L’exil comme origine
Je suis une exilée.
Ma vie s’est tissée autour de ce mot, de ses fils multiples et de sa trame serrée, formant l’étoffe de toute mon écriture.
Voyage et errance, errance et voyage : l’un n’existe pas sans l’autre, comme l’endroit et l’envers d’une même étoffe.
Shmates
L’exil n’est pas une fatalité.
Il est.
Non pas seulement douleur, mais force.
Non pas seulement arrachement, mais genèse.
C’est lui qui m’a poussée à m’enfanter moi-même, à résilier l’illusion des attaches, à devenir ce que je suis.
Quand je regarde d’où je viens, ce que j'ai vécu, je mesure le chemin parcouru e je le regarde avec bienveillance.
J'ai traversé le feu, métaphorique et réel, j’en suis sortie souvent blessée mais debout, fidèle à ma foi, fidèle à moi-même.
Je ne me suis pas trahie, je n'ai trahi aucun de mes serments.
Dés l'enfance j'ai découvert la lecture et surtout le bonheur et l'enchantement de l'écriture.
Elle est ma résilience et ma force de vivre.
Elle est pour moi un acte authentique de résistance
Elle est transmission de la Mémoire
J'ai la chance d’écrire, de dire, de mettre en mots la détresse, la mienne d'abord mais surtout celle des autres, mais aussi les joies, bonheurs, et espoir.
Ecrire c'est respirer, sentir, ressentir,
Ecrire c'est vivre
Écrire, c’est tisser un fil dans l’errance, c’est refuser l’éclatement, c’est demeurer et résister.
Chaque texte est une halte, un souffle, une victoire arrachée au silence et une raison de poursuivre le chemin
Mon blog en témoigne et garde la trace de cette traversée.
L’exil m’a fait étrangère, mais il m’a aussi donnée à moi-même. Dans cette condition, j’ai trouvé non pas une identité figée, mais une puissance d’advenir.
Je suis de nulle part et de partout, à la fois héritière et inventée, toujours entre départ et retour, toujours sur la crête fragile où se nouent perte et fidélité.
C’est là, dans cet entre-deux, que je vis et que j’écris.
Brigitte Judit (le 24 septembre 2025, 16h44)
crédit photo @brigittedusch
