Psychanalye Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

lundi 18 août 2008

Le bonheur

Vaste question que le bonheur ? Et vaste sujet de discussion pour tenter de définir cette notion.
Bonheur au singulier, un bonheur, un grand bonheur, des bonheurs, plutôts petits quand ils sont au pluriel...Comme s'ils étaient plus simples aussi, plus facile de trouver des petits bonheurs, de les éprouver, de les ressentir, que de rencontrer le bonheur, le Grand Bonheur...A la bonne heure...

Chacun en a sûrement sa définition, chacun s'en est fait une idée, chacun a son bonheur, chaque bonheur serait donc singulier, il y aurait donc une sorte de singularité à cet affect, qui serait aussi particulier que le sujet qui le ressent, le cherche, ou le vit...Ou ne le trouve pas, ou n'ose s'en approcher.

Il parait que chaque être est à la recherche du bonheur, une sorte de quête du Graal, on cherche, cherche encore, longtemps, très longtemps, cela peut prendre toute une vie, on trouve ou pas.
Mais que cherche t-on ? Le bonheur...Trop vaste sujet, on cherche sa représentation, ce qu'on croit être ça, ou ce qui lui ressemble, ce qui s'en approche, pas trop près quand même..

Il y a comme quelque chose de magique dans cette quête là, mais maléfique aussi, comme si lorsqu'on l'avait approché d'un peu trop près, l'illusion pourrait se briser, le rêve tourner court, et le bonheur de s'enfuir, aussi vite qu'il est arrivé, aussi vite qu'il est apparu...
Comme s'il était difficile de s'en saisir, de se l'approprier, il est là, tout près, si près que parfois on ne le voit pas, on ne le sent pas, car on cherche, encore, on cherche ça, le bonheur justement, mais comme on ne sait pas vraiment ce qu'il est, on cherche quelque chose qu'on ne trouve, pas, qu'on espère, mais qu'on n'ose pas rencontrer
Comme si on ne le reconnaissait pas, mais pour reconnaitre il faut connaitre déjà, si on ne connait pas, comment reconnaitre ? Une chaine sans fin, un puit sans fond, chercher quelque chose qu'on ne connait pas.
On n'en a bien une vague idée, une notion si vague, que la re-présentation est quasi impossible, on dessine les contours, on pense à ses voisins, à ceux qui nous ont parlé de leur bonheur,oui, mais voilà, il s'agit de leur bonheur à eux, un bon heur qu'on ne comprend pas, qu'on trouve terne, minable parfois, tant notre idée de celui ci est grande, grandiose, grandiloquente
Le bonheur est un graal innaccessible, une impossible quête dont le fruit ne serait destiné qu'aux élus.
Mais qui sont ils les bienheureux, les désignés, qui décident que le bonheur est pour lui, pour elle ou pour eux
Qui décident de ça ?
"Lebonehur c'est pas pour nous": Le bonheur c'est pas pour les gueux, les manants de la vie ordinaire, les traines patins du quotidien, ceux qui croient que le bonheur n'est fait que pour ceux qui sont de la race des seigneurs
Chacun a droit à sa part de bonheur dit on ? Mais de quel droit s'agit-il ? Sommes nous dans cette notion là ? dans ce registre là ?
Le bonheur est une notion suggestive, comme l'espoir peut-être, une notion pour les simples, pour ceux qui croient qu'on peut être heureux sur cette terre de misère
Qu'on peut ménager, se ménager un no man's land sans souffrance, un instant de bonheur...
Suggestif ? Inventif ? Créatif ? Vue de l'esprit ?
Pour s'assurer, se réassurer de la vie, de l'ordinaire, se dire qu'il y a forcément des lendemains qui chantent..Un peu plus qu'aujourd'hui et un peu moins que demain
Qu'après avoir mangé son pain noir, on mangera son pain blanc (bien que celui ci ne soit de nos jours guère nourrrissant !)
Le bonheur serait alors pour demain ? Vain espoir qui permet cependant de s'endormir, se disant le soir, que demain sera peut-être le fameux jour du rendez vous.... Mais pour avoir un rendez vous, ne faut-il pas être deux ? Ou alors c'est le fruit du hasard.
C'est peut-être ça le bonheur, le fruit du hasard, si on postule ou admet que peut-être hasard il y a, ou du moins quelque chose comme ça, qui arrive sans rendez vous, une sorte d'urgence qu'on prend ou pas, à l'arrache...
Un bonheur qui nous tombe dessus sans prévenir, bonne surprise donc, mais encore faut-il le reconnaitre, l'identifier, savoir que c'est lui qui arrive, l'oncle d'Amérique, le paradis sur terre, et s'en saisir, vite, le mettre dans sa poche, ne pas le laisser filer, le garder par devers soi, tout contre soi.... Généreusement le partager, le vivre pleinenement, une fois n'est pas coutume, puisqu'il parait qu'un bonheur n'arrive jamais seul...
Oui, mais alors il arrive avec quoi ? Qui ou quoi l'accompagne, un cortège de misère, de malheur ou de bonnes nouvelles ?
Allez savoir, ou allez voir !
Il suffit donc d'y croire, d'attendre et d'espèrer
"Soeur Anne ne vois tu rien venir ?" Mais que verrait-elle du haut de sa tour ?
On attend, encore et encore, et on se souvient : des jours heureux et on pleure
On pleure sur le bonheur, sur ces jours heureux, qu'on n'a pas vu, cru, vécu, mais qui pourtant étaient heureux, mais qu'on n'a pas vécu pleinement, car tellement obnibulés par cette quête incessante d'un graal innaccessible, tant occupés à la recherche du Bonheur
Qu'on ne l'a pas vu, passé, fugacement, lentement, un petit peu, longtemps peut-être, qui nous a donné de la joie, du bonheur..

C'était donc ça ! Les jours heureux et je pleure....

Je pleure sur moi et sur le bonheur, celui que je n'ai pas vu, que je n'ai pas su vivre, que je n'ai pas su apprécier, que je n'ai su saisir, me délecter...Aimer peut-être ?
Ce don du Ciel, pour certains de Dieu, qui pourtant n'a guère à faire ici encore, le bonheur sur terre étant l'affaire des hommes, comme le malheur, qu'ils s'infligent à longueur du temps, des ans et des heures qui passent, car quand sonne l'heur, où est le bonheur ?
En est-on seulement digne ?
C'est donc sur le bonheur passé que l'homme pleure, que l'homme qui ne ne l'a pas convoqué qui n'a rien demandé, n'était pas au rendez vous, ou na pas su ouvrir son coeur, son oeil, son esprit, son âme pour saisir ce moment précis, où tout était possible, ou le bonheur tant cherché, tant convoité était là, à portée de main, au rendez vous de l'impossible, au coin du chemin, au coin de la rue, de l'impasse qu'on n'a pas empruntée, tant on aime prendre les avenues ou pire les grands boulevards !
Un bonheur, des bonheurs qui étaient là, que nous avons vécu sans savoir, heureux ou malheureux que nous sommes ! Inconscients et irresponsables ?
Un bonheur au passé, qu'on ne peut réaliser qu'après quand il est passé et que les moments présents sont malheureux ou moins heureux ?
Au passé, à l'imparfait de l'indicatif, du mode indicatif, pas celui du souhait, mais celui de l'acté, un imparfait...Encore...Tout comme l'homme pas parfait et heureusement...
Un bonheur parti, échappé, en cavale, qu'on essaie vainement de rattraper, de retrouver, de revivre, pareil au même, sauf que le pareil au même n'existe pas et chercher ça c'est encore une fois s'exposer à l'échec...Ce bonheur là, s'en est enfoui, pour longtemps, pour toujours, il est parti, c'est un autre, qui peut-être arrivera, sera au rendez vous, tout seul, sans nous, car il faudrait toujours être attentif, près du téléphone, se disant qu'il va sonner pour nous dire de courir au coin du chemin....
On s'en rend compte après, on se réalise qu'à ce moment là, passé," on était bien, heureux..".S'en suivent les regrets..."Et on n'a pas su en profiter, on n'a pas su apprécier, on ne savait pas que c'était ça !"....."Si on avait su !" Mais su quoi ?
Quoi de pire que les regrets ? Les remords ?

Wanted ! Pour une poignée de dollars, on se transformerait presque en chasseur de prime ? D'une prime au bonheur ?

Recherche bonheur désespérement, comme si c'était aussi une question d'espoir...Penser, espèrer trouver ce mot magique, ce sésame, ce passeport vers ce qu'on croit être le meilleur...Peut-être ?

Alors le bonheur ? Un affect ? Une sensation ? Un sentiment ?
Existe t-il au moins un synonyme ?

2 commentaires:

Edouard a dit…

Ah Castor !
Le bonheur serait donc un imposteur !

Edouard a dit…

Cher Castor

Je poursuis la queste.

Le bonheur s'inscrit-il en négatif, en contraste. Le bonheur serait le contraire du malheur, une vie sans ennuis, sans souci, sans accrocs.

Mais alors pour les battants, le bonheur n'est-il pas dans l'action, n'est-il pas dans la réalisation d'un destin, ou plus simplement d'un projet de vie.

Pour ceux-la le bonheur est dans un projet, un objectif, donc le bonheur est bien une course sans fin, une imposture enfin.

A moins qu'il ne se trouve dans le silence, au plus près de nous...

Bien à vous, cher Castor

Edouard.

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