Cette question, éternelle, universelle, s'est posée, et imposée à moi lors, d'une réflexion sur le sacré et le profane et la foi
Il était une foi.
Foi sacrée ? Foi profane ?
La foi en quoi ? En qui ?
La foi nécessaire à la fidélité ? à l'attente ?
L'attente et l'espoir ?
L'espoir des lendemains meilleurs, ceux que les hommes promettaient et qui ne sont jamais venus ? mais nous n'avions pas ou plus l'espoir ? Celui qui porte en vers et contre tout vers... ?
Mais vers quoi ? qui ?
Il était cette foi.
Une fois ébranlable, faillible qui ne résiste pas à la faille malgré les mots, les promesses, les serments.
La foi en l'humain, en l'homme, en un demain promis.
Une foi fragile, tenue, reposant sur une confiance pouvant être trahie, ébranlée par le temps, les circonstances, une ouverture d'esprit, une capacité à faire face à l'incertitude d'un côté, une foi soumis à condition, si !
Et de l'autre : une foi sacrée, reposant sur une conviction profonde en une réalité divine, une vérité transcendante dépassant l'épreuve du doute ou de la preuve et offrant une stabilité intérieure, une confiance absolue dépassant la compréhension et l'entendement humain.
Cette dualité soulève alors la question de la confiance, comment la foi humaine si fragile peut-elle s'accorder avec la foi divine, si ferme ? Peut-être que la foi profane, malgré sa fragilité nous prépare à accueillir la foi sacrée en nous apprenant à faire confiance, même lorsque tout semble incertain ?
Il était une foi et de l'amour ?
L'amour qu'il soit humain ou divin est une expérience vitale, universelle touchant à l'essence même de notre être.
L'amour est en fait ce qui fait tenir le lien quand tout manque pour le soutenir, quand la présence disparait, quand la preuve se retire, quand la réponse ne vient pas.
Dans l'amour humain, il prend la forme d'un visage, d'un corps, d'un nom, dans la foi cela devient une adresse sans visage, mais dans les deux cas au fond il y a ce geste : tenir.
Tenir, c'est le geste que fait la couturière, la dentellière peut-être. Elle est à cet endroit là. Elle ne sait pas, ni comme croyante ni comme amante, mais elle continue à tisser
Et peut-être que l'amour peut se dire ainsi ?
L'amour n'est pas ce qui comble le manque, il est ce qui consent à vivre avec lui, sans rompre le fil.
La foi implique, je crois une forme d’amour, un amour pour ce qui est au-delà de nous, pour l’absolu, pour l’invisible. Et l’amour, surtout lorsqu’il est sincère, peut aussi renforcer la foi, en lui donnant une dimension plus profonde et plus vivante.
Et si la Foi elle même était une forme d'amour sans objet visible ?
Et si l'amour humain était déjà une foi incarnée, fragile ? Exposée ?
Brigitte Judit
@crédit photo @brigitte judit
