Une journée contre l'homophobie...
Un devoir de mémoire
Cela me désole...Il faut commémorer, se souvenir, sensibiliser, rappeler aux hommes que d'autres sont exclus, humiliés, traqués, rejetés...
Aujourd'hui encore
Il n'y a pas si longtemps, je mettais en ligne sur cette même page un article qui soulignait que l'homosexualité n'était plus inscrite sur le DSM IV, en clair, qu'elle n'était plus considérée comme une pathologie, un trouble psychiatrique..
Enfin ! ajoutais-je alors !
Que dire ?
Que dire de la bétise, de la cruauté, de l'intolérance... ?
Que penser...?
J'ai mis tout à l'heure en ligne, avec son accord le texte de mon amie Léa. Il n'y a pas de mots, il n'y a rien à ajouter à la relation d'un tel crime, d'une telle barbarie.
Pourtant.
On se croit à l'abri, on pense que l'agression d'un homosexuel est un fait divers, banal, dans un coin du journal... Et puis... Finalement tout le monde s'en fout ! Au mieux on entend : "quand même c'est pas rien"
Mais on, (toujours ce on) se croit immunisé, parce que lui, ou elle, est normale, dans la norme qui dit et dicte qu'un homme aime une femme, une femme un homme... Aimer, amour...
Mais lorsque les relations sexuelles sont évoquées, imaginées.. Rien ne va plus !
C'est contre nature. Bien entendu quand on fait l'amalgame entre sexualté et procréation ! Il faut que rien ne se perde !
Sexualité...Honnie, bannie, haïe sauf si elle permet de procréer, de sauvegarder une humanité, qu'on prend soin de bien épurer.
Alors cette sexualité là ?
Sexualité ?
Qui ne sert à rien ?
Objet de peur, de fantasme, de haine, de cruauté, irreprésentable cette sexualité entre deux être du même sexe est taboue, décrié, trainée dans la boue !
Expiation !
Peur... ? Haine ? De la différente, de l'autre son semblable qui pourtant a posé un "choix sexuel" différent de ce qui est admis socialement...
Parce que c'est comme ça
Indifférence ? Non, ce serait trop simple, car l'homossexualité dérange, car l'homosexualité réveille les fantasmes les plus archaïques enfouis au fond de chacun de nous...
Homosexualité latente... ?
Elle renvoit à quelque chose d'insupportable, de refoulé, de relégué souvent au plus profond de soi. Ce démon se reveille alors et déchaine cette violence envers celui qui ose, qui est, qui pose ce choix là.
Sujet et objet de propos violents, insultants, grossiers, salaces, comme pour se protéger et elever ainsi un rempart devant ce que le "normal" considère comme répugnant, contre nature. Sexualité saleté...
Se protéger de ce qui pourrait arriver... L'homme qui aime les hommes n'est pas un homme...N 'est rien ! Comment peut-on imaginer ça, alors on tape, on bat, on casse la gueule de celui qui ose !
Une femme ? Ce n'est pas mieux, méprisée de ses semblables elle est détestée des hommes qui lui en veulent de ne pas être une femme, ni un homme, c'est à dire rien
Rien... Ni Il ni elle ais-je entendu. Et de se déchainer sur les mariages gays, les adoptions par les couples lesbiens etc... Contre nature ! Encore !
La nature a fait des hommes et des femmes fait pour se rencontrer, sous entendu pour procréer, pour la survie de la race
Alors ces autres, là qu'on montre du doigt parce qu'ils ne suivent pas la route traçée par...
On découvre l'homosexualité, comme si elle était récente, neuve, la rançon du progrés, de la débauche, du laisser faire...
On la cache, on la nie, on l'efface, on la zappe, on la gomme, on ne veut pas la voir,on ne veut pas l'entendre
"Qu'ils fassent ce qu'ils veulent, mais pas devant nous.. " C'est honteux de voir ça !!!
Etc, etc...
Stop, ça suffit, on ne vous oblige en rien, à regarder, à voir, à entendre, à vivre comme vous le souhaitez
En prenant la plume, je ne prends la défense de personne, il n'y a pas de bon, il n'y a pas de gentil, chacun fait ce qu'il veut, ce qu'il peut. Encore heureux peut-on être lorsqu'on rencontre un bel ami, ou une belle amie, un être pour partager sa vie, ou faire un bout de chemin... On ne sait pas qui sera au rendez vous ?
L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
vendredi 14 mai 2010
vendredi 7 mai 2010
Merci
Je vous remercie de partager depuis presque deux ans maintenant l'aventure de ce blog
Merci à vous d'être là
De lire ces billets, ces articles
Merci de dire ce que vous ressentez, ce que vous vivez
Merci de m'écrire
De m'encourager à continuer
Merci de dire ce que vous ressentez, ce que vous vivez
Merci de m'écrire
De m'encourager à continuer
Merci !
Sans votre présence, ce blog ne pourrait vivre
Cette écriture n'aurait aucune adresse
Alors je vous remercie infiniment d'être là !
mardi 27 avril 2010
Hermetisme
Hermétisme
Quel joli mot que celui là !
On imagine Mallarmé ..
Ses vers...hermétiques
Qu'on lit et relit sans jamais vraiment comprendre
Les mots de ce poète fou qui enferme les mots
Dans une cage destinée seulement ?
A ceux.
Justement....
Juste pour ceux qui peuvent les comprendre
Qui sont dignes, peut-être d'accéder à cet univers là
Pour les autres ????
Quel joli mot que celui là !
On imagine Mallarmé ..
Ses vers...hermétiques
Qu'on lit et relit sans jamais vraiment comprendre
Les mots de ce poète fou qui enferme les mots
Dans une cage destinée seulement ?
A ceux.
Justement....
Juste pour ceux qui peuvent les comprendre
Qui sont dignes, peut-être d'accéder à cet univers là
Pour les autres ????
"Vous dites les choses simplement"
"Vous écrivez avec des mots simples"
Simples !
Quel compliment magnifique !
Je reçois ces phrases, ce mot toujours avec beaucoup de bonheur depuis des années...
Simple...
Pendant toutes ces années passées à l'Hopital (ou hopitaux plus exactement) j'ai appris à parler "simple" à utiliser des mots compréhensibles, un langage clair, entendable par tous...
C'est la moindre des choses me direz vous. Pourtant ?
Je suis toujours étonnée de lire et déchiffrer les "articles savants" remplis de mots scientifiques et barbares, une sorte de langage ésotérique pour initiés, et seulement eux...
Il s'agit de publications professionnelles, de "savants s'adressant à d'autres savants". De sachant à sachant...Qui savent, qui comprennent, qui sont "dans le même bain" . Il règne une certaine connivence entre ceux là.
C'est la même chose lors de congrés, conférences, séminaires...On est sensé se comprendre, ce qui n'est pas toujours le cas, mais l'avouer serait se déconsiderer aux yeux de cette communauté ! Perdre du crédit...Le leur ! s'exposer à une sorte d'excommunication redoutée...
Alors on se comprend, usant et abusant de ce langage, de ces mots, de ces références, de cet uniforme là.
Il n'en est pas de même quand c'est ailleurs, au quotidien, dans les services médicaux, sociaux, psychothérapiques, au sein des cabinets...
Quand ces mêmes "savants ou pseudo sachants" s'adressent aux autres..
A leurs patients, analysants...
Certains de ceux là en sont friands, en redemandent, ces mots ne sont-ils pas le garant du scientisme de ces thérapeutes, garant d'une bonne cure, d'une thérapie efficace ?
Mais les autres ?
Les autres ? S'ils ne comprennent pas, alors tant pis pour eux !
Un peu comme "le peuple, mais le peuple ne compte pas ..." cher à De Sartine.
Certains de ceux là en sont friands, en redemandent, ces mots ne sont-ils pas le garant du scientisme de ces thérapeutes, garant d'une bonne cure, d'une thérapie efficace ?
Mais les autres ?
Les autres ? S'ils ne comprennent pas, alors tant pis pour eux !
Un peu comme "le peuple, mais le peuple ne compte pas ..." cher à De Sartine.
Bref, à l'hôpital on s'efforce de parler simple, on met des mots, les mots qu'il faut là où il faut
Il m'est souvent arrivé de demander aux médecins de réexpliquer au patient en mots "simples" les termes scientifiques décrivant une pathologie, le traitement, l'évolution. Cela n'étant pas de mon ressort...
Et d'insister si besoin.
C'est aussi la Loi...Il le doit !
Pour ce qui en est de la thérapie.... Il en va de même !
C'est d'ailleurs un des chevaux de bataille des cognitivistes* ! Un langage adapté au patient. Des mots qu'il doit comprendre, s'assurer qu'il a bien compris, reformuler etc...
Cela me direz vous tombe sous le sens !
Pourtant ?
Parler simple n'est pas être simpliste, il ne faut pas confondre.
Ce n'est pas simple de trouver les mots accessibles à la représentation de l'autre. C'est presque un art !
L'art de la communication
Car communiquer c'est avant tout se faire comprendre, sinon à quoi bon ? A quoi bon discourir, écrire, monologuer,si ce n'est pour être compris
Ou alors ? pour le plaisir, plaisir solitaire de s'écouter parler, de s'entendre dire... De se faire plaisir...
Une sorte de toute puissance aussi.
Une manière de se protéger peut-être ?
L'art de la réthorique ? Pourquoi pas ?
Je me souviens de ces versions latines, pouvant être traduite ainsi et son contraire : Selon
Phrases magiques, sybillines, oracles ?
Mais qui va déchiffrer ?
Je connais des analysants, patients qui sortant des séances s'interrogent sur le sens des mots "laché" par leur thérapeute, avec sérieux, gravité et parcimonie, la rareté faisant la préciosité de la chose...
Et de se demander ce que bien vouloir dire tout ça... Ce galimatias infâme. Ces mots "psy", ces allusions évasives à multisens. Auxquels ils 'n'entendent rien"
"Comme vous voudrez" m'avait un jour écrit une élève sur une copie, m'ayant fait un accord en "ent" et "s"
J'avoue en avoir bien ri ! Mais ici, dans ce contexte, cela ne me fait guère rire, encore moins sourire
Cet hermétisme là, ce langage de caste, ces mots de connivence... Me font peur parfois...
Des mots enfermants, des mots d'un certain enfermement
Hermétisme. Fermé, bouclé, vérouillé...
Emprisonné.
Des mots fous, comme ceux de Mallarmé, enfermés dans sa prison dorée...
S'il est vrai que chaque discipline posséde son lexique propre, que l'étudiant en la matière passe au moins une année pour s approprier, il convient de savoir "traduire"... de s'exprimer pour être compris...
Combien de fois ais-je répété à mes étudiants, élèves, de reformuler en termes clairs "avec leurs mots à eux" les énoncés des commentaires, dissertations.. Pour éviter entre autre le hors sujet. ?
D'ailleurs le bons sens commun (encore lui) ne dit il pas qui se comprend aisément s'énonce clairement
Est-ce alors là que ça cloche ?
Ou bien est-ce le sceptre de la toute puissance... ?
Le langage devient alors une arme redoutable, celle d'un certain totalitarisme... d'un certain communautarisme, d'un certain sectarisme
Et rate sa cible, son objectif...
Se suicide en quelque sorte !
Et quel suicide que celui là !
* Et ne manquent pas de railler (à juste titre souvent) le langage et le charabia de certains psychanalystes.
dimanche 14 mars 2010
Je est Il
Ou bien je et il... ?
Etrange cette manière de parler de soi à la troisième personne.
Ne pas dire "je".
Ne pas se nommer.
Pour parler de soi au quotidien, se présenter...
Si le "nous" doctoral semble curieux à certains, ce "nous", pour ne pas se nommer, semblant impliquer d'autres que "je", où on se demande toujours avec malice "mais qui sont donc ces autres là ?" ce "il" pose quelques questions.
En dehors de toute dépersonnalisation due à un état pathologique ou psychique, on peut s'interroger : Pourquoi ce "il"
Qui est -il ? Je ou non ?
Est-ce une manière de prendre un certain recul, de mettre une distance entre le "moi "profond, intime, ce "je" et le "je" l'autre, celui donné à voir, à entendre, livré à l'autre.
Ce je extérieur à soi, ce "je" presque théâtral, personnalité publique, un peu du dedans qu'on projete et expose au dehors... Mais pas tout à fait ?
Une projection ? Une mise à distance ?
"Je" ne s'implique pas, mais implique alors un autre "je", ce fameux "il".
Cette troisième personne du singulier, une singularité particulière du sujet. Ce sujet qui s'expose, qui ex pose..."Je" est un autre. Cet autre :"Il"
Et cet autre "il" n'est pas "je", "je" n'est pas "il"
Je et il et il et je....Qu'est ce que cela donne ?
L'un et l'autre, mais pas l'un n'est pas l'autre
A n'y rien comprendre ou pas grand chose, une confusion souhaitée, et entretenue ?
Mais ce recul nécessaire ? Pourquoi ?
Pour se protéger du regard de l'autre, de l'avis de l'autre, de l'autre tout simplement..
Ne pas dévoiler, dévoiler ce je, et mettre en avant ce il, qui laisse un peu de liberté au je qui se cache, qui s'aventure à petit pas, sans bruit dérrière le masque ?
Se protéger de il et des ils...?
Je ne se montre pas, ou à demi. Protégé par ce il qu'il met en première ligne, qu'il envoit au front en assurant ses arrières. Sans gaspiller toutes se munitions ?
En thérapie cognitive, il est primordial que le sujet se nomme, dise "je" en parlant de lui. "Je"
Qu'il parle de lui à la première personne du singulier, je fais ceci ou cela, je pense que...je crois,je fais, je suis, j'ai...S'impliquant, lui, je, sa personne, affirmant son identité, sa personne, sa confiance qu'il a en lui;
S'impliquant lui, pas les autres, signant son attitude, son comportement... je et pas il,
Lui, ce je sujet singulier ce je parmi les ils, parmi les autres, ce je qui justement le distingue des ils.
Ainsi suis-je. Moi, sujet singulier..Je suis bien le sujet qui vous parle, qui vous demande, et c'est bien à moi, ce même je à qui vous vous adressez.
C'est vrai que ce "je" est parfois bien difficile à poser, à nommer, à dire, à exprimer, à identifier
je suis un sujet pensant, je n'est pas il, je suis responsable de ce que je dis, désire, exprime, aime,
Je ne clive pas je en un autre, qui fait, qui agit, qui pense
Qui alors est responsable de ce il ?
C'est une histoire de fous, et on ne sait pas si bien dire....
"Mais madame, le sujet ne peut pas dire "il " en parlant de lui, ça ne veut rien dire" me dit un jour un élève plein de bon sens...Et pourtant !
Car ...
Il s'agit bien du "je" qui s'allonge sur le divan, rencontre le thérapeute, l'analyste pour....
Ou bien s'agit-il d'un "il" qu'il traine dans le cabinet de l'analyste, du thérapeute... ,
Il s'agit aussi du "je" qui rédige un CV pour postuler à un emploi, ou ce je vante t-il les mérites d'un "il" qui possède toutes les qualités requises....
Je suis... Et je n'est pas un autre,mais bien le sujet qui.... Parle, pense, écrit, aime, pleure,souffre, éprouve des émotions, est heureux....
Je se décline à l'infini
Je est Je et n'est pas un "il" qui le distancie de ce qu'il est vraiment, de ce qu'il est intiment
Je... pour ne faire qu'un.
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
Etrange cette manière de parler de soi à la troisième personne.
Ne pas dire "je".
Ne pas se nommer.
Pour parler de soi au quotidien, se présenter...
Si le "nous" doctoral semble curieux à certains, ce "nous", pour ne pas se nommer, semblant impliquer d'autres que "je", où on se demande toujours avec malice "mais qui sont donc ces autres là ?" ce "il" pose quelques questions.
En dehors de toute dépersonnalisation due à un état pathologique ou psychique, on peut s'interroger : Pourquoi ce "il"
Qui est -il ? Je ou non ?
Est-ce une manière de prendre un certain recul, de mettre une distance entre le "moi "profond, intime, ce "je" et le "je" l'autre, celui donné à voir, à entendre, livré à l'autre.
Ce je extérieur à soi, ce "je" presque théâtral, personnalité publique, un peu du dedans qu'on projete et expose au dehors... Mais pas tout à fait ?
Une projection ? Une mise à distance ?
"Je" ne s'implique pas, mais implique alors un autre "je", ce fameux "il".
Cette troisième personne du singulier, une singularité particulière du sujet. Ce sujet qui s'expose, qui ex pose..."Je" est un autre. Cet autre :"Il"
Et cet autre "il" n'est pas "je", "je" n'est pas "il"
Je et il et il et je....Qu'est ce que cela donne ?
L'un et l'autre, mais pas l'un n'est pas l'autre
A n'y rien comprendre ou pas grand chose, une confusion souhaitée, et entretenue ?
Mais ce recul nécessaire ? Pourquoi ?
Pour se protéger du regard de l'autre, de l'avis de l'autre, de l'autre tout simplement..
Ne pas dévoiler, dévoiler ce je, et mettre en avant ce il, qui laisse un peu de liberté au je qui se cache, qui s'aventure à petit pas, sans bruit dérrière le masque ?
Se protéger de il et des ils...?
Je ne se montre pas, ou à demi. Protégé par ce il qu'il met en première ligne, qu'il envoit au front en assurant ses arrières. Sans gaspiller toutes se munitions ?
En thérapie cognitive, il est primordial que le sujet se nomme, dise "je" en parlant de lui. "Je"
Qu'il parle de lui à la première personne du singulier, je fais ceci ou cela, je pense que...je crois,je fais, je suis, j'ai...S'impliquant, lui, je, sa personne, affirmant son identité, sa personne, sa confiance qu'il a en lui;
S'impliquant lui, pas les autres, signant son attitude, son comportement... je et pas il,
Lui, ce je sujet singulier ce je parmi les ils, parmi les autres, ce je qui justement le distingue des ils.
Ainsi suis-je. Moi, sujet singulier..Je suis bien le sujet qui vous parle, qui vous demande, et c'est bien à moi, ce même je à qui vous vous adressez.
C'est vrai que ce "je" est parfois bien difficile à poser, à nommer, à dire, à exprimer, à identifier
je suis un sujet pensant, je n'est pas il, je suis responsable de ce que je dis, désire, exprime, aime,
Je ne clive pas je en un autre, qui fait, qui agit, qui pense
Qui alors est responsable de ce il ?
C'est une histoire de fous, et on ne sait pas si bien dire....
"Mais madame, le sujet ne peut pas dire "il " en parlant de lui, ça ne veut rien dire" me dit un jour un élève plein de bon sens...Et pourtant !
Car ...
Il s'agit bien du "je" qui s'allonge sur le divan, rencontre le thérapeute, l'analyste pour....
Ou bien s'agit-il d'un "il" qu'il traine dans le cabinet de l'analyste, du thérapeute... ,
Il s'agit aussi du "je" qui rédige un CV pour postuler à un emploi, ou ce je vante t-il les mérites d'un "il" qui possède toutes les qualités requises....
Je suis... Et je n'est pas un autre,mais bien le sujet qui.... Parle, pense, écrit, aime, pleure,souffre, éprouve des émotions, est heureux....
Je se décline à l'infini
Je est Je et n'est pas un "il" qui le distancie de ce qu'il est vraiment, de ce qu'il est intiment
Je... pour ne faire qu'un.
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.
samedi 13 mars 2010
Accompagner... La mort.
Cette idée d'accompagner la mort apparait quelque peu choquante, voire incongrue, déplacée.
C'est peut-être le mot "accompagner" ? Peut-être ?
Accompagner ? On imagine une sympathique promenade, un aller et retour, un cheminement paisible...
Mais là ?
Je lis dans un article du monde (en lien) "la mort pourrait être mieux accompagnée en France"
Et ailleurs ? Mais ce n'est pas ici l'objet, la question.
C'est sûrement la formulation, car il y a bien quelque chose qui cloche !
Mais au delà de la forme, de la syntaxe, c'est peut-être un autre ordre, ou désordre
La mort, c'est sûrement ça, tout simplement, l'idée de la mort, à l'hôpital ou ailleurs. La mort. Car si elle est la seule chose, le seul devenir dont nous pouvons être absolument certains, elle est aussi le seul avenir qui effraie à ce point.
L'inconnu, la fin... L'ultime voyage.
La mort, aucun retour possible.
Mourir avec un seul "r" corrigeait ma mère, "car on ne meurt qu'une fois !"
"On est mort pour de vrai", comme disent les enfants. Et pour répondre à la question d'un petit garçon "dis le mort il va revenir ?" seul le non, un non définitif, sans appel convient !
J'ai souvent écrit sur la mort, la mienne un jour, celle de mes proches, celle que j'ai rencontrée, souvent, trop souvent, dans ma vie, personnelle, et professionnelle. La mort, celle qui hante, la mort de voir mourir trop, trop souvent…
J'y ai été confrontée très jeune, très tôt, trop peut-être. Cette froideur, cette solitude....La perte de la vie, la perte de l’autre, la perte. Pour toujours, pour jamais.
Alors peut-on l'accompagner ?. Question mal posée. Peut-on accompagner le mort, enfin le futur mort, puisque pour ac compagner, faire ce bout de chemin là plus ou moins long, il faut qu'il soit encore vivant. Pas encore mort...
La partie est faussée d'avance, je le sais, je l'ai trop vu. Du côté le vivant, le bon vivant et de l'autre le mort-vivant qui va bientôt être un mort mort, un défunt...Qui va bientôt partir définitivement, quitter la partie pour de bon pour ne plus jamais y revenir.
End game !
Etre là tout près, pour que l’autre, qui va mourir, se sente moins seul, moins seul avant de passer, moins seul pour passer, tout seul finalement, de l’autre côté, dans cet ailleurs inconnu, d’où personne n’est jamais revenu.
Etre présent à ce moment là. Où celui qui reste est quitté, à tout jamais.
Etre présent, près de cet autre qui passe pour ne pas se sentir seul
Seul, le mot est làché ! C’est là, seul, car on est toujours seul, avec les autres, avec soi même. Le propre de l’homme est d’être seul, face à lui-même, encore, face à son être seul, et ce n’est pas simple, c’est douloureux parfois, et ce jour là, peut-être davantage
Alors accompagner : Illusion ?l
Car c'est bien là que ça coince "l'accompagnement".
Deux compagnons ou plusieurs accompagne (nt) un autre compagnon, quelle drôle d’accompagnement que celui là !
Si on se joint à l'autre pour aller là où il va..en même temps que lui.
Un des deux n'y va pas....Un des deux y va, l'autre pas.
Il y en a qui y va, l’autre pas. Et celui qui n’y va pas, le sait dés le début. Trucage ?
Celui qui accompagne n’ira pas de l’autre côté, du moins cette fois, il lui faudra attendre encore un peu, un autre l’accompagnera peut-être ? Qui sait ?
C'est bien en ce sens que la partie est truquée. Qu'il y a mal donne, qu'il y a méprise
C'est là ce quelque chose qui cloche. Cet abus de langage.
C’est plutôt la mort qui nous accompagne à chaque instant. Compagne invisible, elle ne nous quitte pas, nous mène inéxorablement vers l’ultime moment, elle est là, toujours, jusqu’au bout. La plus fidèle des compagnes ! Celle qui nous trahit le moins ?
Voir mourir n'est pas simple, surtout quand on est l'unique et le dernier témoin. Voir mourir laisse des traces, qu'on le veuille ou non, qu'on se le dise ou pas !
Voir et laisser mourir, c'est peut-être ça ?
Mais il parait que l'homme tient à la vie, à sa vie ? Mais celle de l'autre ? La vie de l'autre ?
Y tient, un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ?
Vivre et laisser mourir l'autre, dans la dignité ? Meurt-on dignement ?
C'est quoi être digne devant la mort, peut-on être lâche enfin pour tout lacher une bonne fois pour toutes ?
Voir une vie s'achever dans la douleur, la souffrance, l'acharnement des machines qui maintient cet autre là dans un semblant de vie, pour que cet autre, accompagne, reste là. Encore un peu, encore... Un bref instant, le dernier, s'il a la chance d'être là. L'autre reste..
Et restera une fois que... L'autre sera parti, enfin ! Pour lui. Qui sait ?
Car là est bien la question : Qui sait ?
Et qui sait quoi ? Qu'y a t-il à savoir...
Qui sait s'il veut mourir et comment ? Et quand ?
Laisser mourir alors ? Ce n'est pas dans la culture, dans cette culture où tout doit être mis en place pour faire "tout ce qu'on peut' au risque de laisser vivre parfois
Accompagner, l'autre,
Pour qu'il ne meurt pas tout seul, qu'il parte avec quelqu'un à ses côtés, plus rassurant ?
La belle affaire !
Comme on accompagnera au cimetière, sa dépouille, son cercueil, jusqu'à sa dernière demeure comme "ils disent"
Famille et amis seront là...Pour qu'il ne soit pas seul, encore une fois, ça ne se fait pas.
Pourtant combien de morts dans la solitude ? Dans la solitude des hôpitaux, des services de soins spécialisés, palliatifs, cliniques, de morts seuls à domicile, aux portes des centres hospitaliers, dans la rue, "comme un chien" me dit un jour un de mes patients à propos d'un de ses compagnons d'infortune
La mort accompagnée ?
Alors on accompagne, on essaie de rendre la mort plus douce (comme s'il y avait de la douceur dans la souffrance, dans les états semi comateux et morphinesques) on triche, on tente de rendre la mort plus humaine, plus acceptable, plus présentable.
Mais pour qui ?
Car là est bien la question, la question essentielle, cruciale, fondamentale...
Pour celui qui part ?
Pour celui qui reste ?
B.D. psychanalyste, psychothérapeute, historienne
* Pendant de longues années j'ai exercé mes fonctions auprès de mourants, de leurs familles. J'ai été là, présente, offrant un espace de paroles, de mises en mots ou en silence, de mises en pleurs.
J’ai rencontré trop souvent celle-ci, au hasard des couloirs de la vie, la mienne et celle des autres, elle m’a pris, et m’apprit tant !.
La mort n'est ni douce ni belle. Pourtant elle est.
Mon unique souci pendant toutes ces années et encore aujourd'hui est de comprendre cette relation singulière que nous avons à la mort, à cette fin, ou à cet autre commencement pour certains
Je ne suis pas croyante, personnellement je pense qu'après il n'y a rien... Mais je n'en sais rien, alors ? Qui sait ?
C'est peut-être le mot "accompagner" ? Peut-être ?
Accompagner ? On imagine une sympathique promenade, un aller et retour, un cheminement paisible...
Mais là ?
Je lis dans un article du monde (en lien) "la mort pourrait être mieux accompagnée en France"
Et ailleurs ? Mais ce n'est pas ici l'objet, la question.
C'est sûrement la formulation, car il y a bien quelque chose qui cloche !
Mais au delà de la forme, de la syntaxe, c'est peut-être un autre ordre, ou désordre
La mort, c'est sûrement ça, tout simplement, l'idée de la mort, à l'hôpital ou ailleurs. La mort. Car si elle est la seule chose, le seul devenir dont nous pouvons être absolument certains, elle est aussi le seul avenir qui effraie à ce point.
L'inconnu, la fin... L'ultime voyage.
La mort, aucun retour possible.
Mourir avec un seul "r" corrigeait ma mère, "car on ne meurt qu'une fois !"
"On est mort pour de vrai", comme disent les enfants. Et pour répondre à la question d'un petit garçon "dis le mort il va revenir ?" seul le non, un non définitif, sans appel convient !
J'ai souvent écrit sur la mort, la mienne un jour, celle de mes proches, celle que j'ai rencontrée, souvent, trop souvent, dans ma vie, personnelle, et professionnelle. La mort, celle qui hante, la mort de voir mourir trop, trop souvent…
J'y ai été confrontée très jeune, très tôt, trop peut-être. Cette froideur, cette solitude....La perte de la vie, la perte de l’autre, la perte. Pour toujours, pour jamais.
Alors peut-on l'accompagner ?. Question mal posée. Peut-on accompagner le mort, enfin le futur mort, puisque pour ac compagner, faire ce bout de chemin là plus ou moins long, il faut qu'il soit encore vivant. Pas encore mort...
La partie est faussée d'avance, je le sais, je l'ai trop vu. Du côté le vivant, le bon vivant et de l'autre le mort-vivant qui va bientôt être un mort mort, un défunt...Qui va bientôt partir définitivement, quitter la partie pour de bon pour ne plus jamais y revenir.
End game !
Etre là tout près, pour que l’autre, qui va mourir, se sente moins seul, moins seul avant de passer, moins seul pour passer, tout seul finalement, de l’autre côté, dans cet ailleurs inconnu, d’où personne n’est jamais revenu.
Etre présent à ce moment là. Où celui qui reste est quitté, à tout jamais.
Etre présent, près de cet autre qui passe pour ne pas se sentir seul
Seul, le mot est làché ! C’est là, seul, car on est toujours seul, avec les autres, avec soi même. Le propre de l’homme est d’être seul, face à lui-même, encore, face à son être seul, et ce n’est pas simple, c’est douloureux parfois, et ce jour là, peut-être davantage
Alors accompagner : Illusion ?l
Car c'est bien là que ça coince "l'accompagnement".
Deux compagnons ou plusieurs accompagne (nt) un autre compagnon, quelle drôle d’accompagnement que celui là !
Si on se joint à l'autre pour aller là où il va..en même temps que lui.
Un des deux n'y va pas....Un des deux y va, l'autre pas.
Il y en a qui y va, l’autre pas. Et celui qui n’y va pas, le sait dés le début. Trucage ?
Celui qui accompagne n’ira pas de l’autre côté, du moins cette fois, il lui faudra attendre encore un peu, un autre l’accompagnera peut-être ? Qui sait ?
C'est bien en ce sens que la partie est truquée. Qu'il y a mal donne, qu'il y a méprise
C'est là ce quelque chose qui cloche. Cet abus de langage.
C’est plutôt la mort qui nous accompagne à chaque instant. Compagne invisible, elle ne nous quitte pas, nous mène inéxorablement vers l’ultime moment, elle est là, toujours, jusqu’au bout. La plus fidèle des compagnes ! Celle qui nous trahit le moins ?
Voir mourir n'est pas simple, surtout quand on est l'unique et le dernier témoin. Voir mourir laisse des traces, qu'on le veuille ou non, qu'on se le dise ou pas !
Voir et laisser mourir, c'est peut-être ça ?
Mais il parait que l'homme tient à la vie, à sa vie ? Mais celle de l'autre ? La vie de l'autre ?
Y tient, un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ?
Vivre et laisser mourir l'autre, dans la dignité ? Meurt-on dignement ?
C'est quoi être digne devant la mort, peut-on être lâche enfin pour tout lacher une bonne fois pour toutes ?
Voir une vie s'achever dans la douleur, la souffrance, l'acharnement des machines qui maintient cet autre là dans un semblant de vie, pour que cet autre, accompagne, reste là. Encore un peu, encore... Un bref instant, le dernier, s'il a la chance d'être là. L'autre reste..
Et restera une fois que... L'autre sera parti, enfin ! Pour lui. Qui sait ?
Car là est bien la question : Qui sait ?
Et qui sait quoi ? Qu'y a t-il à savoir...
Qui sait s'il veut mourir et comment ? Et quand ?
Laisser mourir alors ? Ce n'est pas dans la culture, dans cette culture où tout doit être mis en place pour faire "tout ce qu'on peut' au risque de laisser vivre parfois
Accompagner, l'autre,
Pour qu'il ne meurt pas tout seul, qu'il parte avec quelqu'un à ses côtés, plus rassurant ?
La belle affaire !
Comme on accompagnera au cimetière, sa dépouille, son cercueil, jusqu'à sa dernière demeure comme "ils disent"
Famille et amis seront là...Pour qu'il ne soit pas seul, encore une fois, ça ne se fait pas.
Pourtant combien de morts dans la solitude ? Dans la solitude des hôpitaux, des services de soins spécialisés, palliatifs, cliniques, de morts seuls à domicile, aux portes des centres hospitaliers, dans la rue, "comme un chien" me dit un jour un de mes patients à propos d'un de ses compagnons d'infortune
La mort accompagnée ?
Alors on accompagne, on essaie de rendre la mort plus douce (comme s'il y avait de la douceur dans la souffrance, dans les états semi comateux et morphinesques) on triche, on tente de rendre la mort plus humaine, plus acceptable, plus présentable.
Mais pour qui ?
Car là est bien la question, la question essentielle, cruciale, fondamentale...
Pour celui qui part ?
Pour celui qui reste ?
B.D. psychanalyste, psychothérapeute, historienne
* Pendant de longues années j'ai exercé mes fonctions auprès de mourants, de leurs familles. J'ai été là, présente, offrant un espace de paroles, de mises en mots ou en silence, de mises en pleurs.
J’ai rencontré trop souvent celle-ci, au hasard des couloirs de la vie, la mienne et celle des autres, elle m’a pris, et m’apprit tant !.
La mort n'est ni douce ni belle. Pourtant elle est.
Mon unique souci pendant toutes ces années et encore aujourd'hui est de comprendre cette relation singulière que nous avons à la mort, à cette fin, ou à cet autre commencement pour certains
Je ne suis pas croyante, personnellement je pense qu'après il n'y a rien... Mais je n'en sais rien, alors ? Qui sait ?
mercredi 10 mars 2010
Prédateur ?
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Nota bene
Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.
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Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.