Psychanalye Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

mercredi 26 août 2020

Il y a la rupture



Rupture, cassure, déchirure, brisure
Rompre, casser, déchirer, briser
Douleur

Il y a la rupture, il y a le moment, les mots, les cris parfois, les larmes souvent, le désespoir toujours. 
Il y a tout ça, l'instant tragique du non retour, c'est fini, il faut partir, s'en aller et ne plus revenir jamais

Rupture, brutale, pensée, rêvée, fantasmé, espérée, souhaitée, redoutée. Remise à demain, à après demain, à un jour peut-être, et à ce jour fatal.

Rupture à tâtons, à pas de loup, sans rien dire, en catimini, à pas feutrés, sans rien dire, à la cloche de bois, sournoisement, pas vraiment, en finir
Sans vouloir faire vraiment mal, ou faire très mal
Rupture

Se demandent comment faire : pour partir ?
Sans faire d'éclats, avec lâcheté, sans regarder l'autre, sans être avec l'autre, sans lui dire vraiment, en lui faisant comprendre, en en lui disant rien. 
L'indélicatesse délicatesse de prendre soin de celui ou de celle qu'on va mettre au sol.
Envisager, penser, préméditer, imaginer
Agir sous la pulsion, l'impulsivité, faire vite, se débarrasser, en finir, tourner la page. 
On y met les formes ou non. L'important est de se tirer de ce mauvais pas, celui de l'autre. Fuir et éviter à tout prix ses larmes et sa souffrance, ce n'est pas qu'elle soit touchante, mais embarrassante. Plutôt. 
Il y a mille moyens p
ar lettre, par mail, par SMS, en laissant un message maladroit sur le répondeur d'un téléphone après s'être assuré  que l'autre ne pourra décrocher tout en ayant l'aplomb de lui faire part de nos regrets  "tout ça j' aurai aimé te le dire de vive voix."

C'est parfois à s'étouffer, car ça ne passe pas. Mais est-ce si simple de partir, de dire au revoir, de rompre sans éclats, sans maudire et sans mot dire ?

Est-ce un manque de courage, un acte de lâcheté ? Les deux peut-être, sûrement, cela dépend, parfois c'est un acte de survie et il faut sauver sa peau.
Rompre c'est casser, c'est séparer, il y a toujours un avant et un après, une histoire qui se termine, mais qui laisse des traces, des souvenirs, du chagrin, de la colère et de la peine.

Il y a la rupture. Il y a le maintenant. Mais il y a aussi l'après.

Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch

dimanche 9 août 2020

Un long silence


Un long silence, un temps long, pour aller à la rencontre d'un autre soi. Celui qui n'existait pas, qu'on ne soupçonnait pas jusque là. 

Un temps nécessaire pour parcourir le chemin, s'arrêter, partir, se dire aussi qu'il ne sera plus jamais question de revenir. 
C'est un aller simple que ce voyage là, c'est un aller sans retour. Prendre un billet vers nulle part, sans boussole, juste en se faisant confiance. Car on n'a plus le choix.
On se dit que devant le malheur et la tragédie il faudra faire face, le vivre en est une autre. On se croit armé et on se trompe. Car il ne s'agit pas d'armes, il ne s'agit même pas de guerre, il n'y a pas d'ennemi, rien à perdre, rien à gagner;

Il faut simplement y aller, traverser l'enfer, l'insomnie, la terreur, le désespoir, déverser des torrents de larmes, demander des secours, qui jamais ne viennent et ne viendront jamais

C'est en ça que réside la force : l'Etre seul, l'Etre face à soi, face au malheur, face à la peur, face au vide, et se demander si et quand on va basculer

Etre sur le fil du rasoir, il suffit de se pencher, de se laisser aller, de se laisser glisser... Ou non 
Croire que cette fois, jamais on n'y arrivera, jamais on n'y parviendra.
Choisir.

Pourtant  ! On se dit qu'on a survécu déjà à tant et à tant, qu'on fait partie de la race des Survivants, des presque morts, de ceux qui reviennent toujours, mais juste un peu mais différents. 
Différents, non pas plus forts, pas plus faibles, pas plus meurtris mais différents.

Car nous avons appris.

Il y a des moments où la vie nous oblige a prendre rendez-vous avec l'enfant que nous étions, de le regarder vivre, ses joies, ses peines, les violences et les chagrins. Le regarder avec compassion et l'aimer. Puis il y a des moments où il faut prendre un autre rendez-vous. 

Partir à la rencontre de l'adulte, cet homme, ou cette femme, ce sujet humain qui est aussi en nous mais que nous ne connaissons pas vraiment. Le résilient, le survivant, celui qui va affronter. S'affronter. Se défier, se surprendre, se surpasser.

Il faut comprendre que même si des mains se tendent, c'est une illusion, un mirage, qui retarde notre rendez-vous, notre grand soir ! Nous seul avons la clé, celle qui ouvre la porte de notre Etre

Car nous sommes, nous ne sont que ça : Etre.

JE SUIS

Cela nécessite un long chemin et un très long silence. 

Brigitte Dusch, historienne psychanalyste
Crédit photo @brigittedusch

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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.

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Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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