Etoile !
Quoi de plus beau qu'une étoile, L'étoile qui brille au firmament, étoile de lumière, étoile du berger, naitre sous une bonne étoile, étoile de David...
Mon étoile, notre étoile.
Etoile Jaune...
Et puis l'étoile jaune
Celle qui désigne, des hommes parmi les hommes.
Que des hommes qui se disent des hommes excluent de leur monde d'hommes ?
Reconnaissable parmi toute, étoile de la honte disaient-ils ?
Mais de quelle honte ? Et de la honte de qui ?
L'étoile qui désigne ceux dont on ne veut pas, dont on ne veut plus, dont on n'a jamais vraiment voulu.
dont ILS ne veulent pas.
Etoile, étrange insigne qu'il faut épingler, coudre au revers de sa veste, de sa chemise, de sa robe, du plus intime de son vêtement.
Tissus jaune qu'il faut acheter avec ses tickets de rationnement...
Etoile pour tatouer un peuple ...
Avant de graver leur chair..
Pour commettre l'impensable et l'impensé
Pourtant....
On pourrait se demander comment ! Comment cette société soit disant aussi civilisée aussi instruite, cultivée à pu en arriver là
Comment l'Homme sorti de la Horde, comment après avoir soit disant parcouru un si long chemin a pu faire ça ?
Je n'en dirai rien, rien de vraiment original, Freud l'a expliqué, démontré. Le mal est au coeur de l'homme prévient-il, le crime rode, l'ombre de la Horde n'est pas loin, la culture n'est qu'un vernis qui ne demande qu'à craquer pour liberer les pulsions les plus sombres, les plus sordides que la civilisation tente tant bien que mal de réprimer.
Il suffit de lire la longue réponse qu'il adresse à Einstein pour comprendre. Hélas !
Et puis Hannah Arendt avec son impardonnable et implacable théorie de la banalité du mal arrivée sûrement trop tôt, effractant ainsi les esprits avec une violence qu'elle n'a pas voulue. Elle qui s'est justement détachée des passions pour livrer une explication rationnelle et raisonnée de ces crimes contre l'Humanité.
Car il faut être sorti du monde des Humains pour poser de tels actes, nul ne peut en être autrement.
Pourtant cette banalité du mal, ce crime commis par l'homme ordinaire me semble tellement d'actualité, encore. Hélas.
Pas un seul jour sans que l'ombre de l'Etoile ne se profile
Cette étoile pour mettre de côtés ceux qu'ils ont désignés;
Désigner les indésirés, les indésirables dont disent-ils, hurlent-ils il faut se débarrasser !
Les voilà ces gens, ce peuple tout entier désigné par ces autres, qui au nom de leur vérité, seule et unique qui s'impose à tous devient loi pour condamner et dire qui a le droit de vivre et qui doit mourir, choisir qui doit vivre ou non !
Quel choix de société !
Ce groupe là, qui autorise le crime, le légitime et l'organise, à l'échelle industrielle.
Ce même groupe qui édicte des normes, raciales, ethniques. Qui est digne d'être ou ne pas être.
Aujourd'hui encore le crime, ce crime rode, ces mots de haine ne se chuchotent même plus, et ne suscitent ni indignation, aucune réaction
C'est en ce sens où cela devient banal, ordinaire.
Presque dans l'ordre des choses.
Juste ces quelques mots pour rappeler la banalité du mal, la banalité des mots qui font sens, qui font mal et le mal
Juste pour rappeler que le mois dernier à La Rochelle, petite ville de province on a mis en scène dans une université, des juifs, sans étoile, mais en avaient-ils besoin ? Le metteur en scène et les scénaristes y avaient déployés tous les stéréotypes des siècles précédents ! La caricature qui amuse soit disant !
Une comédie à la tristesse d'une mascarade et d'une mauvaise farce.
Le théâtre en sort-il grandi ?
Juste pour dire que des gens de théâtre du moins se disent-ils ainsi ont désigné un groupe pour faire rire et divertir ! Qu'ils relisent Boileau et son Art de plaire, si toutefois ils l'ont lu un jour !
Désigner l'autre, encore une fois, et pas n'importe lequel, car cet autre là est bien le "bouc émissaire" d'un monde malade de la haine, de sa haine, d'un monde qui se gangrène et se délite !
Instrumentaliser l'art, le théâtre et la parole redevient une arme à la mode, un slogan publicitaire pour servir une idéologie violente et perverse !
Une déclaration de guerre !
Un déni et une projection qualifiant la victime de paranoäique, bien sûr quel autre moyen de défense les criminel avancent-ils ?
La pièce de la honte ! Applaudie par des gens qui au final ne savent peut-être même pas ce qu'ils cautionnent ; car la bêtise est comme la haine, elle n'a ni frontières ni limites.
La ville n'en sort pas grandi !
Et puis juste aussi pour rappeler que le mois dernier dans une autre petite ville de province à quelques kilomètres de là, lors d'une conversation banale dans une file de cinéma, quelqu'un m'a dit "il s'appelait ... Mais même sans ce nom on savait d'où il venait... Rien qu'a le regarder !"*
Juste pour rappeler ça, banalité du mal, banalité des mots qui font mal
Tellement banal, que celui qui les prononce, les mets en scène ne réalise pas ce qu'il dit, la portée de ce dire et des actes posés.. Banalité du Mal
Le mal est devenu ordinaire... Et c'est de cette banalité, de cet ordinaire là qu'il faut s'inquiéter.... !
Je dédie cet article tout spécialement à mes amis, Emile, Elisabeth, Rachel, qui sont à mes côtés pour dénoncer cette infamie
Une pensée pour Michel Goldberg qui a tout mon soutien.
L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
jeudi 4 juillet 2013
dimanche 16 juin 2013
Lise Marie, histoire d'une petite fille
Lise Marie... Une petite fille
Lorsque mon amie Anne a évoqué en quelques mots de l'histoire de Lise Marie, j'ai été bouleversée, je lui ai alors demandé de nous la raconter, de nous l'écrire ce qu'elle a accepté bien volontiers. Qu'elle en soit remerciée. Voici donc le récit de cette rencontre singulière et émouvante, Anne a su mettre les mots pour dire, pour transmettre la détresse, le questionnement et la recherche de cette enfant.
Un très beau texte !
Lise-Marie
Il y a quelques années j’ai travaillé beaucoup en centre de loisirs maternel avec des enfants de 2 à 6 ans, et c’est là que j’ai rencontré Lise-Marie.
A l’époque elle avait 4 ans. C’était une petite fille, toute gentille, mignonne, polie, respectueuse, sage… Bref « bien élevée » comme on dit. Elle n’a jamais posé aucun souci à toutes les équipes d’animateurs qui l’ont connue. Mais-Lise Marie était particulière…
Lise Marie ressemblait à un garçon. Son papa était un vieux monsieur, adorable, gentil, poli qui tentait d’élever sa fille et son fils seul du mieux qu’il pouvait. Le frère le Lise-Marie était aussi adorable, gentil et attentionné avec sa soeur,il avait 12 ans et il était vraiment touchant. Le papa était un peu « rococo » et s’habillait comme un vieux monsieur, il portait une petite casquette, des pulls en jersey, avait les cheveux blancs et une petite moustache toute blanche également… Tout le monde pensait que ce monsieur était le grand père de Lise-Marie. Et il habillait ses enfants de la même façon… Son frère entrant dans la préadolescence, choisissait ses vêtements mais tous ses anciens vêtements servaient à habiller Lise-Marie. Il n’y avait aucune figure féminine forte dans l’entourage de Lise Marie.
Elle était donc constamment habillée avec un pantalon (genre de velours) et souvent un pull en jersey… Pour les cheveux c’était la même chose, elle avait une coupe au bol à la garçonne. Ne côtoyant au quotidien que son père et son frère elle avait pris une voix grave, parlait comme un garçon et jouait aux jeux de garçons (voitures, guerre… pas de poupée, ni de cuisine même si un enfant a le droit de jouer à ce qu’il veut et que sur le lieu du centre on ne forçait aucun enfant à jouer de telle ou telle manière). Pour les autres enfants, aucun doute, Lise Marie était un garçon. On passait notre temps à leur expliquer que non mais rien à faire. Elle était un garçon.
Tous les animateurs qui arrivaient dans l’équipe aussi le pensaient ; moi-même la première fois que je l’avais vue, je lui avais demandé « comment ça va bonhomme ? » et le malaise qui a suivi je m’en souviendrai toujours lorsqu’une collègue est venue me dire qu’elle était une fille. Lise Marie, elle, était habituée et ne réagissait pas. A l’arrivée ensuite de tout nouvel animateur je m’empressais de lui spécifier doucement que cet enfant était bien une petite fille qui s’appelait Lise-Marie.
Mais voilà à part en la voyant aux toilettes, nous n’avions aucun moyen de savoir qu’elle était bien une petite fille et les autres enfants n’arrivaient pas à nous croire. Ce qu’ils voyaient ne correspondait pas avec ce qu’on leur disait. Ils savaient bien qu’un garçon s’habille comme ça, a les cheveux courts, une voix de garçon et joue à des jeux de garçon. Lise-Marie était donc un garçon.
Mais si Lise-Marie était si particulière c’est que son histoire l’était aussi… Elle n’était pas une petite fille comme les autres. Elle était donc élevée par son papa et n’avait que très peu connu sa maman qu’elle n’avait pas vue depuis plusieurs années. Cette dernière était internée en hôpital psychiatrique depuis longtemps car elle avait notamment essayé de noyer le grand frère de Lise Marie et bien d’autres choses que nous ne savions pas évidemment. Et le pauvre papa se retrouvait avec ses deux enfants à élever seul. Il était assez âgé, et vivait comme nos grands parents. La psychologie enfantine il ne connaissait pas ou peu. Remettre les vêtements de l’ainé à la petite, ça se pratiquait avant, il n’y avait pas de mal… Sauf qu’à 6 ans Lise Marie était toujours un garçon… Lise Marie participait très bien aux ateliers que nous pouvions proposer durant la journée, qu’ils soient sportifs ou d’arts plastiques ou autres. Mais Lise Marie faisait tout, tout le temps en noir. Uniquement et systématiquement en noir. S’il n’y avait pas de noir disponible ou s’il fallait choisir plusieurs couleurs, elles prenaient toujours les plus foncées : gris, bleu marine… Toujours. Nous savions bien que les couleurs choisies n’étaient qu’une façon d’exprimer un vide et un manque en elle. Jamais on ne l’a brimée à ce niveau là en la forçant à prendre des couleurs qu’elle ne voulait pas, au fond le problème n’était pas la couleur…
Et puis un jour, en fin de session de vacances, juste avant qu’elle entre au CP et donc passe dans le centre de loisirs pour les enfants en primaire ; un lundi matin, Lise-Marie est arrivée comme d’habitude… Elle était mignonne et gentille comme d’habitude. Elle a décidé de faire un dessin et s’est donc assise à la table où
nous faisions les dessins et c’est moi qui était là cette fois-ci (en effet tous les matins en attendant que tous les enfants arrivent, et de proposer des ateliers plus dirigés, nous laissions les enfants libres de faire ce qu’ils voulaient, dessins, mais aussi jeux de société, jeu d’imitation, de construction avec dans chaque coin un animateur pour jouer, avec eux, les aider, les soutenir, les surveiller). Lise Marie choisit donc les dessins ce matin là.
Et là…. Elle prend des feutres de couleurs… plein de couleurs, du jaune, du rouge, du vert, du bleu, du violet, du rose… Et elle dessine sa famille, son papa, son frère, elle-même et…. Sa maman. Elle n’avait jamais ni dessiné ni même évoqué sa maman à aucune reprise depuis 3 ans que je la connaissais. Elle dessine un poste de radio qui semblait faire de la musique et des serpentins et des confettis. C’était clairement la fête. Le dessin fait le tour du centre, avec évidemment des bravos à Lise-Marie. Et on commence gentiment à lui demander d’expliquer son dessin. Après quelques minutes, on comprend que le samedi précédent, elle a vu sa maman. Première fois en au moins 3 ans depuis que je la suivais, qu’elle voyait sa maman. Et subitement dans la foulée le noir s’est transformé en couleur. Ce bouleversement tellement énorme et soudain nous a tous cloué sur place. Personne ne pouvait croire que juste le simple fait d’avoir passé un moment avec sa famille au complet et donc sa maman avait pu provoquer tout ça. On avait jamais vu ça.
Evidemment nous avons gardé le précieux dessin comme un trésor jusqu’au soir et nous l’avons remis au papa, fiers pour la première fois en 3 ans de lui remettre un dessin en couleurs de sa fille.
Lise-Marie est passée ensuite dans le centre de loisirs pour les grands et je ne l’ai qu’aperçue par la suite. J’ai appris que le papa s’était retrouvé une compagne et me suis dit qu’enfin une femme dans la vie de Lise-Marie allait lui faire beaucoup de bien. Et peut-être l’aider à se rendre compte qu’elle était une fille. Je ne sais pas ce qu’elle est devenue, elle doit être adolescente aujourd’hui, je ne sais pas si cette différence, lui a couté ou pas dans sa vie, je ne sais pas si elle a revu sa maman, je ne sais pas si elle a développé une relation de complicité avec la nouvelle compagne de son papa. Je ne sais pas comment elle a évolué. Mais son histoire restera toujours gravée au fond de ma mémoire. Cette petite fille qui ressemblait à un garçon, tellement triste de ne pas voir sa maman, qui l’avait finalement connue et le choc que ça a provoqué, ce revirement total dans l’esprit de la petite fille. Et ce papa probablement perdu avec tout ça qui a fait son maximum pour inculquer les valeurs qui lui semblait importantes à sa fille, la politesse et le respect, face à une situation que manifestement devait le dépasser. Il essayait de rester droit, et d’être là du mieux qu’il pouvait pour ses enfants.
Anne Petitrésors.
Lorsque mon amie Anne a évoqué en quelques mots de l'histoire de Lise Marie, j'ai été bouleversée, je lui ai alors demandé de nous la raconter, de nous l'écrire ce qu'elle a accepté bien volontiers. Qu'elle en soit remerciée. Voici donc le récit de cette rencontre singulière et émouvante, Anne a su mettre les mots pour dire, pour transmettre la détresse, le questionnement et la recherche de cette enfant.
Un très beau texte !
Lise-Marie
Il y a quelques années j’ai travaillé beaucoup en centre de loisirs maternel avec des enfants de 2 à 6 ans, et c’est là que j’ai rencontré Lise-Marie.
A l’époque elle avait 4 ans. C’était une petite fille, toute gentille, mignonne, polie, respectueuse, sage… Bref « bien élevée » comme on dit. Elle n’a jamais posé aucun souci à toutes les équipes d’animateurs qui l’ont connue. Mais-Lise Marie était particulière…
Lise Marie ressemblait à un garçon. Son papa était un vieux monsieur, adorable, gentil, poli qui tentait d’élever sa fille et son fils seul du mieux qu’il pouvait. Le frère le Lise-Marie était aussi adorable, gentil et attentionné avec sa soeur,il avait 12 ans et il était vraiment touchant. Le papa était un peu « rococo » et s’habillait comme un vieux monsieur, il portait une petite casquette, des pulls en jersey, avait les cheveux blancs et une petite moustache toute blanche également… Tout le monde pensait que ce monsieur était le grand père de Lise-Marie. Et il habillait ses enfants de la même façon… Son frère entrant dans la préadolescence, choisissait ses vêtements mais tous ses anciens vêtements servaient à habiller Lise-Marie. Il n’y avait aucune figure féminine forte dans l’entourage de Lise Marie.
Elle était donc constamment habillée avec un pantalon (genre de velours) et souvent un pull en jersey… Pour les cheveux c’était la même chose, elle avait une coupe au bol à la garçonne. Ne côtoyant au quotidien que son père et son frère elle avait pris une voix grave, parlait comme un garçon et jouait aux jeux de garçons (voitures, guerre… pas de poupée, ni de cuisine même si un enfant a le droit de jouer à ce qu’il veut et que sur le lieu du centre on ne forçait aucun enfant à jouer de telle ou telle manière). Pour les autres enfants, aucun doute, Lise Marie était un garçon. On passait notre temps à leur expliquer que non mais rien à faire. Elle était un garçon.
Tous les animateurs qui arrivaient dans l’équipe aussi le pensaient ; moi-même la première fois que je l’avais vue, je lui avais demandé « comment ça va bonhomme ? » et le malaise qui a suivi je m’en souviendrai toujours lorsqu’une collègue est venue me dire qu’elle était une fille. Lise Marie, elle, était habituée et ne réagissait pas. A l’arrivée ensuite de tout nouvel animateur je m’empressais de lui spécifier doucement que cet enfant était bien une petite fille qui s’appelait Lise-Marie.
Mais voilà à part en la voyant aux toilettes, nous n’avions aucun moyen de savoir qu’elle était bien une petite fille et les autres enfants n’arrivaient pas à nous croire. Ce qu’ils voyaient ne correspondait pas avec ce qu’on leur disait. Ils savaient bien qu’un garçon s’habille comme ça, a les cheveux courts, une voix de garçon et joue à des jeux de garçon. Lise-Marie était donc un garçon.
Mais si Lise-Marie était si particulière c’est que son histoire l’était aussi… Elle n’était pas une petite fille comme les autres. Elle était donc élevée par son papa et n’avait que très peu connu sa maman qu’elle n’avait pas vue depuis plusieurs années. Cette dernière était internée en hôpital psychiatrique depuis longtemps car elle avait notamment essayé de noyer le grand frère de Lise Marie et bien d’autres choses que nous ne savions pas évidemment. Et le pauvre papa se retrouvait avec ses deux enfants à élever seul. Il était assez âgé, et vivait comme nos grands parents. La psychologie enfantine il ne connaissait pas ou peu. Remettre les vêtements de l’ainé à la petite, ça se pratiquait avant, il n’y avait pas de mal… Sauf qu’à 6 ans Lise Marie était toujours un garçon… Lise Marie participait très bien aux ateliers que nous pouvions proposer durant la journée, qu’ils soient sportifs ou d’arts plastiques ou autres. Mais Lise Marie faisait tout, tout le temps en noir. Uniquement et systématiquement en noir. S’il n’y avait pas de noir disponible ou s’il fallait choisir plusieurs couleurs, elles prenaient toujours les plus foncées : gris, bleu marine… Toujours. Nous savions bien que les couleurs choisies n’étaient qu’une façon d’exprimer un vide et un manque en elle. Jamais on ne l’a brimée à ce niveau là en la forçant à prendre des couleurs qu’elle ne voulait pas, au fond le problème n’était pas la couleur…
Et puis un jour, en fin de session de vacances, juste avant qu’elle entre au CP et donc passe dans le centre de loisirs pour les enfants en primaire ; un lundi matin, Lise-Marie est arrivée comme d’habitude… Elle était mignonne et gentille comme d’habitude. Elle a décidé de faire un dessin et s’est donc assise à la table où
nous faisions les dessins et c’est moi qui était là cette fois-ci (en effet tous les matins en attendant que tous les enfants arrivent, et de proposer des ateliers plus dirigés, nous laissions les enfants libres de faire ce qu’ils voulaient, dessins, mais aussi jeux de société, jeu d’imitation, de construction avec dans chaque coin un animateur pour jouer, avec eux, les aider, les soutenir, les surveiller). Lise Marie choisit donc les dessins ce matin là.
Et là…. Elle prend des feutres de couleurs… plein de couleurs, du jaune, du rouge, du vert, du bleu, du violet, du rose… Et elle dessine sa famille, son papa, son frère, elle-même et…. Sa maman. Elle n’avait jamais ni dessiné ni même évoqué sa maman à aucune reprise depuis 3 ans que je la connaissais. Elle dessine un poste de radio qui semblait faire de la musique et des serpentins et des confettis. C’était clairement la fête. Le dessin fait le tour du centre, avec évidemment des bravos à Lise-Marie. Et on commence gentiment à lui demander d’expliquer son dessin. Après quelques minutes, on comprend que le samedi précédent, elle a vu sa maman. Première fois en au moins 3 ans depuis que je la suivais, qu’elle voyait sa maman. Et subitement dans la foulée le noir s’est transformé en couleur. Ce bouleversement tellement énorme et soudain nous a tous cloué sur place. Personne ne pouvait croire que juste le simple fait d’avoir passé un moment avec sa famille au complet et donc sa maman avait pu provoquer tout ça. On avait jamais vu ça.
Evidemment nous avons gardé le précieux dessin comme un trésor jusqu’au soir et nous l’avons remis au papa, fiers pour la première fois en 3 ans de lui remettre un dessin en couleurs de sa fille.
Lise-Marie est passée ensuite dans le centre de loisirs pour les grands et je ne l’ai qu’aperçue par la suite. J’ai appris que le papa s’était retrouvé une compagne et me suis dit qu’enfin une femme dans la vie de Lise-Marie allait lui faire beaucoup de bien. Et peut-être l’aider à se rendre compte qu’elle était une fille. Je ne sais pas ce qu’elle est devenue, elle doit être adolescente aujourd’hui, je ne sais pas si cette différence, lui a couté ou pas dans sa vie, je ne sais pas si elle a revu sa maman, je ne sais pas si elle a développé une relation de complicité avec la nouvelle compagne de son papa. Je ne sais pas comment elle a évolué. Mais son histoire restera toujours gravée au fond de ma mémoire. Cette petite fille qui ressemblait à un garçon, tellement triste de ne pas voir sa maman, qui l’avait finalement connue et le choc que ça a provoqué, ce revirement total dans l’esprit de la petite fille. Et ce papa probablement perdu avec tout ça qui a fait son maximum pour inculquer les valeurs qui lui semblait importantes à sa fille, la politesse et le respect, face à une situation que manifestement devait le dépasser. Il essayait de rester droit, et d’être là du mieux qu’il pouvait pour ses enfants.
Anne Petitrésors.
mardi 21 mai 2013
Entendre...
Il y a l'écoute, celle du psychanalyste, neutre et bienveillante...
Entendre, attention flottante, paroles et mots qui coulent, se répandent et se diluent...
Les mots et les maux qui filent qui tissent et qui tricotent après avoir détricotés les souvenirs, dénoués et renoués les souffrances, les peines, chagrins, bonheurs, ces pensées qui adviennent..
Ces mots qui assemblent, font des liens qui amènent à comprendre, à expliquer peut-être, cu moins à tenter de voir un peu plus clair.
Et puis il y l'écoute, l'autre, celle hors cadre, hors champ de la psychanalyse, mais pas tout à fait quand même.
Car être psychanalsyte est une fonction, mais un état aussi... Une écoute neutre et bienveillante, qui ne s'arrête pas non plus à la porte du cabinet de l'analyste
Une porte fermée, qui s'ouvre, puis se referme
L'entrouvert ?
Peut-être ?
Une écoute alors qui se situerait là, peut-être ?
Une écoute qui s'entend, des mots qui sont dits, posés, pour être transmis, écrits, traduits. Des mots qui ont un sens et qui prennent au fur et à mesure du sens. Des mots à qui la parole donne ce sens là. Des mots qui s'animent au fil de la parole, au fil des rencontres.
Des rencontres ! Car les mots sont aussi le fruit de ces rendez vous où l'un et l'autre sont à l'heure, présent, là dans l'écoute et l'entente.
Entre cet espace intime et infime, cet entre deux, cet entrouvert
Cette possibilité d'ouvrir à demi, peut-être pour recueillir les mots, les maux, ce qui advient de la parole de l'autre. Ce qu'il dit, mais pas seulement, car le dire et le dit ne sont que la résonance de ce qui gît au plus profond de l'autre, de l'âme aussi sûrement
Entendre l'âme ?
Il n'y a rien de religieux ni même de spirituel, il n'y a que de l'humanité, de cet once de progrès qui a conduit l'individu de la Horde au sujet humain, qui a fait de lui ce qu'il doit chaque jour remettre en jeu
car dans cette histoire là rien n'est jamais vraiment acquis
Si le crime rôde la pulsion n'est jamais bien loin, contenue et réprimée afin de mieux se fondre, se couler, s'écouler dans le moule du lien social
Entendre quoi ? Etre à l'écoute de quoi ? De qui ?
Entendre ce bruissement sourd, qui reste muet, juste des bribes, des soupirs et des silences
Une petite musique qui sort de l'oubli, des replis sombres de l'esprit
Entendre cette possibilité là, cette esquisse là, cet embryon, cette promesse de vie et d'envie
Le désir ? Peut-être ? mais qui est-il ? Qu'est-il ?
Et qu'en savons nous ?
Entendre alors seulement et simplement la possibilité de ça... De ce désir là
Ce n'est pas rien : Déjà.
Entendre, attention flottante, paroles et mots qui coulent, se répandent et se diluent...
Les mots et les maux qui filent qui tissent et qui tricotent après avoir détricotés les souvenirs, dénoués et renoués les souffrances, les peines, chagrins, bonheurs, ces pensées qui adviennent..
Ces mots qui assemblent, font des liens qui amènent à comprendre, à expliquer peut-être, cu moins à tenter de voir un peu plus clair.
Et puis il y l'écoute, l'autre, celle hors cadre, hors champ de la psychanalyse, mais pas tout à fait quand même.
Car être psychanalsyte est une fonction, mais un état aussi... Une écoute neutre et bienveillante, qui ne s'arrête pas non plus à la porte du cabinet de l'analyste
Une porte fermée, qui s'ouvre, puis se referme
L'entrouvert ?
Peut-être ?
Une écoute alors qui se situerait là, peut-être ?
Une écoute qui s'entend, des mots qui sont dits, posés, pour être transmis, écrits, traduits. Des mots qui ont un sens et qui prennent au fur et à mesure du sens. Des mots à qui la parole donne ce sens là. Des mots qui s'animent au fil de la parole, au fil des rencontres.
Des rencontres ! Car les mots sont aussi le fruit de ces rendez vous où l'un et l'autre sont à l'heure, présent, là dans l'écoute et l'entente.
Entre cet espace intime et infime, cet entre deux, cet entrouvert
Cette possibilité d'ouvrir à demi, peut-être pour recueillir les mots, les maux, ce qui advient de la parole de l'autre. Ce qu'il dit, mais pas seulement, car le dire et le dit ne sont que la résonance de ce qui gît au plus profond de l'autre, de l'âme aussi sûrement
Entendre l'âme ?
Il n'y a rien de religieux ni même de spirituel, il n'y a que de l'humanité, de cet once de progrès qui a conduit l'individu de la Horde au sujet humain, qui a fait de lui ce qu'il doit chaque jour remettre en jeu
car dans cette histoire là rien n'est jamais vraiment acquis
Si le crime rôde la pulsion n'est jamais bien loin, contenue et réprimée afin de mieux se fondre, se couler, s'écouler dans le moule du lien social
Entendre quoi ? Etre à l'écoute de quoi ? De qui ?
Entendre ce bruissement sourd, qui reste muet, juste des bribes, des soupirs et des silences
Une petite musique qui sort de l'oubli, des replis sombres de l'esprit
Entendre cette possibilité là, cette esquisse là, cet embryon, cette promesse de vie et d'envie
Le désir ? Peut-être ? mais qui est-il ? Qu'est-il ?
Et qu'en savons nous ?
Entendre alors seulement et simplement la possibilité de ça... De ce désir là
Ce n'est pas rien : Déjà.
mercredi 15 mai 2013
Changer
Changer, vouloir changer, modifier, être autrement
Mais être comment
Devenir autre ? Quel autre
Je est un autre ; déjà.
Nous vivons l'impermanence et l'impermanent, le changement est ancré dans le temps, l'espace, nul seconde ne ressemble à la précédente, pour qui sait y voir, y prêter attention
Changer, tout, ou simplement un détail, le détail, celui dont on ne veut plus, aujourd'hui, mais qu'en sera t-il demain ?
Car demain est un autre jour, aussi, autre, changé, différent, pas le même.
Alors changer quoi ?
J'entends souvent, "je fais des efforts, pour changer"
Sous entendu, "ce que je suis ne va pas, ne convient pas, je vais y remédier, le changer, le transformer, devenir autre, mieux peut-être, plus acceptable, pour les autres, ceux qui me le demandent, pour moi aussi peut-être un peu ?"
Ce changement là ?
Renoncer alors à une part de soi même, celle qui ne plait pas, qui ne va pas, qui ne va plus, la jeter en pâture, à la poubelle comme ces vieux vêtements dont on ne veut plus, car ils sont trop courts, trop vieux, pas assez à la mode, encombrants...
Mais est-ce aussi simple ?
Changer tout ça ! se relooker, changer de maquillage, de garde robe, de coupe de cheveux de couleurs, de teinte, édulcorer, éclaircir, foncer, rendre plus présentable, plus convenable, plus adapté.
Nous y voilà, il faut du temps souvent, mais adapté, revient souvent aussi, faire fi alors de sa singularité pour mieux se fondre et se conformer, ne plus être vu, ou être moins vu, disparaitre peut-être derrière un masque, se fondre dans la masse jusqu'à la transparence, jusqu'à l'oubli
Oubli de soi : Qu'il en soit ainsi
Les cognitivistes et les sciences cognitives parlent de conditionnement, de comportements appris, et qui donc se désapprennent, il suffit de vouloir, de s'entrainer et de s'exposer pour changer, tordre le cou d'un seul coup à ses sales et mauvaises habitudes qui empoisonnent la vie du sujet.
Conditionnement, oh combien le mot est juste, combien le "maux" est précis !
Examinons un peu le mot conditionnement, condition : si. Si cette situation se présente, arrive cette réponse, ainsi en va t-il concisément du schéma pavlovien. Donc on peut à force d'exercice changer la réponse, en trouver une autre : Changer, déconditionner.
Mais c'est omettre la question essentielle : pourquoi justement cette réponse là face à cette situation là ? Car c'est ce qui est intéressant et qui interpelle vraiment. Les cognitivistes se heurtent au roc du conditionnement/déconditionnement et se gardent bien de se demander pourquoi. Se rendre à l'origine, à la racine.
Changer ! Quelques séances de thérapies soit disant transforment le sujet, lui suppriment parait-il sa phobie, son sympôme
Le symptôme qu'on assassine, qu'on tue ! Le crime presque parfait ! Presque car la trace subsiste, celle justement qui nous conduit si on sait suivre le fil, creuser plus profondément nous mène au pourquoi...Peut-être. Ce que la psychanalyse qui ne vous promet pas de transformer, de changer le sujet, permet....
Et c'est là toute la différence. C'est là que tout se joue ! Ou pas
Mais être comment
Devenir autre ? Quel autre
Je est un autre ; déjà.
Nous vivons l'impermanence et l'impermanent, le changement est ancré dans le temps, l'espace, nul seconde ne ressemble à la précédente, pour qui sait y voir, y prêter attention
Changer, tout, ou simplement un détail, le détail, celui dont on ne veut plus, aujourd'hui, mais qu'en sera t-il demain ?
Car demain est un autre jour, aussi, autre, changé, différent, pas le même.
Alors changer quoi ?
J'entends souvent, "je fais des efforts, pour changer"
Sous entendu, "ce que je suis ne va pas, ne convient pas, je vais y remédier, le changer, le transformer, devenir autre, mieux peut-être, plus acceptable, pour les autres, ceux qui me le demandent, pour moi aussi peut-être un peu ?"
Ce changement là ?
Renoncer alors à une part de soi même, celle qui ne plait pas, qui ne va pas, qui ne va plus, la jeter en pâture, à la poubelle comme ces vieux vêtements dont on ne veut plus, car ils sont trop courts, trop vieux, pas assez à la mode, encombrants...
Mais est-ce aussi simple ?
Changer tout ça ! se relooker, changer de maquillage, de garde robe, de coupe de cheveux de couleurs, de teinte, édulcorer, éclaircir, foncer, rendre plus présentable, plus convenable, plus adapté.
Nous y voilà, il faut du temps souvent, mais adapté, revient souvent aussi, faire fi alors de sa singularité pour mieux se fondre et se conformer, ne plus être vu, ou être moins vu, disparaitre peut-être derrière un masque, se fondre dans la masse jusqu'à la transparence, jusqu'à l'oubli
Oubli de soi : Qu'il en soit ainsi
Les cognitivistes et les sciences cognitives parlent de conditionnement, de comportements appris, et qui donc se désapprennent, il suffit de vouloir, de s'entrainer et de s'exposer pour changer, tordre le cou d'un seul coup à ses sales et mauvaises habitudes qui empoisonnent la vie du sujet.
Conditionnement, oh combien le mot est juste, combien le "maux" est précis !
Examinons un peu le mot conditionnement, condition : si. Si cette situation se présente, arrive cette réponse, ainsi en va t-il concisément du schéma pavlovien. Donc on peut à force d'exercice changer la réponse, en trouver une autre : Changer, déconditionner.
Mais c'est omettre la question essentielle : pourquoi justement cette réponse là face à cette situation là ? Car c'est ce qui est intéressant et qui interpelle vraiment. Les cognitivistes se heurtent au roc du conditionnement/déconditionnement et se gardent bien de se demander pourquoi. Se rendre à l'origine, à la racine.
Changer ! Quelques séances de thérapies soit disant transforment le sujet, lui suppriment parait-il sa phobie, son sympôme
Le symptôme qu'on assassine, qu'on tue ! Le crime presque parfait ! Presque car la trace subsiste, celle justement qui nous conduit si on sait suivre le fil, creuser plus profondément nous mène au pourquoi...Peut-être. Ce que la psychanalyse qui ne vous promet pas de transformer, de changer le sujet, permet....
Et c'est là toute la différence. C'est là que tout se joue ! Ou pas
mercredi 8 mai 2013
Anne Lise Stern
Elle nous a quitté le 6 mai, date anniversaire de la naissance de Freud
Une des grandes figures de la psychanalyse disparait. Encore ! Elle nous laisse son témoignage, son Savoir-Déporté. Ce "Naître, c'est naître après, c'est-à-dire après Auschwitz."
Je vous invite à suivre ce lien
http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2013/05/07/anne-lise-stern-psychanalyste-du-savoir-deporte_3173011_3382.html
Je vous invite aussi et surtout à lire son livre.
Kaddish
Une des grandes figures de la psychanalyse disparait. Encore ! Elle nous laisse son témoignage, son Savoir-Déporté. Ce "Naître, c'est naître après, c'est-à-dire après Auschwitz."
Je vous invite à suivre ce lien
http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2013/05/07/anne-lise-stern-psychanalyste-du-savoir-deporte_3173011_3382.html
Je vous invite aussi et surtout à lire son livre.
Kaddish
lundi 6 mai 2013
Déchirer
Déchirer le voile, la trame qui voile, le voile qui trame et qui se trame, qui tisse, tricote la camisole, la chemise qui masque, qui cache
Déchirer pour mettre à jour, pour mettre à nu, enfin l'histoire
Déchirer le livre, le cahier, la photo
Déchirer pour se raccommoder, se réparer, retisser, réecrire...
Déchirer !
Pour quoi, pourquoi ? Faire ? Etre ?
Un voile qui se tire, un rideau qui se lève, qui s'étire et qui se tire
Qui tend et s'étend vers un ciel flamboyant
Un ciel qui embrase l'avenir tant il a obscurci le présent...
Tordre le cou d'un seul coup a ce passé qui glace, qui bloque, à ces nuages chappes de plomb qui plombent et cadenasse toute possibilité d'avancer, de faire un pas, pas même à demi
Alors que reste t-il ? Rester bloquer ? Emprisonné dans la forteresse pleine d'angoisses, de peur et de fantasmes
Car quand on ne sait pas on s'imagine le pire, jamais le meilleur
On imagine, reprsente l'hydre rampante, parques vieillissantes reprisant et coupant le fil de la vie pour en finir une fois pour toute. Mais quand ?
On regarde peut-être, assister impuissant au spectacle de sa décadence, ballet infecte et danse infâme qui mène à la mort ou à la dissidence.
Quelle différence ?
Ou bien, on déchire ce voile, on dénude le fil tenu qui ne tient qu'à un fil, fil de fer et brin d'acier, qui ne se rompt pas à la première déchirure, qui résiste car tout s'écroule
Mais résistance et résister ne sert plus à rien car la souffrance et là, s'autorise d'elle même à torturer, empêcher!
Peut-être alors est-il temps de déchirer, déchirer toute cette mascarade, laisser tomber le masque de la bienséance qui ne sied plus, qui s'éffrite car elle ne tient plus, pas même lieu de l'imposture car mal postée, de guingois, de travers
Plus rien ne tient, ni droit ni debout !
C'est comme un voile, un rideau qui se déchire, écrivait-elle déjà il y a plus de 300 ans, et elle vit apparaitre le ciel plus clair, l'air plus léger, la vie peut-être ?
ADB duchesse de L...
Et à tous mes analysants qui franchissent le pas, et s'aventurent par là ...
Déchirer pour mettre à jour, pour mettre à nu, enfin l'histoire
Déchirer le livre, le cahier, la photo
Déchirer pour se raccommoder, se réparer, retisser, réecrire...
Déchirer !
Pour quoi, pourquoi ? Faire ? Etre ?
Un voile qui se tire, un rideau qui se lève, qui s'étire et qui se tire
Qui tend et s'étend vers un ciel flamboyant
Un ciel qui embrase l'avenir tant il a obscurci le présent...
Tordre le cou d'un seul coup a ce passé qui glace, qui bloque, à ces nuages chappes de plomb qui plombent et cadenasse toute possibilité d'avancer, de faire un pas, pas même à demi
Alors que reste t-il ? Rester bloquer ? Emprisonné dans la forteresse pleine d'angoisses, de peur et de fantasmes
Car quand on ne sait pas on s'imagine le pire, jamais le meilleur
On imagine, reprsente l'hydre rampante, parques vieillissantes reprisant et coupant le fil de la vie pour en finir une fois pour toute. Mais quand ?
On regarde peut-être, assister impuissant au spectacle de sa décadence, ballet infecte et danse infâme qui mène à la mort ou à la dissidence.
Quelle différence ?
Ou bien, on déchire ce voile, on dénude le fil tenu qui ne tient qu'à un fil, fil de fer et brin d'acier, qui ne se rompt pas à la première déchirure, qui résiste car tout s'écroule
Mais résistance et résister ne sert plus à rien car la souffrance et là, s'autorise d'elle même à torturer, empêcher!
Peut-être alors est-il temps de déchirer, déchirer toute cette mascarade, laisser tomber le masque de la bienséance qui ne sied plus, qui s'éffrite car elle ne tient plus, pas même lieu de l'imposture car mal postée, de guingois, de travers
Plus rien ne tient, ni droit ni debout !
C'est comme un voile, un rideau qui se déchire, écrivait-elle déjà il y a plus de 300 ans, et elle vit apparaitre le ciel plus clair, l'air plus léger, la vie peut-être ?
ADB duchesse de L...
Et à tous mes analysants qui franchissent le pas, et s'aventurent par là ...
vendredi 26 avril 2013
Ecrire
Ecrire, écriture... Elle est au centre de ma pratique professionnelle, depuis de nombreuses années, presque depuis toujours... Ecrire, lire cet écrire.
Ecrire c'est dire, c'est vivre, c'est être et c'est faire
C'est prendre la distance, le recul de l'événement, de l'histoire, de l'action.
Ecrire, mettre, poser, déposer les mots, c'est offrir, c'est donner, c'est se débarrasser, c'est laisser, abandonner, se délester, se rendre plus léger..
C'est tout ça et ce n'est pas encore tout à fait ça.
Distance et recul, la parole laisse, casse, crée la rupture..
L'écriture laisse la trace, le passage, la cicatrice pour mieux peut-être dire, puis partir, car il restera témoignage du dit.
Dédit, se dédit et dédie cette écriture à soi, ou à l'autre, l'adresse, destinataire connu ou inconnu, étrange ou étranger, les mots sont lancés, c'est un coup de dés, parfois comme une bouteille à la mer, donner, faire croire, s'illusionner de l'insolitude, pour ne pas se perdre, se perdre dans les maux, se perdre alors dans les mots !
Peut-être ?
Aventure singulière que de coucher sur le papier, taper sur le clavier ces/ses mots qui s'inscrivent sur la page ou l'écran blanc.
Qui le déchirent, le recouvrent, l'imprègnent de la saveur, de l'odeur, du parfum de cette solitude, de ce désir du partage ?
Cri, SOS, j'é cris, le cri qui tue, tu ne l'entends pas, et tu le tues !
Cri encore, inscrit et décrit les maux par les mots qui se mettent ensemble alors que plus rien ne s'assemble, puzzle détruit, champ de ruines déconstruit encore ! Ravagé ! Ravages.
L'écrit
C'est tout ça et ce n'est pas ça, vraiment, parfois, peut-être ? L'écrit qu'on laisse derrière soi, avant de partir, pour peut-être ne pas revenir.
Partir sans laisser d'adresse, ni à l'un ni à soi, ni à l'autre...
Partir sans rien dire........
Dernières volontés, reconnaissances, explications, je te dis, je dédis ce message à ceux qui resteront peut-être pour ne pas qu'ils oublient ?
Qu'ils gardent peut-être dans les replis de la mémoire l'écrit chiffonné car il n'ont pas su entendre les cris.
Cris du vivant, écrit du survivant qui veut graver les mots et transmettre ses maux.
Ecriture, écris-tu ?
Ecris vain ?
C'est aussi sûrement le laisser passer cet ausweiss de l'au delà qui transcende les mots dits car ceux là ne sont pas assez forts pour marteler la pensée ?
Ce billet qu'on glisse au gardien des Enfers ?
"Je te glisse ce billet sur lequel je crie mes maux, car les mots que j'aurai pu te dire ne veulent pas sortir".
"Comme ça quand tu seras partie, tu me liras et tu penseras à moi, en lisant tout ça"
"C'est tellement dur et sale à dire, que de l'écrire je ne crie pas pour rien"
"Ecris, écris moi de temps en temps, moi je te donne ces mots, mais tu n'es pas obligée......."
A Dora.
Ecrire c'est dire, c'est vivre, c'est être et c'est faire
C'est prendre la distance, le recul de l'événement, de l'histoire, de l'action.
Ecrire, mettre, poser, déposer les mots, c'est offrir, c'est donner, c'est se débarrasser, c'est laisser, abandonner, se délester, se rendre plus léger..
C'est tout ça et ce n'est pas encore tout à fait ça.
Distance et recul, la parole laisse, casse, crée la rupture..
L'écriture laisse la trace, le passage, la cicatrice pour mieux peut-être dire, puis partir, car il restera témoignage du dit.
Dédit, se dédit et dédie cette écriture à soi, ou à l'autre, l'adresse, destinataire connu ou inconnu, étrange ou étranger, les mots sont lancés, c'est un coup de dés, parfois comme une bouteille à la mer, donner, faire croire, s'illusionner de l'insolitude, pour ne pas se perdre, se perdre dans les maux, se perdre alors dans les mots !
Peut-être ?
Aventure singulière que de coucher sur le papier, taper sur le clavier ces/ses mots qui s'inscrivent sur la page ou l'écran blanc.
Qui le déchirent, le recouvrent, l'imprègnent de la saveur, de l'odeur, du parfum de cette solitude, de ce désir du partage ?
Cri, SOS, j'é cris, le cri qui tue, tu ne l'entends pas, et tu le tues !
Cri encore, inscrit et décrit les maux par les mots qui se mettent ensemble alors que plus rien ne s'assemble, puzzle détruit, champ de ruines déconstruit encore ! Ravagé ! Ravages.
L'écrit
C'est tout ça et ce n'est pas ça, vraiment, parfois, peut-être ? L'écrit qu'on laisse derrière soi, avant de partir, pour peut-être ne pas revenir.
Partir sans laisser d'adresse, ni à l'un ni à soi, ni à l'autre...
Partir sans rien dire........
Dernières volontés, reconnaissances, explications, je te dis, je dédis ce message à ceux qui resteront peut-être pour ne pas qu'ils oublient ?
Qu'ils gardent peut-être dans les replis de la mémoire l'écrit chiffonné car il n'ont pas su entendre les cris.
Cris du vivant, écrit du survivant qui veut graver les mots et transmettre ses maux.
Ecriture, écris-tu ?
Ecris vain ?
C'est aussi sûrement le laisser passer cet ausweiss de l'au delà qui transcende les mots dits car ceux là ne sont pas assez forts pour marteler la pensée ?
Ce billet qu'on glisse au gardien des Enfers ?
"Je te glisse ce billet sur lequel je crie mes maux, car les mots que j'aurai pu te dire ne veulent pas sortir".
"Comme ça quand tu seras partie, tu me liras et tu penseras à moi, en lisant tout ça"
"C'est tellement dur et sale à dire, que de l'écrire je ne crie pas pour rien"
"Ecris, écris moi de temps en temps, moi je te donne ces mots, mais tu n'es pas obligée......."
A Dora.
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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.