L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
mercredi 26 août 2009
Image 2
Et elle joint le geste à la parole, désignant avec mépris cette peau en trop, cette chair qui lui coûte cher, cher....
Elle aimerait bien s'en défaire, de cette chair là, cette masse qu'elle dit informe, lourde, qui la géne
Cette masse qu'elle voit dans la glace, que lui renvoit le miroir
"Rien ne me va, rien ne va"
Rien...
"Si j'avais moins....Je pourrai....Je serai..."
Moins, soustraire, ôter le trop
Une simple opération arithmètique, pour rétablir un équilibre, une soit disant norme, pour rendre presque parfait....Un corps
Car c'est bien d'un corps qu'il s'agit
D'un corps de femme
D'une femme qui ne veut pas de ce corps là,
D'une femme qui pourtant se veut une femme
Mais pas avec ce "trop", ce "plein" cette "masse", cette "chair"...
Et de gommer avec des crèmes, amincir, masser, malaxer, cette chair là, sur les cuisses, le ventre, les fesses, les hanches, et de frotter, de faire rougir, pour gommer, effacer.. Retirer
Et de mesurer l'effet de ces massages, de vérifier leur efficacité...
Et de réduire un peu l'alimentation, plus de sucres, de chocolat, de "ce qui pourrait encore nourrir tout ça"...
De boire, de l'eau, du thé, des tisanes, "pour éliminer tout ça"
Pourtant, "les autres disent que je me fais des idées... "
Des idées ?
"Je n'ose même plus essayer ces petits hauts, c'est beau, mais sur moi, ça ne ressemble plus à rien, on ne voit que mes seins, ça déborde de partout... "
On ne voit que...
Elle ne voit que...
"Tout ce qui est beau, ça devient moche sur moi... Je rends tout moche, je suis moche, tout ça c'est moche...!"
Soupirs !
Rondeurs ? Pas vraiment, des formes de femmes, ni plus ni moins
Mais elle n'en veut pas de ces formes là : "C'est trop"
"Comment vous voyez vous ?"
"Grosse énorme... " Et de désigner, et de mimer des formes qui n'existent pas, pas comme ça, pas autant....
"Vous souhaiteriez être comment ?"
"Mais sans tout ça" Et de désigner encore ces formes là, ces formes qu'elle voit di formes...
"Je ne supporte pas... Tout ça !"
"Depuis quand vous ne supportez pas tout ça ?"
Silence.....
mardi 25 août 2009
Image
Elle n'aime pas ces formes, ses formes, cette mise en forme
Elle n'aime pas, mais ne voit que ça, ne voient qu'elles
Ces formes, qui dérangent, ces courbes, ces "trop plein" comme elle dit, ce trop qui vraiment est trop, est en trop
Elle n'aime pas !
Difforme, en forme, des formes qui déforment...
A la voir, à la regarder, rien ne semble en trop....De trop !
Lui dire ne sert à rien, ce que l'autre voit ne lui importe pas, seul ce qu'elle croit que l'autre voit est important
Elle est persuadée que l'autre, les autres, ne voient que ça, ces formes, ses formes à elle qui la déforme, qui sont en trop, qui font que....
Du ventre, des fesses, des hanches, des seins
Trop, en trop....
Elle n'alterne pas vraiment les régimes, le sport, les plantes ou autres tentatives....Elle essaient parfois, sans grand résultat
"Elles reviennent encore, cela ne sert à rien que je m'affame...Mais je voudrai tellement les gommer, les effacer, les zapper, les retirer, elles sont là, me narguent...Sans elle, je serai acceptable, présentable...Jolie..."
Alors elle cache, se drape dans des vétements un peu larges, pas trop, mais qui gomment, effacent, estompent...Un peu, les formes...
Non que ce soit obcessionnel, mais c'est là, quand même...
"Ca me ruine la vie, enfin un peu... Cette image de moi dans la glace....Rien ne me va... Ca ressort de partout...."
Pourtant, rien de tout cela n'est réel, vrai, pour l'autre....Les autres...
Mais ce regard là ne lui importe pas, ce n'est pas le reflet que lui renvoit le miroir, ce méchant miroir, ou les yeux qui scrutent inlassablement ce miroir qui refuse de lui dire non qu'elle est la plus belle, mais que ces formes là sont belles
Formes... Femme.. Féminité...Féminitude....
Femelle, maternité, mammifère, mamelle....
Des formes dont elle ne veut pas... Une ligne parfaite, droite, svelte, sans aspérité, lisse et nue
Nue ! Nudité....
La main ne glisse pas, mais ce heurte à ses formes, comme les yeux dans le miroir...
Elle a songé parfois à la chirurgie esthétique, mais se dit, dans des moments plus paisible que c'est sans doute un peu exagéré... Mais quand même
Elle ne supporte pas ce corps tout en forme parfois, quelque fois... Cela la plonge dans un état affligeant, elle pleure, cache encore davantage...
Se reprend, se dit alors que la seule solution est de vivre avec, mais ce vivre là, ne semble pas possible, pas vraiment...
Alors elle se regarde dans la glace, terrible miroir qui lui assène encore une vérité intenable, insoutenable à son regard à elle....Des formes, elle ne voit que ça, de face, de profil....Et elle rêve, gomme, aplatit...
Le rêve, la perfection, l'imaginé, le corps fantasmé, le corps rêvé, une sorte de Graal, inaccessible...
Elle n'ose en parler, se replie, se renferme, s'enferme...
Elle pense que personne ne peut comprendre, ne peut la comprendre, que comme le dit sa soeur "Elle se plaint d'aise"
Que tant d'autres, aimeraient, paient pour en avoir des formes... des formes qui font rêver, du moins le croient-elles, les font rêver, font rêver les hommes, font d'elles des femmes, des femmes en formes....
Mais elle, elle ne veut ni faire rêver les hommes, ni rêver d'être une femme, une femme, peut-être tout simplement
Elle ne veut pas de cette féminité là, de cette femmelleté là, de cette femmellitude là...
De tout ces formes là....
samedi 22 août 2009
Inessentiel
Et dans ce cas que signifie l'essentiel ?
De la nécessité de l'essentiel ?
Ou de l'inessentiel.... ?
L'essence, la nature intime d'une chose, d'un objet, d'un arbre, d'une fleur...L'essence essentielle, partie précieuse, magique presque, essentielle...
L'essence d'un sujet, la réalité permanente d'un être qui évolue, se modifie, grandit, se grandit...Essence et substance.
Le qu'est ce que c'est ?
L'essentiel, qu'il faut avoir, gardé, appris, transmis....
Essentiellement.
Inessentiel en serait-il alors l'opposé, le non permanent, ce qui ne reste pas, ce qui n'importe pas, ce qui finalement n'existe peut-être pas ?
Inessentiel au monde, à la vie, au quotidien de celle ci...
Le non essentiel, ce dont on peut se passer, mais qui est cependant, puisqu'on peut le nommer, mais qui pourrait ne pas être
Mais qui est ?
Alors pourquoi ? Et quid de cet inessentiel
Que ou qui nomme t-on ainsi
Quand et comment décide t-on de l'inessentialité d'une chose, d'un objet, d'un sujet ?
L'inessentialité est elle singulière ? Quelle singularité ?
L'opposition à l'essentiel relèguerait cette notion à ce qui ne l'est pas, et seulement à ce qui n'est pas l'essence, le plus important, le vital en quelques sortes. Parlerait-on alors du superflu ?
Réduire l'innessentiel au superflu, au trop, au "en trop" à ce qui n'est pas vraiment nécessaire ?
Vaste débat que celui là, alors que le sujet est plongé dans un univers de superflu, d'innessentiel, ou l'essentiel, n'est plus, n'est plus assez...
Encore... Encore serait donc le sésame de l'inessentiel, ce "toujours plus" qui illusionne celui qui le posséde.
Parce que l'essentiel ne suffirait pas, ne serait pas "assez", le sujet croit qu'en s'entourant de plus, d'encore un peu plus, il sera, à défauf d'être ou d'avoir été.
Sera, un futur, non essentiel, alors que l'ici et maintenant, lui ferait pleinement apprécier l'essentiel, ce qui est à portée de sa main, de son coeur, de son âme
Courir toujours après, plus vite, plus rapidement, pour atteindre, l'innateignable, mais qui reste de l'ordre du rêve, d'une inessentielleté qui devient pourtant vitale
Il ne faut cependant pas croire, tout ce qu'on raconte, dans les journaux, les magazines, les livres, à la télévision. Le monde capitaliste, nous laisse à penser, que ce qui n'est pas, il peut nous le procurer, une sorte de loi du marché, faussée dés le départ, mais qui nous illusionne
Posséder devient alors la clé. Avoir et non être, avoir au détriment de l'être, un être qui a, qui posséde... Non plus l'essentiel, le fondamental, l'important, l'essence même qui fait de lui un sujet singulier, cette part, toute infime mais tellement précieuse qui fait que le sujet est. EST.
Alea jacta est !
Il faut avoir et non être. Avoir permet d'être, ou du moins de faire semblant d'oublier qui on est pour un instant, car cet être là, ne plait pas, ne nous plait pas.
Le recouvrir d'oripeau, de biens de consommation, encore et encore... L'en recouvrir jusqu'à plus soif, jusqu'à la nausée... Au trop plein qui déborde, qui n'a plus de cadres, de limites...
Superflu, trop pour le pas assez, le jamais parfait, le toujours encore un peu....
L'inessentiel ferait alors t-il perdre l'essentiel ?
vendredi 31 juillet 2009
L'ultime liberté.
Combien de fois ais-je entendu ce message....
Combien de fois ais-je entendu ce désir d'en finir, de mettre un terme ...End. Game over !
Ce souhait de na pas aller plus loin, plus avant, cette non en vie, mais cette en vie d'aller ailleurs, voir ailleurs ! Se faire voir dans un autre ailleurs ?
Tabou que ce désir là.... "TS" inscrit en marge sur les dossiers, chuchotements presque honteux des équipes soignantes des unités non psychiatriques, commentaires superflux parfois, souvent "quand même... A son âge, (comme s'il y avait un âge correct pour mourir)...il ou elle a tout pourtant."
Propos reflétant l'angoisse, la peur, l'effroi devant celui ou celle qui a osé, qui a osé transgresser, transgresser la loi, celle posée par les hommes, une loi pas écrite, mais tacite, atavique, morale, religieuse, empreinte et mélée de tout ça, ensemble, noué, tressé.
Interdit !
Interdit de se donner la mort, de décider de son dernier jour, de son dernier Banquet, de sa dernière cigarette, de son dernier verre...
Interdit, c'est comme ça, comme si la mort, sa propre mort n'appartenait pas à soi, n'était pas le bien du sujet, pas le droit de dire c'est fini, end game, end... pas toujours happy !
Comme si le sujet ne disposait pas de sa personne, de son corps de chair, de sang, d'âme peut-être ?
On ne se donne pas la mort, c'est comme ça ! On ne s'offre pas ça !
Interrogations et débats sur le suicide, sur cette permission de mettre un terme à sa vie, de décider que c'est le dernier jour pour soi dans le monde des vivants. Les Anciens n'avaient pas l' approche actuelle, cette peur, ce souci, ce non dit. Le suicide n'était pas tabou, il était permis et n'inspirait ni mépris ni crainte ni désapprobation. Seule issue en certaines circonstances, douleur insupportable, ne pas tomber entre les mains de ses ennemis, ne pas trahir ses amis. On reconnaissait un certain courage à celui qui décidait d'en finir..
Les Stoïciens considéraient cet acte comme une "liberté suprême", décider de mourir et non attendre que la mort vienne prendre, sournoisement...
Les religions, les dogmes, les croyances ont rapidement mis la main sur cette "ultime liberté" que l'homme créature soit disant divine s'était accordée !
Création d'un dieu, l'homme n'avait pas et ne devait pas disposer de son corps, ni de son âme, l'enfer attend le suicidé, qui ne partage même pas le carré de cimetière des morts dogmatiquement corrects, ni même la fosse commune !
Maudits soit -ils !
Ils ont transgressés, bravés l'interdit suprême et défié dieu, un dieu crée à l'image de l'homme...!!! Qui seul donne la vie, et qui seul la reprend, quand ? Quand il a décidé que s'en était fini, pour la pauvre marionnette dont il tirerait les ficelles du haut d'un nuage perché dans le ciel... Pauvre humanité !
Pourtant on donne la mort, au nom de ce même dieu parfois !
En toute légalité, certains pays n'ont pas aboli la peine de mort et condamnent d'autres à mourir, mais condamne ces mêmes s'ils ont voulu ou donné la mort ! s'ils ont voulu se donner la mort
La guerre ? Que dire de cette peine de mort, de ce devoir de mort, encouragé, par la religion elle même, on bénit encore les troupes partant aux massacres !
Mort ! Pas d'égalité dans ce désir, ce vouloir là...
Se tuer, décider de sa mort c'est aller à l'encontre des lois des hommes, de la société, de la Vie, du sacré de la vie..
Encore aujourd'hui, on ne parle pas des suicidés, c'est un secret, de famille, de polichinelle... C'est quelque part honteux de refuser ce cadeau qu'est la vie, pour préférer hâter sa fin, vers un inconnu dont on ne reviendra jamais !
Pourquoi vouloir mourir ?
Il y aurait tant et tant à dire, entre cette volonté d'en finir, cet SOS, ultime bouteille à la mer, ultime tentative de vivre
Je meurs parce que je veux vivre, je décide de mourir parce que je souffre dans mon âme, au plus profond de moi, de mes tripes et personne n'entend, personne ne voit, personne ne regarde !
Ultime appel ! "M'aider, mayday...Médée...." S'il vous plait, ne me laissez pas au bord du chemin
Ultime solution, dernier recours, je n'en peux plus, je ne sais pas comment m'en sortir, je ne sais plus, j'ai touché le fond, c'est fini....
Plus de gout à rien, plus envie, plus d'en vie, parce que mort déjà au fond de soi
Le suicide prend de multiples visages, diverses facettes....Quand l'insupportable, le plus supportable, le non tolérable... Quand le sujet n'en peux plus, ne peux plus faire façe, qu'il ne peut plus voir de lumière dans son ciel à jamais obscurci, vaste continent noir, trou sans fond, tourbillon insensé de souffrances, de douleurs, de misères et de maladie
Sans issue, no futur, pas de retour possible, il ne reste alors plus rien que la mort, et si celle ci ne vient pas, alors il convient de la hâter un peu, d'anticiper, puique elle sera un jour au rendez vous. Alors pourquoi ne pas le fixer soi même ce rendez vous là, et ne pas le manquer....
Justement parfois il est manqué, raté, juste une tentative....
dimanche 26 juillet 2009
mardi 14 juillet 2009
Antique...
Ainsi écrivait Thucydide, in la guerre du Péloponèse V, p. 84...
Cela fait des siècles, mais cette réflexion me semble bien actuelle, et je vous invite à y réfléchir avec moi...Si cela vous dit ?
samedi 11 juillet 2009
Le dernier jour
"Vous feriez quoi, s'il ne vous restait qu'un seul jour à vivre" me demande un patient, en souriant....A demi. Quoique ?
A vrai dire je n'en sais rien, tous les jours sont les derniers, peuvent être les derniers, et je ne me suis jamais vraiment posé la question de cette ultimité, donc la question de cette certitude que je me lève un matin pour entamer mon dernier jour...
Le dernier matin...
Mon dernier matin...
Mon dernier jour !
La question est néanmoins interressante, soulignant par là, cette possibilité d'ici et maintenant, pour une fois, la dernière une bonne fois pour toute
Les jours se succédent et ne se ressemblent pas, on ne se baigne jamais dans le même fleuve, on ne regarde jamais le même ciel, on ne vit jamais les mêmes choses...
Chaque jour est alors nouveau, avec une possibilité de non lendemain, encore faut-il avoir ça présent à l'esprit?
Ce que nous n'avons pas, forcément, toujours... ?
Est-il, serait-il possible alors de vivre avec cette possibilité là, se dire que le jour, l'instant présent est, peut-être, le dernier ?
Comment envisager une telle possibilité ? Eventualité ?
Il convient sûrement de ne pas prendre au pied de la Lettre, encore que, chaque jour qui passe ne se ressemble pas, même si cette impression de déjà vu nous colle à la peau
Une sorte de répétition, demain, même heure..... Une répétition fatiguante, rassurante...
Répétition, mais pas à l'identique. Jamais, cela ne se peut...Pas de copié, collé, l'émotion, l'affect, la situation, rien n'est jamais semblable. Pas de mêmeté.
Donc chaque jour singulier est le dernier et demain sera un autre jour, demain est un autre jour..
Mais s'agit-il du dernier jour, ici, et maintenant, sur cette Terre, dans cette vie... ?
Dernier jour avant un ailleurs ? Mais quel ailleurs ?
Y a t-il vraiment un dernier jour ? Du moins un jour identifié comme tel ? Oui à postériori, mais nous ne pouvons pas le savoir, puisque nous n'aurons jamais connaissance de cet ultimité. Il sera alors le dernier pour les autres, l'autre que soi... Mais pas le dernier pour soi.
Non, logiquement alors à priori, ni dans l'instant présent, dans l'ici et maintenant.
Sur l'échelle du Temps ?
Nous ne sommes pas les maitres du temps, il nous échappe, s'enfuit, file au fil du temps qui passe... Nous ne sommes pas non plus dans la maitrise de celui ci, même si nous en sommes les gestionnaires, que nous apprenons à l'être, pour soi disant mieux vivre sa vie, mieux la remplir, ne pas laisser de place à un vide éventuel, qui pourrait...
Qui pourrait quoi ?
Laisser justement la possibilité d'ouvrir une fenêtre sur le passé ou le futur..Au sein même d'un présent qu'on pourrait supposer intenable ?
S'agit-il alors de vivre pleinement chaque jour qui passe comme le dernier... Comme s'il n'y en aurait plus d'autre, plus jamais... L'ultime alors que ce jourd'hui.
Et alors quoi ? On en fait quoi de spécial de ce dernier jour là... On fait quoi de spécial ce jour la ?Qui ne sera peut-être pas le dernier, puisque demain sera, et un autre supposé dernier succédera encore, et encore, et encore ?
Supercherie de croire que cette fois c'est le bon, ou le mauvais, que demain ne sera pas, mais si c'est le dernier c'est toujours ça de pris, mais pris, quoi et sur quoi, et à qui ?
On prend quoi quand on vit ?
Envisager alors la vie comme un combat, une lutte, mais contre qui ?
On ne se bat pas seul, pour rien, on se bat, contre, pour.... Il y a un objectif, une récompense, une possibilité,
Ici laquelle ?
Eternelle question que la vie, le sens de celle ci, si toutefois, sens il y a.
Le dernier jour n'existerait alors pas, il ne serait qu'une vue de l'esprit, une illusion encore, un espoir ultime de mettre fin...?
Le dernier jour du condamné, qui attend comme une délivrance.. Mais qui ne peut finalement profiter, si profit il peut y avoir de cette dernière possibilité... Condamné à vivre le dernier jour de sa vie, sachant que demain ne sera pas, car d'autres ont décidé pour lui.
Dernier jour, dernière étape sur le calendrier, avant de franchir le pas, vers un inconnu, vers le vide et le néant, pour l'éternité.
Le dernier jour, de celui qui décide de mettre un terme, d'écrire le mot fin...Décision, dernière volonté. Responsabilité ?
Quid alors de ces derniers jours, de ces derniers moments dans le monde des vivants ?
Qui sait ? Qui peut dire ? Qui peut faire ?
Alors cette notion de dernier jour, de vivre ce jour d'hui comme s'il était le dernier ne serait encore qu'une illusion, une tromperie de l'esprit comme seuls peuvent en construire l'homme, les hommes pour oublier cette condition humaine, cette non immortalité, compensant par ailleurs avec cette volonté, ce désir de pouvoir s'en affrenchir, alors que la vie et l'ultime finalement ne lui appartient même pas ?
Pourtant chaque jour est toujours le dernier, car celui qui suivra ne lui ressemblera pas, comme "le soleil est nouveau chaque jour*"
Héraclite, cité par Aristote in Meteorologica, II, 2, 354 b33
Nota bene
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.