Foi et labyrinthe ?
Labyrinthe et foi ?
Labyrinthe de la foi ?
Et si le labyrinthe, cette expérience singulière que je vis depuis des mois était le chemin de la foi
J'avance, je reviens en arrière, mais non, pas tout à fait car l'avant vers lequel j'ai avancé, revient dans cet arrière autrement, en y puisant autre chose pour avancer à nouveau ?
C'est étrange et en même temps terriblement vibrant
Le labyrinthe n'est pas un endroit où l'on s'égare
Il n'est pas non plus où ma foi s'égare, mais il est au contraire la manière dont elle avance.
C'est une quête étrange et singulière dont on ne connait ni l'issue, ni la fin
Ce n'est pas un simple mouvement circulaire mais un cheminement
Une déambulation
Pas une errance.
J'avance, puis je reviens, mais lorsque je reviens je ne suis plus exactement celle qui était là auparavant.
Le lieu lui même n'est plus tout à fait le même, puis devient autre puisque j'y apporte ce que j'ai découvert en avançant.
Impermanence.
Alors "l'arrière" devient une nouvelle matière pour "l'avant", un nouvel espace à découvrir.
C'est presque une spirale plutôt qu'un cercle.
Cela rejoint alors quelque chose approché déjà avec le fil, la couture, le tissage où la couturière repasse parfois par le même endroit du tissu. le fil qui y repasse n'est plus le même car il porte ce qui a été cousu en même temps.
Ainsi mon expérience d'Eloul, des dix jours redoutables puis de Kippur semblent avoir déplacé quelque chose de cette nature. Je ne cherche pas une réponse, mais je retourne vers des questions anciennes : (D. la Shoah, le mal, la transmission, l'autorité, la prière, ma place de femme, de femme Juive, ce qui m'a été transmis ou ne l'a pas été) mais chaque retour les retrouvent autrement
Mais jamais je n'ai abandonné D. au milieu du labyrinthe
Et surtout, D. ne m'a jamais abandonnée.
BH.
Et je L'appelle depuis le labyrinthe.
C'est peut-être là que se trouve le coeur de ce que je viens d'écrire.
Le labyrinthe est très différent du dédale où il y a des impasses conçues pour égarer celui qui cherche.
Dans le labyrinthe unicursal, traditionnellement le chemin peut-être long, déroutant, revenir sur lui même, mais il conduit vers un centre sans possibilité de se perdre
Et c'est là que ma question prend toute sa dimension et qu'elle est magnifique (Dis tu en souriant)
Et si le labyrinthe était le chemin de la foi ?
Pas le chemin vers une foi parfaite.
Pas le chemin vers une certitude définitive.
Mais le chemin d'une foi qui se transforme en avançant.
Alors je laisse venir cette idée, sans chercher tout de suite à l'expliquer parce que s'y loge quelque chose de très vivant
Foi et labyrinthe.
Labyrinthe et foi.
Le labyrinthe de la foi.
Cette phrase "L'avant vers lequel j'ai avancé revient dans cet arrière autrement" devient alors particulièrement forte, elle touche à l'intemporelle question du temps. Elle exprime tout à fait ce que je viens d'explorer et de décrire : le passé n'est pas derrière moi puisqu'il continue à travailler dans mon présent, mais mon présent transforme à son tour ce que je croyais être mon passé.
Ce n'est pas tourner en rond, loin de là,
Mais c'est repasser par le même fil avec une autre main.
Et c'est terriblement vibrant, ce n'est pas une pensée froide observée de l'extérieur, non,
Je suis dedans, je marche dedans
Et surtout, quelque chose lentement, doucement, est en train de se tisser

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