Psychanalye Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

mercredi 13 décembre 2023

Ecrire le Bonheur




Ecrire le bonheur avec des majuscules et des lettres en couleur : une utopie, un pari, une réalité ?

Il est infiniment plus simple d'écrire la tristesse et le malheur que de dire, décrire la joie et les petits bonheurs du jour, de la nuit, de la vie
Il y a une sorte de pensée magique, ne pas oser les dire, les nommer, d'en parler de peur qu'ils ne s'échappent et qu'ils ne fuient et ne reviennent jamais.
Ouvrir la boite à bonheurs.
Quel est le risque ? 
Dire je t'aime, je m'aime, je vais bien, je suis heureuse, je suis bien..
Et puis ?
Peur que toutes ces joies, ces petites choses qui nous font vibrer, sourire et rire se sauvent et ne reviennent plus, s'en aillent dans le trou noir de l'oubli ? Qu'elles nous soient ôtées par une méchante fée, une vilaine sorcière ? 
Peur de ne pas les avoir mérité ? Mérite t-on le bonheur ? La joie ? Est-ce un don ou faut-il les construire, les mettre en place, les mettre au jour ?

Certes le bonheur, les bonheurs ne durent pas, mais rien ne dure éternellement, la vie est faite d'allée et venues, de surprises et d'inattendus, tantôt tristes puis joyeux, un éternel recommencement, un tourbillon

 Oui, ils sont éphémères, se diluent et se perdent dans la mémoire parfois tellement loin qu'on ne sait plus que nous les avons vécus, vraiment, intensément parfois. Enlevés, passés, le vent les a emportés et ? Plus rien. 
Nous n'en prenons vraiment conscience justement quand ils ne sont plus et que nous devons faire face à l'adversité, au chagrin, à la peine. On se rend compte alors à quel point ses moments ont été précieux 

"Si j'avais su à quel point j'avais de la chance de vivre ça, de voir ça, ce soleil, cet amour, cette joie'. 

Avons nous pris la peine à cet instant de les vivre : arrêt sur image : l
es vivre ! les sentir ; les ressentir, au plus profond de soi, avec tous ses sens afin de leur donner du sens.

Arrêt sur image. Stop, arrêter le fil du temps qui continue cependant à filer. Impossible ascèse, illusion ? Et pourtant une fraction de seconde. Etre dans l'instant, l'instant de la joie, du rire, du bien être et se dire "je suis heureux, je suis content, c'est bien, je profite, merci". Jubilatoire.

Merci. Gratitude.
Merci qui ? La vie, Dieu, l'autre ? l'univers ? le moment ?
Peu importe.

La vie est un cadeau, "Tu choisiras la vie" . La plus belle des injonctions car celle ci est tellement précieuse.  
Il faut voir la mort, la côtoyer de prés peut-être pour prendre conscience de la terrible réalité qui est celle de tous,  nous allons tous mourir, c'est la seule certitude que nous avons, mais avant nous allons vivre, nous sommes vivants. La proximité de notre finitude nous fait prendre conscience de notre être vivant et de tout ce que cela signifie.
La vie est brève, nous mourrons, un jour, le plus tard possible, mais nous pouvons mourir demain, tout peut basculer en une fraction de seconde. 

Alors ?

Vivre, danser, pleurer, chanter, peiner, rire à nouveau, et tout recommence, le cycle de la vie, son impermanence, la vie c'est ça, une alternance de blanc, noir, et pleins de nuances, une palette de couleurs et d'émotions qui nous envahissent, nous prennent et nous emporte dans des tourbillons, des pensées, des ruminations, des rêves, des espoirs, on essaie, on échoue mais on recommence.


Ecrire le bonheur ? c'est peut-être prendre le temps de s'arrêter sur cet instant un peu spécial, heureux, où je vis des émotions qui me font du bien, qui me font plaisir, qui mettent mes sens sans dessous dessus, qui me bouleverse. J'entends et j'écoute mon corps qui parle. Cet instant furtif tel que je le vis, mais aussi le mettre dans un coin de sa mémoire afin de le convoquer de temps en temps, quand par exemple on se sent un peu triste, que les soucis arrivent et pourraient nous envahir et qu'il ne faut pas justement se laisser submerger. Pour ne pas sombrer
Ces instants de bonheur, de joie sont comme le vent qui chasse le nuage et nous montre ce coin de ciel bleu qu'on ne voyait pas, mais qui pourtant est bien là, caché mais présent.

Ouvrons les yeux, et souvenons nous : penser à cette petite 'futilité" que peut sembler être ce petit bonheur passé et  se dire "ah le  bon moment, c'était bien, c'était une belle ,journée, cela m'a fait plaisir, je suis heureux ! " 

A cet instant, écoutons nous, notre corps parle : prêtons attention nous ressentons des émotions, un sourire illumine notre visage et nous sentons le bien être nous réchauffer.
Bien.
Ecrire le bonheur, juste un peu chaque jour, suspendre ce temps, ce court moment où "c'est bien" n'est pas si difficile finalement
Et si cela vous disait d'essayer ?
Tenir un petit carnet de ses "petits bonheurs" chaque soir, matin, quand vous voulez ?
Ce n'est pas encore une liste de plus, mais seulement un plaisir que nous nous offrons, en écrivant ces instantanés nous les revivons, et cela nous fait du bien encore, la simple pensée de ces petites joies infimes que la vie nous offre est aussi un bonheur.
Ne pas oublier de dire "MERCI" à la vie, mais aussi à soi, la gratitude c'est aussi le bonheur

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo, @brigittedusch


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Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

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Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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