Psychanalye Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

mardi 25 mars 2008

Exil

Exil !

La solitude ne condamne pas forcément à l'exil, mais l'exil entraine la solitude. Sûrement...

L'exil ? Qu'est ce que l'exil ?
Partir, quitter sa terre, sa demeure, pour un ailleurs que l'on espère meilleur ?
C'est une question de place ? Qui n'a plus de raison d'être ici et maintenant, et qu'on espère possible dans un ailleurs et futur ?

C'est ce qu'exprimaient les nombreux exiles, réfugiés politiques, fuyant la guerre, le totalitarisme que j'ai rencontré, que j'ai écouté.

Dans l'exil alors il y aurait de l'espoir. Du moins dans le désir d'exil, dans sa possibilité, dans le souhait de ce partir, dans l'acte, dans l'action. Dans ce désir d'action. Ce serait un mouvement, d'un point de départ à un autre. Oui, si on considére l'expression "partir en exil "

Mais "être en exil", suppose que le mouvement a bien eu lieu,que l'action est effectuée, actée, et que nous sommes à présent dans l'ici et maintenant, celui désiré, que l'action est terminée. Une sorte d'inaction alors maintenant. Un état. Etre, verbe d'état !

En état permanent ?

Exil, exilé, déporté, réfugié, déraciné....Tous partis d'un point de départ insupportable, d'une position plus tenable pour un ailleurs supposé meilleur. Exil/asile
On part, on quitte pour demander asile ailleurs
Dans un ailleurs pas forcément choisi. Pour ailleurs ?

Quel que soit cet ailleurs, on laisse toujours et on perd toujours. Je ne sais si on perd au change, comme on dit, mais qu'est ce que le change ?

L'ailleurs...? Il peut être en nous, nous sommes parfois si étranger à nous-mêmes. En exil de nous-mêmes.
C'est aussi, peut-être une question de place, trouver sa place, être à sa place, avoir une place. Un patient m'a dit un jour, ne pas avoir de place ici bas. Qu'il n'en n'avait jamais eu, puisqu'il n'avait même jamais été désiré quand il est venu au monde "accidentellement".
Alors on tourne et on se retourne vers la question du désir, vers le désir, le désir de l'autre, puis vers son désir à soi.
Mais comment avoir du désir, se désirer, un désir, si l'autre ne désire pas, ou ne nous désire pas ?

L'exil est aussi une souffrance, une des pires peut-être ? Si la souffrance peut se mesurer, se comparer ?
la souffrance est singulière, une expérience subjective, propre à chacun de nous, nous la subissons et/ou la sublimons comme nous pouvons, ou comme nous le décidons, si nous décidons de le décider.
Encore faut-il avoir cette envie, ce désir, cette possibilité, et aussi cette pulsion, pas de vie, mais au sens du mouvement, au sens mécanique, technique du terme.

Mais comment peut-on devenir étranger à nous même ? En exil de soi ?
Et puis qu'est-ce que cet exil là ? Aussi.

On part tous de quelque part, pour aller et arriver parfois nulle part.

Mais on espère aller dans un autre quelque part, supposé, pensé, révé forcément meilleur.
Mais il reste quelque chose de nous dans ce quelque part que nous avons laissé un jour, du moins on se plait à le croire, à l'imaginer, à le désirer...Si fort....!
Et on le retrouve dans nos songes, éveillés ou non !

Rassurant que d'imaginer ce quelque part là peut-être ?
Où l'on ne retournera plus jamais, ou si l'on y revient on ne le reconnaitra pas, plus, car il ne ressemble plus à celui qu'on a quitté, et on se rend compte que la vie continue. Sans nous....Sans nous !

La question est pour certains de savoir quelle trace ils laisseront de leur passage ? ou ce qu'ils en emporteront ?
Mais rien !
Car emporter, c'est peut-être ça le cadeau empoisonné ?
Laisser quelque chose : C'est vanité de croire qu'on manque, lorsqu'on est absent, lorsqu'on est plus là ? Présence ? absence ?

Expatrié, déraciné.... Ces préfixes privatifs, qui privent, mais de quoi ? de l'habitude ? de la sécurité ?
Quitter, partir, s'en aller, c'est aussi prendre un risque, pas simple de prendre un risque dans une société qui assure tout, qui assure de tout. Ou presque tout.
Il faudrait pour être rassuré, être assuré contre tous les risques, la pluie, le vent, le soleil, la secheresse, la tempête...
Quel risque que de naitre ! On risque sa peau chaque jour, à chaque seconde, heureusement qu'on ne s'en rend pas compte, ou pas toujours !


Déracinés.. ? Quelles racines ? A quoi sommes-nous enracinés ? A quoi sommes nous enchainés ? On s'interroge... Et un jour on réalise avec stupeur qu'on à oublié presque la langue. Sa langue !
La langue de ses racines. Pas la langue maternelle. Ce terme ne convient pas. Il ne s'agit pas de mère, bien que....
Je préfére "l'Heimatsprache", à la condition qu'on traduise ce merveilleux Heimat par le foyer, l'âtre, l'intérieu, le soi... l'intime, et non la patrie.

Les racines, la langue donc ?
Au fond de chacun, au fond de la mémoire, il reste des souvenirs, de cet ailleurs là qui ne sont pas forcément les nôtres, mais seulement ceux des nôtres. Ceux qu'ils nous ont transmis -devoir de mémoire- Souvenirs sanglants, cadeaux empoisonnés, violence et cruauté des hommes....
Portes ouvertes malgré nous et qui auraient dues restées fermées, mais qui sont ouvertes. Et il faut faire avec ! Il faut faire.

Faire avec... Des bribes, des restes et des ruines, des lambeaux de souvenirs.
Des murs qu'on franchit ou qu'on ne franchit pas. Les barbelés existent aussi dans la tête, et il n'est pas plus simple de les enjamber.... Mais y a t-il un check point ?

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Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.

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