Psychanalye Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

mardi 25 avril 2017

ll y a le ciel


ll y a le ciel
ll suffit de lever les yeux
ll suffit d'ouvrir les yeux
ll suffit de regarder
ll suffit d'espérer.
Mais est-ce suffisant ?
Voir le ciel est tout un art
Voir le ciel suppose de l'espoir
En qui et en quoi ?
Après tout le ciel peut-être noir
Sombre, gris, tonnant et grondant
Après tout le ciel peut-être menaçant.
Après tout le ciel peut-être angoissant
Après tout le ciel peut-être terrifiant
ll suffit de quelques nuages
ll suffit qu'ils soient balayés par le vent.
...................................................................................................

Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste. ln "les nouvelles d'Arsel"

vendredi 7 avril 2017

Rien à dire




Rien à dire
Elle dit : « Je n’ai rien à dire »
Elle dit : « Je ne dis rien, je disparais, me fait petite, discrète. Rien »
Elle dit : « Ca m’arrive parfois ; je disparais de l’écran, des radars, je suis hors champs, hors tout, hors de moi peut-être aussi. »

Silence…………………………………………..


Elle di
t : « Non plutôt en moi, je me foetalise, me remets dans ma coquille, reste seule avec moi si ce moi est là, je n’ai rien à dire de. »

Silence………………………………………….

Elle dit : « Pertinent, intéressant, percutant, agréable, méchant, gentil, pas de remarque, de dire, de non dits, de tus. Non rien »
Elle dit : « Je ne suis pas fatiguée, déprimée, malade, je ne fais pas la gueule non plus, mais je n’ai rien à dire. Tout ce que je vois, entends, est consternant, affligeant, terrifiant. C’est partout, sur tout. Je n’allume plus la télé, n’ouvre plus les journaux, le net ! les réseaux sociaux sont un tissu de violence et de haine, les gens sont fous. Le monde est fou.

Silence………………………………………….

Elle dit : « Oui c’est ça, fou ; Je me protège de la folie. Je ne veux pas être folle, cautionner cette folie là. Alors je n’ai rien à dire. »

 
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne

mardi 28 mars 2017

Puisqu'il faut écrire


 


Puisqu’il faut écrire ! mais y est-on obligé ? Doit-on mettre les mots, ses mots sur le papier ? Qu’elle est donc cette force ou cette folie qui nous y pousse ? Cette pulsion ? Ce malgré soi qui nous mène à cet accouchement d’un soi qu’il faut mettre hors de soi ? Nécessaire, vital, essentiel. Sous peine de mort. De la mort de soi. 

ll n’est pas possible, plus possible de se taire, de garder enfermer ses mots, ses cris parfois, de les maintenir en soi, pour soi. La gestation si longue soit-elle ne peut-être éternelle. ll faut que ça sorte. La gestation des mots et de l’histoire est à son terme. ll faut que ça sorte, que ça s’échappe, que ça claque, que ça explose ! que le corps expulse : expulsion au dehors ; vite ; avec violence quelque fois, un feu d’artifice de mots sans artifices.
Que ça parle et que ça cause. A soi ? A qui ? Peu importe je crois l’adresse pourvu que ça sorte, dire tout simplement lancer jeter et peu importe qui sera là ou pas. Pour attraper ou pas.
 
Mais se pose alors la question de ce qui, de ce quidam ! et de la responsabilité de ces mots jetés par la fenêtre, jetés en l’air, ces mots dont on ne sait plus quoi faire, qui nous encombrent, nous empêchent de respirer, de vivre, nous débordent, nous envahissent, nous dépassent.
Alors ils sont jetés en pâture et en pluie, partout et nulle part, au gré de celle ou celui qui passe, jetés à la figure de cet autre, qui peut-être ne demandait rien mais était là.  Les lui jeter à la figure n’est pas sans effet, n’est pas sans mal, n’est pas vain.
 
Sommes-nous alors responsables de ce qu’il va en faire ? De ce qu’il en fait ? De ce qu’il en fera ?
Ecrire alors est-il un simple acte égoiste dont on ne mesure pas toujours la portée, celle de l’autre, du fait de l’autre, de ce qu’en fait l’autre ? La portée ; celle supportée par cet autre qui se trouve là sans hasard, car ce dernier n’existe pas, mais qui passe par là, et reçoit en plein visage le poids et le choc de ces mots là ?

Les mots sont alors un pavé dans la mare ; un pavé qu
i éclabousse !


Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.

lundi 20 mars 2017

Sa valise



ll y a sa valise.

Cette val
ise qu'elle porte, qui s'accroche, qu'elle accroche, qu'elle serre... Qui la colle... SA valise.

Sa valise est lourde, de plus en plus lourde. C'est que depuis toutes ces années elle ne cesse d'y entasser toutes ses misères, ses souffrances et ses malheurs. 

ll n'y a plus de place pour le bonheur !
 

Sa valise luis pèse de plus en plus. Elle a bien essayé de la poser ; mais elle ne peut la déposer, s'en délester pour avancer.

C'est fat
igant, usant, lassant. Elle n'en peut plus. Pourtant.

Le bagage est nécessa
ire pour poursuivre la route et aller sur le chemin. Elle ne sait où il mène mais ça n'a pas d'importance. Longtemps elle s'était dit que le monde avait un bout puisqu'on parlait du bout du monde. Alors elle avance.
Elle marche sur la route, tel Oed
ipe dans sa détresse, au plus loin de son désespoir et de sa culpabilité, elle ne se pose pas la question : un pas, un autre, il faut aller de l'avant. Au devant. De quoi ? D'elle même peut-être.

Au bout du monde. Ma
is de quel monde ? Vers sa fin, la fin du monde ? Vers ce bout mystérieux et promis.

Puis elle s'est demandé comment cela se pourrait puisque la terre est ronde. ll n'y a pas de bouts ni de bouts du monde. Pas de début, pas de fin. ll y a la mer celle qui sépare et coupe en deux les continents siamois à leur naissance ; Les voilà séparés, émasculés prêts à s'affronter. Les flots contenant les pulsions de ces frères ennemis sont libérées.
Eros et Thanatos décha
inés.

A quo
i bon cette valise ? A quo
i bon ce fardeau. Pourtant elle ne la lâche pas, pire elle s'y accroche,  l'ouvre de temps à autre pour y remiser un objet, un mot, un chagrin, un souvenir à emporter pour une autre vie là bas. Mais où ? Sa valise n'est qu'un prétexte, un faux semblant, un faire valoir, une armure, un bouclier qui la protège. Un rempart et une muraille, elle est soudain une forteresse, imprenable et invincible, enfermée et tenaillée par la souffrance. Celle là même contenue, maintenue dans cette valise, usée, qui n'en peut plus. Pourtant, ce bagage c'est elle. Elle ne peut être sans lui, c'est sa création sa créature, son avatar, son emblème et son phallus. Nous avons tous besoin, se rassure t-elle d'une valise d'un endroit à soi qu'on peut emporter pour ne pas être vraiment seul. Cet objet transitionnel est bien encombrant elle en convient mais ne peut se résoudre à l'abandonner, à le laisser au fond d'une consigne. L'oublier, jeter ou perdre la clé.

Est-ce auss
i simple ?
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Nota bene

Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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