Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

vendredi 16 janvier 2009

L'absence.

Et l'absence est venue....


Telle l'ombre d'un géant difforme elle envahit, dévore notre espace, engloutit notre univers, absorbe notre moi.
Paradoxe ! Encore...
L'absence est tellement présente !

Impossible oubli, et pourtant
L'absence est venue....

L'absence de celui qui n'est pas là, qui n'est plus là, qui ne sera plus là, jamais, qui est parti, qui n'est pas revenu.
Qui ne reviendra pas....
Même si on s'efforce d'attendre, même si on se force d'attendre, à tendre....
Et pourtant...
On attend malgré l'absence
On attend, non un éventuel retour, on attend sans trop savoir, sans trop entrevoir quoi, peut-être un autre possible, une autre fin, comme celle d'un rêve, mauvais... La possibilité d'un autre possible pour une autre fin
Une fin qu'on a imaginée tant de fois différente, dont on a réécrit tant de fois le scénario et les dialogues. On l'a tant pensée, modelée, représentée, qu'elle est presque vraie, qu'on ne sait plus vraiment bien, qu'on se dit que ce serait peut-être...
Une fin qui ne serait pas une fin, une fin qui n'aurait pas eu lieu
Une sorte de retour dans un passé imparfait pour faire autrement, différemment... Le présent puis le futur !
On se donne ce droit là, ce pouvoir possible là ! Cette toute puissance là !

Faire.......
On espère peut-être....On se plonge alors dans une sorte de songe éveillé, de réverie autistique pour se protéger d'un réel trop difficile à affronter. Dont il faut à n'importe quel prix se protèger. Une sorte de cadeau qu'on s'accorde, presque malgré soi, à l'insu d'un soi trop vigilant, on s'offre une pause dans cet enfer de l'absence et du manque, du manque de l'autre. Une pause pour faire comme si, rien qu'un instant, une petite seconde...
Une prière, pauvre supplique, à soi même,
On baisse la garde..
Même si on fond on sait que.... Parce qu'on sait, et c'est parce qu'on sait qu'on ne devient pas fou, du moins pas complétement, pas tout le temps, garde fou, garde boue, garde tout, garde bout. Gare debout !
Au réveil.
Une sorte de retour au réel, pour reprendre pied dans la réalité, un plongeon en eau trouble, froide, glacée, gelée...Dans le réel si vrai !
Mais l'absence est là, tenace, prenante, preignante, poignante, envahissante., lourde, pesante, terrible... Tout n'est plus qu'absence..
Telle une ombre qui grandit, qui avale chaque possibilité de lueur, chaque petit rayon de soleil qui essaie de poindre dans cet horizon sombre. Lutte sans merci qui s'engage encore une fois, où l'on se débat, se débat encore et toujours dans un match truqué, perdu d'avance, mais on ne veut pas se coucher, s'abattre, s'allonger, épaules à terre, battu, sans plus de titre à remettre en jeu. Question de survie, mais pour combien de temps encore... Le temps, toujours et encore. Contingence non plus, mais nécessité absolue !

Et l'absence est là
Seule compagne dés lors, duègne obcène qui ne quitte pas sa proie, qui la suit pas à pas, la précède et la devance parfois !
On essaie de se souvenir, de faire revenir les images, un visage, le son d'une voix, on s'efforce, on puise dans ce qui reste de mémoire, on se fait mal à force de chercher à se souvenir..
Un impossible oubli, pourtant, la mémoire de la douleur, de la souffrance, du mal de la perte..
Mais l'absence est là !
Elle rend fou, nous fait perdre la tête, on ne sait plus très bien, notre mémoire flanche...
Tel un tourbillon, on voit, on croit voir, on reconnait des yeux, un air perdu dans la foule, un visage se dessine, on croit que, on court, on crie, on appelle....Pour rien. Ce n'est rien ! Ce n'est pas !
La mémoire qui se joue, qui joue des tours, des tours et des tours de passe passe, des tours qui tournent mal, qui nous tournent et tourne tourbillon de la vie, de la mort et de l'absence..
Vide, espce vide, tel un seïsme brutal !
La faille se creuse, la distance éloigne, la mémoire s'estompe....
"Je distingue à peine son visage, je vois l'ombre passer devant mes yeux... j'oublie, j'ai peur d'oublier son visage, j'ai peur d'oublier....'
On se souvient mais pas assez, pas assez bien, pas assez précisèment.
Comme si le travail de deuil, pour nous protéger, pour nous épargner, la peine, la douleur, la souffrance gomme lentement, doucement, érase, efface, estompe
Le souvenir, l'image, le visage, le son de la voix, le rire, le sourire, la présence
L'absence
Les jours passent et les pourtours du visage ne sont plus aussi nets, ils semblent se fondre dans l'univers gigantesque du passé, de notre passé, de notre histoire, une sorte de soi d'avant l'absence..
Une histoire ! Notre histoire où l'absence n'était pas, puisque l'absent était là !
Vide ! la difficulté du vide encore, un vide palpable et qui fait partie de nous, un vide que l'on absorbe et qui nous remplit . Nous sommes pleins de cette vacuité.
"Je me sens vide depuis..." me confie une analysante. Vide du vide, du vide laissé par l'absent... Le vide du manque de présence, le vide de l'absence.
Le manque qui crée le vide, mais qui ne le remplit pas, un vide qu'on ne comble, ni ne comblera pas, car on ne remplace pas. La place est libre, vide, laissée là, donnée à voir et à souffrir
Offrande insupportable et insoutenable au regard qui parfois se détourne pour ne pas laisser jaillir les larmes qui restent au fond de l'âme. Arme du désespoir, dernière arme de celui qui reste pour tenter en vain de combler ce vide qui lui est laissé et qui le laisse là, las !
Il s'efforce chaque jour, à chaque instant qu'il peut voler, il cherche à se rappeler le visage et le nom, le parfum, le souvenir de la présence de l'absent, comme s'il ne fallait pas, comme s'il ne le fallait pas. Ultime transgression d'un interdit, de l'interdit posé pour atteindre l'oubli. Impossible pourtant car il tuerait une seconde fois, il condamnerait une fois de plus l'absent !
Place vide, terrible vacuité que celle là... Place qui n'est plus, mais qui reste là...L'absent n'a plus de place parmi les vivants, il n'a plus cette place là, mais qu'elle est sa place ? Où est sa place ?
Dans le coeur, dans l'âme de celui qui refuse encore et encore cette absence. Les russes disent que tant que brulera la flamme l'absent sera présent. Et de faire brûler ces bougies...
Flamme de la bougie qu'on entretient dans les mémoires, qu'on transmet pour que le souvenir ne s'efface pas, pour que l'absent vive encore, pour que son nom et le son de sa voix résonne dans les murs. Pour que ce père paix tue !
Ombre sans fin, gigantesque qui se déploie, qui force le regard, qui force la lumière qui pénêtre notre âme...

Et l'absence est venue poser ses grandes ailes............

lundi 5 janvier 2009

Hier et demain

Nous serions tenté de dire aujourd'hui.
Aujourd'hui comme tiers séparateur, entre le passé et le futur.
Entre hier et demain, entre ce que nous avons été et ce que nous serons.
Ce que nous sommes
Sommes un très court instant ...Très bref !
Un trés court moment de vie, le maintenant, l'aujourd'hui, le hui du jour....
Un jour qui se glisse dans la faille, dans la faille du temps, interstice temporel qui laisse la possibilité de faire, de dire pendant un court moment, celui que les hommes lui donnent. Le hui..
A ce jour. Un jour, un trou, le temps ajouré mais pas ajourné.

L'homme est tiraillé entre son passé, son présent et son futur, il ne peut vivre que trés difficilement dans ce présent qui se construit souvent malgré lui. Un présent qu'il ne maitrise pas toujours, et qu'il ne comprend pas parfois. Le passé, lourd quelque fois construit un présent et un futur qui ne sont pas vraiment ceux souhaités.
L'homme passe souvent sa vie à vouloir modifier ce présent, pensant ainsi s'inscrire dans un futur à sa mesure
La nouvelle année, je l'ai évoqué déjà est considéré une aubaine pour faire fi du passé, du moins symboliquement. Mais c'est ce symboliquement qui importe .
Plusieurs de mes patients évoquent ces moments de transistion entre un avant et après, une transition qui n'a de sens que pour eux, car elle ne rythme que leur vie, leur vie singuliere.
Une sorte de passage d'un état à un autre. Cela peut-être les vacances, le changement de travail, de domicile, de ville...
Un changement. Voulu, souhaité, maitrisé....
Un changement imposé, obligé, contraint, forcé....

Un événement nouveau qui arrive et qui semble pouvoir faire table rase du passé. Une sorte de rite, de rituel, de passe magique.. De passe passe..

Comme si ! Comme si cet événement là, précisèment avait le pouvoir de modifier, de changer, d'apporter quelque chose de nouveau aussi.
Comme si il permettait de donner une énergie, une force nouvelle, celle d'entreprendre, de prendre, d'oser aller de l'avant, d'oser enfin faire.
Comme si la porte enfin s'ouvrait, ou s'entrouvait vers un possible qu'on croyait jusqu'ici impossible... inatteignable, pas pour soi.
Comme si on pouvait enfin....
Comme si on s'autorisait, se donnait le droit. Un droit qu'on s'était refusé jusqu'alors.
Comme s'il fallait la nécessité de cet événement de vie, de ce moment différent, qui vient scander le quotidien, qui vient marquer une fin mais aussi et surtout un commencement.
Cette fin qui permet le début, le début d'autre chose, d'une autre vie.
Le début en fin !
Ainsi en sont aussi les rituels familiaux divers, anniversaires, fêtes, singularités qui n'ont de sens que pour le sujet et quelques familiers. Mais qui ont leur importance, leur essence dans cet espace là. Ils permettent aussi d'ajuster, de resserer le lien social, celui qui relie déjà les membres de la communauté. Qui les agrégent.

Evénements de passage, transistion d'un état à un autre.
Nulle modification vraiment, mais ... ?

Mais est-il nécessaire de se tourner vers le passé pour comprendre le présent et construire le futur ? Ou n'est ce qu'une contingence ?
Parfois le présent a figure d'arbitraire, et ni le nécessaire ni la contingence ne peuvent en venir à bout. A bout, car bute, bute contre non un noeud, mais un roc, immuable et à toutes épreuves...
Un peu comme la vague qui vient s'échouer contre le rocher, qui à la longue finit par s'éroder
Mais ce roc, ce rocher est-il franchissable ? Est-il dépassable ?
Peut-on aller au delà ? Voir ce qu'il y a derrière ?
Avancer ?
Tels des explorateurs qui s'aventurent sans espoir de retour, de revenir à leur point de départ, à leur port d'attache.
C'est là que ce heurte l'attache, le lien, celui qui noue, qui fait que ça coince, qui fait qu'on ne peut pas vraiment partir, sans revenir identique, sans revenir peut-être ?
Mais si revenir il y a, ce sera autrement, avec quelque chose en plus, ou quelque chose en moins, mais avec ce quelque chose là, qui fera que ce n'est pas comme hier, que le présent y est quand même un peu pour quelque chose, car ce passé d'aujourd'hui a été à un moment donné le présent après avoir été le futur
Comme quoi il n'y a pas d'ordre des choses. Encore cette échelle du temps, cette ligne horizontale qui se dessine sur les cahiers d'écoliers pour comprendre comment le temps passe et comment il faut utiliser les temps, à bon escient, à la mode selon les modes !
Question récurente que le temps qui passe, mais qui ne s'arrête pas, même pas au présent, temps tellement court de l'ici et maintenant
Insaississable et impalpable...Au demeurant, au restant, verbe d'état, mais devenir ?

Devenir ?

vendredi 2 janvier 2009

Nouvelle année

Chaque année c'est la même chose, on fête la fin de l'an qui se termine et on se prépare à accueillir celui qui arrive.
On le souhaite meilleur, mieux encore ! Car pas vraiment satisfait de celui qu'on vient de vivre.
On le souhaite meilleur pour soi et les autres.
Moment de fête et de promesses, d'espoir d'un lendemain plus souriant à défaut d'être chantant.
Le réveil au lendemain de la fête n'est pourtant jamais à la mesure de l'espérance de la veille
Nous le constatons à chaque instant, et à chaque nouvel an ...
Mais qu'importe, la tradition est tenace et nous sommes chaque fois dans cette répétition. Rituel de passage, d'un an à l'autre, rituel imposé, mais auquel nous ne sommes pourtant pas obligés. Mais nous y souscrivons.
Une sorte d'ardoise qu'on efface, ou qu'on peut penser gommer, pour reécrire une nouvelle histoire en faisant fi des maux du passé. Brassant les mots à tous les temps, au futur plus qu'au présent, mais le passé n'est plus de mise.
Dans certaines contrées, on brule une effigie sensée représenter cet hier désormais derrière nous.
On laisse alors ce qui a été, pour espérer un nouvel an qui sera à nouveau bientôt passé. On dénie, on oublie, on renie...On essaie, en vain sûrement, car c'est souvent un impossible oubli.

On peut s'interroger, pas seulement sur cette coutume, mais sur ce besoin, cette quasie nécessité, qui s'inscrit dans l'ordre du temps, du temps qui passe, qu'on ne retient pas, qui file et qui se tricote au fil des jours qu'on voir passer soit trop vite, soit pas assez .
Trop ou trop peu....
On peut se demander quel sens lui donne les hommes qui en sont à l'origine, mais qui la perpétue, qui la transmette, qui la passe.
Curieux passeur d'une bien curieuse passe dans un curieux passage.
La passe, encore..
Passe, passe et repasse !
Le temps qui se passe et qui s'espace, nous laissant là face à nous même, face au bilan d'une année qui s'achève en fin, en vain....
On demande ainsi à veillir alors qu'on s'acharne à rajeunir, on regarde les années défiler, on se penche sur le passé, on regrette ce qui a été, on vit dans la nostalgie et on fête la nouveauté !
Une nouveauté qui s'impose, qui arrive encore une fois, toujours à la même heure, toujours fidèle à ce rendez vous de la destinée
Une nouvelle année, meilleure ou pire que la précédente, mais tant pis !
On se joue un peu la comédie, on joue la comédie. Etrange mascarade, où le champagne pétille, le temps d'une nuit....
Une nuit seulement, cotillons et confettis, une nuit de Cendrillon, qui dure jusqu'à minuit.... Une nuit pour croire un instant, un seul à la magie, à la magie de la nuit, la dernière de l'année qui fera place bientôt à aurore moins pétulante.
Car le matin est la suite de la nuit....


Et ça recommence, chaque matin qui arrive au bout de la nuit
Celle qui permet pour certains d'oublier, un peu d'oublier, et de se dire avant de s'endormir que ça ira mieux demain
Mais cette nuit à ça de spécial, en plus des autres nuits, c'est qu'elle arrive au terme de pleins d'autres nuits, pour arriver le lendemain sur une année nouvelle...
Qui sera plein d'autres nuits....

Encore.....

samedi 20 décembre 2008

La veille de la mort

Au soir de sa vie...


Mes fonctions à l'hôpital me conduisent à rencontrer des patients de plus en plus agés, très âgés...

C'est cette patiente de 96 ans, hospitalisée pour des crises "cardiaques" "respiratoires" mais que les bilans médicaux n'objectivaient pas...qui cependant disait ne pas aller bien, souffrir tellement qu'il lui fallait les secours pour ne pas mourir ! Pas tout de suite !
C'est cette patiente là qui me mène vers cette réflexion. Celle ci, mais les autres aussi, vieux, très vieux, tellement vieux !

Ne pas mourir. Avoir peur de mourir !

Pourtant tout lui semblait paradoxal, incompréhensible, irraisonnable, irraisonné, car "je suis d'un naturel gai" souligne t-elle et d'ajouter "puis j'ai peur comme ça c'est incontrolable"

Angoisse incontrolée, incontrolable dans cette dernière ligne droite, pourtant sans trop de douleurs, sans trop de troubles physiologiques....
Des années d'une vie bien remplie, d'une vie "heureuse, où j'ai vu tant de choses, tant de gens, où j'ai tant aimé, tant été aimée..."
C'est sans doute cet amour là, qui la porte encore aujourd'hui, un amour qui illumine encore son regard, son visage toujours aussi joli !
Une beauté que seul l'amour peut donner... Pour toujours.
Pourtant, l'angoisse est là, présente, pressante, cette peur qui monte, lentement, insidieusement, qui envahit petit à petit, peu à peu, l'esprit, l'âme puis le corps tout entier

Tellement présente et pressante, qu'elle est là, compagne terrible, compagne sinistre d'un devenir possible et certain mais qu'on voudrait retarder encore, juste encore un peu...
Comme s'il n'était pas l'heure, pas l'heure encore. Cette petite minute, ce petit instant, cette petite minute, cette petite seconde encore avant.... Une sorte de dernière grâce...Avant
Et puis il y a l'après, après cet avant....Cet après. Qu'on sait proche "quand on a cet âge....C'est beaucoup, n'est ce pas ! tant d'années..." pas de regrets, non, comme un constat, factuel !
Presque un siècle, une époque, des guerres...
Pas de larme, mais un sourire et ce visage qui s'éclaire
Des années heureuses, heureuses d'avoir été vécues

Il reste encore mais combien de temps ?
C'est vrai que nous en sommes tous là, que nous ne savons combien de temps il nous reste, mais nous avons encore le temps, celui de voir venir... venir ce qu'on n'a pas vraiment envie de voir arriver bien vite ! si vite, trop vite, pour nous, pour ceux que nous aimons surtout !
Nous connaissons tous l'issue fatale, nous n'y échappons pas, plus tard sera le mieux...
Voir venir ?
Regarder impassible et livide les aiguilles de la funeste horloge ?
La minute, l'instant du condamné à mort, le condamné que nous sommes tous, sans trop savoir quand sonnera l'heure
Sommes nous dans le couloir de la mort ?
A attendre, sans attendre, car il faut s'occuper, passer le temps, vivre...
Le dernier instant, le dernier espace, le dernier moment à vivre entre avant et après
Avant l'ici et l'au delà, ou le néant, selon ce qu'on croit...

Tel le condamné attendant dans le couloir de la mort ?
Mais ne sommes nous pas tous dans ce couloir ? Il revêt pour chacun des couleurs différentes, nous ne sommes pas égaux, ni devant la vie, encore moins devant la mort, pourtant unique issue à nos plus ou moins tristes et banales existences.
Nous sommes en attente, nous sommes en partence. Nous le savons, mais nous n'y pensons pas.
Mais quand on est vieux ?
Y penser souvent ? Un peu ? Jamais ?
Y penser génèrent parfois un soulagement "il serait bien temps maintenant" disent certains, mais c'est un peu comme un train qu'on attend, depuis longtemps sur le quai de la gare, qui devrait arriver, mais qui ne vient pas. Encore...
Jamais à l'heure ce train là ? Mais quelle heure ?
C'est un peu comme ce train qui doit nous mener quelque part, mais on ne sait pas trop pour quelle destination, une sorte d'inconnu, que nous savons présente, quelque part, mais que nous ne pouvons précisèment situer.
Certains pensent y retrouver quelqu'un...Peut-être même celui ci viendra le chercher, l'attend lui aussi de l'autre côté, car il a pris ce train, avant.....
Et on attend ce même train, pour cette même gare....Ultime destination ?
Cela fait longtemps que nous attendons, très longtemps pour certains. Parfois le train passe mais ne s'arrète pas.
Une prochaine fois peut-être ?
Une prochaine fois sûrement....

"Quand on est vieux, on sait que c'est pour bientôt", me dit en riant un "vieux monsieur"....
"Mais c'est toujours trop tôt" me répond un autre !
Tôt, trop ou pas assez, mais il semble que ce ne soit jamais vraiment l'heure
Nous ne semblons jamais vraiment prêts à mourir, mais le sommes nous à vivre ?

C'est cette proximité peut-être plus proche quand le grand age nous conduit jusque là, mais jusqu'où ?
Jusqu'au moment où la mort est proche, semble se rapprocher, nous tenir compagnie d'un peu plus prés. Ombre de nous même, elle est là depuis toujours, elle est en somme une partie de nous, cette partie invisible en quelque sorte, mais présente, tellement présente parfois.
Compagne des mauvais jours, des chagrins et des souffrances elle ne manque jamais de se rappeler au seuil de notre mémoire.
Compagne d'infortune, ou de Fortune.... Elle n'est pas notre côté sombre ou obscur, mais cette part de nous qui nous est inconnue, pourtant. Inconnu mais tellement présent. La mort est une compagne pas toujours triste, qui nous rappelle que la vie n'a qu'un temps, mais qu'elle mérite peut-être d'être vécue. Autrement qu'en pensant justement à ces derniers moments.
Mais qui sait ce qu'ils seront, quand ils seront...Ces derniers moments, jusqu'à l'ultime ?
Peut-être la veillesse, le très grand âge ?
Ce serait illusion de le croire, car nous ne sommes pas à l'abri, à l'abri de l'ultime, qui peut surgir n'importe où, n'importe comment, n'importe quand...
Peu importe....
Illusion de croire que le temps rapproche, que le manque de temps nous gagne, que le temps qui génère cet espace ne nous fait crédit de rien
Illusion encore !
Illusion alors de croire qu'arrivé à cet âge, le train entrera en gare et cette fois fera halte ! Ultime escale pour chacun...
Rendez vous à ne pas manquer, certes, mais comment être à l'heure ?
Quand sonnera cette heure ?

Et avons vraiment envie d'être à ce rendez vous ?

dimanche 14 décembre 2008

Changement ?

Entreprendre une thérapie relève parfois, souvent, d'un ou du désir profond de changement,
Changer, de vie, d'environnement, de travail, de conjoint, changer....
Passer à autre chose, faire autre chose,
Devenir autre....
Changer de peau !
Encore une histoire de peau, de peau d'Ane,
Changement....Tant désiré, tant redouté, tant appréhendé, tant refoulé, tant retardé
Comme si....Comme si on voulait, comme si on désirait, comme si on faisait tout pour, mais...
Il y a ce mais, ce mais terrible ! ce mais qui est là, qui freine, qui empêche, qui fait que....
Franchir le pas...Oui,
Mais !
Changer, oui mais...
Comme si, encore une fois on avait tout pour, on avait tout fait pour, on faisait tout pour,
Comme si le jeu était bon, pour une fois, on a les bonnes cartes, toutes les cartes, on peut abattre le jeu, on a le jocker ! Les jeux sont faits !
Rien ne va plus.... Mais !
Alors quid de ce changement tant voulu, tant désiré, tant souhaité ?

Quid alors de cette quête qui a mené, amené le sujet sur la route, tel Oedipe en chemin, aveugle, à la recherche de ...
A la recherche de quoi ?
Arrive t-on déjà au bout du chemin ? A la fin de la Quête ? De sa croisade ? De son parcours de combattant ?
Mais y arrive t-on jamais ?
Faut-il y arriver ? Y a t-il une nécessité ? Une contingence ? Une contingence nécessaire ?
Ou justement c'est cette arrivée là qui effraie, parce que le bout, cette fin là débouche elle aussi sur une fin, un fin de non recevoir qui nous laisse en quelque sorte sur notre faim.
La faim du savoir. Et le savoir est sans fin.
Arriver au bout (mais au bout de quoi ? Qu'est-ce que le bout ?) est une sorte de conclusion, le terme de la quête. Se dire que maintenant qu'on a compris on a fini. Fini de chercher, de chercher à comprendre ?
Mais à comprendre quoi ? Qu'il ne reste alors rien ? Alors que faire ?
Est-ce de ce que faire là que nous avons peur ?
Ce changement étant le terme (du moins le croit-on) à la quête de soi même. L'avoir trouvé, ou croire l'avoir trouvé nous laisse face au vide. Encore !

Mais cette fois un vide indicible et terrible, puisque cette fois, inconnu, vraiment inconnu, unn vide inreprésentable....Un vide, paradoxal, puisqu'on ne cherche plus
Avant la fin de la quête, on s'attendait à trouver, une sorte de Graal, soi, soi-même, un autre soi, un nouveau soi, un vrai soi.
Mais quid alors, si on pense l'avoir trouvé ?

Rien, il ne reste rien d'autre à chercher ? A trouver encore ?
Mais est-ce ça qui bloque ?
Résistance au changement alors ?

Peur ?
Peur de l'inconnu, de l'étrange, de l'étrangeté,
Peur de se trouver, de se retrouver face à un inconnu, à un être étrange, à un être rempli d'étrangeté, qu'on cherchait pourtant, qu'on voulait trouver, mais qu'on ne reconnait pas, qui n'est pas l'être attendu, espéré, souhaité, désiré...

Résistance au changement ? A cette peur de changement ? A la peur de cette confrontation là ?
On résiste, de toute ses forces, on les mobilise, on voudrait tellement mais ...
C'est ce mais qui coince, qui noue, et qui force encore un peu sur le noeud, le resserant encore un peu plus
Pas un noeud coulant, un de ceux qui serrent et vous enserrent bien, retenant les mouvements, ceux qui conduisent au changement.

Alors on retient, encore un peu, encore un instant, ce soi là, qui finalement n'était pas un si mauvais compagnon, n'est pas un si mauvais compagnon.
Ce soi là on le connait, on fait avec, et on se dit, qu'après tout....
Lassitude alors ? De tout dire, de tout refaire, de tout recommencer, avec un nouveau jeu, qu'on ne connait pas forcément, qu'on ne saura pas forcément abattre au bon moment. Si moment encore il y a.

Avec lequel on ne pourra pas forcément faire...

Résistance alors et encore..
De quoi avons nous peur ? Cette question taraude bien sûr celui ou celle qui entreprend une thérapie, une analyse. La peur, celle qui gène, empêche, hante, son ombre, son fantôme aussi.
Projection de la peur, de cette peur là, bénéfice secondaire qui rassure et conforte, empêchant de tourner en rond, de briser le cercle infernal qui dévore de l'intérieur, mais qui rassure cependant à l'extérieur.
A l'extérieur de nous même, ce dehors là qui empêche le dedans de s'exprimer vraiment, qui le fait taire, qui le noue. Alors qu'il voudrait bien dénouer les liens, liens sacrés qui semblent noués pour l'éternité
Ces peurs là semblent aussi arriver à pic, tomber à pic au bord du vide qui s'intalle toujours un peu plus vite, un peu plus proche, ce vide connu, apprivoisé qui nous conduit vers l'infini
Vers l'infini de nous même, que nous connaissons sans connaitre, à qui nous donnons vie, qui doit naitre....Enfin, peut-être
Au ne pas naitre, pour rester dans le renoncement

Le renoncement au changement.

samedi 6 décembre 2008

Poèsie

La poésie est un passage entre la vie et la mort, une forme d'immoralité qui en transgressant ce qui apparait comme une loi de nature, la respecte.
C'est notre vision rationnelle du monde qui constitue une faute.


Eugène Green, La Reconstruction
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Nota bene

Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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