La solitude apparait soit effrayante, soit salvatrice. Comme une sorte de malediction ou de bénediction. Selon.....
Rarement choisie, (elle l'est cependant, nous y reviendrons dans un autre article) elle est souvent subie. C'est la plupart du temps la representation que nous en avons..
"Etre seul, seule ! se retrouver seul ! "J'entends souvent cette phrase, suivie de 'il ou elle est partie, les enfants sont partis.... il ou elle m'a quitté... Que vais je faire ?"
Abandon, être abandonné, quitté, délaissé avant d'être laissé, oublié ! Etre alors seul, seul dans une solitude forçée, pesante, qui fait souvent mal.
Ainsi être seul est le résultat du départ des autres ou de l'autre. Non seulement il faut faire face à la rupture, mais il faut ensuite faire avec la solitude.
Deux traumatismes violents parfois, avec lesquels il faut apprendre à vivre.
Aujourd'hui le divorce est devenue banal et classique. Les gens se rencontrent, se plaisent, essaient la vie commune, et si ça ne marche pas y mette un terme. C'est malheureusement aussi caricatural que ça.
L'un part parce qu'il ne supporte plus l'autre, qui ne lui convient plus, ou parce qu'il a rencontré un autre "autre" avec lequel la vie semble plus prometteuse....Du moins pour recommencer, essayer.. Une autre vie à nouveau.
L'autre reste seul, ou seul avec des enfants. Mais seul avec ! Sans compagne ou compagnon ! Par choix parfois, mais pas toujours souvent !
Parfois c'est la mort de l'autre qui met un terme à la vie commune. Une longue maladie, un accident brutal. On se retrouve seul !
L'homme, nous l'avons vu déja est un "animal social". Ce qui ne signifie pas qu'il n'est pas fait pour la solitude.
Il y a en effet solitude et solitudes...
La rupture, l'abondon, font que cette solitude, pas choisie est aussi source de questionnements, de remise en cause de soi, de profonds bouleversements. C'est une blessure narcissique profonde, une perte d'amour qui fait de nous un être qui n'est plus "aimable" "consommable" m'a dit une patiente..
S'en suit irremédiablement une baisse de l'estime de soi, de la confiance en soi. De ses compétences, de ses capacités. De soi.
Qui suis-je donc si je ne suis plus aimé ? Si je suis quitté "je suis un ou une bonne à rien". PLus digne d'amour, de tendresse, du regard de l'autre ?
Cette solitude à laquelle personne n'est vraiment préparée est toxique, dans le sens où elle blesse, fait mal, et empêche de vivre, de vivre vraiment, car on essaie tout de même de faire face au quotidien mais pas toujours.
Certains sont mieux préparés que d'autres. Cela dépend de ce que nous avons vécu dans l'enfance. Comment nous avons vécu la et les séparations.
Freud a expliqué dans son ouvrage, Au delà du principe de plaisir, après avoir observé son petit fils comment l'enfant arrivait à maitriser l'absence (de sa mère en l'occurence).
Plus près de nous Winnicott, a démontré que la capacité pour l'enfant d'être seul en présence de sa mère était un signe essentiel de développement. Ce qu'il en raconte du reste se fonde sur le renforcement (n'en déplaise aux psychanalystes ennemis des TCC). Il faut que l'expérience en présence de l'autre soit suffisamment répétées pour qu'elle soit efficace.
Ainsi, il faut que l'enfant expérimente la solitude pour se découvrir et se façonner, il faut qu'il comprenne (Freud l'explique fort bien avec le Fort/Da) que ce qui est loin de son regard ne signifie pas la disparition de l'être aimé. Il est nécessaire qu'il comprenne que le départ de l'adulte n'est pas un abandon.... La mère "suffisamment présente" qui sait aussi ne pas être là. Que l'enfant se dise confiant "maman n'est pas là, elle me manque, mais je sais qu'elle va revenir". Que l'enfant apprenne aussi à être heureux loin de ceux qui l'aiment et qu'il aime. Qu'il construire serainement tout un réseau social, des copains à la créche, à l'école. Qu'il se détache, doucement, confiant...Que la mère, mais le père aussi, le lui apprenne ! Que les parents soient au sens winnicottien "suffisamment bons".
C'est un idéal. Nous savons tous que l'idéal n'est pas la réalité. Etre parents, ne s'apprend pas, éduquer, disait Freud est une tâche impossible et nous sommes, nous mêmes le résultat de notre propre histoire, qui n'a pas été idéale non plus. La plupart des parents essaient ou croient bien faire. (je ne parle pas des liens ni des conduites pathologiques, ni fusionnelles)
C'est souvent ce un lien enfant/adulte, absent ou défectueux qui peut conduire au shéma d'abandon, à cette angoisse de séparation, à ce sentiment d'être suffisammnent mauvais pour être laissé "pour toujours"..
Mais 'pourquoi" ? Ce point est également à développer et constitue l'histoire du sujet. Du moins un des points de départ de son histoire, de sa souffrance parfois. Les histoires se ressemblent souvent. Du moins c'est ce que j'entends au quotidien : Vulnérabilité, insécurité, fragilité de ce lien ou absence tout court..
Autant d'élèments qui font que lors d'une rupture, des années plus tard ce shéma s'active ou se reactive. Le traumatisme se réveille... On observe une succession de traumatismes ("de chocs tout le temps, depuis que je suis née" me confiait une patiente. La répétition se met en place !
Que ce soient les théories analytiques ou cognitivistes, l'explication sous des appelations différentes en arrive à la même conclusion.
Mal préparés, fragilisés dés les premières années, il est alors difficile, voire impossible pour ces sujets de faire face, encore moins de supporter la solitude. Sauf, si des facteurs de résilience suffisamment forts, se sont mis en place. Heureusement ! Et cela existe.
Ainsi, nous sommes inégaux devant la solitude, les solitudes. Nous la vivons différemment selon notre histoire, mais aussi selon le moment, la personne qui nous quitte, la manière dont elle le fait.
Le moment ou l'histoire même de la solitude, qui fait qu'on se retrouve seul.
Seul devant tout ce temps, dont on ne sait subitemment pas quoi faire, alors qu'on se plaint qu'on manque de temps, qu'on a le temps de rien !
Seul devant ce mur de temps, qui se dresse hostile devant nous ! Qui nous nargue et nous rend fou !
Seul devant cette montagne de solitude qu'on ne peut déplacer, qu'on n'a même plus besoin de bouger, devant laquelle on est résigné !
Seul devant cette mer de sable, qui nous enlise doucement, nous étouffe, nous suffoque !
Seul face à ce vide !
Seul face à nous même !
L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
lundi 17 mars 2008
Abandon et solitude.
samedi 15 mars 2008
Avoir mal au travail
Le harcélement, le malaise, la souffrance au travail....Pas un seul jour sans qu'on en parle.
A la télé, dans les journaux, des ouvrages en la matière sont devenus des classiques.
A l'hôpital, ma fonction n'était pas de recueillir la parole des soignants, ou des personnels. Pourtant nombre d'entre eux me demandait parfois un rendez-vous : "Ce ne sera pas long, on aurait juste besoin d'un conseil, vous parlez un peu, quand vous aurez cinq minutes..."
Cela durait rarement cinq minutes.
Puis, une fois assis "On souhaiterait, s'il vous plait que ça reste entre nous....qu'on ne sache pas qu'on est venu vous voir"Comme si la parole dite pouvait être dite à d'autres, ailleurs...
D'emblée le décor est planté. Avant même les premiers mots lachés, la souffrance transpire, du regard, des gestes, de l'attitude...
Que de douleur ! Que de souffrance ais-je entendu. Une souffrance identifiée, comprise, supportée par ces personnes jusqu'à l'extrème ! Mais quel extrême !
Dans le meilleur des cas, celui où elles trouvaient encore, où elles pouvaient encore puiser en elle, la force et les ressources nécessaires pour dire enfin ! Mettre en mots, mettre des mots, en sachant que ça ne changerait pas grand chose sur un plan concret.
Car dans le pire des cas, on ne dit rien, on n'ose dire, on culpabilise tant, on a tellement honte ! et on glisse lentement jusqu'à l'autre extrême, celui de mettre un terme à tout ça, car on ne peut rien, et surtout on ne peut plus.
Le nombre de suicides au travail est de plus en plus important. La justice reconnait elle aussi certaines notions, la médecine aussi, en prescrivant non plus de simples arrêts maladies, mais des "accidents de travail" et des "maladies professionnelles". Ce qui n'est pas rien, non seulement dans le versement des prestations, mais aussi et surtout pour les personnes elles mêmes victimes de ces agissements, qui se sentent enfin entendues, reconnues et comprises.
Car ces agissements, on les rencontre partout. Ici pour une fois, pas d'opposition public/privé, l'agissement prevers, la perversité institutionnelle est partout.
Ces agissements prennent toutes les formes possibles et imaginables... La perversité posséde en la matière un registre illimité, qui me surprendra toujours.
Elle va du rejet, au harcelement, à l'abaissement de l'autre. C'est une véritable mise à mort ! une mort psychique !
Il en résulte de véritables blessures narcissiques et de la souffrance. Car l'agresseur (c'est bien de cela qu'il s'agit, et souvent celui ci a un visage d'ange, c'est un bon agent au dessus de tout soupçons) ne s'attaque pas au travail, ne critique pas la prestation, mais la personne "tu es un nul !"
Ce n'est pas rien !
Tout salarié est un sujet qui a au sein de l'entreprise une fonction, des tâches à assumer, un rôle à jouer.... Il le fait, bien ou moins bien... Il peut recevoir des félicitations, encouragements (ce qui malheureusement est rare) et des critiques (les négatives sont faites à foison !) qui portent sur la qualité de son travail. Du rôle de M. x, salarié.
Mais nullement sur ce qu'il est lui. Sur sa qualité de sujet. Sur sa qualité d'homme ou de femme...
Et c'est là que le bât blesse ! L'agresseur, qui ne sait pas que les limites existent, ou que des limites en dehors des siennes existent, mélange tout ! mixe tout ! la personne, le travail, la fonction. Tout cela ne fait qu'un. Un bon/un mauvais. Et l'autre est forcément mauvais.
Et il en retire un plaisir intense. Je n'oserai dire une jouissance.
On peut en analyser les causes, le pourquoi il en arrive là.
On peut penser qu'il fonctionne tout simplement sur un mode pervers, mais qu'il peut le mettre aussi en route pour se protéger. Car contrairement à l'idée reçue l'agresseur, n'est pas un" sur homme". Il a des failles, et de nombreuses !
On peut aussi passer en revue, les nombreuses motivations qui le poussent à "casser sa victime" : la jalousie, la peur de perdre sa place, les peurs diverses....
La peur explique et permet de comprendre beaucoup de choses. Cela se joue souvent sur les registres de la peur, ou plutôt des peur. Peur de soi même. Peur de l'autre, de ce que représente l'autre, de ce qu'il pourrait représenter.. La peur que l'autre soit meilleur. Tout cela se joue aussi dans l'inconscient.
L'agresseur a une faible estime de lui même, peu ou pas de confiance en lui. Il ne peut s'exprimer que sur un mode violent et agressif, blessant l'autre, de peur d'être blessé lui même
Il applique de façon erroné le sage "si vis pacem, pare bellum" !
Il s'en suit une sorte de chasse, un jeu malsain du chat et de la souris, ou l'agresseur se transforme peu à peu en un redoutable tueur !
Mais il y a aussi, pire, je crois que l'agressivité, l'agression directe, les insultes, la violence verbale, les humiliations. Car celles ci se voient, s'entendent. Elles peuvent constituer des preuves. Il peut y avoir des témoins.
Comme je l'ai souligné plus haut, le pervers a plus d'un tour dans son sac...(et quel sac !)
Il y a l'ignorance. Ignorer l'autre, le collègue, faire comme s'il n'existait pas.
L'indifférence ! Ne rien témoigner, de témoigner de rien ! Ne rien manifester. Aucun affect, aucune émotion. L'autre n'est pas ! Il n'a pas d'être ! De substance. Il n'y a rien, l'autre est ce rien. L'autre est rien. Ground zéro !
"Je suis transparent !"
Cette impression (qui est réellement vrai, donc qui n'en n'est pas une) est intolérable pour l'autre, qui est littéralement zappé de l'espace vital de l'autre. Qui ne le voit pas, qui ne l'entend pas, qui ne lui parle pas, qui ne lui répond pas.
Une sorte d'isolement sensoriel... Mais plus pervers encore puisque cela ne se joue pas in vitro, mais in vivo, avec la présence de l'autre ou des autres qui ignorent leur victime. Qui font comme si elle n'était pas là. Alors qu'elle est là, en chair et en os !
Etre transparent ! un fantasme qui devient dans ce cas une terrible et insupportable réalité.
L'être en entier est nié. Sa personne, sa fonction, ses compétences, son savoir, son savoir faire, son expérience. LUI.
Il ne sert à rien, il est inutile, il n'apporte rien, il n'existe pas.
Il n'a pas de place.
On fait en sorte qu'il n'ait pas de place..........................
C'est insoutenable, invivable, les victimes de la "transparence" préféreraient encore être maltraitées comme l'enfant battu par ses parents 'ils m'aiment puisqu'ils me battent".
Ignorer l'autre, le gommer de son environnement est la pire blessure narcissique qu'on puisse infliger à l'autre.
Qui ne peut même pas se défendre. Il n'y a ni faute, ni délit...
A la télé, dans les journaux, des ouvrages en la matière sont devenus des classiques.
A l'hôpital, ma fonction n'était pas de recueillir la parole des soignants, ou des personnels. Pourtant nombre d'entre eux me demandait parfois un rendez-vous : "Ce ne sera pas long, on aurait juste besoin d'un conseil, vous parlez un peu, quand vous aurez cinq minutes..."
Cela durait rarement cinq minutes.
Puis, une fois assis "On souhaiterait, s'il vous plait que ça reste entre nous....qu'on ne sache pas qu'on est venu vous voir"Comme si la parole dite pouvait être dite à d'autres, ailleurs...
D'emblée le décor est planté. Avant même les premiers mots lachés, la souffrance transpire, du regard, des gestes, de l'attitude...
Que de douleur ! Que de souffrance ais-je entendu. Une souffrance identifiée, comprise, supportée par ces personnes jusqu'à l'extrème ! Mais quel extrême !
Dans le meilleur des cas, celui où elles trouvaient encore, où elles pouvaient encore puiser en elle, la force et les ressources nécessaires pour dire enfin ! Mettre en mots, mettre des mots, en sachant que ça ne changerait pas grand chose sur un plan concret.
Car dans le pire des cas, on ne dit rien, on n'ose dire, on culpabilise tant, on a tellement honte ! et on glisse lentement jusqu'à l'autre extrême, celui de mettre un terme à tout ça, car on ne peut rien, et surtout on ne peut plus.
Le nombre de suicides au travail est de plus en plus important. La justice reconnait elle aussi certaines notions, la médecine aussi, en prescrivant non plus de simples arrêts maladies, mais des "accidents de travail" et des "maladies professionnelles". Ce qui n'est pas rien, non seulement dans le versement des prestations, mais aussi et surtout pour les personnes elles mêmes victimes de ces agissements, qui se sentent enfin entendues, reconnues et comprises.
Car ces agissements, on les rencontre partout. Ici pour une fois, pas d'opposition public/privé, l'agissement prevers, la perversité institutionnelle est partout.
Ces agissements prennent toutes les formes possibles et imaginables... La perversité posséde en la matière un registre illimité, qui me surprendra toujours.
Elle va du rejet, au harcelement, à l'abaissement de l'autre. C'est une véritable mise à mort ! une mort psychique !
Il en résulte de véritables blessures narcissiques et de la souffrance. Car l'agresseur (c'est bien de cela qu'il s'agit, et souvent celui ci a un visage d'ange, c'est un bon agent au dessus de tout soupçons) ne s'attaque pas au travail, ne critique pas la prestation, mais la personne "tu es un nul !"
Ce n'est pas rien !
Tout salarié est un sujet qui a au sein de l'entreprise une fonction, des tâches à assumer, un rôle à jouer.... Il le fait, bien ou moins bien... Il peut recevoir des félicitations, encouragements (ce qui malheureusement est rare) et des critiques (les négatives sont faites à foison !) qui portent sur la qualité de son travail. Du rôle de M. x, salarié.
Mais nullement sur ce qu'il est lui. Sur sa qualité de sujet. Sur sa qualité d'homme ou de femme...
Et c'est là que le bât blesse ! L'agresseur, qui ne sait pas que les limites existent, ou que des limites en dehors des siennes existent, mélange tout ! mixe tout ! la personne, le travail, la fonction. Tout cela ne fait qu'un. Un bon/un mauvais. Et l'autre est forcément mauvais.
Et il en retire un plaisir intense. Je n'oserai dire une jouissance.
On peut en analyser les causes, le pourquoi il en arrive là.
On peut penser qu'il fonctionne tout simplement sur un mode pervers, mais qu'il peut le mettre aussi en route pour se protéger. Car contrairement à l'idée reçue l'agresseur, n'est pas un" sur homme". Il a des failles, et de nombreuses !
On peut aussi passer en revue, les nombreuses motivations qui le poussent à "casser sa victime" : la jalousie, la peur de perdre sa place, les peurs diverses....
La peur explique et permet de comprendre beaucoup de choses. Cela se joue souvent sur les registres de la peur, ou plutôt des peur. Peur de soi même. Peur de l'autre, de ce que représente l'autre, de ce qu'il pourrait représenter.. La peur que l'autre soit meilleur. Tout cela se joue aussi dans l'inconscient.
L'agresseur a une faible estime de lui même, peu ou pas de confiance en lui. Il ne peut s'exprimer que sur un mode violent et agressif, blessant l'autre, de peur d'être blessé lui même
Il applique de façon erroné le sage "si vis pacem, pare bellum" !
Il s'en suit une sorte de chasse, un jeu malsain du chat et de la souris, ou l'agresseur se transforme peu à peu en un redoutable tueur !
Mais il y a aussi, pire, je crois que l'agressivité, l'agression directe, les insultes, la violence verbale, les humiliations. Car celles ci se voient, s'entendent. Elles peuvent constituer des preuves. Il peut y avoir des témoins.
Comme je l'ai souligné plus haut, le pervers a plus d'un tour dans son sac...(et quel sac !)
Il y a l'ignorance. Ignorer l'autre, le collègue, faire comme s'il n'existait pas.
L'indifférence ! Ne rien témoigner, de témoigner de rien ! Ne rien manifester. Aucun affect, aucune émotion. L'autre n'est pas ! Il n'a pas d'être ! De substance. Il n'y a rien, l'autre est ce rien. L'autre est rien. Ground zéro !
"Je suis transparent !"
Cette impression (qui est réellement vrai, donc qui n'en n'est pas une) est intolérable pour l'autre, qui est littéralement zappé de l'espace vital de l'autre. Qui ne le voit pas, qui ne l'entend pas, qui ne lui parle pas, qui ne lui répond pas.
Une sorte d'isolement sensoriel... Mais plus pervers encore puisque cela ne se joue pas in vitro, mais in vivo, avec la présence de l'autre ou des autres qui ignorent leur victime. Qui font comme si elle n'était pas là. Alors qu'elle est là, en chair et en os !
Etre transparent ! un fantasme qui devient dans ce cas une terrible et insupportable réalité.
L'être en entier est nié. Sa personne, sa fonction, ses compétences, son savoir, son savoir faire, son expérience. LUI.
Il ne sert à rien, il est inutile, il n'apporte rien, il n'existe pas.
Il n'a pas de place.
On fait en sorte qu'il n'ait pas de place..........................
C'est insoutenable, invivable, les victimes de la "transparence" préféreraient encore être maltraitées comme l'enfant battu par ses parents 'ils m'aiment puisqu'ils me battent".
Ignorer l'autre, le gommer de son environnement est la pire blessure narcissique qu'on puisse infliger à l'autre.
Qui ne peut même pas se défendre. Il n'y a ni faute, ni délit...
vendredi 14 mars 2008
Ecriture et travail analytique 1
Ou comment ce type de "travail" se met en place à travers l'écrit, avec et grâce aux mots.
Ce sont mes patients, une fois encore, qui m'ont amenée à cette pratique et à ces réflexions.
L'écriture a toujours tenu une place privilégiée dans ma vie, que ce soit celle des autres, que je découvrais en les lisant, ou la mienne que j'ai expérimenté très tôt, sous forme de journal, ou de relations épistolaires.
Enfant, puis adolescente, je ne passais pas une seule journée sans écrire, à moi même, à une amie imaginaire, à ma meilleure amie, voisine de classe, à des amies éloignées, à des correspondants du monde entier à mon cousin pensionnaire dans un collège anglais.
Nous échangions, parlions de nous, de nos émotions, de nos sentiments, de nos désirs, de tout et de rien. Nous n'utilisions pas ou peu le téléphone, les mots n'y avaient pas le même sens.
Tous les jours, j'attendais le facteur, puis je m'isolais pour savourer ces écrits de toutes sortes ! Un bonheur que je n'avais nullement envie de partager.
J'en rêvais aussi...
J'ai toujours continué à écrire. Pour le plaisir, mais aussi pour venir à bout de la souffrance, de celle qui ne pouvait pas toujours se dire. Ces mots sur le papier m'ont alors ensuite permis de faire ce long travail, ce long chemin, qui me paraissait indispensable, rapide, et paradoxalement interminable..
Les patients rencontrés dans le cadre d'accompagnements ou de thérapies m'écrivaient parfois, pour "me donner des nouvelles", m'envoyaient une carte postale, de vacances, pour Noël. Je recevais aussi des cartes m'annonçant un décés.
On ne téléphone pas ces informations là.
L'écrit encore une fois. Le lien, avec le support, l'envoi d'une lettre, extension de nous même.
Mon travail d'alors reposait surtout et principalement sur la parole, dite ou non dite pendant les séances. Libres associations, associations libres. Mise en mots de souffrances, relations d'histoires, d'histoire, de traumatismes.... Mise en mots de maux de toutes sortes, mise en maux de mots tus, de mots tués pendant des années.
L'écrit dans ma relation à l'autre, sujet, ne jouait pas de rôle essentiellement thérapeutique, du moins comme il le joue aujourd'hui dans le travail que je mêne avec mes patients. Je le considérai surtout comme "maintien du lien" "objet de réassurement".
L'envoi d'une lettre ou d'une carte a toujours un sens pour celui qui l'adresse, et il souhaite qu'il ait aussi un sens pour celui qui le reçoit. Ce n'est pas seulement pour "donner des nouvelles" mais aussi et surtout se rappeler à moi. Dire, encore.... Cet "encore" prend tout son sens ici, dans ce contexte. Encore, encore de l'amour... De l'amour de transfert.
Pourtant il parait qu'on s'écrit de moins en moins, qu'on envoie de moins en moins de carte de voeux, de cartes postales, de billets doux, de lettres d'amour. La mode est aux SMS, aux mails, au mieux aux conversations téléphoniques... Pourtant mes patients écrivent, s'écrivent, m'écrivent !
Ils n'écrivent pas de textos, avec des abréviations incompréhensibles, mais des lettres, des textes, des nouvelles parfois. Avec des mots, des mots choisis, qu'ils ont choisis pour exprimer leur pensée, pour dire.
C'est sur ces textes là, ces comportements là, ces désirs là que je souhaite m'arréter et réflechir.
C'est une nouvelle forme d'échanges, de liens aussi entre le sujet et son thérapeute, entre celui qu'il fait son thérapeute..
Ce sont mes patients, une fois encore, qui m'ont amenée à cette pratique et à ces réflexions.
L'écriture a toujours tenu une place privilégiée dans ma vie, que ce soit celle des autres, que je découvrais en les lisant, ou la mienne que j'ai expérimenté très tôt, sous forme de journal, ou de relations épistolaires.
Enfant, puis adolescente, je ne passais pas une seule journée sans écrire, à moi même, à une amie imaginaire, à ma meilleure amie, voisine de classe, à des amies éloignées, à des correspondants du monde entier à mon cousin pensionnaire dans un collège anglais.
Nous échangions, parlions de nous, de nos émotions, de nos sentiments, de nos désirs, de tout et de rien. Nous n'utilisions pas ou peu le téléphone, les mots n'y avaient pas le même sens.
Tous les jours, j'attendais le facteur, puis je m'isolais pour savourer ces écrits de toutes sortes ! Un bonheur que je n'avais nullement envie de partager.
J'en rêvais aussi...
J'ai toujours continué à écrire. Pour le plaisir, mais aussi pour venir à bout de la souffrance, de celle qui ne pouvait pas toujours se dire. Ces mots sur le papier m'ont alors ensuite permis de faire ce long travail, ce long chemin, qui me paraissait indispensable, rapide, et paradoxalement interminable..
Les patients rencontrés dans le cadre d'accompagnements ou de thérapies m'écrivaient parfois, pour "me donner des nouvelles", m'envoyaient une carte postale, de vacances, pour Noël. Je recevais aussi des cartes m'annonçant un décés.
On ne téléphone pas ces informations là.
L'écrit encore une fois. Le lien, avec le support, l'envoi d'une lettre, extension de nous même.
Mon travail d'alors reposait surtout et principalement sur la parole, dite ou non dite pendant les séances. Libres associations, associations libres. Mise en mots de souffrances, relations d'histoires, d'histoire, de traumatismes.... Mise en mots de maux de toutes sortes, mise en maux de mots tus, de mots tués pendant des années.
L'écrit dans ma relation à l'autre, sujet, ne jouait pas de rôle essentiellement thérapeutique, du moins comme il le joue aujourd'hui dans le travail que je mêne avec mes patients. Je le considérai surtout comme "maintien du lien" "objet de réassurement".
L'envoi d'une lettre ou d'une carte a toujours un sens pour celui qui l'adresse, et il souhaite qu'il ait aussi un sens pour celui qui le reçoit. Ce n'est pas seulement pour "donner des nouvelles" mais aussi et surtout se rappeler à moi. Dire, encore.... Cet "encore" prend tout son sens ici, dans ce contexte. Encore, encore de l'amour... De l'amour de transfert.
Pourtant il parait qu'on s'écrit de moins en moins, qu'on envoie de moins en moins de carte de voeux, de cartes postales, de billets doux, de lettres d'amour. La mode est aux SMS, aux mails, au mieux aux conversations téléphoniques... Pourtant mes patients écrivent, s'écrivent, m'écrivent !
Ils n'écrivent pas de textos, avec des abréviations incompréhensibles, mais des lettres, des textes, des nouvelles parfois. Avec des mots, des mots choisis, qu'ils ont choisis pour exprimer leur pensée, pour dire.
C'est sur ces textes là, ces comportements là, ces désirs là que je souhaite m'arréter et réflechir.
C'est une nouvelle forme d'échanges, de liens aussi entre le sujet et son thérapeute, entre celui qu'il fait son thérapeute..
mercredi 12 mars 2008
Psychanalyse : Une ouverture
La réflexion d'une de mes correspondantes m'interpelle, et interpelle l'idée classique qu'on se fait de la psychanalyse.
Elle m'écrit "c'était bien ça : l'analyse, que je faisais, qui se déroulait, qui se passait, qui avait lieu et je n'en n'étais pas consciente"..... "Ce qui se passe c'est une psychanalyse, je suis en analyse"
Surprenant ! Impensable pour les "puristes" et pourtant. C'est bien le sujet qui fait de nous, le thérapeute, ou l'analyste. Qui de par sa parole nous donne cette fonction.
Durant toutes ces années passées à l'hôpital j'ai rencontré, suivi, accompagné des centaines de patients et leur famille. A leur demande. Pourtant le "travail analytique " ne s'est pas mis en place pour chacun d'eux. Et heureusement.
Il suffisait parfois de quelques entretiens, l'occasion offerte de pouvoir enfin déposer sa souffrance, d'exprimer sa douleur, son chagrin. De chercher des solutions. D'avoir simplement besoin de parler et de pouvoir le faire.
Pour d'autres, ça s'est passé autrement. Nos rencontres se sont passées autrement. Elles ont donné lieu à un autre type de travail.
Ce sont eux qui ont en fait une "analyse". Ce sont eux qui ont décidé que je serai "leur analyste". Qui ont mis en place, avec mon accord, un travail analytique.
Bien sûr ils en avaient la possibilité, le choix leur étant offert. L'espace de parole mis à leur disposition leur permettait de mettre en mots et de dire. Mais aussi et surtout d'élaborer, de comprendre, de permettre.
Et le transfert ? Il y a du transfert partout disait Lacan. Oui sûrement, sauf que le travail analytique s'élabore autour de ce transfert. Que tout se joue à partir de là. Si on s'autorise, si on s'y autorise, on n'improvise pas, on ne s'improvise pas.
Alors que voulait donc dire ma correspondante ? Que le transfert s'était élaboré petit à petit, lors des face à face ? Possible. Sûrement vrai, puisque 'elle le dit. Puisque son analyste (qui n'est pas moi) le dit aussi.
La vérité du Sujet. La seule et l'unique. Qu'importe les autres vérités....
Nourrie à la psychanalyse, je ne le suis pas qu'à la psychanalyse. Nous ne mangeons pas que d'un seul plat ? Nous avons envie d'essayer d'autres parfums... Essayer n'est pas non plus adopter.
Notre société évolue, je l'ai déja souligné lors de la création de ce blog, les rapports sociaux aussi.
Il me semble que s'en tenir à la cure type est réducteur, ce serait se priver de bien des connaissances, de bien des compétences, ce serait par conséquent priver bien des patients, ou simplement des sujets à partir à la découverte d'eux mêmes. Ce ne serait pas convenable....
Pour certains cela convient. C'est leur plus cher désir. Eh bien allongez vous sur le divan !
Mais pour les autres ? Ceux qui ne sont pas prés, qui n'ont pas envie, qui préférent le dialogue, les échanges. Ceux qui réclament une écoute autre que la neutralité bienveillante caricaturale du psychanalyste impassible devant le désespoir, le déballage d'horreurs, les larmes et la souffrance. Ceux qui ont envie, besoin, qu'on leur manifeste un peu d'empathie, de compassion, qui désirent faire un bout de chemin en compagnie d'un être de chair et de sang, mais qui a le recul nécessaire, une formation solide, qui ne les conseillera pas, ne les jugera pas, mais les guidera vers les réponses qu'ils ont en eux, qui les aidera à se rencontrer...
Une écoute attentive, bienveillante, en dehors du divan peut être analytique.... L'inconscient n'est pas le monopole du divan !
Elle m'écrit "c'était bien ça : l'analyse, que je faisais, qui se déroulait, qui se passait, qui avait lieu et je n'en n'étais pas consciente"..... "Ce qui se passe c'est une psychanalyse, je suis en analyse"
Surprenant ! Impensable pour les "puristes" et pourtant. C'est bien le sujet qui fait de nous, le thérapeute, ou l'analyste. Qui de par sa parole nous donne cette fonction.
Durant toutes ces années passées à l'hôpital j'ai rencontré, suivi, accompagné des centaines de patients et leur famille. A leur demande. Pourtant le "travail analytique " ne s'est pas mis en place pour chacun d'eux. Et heureusement.
Il suffisait parfois de quelques entretiens, l'occasion offerte de pouvoir enfin déposer sa souffrance, d'exprimer sa douleur, son chagrin. De chercher des solutions. D'avoir simplement besoin de parler et de pouvoir le faire.
Pour d'autres, ça s'est passé autrement. Nos rencontres se sont passées autrement. Elles ont donné lieu à un autre type de travail.
Ce sont eux qui ont en fait une "analyse". Ce sont eux qui ont décidé que je serai "leur analyste". Qui ont mis en place, avec mon accord, un travail analytique.
Bien sûr ils en avaient la possibilité, le choix leur étant offert. L'espace de parole mis à leur disposition leur permettait de mettre en mots et de dire. Mais aussi et surtout d'élaborer, de comprendre, de permettre.
Et le transfert ? Il y a du transfert partout disait Lacan. Oui sûrement, sauf que le travail analytique s'élabore autour de ce transfert. Que tout se joue à partir de là. Si on s'autorise, si on s'y autorise, on n'improvise pas, on ne s'improvise pas.
Alors que voulait donc dire ma correspondante ? Que le transfert s'était élaboré petit à petit, lors des face à face ? Possible. Sûrement vrai, puisque 'elle le dit. Puisque son analyste (qui n'est pas moi) le dit aussi.
La vérité du Sujet. La seule et l'unique. Qu'importe les autres vérités....
Nourrie à la psychanalyse, je ne le suis pas qu'à la psychanalyse. Nous ne mangeons pas que d'un seul plat ? Nous avons envie d'essayer d'autres parfums... Essayer n'est pas non plus adopter.
Notre société évolue, je l'ai déja souligné lors de la création de ce blog, les rapports sociaux aussi.
Il me semble que s'en tenir à la cure type est réducteur, ce serait se priver de bien des connaissances, de bien des compétences, ce serait par conséquent priver bien des patients, ou simplement des sujets à partir à la découverte d'eux mêmes. Ce ne serait pas convenable....
Pour certains cela convient. C'est leur plus cher désir. Eh bien allongez vous sur le divan !
Mais pour les autres ? Ceux qui ne sont pas prés, qui n'ont pas envie, qui préférent le dialogue, les échanges. Ceux qui réclament une écoute autre que la neutralité bienveillante caricaturale du psychanalyste impassible devant le désespoir, le déballage d'horreurs, les larmes et la souffrance. Ceux qui ont envie, besoin, qu'on leur manifeste un peu d'empathie, de compassion, qui désirent faire un bout de chemin en compagnie d'un être de chair et de sang, mais qui a le recul nécessaire, une formation solide, qui ne les conseillera pas, ne les jugera pas, mais les guidera vers les réponses qu'ils ont en eux, qui les aidera à se rencontrer...
Une écoute attentive, bienveillante, en dehors du divan peut être analytique.... L'inconscient n'est pas le monopole du divan !
dimanche 9 mars 2008
Une souffrance nécessaire ?
C'est la question que m'a posée C. La souffrance est-elle nécessaire au changement ? A la connaissance de soi ? Pour entreprendre une psychothérapie ? Une psychanalyse ?
Est-ce la condition ?
Faut-il en passer par là ?
Un des mes enseignants de psychopathologie clinique, à l'université, professeur et psychanalyste disait qu'il fallait avoir beaucoup souffert pour entreprendre une analyse. Ainsi, pour mettre un terme à sa souffrance ? Ou plus modestement la comprendre.
Ainsi il faudrait avoir fait, ou fairel'expérience de la souffrance pour envisager d'aller à la rencontre de soi même.
Je ne saurai parler que de ma propre expérience, qui confirme les propos de mon professeur. Pour ma part en effet c'est la souffrance, la douleur, l'incompréhension qui m'ont menées vers la pensée freudienne. Cette première rencontre avec le "Père fondateur" et ses écrits ont été pour l'adolescente que j'étais un immense soulagement. Une impression que je ne faisais pas fausse route en me posant toutes ces questions. Plus tard, la mise en mot de cette souffrance m'a permis de devenir qui je suis, et accepter qu'on ne guérit pas de ces maux, mais que nous pouvons en tirer une force extraordinaire pour vivre au quotidien. Que mettre en mots ne promet rien, mais permet ! et ce n'est pas rien !
Mais parler de souffrance nécessaire ? Indispensable pour en arriver là ? Je ne sais ?
Il n'y a aucune réponse, encore une fois. Chaque sujet a son histoire et ses réponses.
Le mal, la douleur, la souffrance physique ou psychique permet. Mais permet quoi ? Qu'en fait-on après les moments de déni, de renoncement, de souffrance encore plus forte ?
On éprouve un mal aise, un mal être.... Rien ne va plus vraiment, même si jusqu'ici ça allait à peu prés, on faisait en sorte que ça aille un peu, pas trop mal. On vit dans le compromis, dans la compromission que l'on qualifie de négociation, de diplomatie, afin d'entrenir une relation avec les autres, de maintenir le lien social....Des relations faites de petites lachetés quotidiennes, de mensonges, de non dits.
Puis un beau matin, on descend chercher des cigarettes, et on ne rentre pas !
On se demande comment on a fait pour endurer tout ça ? Pour vivre avec tout ça ? Pour vivre malgré tout ça ?
On se dit "combien j'ai été bête, lâche, idiote ? Mais comment j'ai fait ?"
On Se dit qu'il faut que ça change ! Qu'on ne veut plus de cette vie là, qui n'est pas vraiment celle dont on a révée. On ne l'a même pas choisie ! Les événements, le travail, la famille aussi, la vie s'est imposée insidieusement, sournoisement....Tout s'est installé. On a fait avec, avec cette médiocrité, se disant que finalement c'est pas si mal ! Que ça pourrait être pire ! que et que....
On s'invente, se trouve, se justifie car on sait qu'il y a quelque part, quelque chose qui cloche !
Qu'une petite voix au fond de soi nous dit qu'on vallait ou qu'on vaut mieux que ça !
J'emploie volontairement ON. Qui en ne signifiant vraiment personne, signifie chacun d'entre nous. Possiblement.
Alors vient la souffrance. Elle s'identifie. Nous interrogeons la souffrance, cette souffrance convoquée malgré nous à un rendez-vous avec nous..
Nous avons alors le choix, celui de vivre encore.... Mais encore comment ?
Celui de renaitre à la vie, à celle que nous choisirons peut-être ? Qui ne sera pas merveilleuse ni formidable. La perfection n'existe pas, et heureusement, mais une vie peut-être plus conforme à ce que finalement nous sommes, à ce que nous avons étouffé, fait taire ?
Pas facile, pas simple, pas aisé. Mais nous sommes face à nous même. A l'image que nous renvoit le miroir, à ce nous même que nous avons invité, et qui parfois malgré nous s'est rendu au rendez vous.
A nous de ne pas manquer ce rendez vous !
Est-ce la condition ?
Faut-il en passer par là ?
Un des mes enseignants de psychopathologie clinique, à l'université, professeur et psychanalyste disait qu'il fallait avoir beaucoup souffert pour entreprendre une analyse. Ainsi, pour mettre un terme à sa souffrance ? Ou plus modestement la comprendre.
Ainsi il faudrait avoir fait, ou fairel'expérience de la souffrance pour envisager d'aller à la rencontre de soi même.
Je ne saurai parler que de ma propre expérience, qui confirme les propos de mon professeur. Pour ma part en effet c'est la souffrance, la douleur, l'incompréhension qui m'ont menées vers la pensée freudienne. Cette première rencontre avec le "Père fondateur" et ses écrits ont été pour l'adolescente que j'étais un immense soulagement. Une impression que je ne faisais pas fausse route en me posant toutes ces questions. Plus tard, la mise en mot de cette souffrance m'a permis de devenir qui je suis, et accepter qu'on ne guérit pas de ces maux, mais que nous pouvons en tirer une force extraordinaire pour vivre au quotidien. Que mettre en mots ne promet rien, mais permet ! et ce n'est pas rien !
Mais parler de souffrance nécessaire ? Indispensable pour en arriver là ? Je ne sais ?
Il n'y a aucune réponse, encore une fois. Chaque sujet a son histoire et ses réponses.
Le mal, la douleur, la souffrance physique ou psychique permet. Mais permet quoi ? Qu'en fait-on après les moments de déni, de renoncement, de souffrance encore plus forte ?
On éprouve un mal aise, un mal être.... Rien ne va plus vraiment, même si jusqu'ici ça allait à peu prés, on faisait en sorte que ça aille un peu, pas trop mal. On vit dans le compromis, dans la compromission que l'on qualifie de négociation, de diplomatie, afin d'entrenir une relation avec les autres, de maintenir le lien social....Des relations faites de petites lachetés quotidiennes, de mensonges, de non dits.
Puis un beau matin, on descend chercher des cigarettes, et on ne rentre pas !
On se demande comment on a fait pour endurer tout ça ? Pour vivre avec tout ça ? Pour vivre malgré tout ça ?
On se dit "combien j'ai été bête, lâche, idiote ? Mais comment j'ai fait ?"
On Se dit qu'il faut que ça change ! Qu'on ne veut plus de cette vie là, qui n'est pas vraiment celle dont on a révée. On ne l'a même pas choisie ! Les événements, le travail, la famille aussi, la vie s'est imposée insidieusement, sournoisement....Tout s'est installé. On a fait avec, avec cette médiocrité, se disant que finalement c'est pas si mal ! Que ça pourrait être pire ! que et que....
On s'invente, se trouve, se justifie car on sait qu'il y a quelque part, quelque chose qui cloche !
Qu'une petite voix au fond de soi nous dit qu'on vallait ou qu'on vaut mieux que ça !
J'emploie volontairement ON. Qui en ne signifiant vraiment personne, signifie chacun d'entre nous. Possiblement.
Alors vient la souffrance. Elle s'identifie. Nous interrogeons la souffrance, cette souffrance convoquée malgré nous à un rendez-vous avec nous..
Nous avons alors le choix, celui de vivre encore.... Mais encore comment ?
Celui de renaitre à la vie, à celle que nous choisirons peut-être ? Qui ne sera pas merveilleuse ni formidable. La perfection n'existe pas, et heureusement, mais une vie peut-être plus conforme à ce que finalement nous sommes, à ce que nous avons étouffé, fait taire ?
Pas facile, pas simple, pas aisé. Mais nous sommes face à nous même. A l'image que nous renvoit le miroir, à ce nous même que nous avons invité, et qui parfois malgré nous s'est rendu au rendez vous.
A nous de ne pas manquer ce rendez vous !
mardi 26 février 2008
Le corps parle
Il s'exprime parfois haut et fort et c'est le symptôme !
Il conduit le sujet à consulter et il demande à être soulagé !
le corps cri, le corps hurle et le corps fait mal !
Le langage du corps a permis à Freud de découvrir et nommer l'inconscient
C'est en voyant le corps manifester la souffrance qu'il a élaboré une nouvelle méthode : la psychanalyse
Si les conversions hystériques, ces manifestations bruyantes et terrifiantes sont loin et semblent appartenir au passé, le corps dit encore et encore ses souffrances, sous une autre forme peut-être, mais tout aussi présente.
Il nous appartient, à nous les thérapeutes, non seulement de les voir mais aussi de les entendre.
Loin des divans, des fauteuils où la parole se libére
les maux aussi se mettent en mots.
La plainte.......
Que ce soit ces maladies qu'on nomment psychosomatiques,
Que ce soit cette discipline qu'on nomme aussi psychosomatique
Que ce soient ces maux qu'on dit fonctionnnels
Ils sont là et le sujet souffre
Il souffre dans son corps, il souffre dans son âme
Son âme a si mal qu'elle ne peut que passer par le langage du corps parfois, parce que les mots ne peuvent se mettrent sur cette souffrance là.
Parce que les mots, ils ne les trouvent pas.
Parce que les mots, on ne les entends pas...
Qu'il ne lui reste rien d'autre !
Cette douleur là, alors ne peut s'exprimer autrement que par le Symptôme !
S'il faut soigner ce symptôme physique, cette maladie du corps bien réelle, il ne faut pas négliger que quelque part, au plus profond du sujet, dans son intime, la douleur a pris racine, que c'est de là que vient le mal !
S'il faut donner des médicaments, des soins, panser des plaies, il faut penser la douleur et la souffrance de l'âme
Que l'âme et le corps sont indissociables, que l'un a besoin de l'autre, et réciproquement
Entrendre la parole, et le langage du corps pour laisser le psychisme s'exprimer, trouver les mots qui vont lui rendre la liberté. Lui permettre d'aller mieux, d'aller de l'avant !
C'est le travail du thérapeute, d'entendre et d'écouter ces messages de l'au delà du l'âme, ce langage sans parole, mais qui se manifeste comme il peut, désordonné, brouillon, qui fait mal car il a mal....
C'est le travail du thérapeute que d'accompagner le sujet sur ce chemin là.
Il conduit le sujet à consulter et il demande à être soulagé !
le corps cri, le corps hurle et le corps fait mal !
Le langage du corps a permis à Freud de découvrir et nommer l'inconscient
C'est en voyant le corps manifester la souffrance qu'il a élaboré une nouvelle méthode : la psychanalyse
Si les conversions hystériques, ces manifestations bruyantes et terrifiantes sont loin et semblent appartenir au passé, le corps dit encore et encore ses souffrances, sous une autre forme peut-être, mais tout aussi présente.
Il nous appartient, à nous les thérapeutes, non seulement de les voir mais aussi de les entendre.
Loin des divans, des fauteuils où la parole se libére
les maux aussi se mettent en mots.
La plainte.......
Que ce soit ces maladies qu'on nomment psychosomatiques,
Que ce soit cette discipline qu'on nomme aussi psychosomatique
Que ce soient ces maux qu'on dit fonctionnnels
Ils sont là et le sujet souffre
Il souffre dans son corps, il souffre dans son âme
Son âme a si mal qu'elle ne peut que passer par le langage du corps parfois, parce que les mots ne peuvent se mettrent sur cette souffrance là.
Parce que les mots, ils ne les trouvent pas.
Parce que les mots, on ne les entends pas...
Qu'il ne lui reste rien d'autre !
Cette douleur là, alors ne peut s'exprimer autrement que par le Symptôme !
S'il faut soigner ce symptôme physique, cette maladie du corps bien réelle, il ne faut pas négliger que quelque part, au plus profond du sujet, dans son intime, la douleur a pris racine, que c'est de là que vient le mal !
S'il faut donner des médicaments, des soins, panser des plaies, il faut penser la douleur et la souffrance de l'âme
Que l'âme et le corps sont indissociables, que l'un a besoin de l'autre, et réciproquement
Entrendre la parole, et le langage du corps pour laisser le psychisme s'exprimer, trouver les mots qui vont lui rendre la liberté. Lui permettre d'aller mieux, d'aller de l'avant !
C'est le travail du thérapeute, d'entendre et d'écouter ces messages de l'au delà du l'âme, ce langage sans parole, mais qui se manifeste comme il peut, désordonné, brouillon, qui fait mal car il a mal....
C'est le travail du thérapeute que d'accompagner le sujet sur ce chemin là.
mercredi 20 février 2008
Mémoire
Devoir de mémoire ?
Injonction de mémoire ?
Doit-on nous dire, ce dont nous devons nous souvenir ?
De ce que nous devons avoir en mémoire ?
Qu'est ce que la mémoire ?
On pourrait proposer une définition pragmatique, cognitive, dire qu'elle est la propriété que posséde un système de manifester l'influence d'évenements après qu'il soit terminé, qu'elle n'est pas une fonction individualisée...
Dire que c'est l'ensemble des mécanismes psychologiques et neurobiologiques qui permettent le stockage et la récupération des informations
On peut en décrire les différents niveau de traitement, les différents codes. Nos capacités mnésiques se déclinent à court terme, moyen terme, long terme, parler également de la capactité de stockage, des pathologies liées à la mémoire....
Très technique, mesurable, quantifiable, vérifiable, testable...
Mais ce n'est pas de cette mémoire là qu'il s'agit..
Quand on évoque cette mémoire ci justement, on ne vise pas les capacités cognitives de l'individu, mais l'affect, l'émotion, ce qu'il ressent au plus profond de lui même....
Car si elle porte sur des événements de nature sensorielle, motrice, cognitive elle porte également sur sur des événements de nature affective.
Affect, affection, sentiments, émotions, sensibilité...
On vise le coeur, la cible ! le point faible !
Ce qui fait tilt, ou pan, ou bing !
Ce qui fait mal !
Ce qui terrasse !
Souviens toi !
N'oublies pas !
Rappelle toi !
Injonctions, devoirs, obligations... Il faut que, vous devez, il importe que !
Nous sommes sur un mode impératif !
Qui ne nous laisse guère de choix. Même pas de choix du tout !
Aucune ( ou presque) possibilité de s'échapper, de faire l'école buissonnière, d'oublier son cahier, de ne pas faire ses devoirs..... Non, parce que justement il ne s'agit pas d'un pluriel, mais d'un singulier....
Devoirs.............................Devoir !
Ce petit S, change tout, change le sens, change le mode, donne le ton en quelques sorte !
Un ton sans appel !
Le singulier sujet que voici imposé d'un bloc au sujet que nous sommes !
C'est justement ce qui touche et qui fait que cette injonction là ne soit pas acceptable
Que le sujet singulier rejette ce singulier qui s'attaque à sa singularité, lui injonctant d'agir, de penser au plus profond de lui même.... Puisqu'il dicte et impose sa volonté à l'intime du sujet !
Intrusion dans l'intime, violation de l'intime, viol de l'intimité ! vol de la pensée...
Rapt ? Capture ? Confiscation ?
Ainsi, l'homme, le sujet que nous sommes, n'est ni en capacité ni en mesure de savoir ce qu'il doit penser et ce dont il doit se souvenir !
Il doit : troisième personne du verbe devoir : être redevable, dettes,
Serions nous redevable de la dette éventuelle, ou considérée comme telle contractée par ceux qui étaient là avant nous ? D'une dette que nous devons avoir le devoir de nous souvenir ?
Et pire :
Le sujet serait-il alors assujéti à la sujetion d'un autre sujet qui se déclare plus puissant, et plus compétent ? Qui s'investi de cette puissance et de cette compétence là ?
Qui s'y autorise de lui même ?
Mais de quelle compétence parle t-on ?
De quelle puissance est-il question ?
Singulière démarche que celle ci, veuillant déresponsabiliser le sujet, mettant sa pensée sous surveillance, sous tutelle, s'introduisant au plus profond de ce qui lui appartient, lui dictant la loi, sa loi....
Vers quoi on va ?
De sa singularité, il n'est plus ? De lui même Sujet alors il n'est plus non plus ?
De sa liberté de sujet singulier, de question il n'est plus ?
De devoir et de mémoire il se doit de savoir qu'il ne sait pas et qu'on sait pour lui
Ce on qui ne signifie pas l'autre, ni l'Autre, mais un quelconque....
De ce devoir là
De cette mémoire là
Je ne veux pas !
Injonction de mémoire ?
Doit-on nous dire, ce dont nous devons nous souvenir ?
De ce que nous devons avoir en mémoire ?
Qu'est ce que la mémoire ?
On pourrait proposer une définition pragmatique, cognitive, dire qu'elle est la propriété que posséde un système de manifester l'influence d'évenements après qu'il soit terminé, qu'elle n'est pas une fonction individualisée...
Dire que c'est l'ensemble des mécanismes psychologiques et neurobiologiques qui permettent le stockage et la récupération des informations
On peut en décrire les différents niveau de traitement, les différents codes. Nos capacités mnésiques se déclinent à court terme, moyen terme, long terme, parler également de la capactité de stockage, des pathologies liées à la mémoire....
Très technique, mesurable, quantifiable, vérifiable, testable...
Mais ce n'est pas de cette mémoire là qu'il s'agit..
Quand on évoque cette mémoire ci justement, on ne vise pas les capacités cognitives de l'individu, mais l'affect, l'émotion, ce qu'il ressent au plus profond de lui même....
Car si elle porte sur des événements de nature sensorielle, motrice, cognitive elle porte également sur sur des événements de nature affective.
Affect, affection, sentiments, émotions, sensibilité...
On vise le coeur, la cible ! le point faible !
Ce qui fait tilt, ou pan, ou bing !
Ce qui fait mal !
Ce qui terrasse !
Souviens toi !
N'oublies pas !
Rappelle toi !
Injonctions, devoirs, obligations... Il faut que, vous devez, il importe que !
Nous sommes sur un mode impératif !
Qui ne nous laisse guère de choix. Même pas de choix du tout !
Aucune ( ou presque) possibilité de s'échapper, de faire l'école buissonnière, d'oublier son cahier, de ne pas faire ses devoirs..... Non, parce que justement il ne s'agit pas d'un pluriel, mais d'un singulier....
Devoirs.............................Devoir !
Ce petit S, change tout, change le sens, change le mode, donne le ton en quelques sorte !
Un ton sans appel !
Le singulier sujet que voici imposé d'un bloc au sujet que nous sommes !
C'est justement ce qui touche et qui fait que cette injonction là ne soit pas acceptable
Que le sujet singulier rejette ce singulier qui s'attaque à sa singularité, lui injonctant d'agir, de penser au plus profond de lui même.... Puisqu'il dicte et impose sa volonté à l'intime du sujet !
Intrusion dans l'intime, violation de l'intime, viol de l'intimité ! vol de la pensée...
Rapt ? Capture ? Confiscation ?
Ainsi, l'homme, le sujet que nous sommes, n'est ni en capacité ni en mesure de savoir ce qu'il doit penser et ce dont il doit se souvenir !
Il doit : troisième personne du verbe devoir : être redevable, dettes,
Serions nous redevable de la dette éventuelle, ou considérée comme telle contractée par ceux qui étaient là avant nous ? D'une dette que nous devons avoir le devoir de nous souvenir ?
Et pire :
Le sujet serait-il alors assujéti à la sujetion d'un autre sujet qui se déclare plus puissant, et plus compétent ? Qui s'investi de cette puissance et de cette compétence là ?
Qui s'y autorise de lui même ?
Mais de quelle compétence parle t-on ?
De quelle puissance est-il question ?
Singulière démarche que celle ci, veuillant déresponsabiliser le sujet, mettant sa pensée sous surveillance, sous tutelle, s'introduisant au plus profond de ce qui lui appartient, lui dictant la loi, sa loi....
Vers quoi on va ?
De sa singularité, il n'est plus ? De lui même Sujet alors il n'est plus non plus ?
De sa liberté de sujet singulier, de question il n'est plus ?
De devoir et de mémoire il se doit de savoir qu'il ne sait pas et qu'on sait pour lui
Ce on qui ne signifie pas l'autre, ni l'Autre, mais un quelconque....
De ce devoir là
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Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.
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Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.