Psychanalye Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

dimanche 22 janvier 2017

9 ans : bel anniversaire




C'est un 22 janvier 2008 que commence l'aventure ! Cette aventure.
J'écris depuis longtemps, depuis toujours ou presque, sur des carnets, des feuilles, des cahiers ; puis l'envie, le désir de créer ce blog et y publier mes textes, réflexions, coups de coeur, bribes, photos... Et les partager.
 

Avec vous.

Car un blog, ce n'est pas seulement écrire, mais ouvrir, s'ouv
rir, donner de soi, être soi montrer à voir, donner à lire à l'autre. Donner de soi à lire à l'autre,

A vous qui venez depuis toutes ces années des quatre coins du monde
Vous me lisez, m'écrivez aussi, me faites quelques signes. Cet échange est un bonheur, et une reconnaissance
Je vous en remercie ! C'est grâce à vous que depuis 9 ans jour pour jour "Psychanalyse aujourd'hui" se promène sur la toile et met en mots pas seulement les maux de l'âme ou du corps ma
is la vie, celle de tout le monde, tous les jours. Les mots qui vont et viennent, glissent ou accrochent. Les mots qui disent, racontent, questionnent, expliquent parfois, mais interpellent toujours.
  
Bel anniversaire et longue vie !

dimanche 15 janvier 2017

ll y a la mère


ll y a la mère et la mer,

ll y a la mère source de tous les mots, ceux de l’analyse, ceux pour qui peut-être l’analyse est nécessaire, vitale parfois, puisque souvent le sujet arrive en souffrance avec le poids de sa mère qu’il traine malgré ou avec lui sans savoir où le déposer.
La mère, la sienne de mère ! 

Celle qui l’a laissé ou pas au bord du rivage ou du gouffre. Celle qu’il a laissé au bord de sa vie, de ses rêves, de ses cauchemars. Celle qui le hante, ombre fantôme qui l’enveloppe et l’empêche ; Peut-être ?

De toutes les façons il y a la mère.
Elle est la source de tous les maux ou presque ; de ceux qui empêchent de mettre tout de suite les mots : ceux qui restent coincés au fond de la gorge, qui ne peuvent sortir, indigestes, inavalables, imbuvables, qui ne peuvent être déglutis, engloutis, stagnants et répugnants qui emportent au fond de l’âme la douleur sous jacente et inavouée ; car inavouable !

 Ces maux que le sujet répète et se répète pour se sécuriser ou se mettre en danger pour exister, pas seulement au monde mais pour sa mère. A sa mère. Ces mots qui lui sont dédiés pour être à elle et s’en séparer. Tout à la fois
Les mots et les maux sont ceux de la mère et pour la mère, et parfois il n’y en a pas ou trop ce qui revient presque au même car le trop ou le pas assez font que ça déborde.
Que ce qui coule au dehors n’est que la partie visible de l’iceberg, celle qui veut bien se montrer à voir. Mais le reste ?
Car il reste toujours quelque chose, des vérités, ses vérités ; celles du sujet sont les seules qui vaillent et qui valent, elles résistent au temps et à l’analyse, au temps et au tempo de l’analyse.
ll y a cette mère aimée, aimante, délaissée, détestée, abandonnée, humiliante, haissante et haissable mais pas seulement encore ! Elle peut être tout à la fois, elle peut être toute à la fois. Elle peut ça aussi, elle peut tout et rien.
Elle aurait ce pouvoir là ! Du moins on le lui prête. Elle est mère de tous les vices la mère c’est une perverse polymorphe capable de tout : du pire mais aussi du meilleur. Ce qui n’est peut-être pas suffisamment dit. Mais cette « bonne mère » l’est toujours trop : présente, bienveillante, étouffante. Soit elle coupe le cordon trop vite, soit pas assez, soit pas du tout. Dans tous les cas il y a quelque chose de toxique, quelque chose qui cloche, qui fait que l’enfant, sa fille ou son fils reproche, n’aime pas, est en souffrance, en colère, malade. Malade de sa mère ; Avant de devenir mère à son tour.
C’est une drôle d’histoire que celle là : mère et fille ; un éternel complot une guerre froide ! une paix parfois qui ne peut pas s’assumer, car l’étincelle est là, prompte à rallumer la flamme et le feu pour reprendre le combat. Les hostilités sont à fleur de peau.
Au bord du rivage, aux flancs de la falaise. Les vagues grondent et le tsunami approche : La mère est un mythe, une mythologie que le sujet ne cesse d’écrire, de réécrire au fil de l’histoire de sa vie, des souvenirs qu’il pense vrai témoignant de ce passé obscurcissant son présent.
Mais la mère, les mères se doivent-elles d’être bonnes ? Qu’est ce que ce « être une bonne mère » ? Winnicott la préconisait « good enough » et c’est déjà ça ! C’est déjà pas mal.
ll faut être une bonne mère, une mère parfois sacrificielle se mettant toujours au second voire au dernier plan pour ses enfants, qui comble de l’ingratitude, (mais les enfants sont de par nature ingrats) ne leur en sont pas reconnaissants. Mais pourquoi le seraient-ils puisque la « bonne mère » se le doit d’être ainsi
Certes on peut avoir mal à la mère, ce mal de mer à la limite du vomissement et de la nausée qui parfois empêche la maternité de peur d’être mauvaise ou de ne pas pouvoir donner ce qui ne l’a pas été, ou pour se protéger de l’anamour ?
Qui sait ? Que sait-on de la mère et de ce goût amer de l’être mère dont il n’existe aucun mode d’emploi.
Es war ein mal die Mutter.


Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne

vendredi 30 décembre 2016

Ta conscience





Chaque nuit je l'entends 
Quoi donc ?
Cette voix
Chaque nuit je les vois  
Quoi donc ?
Ces images...
 

Elles m'obsèdent et s'imposent à moi, m'envahissent et je ne peux pas dormir ! ça cogne, ca bouge, c'est un torrent qui me dévaste, me ruine et me désole
  
C'est peut-être ta conscience qui te hante, tes fantômes qui te visitent ! Regarde toi dans le miroir ; ne cherche pas à y voir ton visage, mais regarde bien !
essaye encore ! persévère peut-être y verras tu ton âme ?

Elle est bien sombre n'est-ce pas ? peut-être trop, c'est peut-être cette ombre qui t'empêche de l'entrevoir, de te voir vraiment.
Ce n'est pas fac
ile de se voir au travers du miroir, sans artifice ni complaisance ; se voir nu... Désarticulé et vulnérable, à l'état brut.
Quelle v
iolence !
 

Pourtant elle est là ta conscience,  elle vient te demander des comptes, il est temps de passer à la caisse !
So
is digne au moins une fois dans ta vie, la seule peut-être, mais quand bien même, ne te dérobe pas, regarde là en face c'est toi et tes actions, ta vie :
elles sont sur la balance toutes ces années passées à ne pas te soucier, agir sans te demander, sans te dire que peut-être un jour ?
Toutes ces années passées sans te poser les questions gênantes, celles qui rangent. Ce temps passé à t'arranger avec ta conscience "ll sera bien temps"

Le temps est venu : voilà le terme et tu ne peux t'y soustraire.

Alors c'est le temps de part
ir ? Le temps d'en finir ? Le temps de mourir ?
Br
igitte Dusch, psychanalyste, historienne.
ln "les nouvelles d'Arsel"
 

lundi 26 décembre 2016

Des larmes pour la Russie



Hommage aux victimes du crash du 25 décembre 2016.

Pensées aux familles, aux proches et aux amis.

Que de douleur encore, et toujours le peuple russe doit endurer.

Que le vol des grues sauvages ramène leurs âmes dans leur Patrie.

dimanche 18 décembre 2016

Le piège de la Modernité.



  



Le sujet humain à l'épreuve de la modernité, aux prises avec la modernité, en son temps, dans son temps. Etre dans. Etre en.
En phase avec, une sorte d'ici et maintenant qui ne tient pas et ne pourrait tenir si on ne s'en tient qu'au temps et à la temporalité, mais il ne s'agit pas de ce temps là, de cet instant. Pas seulement.

Pouvons nous alors tenter de définir ce terme : " la modernité", d'en dire quelques mots, d'en préciser les grandes lignes et les contours.
J'aime à dire que c'est une manière d'être au monde, à la vie et à ce qui nous entoure. Au temps, sans toutefois obligatoirement l'opposer au passé, à hier au autrefois, sans y insinuer une certaine nostalgie et des regrets.Tout n'est plus ce qu'il était et ce qu'il a été. Rien ne reste permanent, tout vole et s'envole, tout part, meurt et renait autrement est-ce cela la modernité ?
L'impermanence ; encore, l'incertidude aussi et peut-être alors l'insécurité ?
Ces trois mots sont parfois anxiogènes. On ne peut tout savoir, tout contrôler, tout ne dépend pas de nous
D'ailleurs qu'est-ce qui exactement dépend du sujet humain ?

Celui ci s'il n'est pas dépendant reste interdépendant. De la modernité certes mais pas seulement, de lui et des autres. De ceux là même qui parfois lui imposent ce dont il ne veut pas.

Le piège n’est-il pas de confondre modernité et modernisme, valeurs et nostalgie ; celles d'un passé auréolé de gloires et de vertu qu'il n'a jamais vraiment possédé. Mais les souvenirs sont trompeurs et infidèles. lls nous jouent des tours, nous leur en jouons aussi. Réécrire sa propre histoire est de bonne guerre et parfois nécessaire. Pour certains c'est une simple question de survie tant la réalité et/ou la vérité n'est pas ou n'est plus supportable.
Convoquer la mémoire alors ?, nous ne savons pas tout, nous ne sommes pas tout.

D'ailleurs qu'est-ce qui exactement dépend du sujet humain ?

Celui ci s'il n'est pas dépendant reste interdépendant. De la modernité certes mais pas seulement, de lui et des autres. De ceux là même qui parfois lui imposent ce dont il ne veut pas.
Et de quelle liberté dispose t-il ? Celle-ci n’est-elle pas une simple illusion ? une poudre aux yeux pour croire et se faire croire que malgré tout, il dispose d’un peu de pouvoir.

Ce piège  de confondre modernité et modernisme ; encore ; valeurs et nostalgie toujours ; un passé bén
i auréolé  de sagesse, de richesses et de bonheur, encore une fois : ce qui n'a jamais été. Un passé révolu, un âge d’or, un siècle d’Auguste… Une sorte de fantasme nourri de désirs impossibles.
C’est toujours mieux avant, la vie était plus douce les gens mieux élevés le pain moins cher l’air moins pollué. Et on se met à rêver. Mais sommes-nous vraiment dupes ?

 Convoquer le passé pour vivre le présent et construire l’avenir sur les ruines de ces deux derniers. Un futur rebâti mais hélas répétant les erreurs de ce passé sacrifié sur l’autel d’une mémoire défaillante. Un demain qui chantera et où il n’y aura « plus jamais ça » mais « encore plus que ça » car dans la destruction, dans sa propre destruction l’homme sait faire preuve d’une grande ingéniosité.

Evoquer la modernité et le modernisme c’’est aussi convoquer la temporalité… qu’est-ce qui existe dans le temps ? Quelle relation le sujet entretient-il dans cet espace là, dans cette distance qui le sépare de ? L’infini ? Dieu ?
Que savons-nous ? Qu’en savons-nous ? Qu’en acceptons-nous ?
C’est être ancré dans « le présent certitude » dans le temps et dans l’irréversibilité du temps passé, cette continuité pas forcément linéaire qui fait que ce temps vécu par la conscience nous est présent à la lumière du passé.
Nous voilà aux prises avec l’inévitable drame ! la pire des tragédies cette terrible menace que l’instant vécu est l’ultime moment ; on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve et saisir l’insaisisable est la pire des ascèse. Le sujet humain est enchainé et condamné à une lourde peine : Tout est mais tout est rien car rien est tout.

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne.

(
Peinture : le cirque Medrano, Fernand Léger)
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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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