Psychanalye Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

dimanche 29 juin 2008

La mort ?

Qu'est ce que la mort ?
Cette question reste et restera sans réponse, personne n'en n'est jamais revenu pour nous le dire !
Et puis avons nous vraiment envie de savoir ?
Gigantesque continent inconnu, imaginé, imaginaire et fantasmé des milliers de fois.
Inconnu et inviolé, dévastant pourtant l'imaginaire et la réalité.
Dévastateur du symbolique....

Continent noir, territoire des ténébres, il constitue le Paradis ou l'Enfer de ceux qui pensent que l'au delà pourrait être, et être peut-être un monde meilleur.
Mais meilleur que quoi ? Que le monde d'ici bas ?
On se plait alors à dire, à croire et à faire croire, que l'enfer est sur terre, ce qui peut-être vrai, et qu'on serait tenté de croire, quand on y regarde bien, de prés ou de très prés...
C'est finalement effrayant
On se dit alors que l'au delà, si toute fois au delà il y a, ne peut être pire, on se rassure comme on peut, comme on veut, en s'inventant des histoires, en s'amusant à se faire peur !

Comme lorsqu'on est petit et qu'on se rend au cimetière, la nuit, quand il fait bien noir...Espérant peut-être voir quelques lucioles qui nous renseignera sur les morts, ou la mort !

Il y a toujours un monde meilleur que le monde dans lequel on vit, cela nous permet de vivre, ou de survivre. Il y a toujours mieux, toujours plus...Nous nous plaisons à le croire.
Mais en réalité ou en secret, on n'y croit pas trop, ou alors les jours de spleen ou les jours où on refait le monde par une nuit d'insomnie. Une nuit sans lune qui s'ouvre encore sur un jour sans soleil !
Pour se convaincre qu'on aura au moins une possibilité d'ailleurs, où il fera plus clair, plus chaud, moins chaud quand même que les flammes de l'enfer, où personne n'a vraiment envie de bruler
pourtant on est prêt à vendre son âme au diable, pour une poignée de dollards, ou quelques rides en moins
Non, pas qu'on ne veuille vieillir, mais on a pas vraiment envie de mourir, ou pire de vieillir vieux, alors si le diable s'habille en botox pourquoi pas ?
Lucifer n'est plus ce diable cornu mais l'homme qui manipule tout, la vie et l'ADN, les esprits et aussi les âmes.
Mais on ne s'en tire pas trop mal, car Lucifer était aussi le premier rebelle ! Alors, tout est peut-être permis !

Si on n'achète plus de places au paradis, on se dit que peut-être ?
Car le peut-être , c'est pas si mal, ca laisse une porte ouverte
Une porte ouverte vers le ciel
Le ciel, pourquoi pas la terre ?
C'est meilleur de s'élèver, ça fait moins mal que s'abaisser, vu qu'on a rampé pas mal d'années pendant sa triste vie, on aimerait quand même que le jour de sa mort on se hisse vers le soleil, sans trop s'y roussir les ailes, ou celles de l'ange qui viendra nous chercher !

Ah que la mort semble douce quand on y pense comme ça; Mais le mieux quand même c'est de ne pas y penser, ou d'y penser le moins possible, elle viendra assez tôt, nous cueillir sur le champs de bataille de notre misérable vie..

Alors qu'est ce que la mort ? Une simple vue de l'esprit ? Elle existe vraiment ou alors ce n'est qu'une invention pour nous faire peur ?
Vis bien sinon tu vas mourir !
Mais de toutes façon, on va mourir ! Tous, on le sait, même si on oublie, on zappe, on refoule, c'est la seule certitude de l'être humain, c'est le seul et même don donné à chaque nourrisson, la mort !
le même cadeau que nous recevons à la naissance
Notre seul bagage, en quelques sorte. Notre valise, notre héritage. Sans droit de succession, c'est totalement gratuit !
On se le traine plus ou moins lourd, pendant un nombre indéterminé d'années, nul ne sait quand les quatre soeurs couperont le fil, si elles le feront exprés ou par inadvertance... Encore une incertitude, dont certains aimeraient se passer, dont certains s'acharnent à connaitre ! En vain..
Cadeau donc..

Puis on en fait ce que l'on veut...Fais ce que voudras....Fais ce que pourras !

On passe sa vie à apprendre à bien vivre, ou a bien mourir, c'est selon, selon soi, selon sa culture, selon son éducation, selon nos croyances : celles qu'on nous a offerttes ou infligées, encore un joug dont on peine à se libérer.
Mais nous ne sommes pas égaux devant la mort ! Face à la mort... Certains meurent mieux que d'autres, plus vite, en ayant moins mal, plus vieux, plus jeunes, sans s'en rendre compte ! Certains se la donnent (quel cadeau se font-ils alors ?). D'autres la recoivent (quel cadeaux ?); d'autres l'infligent au nom d'une loi, d'un non, d'un nom dont eux seuls connaissent la règle qu'ils ont défini au préalable.
La vie est d'une injustice...Parfois ? Souvent ? Toujours !
Apprenez à mourir tonnait Bossuet du haut de sa chaire aux misérables qui s'étaient trainés jusque là, pour être vus !Et qui passaient leur vie à vivre ! Qui venaient là, histoire d'en rire.
Mais se rit-on de la mort ? Ou se rit-elle de nous ?

La mort n'est elle alors qu'une simple vue de l'esprit ? Une illusion entretenue tout au long de la vie, un simple passage non vers l'au delà, mais vers une autre vie ?
Tout s'arrête t-il quand le coeur s'arrête de battre ?
On se bat, on débat pour le savoir, dire et imposer ses vues sur le sujet, vaste sujet aussi vaste que la mort, mais celle ci reste un désert, un champ de ruines ou un paradis, cela dépend de la définition qu'on s'en donne, du moment où on se la donne....

On ne peut vraiment la regarder en face, ou alors on n'en revient pas, si on en revient, c'est qu'on ne la pas vu tout à fait, nous n'avons fait que l'apercevoir, au coin d'une porte qu'elle nous a claqué à la figure, nous disant qu'il n'était pas encore temps, que ce n'était pas le moment, qu'il nous faudrait attendre encore..
Encore ? Mais combien de temps ?
Tout serait-il écrit ? Mais écrit où ? Ecrit par qui ?

Elle ne semble pas si terrible vue de près, après tout, elle ne semble pas si terrifiante.
Vue de l'esprit, mais vue comment, comment l'esprit peut-il voir ça, l'imaginer et le fantasmer ?
Pulsion de mort ?
Pulsion de vie ?
L'un ne peut être sans l'autre, l'un dépend de l'autre, l'autre dépend de l'un. Curieux duo, où l'un doit céder la place à l'autre. Pas de mystère, on sait qui des deux sera le champion, encore que, parfois la lutte est âpre, et la vie ne se laisse pas faire, elle gagne la partie, du moins pour un moment, et ce n'est que partie remise, l'adversaire attend tapi dans l'ombre son heure, son heurt et son moment, où il viendra infliger sa revanche et laisser la vie KO au bout d'un seul round, le dernier. Il lui ravira à jamais son titre de champion, qu'il n'hésitera jamais à remettre en jeux, car il sera de toutes les manières vainqueur !
Le match est donc truqué, n'empêche qu'on s'amuse comme des fous parfois, ceux qui savent, ceux qui font de la vie un jeux, une pièce de théâtre, ceux qui décident d'en écrire le scénario et d'en modifier les épisodes au fil des rencontres, comme les soaps américains !
Après tout, la mort ne fait qu'un simple clin d'oeil à la vie.. Elle nous ouvre les yeux, avant de les fermer pour l'éternité !
Tout un art de vivre, mais aussi tout un art de mourir...
Ne pas rater sa mort, est peut-être (encore une fois une éventualité, mais la dernière) plus difficile que de ne pas rater sa vie. Si celle ci a été médiocre on peut tenter de faire une apothéose avec celle ci, pour que les adieux ne soient pas tristes et restent dignes, on n'ose alors tout ce qu'on n'aurait pas osé de son vivant, après tout ! Après nous, ne peut-il y avoir que le déluge ?
On entre dans la mort, un peu comme on rentre en religion (du moins en théorie, comme on dit) pour toujours, sans aucune possibilité de faire marche arrière, il n'y a pas de billet de retour, et c'est peut-être tant mieux ?
La dernière volonté est parfois au contraire de susciter des regrets éternels.... Regretté pour qui ? Pour quoi ? Par qui ?
Curieux départ que celui ci, douleur pour ceux qui restent encore un moment...

La mort n'est jamais belle, simple, mise vraiment en scéne, pour l'avoir vue, souvent, approchée trop souvent, cotoyée aussi quelque fois, frôlée....Belle n'est pas l'adjectif qui convient. Simple non plus...Elle arrive quand on ne l'attend pas vraiment....Il reste souvent ce souffle de vie, cette pulsion de survie qui pousse encore une fois au dernier combat.

Dernier effort, derniere ligne droite, dernier round...1, 2, 3....Puis on n'entend plus l'arbitre.... conter.
RIP

2 commentaires:

Violette W-Ruer a dit…

La mort pour moi n'est pas une fin en soi... Juste un autre stade... Hors d'un corps physique... Je crois à l'au-delà, à la lumière, à la protection des disparus... Cela m'aide à continuer à vivre. Il y aurait tant à dire sur ce sujet... Pourtant la mort fait peur...Et j'avoue que j'en ai peur... Surtout en pensant au chagrin de ceux qui restent... Je ne peux imaginer mes enfants pleurant sur ma tombe... Qui pourra les consoler ?
Bonne nuit.
Bises. Violette

castor a dit…

Merci Violette d'être passée ici et d'avoir écrit.
Nous avons tous notre approche, définition, regard sur la mort...Rien n'en n'est définitif, je crois.
La peur de mourir,Elle est. Peur de l'inconnu et de l'impensable, de l'imreprésentable.. Peur de mourir en laissant ceux qu'on aime tristes.. C'est une sorte de lien qui nous tient et nous retient aussi.
Un chamane m'a expliqué à l'hôpital qu'il fallait absolument laisser les portes et les fenêtres de la chambre ouverte, d'empêcher les personnes tristes de rentrer dans la chambre d'un patient mourant, sinon son âme ne pouvait partir, elle restait là, attachée aux émotions, aux affects ressentis par ceux qui souffraient la mort de l'autre.
Ce rite, m'a énormément interpellé, alors..
Je vous embrasse aussi, bien amicalement
Castor

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