Psychanalye Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

lundi 15 juillet 2019

Il n'y a plus de certitude


Il n'y a plus de certitude
D'un seul coup il n'y a plus rien
Nous nous sommes trahis
Nous nous sommes abusés
Tout s'écroule
D'un seul coup d'un seul
Il n'y a plus de certitude
Tout devient incertain
Angoissant et terrifiant
Comment vivre à présent
Alors que nous ne sommes plus sûrs de rien ?
Que le monde n'est qu'illusion
Et que nous sommes le complice de ses mensonges
Tromperies et trahisons
Pourtant nous étions tellement certain
Il n'y avait nul doute
D'un seul coup tout s'écroule,
C'est une chute dans le vide
Le gouffre de l'angoisse, l'antre de la Mort
Il n'y a plus de certitude
Il n'y a plus rien.

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch

mercredi 3 juillet 2019

Le culte du Mort


Sa photo est là, en bel habit
Elle a remplacé celle des mariés
Sa photo est là, rien qu'à lui
Avec ses habits de soldat
Juste avant de partir
Sa photo est là

Il ne reviendra pas
Elle voudrait en être sûre
Etre certaine qu'il gîse quelque part

Dans une forêt lointaine
Enterré sous un monceau de terre et de poussière
Emporté par un boulet, un éclat d'obus
Qu'il est crevé et enlisé au fond de sa tranchée

Sa photo est là, en bel habit de soldat
Il porte bien sa moustache et son sale caractère
Elle espère qu'il ne reviendra pas
Elle sera veuve de guerre
C'est tout ce qu'il lui léguera

Sa photo est là, sur le buffet de la grande salle
Un ruban noir sur le côté
Il faut bien donner le change
Même les salauds sont des héros
Le dire serait intolérable
C'est pour la Patrie qu'ils se font trouer la peau

Sa photo est là
Elle espère qu'il ne reviendra pas
Elle n'oublie pas les coups de gueule, les coups de poings sur la table, faisant trembler les murs, cassant verres et bouteilles !
Elle n'oublie pas les coups,
Elle n'oublie pas les cris,
Elle n'oublie rien du tout.
Elle espère qu'il ne reviendra pas
Elle est si bien seule dans son lit

Les travaux ne lui font pas peur
Car désormais elle n'aura plus peur
Elle remercie cette saleté de guerre
Et se dit qu'il y a sûrement un bon dieu là haut ou quelque part ailleurs, peu importe après tout, un dieu qui enfin l'a délivré du mal, et de ce monstre.


Elle aimerait hurler au monde que ses héros sont aussi parfois des salauds

Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste
Crédit photo @brigittedusch

lundi 1 juillet 2019

Si s'était à refaire


Si c'était à refaire
Je changerai tout, 
Je prendrai d'autres chemins
Je verrai d'autres choses dans d'autres lieux avec d'autres gens
Si c'était à refaire
Je changerai absolument tout
Je marcherai sur une autre route, une autre voie et parlerai d'une autre voix
Je ne ferai pas les mêmes rencontres

Je ne choisirai pas les mêmes compagnons
J'irai vers d'autres bonheurs, et d'autres malheurs
Si c'était à refaire je ne serai pas là
Je serai ailleurs
Peu importe où
Une chose seulement me semble certaine
Si c'était à refaire,
Je choisirai la solitude
Je n'aurai pas d'enfants
Sacrifice inutile car souffrir ne nous apprend rien
Si ce n'est la tristesse, la peine et la colère
Si c'était à refaire, 
Je changerai tout
Je prendrai d'autres chemins
Et referai sûrement les mêmes erreurs
Car vivre ne nous enseigne rien

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne in "Bribes et vivre"
Crédit photo @brigittedusch

dimanche 23 juin 2019

La parenthèse enchantée




Il y a cet espace, infime faille
Intime faille où se loge le rêve éveillé


Où s'anime un pays singulier

Un endroit où brillent deux soleils
Et scintillent deux lunes
Quelques étoiles éclairent la nuit
Et le cœur de mes insomnies

La parenthèse enchantée
Celle qui me fait rêver
Un asile un refuge
Celui de l'enfant traversant les nuages
Pour rejoindre les rives de cette île
Où tout est possible

Il suffit de s'asseoir et de regarder
Rêver pour passer quelques bribes de vie
Dans ce monde où scintillent deux lunes et brillent deux soleils.


Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne in "En Vrac"
Crédit photo @brigittedusch

vendredi 7 juin 2019

Ce désir étrange et singulier



Souvent me vient ce désir étrange et singulier
Un désir de vide rempli de rien
Désir de non vie et de non envie

Souvent me vient ce désir que tout soit fini
Le désir de l'ultime repos
Celui du vide rempli de rien
Désir de la nuit infinie
Pour oublier que l'avant est fini
Eprouver une indicible tristesse
De ne plus être à la hauteur
De ses attentes et même de ses faiblesses
Etre au bord de ce précipice
Qui ne demande qu'à accueillir
Ce qui n'est plus et ce qui n'est pas encore.
Qui ne sera peut-être jamais
A nous de décider

Souvent me vient ce désir étrange et singulier
De me réfugier au creux de cette parenthèse
Celle du vide, du creux et du rien

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch

dimanche 26 mai 2019

S'oublier à l'ogre.



L'autre est un ogre, un ogre qui dévore tout sur son passage, il prend tout, détruit tout, dévaste tout, ne laisse rien, écrase tout.
Il prend tout. C'est un ravage.

Pour lui il n'y a pas d'autre.


S'oublier au point de ne plus être là, s'abandonner au point d'effacer son être.
N'être plus, naitre plus jamais
Dans cette histoire, il n'y a pas de reddition ; c'est une invasion, une guerre qui n'a jamais été menée, une guerre d'usure, une guerre froide et insidieuse qui s'est infiltrée dans les parois des sentiments, dans les failles des émotions, c'est aimer au point de se laisser, de se laisser aller à l'autre, cet autre qui prend tout et plus encore, c'est aimer mal c'est mal aimer, c'est ne pas s'aimer
Sans le savoir.

C'est se laisser aller à tout ça, sans vraiment s'en apercevoir, sans vraiment se rendre compte qu'on n'existe plus, que nous ne sommes plus qu'un pâle fantôme de notre être qui n'a jamais vraiment été incarné.
C'est se mettre en marge d'un vouloir, d'un désir qui n'a jamais été vraiment désiré, c'est être ailleurs.

C'est donner à l'ogre tous les pouvoirs, pour tenter de croire, juste un court instant que notre piètre existence peut avoir juste un peu de sens
C'est se croire aimer, dans les yeux d'un autre, qui n'a pas de regard, pas d'égard. C'est une imposture, c'est une torture, c'est une mort à petit feu qu'on s'impose chaque jour mais qui nous rend vivant
S'abandonner à l'autre qui dévore sans jamais pouvoir aimer
S'abandonner à ça pour ne pas être mort
Pas encore.


Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch 

mercredi 1 mai 2019

Notre chef d'oeuvre


Et il y eut le chef d'œuvre !
Il y eut ce temps, au temps des Cathédrales et plus tard encore.
Il y eut le chef d'œuvre, l'aboutissement d'un apprentissage.



Nous ne sommes pas des Compagnons, nous ne faisons pas le Tour de France
Et pourtant ?
Nous humble sujet Compagnon du Devoir quotidien, notre humble quête ne peut-elle pas aboutir au Chef D'œuvre ?


Qu'est ce que ce chef d'œuvre ?

Non, il n'est pas l'aboutissement de toute une vie, car une vie ne peut être aboutie, elle n'est qu'impermanence, bouleversements et changements auxquels nous devons nous adapter, plier sans jamais rompre afin de poursuivre notre chemin. C'est une Quête éternelle à la recherche de soi, d'un soi perdu au tréfond de la mémoire, dans un recoin de l'inconscient, bien caché, mais bien présent aussi pour nous empoisonner la vie. Quête de soi, non à travers un univers, ou pas seulement, mais surtout dans les méandres de soi. Conquérir le Je, le soi, l'Être essentiel qui est ce Je cet ego, qu'on ne connait pas vraiment, ou dont on ne veut pas, tant il ne nous plait pas.

C'est un apprentissage, long réclamant patience et humilité
C'est l'apprentissage de l'amour de soi, de l'accueil de soi, c'est partir dans ce long voyage là, c'est regarder, entendre, voir, écouter, sentir, ressentir, c'est savoir qu'il y a des émotions, qui arrivent sans crier gare parfois, qui émergent et nous submergent mais dont il faut faire quelque chose, ne pas nous priver de la colère ou du chagrin pas plus que de la joie et du bonheur, savoir que "ça passe" et que cela nous appartient.

Cette quête n'est jamais vaine, elle ne fait de nous ni des Saints ni des Parfaits, mais nous rend un peu plus humain et plus humble, car l'humilité est la condition sine qua non de la quête, il ne faut rien en attendre, ou ne pas placer l'espoir trop haut, être suffisamment ouvert pour être prêt, prêt  à oser aller vers l'inconnu, car ces territoires n'ont jamais été explorés par qui que ce soit et nous ne pouvons en lire des récits de voyages. Celui ci est singulier, il est le nôtre, il est nôtre et c'est à nous de le découvrir et d'en découvrir le chemin, nulle carte pour nous y mener, à nous de nous lancer dans cet inconnu, dans cet insoupçonné, à nous d'en acquérir le savoir afin de combler notre ignorance et d'en finir avec notre déni.
C'est notre quête, notre aventure, fantastique et extraordinaire : elle peut prendre des formes multiples et variées, du chemin de mémoire sur des routes de campagnes ou des chemins sombres, ensoleillés, tortueux et boueux qui nous conduisent aux bords de rives et de pâturages inconnus. Il faut oser, ne pas renoncer, le voyage, ce voyage en soi, vaut le coup, c'est ce savoir là, ce savoir sur soi, qui nous rend plus fort, nous force à extirper de nous ces sursauts de vie, ces désirs de vivre, ces envies qui vont nous tenir en vie, c'est expérimenter ça qui va nous montrer qu'en nous se trouvent toutes les ressources pour ne pas mourir. se trouver, se dépasser, se surpasser et s'étonner et dire "oui, je peux, je suis fier de moi" je sais ! je sais au moins un peu plus qui je suis, je sais que je suis.

Etre ! Etre pour ne pas mourir, Etre pour vivre , Etre pour aimer, Etre pour s'aimer. C'est la quête, le résultat de cet apprentissage, l'apprendre, le prendre de soi... Et comprendre ça est notre chef d'œuvre !

Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste.
Crédit photo @brigittedusch



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Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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