Pour toi
Sans le savoir, tu m’as appris beaucoup
L'Etre humain est unique, chaque rencontre est unique, c'est un éternel recommencement, une aventure nouvelle à chaque fois
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne
Accompagner le désir d'être Soi
Pour toi
Je les ai vu se profiler dés les premiers jours de cette pseudo maladie, épidémie, pandémie
Comme s'ils attendaient, ces vautours de saisir l'occasion d'un peu plus de détresse pour s'emparer d'un marché qui allait leur rapporter gros. Saisir une occasion aussi macabre soit-elle pour être acteur d'un mauvais film au scénario improbable qui allait les propulser en haut de l'affiche
Etaient donc t-il aussi minables ?
Je les vois toujours 15 mois plus tard, se glorifier d'avoir fait le bon choix, celui du pouvoir, de la haine de l'autre pour s'enrichir soi
Enrichir soi. Mais de quel "soi" s'agit-il ?
S'ils étaient sincères ? Mais comment le pourraient-ils ?
Ces infâmes oeuvrent pour le bien être de l'Humanité et se targuent d'être dans l'accompagnement de l'autre et sa souffrance, sa maladie, sa peine..
Ces infâmes pourtant se gaussent à tour de bras sur les réseaux sociaux d'être dans le camp des bons, de ceux qui ont la vérité, et n'hésitent sans aucun scrupule à condamner les autres, les citoyens de seconde zone, leur souhaitant je cite :
"De crever, dans les pires souffrances, de voir leur proches mourir sous leurs yeux
Certains soignants ou qui se disent tels, n'hésitent pas à avertir qu'ils laisseront crever (je cite encore) ces déchets de l'humanité, qui refusent de se confiner et de se vacciner."
Ces gens sont la vérité !
Ainsi dans ce pays des droits de l'Homme on refuse de soigner !
Les profiteurs de guerre !
Aucune leçon tirée du passé, donc, encore et toujours
En 1919, la presse titrait "la peine de mort pour les profiteurs de guerre", ces gens étaient ensuite arrêtés, jugés...je suppose que la même chose s'est lue en 1945...
Je lis en dépouillant les journaux de l'après Grande Guerre, je confirme les hypothèses dégagées à la lecture des sources durant cette dernière : l'enrichissement personnel, l'achat des biens des morts pour quelques deniers... Je lis ainsi l'histoire de ceux qui ont su "faire leur beurre" de la guerre au prix de la vie de ces pauvres hommes envoyés à l'abattoir.
L'argent n'aurait pas d'odeur ? Je n'en suis pas certaine, j'affirme qu'il a souvent l'odeur de la mort
Ces profiteurs de cette guerre civile sont bien là, présent, sur le pont, prêts à saisir l'occasion d'enrichir leur moi si pauvre, leur confiance en soi si inexistante, leur estime de soi si misérable. Misérables... Combien ils le sont.
Ce besoin d'être, sur la scène de la vie, au mépris de ceux qu'ils disent aider, accompagner, qui se vantent d'écrire, de recevoir "des petits patients" en postant leurs dessins, leurs remerciements et j'en passe.. Que cherchent-ils ?
J'ai peine à croire en leur neutralité bienveillante et ne leur confierai pas mon âme, ni mes secrets, ni ma vie.
Je ne leur confierai rien
Leur arrogance est à l'image de ceux qui infligent cette maltraitance, cette relégation vers la marge. Leur mépris, leur soif de haine, de vengeance envers la vie, les hommes, les autres, peuvent enfin se déployer dans toute son horreur au grand jour, autorisés et encouragés par une folie qui ne peut plus être contenue
Combien de temps encore ?
Brigitte Dusch, historienne, psychanalyste
Crédit photo @brigittedusch
Il y a la Terre des Miens, au moins d'une partie, la terre de mes ancêtres, celles où ils sont enterrés depuis des siècles. Suis-je d'ici ?
Je le crois dans le meilleur des cas, cela m'apaise parfois, seulement un peu, me donne l'illusion de la continuité, d'être attachée à quelque chose, à eux sûrement, d'être de cette lignée, d'être de là et non plus de nulle part
D'être issue d'Hommes et de Femmes dont l'histoire n'a pas été simple, mais qui ont vécu sur leurs Terres. Sans jamais la quitter, se sont battus pour elle, ont refusés de s'exiler. Cette idée me fait vibrer parfois pleurer quand je lis leur nom, que je tente d'écrire leur vie et que je les imagine, quand je leur parle dans des conversations imaginaires et qu'ils me guident souvent dans les méandres des registres d'état civils, et quand je ressens leur présence à mes côtés, une présence si forte, un parfum, un bruit. Je les aime, j'ai une profonde tendresse pour certains comme ils en ont sûrement pour moi. C'est la plus belle des histoires d'amour, l'histoire de Nous.
J'ai cette terre au fond de mon coeur, et dans mes moments de profonde détresse c'est vers elle que je me tourne, je veux croire encore que j'y retournerai, qu'un carré de terre sous les arbres à l'ombre du village m'attend et que je pourrai ainsi reposer en paix. Je veux croire encore, moi qui ne crois en rien ou presque qu'il me restera encore quelque force pour faire ce chemin dans l'autre sens. Un aller sans retour.
Illusion, croire pour ne pas mourir complètement ? Car de la mort parfois il y a, mais ce n'est plus un combat, vie et mort, ces désirs là ont réussi à cohabiter pacifiquement, paisiblement même. Et c'est bien. Je ne suis plus en lutte, j'ai baissé les armes. Et c'est bien
Mais ?
Je suis en exil de l'exil, penser retourner sur la terre quittée est un mensonge, la pire trahison qu'on se fait à soi même. On se ment pour croire encore qu'on n'est pas seul, qu'on pourra en retournant là bas retrouver les souvenirs d'avant
Foutaise, mensonges, espoir déçus sans nul doute. Car il n'y a plus rien.
Mais comment vivre en exil sans l'espoir de retrouver son chez soi ?
Devoir de mémoire, de fidélité familiale, mais essayer par là de rester un peu fidèle à soi : conserver son accent, les expressions de ce lieu abandonné, aimé, adulé, embelli mais qui ne ressemble plus aux photos jaunies que discrètement nous regardons et qui lentement nous font pleurer.
Plus rien n'est comme avant comme cet avant de nos souvenirs, qui ne sont que des images, représentations d'un passé souvent idéalisé pour ne pas sombrer
Nous sommes partis, en espérant revenir, en sachant que ce retour ne se fera sûrement jamais, mais il faut... Rêver, pour survivre à l'agonie de l'abandon, de laisser là une partie de sa vie, qui coûte que coûte restera la meilleure.
Exil, je suis en exil ailleurs que sur ma terre, mais je le suis chez moi
Où est chez moi ? Je suis étrangère, je me sens étrangère, là où que j'aille. Née étrange et étrangère, je n'aurai eu de cesse de chercher une terre d'accueil mais sommes nous vraiment d'ici ?
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch
Sie Sagt :
"Le monde se délite, je suis sur la falaise et devant moi le gouffre, le chaos, l'infini inconnu, incertain et tragique : le vide.
Le monde s'effrite, tout comme les pierres de cette falaise qui crissent sous mes pieds et qui tombent à pic dans cette grande abime, dont personne ne revient.
Tout part, tout fout le camp, et je pars avec.
Meine Welt est devenu Néant.
Tout se délite, tout s'effrite, il n'y a plus de cadre, plus de limites, plus de demain, la vie ne tient qu'à un fil qu'il nous suffit de trancher d'un seul coup d'un seul.
Nous ne contrôlons rien, plus rien, pas même le jour ni l'instant que nous vivons, qui peut d'un seul instant cesser d'être pour nous emporter au creux de la vague, au plus profond de l'0céan ou de l'Enfer.
Meine Welt est un Enfer.
Plus rien n'a d'importance puisqu'il n'y aura plus de demain
Je suis devenue spectatrice de ce désastre aux confins du Chaos
Certains résistent et s'accrochent à quelques branches, quelques ramures qui trainent par çi par là, refusent de voir le gouffre qui les attend
Je n'ai pas peur, je ne crains ni l'abime ni le Néant, pas même les Enfers, le Diable est sans doute davantage bienveillant.
La vie est un Enfer,
Je suis au bord du Précipice, de ce grand vide, de ce grand inconnu qui m'attend et j'attends
J'attends que la falaise s'effondre enfin et m'emportent avec elle dans ce courant qui m'entrainera dans cet ailleurs peut-être plus accueillant sûrement.
Dans ce vide qui peu à peu pour se nourrir ravagera cette Terre d'un seul coup d'un seul.
Il n'y aura plus rien sauf le Chaos, l'Originel, celui des Lointaines Origines, archaïsme sublimé dans une folie salvatrice.
A quoi bon survivre ? A quoi bon se battre et résister ?
Lâcher prise une bonne fois pour toute et s'en remettre au Fatum
Fin de la représentation, fin de la fin, enfin"
Sie sagt.
Meine Welt ist tot
Silence
Ruhe.
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch
Alors je vais sur ce chemin dans ce jour d'hui, en pensant à demain, à cet après qui sera autre où tu ne seras plus là, et où je penserai à toi avant, dans cet avant que je n'ai pas su rendre présent
Et je pleure
Je n'ai jamais autant pleuré, les larmes de toute une vie, je crois, celle de toute ma vie, qui ne vaut presque plus rien, une vie qui se traine, pesante et lourde sans espoir de futur sans désespoir, mais dans le non espoir.
Et je pleure
Sur moi, sur l'avant, les moments heureux qui semblaient malheureux mais qu'on voudrait malgré tout retrouver, rien qu'une seconde pour se dire, "on était vivant".
La vie est devenue la mort, l'attente dans l'antichambre sombre et nébuleuse de l'inconnu terrifiant dont on ne revient pas..
Et je pleure
Sur ces instants il y a des ans, des jours et des lunes, dans un pays magique, dans un pays vivant, presque vivant...Un pays qui est mort. Les paradis sont morts et partis en Enfer.
Il y a si longtemps, ma vie me semble longue, les souvenirs s'estompent, je ne veux pas me retourner, mais...
Et je pleure
En attendant
Brigitte Dusch, psychanalyste, historienne
Crédit photo @brigittedusch