Elle se penche et dit :
"Je voulais choisir une fleur...
Une fleur, une orchidée....
Peut-être, sûrement, oui c'est ça !
Alors je regarde, je le vois toutes...Elles sont là...
Là devant moi... Elles sont là...De toutes les couleurs, belles...
Et me tendent leurs bras, fleurs...
Je regarde et je me sens mal, tout à coup !
Infiniment mal !
Je ne vois plus les fleurs...
Je vois un orphelinat
Ces orphelinats avec les enfants des camps
Camps..Goulag... Je ne sais pas, mais c'est ce que je vois
Des enfants des camps, orphelins, abandonnés..? Retirés ? Enlevés ?
Des camps laissés là
Attendre des parents ?
Il me faut choisir, il faut choisir !
Mais comment choisir ?
En prendre un et laisser les autres, laisser tous les autres
Les laisser là.
Pourquoi celui là ? Et pas celui là ? Et celle là ?
Elle me tend les bras..
Je ne peux pas...
Prendre et laisser, laisser pour prendre"
L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
jeudi 20 février 2014
lundi 17 février 2014
dimanche 9 février 2014
Le rire pervers 2
Alors le rire ? Autorise t-il tout ? S'autorise t-il de tout ?
Le rire pervers... Dévoyé, qui sort de la voie, qui par la voix et la portée qu'il lui donne la fait dérailler.
Le rire ?
C'est bien là toute la question, une autre question, une interrogation qui se situe au delà du rire de tout, de ce "peut-on rire de tout" ?
Nous avons vu à quel point le rire était nécessaire à l'homme, le libérait du quotidien, lui permettait de franchir certaines contraintes imposées par le cadre social, tout en créant et renforçant le lien social, ces périodes de rires organisées tel le carnaval, ces fêtes et mascarades ou chacun se déguisent, pour laisser aller les pulsions... De vie. Eros.
Mais ce qui questionne n'est pas ce débordement de l'Eros, mais plutôt celui de son jumeau, jamais bien loin Thanatos. Ce rire tanatique qui libère lui aussi des pulsions et surtout expulse ce qu'il y a de plus sombre en l'homme.
Rire et faire rire. Provoquer ce réflexe chez l'autre.
Dire pour faire rire, montrer à voir pour faire rire, donner à entendre pour faire rire. Il y a de la mise en scène et de la mise en actes. Un objectif à atteindre, rire et divertir !
Cela parait séduisant et l'est au premier abord, mais c'est avant de se demander si il est possible, si on peut rire de tout, donc faire rire de tout.
Si dans le faire rire l'autre et si pour faire rire l'autre on peut user de tous les artifices ?
Si tout est matière à rire ? Risible. Irrisible indécence... !
Faire rire pour libérer les pulsions et faire sortir du cadre l'autre, tout en y posant d'autres limites imposées par la décence, l'éducation et les tabous.
Tabous. Ce qui ne doit pas être transgresser, ces interdits fondamentaux qui règlent, régissent la vie en société, ce qui fait que les êtres sont, deviennent et adviennent des sujets humains, des êtres civilisés
Alors faire rire l'autre c'est se situer aussi dans ce cadre hors cadre là.
Lourde et bien complexe tâche. Pari difficile à tenir, pour qu'il ne devienne ni intenable ni une imposture
A moins que ?
A moins qu'à dessein faire rire devienne insidieusement ou pas, le moyen permettant cette décharge pulsionnelle et émotionnelle singulière... toxique.
Que ce faire rire ne soit pas drôle, même plus sarcastique.
Que ce rire qui signifie parfois/souvent que son objet même ne peut passer par la parole soit instrumentalisé, ustensilisé à des fins inavouables. Ou presque.
A des fins... A défunts...A dessein.
L'instrumentalisation du rire, après celui de la parole, nous y voilà.
Une parole pour faire rire, mais pas n'importe quels mots, ceux qui viennent lever l'inhibition, la pulsion de l'autre, dans ce qu'il y a de plus mortifère.
Thanatos convoque et interpelle Thanatos, et il y a du répondant, de l'écho.
Une communication au delà de la parole, celle des pulsions archaïques de destruction et de Mal qu'il y a chez chacun de l'être qui se veut malgré tout humain. Ce tout petit verrou qui saute qui fait craquer le vernis de culture et renvoie à la Horde primitive.
Alors il s'en suit entre celui qui dit pour faire rire, et celui qui tend l'oreille pour rire, une sorte d'harmonie sauvage et brutale qui vient réveiller ce qu'il y a de plus obscur au fond de l'âme, de plus cruel et destructueur. La parole du rire en est le vecteur et banalise le mal, puisqu'il n'y a pas de mal à en rire encore une fois, perversité ! Perversion. Le mal est exorcisé, exalté par cette parole qui s'adresse directement à la pulsion pour la libérer, libérer le monstre, le conduire hors du Labyrinthe.
Le rire pour extirper l'indicible.
le Mal parle au Mal, le Mal libère le Mal... Ce n'est pas bien difficile.
Le crime rode et n'est jamais bien loin. Il est la base même sur laquelle repose notre Humanité.
Alors s'installe ce lien singulier toxique et pervers. Ce lien qui se tisse par les mots qui font rire, qui piquent et qui tuent, l'autre. Il est infiniment plus simple et plus cruel de rire de cet autre, ce désigné d'office qui cristallise la peur, la haine et le rejet. Ce Bouc émissaire décrit par Girard
Ainsi le groupe retrouve une cohésion. l'objet du rire en est le but, unis autour de !
Rire pervers, instrumentalisé pour renforcer une fraternité fragile qui a besoin de ce ciment pour être encore plus forte ! Hélas !
C'est ainsi que le rire devient une arme. Une arme d'une force inouïe car elle se propage, ça ne fait pas de mal de rire, même du mal, ça fait même du bien. Et puis en rire ! Ce n'est pas grave !
Le rire a rempli sa fonction de lien social, de cohésion des hommes. A quel prix et comment ? Au détriment de qui ?
Peu importent ces dommages collatéraux, peu importe puisqu'on rit. Le rire ne peut pas représenter un danger.. Il est le propre de l'homme
Le mal aussi.
Brigitte Dusch Historienne, psychanalyste.
Le rire pervers... Dévoyé, qui sort de la voie, qui par la voix et la portée qu'il lui donne la fait dérailler.
Le rire ?
C'est bien là toute la question, une autre question, une interrogation qui se situe au delà du rire de tout, de ce "peut-on rire de tout" ?
Nous avons vu à quel point le rire était nécessaire à l'homme, le libérait du quotidien, lui permettait de franchir certaines contraintes imposées par le cadre social, tout en créant et renforçant le lien social, ces périodes de rires organisées tel le carnaval, ces fêtes et mascarades ou chacun se déguisent, pour laisser aller les pulsions... De vie. Eros.
Mais ce qui questionne n'est pas ce débordement de l'Eros, mais plutôt celui de son jumeau, jamais bien loin Thanatos. Ce rire tanatique qui libère lui aussi des pulsions et surtout expulse ce qu'il y a de plus sombre en l'homme.
Rire et faire rire. Provoquer ce réflexe chez l'autre.
Dire pour faire rire, montrer à voir pour faire rire, donner à entendre pour faire rire. Il y a de la mise en scène et de la mise en actes. Un objectif à atteindre, rire et divertir !
Cela parait séduisant et l'est au premier abord, mais c'est avant de se demander si il est possible, si on peut rire de tout, donc faire rire de tout.
Si dans le faire rire l'autre et si pour faire rire l'autre on peut user de tous les artifices ?
Si tout est matière à rire ? Risible. Irrisible indécence... !
Faire rire pour libérer les pulsions et faire sortir du cadre l'autre, tout en y posant d'autres limites imposées par la décence, l'éducation et les tabous.
Tabous. Ce qui ne doit pas être transgresser, ces interdits fondamentaux qui règlent, régissent la vie en société, ce qui fait que les êtres sont, deviennent et adviennent des sujets humains, des êtres civilisés
Alors faire rire l'autre c'est se situer aussi dans ce cadre hors cadre là.
Lourde et bien complexe tâche. Pari difficile à tenir, pour qu'il ne devienne ni intenable ni une imposture
A moins que ?
A moins qu'à dessein faire rire devienne insidieusement ou pas, le moyen permettant cette décharge pulsionnelle et émotionnelle singulière... toxique.
Que ce faire rire ne soit pas drôle, même plus sarcastique.
Que ce rire qui signifie parfois/souvent que son objet même ne peut passer par la parole soit instrumentalisé, ustensilisé à des fins inavouables. Ou presque.
A des fins... A défunts...A dessein.
L'instrumentalisation du rire, après celui de la parole, nous y voilà.
Une parole pour faire rire, mais pas n'importe quels mots, ceux qui viennent lever l'inhibition, la pulsion de l'autre, dans ce qu'il y a de plus mortifère.
Thanatos convoque et interpelle Thanatos, et il y a du répondant, de l'écho.
Une communication au delà de la parole, celle des pulsions archaïques de destruction et de Mal qu'il y a chez chacun de l'être qui se veut malgré tout humain. Ce tout petit verrou qui saute qui fait craquer le vernis de culture et renvoie à la Horde primitive.
Alors il s'en suit entre celui qui dit pour faire rire, et celui qui tend l'oreille pour rire, une sorte d'harmonie sauvage et brutale qui vient réveiller ce qu'il y a de plus obscur au fond de l'âme, de plus cruel et destructueur. La parole du rire en est le vecteur et banalise le mal, puisqu'il n'y a pas de mal à en rire encore une fois, perversité ! Perversion. Le mal est exorcisé, exalté par cette parole qui s'adresse directement à la pulsion pour la libérer, libérer le monstre, le conduire hors du Labyrinthe.
Le rire pour extirper l'indicible.
le Mal parle au Mal, le Mal libère le Mal... Ce n'est pas bien difficile.
Le crime rode et n'est jamais bien loin. Il est la base même sur laquelle repose notre Humanité.
Alors s'installe ce lien singulier toxique et pervers. Ce lien qui se tisse par les mots qui font rire, qui piquent et qui tuent, l'autre. Il est infiniment plus simple et plus cruel de rire de cet autre, ce désigné d'office qui cristallise la peur, la haine et le rejet. Ce Bouc émissaire décrit par Girard
Ainsi le groupe retrouve une cohésion. l'objet du rire en est le but, unis autour de !
Rire pervers, instrumentalisé pour renforcer une fraternité fragile qui a besoin de ce ciment pour être encore plus forte ! Hélas !
C'est ainsi que le rire devient une arme. Une arme d'une force inouïe car elle se propage, ça ne fait pas de mal de rire, même du mal, ça fait même du bien. Et puis en rire ! Ce n'est pas grave !
Le rire a rempli sa fonction de lien social, de cohésion des hommes. A quel prix et comment ? Au détriment de qui ?
Peu importent ces dommages collatéraux, peu importe puisqu'on rit. Le rire ne peut pas représenter un danger.. Il est le propre de l'homme
Le mal aussi.
Brigitte Dusch Historienne, psychanalyste.
lundi 3 février 2014
Le rire pervers.1
"Le rire est le propre de l'homme" : Commentez. Je me souviens de ce sujet de dissertation comme si c'était hier.
Le rire : Alors j'ai repris Gargantua et j'ai lu une fois encore.
AUX LECTEURS :
Amis lecteurs, qui ce livre lisez,
Despouillez vous de toute affection ;
Et, le lisant, ne vous scandalisez :
Il ne contient mal ne infection ;
Vray est qu'icy peu de perfection
Vous apprendrez, si non en cas de rire ;
Aultre argument ne peut mon cueur elire,
Voyant le dueil qui vous mine et consomme
Mieulx est de ris que de larmes escripre,
Pour ce que rire est le propre de l'homme.
Le rire en effet le propre de l'homme, même si la science nous dit que d'autres mammifères en ont la capacité. Il faut rire pour vivre, vivre pour rire, sauf que la vie se révèle parfois être une tragédie : celle du drame de l'homme. Alors pourquoi rire ? Et de quoi rire ? Y a t-il de quoi rire ?
Freud écrivait que le rire était un moyen d'atteindre une autre dimension de soi, qu'il créait du lien social il soulignait aussi qu'il fallait d'abord rire de soi même, ce qui est tout un art, de l'humour... Cet humour là est presque un luxe tant il est difficile, rare et précieux, mais tellement libérateur !
Il est souvent hélas infiniment plus simple de rire de l'autre, des autres que de soi même.
Peut-être aussi plus rassurant ?
Rire ? Se moquer ? Rire ou sourire ? Préfixe malin qui modère et tempère pour atténuer l'éclat et le rendre plus sociable, plus social, moins bruyant mais tout aussi dévastateur s'il est inconvenant.
Rire de rien et de tout ? C'est justement là que l'épineuse question heurte l'entendement. C'est également là que les convenances et ce qu'il convient d'appeler les compétences sociales (qui relèvent autant de l'éducation que du bon sens) interviennent et interdisent. Il y a des sujets avec lesquels on ne plaisante pas. Dont on ne rie pas. "Tout le monde" le sait. Cela va de soi.
Mais pas seulement, cela va aussi de la décence, de la morale et de l'éthique... De la civilité en quelque sorte, ce petit quelque chose jamais vraiment acquis qui laisse penser que le sujet humain est vraiment sorti de la Horde ; Qu'il a accompli à grand peine ce long chemin pas facile, semé d'embuche, qu'il a sublimé ses pulsions de destruction, de haine, de violence et de mort, pour faire partie de ce fameux lien social qui relie les hommes et fonde l'Humanité.
Pulsions ? Encore elles !
Freud a tout d'abord pensé que la civilisation permettrait à l'Homme de s'élever au dessus de ces/ses pulsions dévastatrices avant de découvrir avec horreur qu'il n'en n'était rien. Non, décidément sous ce vernis de culture la bête sommeille et ne demande qu'à se réveiller, il l'explique longuement dans la réponse qu'il fait à Einstein "Pourquoi la guerre".
Non décidément non, l'homme malgré l'art, la musique et les bonnes manières n'est pas à l'abri de ces/ses débordements, le crime rode, et le fantôme du père assassiné et dévoré le hante. Le crime originel et fondateur.
Ainsi de rire il n'y a pas moyens, toujours. Pourtant certains se rient de tout, et de l'interdit. Se pose alors la question de la limite,du contenant de ce rire libérateur, ce plaisir interdit nous dit encore Freud mais socialement permis, lorsque la société autorise et s'autorise, celui qui permet à l'homme de supporter les contraintes, celles là même du lien social et de la Loi. Ce rire "honnête" disait Descartes qui met de la distance entre soi et les autres. "Ce fameux mécanisme plaqué sur du vivant".
Y aurait-il alors un cadre, des limites, une frontière entre ce rire sain dont parle Freud, ce rire qui permet de ne pas tout prendre à la lettre, cette sorte de parenthèse, ce moment hors monde et ce rire "malin" toxique et malsain ?
Y aurait-il une frontière ? Un rire singulier qui casse l'inhibition et transgresse les interdits, convoquant alors ces inter-dits, le jeu avec ce que les hommes bannissent du registre du permis en élevant une barrière une ligne jaune à ne pas franchir. Ce rire si particulier brise alors tout ça, fait voler en éclat et exploser le cadre. Transgressant allègrement morale et tabou, pour expulser cette pulsion dévastatrice qu'il ne peut ni contenir ni retenir. Pulsion de rire, pulsion de détruire, pulsion de tuer par le rire ce qui est déjà mort, à dessein sûrement. Pulsions ? Perversions ?
Le rire peut alors être pervers, et perverti.... (à suivre)
Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste.
Le rire : Alors j'ai repris Gargantua et j'ai lu une fois encore.
AUX LECTEURS :
Amis lecteurs, qui ce livre lisez,
Despouillez vous de toute affection ;
Et, le lisant, ne vous scandalisez :
Il ne contient mal ne infection ;
Vray est qu'icy peu de perfection
Vous apprendrez, si non en cas de rire ;
Aultre argument ne peut mon cueur elire,
Voyant le dueil qui vous mine et consomme
Mieulx est de ris que de larmes escripre,
Pour ce que rire est le propre de l'homme.
Le rire en effet le propre de l'homme, même si la science nous dit que d'autres mammifères en ont la capacité. Il faut rire pour vivre, vivre pour rire, sauf que la vie se révèle parfois être une tragédie : celle du drame de l'homme. Alors pourquoi rire ? Et de quoi rire ? Y a t-il de quoi rire ?
Freud écrivait que le rire était un moyen d'atteindre une autre dimension de soi, qu'il créait du lien social il soulignait aussi qu'il fallait d'abord rire de soi même, ce qui est tout un art, de l'humour... Cet humour là est presque un luxe tant il est difficile, rare et précieux, mais tellement libérateur !
Il est souvent hélas infiniment plus simple de rire de l'autre, des autres que de soi même.
Peut-être aussi plus rassurant ?
Rire ? Se moquer ? Rire ou sourire ? Préfixe malin qui modère et tempère pour atténuer l'éclat et le rendre plus sociable, plus social, moins bruyant mais tout aussi dévastateur s'il est inconvenant.
Rire de rien et de tout ? C'est justement là que l'épineuse question heurte l'entendement. C'est également là que les convenances et ce qu'il convient d'appeler les compétences sociales (qui relèvent autant de l'éducation que du bon sens) interviennent et interdisent. Il y a des sujets avec lesquels on ne plaisante pas. Dont on ne rie pas. "Tout le monde" le sait. Cela va de soi.
Mais pas seulement, cela va aussi de la décence, de la morale et de l'éthique... De la civilité en quelque sorte, ce petit quelque chose jamais vraiment acquis qui laisse penser que le sujet humain est vraiment sorti de la Horde ; Qu'il a accompli à grand peine ce long chemin pas facile, semé d'embuche, qu'il a sublimé ses pulsions de destruction, de haine, de violence et de mort, pour faire partie de ce fameux lien social qui relie les hommes et fonde l'Humanité.
Pulsions ? Encore elles !
Freud a tout d'abord pensé que la civilisation permettrait à l'Homme de s'élever au dessus de ces/ses pulsions dévastatrices avant de découvrir avec horreur qu'il n'en n'était rien. Non, décidément sous ce vernis de culture la bête sommeille et ne demande qu'à se réveiller, il l'explique longuement dans la réponse qu'il fait à Einstein "Pourquoi la guerre".
Non décidément non, l'homme malgré l'art, la musique et les bonnes manières n'est pas à l'abri de ces/ses débordements, le crime rode, et le fantôme du père assassiné et dévoré le hante. Le crime originel et fondateur.
Ainsi de rire il n'y a pas moyens, toujours. Pourtant certains se rient de tout, et de l'interdit. Se pose alors la question de la limite,du contenant de ce rire libérateur, ce plaisir interdit nous dit encore Freud mais socialement permis, lorsque la société autorise et s'autorise, celui qui permet à l'homme de supporter les contraintes, celles là même du lien social et de la Loi. Ce rire "honnête" disait Descartes qui met de la distance entre soi et les autres. "Ce fameux mécanisme plaqué sur du vivant".
Y aurait-il alors un cadre, des limites, une frontière entre ce rire sain dont parle Freud, ce rire qui permet de ne pas tout prendre à la lettre, cette sorte de parenthèse, ce moment hors monde et ce rire "malin" toxique et malsain ?
Y aurait-il une frontière ? Un rire singulier qui casse l'inhibition et transgresse les interdits, convoquant alors ces inter-dits, le jeu avec ce que les hommes bannissent du registre du permis en élevant une barrière une ligne jaune à ne pas franchir. Ce rire si particulier brise alors tout ça, fait voler en éclat et exploser le cadre. Transgressant allègrement morale et tabou, pour expulser cette pulsion dévastatrice qu'il ne peut ni contenir ni retenir. Pulsion de rire, pulsion de détruire, pulsion de tuer par le rire ce qui est déjà mort, à dessein sûrement. Pulsions ? Perversions ?
Le rire peut alors être pervers, et perverti.... (à suivre)
Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste.
mardi 28 janvier 2014
Rencontre ?
jeudi 16 janvier 2014
Irrisible indécence.
Longtemps je me suis demandé s'il fallait écrire ou non, dire ou non, -mais il parait que celui qui ne dit mot consent, alors comme je ne consens pas- des mots je dirai, à propos des maux que cette société met en place, en actes et en scène.
Comment pourrait-on consentir et laisser dire, laisser faire, sans mots dire, sans maudire.
Mais maudire qui ?
La rumeur, celle de la haine sourde mais plus tant que ça, qui s'exprime, se clame et se rit à ciel ouvert et gorge déployée ?
Que dire devant un tel spectacle ? Un tel montré à voir, indigne et indécent ?
La colère serait une trop mince affaire, les mots une arme si futile et dérisoire.
Alors le silence peut-être, qui va de soi, qui vient de soi, car le dire est celui de l'impensé, de l'impensable et de l'indicible.
Dans une de ses chansons à propos des siens, le Peuple d'Arménie, Charles Aznavour dit :
'Moi je suis de ce peuple qui dort sans sépulture
Qu´a choisi de mourir sans abdiquer sa foi
Qui n´a jamais baissé la tête sous l´injure
Qui survit malgré tout et qui ne se plaint pas
Ils sont tombés pour entrer dans la nuit"Combien sommes-nous de ce (de ces) peuples morts sans sépulture ? Combien ?
Alors comment, nous,survivants pouvons nous nous taire ?
Comment ?
Une étape dans la haine a été franchie je crois ces derniers jour, une de ces étapes noires, un de ces pas, une de ces marches qui fait que l'avancée sur le chemin de la honte, de la haine de l'autre ne peut être effacé. Nous ne pouvons plus faire marche arrière
L'heure est grave et ce n'est pas un cliché. Hélas !
L'homme n'a rien tiré de rien, aucune leçon de ce passé qu'il se plait pourtant à mettre en mémoire, à commémorer, à célêbrer... Et que ce mot est odieux quand il est employé à cet effet, dans les médias et autres !
Ils ne savent ni ce qu'ils disent ni ce qu'ils font !
Interdire la haine alors, car appliquer la Loi, celle des hommes, faites par les hommes pour protéger les hommes ne peut l'être ? Par peur sûrement ?
Alors la loi s'est faite liberticide, tuant la parole de haine, car il n'y a pas d'autre choix.
Le problème est de taille, il est morale et éthique, il y va de l'amour, de l'amour de la liberté ? Mais qu'est ce que la liberté, celle là même qui infante le monstre et la bête immonde ?
Sont-ce un de ces nombreux dommages collatéraux dont elle si a honte aussi ? De ses pertes futiles qui ne comptent pas, ou presque, qui se mettent en marge, à la marge de...
Mais de quoi ?
Cette question interpelle et convoque les principes fondamentaux qui forment les bases de notre lien social ?
Doit-on tout tolérer au nom de cette soit disant liberté, tolérer la haine, la haine de l'autre, tolérer la mort de ceux qui dorment si mal sans sépulture, sans lieu de mémoire, assassinés au nom de la haine encore. Du Mal ? Doit-on rire de ça ? Doit-on accepter ça ? Doit-on se taire ?
Doit -on accepter que la Loi soit liberticide alors que l'homme sort de l'Humanité pour retourner à la Horde ? Celle qu'il n'a jamais quitté vraiment ?
Que doit-on faire ?
Pleurer ? Se lever ?
Je suis d'un peuple qui s'est toujours tenu debout, quoiqu'il arrive, je suis d'un monde qui ne se renie pas, qui ne renie jamais les siens. Je suis d'un peuple qui aime la liberté. Mais je pleure de voir que celle ci n'est plus qu'une mascarade.
Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste.
Comment pourrait-on consentir et laisser dire, laisser faire, sans mots dire, sans maudire.
Mais maudire qui ?
La rumeur, celle de la haine sourde mais plus tant que ça, qui s'exprime, se clame et se rit à ciel ouvert et gorge déployée ?
Que dire devant un tel spectacle ? Un tel montré à voir, indigne et indécent ?
La colère serait une trop mince affaire, les mots une arme si futile et dérisoire.
Alors le silence peut-être, qui va de soi, qui vient de soi, car le dire est celui de l'impensé, de l'impensable et de l'indicible.
Dans une de ses chansons à propos des siens, le Peuple d'Arménie, Charles Aznavour dit :
'Moi je suis de ce peuple qui dort sans sépulture
Qu´a choisi de mourir sans abdiquer sa foi
Qui n´a jamais baissé la tête sous l´injure
Qui survit malgré tout et qui ne se plaint pas
Ils sont tombés pour entrer dans la nuit"Combien sommes-nous de ce (de ces) peuples morts sans sépulture ? Combien ?
Alors comment, nous,survivants pouvons nous nous taire ?
Comment ?
Une étape dans la haine a été franchie je crois ces derniers jour, une de ces étapes noires, un de ces pas, une de ces marches qui fait que l'avancée sur le chemin de la honte, de la haine de l'autre ne peut être effacé. Nous ne pouvons plus faire marche arrière
L'heure est grave et ce n'est pas un cliché. Hélas !
L'homme n'a rien tiré de rien, aucune leçon de ce passé qu'il se plait pourtant à mettre en mémoire, à commémorer, à célêbrer... Et que ce mot est odieux quand il est employé à cet effet, dans les médias et autres !
Ils ne savent ni ce qu'ils disent ni ce qu'ils font !
Interdire la haine alors, car appliquer la Loi, celle des hommes, faites par les hommes pour protéger les hommes ne peut l'être ? Par peur sûrement ?
Alors la loi s'est faite liberticide, tuant la parole de haine, car il n'y a pas d'autre choix.
Le problème est de taille, il est morale et éthique, il y va de l'amour, de l'amour de la liberté ? Mais qu'est ce que la liberté, celle là même qui infante le monstre et la bête immonde ?
Sont-ce un de ces nombreux dommages collatéraux dont elle si a honte aussi ? De ses pertes futiles qui ne comptent pas, ou presque, qui se mettent en marge, à la marge de...
Mais de quoi ?
Cette question interpelle et convoque les principes fondamentaux qui forment les bases de notre lien social ?
Doit-on tout tolérer au nom de cette soit disant liberté, tolérer la haine, la haine de l'autre, tolérer la mort de ceux qui dorment si mal sans sépulture, sans lieu de mémoire, assassinés au nom de la haine encore. Du Mal ? Doit-on rire de ça ? Doit-on accepter ça ? Doit-on se taire ?
Doit -on accepter que la Loi soit liberticide alors que l'homme sort de l'Humanité pour retourner à la Horde ? Celle qu'il n'a jamais quitté vraiment ?
Que doit-on faire ?
Pleurer ? Se lever ?
Je suis d'un peuple qui s'est toujours tenu debout, quoiqu'il arrive, je suis d'un monde qui ne se renie pas, qui ne renie jamais les siens. Je suis d'un peuple qui aime la liberté. Mais je pleure de voir que celle ci n'est plus qu'une mascarade.
Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste.
mardi 14 janvier 2014
Travail sur soi
Faire un travail sur soi !
Une expression curieuse et qui dérange dans son acception...
Une expression ambigüe, un barbarisme grammatical et sémantique qui prolifère partout aussi bien dans les magazines féminins que dans les revues spécialisées, les forums, "posts" et discussions.
Il y a une sorte d'incongruité dans ces mots, une mauvaise association, une curieuse composition pour décomposer je ne sais quelle chose ! Das "Ding" ?
Travail sur soi...
Le mot travail peut-être ? Qui ne convient pas ? Ou si mal....
Cet "Arbeit" qui résonne et raisonne peut-être autrement dans la langue de Molière mais qui dans celle de Goethe n'a pas le même son, ni le même sens.
C'est peut-être "ça" qui heurte l'oreille... Mais pas seulement l'oreille.
Ce qui est donné à entendre l'est également donné à comprendre.
Travailler sur soi, cent fois sur le métier remettre son ouvrage !
Oui, en effet il peut y avoir de "ça".
Pourquoi ne pas dire simplement "je fais une thérapie, une analyse, une psychothérapie, une psychanalyse, une introspection, une quête spirituelle... "
Pourquoi travail ? Comment s'opère t-il cet '"Arbeit" singulier, cette tâche qui demande peine et aussi salaire ?
Et quel salaire ? La peine en étant la condition ?
Dans quel rapport le sujet se situe t-il ? Va t-il se loger pour ?
"Travaillez prenez de la peine..." Il faut donc souffrir lorsqu'on travaille, cette même souffrance originelle de 'l'Arbeit Zimmer" qui préside à la naissance ?
Naître dans la souffrance, celle de la mère et celle de soi. Naitre encore dans une autre souffrance celle de sa connaissance et reconnaissance pour s'inscrire quelque part ? Se cramponner au lien social ?
"Tu accoucheras dans la douleur"
Mais qui a dit "'ça" ? Et faut-il le croire ?
Mal édiction ? Fausse croyance... Mais peut-être finalement pas si inconfortable
Accoucher de soi mérite souffrance et peine, douleur et persévérance. Et toute peine mérite salaire !
Lequel ? Encore une fois ?
Un petit détour vers l'histoire éthymologique de ce mot singulier ne nous conforte guère dans son acception agréable, issu du bas latin Tripallium qui désignait une sorte d'appareil formé de trois pieux destiné à nourrir les animaux mais aussi et surtout l'instrument de torture pour punir les esclaves. Rien de bien réjouissant, torture et esclave.
S'il n'en n'est aujourd''hui plus que la métaphore et parfois la réalité, le mot est toujours emprunt de la représentation d'effort à accomplir tant physiquement qu'intellectuellement pour obtenir un résultat
Il désigne l'emploi, le poste occupé, l'activité à faire pour obtenir un paiement, un salaire ou non, le travail domestique en étant le paradigme...
Alors travaillons sur soi ? Travaillez et prenez de la peine à aller au devant de vous, de ce "Je" caché peut-être... Mais où ?
Entreprendre une psychanalyse ou une démarche psychothérapeutique n'est pas forcément facile, simple. Cela demande du courage, de la persévérance, de l'engagement, de la volonté, de l'envie, du désir. Demande et suppose tout ça à la fois, avec des hauts et des bas, des moments de bonheur et des moments de questionnements, des envies de renoncements. Un peu comme au travail me direz-vous ?
Mais pourquoi ce parallèle ?
Quid de ce "travail sur soi" ? Je me raccommode, je me ravaude, je me rapièce, je me retricote, je me rafistole, je me bricole...
Oui, il y a de ça, aussi, une espèce de puzzle dont il manque des morceaux, vase brisé dont on a perdu les pièces et qui ne retrouvera peut-être jamais son éclat antérieur.
Quid de ce travail analytique qu'on s'impose, qu'on s'inflige car la souffrance trop forte est devenue insupportable ? Quid de ça ?
Une expression curieuse et qui dérange dans son acception...
Une expression ambigüe, un barbarisme grammatical et sémantique qui prolifère partout aussi bien dans les magazines féminins que dans les revues spécialisées, les forums, "posts" et discussions.
Il y a une sorte d'incongruité dans ces mots, une mauvaise association, une curieuse composition pour décomposer je ne sais quelle chose ! Das "Ding" ?
Travail sur soi...
Le mot travail peut-être ? Qui ne convient pas ? Ou si mal....
Cet "Arbeit" qui résonne et raisonne peut-être autrement dans la langue de Molière mais qui dans celle de Goethe n'a pas le même son, ni le même sens.
C'est peut-être "ça" qui heurte l'oreille... Mais pas seulement l'oreille.
Ce qui est donné à entendre l'est également donné à comprendre.
Travailler sur soi, cent fois sur le métier remettre son ouvrage !
Oui, en effet il peut y avoir de "ça".
Pourquoi ne pas dire simplement "je fais une thérapie, une analyse, une psychothérapie, une psychanalyse, une introspection, une quête spirituelle... "
Pourquoi travail ? Comment s'opère t-il cet '"Arbeit" singulier, cette tâche qui demande peine et aussi salaire ?
Et quel salaire ? La peine en étant la condition ?
Dans quel rapport le sujet se situe t-il ? Va t-il se loger pour ?
"Travaillez prenez de la peine..." Il faut donc souffrir lorsqu'on travaille, cette même souffrance originelle de 'l'Arbeit Zimmer" qui préside à la naissance ?
Naître dans la souffrance, celle de la mère et celle de soi. Naitre encore dans une autre souffrance celle de sa connaissance et reconnaissance pour s'inscrire quelque part ? Se cramponner au lien social ?
"Tu accoucheras dans la douleur"
Mais qui a dit "'ça" ? Et faut-il le croire ?
Mal édiction ? Fausse croyance... Mais peut-être finalement pas si inconfortable
Accoucher de soi mérite souffrance et peine, douleur et persévérance. Et toute peine mérite salaire !
Lequel ? Encore une fois ?
Un petit détour vers l'histoire éthymologique de ce mot singulier ne nous conforte guère dans son acception agréable, issu du bas latin Tripallium qui désignait une sorte d'appareil formé de trois pieux destiné à nourrir les animaux mais aussi et surtout l'instrument de torture pour punir les esclaves. Rien de bien réjouissant, torture et esclave.
S'il n'en n'est aujourd''hui plus que la métaphore et parfois la réalité, le mot est toujours emprunt de la représentation d'effort à accomplir tant physiquement qu'intellectuellement pour obtenir un résultat
Il désigne l'emploi, le poste occupé, l'activité à faire pour obtenir un paiement, un salaire ou non, le travail domestique en étant le paradigme...
Alors travaillons sur soi ? Travaillez et prenez de la peine à aller au devant de vous, de ce "Je" caché peut-être... Mais où ?
Entreprendre une psychanalyse ou une démarche psychothérapeutique n'est pas forcément facile, simple. Cela demande du courage, de la persévérance, de l'engagement, de la volonté, de l'envie, du désir. Demande et suppose tout ça à la fois, avec des hauts et des bas, des moments de bonheur et des moments de questionnements, des envies de renoncements. Un peu comme au travail me direz-vous ?
Mais pourquoi ce parallèle ?
Quid de ce "travail sur soi" ? Je me raccommode, je me ravaude, je me rapièce, je me retricote, je me rafistole, je me bricole...
Oui, il y a de ça, aussi, une espèce de puzzle dont il manque des morceaux, vase brisé dont on a perdu les pièces et qui ne retrouvera peut-être jamais son éclat antérieur.
Quid de ce travail analytique qu'on s'impose, qu'on s'inflige car la souffrance trop forte est devenue insupportable ? Quid de ça ?
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Nota bene
Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.
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Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.