Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

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vendredi 1 mai 2020

Huis clos J.45


Tout se joue à clos fermé.

La vie se joue derrière les murs, sans spectateur, avec les mêmes acteurs, toujours les mêmes, la scène se répète, les actes changent au gré des heures, mais au final les jours se ressemblent. A clos fermé.

On n'ouvre pas, on n'entrouvre  pas, on reste là, entre soi. Tout est fermé, verrouillé dedans. A huis clos. A l'intérieur, de soi. Emotions retenues, confinées elles aussi, reléguées, rejetées, assignées au silence, muettes,  au fond d'une mémoire qui n'en peut plus de contenir ce trop plein qui ne va pas tarder à déborder, exploser.
On tient, on garde, on serre, on se retient, mais

Il n'y a plus de place, plus d'espace, on ne peut plus rien y loger, pas la moindre larme, pas le moindre silence. A clos fermé.
A force d'étreindre, on se dit qu'on ne pourra éteindre ce feu intérieur qui nous dévore et nous détruit peu à peu. On s'épuise lentement.

On étouffe, on suffoque, il n'y a plus d'air, plus d'oxygène. A clos fermé.

Tout se joue là, dans le même décor, on donne le change, on s'invente un rôle, on endosse un nouvel habit, un nouveau costume, on tente, on s'essait on réussit mais aussi on rate, on déraille, mais on ne peut pas s'échapper, la porte est verrouillée, les fenêtres cadenassées. Nous sommes emprisonnés dans cet espace confiné, qui ne tarde pas à nous oppresser, à nous dévorer. Huis clos.

A bout de souffle.
Parfois c'est le drame, nul ne sait vraiment se qui se joue derrière ces quatre murs, ces fenêtres sur cour fermées de l'intérieur d'où s'échappent parfois des cris, des coups, des pleurs et puis plus rien ! Effrayante et effroyable tragédie.
Tout se joue dans le silence, sans rien, ni personne, tout s'écroule, tout s'essouffle, et tout s'écroule. On en meurt !
A huis clos, à clos fermé.
Abandonnés,
Dans le silence
Dans l'indifférence.
A en mourir.

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch

samedi 25 avril 2020

Quarantaine : J40





Quarante jours, quarante jours de privation de liberté, d'enfermement, d'assignation à résidence, d'interdiction de quitter le territoire délimité arbitrairement par les autorités compétentes dans le cadre d'un dispositif sanitaire imposé par le contexte.


Sommes-nous fait pour être emprisonnés de la sorte et tenus en laisse ? Que signifie ce temps, volé, kidnappé pour assurer notre sécurité ? Est-ce là le fondement de la décision ? Nul ne sait.

Quarantaine : La quarantaine consiste à isoler des personnes, des animaux, ou des végétaux durant un certain temps, en cas de suspicion de maladies contagieuses, pour empêcher leur propagation. En empêchant les personnes d'avoir des contacts avec des individus sains se trouvant à l'extérieur de la zone de confinement, on rend la contagion impossible et les maladies infectieuses disparaissent d'elles-mêmes. "Wiképédia.


Nous voici donc à quarante jours du 17 mars. Celui qui débute une nouvelle ère, elle d'après. Nous n'avons guère été vraiment isolés au sens propre du terme, écartés seulement de nos activités, privés de nos libres allées et venues, nous devons rendre compte de où, quand, comment.
Avons-nous évité la propagation de la maladie ? De quelle maladie ? Car qu'en sait-on vraiment ? Nous n'avons pas de recul, hormis ce que les tissus des morts racontent, de ce que les vivants disent, de ce que les examens pratiqués révèlent. Mais au fond ? Guérison ? Rémission ? Séquelles ? Nous n'en savons pas davantage non plus du VIH, du cancer ni des autres fléaux qui continuent de prendre des vies malgré les soit disant avancées de la médecine et de l'enrichissement (surtout) des lobbies pharmaceutiques. Tous les jours, les médias nous font le sinistre décompte : nombre de morts, de presque morts, d'infectés, de probablement infectés etc.
A t-on réellement empêché les infectés (ou les suspects, présumés coupables) d'être en contact avec les sujets soit disant sains ? Comment le savoir
Tout d'abord, même encadrée, fortement réprimée, la circulation est inévitée et inévitable, les gens ne sont pas au secret, ça bouge, ça vit, il y a du monde dans les rues, dans les supermarchés, sur les chemins de campagne, dans les bus, métro. Bref un peu partout. La longe est longue, et à la discrétion de ces autorités qui nous veulent du bien, et qui en veulent surtout à l'économie, la bourse, les actionnaires. Et puis : Qui est malade ? A part les hospitalisés, les mourants, les quasi mourants ? Que sait-on des autres, puisqu'aucune dépistage n'est pratiqué ? Et c'est bien là que ça coince ? C'est bien le noeud, le terrible point de capiton qui fait que nous errons tous dans une nébuleuse archaïque et tragique ! Alors à quoi bon se disent certains, invincibles ? Ca n'arrive qu'aux autres, je vais bien, alors ?
Il y a cette certitude, cette croyance fausse, cette ignorance du danger, ce déni, cette insouciance, cette irresponsabilité, cette inconscience ! Pourtant rien ni fait, même pas l'instinct de survie ?
Quarante jours, c'est long, mais trop court, nous ne sommes pas arrivés au bout, celui ci n'est pas devant nous encore ! Nous avons avancé seulement de quelque pas sur ce chemin sinueux, semé d'embuches et de ronces. Quarante jours encore ne seront pas suffisants.... Ni encore quarante autres ? Mais pourrons-nous vivre confinés éternellement. Apprendre à vivre avec ? Négocier donc ? Mais qu'est-ce que cet ennemi invisible, imprévisible, omniprésent, peut-nous offrir en échange de ce sacrifice ?

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch

mercredi 25 mars 2020

Il y eut l'insouciance



Insouciance, liberté, deux mots qui en cette fin du mois de mars prennent une autre dimension, une autre mesure.
Des mots qui semblaient la plupart du temps, banal, sans grande originalité, faisant pour la plupart d'entre nous partie de notre quotidien, de notre réel.

Mais on ne prend conscience de la valeur de ce qu'on a lorsqu'on ne l'a plus.


Ainsi, insouciance et liberté semblent à présent appartenir à un lointain passé, pourtant pas si loin.
Cette légèreté n'est plus de mise, elle est remisée derrière dans un passé proche, dans un hier dont on se demande si un jour… Un jour, des semaines, des mois..

On se demande, on se questionne, ON. Se "on" c'est nous, nous tous, baignant dans un climat d'incertitude, une vague qui nous prend et nous jette chaque jour, chaque heure devant l'Horreur, la tragédie qui tant de fois a été mise en scène dans les fictions les plus imaginatives et terrifiantes. La fin du monde, le dernier jour, les survivants…

Tout à coup, brutalement ces scenarii deviennent une réalité, et nous explosent en pleine figure. C'est brutal, d'une violence inouïe, c'est un traumatisme terrible, et comment faire face ? Notre instinct de survie, est parfois surprenant mais nous pousse aussi au pire plutôt qu'au meilleur. L'Homme se révèle dans l'adversité, la guerre, et le chaos, nous sommes tous lâches, peureux et morts de trouilles, égoïstes, mais aussi capables de générosité et d'altruisme, si l'on arrive à dépasser sa peur !

La peur toujours elle, toujours présente, ancrée au plus profond de nous et qui ne demande qu'à surgir telle la lave du volcan jamais tout à fait éteint

Alors il va falloir trouver, bricoler, ajuster, pour vivre dans la peur, la peur terrible qui confronte chacun de nous à la pire des angoisses, l'Originelle, celle de la Mort, la nôtre et celle de l'autre. Il va falloir vivre dans la crainte, le déni parfois pour se protéger, faire des actes fous car finalement "à quoi ça sert de rester enfermer puisqu'on ne sait rien ?" Fous, folie...
Il va falloir et c'est le plus compliqué accepter, trouver la possibilité de vivre sans pouvoir donner du sens à ce qui nous arrive, car c'est impossible.
Il va falloir même si on le sait déjà vivre dans le mensonge, le mensonge d'état, pour le bien du Gueux que nous sommes, être spectateur passif devant les clivages et les passe-droit que ces élites s'octroient;

Mais peut-on demander à la populace que nous sommes, à a la piétaille d'être les nouvelles chairs à canon de ces nouveaux Nivelle ? Ont-ils ce droit ?

La rage et la colère ne sont pas bonnes, mais je vais cette fois encore penser à l'ami de mon grand père, à mon père, aux Miens, aux demoiselles H, qui ont bercé mon enfance, ces deux sœurs que Papy étaient allé rechercher il y a bien des années au Lutécia, après la Tragédie.

La rage et la colère sont des jumelles qui permettent de tenir parfois dans les situations extrêmes, car il nous faudra témoigner, car il faudra leur demander des comptes, car il devront rendre des comptes. Tenons bon aussi pour ça.

Prenez soin de vous, chers lecteurs de tous pays qui me lisez, écrivez, témoignez ! Les commentaires sont ouverts et vous pouvez rejoindre le groupe Facebook crée pour se retrouver et parler : https://www.facebook.com/groups/529390241290856/"restez chez vous et parlons ensemble"

Brigitte Dusch, historienne et psychanalyste
Crédit photo @brigittedusch

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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

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Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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