Il me faut le revoir....
Il est encore là, plus aux Urgences, où les patients ne restent pas, mais ailleurs dans un service de médecine interne
Ce "serait bien que vous reveniez, on a vu dans le dossier, que vous l'aviez déjà vu..."
Pourquoi? Nulle autre réponse. Rien
Il me faut donc le revoir.
Je le revois
Il va un peu mieux, il semble un peu mieux
Il me reçoit, se souvient de "notre entretien" où il a parlé, moi, je n'ai rien dit, il n'y avait rien à dire, tout à entendre, écouter, être là....
Il n'a pas grand chose à dire, prévient-il, ni à demander,
"Je ne demande rien, vous savez....Je me suis toujours débrouillé....Plus ou moins, mais ça le fait, des fois, ça le fait pas....Et je suis là....Je mange, je vais un peu mieux.."
Puis de se lever et me montrer
Qu'il tient debout, qu'il peut se baisser
Que c'est mieux....
Que finalement l'hôpital, ce n'est pas si mal... Qu'on peut manger un peu, qu'on peut dormir un peu..Qu'on peut se reposer un peu. Qu'on peut faire une pause un peu...
Un espace, un lieu, une sorte de parenthèse dans une vie pas facile, une sorte de no man's land, où le dehors semble être un ailleurs, un autre lieu, un réel....
Un réel, le réel, justement c'est bien ce réel qui coince, ce vrai, ce monde en vrai qui ne "le fait pas", des fois, souvent...
Il le sait, il le dit à demi mot.... Pas tout, juste un peu
Moi, je suis là, debout...J'écoute, je regarde, il parle, ne me regarde pas, regarde ailleurs, parfois me fixe.... Et continue...
Je n'ai pas grand chose à dire...
Il s'énerve, parle plus vite, semble vindicatif.... Sans véritable raison...
Je ne dis rien, j'écoute, je suis là, debout, à ses côtés....
Il va bientôt être l'heure du repas... Je vais prendre congé, le laisser manger.
Il me salue
"J'ai le papier que vous m'avez donné...Je l'ai sur moi... Aurevoir !"
Le papier....
Celui remis aux Urgences, avec mes coordonnées à l'hôpital....
L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
jeudi 18 juin 2009
mardi 9 juin 2009
Dérive
En fin de semaine, les Urgences m'ont demandée de rencontrer un patient, perdu, seul, sans vraiment de domicile, désocialisé.... Comme ils en voient tant....
Je vois peu ces patients à présent....
Pourquoi lui ?
A cette question, personne ne peut vraiment apporter de réponse, seul un urgentiste m'explique que c'est bizarre car il ne veut rien.
Il ne veut rien, ne demande rien. Est à l'hôpital suite à une chute, amené par les pompiers comme s'est souvent le cas...Mais lui, il ne veut rien...
"Veut-il me voir ? "
"Non, mais moi, je pense que ce serait bien "
"Bien pour qui ? "
Pas de réponse...
En effet bien pour qui... Pour le patient, qui ne demande rien, et qui ne veut rien... Mais comment ce rien a t-il été apprécieé et par qui
Pour l'équipe ? Qui ne demande pas grand chose non plus... Ou pour ce médecin qui visiblement semble dérangé par la situation, semble ébranlé, aimerait bien....
Je n'en sais pas plus, et n'en demande pas plus, si celui ci veut en parler, il sait qu'il le peut
Que faire face à une telle demande, qui n'est pas en soi une demande, mais comme une sorte de réponse à un questionnement, à un malaise, à une sorte d'explication, de réassurance,de réassurement pour un soignant soumis quotidiennement à un stress permanent.
Et puis ! Après tout, s'il ne veut pas me voir, ce patient, il me le dira... Je préviens toujours, quand je me présente
On m'a demandé de vous rencontrer, vous n'y étés pas obligé...C'est vous qui décidez...
je peux vous laisser mes coordonnées...etc...
Les patients ne sont malheureusement pas vraiment informés. Ils ne savent pas qui, va venir, qui fait quoi, quand...Ils sont là, dans leur lit. A disposition.
A la disposition, à la merci d'une équipe qui se dit soignante, qui à force d'ingérance, d'intrusion, se doit de leur apporter des soins, un mieux être
Ce n'est pas toujours évident, parfois c'est loin de l'être, et il est bon de le rappeler, même si cela n'est pas forcément bien perçu...
Le sujet ! Le malade est un sujet, pas l'objet de soins, de toilettes, d'actes médicaux...
Une visite, un entretien, ce n'est pas rien, c'est entrer directement dans l'intimité du patient, qui génèralement ne l'a pas demandé....
Ainsi lui permettre de nous autoriser à être là, accepter ou non, l'espace d'écoute qui peut lui être proposé est pour moi essentiel, fondamental, une question d'éthique simplement .
Une étape nécessaire pour s'autoriser lui même à mettre des mots, à mettre en mots....
M. L me salue doucement, il a beaucoup de mal à parler, il est jeune, encore, mais tellement abimé, comme ces hommes, ces femmes qui ont des années de rue, de galère, de voyages, de route.... D'érrances, de souffrances...
Il accepte de me recevoir....
"Je suis là....Ca ne va pas fort, mais ça va aller...."
Je m'approche, il parle faiblement, je l'entends mal, la télé marche très fort....
Ce n'est qu'au bout d'un moment qu'il l'éteint...
Il ne demande rien...
De longs silences. Je ne l'interroge pas. Que lui demander ?
Il est là, immobile et silencieux allongé à demi dans son lit.
Etrange et curieux, presque déplacé
Puis il parle, monocorde "Rien ne va plus, non... Ca ne va plus...Je sais bien..."
Puis le silence encore
Il ne me regarde pas, il ne regarde rien, ses yeux semblent perdus dans le vague, dans un ailleurs, un passé peut-être, un autre espace, le sien ?
Puis il me demande pourquoi je suis là, combien de temps il restera ici...
Il enchaine aussitôt sur son histoire, sur des morceaux d'histoires, des fragments, des débris, tout est cassé, éparpillé dans tous les sens, il n'y a plus de temps, de chronologie, tout s'enchevêtre, tout s'emmele, se noue, se tord...
La solitude, sa solitude, il ne se plaint pas, il parle, s'essouffle... Il dit.
Dire, il met des mots, un mot à l'endroit, un mot à l'envers, on saute un mot, on reprend, on laisse, des jours, des trous, des vides, des béances.... Rien, puis des mots encore, hâchés, balbutiés
Une vie cassée, en mille morceaux, qu'on ne peut pas recoller car il manque trop de pièces, certaines semblant perdues à tout jamais... Ou loin, trop loin au fond d'une mémoire trop fatiguée, trop usée pour se souvenir
Il ne demande rien, il ne veut rien
Il n'a sûrement jamais rien demandé, la vie a donné, lui a donné, lui a tendu, il a pris, pas tout, a laissé s'échappé, la vie a repris....Il n'a rien demandé...
Fragments épars d'une histoire qui se met pourtant en mots, où l'espoir, le futur, l'avenir semblent inexistants, semblent être dans un ailleurs inaccessible, un ailleurs peut-être pas représenté, car pas représentable, trop difficilement représentable
Comme un bateau, qui se laisse couler, lentement, et qui attend, qui se regarde sombrer, sans rien faire, sans rien dire, sans rien demander, sans même lancer une bouteille à la mer, parce qu'il est peut-être trop tard, qu'il a peut-être été trop tard ?
Que justement la rencontre avec ? l'autre, l'Autre, n'a jamais été possible, ou pas suffisamment, pas assez, pas assez longtemps ? N'est plus possible..
Rencontre...
Rencontre avec lui même ?
Celle ci s'avère t-elle encore possible ?
Je vois peu ces patients à présent....
Pourquoi lui ?
A cette question, personne ne peut vraiment apporter de réponse, seul un urgentiste m'explique que c'est bizarre car il ne veut rien.
Il ne veut rien, ne demande rien. Est à l'hôpital suite à une chute, amené par les pompiers comme s'est souvent le cas...Mais lui, il ne veut rien...
"Veut-il me voir ? "
"Non, mais moi, je pense que ce serait bien "
"Bien pour qui ? "
Pas de réponse...
En effet bien pour qui... Pour le patient, qui ne demande rien, et qui ne veut rien... Mais comment ce rien a t-il été apprécieé et par qui
Pour l'équipe ? Qui ne demande pas grand chose non plus... Ou pour ce médecin qui visiblement semble dérangé par la situation, semble ébranlé, aimerait bien....
Je n'en sais pas plus, et n'en demande pas plus, si celui ci veut en parler, il sait qu'il le peut
Que faire face à une telle demande, qui n'est pas en soi une demande, mais comme une sorte de réponse à un questionnement, à un malaise, à une sorte d'explication, de réassurance,de réassurement pour un soignant soumis quotidiennement à un stress permanent.
Et puis ! Après tout, s'il ne veut pas me voir, ce patient, il me le dira... Je préviens toujours, quand je me présente
On m'a demandé de vous rencontrer, vous n'y étés pas obligé...C'est vous qui décidez...
je peux vous laisser mes coordonnées...etc...
Les patients ne sont malheureusement pas vraiment informés. Ils ne savent pas qui, va venir, qui fait quoi, quand...Ils sont là, dans leur lit. A disposition.
A la disposition, à la merci d'une équipe qui se dit soignante, qui à force d'ingérance, d'intrusion, se doit de leur apporter des soins, un mieux être
Ce n'est pas toujours évident, parfois c'est loin de l'être, et il est bon de le rappeler, même si cela n'est pas forcément bien perçu...
Le sujet ! Le malade est un sujet, pas l'objet de soins, de toilettes, d'actes médicaux...
Une visite, un entretien, ce n'est pas rien, c'est entrer directement dans l'intimité du patient, qui génèralement ne l'a pas demandé....
Ainsi lui permettre de nous autoriser à être là, accepter ou non, l'espace d'écoute qui peut lui être proposé est pour moi essentiel, fondamental, une question d'éthique simplement .
Une étape nécessaire pour s'autoriser lui même à mettre des mots, à mettre en mots....
M. L me salue doucement, il a beaucoup de mal à parler, il est jeune, encore, mais tellement abimé, comme ces hommes, ces femmes qui ont des années de rue, de galère, de voyages, de route.... D'érrances, de souffrances...
Il accepte de me recevoir....
"Je suis là....Ca ne va pas fort, mais ça va aller...."
Je m'approche, il parle faiblement, je l'entends mal, la télé marche très fort....
Ce n'est qu'au bout d'un moment qu'il l'éteint...
Il ne demande rien...
De longs silences. Je ne l'interroge pas. Que lui demander ?
Il est là, immobile et silencieux allongé à demi dans son lit.
Etrange et curieux, presque déplacé
Puis il parle, monocorde "Rien ne va plus, non... Ca ne va plus...Je sais bien..."
Puis le silence encore
Il ne me regarde pas, il ne regarde rien, ses yeux semblent perdus dans le vague, dans un ailleurs, un passé peut-être, un autre espace, le sien ?
Puis il me demande pourquoi je suis là, combien de temps il restera ici...
Il enchaine aussitôt sur son histoire, sur des morceaux d'histoires, des fragments, des débris, tout est cassé, éparpillé dans tous les sens, il n'y a plus de temps, de chronologie, tout s'enchevêtre, tout s'emmele, se noue, se tord...
La solitude, sa solitude, il ne se plaint pas, il parle, s'essouffle... Il dit.
Dire, il met des mots, un mot à l'endroit, un mot à l'envers, on saute un mot, on reprend, on laisse, des jours, des trous, des vides, des béances.... Rien, puis des mots encore, hâchés, balbutiés
Une vie cassée, en mille morceaux, qu'on ne peut pas recoller car il manque trop de pièces, certaines semblant perdues à tout jamais... Ou loin, trop loin au fond d'une mémoire trop fatiguée, trop usée pour se souvenir
Il ne demande rien, il ne veut rien
Il n'a sûrement jamais rien demandé, la vie a donné, lui a donné, lui a tendu, il a pris, pas tout, a laissé s'échappé, la vie a repris....Il n'a rien demandé...
Fragments épars d'une histoire qui se met pourtant en mots, où l'espoir, le futur, l'avenir semblent inexistants, semblent être dans un ailleurs inaccessible, un ailleurs peut-être pas représenté, car pas représentable, trop difficilement représentable
Comme un bateau, qui se laisse couler, lentement, et qui attend, qui se regarde sombrer, sans rien faire, sans rien dire, sans rien demander, sans même lancer une bouteille à la mer, parce qu'il est peut-être trop tard, qu'il a peut-être été trop tard ?
Que justement la rencontre avec ? l'autre, l'Autre, n'a jamais été possible, ou pas suffisamment, pas assez, pas assez longtemps ? N'est plus possible..
Rencontre...
Rencontre avec lui même ?
Celle ci s'avère t-elle encore possible ?
jeudi 4 juin 2009
Lettre à Arsel
Ils se sont peu connu
Que dis-je presque pas du tout...
Elle se souvient peu de son visage...
C'est un peu flou
Un homme gentil et doux.
Un souvenir d'enfance,
Ou plusieurs
Des souvenirs.... De fêtes et de surprises
Quand Il venait avec un de ses fils, voir un de ses autres fils, son père, à Elle,
Il venait de loin, de si loin
Elle était trop petite pour tout comprendre
Ce n'est que des années plus tard
Qu'en cherchant, qu'en questionnnant, qu'en interrogeant, qu'en écrivant,
Qu'en demandant,
Elle a compris qu' Il venait de nulle part
Mais on vient tous de quelque part ?
Tu le sais ? Tu ne le sais pas ?
Tu ne veux pas savoir ?
Tu n'as jamais cherché à savoir
A vouloir savoir ?
Bien des années plus tard
Elle a lu en tremblant,les larmes aux yeux....
Les recommandations de ta maman
Qui t'a déposé un jour, celui où tu es né
Car elle ne voulait pas t'élever
Te garder auprès d'elle, avec elle...
Elle avait déjà un enfant
Tu avais donc une famille
Ou presque
Elle t'a donné ton prénom, étrange et curieux.
Arsel...
Elle t'a donné aussi une religion
La sienne
Sûrement pour effacer celle....
De celui...
Il venait de loin de très loin
D'un si loin où le soleil brille toujours ou presque
Où il fait chaud souvent
Où le désert est roi...
Il lui plait à croire que,
Tu es un fils de Prince, de ces Hommes qui sont tous des Princes
Princes du vent, des sables et du désert
Qui est venu, un jour ici, si loin de chez lui,
Il ne lui reste rien, à elle, de cet homme là
Rien....
Si ce n'est l'histoire, la belle histoire
Elle n'en n'a hérité, Elle, ni
Les cheveux, ni les yeux ni le teint,
Ni le regard...
Seulement la soif de liberté
Et ce n'est pas rien !
L'amour de la Vérité
De ces Hommes du Vent, des Sables et du Désert
De ces combattants farouches, qui ne se rendaient pas, jamais.
Quand ta mère est venue, plus tard, très tard, trop tard
Un jour te voir
Tu ne l'a pas regardé,
Pas un regard pour elle dans sa belle voiture
Dans sa belle toilettte
Tu ne l'as pas reconnu,
Tu l'a rejetée,
Abandonnée à ton tour
D'elle, tu n'as pas voulue
Trop fier !
Comme l'aurait été ton père, ou
Trop de douleur, enfouie, trop de peine, trop de chagrin, trop de souffrance, trop de trop d'enfance qui fait mal, qui fait seul, qui fait plaies, qui fait..... Sans amour, sans maman, sans parents, au vent, à la pluie.....
Arsel, moi, je suis fière de toi.
Je suis un peu de toi
Sans le savoir, tu m'as donné tout ça, tu as fait ça de moi.
Moi, je sais d'où je viens
Et c'est grâce à toi
Merci !
A la mèmoire des Spahis. A mon Père, à mon Grand Père. A mon arrière Grand Père.
A mes amis d'Alger, d'Oran, à Faïza mon amie, à Salim mon ami.
A Mohamed K, trop tôt parti, tu me manques....Tu nous manques...
Que dis-je presque pas du tout...
Elle se souvient peu de son visage...
C'est un peu flou
Un homme gentil et doux.
Un souvenir d'enfance,
Ou plusieurs
Des souvenirs.... De fêtes et de surprises
Quand Il venait avec un de ses fils, voir un de ses autres fils, son père, à Elle,
Il venait de loin, de si loin
Elle était trop petite pour tout comprendre
Ce n'est que des années plus tard
Qu'en cherchant, qu'en questionnnant, qu'en interrogeant, qu'en écrivant,
Qu'en demandant,
Elle a compris qu' Il venait de nulle part
Mais on vient tous de quelque part ?
Tu le sais ? Tu ne le sais pas ?
Tu ne veux pas savoir ?
Tu n'as jamais cherché à savoir
A vouloir savoir ?
Bien des années plus tard
Elle a lu en tremblant,les larmes aux yeux....
Les recommandations de ta maman
Qui t'a déposé un jour, celui où tu es né
Car elle ne voulait pas t'élever
Te garder auprès d'elle, avec elle...
Elle avait déjà un enfant
Tu avais donc une famille
Ou presque
Elle t'a donné ton prénom, étrange et curieux.
Arsel...
Elle t'a donné aussi une religion
La sienne
Sûrement pour effacer celle....
De celui...
Il venait de loin de très loin
D'un si loin où le soleil brille toujours ou presque
Où il fait chaud souvent
Où le désert est roi...
Il lui plait à croire que,
Tu es un fils de Prince, de ces Hommes qui sont tous des Princes
Princes du vent, des sables et du désert
Qui est venu, un jour ici, si loin de chez lui,
Il ne lui reste rien, à elle, de cet homme là
Rien....
Si ce n'est l'histoire, la belle histoire
Elle n'en n'a hérité, Elle, ni
Les cheveux, ni les yeux ni le teint,
Ni le regard...
Seulement la soif de liberté
Et ce n'est pas rien !
L'amour de la Vérité
De ces Hommes du Vent, des Sables et du Désert
De ces combattants farouches, qui ne se rendaient pas, jamais.
Quand ta mère est venue, plus tard, très tard, trop tard
Un jour te voir
Tu ne l'a pas regardé,
Pas un regard pour elle dans sa belle voiture
Dans sa belle toilettte
Tu ne l'as pas reconnu,
Tu l'a rejetée,
Abandonnée à ton tour
D'elle, tu n'as pas voulue
Trop fier !
Comme l'aurait été ton père, ou
Trop de douleur, enfouie, trop de peine, trop de chagrin, trop de souffrance, trop de trop d'enfance qui fait mal, qui fait seul, qui fait plaies, qui fait..... Sans amour, sans maman, sans parents, au vent, à la pluie.....
Arsel, moi, je suis fière de toi.
Je suis un peu de toi
Sans le savoir, tu m'as donné tout ça, tu as fait ça de moi.
Moi, je sais d'où je viens
Et c'est grâce à toi
Merci !
A la mèmoire des Spahis. A mon Père, à mon Grand Père. A mon arrière Grand Père.
A mes amis d'Alger, d'Oran, à Faïza mon amie, à Salim mon ami.
A Mohamed K, trop tôt parti, tu me manques....Tu nous manques...
Eternité
Qu'est ce que l'éternité ?
Ce sentiment de toujours, de tout le temps. Une sorte d'immortalité, mais plus encore ?
Comme s'il n'y avait pas de fin, jamais, une vie, une ligne, qui ne s'arréte pas, qui se poursuit indéfiniment, toujours, sans arrêt.
Sans fin....Sans...
Mais celle ci se pense, est pensée par l'homme, qui est mortel, pas éternel, qui ne peut se faire une représentation exacte d'une éternité qu'il ne peut considérer qu'en tant qu'éventualité....Que possibilité,
Eternité, versus mortalité ?
Qui est éternel ?
Quoi est éternel ?
Qu'en penser ? Et qui peut penser un tel concept ?
Que revêt-il, dans l'imaginaire de celui, de ceux qui n'en n'ont pas même l'illusion
Croire que tout est éternel, que l'autre, peut nous survivre, oui, mais pour combien de temps, un temps un peu plus long que celui qui nous est imparti ?
Je rencontre souvent des patients agés, cette semaine le plus jeune de mes patients est né en 1921, c'est la première fois qu'il est hospitalisé, il n'a jamais été malade et conduisait sa voiture la veille...
Sa fille ne comprend pas, elle demande à me rencontrer...Son père, brusquement semble souffrir de confusion "Il ne m'a pas reconnu, il voulait dormir..."
Elle pleure. Elle m'explique ce qui s'est passé, et ne comprend pas, "il n'a jamais été malade"
Doucement, tout au long de notre rencontre, elle se surprend à me dire "nous le croyions éternel"
Nous explorons alors ce sentiment, cette représentation qu'elle décrit ensuite comme "idiote" avant de se reprendre, pour préciser "je sais bien qu'il devient vieux et qu'il partira, pour toujours, mais je n'y avais jamais vraiment pensé"
Le Père, tel un roc, invincible, éternel.. Là pour toujours, tout le temps...Comme s'il ne pouvait jamais disparaitre. Eternité pour qu'il n'y ait de jamais, jamais
Mais toujours un toujours
On se l'imagine cette éternité, comme un espace immense, un ciel sans fin, une mer sans fond... Est-ce possible voire imaginable
Cela semble terrifiant : "Vivre toujours est une idée terrible" me dit un jour un patient, et d'ajouter "je suis content de savoir qu"il y a une fin"
Une fin, un bout, un terme. Un quelque chose qui termine, qui cloture. La fin de la vie, qui serait alors, peut-être un fragment d'éternité, une part infime de ce Grand Tout.... ?
Nous ne savons pas éternel, pourtant nous ne nous imaginons pas autrement. La pensée de la finitude n'est pas heureusement tout le temps au centre de nos préoccupations.
Nous sommes pourtant dans la finitude, la vie est une finitude, la finitude est l'éternité ?
"L'éternité, c'est après la mort" me dit calmement une patiente agée, 'j'attends avec impatience que Dieu m'appelle, je suis préte, depuis longtemps"
Cette fin, cette mort, attendue était pour elle le début d'un autrement pour toujours, mais un autre lieu sans fin....L'éternité donc, espace sans début, sans fin, sans limite, sans cadre.
Tout comme la mort, l'éternité est difficilement représentable,
Pas même un Eldorado, un paradis ou un enfer où errent pour toujours les âmes des défunts...
Un vide, qui donne le vertige; si on se penche un peu trop
Basculer dans l'éternité pour l'éternité. Oui, mais pourquoi et pour qui ?
Pourquoi et pour quoi y faire ?
Y a t-il quelque chose à y faire ?
Vaut-il le coup de spéculer sur un monde sans limite, qui vivra éternellement... ?
Effrayant, terrifiant, rassurant, ennuyant peut-être ?
Cette notion d"éternité, d'un toujours pour toujours ou jamais est non seulement terrifiante, mais relève d'un certain terrorisme ou fachisme de l'âme, de l'esprit, une sorte de tonneau des Danaïdes, avec un perpétuel recommencement, comme une pendule qui marque et marque le temps, sans jamais de pause, de pause elle qui devrait enfin être éternelle.
Une condamnation à perpétuité, la plus terrible celle ci ! Pire que la peine de mort, si on part de l'hypothèse qui, je l'espère se vérifiera, qu'après il n'y a plus rien...
Ce sentiment de toujours, de tout le temps. Une sorte d'immortalité, mais plus encore ?
Comme s'il n'y avait pas de fin, jamais, une vie, une ligne, qui ne s'arréte pas, qui se poursuit indéfiniment, toujours, sans arrêt.
Sans fin....Sans...
Mais celle ci se pense, est pensée par l'homme, qui est mortel, pas éternel, qui ne peut se faire une représentation exacte d'une éternité qu'il ne peut considérer qu'en tant qu'éventualité....Que possibilité,
Eternité, versus mortalité ?
Qui est éternel ?
Quoi est éternel ?
Qu'en penser ? Et qui peut penser un tel concept ?
Que revêt-il, dans l'imaginaire de celui, de ceux qui n'en n'ont pas même l'illusion
Croire que tout est éternel, que l'autre, peut nous survivre, oui, mais pour combien de temps, un temps un peu plus long que celui qui nous est imparti ?
Je rencontre souvent des patients agés, cette semaine le plus jeune de mes patients est né en 1921, c'est la première fois qu'il est hospitalisé, il n'a jamais été malade et conduisait sa voiture la veille...
Sa fille ne comprend pas, elle demande à me rencontrer...Son père, brusquement semble souffrir de confusion "Il ne m'a pas reconnu, il voulait dormir..."
Elle pleure. Elle m'explique ce qui s'est passé, et ne comprend pas, "il n'a jamais été malade"
Doucement, tout au long de notre rencontre, elle se surprend à me dire "nous le croyions éternel"
Nous explorons alors ce sentiment, cette représentation qu'elle décrit ensuite comme "idiote" avant de se reprendre, pour préciser "je sais bien qu'il devient vieux et qu'il partira, pour toujours, mais je n'y avais jamais vraiment pensé"
Le Père, tel un roc, invincible, éternel.. Là pour toujours, tout le temps...Comme s'il ne pouvait jamais disparaitre. Eternité pour qu'il n'y ait de jamais, jamais
Mais toujours un toujours
On se l'imagine cette éternité, comme un espace immense, un ciel sans fin, une mer sans fond... Est-ce possible voire imaginable
Cela semble terrifiant : "Vivre toujours est une idée terrible" me dit un jour un patient, et d'ajouter "je suis content de savoir qu"il y a une fin"
Une fin, un bout, un terme. Un quelque chose qui termine, qui cloture. La fin de la vie, qui serait alors, peut-être un fragment d'éternité, une part infime de ce Grand Tout.... ?
Nous ne savons pas éternel, pourtant nous ne nous imaginons pas autrement. La pensée de la finitude n'est pas heureusement tout le temps au centre de nos préoccupations.
Nous sommes pourtant dans la finitude, la vie est une finitude, la finitude est l'éternité ?
"L'éternité, c'est après la mort" me dit calmement une patiente agée, 'j'attends avec impatience que Dieu m'appelle, je suis préte, depuis longtemps"
Cette fin, cette mort, attendue était pour elle le début d'un autrement pour toujours, mais un autre lieu sans fin....L'éternité donc, espace sans début, sans fin, sans limite, sans cadre.
Tout comme la mort, l'éternité est difficilement représentable,
Pas même un Eldorado, un paradis ou un enfer où errent pour toujours les âmes des défunts...
Un vide, qui donne le vertige; si on se penche un peu trop
Basculer dans l'éternité pour l'éternité. Oui, mais pourquoi et pour qui ?
Pourquoi et pour quoi y faire ?
Y a t-il quelque chose à y faire ?
Vaut-il le coup de spéculer sur un monde sans limite, qui vivra éternellement... ?
Effrayant, terrifiant, rassurant, ennuyant peut-être ?
Cette notion d"éternité, d'un toujours pour toujours ou jamais est non seulement terrifiante, mais relève d'un certain terrorisme ou fachisme de l'âme, de l'esprit, une sorte de tonneau des Danaïdes, avec un perpétuel recommencement, comme une pendule qui marque et marque le temps, sans jamais de pause, de pause elle qui devrait enfin être éternelle.
Une condamnation à perpétuité, la plus terrible celle ci ! Pire que la peine de mort, si on part de l'hypothèse qui, je l'espère se vérifiera, qu'après il n'y a plus rien...
mardi 2 juin 2009
Gourou
On nous parle beaucoup des sectes, de ces relations perverses et toxiques qu'elles génèrent auprés des personnes qui les rejoignent
Personnes et personnalités fragiles, en souffrance, en recherche bien souvent, d'elles mêmes ou d'un ailleurs plus aimant, compréhensifs
En demande d'un autre plus tolérant, plus apte, plus proche...
En demande, en souffrance, en quête, en recherche...
Des questions, beaucoup, trop parfois et un désir de trouver des explications, des réponses...
Un lieu plus accueillant, un autre autre !
Il en est parfois de même avec les thérapies
Malheureusement !
Et je le déplore....Vraiment !
En exemple les plaintes, les questionnements que j'entends souvent, trop souvent à ce sujet, de patientes, surtout des femmes, seraient-elles alors plus vulnérables ?
Malheureusement, et je le déplore, il en va ainsi de la psychanalyse !
Débordement ? Absence de cadre ? Tout et n'importe quoi ? Au nom du tout, de l'autorisation de faire, de soi-même
Et l'analyste de justifier toujours... Son comportement, ses demandes d'argent, de temps, de rendez vous quasi quotidien pour "mener à bien la cure"...
De justifier, de dire ou pire laisser croire qu'il en va de la cure, de l'avenir du sujet qui se confie, en toute confiance, qui place sa confiance, qui demande de l'aide, qui espère de l'aide, une écoute, bienveillante et neutre ?
Quid alors de la bienveillance ou de la neutralité ?
Ces deux paramètres essentiels à la cure, à la thérapie n'ont plus de sens ici, ils sont oubliés, gommés, zappés, avalés, engloutis, au nom de je ne sais quel "bien pour vous"
Lacan parlait d'analysant, pour bien souligner le rôle actif du sujet en demande...
Quid de l'analysant dans de tels cas ?
Une patiente s'interroge sur les sommes demandées par son analyste "je n'en peux plus de payer, mon compte sera bientôt à découvert... Elle ne veut rien entendre, si je l'appelle, le moindre texto m'est facturé... Sinon elle me met dehors !!!!"
Que penser d'un tel comportement d'un tiers que je n'oserai qualifier d'analyste ?
Le sujet en souffrance peut-il en souffrir davantage ?
La thérapie est une démarche, un engagement personnel, un sujet fait d'un autre, un tiers qui dispose d'un statut, de connaissances, de compétences, d'aptitudes à conceptualiser un problème une situation qui fait souffance un thérapeute, un analyste.
Il en attend quelque chose, une rencontre qui se doit de ne pas être ratée, pour qu'il se passe justement quelque choses
Ce quelque chose, que lui seul ne peut mettre à jour, élaborer, mettre en lien, donner du sens... Pour avancer, être mieux, vivre moins mal, à défaut de vivre bien....
Libre association ou questionnement socratique... Cette rencontre singulière, cette alliance thérapeutique, ce transfert, contre transfert est destiné à cet objectif...
En échange d'un paiement. Un contrat passé entre les parties.... Une somme discutée, arrétée lors de la première séance....
Tout doit être clair, transparent, limpide... C'est fondamental, essentiel, à la thérapie, à l'analyse. A la relation......
L'objectif du thérapeute, en tous cas le mien est d'amener le sujet à voir plus clair, à lever le rideau, le voile qui se tend, se tord devant ses yeux.... De lui permettre de recouvrer une certaine liberté, la sienne, de retrouver sa singularité, de s'affirmer en tant que sujet acteur de sa vie...
Je ne suis qu'un épisode, une rencontre de passage... Un tiers destiné à s'effacer, vite, le plus vite possible de son univers... Un tiers présent qui lui offre pendant un certain temps un espace où il pourra mettre des mots, faire des liens, déposer sa parole...
Ni jugement, ni critique, ni conseil
Faire émerger, laissser aller, laisser parler, laisser dire, laisser faire les mots et les silences
Certaines thérapies sont plus directives, ainsi sujet et thérapeute sont comme deux savants, deux chercheurs, essayant de trouver des hypothéses pour en finir avec une peur, une anxiété...Il faut accompagner au propre et au figuré le patient....
Tout cela est défini, clarifié au départ
Mais l'objectif, le but ultime est l'autonomie du sujet... Sa liberté à lui....
Ses décisions... Qui d'autre que lui sait ce qui est bon, bien pour lui.... L'accompagner dans cette démarche, tenir la main, métaphoriquement, puis lacher, petit à petit, guider, être là, à côté, puis dans l'ombre, et s'estomper, s'effacer peu à peu, pour qu'il puisse marcher, avancer seul, lentement, doucement, sûrement, sans crainte....
En toute sécurité...
Dépendance et indépendance
Transfert et contretransfert....!
Etre thérapeute n'est pas facile. S'il est besoin de formation universitaire, il est aussi essentiel d'avoir fait une démarche thérapeutique, se connaitre soi même. S'accepter aussi, pour accepter les autres, l'autre, et ne pas le juger. Avoir le recul suffisant, nécessaire...Pour que se fasse le transfert, sans que nul, ni rien n'inter faire..
S'être accouché....Pour procéder ensuite à ces étranges maïeutiques !
Alors quid de ces relations, où le patient, sujet, analysé, analysant se sent, lié, dépendant à son thérapeute, analyste....
Quand il se déclare coupable de cette dépendance... "Ce n'est pas de sa faute, c'est la mienne"
Quelle relation s'est mise en place dans ce cas là?
Certainement pas une relation thérapeutique, saine,
Une relation d'emprise certainement.....
Sûrement
Le thérapeute, analyste se comporte comme le plus infâme gourou, usant de sa toute puissance, qu'il ne sait contrôler, ou pire, souvent, pire, qu'il emploie de manière toxique et perverse...
Emploie, use et instrumentalise.... Son patient
A des fins peu avouables... Mais qui vraisemblablement ne le dérange pas...
Il ne faut pas avoir d'état d'âme pour empocher 150 ou 200 euros, de reclamer de telles sommes pour un travail non fait à des patients, les plongeant ainsi, en toute connaissance de cause dans des soucis financiers. Il s'autorise de lui même et s'autorise aussi de ne pas avoir de scrupules, d'être au clair avec l'argent qu'il préfère cependant en liquide, ça coule de source !
Ces analystes, ou pseudo analystes auront une explication, ils ont réponse à tout, savent tout puisqu'ils sont supposés savoir...
Et ils vous répondront que c'est l'ultime moyen de couper le cordon, de mettre fin à cette dépendance, que le sujet est libre...
C'est défendable
On peut toujours se faire l'avocat du Diable !
Personnes et personnalités fragiles, en souffrance, en recherche bien souvent, d'elles mêmes ou d'un ailleurs plus aimant, compréhensifs
En demande d'un autre plus tolérant, plus apte, plus proche...
En demande, en souffrance, en quête, en recherche...
Des questions, beaucoup, trop parfois et un désir de trouver des explications, des réponses...
Un lieu plus accueillant, un autre autre !
Il en est parfois de même avec les thérapies
Malheureusement !
Et je le déplore....Vraiment !
En exemple les plaintes, les questionnements que j'entends souvent, trop souvent à ce sujet, de patientes, surtout des femmes, seraient-elles alors plus vulnérables ?
Malheureusement, et je le déplore, il en va ainsi de la psychanalyse !
Débordement ? Absence de cadre ? Tout et n'importe quoi ? Au nom du tout, de l'autorisation de faire, de soi-même
Et l'analyste de justifier toujours... Son comportement, ses demandes d'argent, de temps, de rendez vous quasi quotidien pour "mener à bien la cure"...
De justifier, de dire ou pire laisser croire qu'il en va de la cure, de l'avenir du sujet qui se confie, en toute confiance, qui place sa confiance, qui demande de l'aide, qui espère de l'aide, une écoute, bienveillante et neutre ?
Quid alors de la bienveillance ou de la neutralité ?
Ces deux paramètres essentiels à la cure, à la thérapie n'ont plus de sens ici, ils sont oubliés, gommés, zappés, avalés, engloutis, au nom de je ne sais quel "bien pour vous"
Lacan parlait d'analysant, pour bien souligner le rôle actif du sujet en demande...
Quid de l'analysant dans de tels cas ?
Une patiente s'interroge sur les sommes demandées par son analyste "je n'en peux plus de payer, mon compte sera bientôt à découvert... Elle ne veut rien entendre, si je l'appelle, le moindre texto m'est facturé... Sinon elle me met dehors !!!!"
Que penser d'un tel comportement d'un tiers que je n'oserai qualifier d'analyste ?
Le sujet en souffrance peut-il en souffrir davantage ?
La thérapie est une démarche, un engagement personnel, un sujet fait d'un autre, un tiers qui dispose d'un statut, de connaissances, de compétences, d'aptitudes à conceptualiser un problème une situation qui fait souffance un thérapeute, un analyste.
Il en attend quelque chose, une rencontre qui se doit de ne pas être ratée, pour qu'il se passe justement quelque choses
Ce quelque chose, que lui seul ne peut mettre à jour, élaborer, mettre en lien, donner du sens... Pour avancer, être mieux, vivre moins mal, à défaut de vivre bien....
Libre association ou questionnement socratique... Cette rencontre singulière, cette alliance thérapeutique, ce transfert, contre transfert est destiné à cet objectif...
En échange d'un paiement. Un contrat passé entre les parties.... Une somme discutée, arrétée lors de la première séance....
Tout doit être clair, transparent, limpide... C'est fondamental, essentiel, à la thérapie, à l'analyse. A la relation......
L'objectif du thérapeute, en tous cas le mien est d'amener le sujet à voir plus clair, à lever le rideau, le voile qui se tend, se tord devant ses yeux.... De lui permettre de recouvrer une certaine liberté, la sienne, de retrouver sa singularité, de s'affirmer en tant que sujet acteur de sa vie...
Je ne suis qu'un épisode, une rencontre de passage... Un tiers destiné à s'effacer, vite, le plus vite possible de son univers... Un tiers présent qui lui offre pendant un certain temps un espace où il pourra mettre des mots, faire des liens, déposer sa parole...
Ni jugement, ni critique, ni conseil
Faire émerger, laissser aller, laisser parler, laisser dire, laisser faire les mots et les silences
Certaines thérapies sont plus directives, ainsi sujet et thérapeute sont comme deux savants, deux chercheurs, essayant de trouver des hypothéses pour en finir avec une peur, une anxiété...Il faut accompagner au propre et au figuré le patient....
Tout cela est défini, clarifié au départ
Mais l'objectif, le but ultime est l'autonomie du sujet... Sa liberté à lui....
Ses décisions... Qui d'autre que lui sait ce qui est bon, bien pour lui.... L'accompagner dans cette démarche, tenir la main, métaphoriquement, puis lacher, petit à petit, guider, être là, à côté, puis dans l'ombre, et s'estomper, s'effacer peu à peu, pour qu'il puisse marcher, avancer seul, lentement, doucement, sûrement, sans crainte....
En toute sécurité...
Dépendance et indépendance
Transfert et contretransfert....!
Etre thérapeute n'est pas facile. S'il est besoin de formation universitaire, il est aussi essentiel d'avoir fait une démarche thérapeutique, se connaitre soi même. S'accepter aussi, pour accepter les autres, l'autre, et ne pas le juger. Avoir le recul suffisant, nécessaire...Pour que se fasse le transfert, sans que nul, ni rien n'inter faire..
S'être accouché....Pour procéder ensuite à ces étranges maïeutiques !
Alors quid de ces relations, où le patient, sujet, analysé, analysant se sent, lié, dépendant à son thérapeute, analyste....
Quand il se déclare coupable de cette dépendance... "Ce n'est pas de sa faute, c'est la mienne"
Quelle relation s'est mise en place dans ce cas là?
Certainement pas une relation thérapeutique, saine,
Une relation d'emprise certainement.....
Sûrement
Le thérapeute, analyste se comporte comme le plus infâme gourou, usant de sa toute puissance, qu'il ne sait contrôler, ou pire, souvent, pire, qu'il emploie de manière toxique et perverse...
Emploie, use et instrumentalise.... Son patient
A des fins peu avouables... Mais qui vraisemblablement ne le dérange pas...
Il ne faut pas avoir d'état d'âme pour empocher 150 ou 200 euros, de reclamer de telles sommes pour un travail non fait à des patients, les plongeant ainsi, en toute connaissance de cause dans des soucis financiers. Il s'autorise de lui même et s'autorise aussi de ne pas avoir de scrupules, d'être au clair avec l'argent qu'il préfère cependant en liquide, ça coule de source !
Ces analystes, ou pseudo analystes auront une explication, ils ont réponse à tout, savent tout puisqu'ils sont supposés savoir...
Et ils vous répondront que c'est l'ultime moyen de couper le cordon, de mettre fin à cette dépendance, que le sujet est libre...
C'est défendable
On peut toujours se faire l'avocat du Diable !
dimanche 31 mai 2009
mercredi 27 mai 2009
Le doute
"Ne doute pas "
"Ne laisse pas s'installer le doute"
Doucement, très doucement, mais fermement le Maitre s'exprimait ainsi à son élève...
Nous avons été invité à la dernière séance du stage de Kyudo* de mon fils, c'est un honneur, pour lui, pour ses pairs, ses maîtres et pour nous.
Un moment important de partage....Silencieux.
Ces phrases ont raisonnées, m'ont interpellées...
Que le doute ne s'installe pas, laisse aller...
Intriguée, plus tard, je lui demande, de me dire, de m'expliquer...
"Si tu doutes tu restes sur place, tu ne t'actives pas, tu n'avances pas... "
Le doute empêcherait alors d'avancer ?
Perplexe.....
Hésitation, elle empêcherait d'atteindre la cible ?
-"Quand tu restes trop longtemps, tu perds la concentration, tu manques la cible "
-"Oui, mais la cible n'est pas le but, il ne s'agit pas de l'atteindre à tous prix ? "
-"Métaphore," dit encore mon fils...
'"Il ne s'agit pas de cette cible, que tu vois, mais de celle qui ne se voit pas, la cible intérieure..."
Métaphore donc....
Oui, mais laquelle ?
Une sorte d'ici et maintenant..... Etre à ce qu'on fait, ne pas se laisser distraire...
Etre pleinement présent. Ici et maintenant...
Difficile, presque impossible ascèse
Mais l'exercice en vaudrait la peine
Mais le doute, ici, qu'aurait-il à faire...
Qu'est ce que le doute, ne pas être sûr ? S'interroger ?
S'oppose t-il à la certitude ? Et quid de la certitude...
La vie est faite de doutes, de certitudes, de croyances, de foi...ou d'incertitude, d'insécurité, de questionnements multiples. Rien n'est certain, définitif, nous sommes confrontés quoiqu'on nous dise, à l'insécurité, l'impermanence, l'incertain. Rien ne dure, ce qui est aujourd'hui, ne sera peut-être pas demain...
Comme si le présent reposait sur du sable, un sable mouvant, que nous pouvons façonner, détruire, reconstruire....
Nous ne savons rien du futur, de demain. Nous pouvons espèrer, projeter, anticiper, mais nous ne sommes pas toujours les décideurs....Toujours. Nous nous heurtons à ces contingences, contre lesquelles nous ne pouvons rien !
Nous actons dans le meilleur des cas, nous décidons de notre vie, nous essayons de le faire.
Nous sommes confrontés à l'irreprésentable, l'insoupçonnable, l'impensable.....................
Ni tout puissants, ni omniscients, nous ne sommes pas non plus dans la maitrise totale, il faut lacher prise, parfois, souvent, la plupart du temps
Nous ne maitrisons pas tout, tout le monde....Parfois le sujet ne se maitrise pas lui même
Le doute nécessaire ?
La certitude nécessaire ?
Comment ne douter de rien ? Jamais ?
Comment être sûr de tout ? Toujours ?
Comment vivre sans se retourner, se dire que ce chemin est le bon, une fois pour toute, qu'il n'y en a pas d'autre possible, que cette décision est la bonne, la meilleure qui soit...
Notre vie n'est faite que de choix, que de chemin à prendre, à droite, à gauche, tourner là, après.... Continuer, puis tourner encore;..
Fruit de réflexions, d'hésitations... le choix advient, et on s'y tient. Même si parfois il est bon d'admettre que ça ne vas pas, que finalement on aurait du choisir l'autre chemin...
S'il est temps de faire demi tour ? Pourquoi pas ?
Parfois ce demi tour, n'est pas possible, il faut rester là et affronter ses démons, ce mur infranchissable qui se dresse devant nous, sauter ! Car on ne peut pas toujours contourner éternellement les obstacles, ils nous reviennent toujours à la face, chaque fois un peu plus compliqués, difficiles...
Alors il faut se lancer ! A l'attaque...
Douter ? Se donner l'impression, la possibilité d'une autre éventualité, d'un autre possible, une ouverture, autre, différente....S'ouvrir à d'autres voies, d'autres horizon, apprendre à penser ?
Utile et nécessaire voire essentiel, c'est aussi refuser d'admettre certaines vérités présentées comme telles, et s'inciter à en chercher d'autre, à commencer et poursuivre la quête... Sa propre quête, à la recherche de soi et de sa vérité, sa ou ses certitudes, et les remettre en jeu, encore et encore ?
Douter, avancer ? S'enrichir ? Alors il convient de douter, admettre qu'il n'y a ni perfection ni vérité, qu'il y a des failles...Et s'y enfouffrer, savoir !
Ne pas s'enfermer dans un discours et des pensées iconoclastes, ce doute, là remet en cause des savoirs tenus pour définitifs et qui ne le sont pas, aucun savoir ne l'est....
le doute permet cela ! Heureusement !
le doute est dans ce cas le chemin vers la vie....
Paradoxalement le doute peut-être mortel, douter peut couter la vie, un seul instant de doute, un seul instant de défaut d'attention, de concentration et plus rien
L'irréparable !
La fraction de seconde qui fait que l'ordre est bouleversé, inversé, que plus rien n'a de sens, que plus rien n'existe, comme avant, qui fait qu'il y a un avant et un aprés...
Ne pas laisser le temps au monologue intérieur de se mettre en place...
De penser, de mettre en place un autre comportement, une autre possibilité, un autre possible, une autre alternative
Le reflexe, l'automatisme, le conditionnement, qui fait que nous sommes encore là, encore en vie, parce que.... Nous avons su, à cet instant très précis ce qu'il fallait faire, dire, être
Avoir le bon réflexe
Justement parce qu'il n'y a pas eu le temps pour la réflexion, que ce temps là aurait été de trop. Il ne le fallait pas....
Pas de réflexion, pas de doute. Action !
Kyudo, signifie en japonais "La voie de l'arc"
Pour Sacha, qui m'apprend chaque jour, qui m'interpelle souvent, qui se questionne toujours....
"Ne laisse pas s'installer le doute"
Doucement, très doucement, mais fermement le Maitre s'exprimait ainsi à son élève...
Nous avons été invité à la dernière séance du stage de Kyudo* de mon fils, c'est un honneur, pour lui, pour ses pairs, ses maîtres et pour nous.
Un moment important de partage....Silencieux.
Ces phrases ont raisonnées, m'ont interpellées...
Que le doute ne s'installe pas, laisse aller...
Intriguée, plus tard, je lui demande, de me dire, de m'expliquer...
"Si tu doutes tu restes sur place, tu ne t'actives pas, tu n'avances pas... "
Le doute empêcherait alors d'avancer ?
Perplexe.....
Hésitation, elle empêcherait d'atteindre la cible ?
-"Quand tu restes trop longtemps, tu perds la concentration, tu manques la cible "
-"Oui, mais la cible n'est pas le but, il ne s'agit pas de l'atteindre à tous prix ? "
-"Métaphore," dit encore mon fils...
'"Il ne s'agit pas de cette cible, que tu vois, mais de celle qui ne se voit pas, la cible intérieure..."
Métaphore donc....
Oui, mais laquelle ?
Une sorte d'ici et maintenant..... Etre à ce qu'on fait, ne pas se laisser distraire...
Etre pleinement présent. Ici et maintenant...
Difficile, presque impossible ascèse
Mais l'exercice en vaudrait la peine
Mais le doute, ici, qu'aurait-il à faire...
Qu'est ce que le doute, ne pas être sûr ? S'interroger ?
S'oppose t-il à la certitude ? Et quid de la certitude...
La vie est faite de doutes, de certitudes, de croyances, de foi...ou d'incertitude, d'insécurité, de questionnements multiples. Rien n'est certain, définitif, nous sommes confrontés quoiqu'on nous dise, à l'insécurité, l'impermanence, l'incertain. Rien ne dure, ce qui est aujourd'hui, ne sera peut-être pas demain...
Comme si le présent reposait sur du sable, un sable mouvant, que nous pouvons façonner, détruire, reconstruire....
Nous ne savons rien du futur, de demain. Nous pouvons espèrer, projeter, anticiper, mais nous ne sommes pas toujours les décideurs....Toujours. Nous nous heurtons à ces contingences, contre lesquelles nous ne pouvons rien !
Nous actons dans le meilleur des cas, nous décidons de notre vie, nous essayons de le faire.
Nous sommes confrontés à l'irreprésentable, l'insoupçonnable, l'impensable.....................
Ni tout puissants, ni omniscients, nous ne sommes pas non plus dans la maitrise totale, il faut lacher prise, parfois, souvent, la plupart du temps
Nous ne maitrisons pas tout, tout le monde....Parfois le sujet ne se maitrise pas lui même
Le doute nécessaire ?
La certitude nécessaire ?
Comment ne douter de rien ? Jamais ?
Comment être sûr de tout ? Toujours ?
Comment vivre sans se retourner, se dire que ce chemin est le bon, une fois pour toute, qu'il n'y en a pas d'autre possible, que cette décision est la bonne, la meilleure qui soit...
Notre vie n'est faite que de choix, que de chemin à prendre, à droite, à gauche, tourner là, après.... Continuer, puis tourner encore;..
Fruit de réflexions, d'hésitations... le choix advient, et on s'y tient. Même si parfois il est bon d'admettre que ça ne vas pas, que finalement on aurait du choisir l'autre chemin...
S'il est temps de faire demi tour ? Pourquoi pas ?
Parfois ce demi tour, n'est pas possible, il faut rester là et affronter ses démons, ce mur infranchissable qui se dresse devant nous, sauter ! Car on ne peut pas toujours contourner éternellement les obstacles, ils nous reviennent toujours à la face, chaque fois un peu plus compliqués, difficiles...
Alors il faut se lancer ! A l'attaque...
Douter ? Se donner l'impression, la possibilité d'une autre éventualité, d'un autre possible, une ouverture, autre, différente....S'ouvrir à d'autres voies, d'autres horizon, apprendre à penser ?
Utile et nécessaire voire essentiel, c'est aussi refuser d'admettre certaines vérités présentées comme telles, et s'inciter à en chercher d'autre, à commencer et poursuivre la quête... Sa propre quête, à la recherche de soi et de sa vérité, sa ou ses certitudes, et les remettre en jeu, encore et encore ?
Douter, avancer ? S'enrichir ? Alors il convient de douter, admettre qu'il n'y a ni perfection ni vérité, qu'il y a des failles...Et s'y enfouffrer, savoir !
Ne pas s'enfermer dans un discours et des pensées iconoclastes, ce doute, là remet en cause des savoirs tenus pour définitifs et qui ne le sont pas, aucun savoir ne l'est....
le doute permet cela ! Heureusement !
le doute est dans ce cas le chemin vers la vie....
Paradoxalement le doute peut-être mortel, douter peut couter la vie, un seul instant de doute, un seul instant de défaut d'attention, de concentration et plus rien
L'irréparable !
La fraction de seconde qui fait que l'ordre est bouleversé, inversé, que plus rien n'a de sens, que plus rien n'existe, comme avant, qui fait qu'il y a un avant et un aprés...
Ne pas laisser le temps au monologue intérieur de se mettre en place...
De penser, de mettre en place un autre comportement, une autre possibilité, un autre possible, une autre alternative
Le reflexe, l'automatisme, le conditionnement, qui fait que nous sommes encore là, encore en vie, parce que.... Nous avons su, à cet instant très précis ce qu'il fallait faire, dire, être
Avoir le bon réflexe
Justement parce qu'il n'y a pas eu le temps pour la réflexion, que ce temps là aurait été de trop. Il ne le fallait pas....
Pas de réflexion, pas de doute. Action !
Kyudo, signifie en japonais "La voie de l'arc"
Pour Sacha, qui m'apprend chaque jour, qui m'interpelle souvent, qui se questionne toujours....
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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.