ?
Les arbres cachent la forêt, mais la forêt elle aussi, un jour ou l'autre peut se mettre en marche !
Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste
Une indéfinissable manière d'être, ou de ne pas être, ou d'être un peu, pas assez, trop peut-être, mais pas comme il conviendrait d'être, comme s'il convenait d'être, de telle ou telle façon... Mais dans ce cas être sans être vraiment comme on voudrait être ou souhaiterait être.
Etre cependant et à voir mal d'être. Etre aussi en mal d'être...
Etre !
Mal être, mais malaitre, dans le sens de paraitre, malaitre est le mal être montré à voir, comme le par être !
Malaitre dans son corps, dans sa tête, dans son âme
Mal être en soi, pas tout à fait dans son corps, dans sa tête, dans son âme
A côté, comme il semble que ce ne soit pas tout à fait dedans, ni tout à fait dehors non plus.. Pas tout à fait. C'est tout à fait ça...
A côté, mais à côté de quoi ? On sait qu'il y a un corps, que nous avons un corps, une sorte d'enveloppe charnelle, un moi peau disait Anzieu, qui protége le dedans du dehors, un peu comme la membrane cellulaire, mais dans ce cas là, le dedans n'est pas vraiment dedans, il reste un peu au dehors, ou il en reste un peu au dehors, il y a quelque chose qui reste, dehors, pas dedans, qui ne peut, ou qui ne veut rentrer.
Ca coince, c'est trop grand, trop gros, mal ficelé, ça ne rentre pas, même avec des efforts, comme si l'enveloppe était trop petite, ou mal conçue, ou pas adaptée, ou mal adaptée.... Pas aux formes, pas en forme, mais en forme et à la forme de quoi ?
Est-ce formaté ? Pour que ça puisse rentrer ? Ou pas rentrer ?
Dans ce cas ne serions nous pas convenablement formaté..
Notre corps ne serait pas adapté, notre enveloppe ? A ce qu'il y a à mettre dedans ?
Mal être donc, malaitre car ça ne rentre pas, ou ça ne rentre pas tout à fait, malgré les efforts et on ne sait pas quoi faire de ce qui ne rentre pas, de ce bout là, qui ne se loge pas, qu'on ne loge pas, qui reste, qui pend, qui est en trop, mais dont on peut se défaire, car ce bout là, celui qui reste fait néanmoins partie de nous, ou pire est nous !
Inlogeable moi ! Pas la moindre faille, pas le moindre repli, recoin, trou pour le loger, le faire disparaitre...L'oublier, le zapper, l'ignorer, le noyer.... l'inonder au sein de la masse qui est montrée à voir, qui est vu et qui ne l'est plus, car elle fait partie du paysage traditionnel, où rien ne se démarque
Ce malaitre là, doit donc disparaitre, pour paraitre à nouveau et montrer à voir une sorte de bienaitre.
Mais bien naitre, n'est pas donné à tout le monde. Tout alors tournerait autour de ça 'naitre" ce n, lettre préfixe au puissant pouvoir, à la toute puissance, de changer la face du monde, la face de la vie ? La face du moi..
Tout dépendrait de ce n, minuscule consonne mais magistrale pièce de l'échiquier impitoyable de notre histoire !
N, le n de la haine, le n de n'être, de naitre, de naitre rien, de ne rien être, de n'être pas, de n'être rien..
Malaitre, contraction, condensation de mal naitre ?
De mal n'être .....
De mal d'être...
Encore faudrait-il savoir, puis s'accorder pour savoir ce que malaitre veut dire ? Signifie ?
Le sens, c'est ça, le sens à donner, à lui donner, le sens que le sujet lui donne ?
Si paraître est un verbe d'état, malaitre l'est aussi, l'état de...Mais il ne semble pas, ne donne pas l'impression, il est !
Par être, entend on le sujet ? Le sujet qui est, qui est un être. Un être humain. Le sujet qui se présente à la vue, à la vue de l'autre. Paraître à l'autre, il y a du lien dans le paraitre, l'être par, autour, au sein de....Il est visible, il est vu.
Le paraître est l'apparence. "A défaut de l'être, nous avons au moins le paraître" écrivait Gauthier, à propos des comédiens....
A défaut de l'être, du bien être, y aurait-il le malaitre... ?
la vie n'est-elle pas, pour reprendre Shakeaspeare un gigantesque théatre où chacun est un aceur et joue la comédie ?
Mais quelle comédie : That's the question ? Et pas de réponse.... Ou trop de réponses. Justement
Comédia dell'arte ? Comédia de l'être, de l'estre ? De l'être qui voudrait être, mais qui s'y prend si mal, qu'il ne peut être bien et ne peut qu'être dans le malaitre ?
Les arbres cachent la forêt, mais la forêt elle aussi, un jour ou l'autre peut se mettre en marche !
Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste
mercredi 11 juin 2008
Chapelle
Tout au long de ma présence au sein des établissements hospitaliers, j'ai entretenu des relations particulières avec les représentants des cultes.
Leur présence en ces lieux, n'est pas à démontrer, n'est pas discutable, puisqu'elle est demandée, souhaitée par les patients, les familles.
Parfois, l'aumonier (ou l'aumonière) est la seule personne qui passe, qui rend visite au malade qui ne voit personne, qui n'a pas ou plus de famille, qui est abandonné.
Il est parfois le seul capable de recueillir des confidences, des paroles qui ne peuvent être déposées dans un autre lieu, un autre espace.
Paroles qui ne relèvent ni de la dimension psychique tout à fait, ni de la dimension physique complétement, mais paroles qui s'interrogent sur le devenir d'une âme en souffrance, en espèrance d'un avenir, d'un futur, ailleurs, dans un au delà, sur une Terre Promise qu'ils attendent et espèrent pour certains, croyants ou non....
Spirituel ? Esprit ? Ame ? Dieu ? Religion ? Foi ? Croyance ? Domaine divin, dieu, église etc... Domaine limite, frontière extrément mince entre le psychisme et l'esprit, si on considère que ce n'est pas tout à fait la même chose...
Autre territoire inconnu de l'âme, qu'on ne connait pas tout à fait, terre inconnue, presque effleurée, domaine lointain qu'on sait présent, mais qu'on ne peut palper vraiment..
Qu'on n'interroge pas souvent, ou dans des conditions très particulières.
Ame ?
Il n'est pas toujours question de religion, la plupart du temps..
Il est question de réconfort souvent
Un réconfort, une écoute, une oreille attentive, différente de celle du médecin, du psychanalyste, différente, mais aussi complémentaire. Parfois, si le patient le souhaite.
Il est souvent dans ce cas, ici et maintenant, question de questions.
Questions qu'on ne se posent pas forcément ailleurs, avant, quand tout va bien, ou à peu près bien, quand l'heure n'est pas à la question justement.
La maladie, l'approche de la mort questionnent justement, intensément, angoissément cette ou ces questions ?
Qui suis je ? Sujet malade ?
Mais que vais-je devenir sujet mourant ?
La religion n'a rien à faire, ni affaire dans un travail thérapeutique, elle n'est ni de mise, ni invitée, même si elle s'invite parfois.
Le thérapeute n'est ni un confesseur, ni un prétre chargé de donner l'absolution. Il ne pardonne rien au nom de personne.
Il peut tout au mieux, accompagner le sujet qui le souhaite dans sa démarche de pardon à lui même et autres qu'ils pourraient avoir offensés
Mais qu'est ce que l'offense dans le discours de l'analyste ? De l'analysant ?
Offenser quoi, et offenser qui ? Transgression ?
On n'est pas, dans cette affaire là, dans cette transaction là, dans cette démarche là, dans cette aventure là. Pas de Méa culpa.
C'est un autre quête, qui peut être menée en parrallèle, séparément, c'est un choix, et le choix du sujet.
Il arrive pourtant que cette rencontre se fasse, ait lieu, que ces deux là soient au rendez vous, même lieu, même heure....Comme ça ! Par hasard.
Mais le hasard n'existe pas : Alors ?
Il arrive pourtant que ces rendez vous, arrivent et aient lieu, et que psychanalyste et aumonier soient impliqués. Mouillés par le patient, analysant pénitant en demande d'espèrance et de devenir meilleur. invités !
Curieux hôtes que voilà !
Le psychanalyste s'il ne promet rien, permet en revanche...Si le sujet le veut !
L'aumonier peut-il promettre que son dieu sera miséricordieux, pardonnera les péchés, et aime tous ses enfants ?
Je n'en sais rien.
Pourtant il vient, écoute, accompagne et réconforte.
L'analyste, vient, écoute et accompagne.... Quel réconfort apporte t-il ?
Confronté à la maladie, le travail analytique se fait au bord du lit, hors cadre, hors du cadre traditionnel, pas de divan, pas d'espace temps délimité pour le sujet....
On improvise, on compose, on fait avec... Ce qu'on à, ce qui est !
On invente, on crée, parfois on bricole !
Hors cadre, mais en les murs, en les murs de l'institution et de la chambre, de la chambre du dedans, d'un dedans carcan qui parfois est le dernier dedans, la dernière demeure...
Comment faire ailleurs. Il faut bien évidemment repenser, voire repanser sa clinique, sa pratique.
Si chaque rencontre est nouvelle, cette chambre est un espace pas toujours clos, où il faut pourtant lors du travail analytique préserver l'intime, et donc offrir un espace d'intimité, afin que cet intime puisse se mettre en mots.
Aider le patient à historiser cette souffrance et cette demande, sans pouvoir répondre à ses questions, ni le rassurer sur la possibilité peut-être éventuellement hypothètique d'un avenir, d'un futur, d'un devenir meilleur, ou autre, ou d'un autre monde tout court ?
Ce qu'il en est, nul ne sait... Mais ceux qui ont la foi en sont persuadés peut-être ?
Alors peut-être aussi, est-ce bon, qu'un des leurs le leur rappelle ?
L'analyste ne peut promettre le paradis, quel paradis ?
Il peut permettre la mise en mot du présent, pour penser l'avenir, mais qu'est l'avenir, quand on compte en jours et parfois en heure
Avenir quand même ! Ca j'en suis sûre....
Et puis il y a le lieu, consacré à la prière....Celle des croyants ou des incroyants, peu importe, nul besoin d'appartenir à une église pour en pousser la porte
Lieu de paix, de silence et de recueillement, cet espace est essentiel dans ce lieux de violences, de morts, de sangs, de douleurs, de souffrances...
Combien de fois, ais je poussé, moi, qui ne crois en rien, ou en si peu, combien de fois ais je poussé cette petite porte ? Combien de fois, suis je entrée, moi, qui n'ait pas la foi, du moins cette foi là ?
Combien de fois suis je venue, non à la rencontre d'un dieu, bienveillant, malveillant, miséricordieux, vengeur, bon... car je ne sais si dieu il y a ?
Pourtant, je suis venue...
Souvent, très souvent, souvent, dans cet espace clos, je me suis retirée et reposée. Oh pas longtemps ! Le temps dans cet endroit est suspendu, n'existe pas, n'existe plus !
Toujours j'y ai trouvé la paix, le calme, le silence, ce silence que je laisse m'envelopper, m'envahir, prendre mon âme et mon esprit ! Ce silence que je gôute avec délice, une sorte de jouissance indéfinissable !
Se retrouver pour quelques minutes, quelques secondes face à soi même, face à cette solitude qui peut se révéler terrible, mais aussi terriblement rassurante.
Face à sa solitude ! J'ai écouté le silence, me suis nourri de solitude....Je ne suis pas certaine qu'un autre endroit ai pu m'offrir tout ça, d'un seul coup, en même temps..
Certains disent que c'est la maison de Dieu ou dieu, qu'il y règne cette atmosphère grâce aux prières ? Je n'en sais rien, mais ce dont je suis sûre c'est que cet endroit là, précisèment est tellement précieux ici.
Une sorte de no man's land.
Une Terre d'asile !
Leur présence en ces lieux, n'est pas à démontrer, n'est pas discutable, puisqu'elle est demandée, souhaitée par les patients, les familles.
Parfois, l'aumonier (ou l'aumonière) est la seule personne qui passe, qui rend visite au malade qui ne voit personne, qui n'a pas ou plus de famille, qui est abandonné.
Il est parfois le seul capable de recueillir des confidences, des paroles qui ne peuvent être déposées dans un autre lieu, un autre espace.
Paroles qui ne relèvent ni de la dimension psychique tout à fait, ni de la dimension physique complétement, mais paroles qui s'interrogent sur le devenir d'une âme en souffrance, en espèrance d'un avenir, d'un futur, ailleurs, dans un au delà, sur une Terre Promise qu'ils attendent et espèrent pour certains, croyants ou non....
Spirituel ? Esprit ? Ame ? Dieu ? Religion ? Foi ? Croyance ? Domaine divin, dieu, église etc... Domaine limite, frontière extrément mince entre le psychisme et l'esprit, si on considère que ce n'est pas tout à fait la même chose...
Autre territoire inconnu de l'âme, qu'on ne connait pas tout à fait, terre inconnue, presque effleurée, domaine lointain qu'on sait présent, mais qu'on ne peut palper vraiment..
Qu'on n'interroge pas souvent, ou dans des conditions très particulières.
Ame ?
Il n'est pas toujours question de religion, la plupart du temps..
Il est question de réconfort souvent
Un réconfort, une écoute, une oreille attentive, différente de celle du médecin, du psychanalyste, différente, mais aussi complémentaire. Parfois, si le patient le souhaite.
Il est souvent dans ce cas, ici et maintenant, question de questions.
Questions qu'on ne se posent pas forcément ailleurs, avant, quand tout va bien, ou à peu près bien, quand l'heure n'est pas à la question justement.
La maladie, l'approche de la mort questionnent justement, intensément, angoissément cette ou ces questions ?
Qui suis je ? Sujet malade ?
Mais que vais-je devenir sujet mourant ?
La religion n'a rien à faire, ni affaire dans un travail thérapeutique, elle n'est ni de mise, ni invitée, même si elle s'invite parfois.
Le thérapeute n'est ni un confesseur, ni un prétre chargé de donner l'absolution. Il ne pardonne rien au nom de personne.
Il peut tout au mieux, accompagner le sujet qui le souhaite dans sa démarche de pardon à lui même et autres qu'ils pourraient avoir offensés
Mais qu'est ce que l'offense dans le discours de l'analyste ? De l'analysant ?
Offenser quoi, et offenser qui ? Transgression ?
On n'est pas, dans cette affaire là, dans cette transaction là, dans cette démarche là, dans cette aventure là. Pas de Méa culpa.
C'est un autre quête, qui peut être menée en parrallèle, séparément, c'est un choix, et le choix du sujet.
Il arrive pourtant que cette rencontre se fasse, ait lieu, que ces deux là soient au rendez vous, même lieu, même heure....Comme ça ! Par hasard.
Mais le hasard n'existe pas : Alors ?
Il arrive pourtant que ces rendez vous, arrivent et aient lieu, et que psychanalyste et aumonier soient impliqués. Mouillés par le patient, analysant pénitant en demande d'espèrance et de devenir meilleur. invités !
Curieux hôtes que voilà !
Le psychanalyste s'il ne promet rien, permet en revanche...Si le sujet le veut !
L'aumonier peut-il promettre que son dieu sera miséricordieux, pardonnera les péchés, et aime tous ses enfants ?
Je n'en sais rien.
Pourtant il vient, écoute, accompagne et réconforte.
L'analyste, vient, écoute et accompagne.... Quel réconfort apporte t-il ?
Confronté à la maladie, le travail analytique se fait au bord du lit, hors cadre, hors du cadre traditionnel, pas de divan, pas d'espace temps délimité pour le sujet....
On improvise, on compose, on fait avec... Ce qu'on à, ce qui est !
On invente, on crée, parfois on bricole !
Hors cadre, mais en les murs, en les murs de l'institution et de la chambre, de la chambre du dedans, d'un dedans carcan qui parfois est le dernier dedans, la dernière demeure...
Comment faire ailleurs. Il faut bien évidemment repenser, voire repanser sa clinique, sa pratique.
Si chaque rencontre est nouvelle, cette chambre est un espace pas toujours clos, où il faut pourtant lors du travail analytique préserver l'intime, et donc offrir un espace d'intimité, afin que cet intime puisse se mettre en mots.
Aider le patient à historiser cette souffrance et cette demande, sans pouvoir répondre à ses questions, ni le rassurer sur la possibilité peut-être éventuellement hypothètique d'un avenir, d'un futur, d'un devenir meilleur, ou autre, ou d'un autre monde tout court ?
Ce qu'il en est, nul ne sait... Mais ceux qui ont la foi en sont persuadés peut-être ?
Alors peut-être aussi, est-ce bon, qu'un des leurs le leur rappelle ?
L'analyste ne peut promettre le paradis, quel paradis ?
Il peut permettre la mise en mot du présent, pour penser l'avenir, mais qu'est l'avenir, quand on compte en jours et parfois en heure
Avenir quand même ! Ca j'en suis sûre....
Et puis il y a le lieu, consacré à la prière....Celle des croyants ou des incroyants, peu importe, nul besoin d'appartenir à une église pour en pousser la porte
Lieu de paix, de silence et de recueillement, cet espace est essentiel dans ce lieux de violences, de morts, de sangs, de douleurs, de souffrances...
Combien de fois, ais je poussé, moi, qui ne crois en rien, ou en si peu, combien de fois ais je poussé cette petite porte ? Combien de fois, suis je entrée, moi, qui n'ait pas la foi, du moins cette foi là ?
Combien de fois suis je venue, non à la rencontre d'un dieu, bienveillant, malveillant, miséricordieux, vengeur, bon... car je ne sais si dieu il y a ?
Pourtant, je suis venue...
Souvent, très souvent, souvent, dans cet espace clos, je me suis retirée et reposée. Oh pas longtemps ! Le temps dans cet endroit est suspendu, n'existe pas, n'existe plus !
Toujours j'y ai trouvé la paix, le calme, le silence, ce silence que je laisse m'envelopper, m'envahir, prendre mon âme et mon esprit ! Ce silence que je gôute avec délice, une sorte de jouissance indéfinissable !
Se retrouver pour quelques minutes, quelques secondes face à soi même, face à cette solitude qui peut se révéler terrible, mais aussi terriblement rassurante.
Face à sa solitude ! J'ai écouté le silence, me suis nourri de solitude....Je ne suis pas certaine qu'un autre endroit ai pu m'offrir tout ça, d'un seul coup, en même temps..
Certains disent que c'est la maison de Dieu ou dieu, qu'il y règne cette atmosphère grâce aux prières ? Je n'en sais rien, mais ce dont je suis sûre c'est que cet endroit là, précisèment est tellement précieux ici.
Une sorte de no man's land.
Une Terre d'asile !
vendredi 6 juin 2008
Vieux
Avant, enfin, il n'y a pas encore si longtemps, on mourait chez soi, auprès des siens, dans sa maison, dans son lit, au milieu de ce qui a fait sa vie..... On naissait, on vivait et on mourait parfois dans la même maison, dans le même lit.
Avant de mourir on vieillissait, plus ou moins tranquillement, mais chez soi, auprès des siens, dans sa maison, dans son lit, au milieu de ce qui a fait sa vie.. On naissait, on vivait, et on vieillissait parfois dans la même maison, dans le même lit.
Avant, être vieux signifiait savoir, avoir une expérience, une compétence, avoir vécu...
Avoir et Etre, Etre vieux et avoir un savoir !
Etre et avoir à transmettre, à donner, à léguer, pas seulement ses terres, sa maison, son lit....
Transmettre l'histoire d'une vie, de sa vie, de sa longue vie.
Témoigner de son passage, ici, sur cette terre, dans cette maison... Auprès des siens
On était le Père, la Mère, ou le Vieux, ou la Vieille... Sans qu'il n'y ait rien de péjoratif dans ses appellations
Parfois on disait "les Anciens" . On le dit encore, dans certaines régions.
Ils étaient respectés, reconnus, interrogés...
Ils étaient l'âme et la mémoire de la Terre, du Village, de la Maison
Il savait, ce qui s'était passé avant, avant lui, et avant son père, qui le lui avait dit. Et il disait, racontait.... le soir, à la maison..
Il transmettait ce savoir là, ces histoires là qui faisaient notre savoir, notre histoire, celle que nous transmettrions nous aussi, enrichie de notre savoir, de notre histoire à nos enfants...
Avant c'était comme ça...Il y avait une mémoire, une histoire et des vieux
Les vieux cotoyaient les jeunes, les plus jeunes, les moins jeunes, les moins vieux, et les plus vieux...
Avant il y avait des vieux dans les maisons, et les plus jeunes ou les moins vieux s'occupaient d'eux. C'était comme ça !
Le vieux n'était pas si encombrants que ça, on finissait bien par lui trouver une place, des petites choses à faire, pour être utiles encore un peu..
Une place !
Je crois que c'est autour de ce simple petit mot, que tout s'articule, une place !
Il avait en effet une place, du moins il gardait une place, celle qui était la sienne, dans sa terre, dans sa maison, dans son lit
Bien sûr tout n'était pas idyllique, l'homme est un homme pour l'homme ne l'oublions pas... Il suffit de lire ou de relire Balzac, Maupassant pour s'en convaincre si on ne l'est pas encore... Mais enfin le vieux vieillissait et mourait chez lui, même si on l'aidait un peu..
Aujourd'hui : Quelle place pour le vieux ? les vieux ?
Une place ? Mais où ?
Bien évidemment on rétorque, analyses et statistiques à l'appui, que la société à changé.. C'est sûr, elle n'est plus ce qu'elle était. Tout a changé, tout s'est modifié, la société mais aussi les notions qu'elle recouvre... les notions les plus fondamentales et élèmentaires, telles que l'éducation, la famille, le couple, le travail....
La famille n'est plus la même, son concept a tellement été malmené qu'on ne sait plus très bien ce qu'il recouvre et recoupe aujourd'hui...De famille élargie à famille monoparentale, le fossé est grand, faille énorme.. Mais en tout état de cause, le vieux ne peut pas s'y engouffrer
Pas de place pour lui dans cette faille là..
Cette faille, ce trou ce vide n'en veut pas.
Il le jette, le rejette, le vomit.
Ainsi, ce nouveau visage d'une société qui ne cesse d'être en mutation serait une explication à la notion même de vieux
Mais vieux n'est pas correct, c'est indécent parfois d'être vieux, c'est faillir. Vieux c'est la faille, où nous nous engouffrerons tous un jour, même au bout de multiples liftings et d'injections de botox... On n'injecte pas les neurones... On ne diminue pas le poids des ans. La sorcellerie n'a qu'un temps et la fontaine de jouvence n'est qu'un mirage ! Dénis terribles que tout ça !
Le vieux, en tous cas n'a plus sa place, n'a plus de place dans sa maison, dans une maison... Une maison, un village où il n'y a plus personne, ou alors plus que des vieux, donc personne !
Pourtant, on se préoccupe des vieux, on s'en inquiété car c'est inquiétant. Voilà qu'ils meurent s'il fait trop chaud ! et nous n'avons rien vu... Inconséquents que nous sommes ! Inconscients et irresponsables... Ils sont morts de soif, de chaud, de froid. Bref, ils sont morts tout seuls, pas si loin de nous.. Car ils meurent près de nous, ils s'éteignent sans bruit, doucement, silencieusement, de peur de déranger, encore, on dérange quand on est vieux !
S'ils ne sont plus dans nos maisons, ils sont pourtant près de nous. un prés qui se veut loin pourtant.. Loin, étrangement loin.
A une place ! Une place spécifique, spécifiquement pour eux. Une place pour les vieux, à l'abri du regard des moins vieux, car on vit de plus en plus vieux, et il faut bien faire quelque chose, il faut bien en faire quelque chose, les mettre quelque part... à l'abri des regards et des consciences. Pour avoir sa propre conscience au repos, tranquille ou presque. Car vieux, on le deviendra, un jour ! Un jour qu'on perçoit plus ou moins loin, loin sûrement, le plus loin possible, on recule, on retarde cette pensée qui intruse notre présent, on la chasse, mais elle revient parfois au galop, quand il s'agit d'un de nos proches qui devient vieux et que finalement on n'avait jamais vu vraiment vieux, et qu'on pensait qu'il ne deviendrait pas aussi vieux, ou aussi vieux comme ça.
Ca n'arrive qu'aux autres : mais parfois les autres c'est nous, nous aussi et il faut bien faire quelque chose
"Pourvu que je ne devienne jamais comme ca ! " litanie que j'entends tant de la part des soignants que des enfants ! Que je partage parfois quand je suis face à cette violence, cette violence faite aux vieux !
"On ne peut pas le prendre à la maison, pas de place ! "
Tiens encore la place... Et cette fois, il n'y en a pas. Mais y en a t-il eu une un jour ?
Qui va s'en occuper ? on travaile
Subtile question qui est en fait une réponse...
No place !
Alors on parle de "placement" en maison, de retraite, de vieux quoi ! Avant on parlait d'hospice, d'asiles de vieillards, pour les indigents des villes, ceux qui n'avaient personnes, à la campagne il semblait plus aisé de vieillir, car on avait soit disant la place pour le garder.
Placement ! Mot terrible, qui signifiait dans leurs jeunes années, pour les plus vieux de ces vieux, le placement dans une maison, comme "bonne à tout faire" me dit une patiente agée de 95ans !
Placement ! Mot terrible qui raisonne et résonne comme une sentence ! Maison de correction, placement en maison, mais pas sa propre maison, qu'on abandonne car trop vieux pour s'en occuper, trop vieux pour s'occuper de soi, pour prendre soin de sa maison, de son chat, de soi !
Terrible aveu ! Impuissance devant une finitude certaine, mais qu'il reste à atteindre, lentement inéxorablement.
Un billet simple pour l'enfer ! Il est pavé de bonnes intentions, comme les plus luxueuses de ces maisons de retraites, asiles pour séniors friqués, car les pauvres, restent pauvres, même vieux, encore plus pauvres, surtout vieux !
L'issue de cet enfer ne peut être que le paradis ! Pas celui promis mais celui ici tant espèré, tant attendu, paradis de la délivrance, délivrance de ce purgatoire, derniere ligne droite. Le paradis est au bout du tunnel !
A tous les vieux, que je rencontre, qui se racontent, qui m'offrent une part de leur vie, de leur souffrance, de leur histoires d'amour souvent, de leur bonheur, et qui partent doucement, que je ne revois plus le lundi suivant, parce qu'ils ont "glissés" lentement vers un monde qu'ils pensent sûrement meilleur, mais surtout parce qu'ils savent qu'ici "ils ne servent plus à rien"
Avant de mourir on vieillissait, plus ou moins tranquillement, mais chez soi, auprès des siens, dans sa maison, dans son lit, au milieu de ce qui a fait sa vie.. On naissait, on vivait, et on vieillissait parfois dans la même maison, dans le même lit.
Avant, être vieux signifiait savoir, avoir une expérience, une compétence, avoir vécu...
Avoir et Etre, Etre vieux et avoir un savoir !
Etre et avoir à transmettre, à donner, à léguer, pas seulement ses terres, sa maison, son lit....
Transmettre l'histoire d'une vie, de sa vie, de sa longue vie.
Témoigner de son passage, ici, sur cette terre, dans cette maison... Auprès des siens
On était le Père, la Mère, ou le Vieux, ou la Vieille... Sans qu'il n'y ait rien de péjoratif dans ses appellations
Parfois on disait "les Anciens" . On le dit encore, dans certaines régions.
Ils étaient respectés, reconnus, interrogés...
Ils étaient l'âme et la mémoire de la Terre, du Village, de la Maison
Il savait, ce qui s'était passé avant, avant lui, et avant son père, qui le lui avait dit. Et il disait, racontait.... le soir, à la maison..
Il transmettait ce savoir là, ces histoires là qui faisaient notre savoir, notre histoire, celle que nous transmettrions nous aussi, enrichie de notre savoir, de notre histoire à nos enfants...
Avant c'était comme ça...Il y avait une mémoire, une histoire et des vieux
Les vieux cotoyaient les jeunes, les plus jeunes, les moins jeunes, les moins vieux, et les plus vieux...
Avant il y avait des vieux dans les maisons, et les plus jeunes ou les moins vieux s'occupaient d'eux. C'était comme ça !
Le vieux n'était pas si encombrants que ça, on finissait bien par lui trouver une place, des petites choses à faire, pour être utiles encore un peu..
Une place !
Je crois que c'est autour de ce simple petit mot, que tout s'articule, une place !
Il avait en effet une place, du moins il gardait une place, celle qui était la sienne, dans sa terre, dans sa maison, dans son lit
Bien sûr tout n'était pas idyllique, l'homme est un homme pour l'homme ne l'oublions pas... Il suffit de lire ou de relire Balzac, Maupassant pour s'en convaincre si on ne l'est pas encore... Mais enfin le vieux vieillissait et mourait chez lui, même si on l'aidait un peu..
Aujourd'hui : Quelle place pour le vieux ? les vieux ?
Une place ? Mais où ?
Bien évidemment on rétorque, analyses et statistiques à l'appui, que la société à changé.. C'est sûr, elle n'est plus ce qu'elle était. Tout a changé, tout s'est modifié, la société mais aussi les notions qu'elle recouvre... les notions les plus fondamentales et élèmentaires, telles que l'éducation, la famille, le couple, le travail....
La famille n'est plus la même, son concept a tellement été malmené qu'on ne sait plus très bien ce qu'il recouvre et recoupe aujourd'hui...De famille élargie à famille monoparentale, le fossé est grand, faille énorme.. Mais en tout état de cause, le vieux ne peut pas s'y engouffrer
Pas de place pour lui dans cette faille là..
Cette faille, ce trou ce vide n'en veut pas.
Il le jette, le rejette, le vomit.
Ainsi, ce nouveau visage d'une société qui ne cesse d'être en mutation serait une explication à la notion même de vieux
Mais vieux n'est pas correct, c'est indécent parfois d'être vieux, c'est faillir. Vieux c'est la faille, où nous nous engouffrerons tous un jour, même au bout de multiples liftings et d'injections de botox... On n'injecte pas les neurones... On ne diminue pas le poids des ans. La sorcellerie n'a qu'un temps et la fontaine de jouvence n'est qu'un mirage ! Dénis terribles que tout ça !
Le vieux, en tous cas n'a plus sa place, n'a plus de place dans sa maison, dans une maison... Une maison, un village où il n'y a plus personne, ou alors plus que des vieux, donc personne !
Pourtant, on se préoccupe des vieux, on s'en inquiété car c'est inquiétant. Voilà qu'ils meurent s'il fait trop chaud ! et nous n'avons rien vu... Inconséquents que nous sommes ! Inconscients et irresponsables... Ils sont morts de soif, de chaud, de froid. Bref, ils sont morts tout seuls, pas si loin de nous.. Car ils meurent près de nous, ils s'éteignent sans bruit, doucement, silencieusement, de peur de déranger, encore, on dérange quand on est vieux !
S'ils ne sont plus dans nos maisons, ils sont pourtant près de nous. un prés qui se veut loin pourtant.. Loin, étrangement loin.
A une place ! Une place spécifique, spécifiquement pour eux. Une place pour les vieux, à l'abri du regard des moins vieux, car on vit de plus en plus vieux, et il faut bien faire quelque chose, il faut bien en faire quelque chose, les mettre quelque part... à l'abri des regards et des consciences. Pour avoir sa propre conscience au repos, tranquille ou presque. Car vieux, on le deviendra, un jour ! Un jour qu'on perçoit plus ou moins loin, loin sûrement, le plus loin possible, on recule, on retarde cette pensée qui intruse notre présent, on la chasse, mais elle revient parfois au galop, quand il s'agit d'un de nos proches qui devient vieux et que finalement on n'avait jamais vu vraiment vieux, et qu'on pensait qu'il ne deviendrait pas aussi vieux, ou aussi vieux comme ça.
Ca n'arrive qu'aux autres : mais parfois les autres c'est nous, nous aussi et il faut bien faire quelque chose
"Pourvu que je ne devienne jamais comme ca ! " litanie que j'entends tant de la part des soignants que des enfants ! Que je partage parfois quand je suis face à cette violence, cette violence faite aux vieux !
"On ne peut pas le prendre à la maison, pas de place ! "
Tiens encore la place... Et cette fois, il n'y en a pas. Mais y en a t-il eu une un jour ?
Qui va s'en occuper ? on travaile
Subtile question qui est en fait une réponse...
No place !
Alors on parle de "placement" en maison, de retraite, de vieux quoi ! Avant on parlait d'hospice, d'asiles de vieillards, pour les indigents des villes, ceux qui n'avaient personnes, à la campagne il semblait plus aisé de vieillir, car on avait soit disant la place pour le garder.
Placement ! Mot terrible, qui signifiait dans leurs jeunes années, pour les plus vieux de ces vieux, le placement dans une maison, comme "bonne à tout faire" me dit une patiente agée de 95ans !
Placement ! Mot terrible qui raisonne et résonne comme une sentence ! Maison de correction, placement en maison, mais pas sa propre maison, qu'on abandonne car trop vieux pour s'en occuper, trop vieux pour s'occuper de soi, pour prendre soin de sa maison, de son chat, de soi !
Terrible aveu ! Impuissance devant une finitude certaine, mais qu'il reste à atteindre, lentement inéxorablement.
Un billet simple pour l'enfer ! Il est pavé de bonnes intentions, comme les plus luxueuses de ces maisons de retraites, asiles pour séniors friqués, car les pauvres, restent pauvres, même vieux, encore plus pauvres, surtout vieux !
L'issue de cet enfer ne peut être que le paradis ! Pas celui promis mais celui ici tant espèré, tant attendu, paradis de la délivrance, délivrance de ce purgatoire, derniere ligne droite. Le paradis est au bout du tunnel !
A tous les vieux, que je rencontre, qui se racontent, qui m'offrent une part de leur vie, de leur souffrance, de leur histoires d'amour souvent, de leur bonheur, et qui partent doucement, que je ne revois plus le lundi suivant, parce qu'ils ont "glissés" lentement vers un monde qu'ils pensent sûrement meilleur, mais surtout parce qu'ils savent qu'ici "ils ne servent plus à rien"
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Nota bene
Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.
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Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.