Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

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lundi 6 mai 2013

Déchirer

Déchirer le voile, la trame qui voile, le voile qui trame et qui se trame, qui tisse, tricote la camisole, la chemise qui masque, qui cache
Déchirer pour mettre à jour, pour mettre à nu, enfin l'histoire
Déchirer le livre, le cahier, la photo
Déchirer pour se raccommoder, se réparer, retisser, réecrire...
Déchirer !
Pour quoi, pourquoi ? Faire ? Etre ?
Un voile qui se tire, un rideau qui se lève, qui s'étire et qui se tire
Qui tend et s'étend vers un ciel flamboyant
Un ciel qui embrase l'avenir tant il a obscurci le présent...
Tordre le cou d'un seul coup a ce passé qui glace, qui bloque, à ces nuages chappes de plomb qui plombent et cadenasse toute possibilité d'avancer, de faire un pas, pas même à demi
Alors que reste t-il ? Rester bloquer ? Emprisonné dans la forteresse pleine d'angoisses, de peur et de fantasmes
Car quand on ne sait pas on s'imagine le pire, jamais le meilleur
On imagine, reprsente l'hydre rampante, parques vieillissantes reprisant et coupant le fil de la vie pour en finir une fois pour toute. Mais quand ?
On regarde peut-être, assister impuissant au spectacle de sa décadence, ballet infecte et danse infâme qui mène à la mort ou à la dissidence.
Quelle différence ?
Ou bien, on déchire ce voile, on dénude le fil tenu qui ne tient qu'à un fil, fil de fer et brin d'acier, qui ne se rompt pas à la première déchirure, qui résiste car tout s'écroule
Mais résistance et résister ne sert plus à rien car la souffrance et là, s'autorise d'elle même à torturer, empêcher!
Peut-être alors est-il temps de déchirer, déchirer toute cette mascarade, laisser tomber le masque de la bienséance qui ne sied plus, qui s'éffrite car elle ne tient plus, pas même lieu de l'imposture car mal postée, de guingois, de travers
Plus rien ne tient, ni droit ni debout !
C'est comme un voile, un rideau qui se déchire, écrivait-elle déjà il y a plus de 300 ans, et elle  vit apparaitre le ciel plus clair, l'air plus léger, la vie peut-être ?

ADB duchesse de L...
Et à tous mes analysants qui franchissent le pas, et s'aventurent par là ...

lundi 1 octobre 2012

Le père volé

Il a toujours senti planer une ombre, quelque chose d'indicible, mais présent, parfois lourd, mais toujours sourd.
Le silence enveloppait toujours ce quelque chose dont on ne parlait jamais devant lui.
Enfant il ne savait pas, ne comprenait guère, il était seul avec sa mère... Loin de leur famille, loin de leur village aussi. Mais enfant il ne posait pas de questions, d'ailleurs il n'avait pas vraiment de questions
C'était la guerre, mais ça non plus il ne le savait pas. Il nait pendant la guerre, dans un pays en guerre.
C'est plus tard, beaucoup plus tard que les questions se posèrent, un peu d'abord puis elles le taraudèrent tellement qu'il en perdait le sommeil parfois
Il voulait comprendre, trop de choses ne "collaient pas".
Père, nom du père, un père dans lequel il ne se reconnaissait pas, à qui il ne ressemblait pas. Et surtout ce silence, ce silence pesant, lourd, obscur, ce silence qui l'enveloppait et le terrifiait
Parfois il posait des questions essayaient de comprendre...Pourquoi ce père, son père n'était pas là ? On lui répondait qu'il était à la guerre, parti, mais il ne comprenait toujours pas pourquoi il ne revenait pas.
Il se souvenait qu'un jour, il y eut un homme auprès de sa mère, on lui dit qu'il serait son père, qu'il était son père, il ne sait plus.
Un jour il eut un père...
Ce n'est que bien plus tard quand la question de devenir père à son tour se posa. Il voulut savoir qui il était, qui était son père, et le père de son père.
Des questions qui restèrent sans réponse.
Le désespoir succéda au silence pour l'envelopper à son tour, sa mère ne disait rien et ce père qui pendant les années d'adolescence fut le sien était mort.
Qui détenait la clé, le secret, qui pouvait, pourrait dévoiler le mystère, révéler le secret ?
Ce secret qu'il sent, qui le tue aussi, car il l'empêche de vivre pleinement, ce secret, cette chose en plus est son manque à lui, ce savoir que les autres taisent et lui cachent, cette choses dont malgré lui il est l'objet mais aussi et surtout le sujet.
Mais comment savoir et à qui demander, c'est aussi à ça que tient le secret. La demande, la demande de réponse à la question impossible, qui ne peut amener de réponse car celle ci sera la trahison de l'histoire, d'une histoire familiale cultivée par le secret. Celui ci qui souvent est scellé à jamais, perdu, oublié, relégué aux oubliettes de la mémoire. Tellement tu qu'il en est tué.
Mais comment vivre sans savoir, sans savoir d'où on vient et qui on est. Lorsqu'on a le sentiment que tout repose sur un mensonge et que sa vie est une imposture. Comment transmettre ça ? Comment transmettre un nom qui n'est pas le sien, qui lui a été donné certes, mais qui n'est pas "le vrai nom" qui est surtout le "vrai non", la négation de son identité, de son être et de sa véritable filiation.
De ce père volé, ravit, tu et tué parce qu'impossible, de ce père qui n'avait pas le droit d'être un père, de donner la vie à un enfant parce qu'il était un ennemi.
Mais l'ennemi de qui ? Et qui est-il cet ennemi.. Reparti vers ses contrées lointaine, dans un pays étranger dont il ne connait ni le nom exact ni la langue. Qui suis-je ? Et comment le savoir se dit-il ?
Comment advenir à ma vie, alors qu'un morceau entier m'est caché, ravi, volé. Il veut savoir ?
Mais savoir quoi ? Le nom du père... L'histoire de ce père qui peut-être n'a jamais su son existence, car ce père là, ce géniteur s'en est allé. De passage simplement, seulement, il est parti contre son gré peut-être ? Mais comment savoir
Et qu'en est-il du désir ? Du désir de son être là à lui, de l'amour peut-être, ou simplement du désir ? Il ne sait pas, et ne saura sans doute pas, jamais.
L'histoire mal partie ne trouvera peut-être jamais d'issue, à ce non s'oppose ce nom, inconnu, étranger qui lui donne à lui ce sentiment étrange d'être d'ailleurs, de naitre pas d'ici...
Silence pesant, obscur et lourd, qui n'en finira jamais, qui ne pourra ceder que si et seulement la parole est dite. La parole
Mais qui détient cette parole là, le nom de père, du père absent, du père tué du père volé ?

dimanche 5 avril 2009

dé crypter

Pour sortir de la crypte
Pour s'extirper de la Grotte
Pour s'extraire de la Caverne
Extirper, extraire.....

Sortir, aller dehors, de l'avant,
Partir du dedans, pour dehors
Mais pas seulement
La crypte, où est enksysté, encrypté le secret, le noeud noué par d'autre que nous, qui ne sont pas nous, qui font ce nous, qui ont fait ce nous, malgré nous, ce nous que nous sommes, par ce que ce noeud qui noue, qui se noue encore, et renoue avec les nous d'avant nous, et qu'on veut, dénouer
Dénouer pour être soi !
Soi, moi, je m'.....
Tout ce qui fait qu'on peut parler en son nom propre, se poser sujet, singulier, affirmer cette singularité là, qui ne sera qu'elle, et non plus le noeud mille fois tordu par ceux qui étaient là avant et qui nous ont légué, balancé ce sac, ce fardeau, ce baluchon, bien noué, mais si mal ficelé, qu'on se rend compte sans trop savoir pourquoi, sans trop savoir comment qu'il y a quelque chose qui cloche....
Quelque chose dont on ne veut pas...Qui coince...

Seul le moi n'y est pas....Le moi ! ?

Le moi est là, mais accompagné, mal accompagné par cette somme de moi, d'autres qui sont là, ombres malveillantes, s'accrochant à lui... Pour lui rappeler, sans le nommer, car devenu sûrement innomable ce fantôme, ce squelette qu'on traine, qu'on emnène depuis tant de temps, tant de génération.
Une chaine ininterrompue....Que nul n'a cassé, nul n'a brisée..
Une chaine qui se fait à chaque génération un peu plus lourde, un peu plus rouillée, un peu plus laide...
On ne sait plus très bien pourquoi cette chaine, pourquoi ces maillons, pourquoi ce tricotage embrouillé, emmélé... Une sorte de ravaudage mal fagoté.
On ne sait plus très bien, car rien n'est vraiment raconté, dit, posé
On ne lègue pas de mots, mais des silences, lourds de sens...
Si lourds dans la balance
Des silences et des si, qu'on lance au prochain qui l'atttrape et le lance encore....
Silence qui tu, doucement, sans faire de bruits, tellement tu, qu'on ignore s'il a un sens
Si à l'origine de ce silence de ce "pas dit" car pas dicible il y a vraiment quelque chose.
Mais quoi ?
Rien peut-être ?
On sait que ..... Ancêtres sûrement
Cela suppose de croire très fort en sa généalogie, question de fois, encore une fois
Il était une fois une famille....
Il y a toujours des histoires sans mots, des histoires qui ne se disent pas dans toutes les familles, secrets jalousement gardés, seul trésor peut-être ?
Des fantômes psychiques, des fantômes faméliques qui n'existent que parce que quelqu'un se souvient, se les rappele, sans plus savoir au juste, au plus juste.
Une sorte de savoir plus ou moins oublié, mais dont il reste une trace, une sorte de cicatrice indélébile, un fil conducteur qui dit que.....
D'inconscient à inconscient, une espèce d'inconscient familial, généalogique...Dans une relation de filiation. Inscrit quelque part, virtuellement peut-être dans les génes ? Et que ces même génes transmettent ? De mère en fils, de mère en fille, de père en fils, de père en fille....
Décrypter ces fantômes qui s'inscrivent en faux dans la transgénération, qui s'étalent dans les albums d'images de ces familles qui savent mais ne disent pas, qui ne disent pas, car elles ne savent plus...

Il faut croire si fort en la transmission, il faut avoir la foi, encore une fois
Drôle de fois, il était une fois....
Et si.. Et si ce n'était pas comme ça,
Et si on nous mentais encore une fois, et si on nous faisait croire que....
Que nous devons porter ce fardeau, hériter de ce mandat et le remettre encore et encore aux autres générations ?
Faut-il croire si fort que nous ne sommes donc pas seuls, car cette solitude là, est non seulement terrible mais inentendable ?
Seul au monde ? Seul face à nous même et seulement nous mêmes ?
Faut-il croire alors aux ancêtres, à ceux d'avant nous, qui ont vécu, pas comme nous, presque comme nous, qui ont fait...Et qu'on ne dit pas, et qu'on tait, et qu'on enferme, car tragique et honteux ce secret, cette chose terrible, indicible doit être cachéé, enterrée, et aucune tombe, ni caveau n'en viendra à bout, pas même l'éternité ?
Mais pourquoi en serions nous dépositaire ? A notre insu, dans notre inconscient, elle s'est gravée cette chose, sale, honteuse, sexe, trahison, mort....Dont on a cru bon de nous garder. Qu'on a donc gardé pour nous préserver soit disant
L'enfer est pavé de bonnes intentions...
Très souvent ces "secrets" tus, enfouis, ressurgissent au cours de la thérapie, ou de l'analyse, ils affleurent, effleurent le conscient, sur gissent de l'inconcient..
Se pose la question du souvenir. Non négligeable celle là.... Qui pose question, car qu'est ce que le souvenir ?
Est-il fiable ? N'est-il pas que le fruit de notre imagination, le résultat d'une condensation, d'un désir, d'une pulsion, d'un rêve.....

Pourtant des choses, viennent, des mots et des images, une représentation, quelque chose qui dit, qui ressemble, qui renvoie, qui raisonne, qui résonne, qui fait écho.... Qui fait lien, qui fait sens, si on veut bien, si on s'en donne la peine, sans trop de peine parfois, mais qui peine toujours un peu....
On déchiffre alors ces hyéroglyphes de l'inconscient, sans vraiment en écrire la langue... Maternelle ou paternelle elle trouve sa source dans le secret des origines...
Décrytpter prend alors du sens, celui de déchiffrer, de traduire, de mettre du sens sur ces bribes, des morceaux de puzzle
C'est une première étape.... Certains cherchent encore plus loin, enquête, en quête de vérité, de généalogie, de liens de sang, d'arbres, de fléches, de descendance, d'ascendance...
Pauvres aïeux... Pauvres enfants, pauvres parents
Nous héritons tous, sans le vouloir, sans le savoir de cadeaux empoisonnés, de boulets et fardeaux.
S'en délester est parfois simple, souvent compliqué, c'est un lien, une attache, les liens du sang !
Des biens de famillles. Et quels biens ! Quelle famille !
Une fois encore, il me plait à croire que l'homme est un sujet libre, qu'il n'est en aucun cas responsable des erreurs, ni des crimes du passé, ne serait ce ceux de son père, de sa mère, à fortiori ceux de ces ancêtres.
Il est libre de s'en affranchir, et de trancher les branches qui l'encombrent, on élague bien les arbres, pour qu'ils poussent et vivent en harmonie !
Il me plait à croire que le sujet est un homme ou une femme libre, qui peut, s'il le veut, le peut écrire son destin.
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Nota bene

Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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