ll y a le rêve, celui où je suis avec elle, où nous sommes. ll y a elle et moi.
ll y a le rêve, là où nous nous retrouvons depuis ces années où je suis sans elle, sans nous, elle loin de moi, moi loin d'elle; le seul endroit où je la vois, où elle me voit, où nous nous voyons. Cette fenêtre ouverte sur l'Univers et l'inconnu devenu familier.
ll y a le rêve.
Voyage hors du temps et du champ du réel, dans ce monde parallèle où nous sommes identiques et autres, mêmes et différents. Où se joue le jeu du je qui le temps de ce temps devient un autre. Où nous sommes au rendez-vous.
ll faut écrire vite, au réveil, au saut du lit pour ne pas que ces mots se perdent pour ne pas que ce moment se dilue, pour ne pas que s'envole le moment de la rencontre. Que l'espace temps où ça se joue cette parenthèse singulière où nous sommes là et parlons, vivons, où je la vois, lui prends la main et l'embrasse. Cette faille temporelle qui s'ouvre au creux du sommeil afin que s'y logent les rêves et les désirs les plus fous, ou bien un scénario différent espéré ou redouté, mais une autre version du réel vécu heureux ou douloureux.
C'est le rêve endormi qui réveille le dormeur et imprime la trace et la trame d'un autre possible, d'une autre direction d'un autre chemin, d'un autre destin.
ll y a le rêve.
ll y a le désir, si fort qu'il concrétise le rêve au sein même du rêve, car il ne peut avoir lieu nulle part ailleurs, Cet ailleurs devient alors l'ici, le maintenant du moment tant espéré. ll devient l'ici le temps bref d'un morceau de nuit, d'un court instant où se joue l'acte de la scène d'une vie; Scénario écrit et produit par le seul Désir, celui du sujet acteur du rêve sans autres spectateurs que lui même et sa mémoire.
lieu et moment privilégié hors du temps qui n'est pas mort, pas seulement suspendu mais tout simplement autre. une sorte de réalité temporelle hors champ. Un monde connu et cependant étrange ; théâtre singulier, où s'improvisent les drames, les retrouvailles, où on s'embrasse et on pleure où l'on rejoue la vie interrompue par le départ de l'autre, ou se met en place cet autre possible qui aurait fait qu'aujourd'hui on soit un autre.
ll y a le rêve, il y a mon rêve, il n'est pas étrange mais il est familier car il me permet de te retrouver ; de continuer le chemin que d'autres nous ont interdit, ont interrompu. Ne t'en fait pas ; j'en connais la route, la direction, je suis une enfant arrachée, déchirée, volée à ceux qui l'ont aimée. Pendant des années et encore aujourd'hui je les retrouve dans ce lieu magique où celui qui peut toucher les étoiles n'a qu'à lever la main. ll suffit de vouloir ? Non pas vraiment il suffit de ne plus rien vouloir, de lâcher et de voir venir. Je n'ai plus peur car je sais que tu es au rendez-vous. Que ceux qui nous ont privé de nous, ne peuvent rien contre nous car à ce monde ils n'ont pas accès, ce monde est à nous. J'en suis heureuse même si les larmes m'empêchent d'écrire ; ce ne sont plus des larmes de douleurs, mais des larmes d'émotion. Nous avons ri, parlé, tu m'as raconté. Nous ne dirons rien. C'est notre secret, notre monde pas si imaginaire que ça, et leur réel on s'en fout, toi et moi on sait qu'il n'y a pas que ça ! Le réveil ne m'effraie pas, je sais, je sens que tu vas bien et je suis là, tout près de toi.
ll y a le rêve : et il y a là, Anna et Mamina.
Je t'aime.
Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste.
L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Psychanalyse Aujourd'hui
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir
Mon livre : "j'aime ma vie"
dimanche 8 octobre 2017
dimanche 1 octobre 2017
Des rives
Elle dit :
"ll y a toujours la douleur et le chagrin au fond de mon coeur, quoi que je fasse je n'y arrive pas, ça tourne en boucle, ça part, je crois que ça part, mais non, c'est là, toujours et ça revient en pleine figure, parfois je ne m'y attend pas, je passe, je marche et je pleure. C'est une torture, je n'arrive plus à vivre vraiment. Je suis parasitée, envahie par le chagrin. Pourtant il ne faut pas rester là ! "
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Silence
Elle dit :
"Je ne parviens pas à arrêter de penser, je pense tout le temps, même la nuit je pense, ça m'empêche de rêver, la pensée, c'est une plaie, je nettoie, je panse, mais ça ne guérit pas, c'est là et ça s'ouvre à nouveau, encore et encore plus fort. Je crois que c'est fini, mais non, puisque j'y pense encore. Si je pouvais oublier, revenir en arrière..."
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"Revenir en arrière ?"
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Silence
"Oui. Mais non, car je n'ai pas compris pourquoi la douleur, donc je ne pourrais pas changer, même en revenant en arrière. J'y ai pensé. Mais peut-on modifier les événements ? La cicatrice ne tient pas, je ne dois pas savoir réparer, mauvais pansement, mauvaise suture. Je suis un mauvais patient."
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"Oui revenir en arrière ! Après tout pourquoi pas, j'y pense et m'y projette dans ce passé là, pour rejouer la scène ; me remettre en scène, refaire le scénario, mais il doit manquer des élèments du script, le temps passe, et la mémoire est sélective
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Je ne vois peut-être pas ce qui coince, ce qui a fait déraper, c'est ça. ! basta, il faut que j'arrête, ça tourne en boucle ce truc là, et je dois boucler, une bonne fois pour toute, ne plus y penser, mettre une croix dessus, plutôt que de porter la croix, d'ailleurs les croix je n'y crois pas."
Absolu, douleur absolue, je cherche, c'est là, on ne peut pas oublier la blessure, vous appelez ça le trauma, c'est ça je suis traumatisée par ça, et je ne guérit pas. Je ne guérirai jamais, je mourrai malade, c'est terrible çà ! mais on peut aussi mourir de cette maladie là, le chagrin".
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"Revenir en arrière plutôt que d'avancer, alors qu'oublier c'est aller devant en jetant derrière cee qui était avant. Je ne veux ni l'un ni l'autre, 'j'aimerai seulement être maintenant !
"Mais j'aimerai comprendre ce qui ne se comprend pas".
Brigitte Dusch psychanalyste, historienne
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Nota bene
Ce blog relate des bribes, des vies en respectant l'anonymat, ce l'éthique et la déontologie de ma fonction
Les événements, initiales, lieux, histoires... sont modifiés.
Il s'agit d'illustrer des situations, un concept, une problématique, un questionnement donnant lieu à une réflexion.
Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.
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Ainsi toute ressemblance, similitude serait donc purement fortuite.