Il n'est pas vraiment dans mes habitudes de parler à chaud de l'actualité, sauf dans certaines occasions, mes lecteurs le savent !
Ce matin en ouvrant mon ordinateur je découvre l'horreur, l'indicible, l'innommable, l'impensable !
Une école juive a été la cible d'un tueur ! 4 enfants sont morts dans des circonstances épouvantables, indignes et impensables dans un monde civilisé qui plus est est en paix !
4 enfants et un professeur, une école, un lieu où se rendent chaque matin nos enfants, pour étudier et apprendre les valeurs de l'humanité, tisser le lien social !
Comment peut-on imaginer ça ?
En en rien de temps, en quelques seconde le monde a basculé vers l'in humanité, l'horreur ! L'homme s'est mué en monstre !
Tout le monde s'indigne ! Est-ce suffisant ? Il n'y a rien à dire, rien à disserter, rien à analyser, il n'y a que des faits ignobles ! Des faits qui malheureusement se multiplient dans l'indifférence générale, on s'émeut sur le coup, et puis on oublie, parfois les autorités réclament des devoirs de mémoire !
Pour quoi faire ? Quand on voit le résultat !
On attise sans cesse la haine en opposant les hommes, en dressant les unes contre les autres les communautés ! Puis un beau matin on se retrouve face à l'impensé !
La haine ne mène à rien, si ce n'est au Chaos ! Est-ce cela que le monde souhaite ? Que les hommes souhaitent ?
Aujourd'hui, je suis en colère, mais je suis bouleversée, terrifiée, horrifiée par ce monde qui devient fou, je suis inquiète de voir un pays qui se délite, qui fait voler en éclat les cadres du vivre ensemble et qui n'a de démocratie que le nom !
Protège t-on les enfants, les écoles dans une vraie démocratie ? Dans le pays des Droits de l'Homme ?
Les parents doivent-ils trembler ? Prend-on les crèches, les écoles pour cible ?
Il est grand temps de prendre conscience et acte des faits qui sont posés, mis en scène, de ces passages à l'acte criminels visant une communauté haïe depuis tant et tant d'années qu'il est impossible de les compter !
Dans un article Michel Garotté fait le sinistre bilan de ces trente dernières années où la communauté juive de France fait l'objet d'actes de terrorisme !
Non, il n'y a rien à dire, il ne nous reste plus qu'à tirer les conclusions une fois de plus que l'homme agi par la haine ne peut rien faire de bon, il ne peut que détruire ! Pourtant il semble que ce message ne soit ni relayé ni entendu !
4 enfants sont morts ce matin, un adulte aussi, un adolescent de 17 ans lutte contre la mort ! Victimes innocentes de la barbarie, de la haine et de l'intolérance !
Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
http://www.dreuz.info/2012/03/communaute-juive-de-france-cible-depuis-30-ans-et-plus/#comment-36649
L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
lundi 19 mars 2012
dimanche 11 mars 2012
Le dire
Ce matin un de mes amis interne en psychiatrie m'adresse un dossier avec un petit mot "... Peux tu si tu as le temps me traduire ça :) parce que ...je me noie"
Je m'attends donc à devoir traduire quelques pages écrites dans une langue .. étrangère !
J'ouvre le dossier joint et oh surprise !
C'est écrit...En français !
Alors je me plonge dans le document et dés la première ligne, la première phrase je comprends la difficulté de mon ami, non familiarisé avec le jargon jargonnant et hermétique de la psychanalyse !
En effet une traduction, que dis-je un décodage une transcription est nécessaire !
Alors je m'abîme dans cette paléographie intellectuelle qui tient plus de l'élucubration que d'un véritable exposé clinique ! Un charabia qui demande parfois une véritable analyse logique grammaticale !
Je me suis toujours demandée comment ces gens faisaient pour dire de manière si compliquée et si complexe ce qui finalement peut se dire mille fois plus aisément !
Tout un art que ce faire !
Comme si la langue ordinaire, celle de tout le monde était indigne pour rapporter les concepts de la psychanalyse. Les dires et dits de cette vieille dame !
Si je parlais ainsi à mes patients ?
Bonne question !
Car les patients, analysants, demandeurs de thérapies sont somme toute ordinaires et singuliers, ce sont des gens comme vous et moi avec ce petit plus qui change tout, cette souffrance en excès et en abîme qui leur est devenue insupportable
Ce fardeau qu'ils veulent comprendre afin de le poser, s'en débarrasser, pour reprendre le cours de leur vie, reprendre un nouveau départ,
S'offrir en cadeau une seconde naissance...
Alors ils parlent, viennent déposer leur parole, leur souffrance, leur mal, leur peine, leur joie, leur envie, leur projet, leur désir ce qui fait le trop ou le moins dans cet espace qu'est le champ analytique, sorte de territoire singulier, cadre où s'élabore cette parole là si particulière !
Les patients demandent aussi, se questionnent et questionnent le thérapeute, ils ont besoin de comprendre et de savoir.
Il n'y a pas de toute puissance dans ce rapport là, il n'y a pas ça...
Il y a un sujet qui s'adresse à un tiers pour l'aider à mettre des mots, à mettre en mots ces maux qui ont fait symptôme.
Il y a quelques temps j'ai écris un article "hermétisme" où je m'insurgeais déjà sur ces discours codés, fermés complexes et compliqués destinés à quelques initiés. Non qu'ils soient dénués d'intérêt, loin de là, mais pourquoi les exprimer aussi curieusement, y mettre ces ingrédients d'étrangeté, pour faire d'une langue singulière une langue étrangère ?
Rien de secret, rien qu'on ne sache déjà ou presque, les Anciens ont déjà tout dit, ou presque..!
Le dire autrement alors ?
Un de mes professeurs d'université insistait sur cette écriture claire, précise, sans ambigüité, énoncé de la pensée !
"Cela doit couler, on doit vous comprendre aisément soulignait-il sinon ce n'est pas la peine !"
Et ce n'est pas toujours simple de dire et de mettre des mots sur des concepts !
Mon expérience de l'écriture le confirme. Ecrire pour être lu, mais aussi pour être compris, et compris par le plus grand nombre, par le public et non seulement par quelques uns. C'est l'objet de ce blog, lorsque je l'ai ouvert, il me semblait nécessaire de parler de la psychanalyse dans un langage accessible et clair, sans pour cela en dénaturer l'objet, le banaliser ou le désacraliser, car il n'est en rien sacré !
C'est aussi l'objet du livre "J'aime ma vie" et les retours qui m'en sont fait, confirment bien la nécessité de cette forme d'écriture là !
Dire les choses simplement n'est pas les rendre simplistes, les simplifier, mais les rendre accessibles, compréhensibles et ce n'est pas simple parfois, d'aller et venir dans les méandres obscures des concepts et pensées pour les faire résonner et raisonner !
Mes fonctions pendant des années auprès d'élèves et d'étudiants me l'ont enseigné !
La psychanalyse effraie bien souvent à juste titre ! Diabolisée elle ne fait guère d'efforts pour se présenter en toute simplicité. Il suffit d'écouter les conversations des gens "ordinaires" les plus nombreux, ne comprenant rien à rien à ces discussions 'masturbations neuronales" interminables et parfois inutiles ! Il faut assister à certains séminaires, lire quelques ouvrages, thèses universitaires publiées parfois telles quelles ! Mais pour qui ? Pour les quelques étudiants qui s'ils veulent réussir leur UV doivent passer obligatoirement par la lecture du dict et docte ouvrage !
Les seuls acheteurs peut-être ?
Leur lecture confirme bien que les enseignants de ces établissements d'enseignement supérieur sont des clones qui ne se reproduisent qu'entre eux ! Et c'est dommageable, incestuel ! Un peu de sang neuf apporterait beaucoup!
La consanguinité amène la mort du clan....
Une fois encore il s'agit de l'amère constat entre la théorie et la réalité. Théoriser est essentiel, Winnicott l'a fait à partir de sa clinique et a offert à la psychanalyse un apport inestimable !
Pourtant sa pensée est loin d'être simple sous l'apparence d'un langage "facile"
Il ne s'agit nullement d'une attaque de la psychanalyse, au contraire, mais du jargon hermétique qui sert à la transmettre. Ce n'est pas non plus l'apanage de cette seule discipline ! Malheureusement !
Combien de fois suis-je allée à la rencontre de ces professeurs, médecins pour leur demander de bien vouloir expliquer clairement à un patient perdu, abasourdi ce dont il souffrait et ce '"qu'à l'hôpital on allait lui faire".
La psychanalyse est le seul rempart, la seule force qu'il nous reste pour préserver notre singularité, celle de chaque sujet, l'empêcher de sombrer dans le chaos et la masse, l'indifférenciation, ainsi il me semble que l'enjeu est essentiel, il est de notre devoir de ne pas passer à côté si l'on veut que cette "passe" prenne ! Quand même ...
Je m'attends donc à devoir traduire quelques pages écrites dans une langue .. étrangère !
J'ouvre le dossier joint et oh surprise !
C'est écrit...En français !
Alors je me plonge dans le document et dés la première ligne, la première phrase je comprends la difficulté de mon ami, non familiarisé avec le jargon jargonnant et hermétique de la psychanalyse !
En effet une traduction, que dis-je un décodage une transcription est nécessaire !
Alors je m'abîme dans cette paléographie intellectuelle qui tient plus de l'élucubration que d'un véritable exposé clinique ! Un charabia qui demande parfois une véritable analyse logique grammaticale !
Je me suis toujours demandée comment ces gens faisaient pour dire de manière si compliquée et si complexe ce qui finalement peut se dire mille fois plus aisément !
Tout un art que ce faire !
Comme si la langue ordinaire, celle de tout le monde était indigne pour rapporter les concepts de la psychanalyse. Les dires et dits de cette vieille dame !
Si je parlais ainsi à mes patients ?
Bonne question !
Car les patients, analysants, demandeurs de thérapies sont somme toute ordinaires et singuliers, ce sont des gens comme vous et moi avec ce petit plus qui change tout, cette souffrance en excès et en abîme qui leur est devenue insupportable
Ce fardeau qu'ils veulent comprendre afin de le poser, s'en débarrasser, pour reprendre le cours de leur vie, reprendre un nouveau départ,
S'offrir en cadeau une seconde naissance...
Alors ils parlent, viennent déposer leur parole, leur souffrance, leur mal, leur peine, leur joie, leur envie, leur projet, leur désir ce qui fait le trop ou le moins dans cet espace qu'est le champ analytique, sorte de territoire singulier, cadre où s'élabore cette parole là si particulière !
Les patients demandent aussi, se questionnent et questionnent le thérapeute, ils ont besoin de comprendre et de savoir.
Il n'y a pas de toute puissance dans ce rapport là, il n'y a pas ça...
Il y a un sujet qui s'adresse à un tiers pour l'aider à mettre des mots, à mettre en mots ces maux qui ont fait symptôme.
Il y a quelques temps j'ai écris un article "hermétisme" où je m'insurgeais déjà sur ces discours codés, fermés complexes et compliqués destinés à quelques initiés. Non qu'ils soient dénués d'intérêt, loin de là, mais pourquoi les exprimer aussi curieusement, y mettre ces ingrédients d'étrangeté, pour faire d'une langue singulière une langue étrangère ?
Rien de secret, rien qu'on ne sache déjà ou presque, les Anciens ont déjà tout dit, ou presque..!
Le dire autrement alors ?
Un de mes professeurs d'université insistait sur cette écriture claire, précise, sans ambigüité, énoncé de la pensée !
"Cela doit couler, on doit vous comprendre aisément soulignait-il sinon ce n'est pas la peine !"
Et ce n'est pas toujours simple de dire et de mettre des mots sur des concepts !
Mon expérience de l'écriture le confirme. Ecrire pour être lu, mais aussi pour être compris, et compris par le plus grand nombre, par le public et non seulement par quelques uns. C'est l'objet de ce blog, lorsque je l'ai ouvert, il me semblait nécessaire de parler de la psychanalyse dans un langage accessible et clair, sans pour cela en dénaturer l'objet, le banaliser ou le désacraliser, car il n'est en rien sacré !
C'est aussi l'objet du livre "J'aime ma vie" et les retours qui m'en sont fait, confirment bien la nécessité de cette forme d'écriture là !
Dire les choses simplement n'est pas les rendre simplistes, les simplifier, mais les rendre accessibles, compréhensibles et ce n'est pas simple parfois, d'aller et venir dans les méandres obscures des concepts et pensées pour les faire résonner et raisonner !
Mes fonctions pendant des années auprès d'élèves et d'étudiants me l'ont enseigné !
La psychanalyse effraie bien souvent à juste titre ! Diabolisée elle ne fait guère d'efforts pour se présenter en toute simplicité. Il suffit d'écouter les conversations des gens "ordinaires" les plus nombreux, ne comprenant rien à rien à ces discussions 'masturbations neuronales" interminables et parfois inutiles ! Il faut assister à certains séminaires, lire quelques ouvrages, thèses universitaires publiées parfois telles quelles ! Mais pour qui ? Pour les quelques étudiants qui s'ils veulent réussir leur UV doivent passer obligatoirement par la lecture du dict et docte ouvrage !
Les seuls acheteurs peut-être ?
Leur lecture confirme bien que les enseignants de ces établissements d'enseignement supérieur sont des clones qui ne se reproduisent qu'entre eux ! Et c'est dommageable, incestuel ! Un peu de sang neuf apporterait beaucoup!
La consanguinité amène la mort du clan....
Une fois encore il s'agit de l'amère constat entre la théorie et la réalité. Théoriser est essentiel, Winnicott l'a fait à partir de sa clinique et a offert à la psychanalyse un apport inestimable !
Pourtant sa pensée est loin d'être simple sous l'apparence d'un langage "facile"
Il ne s'agit nullement d'une attaque de la psychanalyse, au contraire, mais du jargon hermétique qui sert à la transmettre. Ce n'est pas non plus l'apanage de cette seule discipline ! Malheureusement !
Combien de fois suis-je allée à la rencontre de ces professeurs, médecins pour leur demander de bien vouloir expliquer clairement à un patient perdu, abasourdi ce dont il souffrait et ce '"qu'à l'hôpital on allait lui faire".
La psychanalyse est le seul rempart, la seule force qu'il nous reste pour préserver notre singularité, celle de chaque sujet, l'empêcher de sombrer dans le chaos et la masse, l'indifférenciation, ainsi il me semble que l'enjeu est essentiel, il est de notre devoir de ne pas passer à côté si l'on veut que cette "passe" prenne ! Quand même ...
jeudi 8 mars 2012
vendredi 2 mars 2012
Une belle mort ?
Une belle mort ?
Je ne sais pas si la mort est belle ou douce, je ne sais pas s'il existe une mort plus belle ou plus douce que d'autre.
Je n'en sais rien.
J'ai écris souvent à propos de la mort, celle de l'autre, d'un proche, la sienne. La mort hante les vivants puisqu'elle est la fin de la vie, sa finitude. Notre seule certitude.
Nous vivons avec, tout près parfois...Elle est notre seule compagne, la seule qui ne trahit jamais !
Mort et vie, l'une ne peut aller sans l'autre. Nous le savons, pourtant.....
Longtemps j'ai "accompagné" des personnes en fin de vie comme on dit pudiquement pour ne pas dire mourant, car" mourant" fait peur, n'est pas médicalement correct, socialement acceptable et accepté...
En fin de vie sonne mieux, résonne et raisonne mieux, peut-être ?
Je n'en suis pas certaine. En fin de vie, oui et après ?
Il n'y a pas d'après...Le seul après c'est la mort !
Historienne aussi, j'ai côtoyé la mort, au moins une certaine idée de celle ci, quand la vie servait à apprendre à mourir, à bien mourir. Pas forcément de belle mort ou de douce mort, mais de mourir en paix, l'esprit et l'âme en ordre, tenter parfois avant les derniers soupirs de demander le pardon, de ses pêchés, mauvaises actions, pour mourir enfin !
Puisque c'est comme ça !
Une de mes amies vient de perdre un être cher, elle souffre, beaucoup, sa douleur est sans nom, indicible, insupportable. De cette mort elle ne s'y attendait pas, même quand on s'y attend elle arrive toujours à nous surprendre, pour nous prendre, ou prendre ceux qu'on aime !
Car la mort prend, ravi, c'est un rapt, un ravissement définitif.
C'est toujours trop tôt, elle n'est jamais à l'heure ! Toujours en avance. D'ailleurs à quelle heure pourrait-elle être puisqu'en général nous n'avons pas rendez vous !
Il n'y a rien à dire, être là ne suffit pas, car dans ses moments là on est toujours seuls, nous sommes toujours seuls en définitive, toujours face à nous même, à notre être seul qui parfois devient insupportable.
Malgré tout on tente d'apporter de l'aide, du soutien, souvent maladroit, la souffrance de l'autre nous est intolérable, c'est humain, mais aussi elle nous renvoie à la nôtre, à notre mort aussi, alors on aimerait que cela passe, vite, toujours plus vite !
Chacun y va de son conseil, nous avons tous perdu un proche, un être cher, un ami, nous savons, Nous connaissons ce chagrin là, en avons une expérience singulière. Singulière, et c'est justement là que ça coince
Car que savons nous de la peine de l'autre ? Rien nous n'en n'avons juste qu'une petite idée, car nous savons ce qu'est notre peine, ce que nous avons enduré là, nous, à ce moment là,
mais lui qui est autre, comment il peut vivre ça ?
Nous n'en savons rien.
Etre là, entendre peut-être et écouter sa peine et sa douleur voir couler ses larmes
Sans rien chercher à retenir ni contenir
Laisser aller peut-être ?
La mort est imprévisible elle frappe un point c'est tout !
Mais pourquoi cette mort là plutôt qu'une autre ? On se le demande toujours , il ou elle ne méritait pas de mourir comme ça.
Comme ça, de cette manière, aussi brutalement, aussi tragiquement, pas de belle mort, pas douce.
Mais comment alors ?
On imagine et met en scène ces moments funestes et la mort apparait encore plus laide, hideuse et terrifiante, car non seulement elle prend, mais elle arrache et fait mal, torture et inflige des souffrances terribles !
On préférait une belle mort, mourir en dormant, sans se réveiller, comme accepter de se laisser bander les yeux face au peleton d'exécution. Ne pas regarder la mort en face ? Ne pas lui faire face ? Faire semblant... Semblant de ne pas la voir, de ne pas l'entendre...De ne pas l'attendre.
Se faire voler sa mort alors juste un peu ? Ne pas s'en rendre compte, bien vouloir mourir (mais comment pourrait-il en être autrement) mais sans le savoir, sans souffrir.... Sans voir, sans sentir, sans entendre, en étant privé de ses sens.
Sensation, anesthésie ?
Qu'elle advienne là où on ne sera pas ? Là où on ne la verra pas, là où on ne l'attendrai pas, car en fait nous ne prenons pas rendez-vous, il n'y a pas vraiment de rendez-vous, insolente et impolie, elle arrive sans prévenir, ne frappe pas à la porte et s'installe pour ne jamais partir !
Mourir...Puisqu'il faut bien mourir un jour !
"Mourir avec un seul R" insistait ma mère, "car on ne meurt qu'une fois !"
Je ne sais pas si la mort est belle ou douce, je ne sais pas s'il existe une mort plus belle ou plus douce que d'autre.
Je n'en sais rien.
J'ai écris souvent à propos de la mort, celle de l'autre, d'un proche, la sienne. La mort hante les vivants puisqu'elle est la fin de la vie, sa finitude. Notre seule certitude.
Nous vivons avec, tout près parfois...Elle est notre seule compagne, la seule qui ne trahit jamais !
Mort et vie, l'une ne peut aller sans l'autre. Nous le savons, pourtant.....
Longtemps j'ai "accompagné" des personnes en fin de vie comme on dit pudiquement pour ne pas dire mourant, car" mourant" fait peur, n'est pas médicalement correct, socialement acceptable et accepté...
En fin de vie sonne mieux, résonne et raisonne mieux, peut-être ?
Je n'en suis pas certaine. En fin de vie, oui et après ?
Il n'y a pas d'après...Le seul après c'est la mort !
Historienne aussi, j'ai côtoyé la mort, au moins une certaine idée de celle ci, quand la vie servait à apprendre à mourir, à bien mourir. Pas forcément de belle mort ou de douce mort, mais de mourir en paix, l'esprit et l'âme en ordre, tenter parfois avant les derniers soupirs de demander le pardon, de ses pêchés, mauvaises actions, pour mourir enfin !
Puisque c'est comme ça !
Une de mes amies vient de perdre un être cher, elle souffre, beaucoup, sa douleur est sans nom, indicible, insupportable. De cette mort elle ne s'y attendait pas, même quand on s'y attend elle arrive toujours à nous surprendre, pour nous prendre, ou prendre ceux qu'on aime !
Car la mort prend, ravi, c'est un rapt, un ravissement définitif.
C'est toujours trop tôt, elle n'est jamais à l'heure ! Toujours en avance. D'ailleurs à quelle heure pourrait-elle être puisqu'en général nous n'avons pas rendez vous !
Il n'y a rien à dire, être là ne suffit pas, car dans ses moments là on est toujours seuls, nous sommes toujours seuls en définitive, toujours face à nous même, à notre être seul qui parfois devient insupportable.
Malgré tout on tente d'apporter de l'aide, du soutien, souvent maladroit, la souffrance de l'autre nous est intolérable, c'est humain, mais aussi elle nous renvoie à la nôtre, à notre mort aussi, alors on aimerait que cela passe, vite, toujours plus vite !
Chacun y va de son conseil, nous avons tous perdu un proche, un être cher, un ami, nous savons, Nous connaissons ce chagrin là, en avons une expérience singulière. Singulière, et c'est justement là que ça coince
Car que savons nous de la peine de l'autre ? Rien nous n'en n'avons juste qu'une petite idée, car nous savons ce qu'est notre peine, ce que nous avons enduré là, nous, à ce moment là,
mais lui qui est autre, comment il peut vivre ça ?
Nous n'en savons rien.
Etre là, entendre peut-être et écouter sa peine et sa douleur voir couler ses larmes
Sans rien chercher à retenir ni contenir
Laisser aller peut-être ?
La mort est imprévisible elle frappe un point c'est tout !
Mais pourquoi cette mort là plutôt qu'une autre ? On se le demande toujours , il ou elle ne méritait pas de mourir comme ça.
Comme ça, de cette manière, aussi brutalement, aussi tragiquement, pas de belle mort, pas douce.
Mais comment alors ?
On imagine et met en scène ces moments funestes et la mort apparait encore plus laide, hideuse et terrifiante, car non seulement elle prend, mais elle arrache et fait mal, torture et inflige des souffrances terribles !
On préférait une belle mort, mourir en dormant, sans se réveiller, comme accepter de se laisser bander les yeux face au peleton d'exécution. Ne pas regarder la mort en face ? Ne pas lui faire face ? Faire semblant... Semblant de ne pas la voir, de ne pas l'entendre...De ne pas l'attendre.
Se faire voler sa mort alors juste un peu ? Ne pas s'en rendre compte, bien vouloir mourir (mais comment pourrait-il en être autrement) mais sans le savoir, sans souffrir.... Sans voir, sans sentir, sans entendre, en étant privé de ses sens.
Sensation, anesthésie ?
Qu'elle advienne là où on ne sera pas ? Là où on ne la verra pas, là où on ne l'attendrai pas, car en fait nous ne prenons pas rendez-vous, il n'y a pas vraiment de rendez-vous, insolente et impolie, elle arrive sans prévenir, ne frappe pas à la porte et s'installe pour ne jamais partir !
Mourir...Puisqu'il faut bien mourir un jour !
"Mourir avec un seul R" insistait ma mère, "car on ne meurt qu'une fois !"
jeudi 23 février 2012
J'y arrive pas
J'ai écris cet article il y a quelques temps, destiné à un autre lieu, je le mets à présent ici, pour tenter de lever le voile sur certains silences.
J'y arrive pas
Depuis une vingtaine d'années, je reçois dans un cadre particulier des enfants en "difficultés scolaire"... Les parents pour la plupart du temps démunis n'y arrivent pas !Ces enfants n'y arrivent pas.
Ils n'arrivent pas à apprendre, à retenir, à organiser leurs connaissances, à maintenir leur attention
Pendant toutes ces années, j'ai entendu, écouté ces enfants, adolescents, plus grands aussi parfois, dire leur souffrance, mais aussi et surtout leur désir d'y arriver
"L'alliance thérapeutique" que nous construisons peu à peu, le travail que nous menons sur le plan cognitif, psychique, scolaire leur permet...
Très impliquée dans ces processus, dans ces questionnements de difficultés scolaire j'ai ouvert sur Facebook une page spéciale pour en parler, et surtout pour en sortir. Pour dire qu'il existe des solutions. Dire qu'ils ne sont pas seuls, parents et enfants...
Dire, mettre des mots, pour démythifier, démystifier, dédramatiser.
Mais surtout pour expliquer qu'avant tout, il faut comprendre, explorer, savoir pourquoi. Connaitre l'orgine de ce "j'y arrive pas"
Il s'agit alors de dépister, d'objectiver.
C'est le travail d'une équipe pluridisciplinaire...C'est le résultat d'une collaboration, celles de divers professionnels qui mettent "l'enfant qui n'y arrive pas" au coeur de l'action, de l'élaboration personnalisée d'un projet.
Je laisse la parole à ces enfants, ce sont leurs mots, c'est leur parole....C'est ce qu'ils nous disent, c'est ce qu'ils veulent que nous entendions !
Alors écoutons !
J'y arrive pas,J'ai pas le temps de recopier les devoirs à la fin du cours, j'ai pas le temps,
J'y arrive pas
J'ai pas pu prendre toutes les notes, j'ai pas le temps de les écrire
J'y arrive pasJ'ai pas pu écrire la dictée sans oublier des mots
j'y arrive pasC'est difficile de mettre ce que je pense à l'écrit, pourtant j'ai appris mes leçons,
J'y arrive pas
Je peux pas reproduire les dessins que la maitresse me demande
J'y arrive pas
Je ne comprends pas ce qui est demandé et je sais pas répondre
J'y arrive pas
Pourquoi il y a des ne...pas, des mots qui veulent dire le contraire ?
J'y arrive pasJ'apprends mais je ne sais pas répondre aux questions...
J'y arrive pas
Je fais des fautes, je ne comprends pas la consigne, mes cahiers sont des torchons, j'arrive pas à ranger mon cartable, j'oublie mes cahiers, je comprends pas ce qu'il faut faire, je n'arrive pas à poser une opération, je comprends pas le rapports des questions avec l'image, je ne sais pas ce qu'on attend de moi, je sais répondre tout bien à l'oral, mais pas sur la feuille, je sais pas organiser mon emploi du temps, je sais pas remplir mon cahier de texte, ça va trop vite pour moi, j'ai pas le temps de finir, je n'arrive pas à faire des belles lettres, j''écris mal, je fais des taches sur mes copies, des ratures, je n'arrive pas à coordonner mes gestes en gym, je renverse mon verre, je fais des gestes brusques, j'ai du mal à savoir si c'est à droite ou à gauche, j'arrive pas à tourner la clé dans le bons sens, je n'arrive pas à comprendre pour nager, je ne sais pas jouer aux sports collectifs, je sais pas le mot qui veut dire ça, en langue c'est la cata, je comprends rien aux déclinaisons, je confonds les lettres, je n'entends pas la différence entre le b et le p, je ne sais toujours pas bien lire, je ne sais pas écrire même sur un forum...
Alors...
On se moque de moi, j'ai des mauvaises notes, l'école est un supplice, on me traite de fainéant, on me fait redoubler mes classes, on dit que je suis un cochon, on me fait la honte, on me dispute sans arrêt, je suis toujours puni et je comprends pas pourquoi, on m'accuse de pas apprendre mes leçons, de ne rien faire, de ne pas faire mes devoirs, on ne traite de bon à rien, je suis dégouté, même si je bosse comme un dingue j'ai des notes lamentables, je suis découragé, j'y arriverai jamais, on me dit que je suis nul, que j'ai pas ma place à l'école, on veut me mettre en bac pro et j'ai pas envie de ça...
Donc
Je souffre, je me replie, je n'ose plus prendre la parole, j'évite toutes les situations où je dois écrire, je ne vais pas sur les forums, j'écris pas à mes amis, je ne sais pas ce que je vais faire de ma vie, j'arriverai jamais à rien, je souffre dans mon coin, car personne ne veut croire que je fais des efforts
Pourtant
Je suis curieux, je m'interresse à plein de choses, je lis, je connais pleins de choses sur tout, je regarde des émissions scientifiques que je comprends, J'ai des passions, j'ai envie d'écrire un journal, des poèmes que j'ai dans la tête, une lettre à une fille qui me plait bien, j'ai tant de choses à transmettre, j'aime la vie...
Et je voudrai vous dire
J'y arrive pas, c'est pas entièrement ma faute, même si parfois je suis faignant parce que ça me décourage, J'y arrive pas, mais je suis intelligent, j'ai envie de réussir ma vie, de suivre des études, d'avoir des diplômes,
J'y arrive pas, mais c'est pas parce que j'y arrive pas que je suis un débile !
Ce texte est une somme non exhaustive des propos tenus par des enfants dys.. Donc différents.
Une grande souffrance ! Toujours en ressort !
Qu'ils soient le témoignage, leur témoignage, qu'ils soient entendus, relayés..
Non ces gosses ne sont pas débiles, bien loin de là, ils souffrent de dyslexie, dysorthographie, dyspraxie... Et on peut, même si on ne guérit pas, faire quelque chose
C'est ce quelque chose là qui nous interpelle, et qui ne doit plus clocher...
dimanche 19 février 2012
A méditer
Je relisais quelques pages de La République de Platon et voulais partager ces quelques lignes qui méritent intérêt et réflexion.
Des siècles plus tard il est toujours actuel, moderne, visionnaire.
A moins que ...
L'homme, les choses, la société auraient alors si peu changées ?
Leçons alors ne seraient pas tirées ?
Répètion... Inlassablement.
Je vous laisse méditer.
Des siècles plus tard il est toujours actuel, moderne, visionnaire.
A moins que ...
L'homme, les choses, la société auraient alors si peu changées ?
Leçons alors ne seraient pas tirées ?
Répètion... Inlassablement.
Je vous laisse méditer.
"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leur parole
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus au dessus d'eux l'autorité de rien ni de personne, alors c'est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la Tyrannie"
Platon
samedi 18 février 2012
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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.