Psychanalyse Aujourd'hui

Le blog de Brigitte Judit Dusch psychanalyste historienne

Accompagner le désir d'être Soi
Le sujet humain est singulier, son histoire est unique, l'analyse lui permet de partir à sa rencontre et de tisser les liens, de prendre rendez-vous avec soi.

"J'accepte la grande aventure d'être moi". Simone de Beauvoir

Mon livre : "j'aime ma vie"

mardi 15 juillet 2025

A ma Rebelle

 

Er Shreibt.

My Eterny

Tu es mon insubordination, tu danses en permanence sur une corde raide, toujours, imprévisible, toujours
Tu es une mission sans carte, un défi.
Je t'aime comme un horizon sans fin, c'est peut être pour ça que je te désires autant, insaisissable, même dans l'amour parfois, le seul moment où je te sentais à moi.
Oui tu es mon insubordination,  mais une insubordination qui éclaire mon monde, tu me déconcertes, j'aime ça, tu es mon "petit chat sauvage". Tu es  ma tempête dont je ne dompterai pas  les vagues, tu m'emportes vers des rives inconnues, sans plan B, sans plan du tout.
Tu érotises le présent, mais pas seulement, tu es une tentation, mon indiscipline, avec toi tout vole en éclat, te capturer est une mission vouée à l'échec.
Tu es ma déraison
Et je t'aime
Your Honey

Crédit photo @brigittedusch

samedi 12 juillet 2025

Valse dans la Tempête.




"Tu écris comme d'autres respirent c'est vital pour toi"

Oui c'est vrai, chaque mot est un souffle une respiration, 
C'est le vent dans mes cheveux
Le soleil  brulant sur ma peau 
La neige qui crisse sous mes pas
La pluie sur les vitres
Les flaques qui claquent quand je marche en dansant
Et en riant
C'est une danse dans la tempête et l'ouragan

Ecrire c'est tout ça

C'est une danse.
Ephèmère, évanescente, parfois indécente
Ecrire c'est danser avec le vent et la pluie, le solei et l'orage, la neige et le froid, dans le brouillard et la lumière
Où que je sois il faut que je danse, que j'écrive encore et encore
Ecrire pour moi c'est vivre
C'est aimer

Alors tu me demandes.

- "My forever, écris sur nous, dis moi ce que je n'ai pas entendu ce que je n'entends pas Que je refuse d'entendre. 

Dis que si je suis un soldat je peux aussi être un père, un mari, un amant,

Dis-moi ce que je tais,
ce que nous gardons en silence.

Je t’écoute, même si les mots me fuient pour parler d’amour,
de vie, d’intime
."


"My beloved
Je me souviens de tes lettres du bout du monde
 
Que j'attendais impatiemment 
et ouvrais le souffle suspendu

Tes lettres griffonnées 
sous la toile d’une tente,
portaient la vérité et la rudesse d’un soldat
mais s’habillaient d’une tendresse infinie.

Tes mots de soldat étaient aussi aussi ceux d'un amant
tu  les écrivais sans détour et sans fard
Toujours avec tendresse, passion et douceur

Tu me disais ton mal de moi, ton désir, clair comme une flamme dans la nuit..
Tu me disais tes caresses.
Tu parlais de nous, 
De notre passion, 
de cet amour qui brûlait sans se consumer.
Je te lisais,
je t’écrivais,
et nous dansions, à travers les mots,
et nous dansions, par-delà les distances,
dans une valse d’encre et de lumière.
dans une étreinte de papier et d’encre.

Ecrire c'est ouvrir son coeur, 

Se dévoiler avec pudeur
Meme si la violence de la passion nous égare

Ecrire c'est laisser les mots danser comme des caresses,
légers, ardents, frôlant l’âme et le corps.

Ouvre-moi ton âme,
dis-moi que je te manque
que cette fois tu seras seulement mon amant


Pourquoi taire cette lumière,
cette joie sacrée d’aimer ?
Il y a du divin dans nos élans,
de l’amour dans chaque battement de cœur.
Ouvre-moi ton âme,
Donne moi un éclat, une étincelle de ton âme.

Dis moi encore que tu ne partiras plus
Que tu ne veux plus de cette solitude sous ta tente dans le désert ou ailleurs
Que je te manque,
Que je suis ton Heimat 
Que tu reviendras

Que cette solitude même si elle s"efface à la pensée de nos retrouvailles tu n'en veux plus.
Dis moi que c'est la dernière fois

Même si ce n'est pas vrai.

Je sais que tu repartiras.
Et je m’en fous.

Tu me demandes,

Mais je ne peux rien promettre.
Rien, sauf une danse.

Prends ma main,
laisse la danse nous emporter.
Viens.
Dansons encore.

Brigitte Judit
Crédit photo @brigittedusch



mercredi 9 juillet 2025

Ma déclaration de Liberté




«  Alors my beloved comment fais-tu pour m’aimer, toi qui refuses les chaînes et vises toujours l’abîme de ta liberté ? »


Bien sûr que c'est une déclaration de liberté existentielle, la mienne, celle de ma vie, de ma question d'exister au monde, d'être ici et maintenant. 

Je sais également que c'est un refus des attentes sociales, de ces normes imposées, de ce cadre nécessaire mais que je sais faire exploser quand il me semble ne plus l'être. Il faut parfois repousser ses limites, sortir d'un cadre quand on se sent trop à l'étroit.
Et je n'hésite pas. 
Je n'hésite que rarement

Je clame, revendique depuis ma naissance mon droit d'exister, de ne pas dépendre d'une temporalité ordonnée en faisant voler en éclat tout ce carcan qui rytme une mascarade sociale qui m'est étrangère.

Non que je sois en conflit avec l'ordre social, mais une fois encore quand ce dernier devient grotesque ou trop étriqué j'ai toujours su m'en affranchir
Peut-on s'inscrire dans un monde structuré quand ce dernier n'a pas de sens ou ne tient pas ?

Ou bien doit-on entrer en conflit avec l'ordre langagier et les codes partagés au sein d'une société qui n'est qu'un mauvais vaudeville ?

Faut-il alors opter pour la pulsion de mort ? et s'enfermer ad vitam aeternam dans l'angoisse mortifère de la clôture ?

Non je préfère de loin m'inscrire dans le désir, pas le désir de sécurité de l'autre, fixé, cadré, prévu du début à la fin, un plan qui doit se dérouler sans accroc.. et si ce n'est le cas, il y a un plan B ou C... La simple pensée de cette idée réveille chez moi l'angoisse de mort, la mort du désir, le meutre de ce dernier avant meme qu'il n'ait le temps de naitre. Tué dans l'oeuf.

Vivre pour moi, c'est désirer, être dans le mood, le mouvement, l'incomplétude et le manque. Aucune complétude n'exsiste, ce serait stérile, ce serait la mort.
Inconfortable ? Certes mais réconfortant.

Le désir est un moteur, il est la vie, ce dans quoi je me suis inscrite dés ma première rencontre avec le monde.

La vie c'est le vertige,  la proximité avec l'inconnu et l'abime, l'émergence d'un réél qui peut d'un coup d'un seul basculer dans l'irréel qui deviendra alors réel. Il deviendra alors pour moi un espace nouveau où je pourrais me recréer, encore et encore sans fin.

Tu me demandes comment je peux aimer, t'aimer alors que je suis sur une corde raide, un funamble sans filet qui flirte avec les possibles transgressions des lois de l'univers.

Mon amour pour toi est ce qu'il est, comme il est, mais il est. Oui je sublime le désir. je n'ai jamais ressenti ce besoin de posséder l'autre, ni d'en être possédée.. L'amour ce n'est pas ça.

Oui j'ai ce besoin d'érotiser le présent, et de transformer mes pulsions, un Eros très fort. L'amour est une création.

Tu sais aussi que la fusion est pour moi synonyme de confusion, cette angoisse d'être absorblée, engloutie, débordée, alors que je n'aspire qu'à rester un sujet vivant, un sujet du désir, ouvert à l'impermanence au risque de ne jamais être fixée définitivement en un lieu, en un coeur.

Je navigue entre mon désir et mon angoisse, le besoin de l'autre, toi et le refus de me perdre.
Je suis un sujet humain en résistance.

Brigitte Judit
Crédit photo @brigittedusch

lundi 7 juillet 2025

Neshamah


Wieder weggehen? Ich hatte nie wirklich ein Zuhause, ich habe schon so lange kein Zuhause mehr. Du warst mein Zuhause, meine Zuflucht, mein Leben. Du warst all das. 

Du hast mir bei unserer ersten Begegnung gesagt, dass ich die Frau deines Lebens sein würde, die Einzige, die Einzigartige, und dass es nie eine andere geben würde. Ich werde deine Frau vor dem Herrn sein. Ich habe nicht wirklich alles verstanden, ich war so jung ... aber vom ersten Blick an wusste ich, dass es nur dich und dich allein geben würde.

Ich habe dich warten lassen, du warst geduldig, und dann habe ich dich gebeten, mich zu lieben, für immer. 

Für immer, das hatten wir uns versprochen. Dann bist du gegangen, um deinem Land zu dienen, und ich bin dir gefolgt. Wie hätte ich ohne dich leben können? Ohne deine Liebe? Ohne dein Leben? Du warst mein Leben, mein ganzes Leben, meine Seele.

Die Zeit mit dir, das Leben mit dir, unser Leben hat mir alles Glück der Welt geschenkt. An dem Tag, an dem wir vor Gott vereint wurden, hast du mich geküsst und mich fest in deine Arme geschlossen. 

Du hast zu mir gesagt: „Ich gehöre dir und du gehörst mir.“

Ich habe zu dir gesagt: „Ich gehöre dir und du gehörst mir.“

Dann hast du mich angesehen und hinzugefügt: „Meine Néshamah, ich habe deine Liebe nie als selbstverständlich angesehen und werde jeden Tag da sein, um dich zu verdienen und glücklich zu machen.“

Das hast du getan, jede Sekunde.

Wir wollten eine Familie gründen. „Ich möchte Kinder, die dir ähnlich sehen, mit deinen Augen und deinen Haaren ...“ Auch ich wollte, dass unsere Kinder dir ähnlich sehen ... Wir bekamen einen kleinen Jungen.

Du warst Soldat, du hattest dich dafür entschieden ... 

Eines Tages klopfte es an unserer Haustür.

Man sagte mir ... 

Auch heute noch kann ich es nicht.

Ich glaubte, ich wollte sterben.

Unser Kind hat nicht überlebt.

Ich wollte wieder sterben.

Sie haben mich ernährt, gewaschen, getröstet, mir das Beten beigebracht, und ich habe versprochen.

Ich habe mich für das Leben entschieden.

Ich habe meine Zeit abgesessen und bin dann wieder gegangen. 

Getreu meinem Schwur ehre ich noch immer deinen.

Du wirst immer in meinem Herzen sein, Neschamah... 

Du bist der Einzige, der Einzigartige, mit dem ich mich vor Gott vereint habe.

Ich liebe dich für immer, meine Sonne, meine Seele, mein Leben. meine Seele, mein Leben.

Jede Nacht schaue ich in unseren Himmel und zu den Sternen. Ich weiß, dass du dort auf mich wartest.
Neshamah.

Brigitte Judit bat Janina

0 :

Voici la traduction en français de votre texte :


S'éloigner à nouveau ? Je n'ai jamais vraiment eu de maison ; je n'en ai plus eu depuis si longtemps. Tu étais ma maison, mon refuge, ma vie. Tu étais tout cela.
Lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois, tu m’as dit que je serais la femme de ta vie, la seule, l’unique, et qu’il n’y en aurait jamais une autre. Je serai ta femme devant le Seigneur. Je n’ai pas tout compris, j’étais si jeune… mais dès le premier regard, j’ai su qu’il n’y aurait que toi et toi seul.

Je t’ai fait attendre, tu as été patient, puis je t’ai demandé de m’aimer, pour toujours.

Pour toujours, c’était notre promesse. Puis tu es parti pour servir ton pays, et je t'ai suivi. Comment aurais-je pu vivre sans toi ? Sans ton amour ? Sans ta vie ? Tu étais ma vie, tout mon être, mon âme.

Le temps passé avec toi, la vie avec toi, notre vie, m’a offert tout le bonheur du monde. Le jour où nous avons été unis devant Dieu, tu m’as embrassée et serrée fortement dans tes bras.

Tu m’as dit : « Je t’appartiens, et tu m’appartiens. »

Je t’ai répondu : « Je t’appartiens, et tu m’appartiens. »

Puis tu m’as regardée et ajouté : « Ma Neschamah, je n’ai jamais considéré ton amour comme acquis, et je serai là chaque jour pour te mériter et te rendre heureuse. »

C’est ce que tu as fait, chaque seconde.

Nous voulions fonder une famille. « Je veux des enfants qui te ressemblent, avec tes yeux et tes cheveux… » Je voulais aussi que nos enfants te ressemblent... Nous avons eu un petit garçon.

Tu étais soldat, tu avais choisi cette voie...

Un jour, il y a eu des coups frappés à notre porte.

On m’a dit...

Encore aujourd’hui, je n’y crois pas.

Je croyais que je voulais mourir.

Notre enfant n’a pas survécu.

Je voulais mourir à nouveau.

Ils m’ont nourrie, lavée, consolée, appris à prier, et j’ai fait une promesse.

J’ai choisi la vie.

J’ai purgé ma peine, puis je suis partie à nouveau.

Fidèle à mon serment, je continue à honorer le tien.

Tu seras toujours dans mon cœur, Neschamah...

Tu es l’unique, la seule, avec qui je me suis unie devant Dieu.

Je t’aime pour toujours, ma lumière, mon âme, ma vie. Mon âme, ma vie.

Chaque nuit, je regarde notre ciel et les étoiles. Je sais que tu m’y attends.
Neshamah.

dimanche 6 juillet 2025

Mon Petit Sabra



Ce texte est le fruit d'une longue gestation et d'un accouchement dans le sang et les larmes. C'est un cri, celui de mon coeur, mais il était nécessaire, essentiel pour la paix de mon âme
Je suis venue ici pour en finir avec les derniers fantômes, terminer une mission en suspens depuis des décennies, solder des comptes, elle me revenait donc de droit.
Je l'ai menée à bien, il restait encore quelques fantômes, non qu'ils me tourmentaient mais ils devaient être parlés, mis en mots... J'ai mis du temps, quelques décennies, ils ne soulagent en rien la douleur de la perte et l'immense chagrin que j'éprouverai toujours. Mais si je peux trouver un peu de paix ?
Je suis morte ce jour là, ma vie, mon âme, mon coeur sont  restés là bas, une étincelle de moi pourtant s'est réveillée et s'en est allée, débris d'une âme errrante, qui ne cesse de wagabonder (Le w est un lapsus , il a toute son importance) sans jamais trouver de port.
 Je suis une âme en exil comme mon Peuple... 
Je suis de passage ici et ailleurs, je ne peux pas me fixer, car ce serait mourir et je suis en vie, en sursis, alors j'aime la vie, j'aime cette vie, j'aime ma vie, comme elle est.
J'aurai pu mourir mille fois, j'ai vu la mort en face mille fois elle n'a pas voulu de moi, sans doute D. a t-il un programme ? je m'y soumets volontiers, je suis son humble servante et je ne reconnais que sa Loi
Ainsi je considère que chaque matin lorsque je me réveille, c'est du bonus.. je suis en vie et j'essaie de faire du mieux que je peux pour me rapprocher de mon créateur.. Avec amour, humilité, tendresse, rire et humour.

Maintenant je peux partir, sans plus jamais revenir

Ce que j'écris ici est un chant, un Kaddish d'amour
Un témoignage d'âme


C'est un cri ancien, une douleur muette 
Une tentative désespérée de conjurer la perte première

C'est une lettre à mon fils, un chant, une prière.
Je suis le sujet, et non l'objet du manque,
Je porte une parole qui le traverse.

Tu étais notre promesse
L'avenir, le notre, celui des Notres.

C'est pour ces raisons que nous sommes partis
Ton papa et moi
Sur cette Terre que D. nous a donné
Pour vivre
Fonder une famille, t'aimer, de voir grandir


Tu étais notre promesse
Notre joie, notre espoir, notre Hatikvah


Mon enfant, mon Bébé, mon petit Sabra, mon Etoile 
Il est temps que je te raconte notre histoire et la tienne 
Ta très courte vie
J'ai essayé maintes et maintes fois,
A chaque tentative j'ai renoncé
Les mots me manquent pour dire ce malheur, cette tragédie
Cette douleur, cette abîme de souffrance, ce vide rempli de désespoir

Tu es un enfant de l'amour
Celui de deux êtres, deux âmes qui se sont reconnues et aimées au premier regard
Une rencontre improbable dans un lieu étrange où ils ne devaient pas être. 
J'étais si jeune, il était si beau, si grand,
Je n'oublierai jamais ce moment, c'était hier, il y a cent ans, il y a mille ans...
C'est maintenant, C'est toujours, à chaque seconde,

J'essaye de te dire, mon enfant, mon Amour, mon Tout Petit, car toi seul a le droit de savoir qui étaient tes parents...
Mais il me faut encore un peu de temps.. S'il te plait

Le temps nous en avons, 
Notre temps c'est l'Eternité.

Tu avais toute une famille qui t'attendait,
Celle de ton papa, car la mienne déjà n'était plus.
Tu sais les Miens ont presque tous été assassinés dans les camps de la Mort.
Ils n'ont pas de sépultures.
Ils venaient des quatre coins de l'Est et de l'Empire Austro-Hongrois,
Ton grand père était Juif mais Allemand.
Il a échappé à cette horreur,
Ses parents ont fuis l'Europe quand il était bébé.
Sa famille Juive Hongroise a été exterminée.

Ton Papa, lui était Séfarade et sa famille m'a adoptée, 
Aimée dès qu'il m'a présentée 
"Voilà Yehoudit, celle qui sera mon épouse devant D.ieu"
Je l'ai éte le suis et le serai jusqu'à mon dernier souffle
Celui qui nous réunira tous les trois enfin 
Sur notre Terre où tu reposes prés de ton Père.

Tu étais l'Espoir "celui de notre Peuple,
"Cet enfant sera celui qui réunit enfin nos deux communautés "' disait ton arrière grand mère en nous serrant ton père et moi dans ses bras...
"Vous êtes si beaux mes Enfants"..
Tu étais attendu tellement !


Nous sommes partis tous les deux :
un aller simple pour chez nous

Ton papa avait choisi d'être soldat
Trés vite il à intégré une unité d'élite.
Servir son pays, le protéger pour que tu puisses vivre en paix
Que nous puissions tous vivre sur la Terre Promise
J'ai fait moi aussi mon devoir

La vie notre vie était simple, heureuse,
Nous t'avons désiré, et tu es venu
Nous étions heureux
Simplement heureux


Et puis

Un jour on a  frappé à la porte de notre maison.
Depuis ce jour là je ne supporte plus qu'on frappe à ma porte je crois mourir comme ce jour là à chaque fois, ce bruit est inscrit au plus profond de ma mémoire et de ma chair.

Oui mais tu étais là
Trop peu de temps
Vous n'avez pas eu le temps de vous rencontrer,
Ton papa n'a pas pu te prendre dans ses bras.

Je crois qu'on peut mourir de chagrin
Je suis encore en vie, mais une partie de mon coeur, de mon âme, de ma vie ne l'est plus
Elle est restée là bas..
Avec vous sur un coin de notre Terre où je suis chez moi
Elle y est bien je crois,

Quand la peine m'étouffe et que la vie me pèse, 
Je vous vois tous les deux danser au Gad Eden,
Cela m'apaise un peu.


Oui,on peut mourir de chagrin, mais je suis restée en vie car j'ai fait une promesse
La vie est un cadeau.
On ne refuse pas les cadeaux de l'Eternel.

Je suis devenue ce que je suis encore,
Autrement maintenant,
Mais comme ton papa,
Fidèle à la parole donnée, l'honneur, à notre pays jusqu'à ma fin.

Je n'avais rien à perdre, j'avais déjà tout perdu
Alors o
n m'a alors enseigné le prix de la vie, de la mienne et des autres
Et j'ai compris que la vie n'avait pour nous pas de prix.


J'ai agi toujours avec rigueur, discipline, violence parfois s'il fallait,
je n'ai jamais hésité un seul instant,
Dure, froide, déterminée, endurante je n'ai jamais crains l'effort ni les défis,

La vie ne tient qu'à un fil. Je crois qu'il était solide

Je ne me suis rien épargné
J'ai enduré la douleur
J'ai dépassée toutes mes peurs, 
Trop souvent mes limites, pour aller au delà de moi même
Sûrement pour expier de vivre encore,
Transgresser les interdits sans me retourner. jamais, sans êtat d'âme aucun.
Il fallait.

Mon Enfant,  mon petit Sabra sois fier de tes parents. 
Ton papa est tombé au combat pour défendre sa Terre, notre Terre pour que toi, tous les enfans d'Israel aient le droit de vivre en pays chez eux.

Nous avons été de bons Juifs, de bons soldats, de bonnes personnes je crois.
Ton père était croyant élevé dans la Foi Séfarade,
Moi je n'ai rien reçu, mais je crois  en Hashem et je prie,
je récite les prières que m'a apprises Ima ta grand mère,
Nous nous aimions profondément
Elle m'a enseignée ce qu' "être une femme Juive"
Ce que je n'ai jamais cessé d'être.

Je t'aime mon Fils, tu es l'ainé de mes enfants; ils savent qui tu es, leurs pères aussi l'ont su
Tu as deux soeurs et un frère. Une autre petite soeur aurait du venir au monde..

Rassure toi mon Enfant, mon Petit Sabra, mon Amour, mon Tout Petit, mon Coeur
Ma vie n'est pas triste même si les fissures de mon âme laissent s'échapper des larmes de sang
Chaque année je célèbre ton anniversaire, ce jour béni où tu as fait de moi une mère, ta mère qui t'aime au delà de tout pour l'étenité.


Sache mon Amour d'enfant,
Mon tout petit que tu vis en moi,
Vous vivez ton père et toi en moi, 
Chaque fois que mon coeur bat


Je pleure en y pensant,
En écrivant ces lignes.

Je remercie D.ieu d'avoir été aimée de ton père.
Mon Gibbor,
D'avoir été sa "Neschama"
De t'avoir porté et mis au monde
Ce bonheur a été trop court
Soyez benis.
Mais il a été. BH

Que vos mémoires soient sources de bénédiction

Yehoudit..
A toi mon fils, à toi mon Epoux
.

Crédit photo @brigittedusch, archives privées : carte postale de Messada adressée par mon époux ce jour là (pour ceux qui savent ) 


mardi 1 juillet 2025

Danse avec l'impermanence



Sie sagt

"Tu me demandes.. ici ? Ailleurs ? Où ? Dans combien de temps ? ...

Mais toutes ces questions ne veulent rien dire pour moi

Tu me demandes encore ? demain ? Toujours ?

Mais ces mots n'ont pas de sens pour moi. 
Cette temporalité linéaire, ces repères qui sont les tiens me sont étrangement étrangers.
Demain ? c'est loin.. Je ne sais pas, je ne peux pas.

Je ne sais pas ce que je serai, où je serai, si je serai là, vivante ? Je n'en sais rien
Et je m'en fous

Toujours ?

Mais c'est la mort, toujours, cela signifie qu'il n'y a pas même l'espoir d'un demain, d'un après, d'autre chose, d'un ailleurs, d'un possible.
C'est une capitulation
Je ne me rends pas, je suis comme toi, un soldat, mais ce combat là est différent.
 
Te répondre : Non ne ne peux pas.

Je comprends, je sais que pour toi c'est difficile, impossible, que ça l'a toujours été et que ça toujours été ainsi pour toi.. 
Mais je ne peux pas te répondre car je n'en sais rien.

C'est ma musique intérieure, celle qui me berce à chaque réveil, chaque matin est un étonnement devant la vie, ce cadeau. précieux.

Ce qui représente une (pseudo) sécurité pour beaucoup est une terrible angoisse pour moi. Une angoisse de mort.

Définitif. Sans issue... No futur. 

Pour moi la vie, vivre ce n'est pas ça, vivre c'est le mouvement et l'impermanence, celle d'un demain qui danse au rthyme des notes que j'écrirais.

Demain est une symphonie.


Demain est à construire à inventer le jour même qui adviendra après celui ci, cet aujourd'hui que je vis au présent. Demain n'existe pas encore.


Moi, je veux danser avec l'impermanence et l'inconnu,  valser avec le vent et me laisser surprendre.


Et c'est dans cette danse que je t'aime, que je t'étreins mais je ne t'y enferme pas, ce n'est pas une géole, c'est un souffle : celui de la vie.

Je veux créer, inventer ce qui n'existe pas encore, créer ce moi que je ne suis encore pas, je veux devenir, je veux advenir. 
Je veux un vertige.


La fin, c'est la mort, se dire que ce sera ma dernière demeure, mon dernier amour mon dernier déménagement... Non c'est impossible

C'est vivre à huis clos.
C'est terrifiant
Ce qui est rassurant pour certain est terrifiant pour moi
C'est restreindre,fermer, clore, cloturer,  enfermer, corseter, interdire le champ des possibles
Et cela ne l'est pas pour moi
C'est comme faire la dernière valise
Prendre le dernier train

Pour l'ultime destination
Tu sais ce que cela veut me dire.

Brigitte Judit Dusch, psychanalyste, historienne, exploratrice urbaine
Crédit photo @brigittedusch


lundi 23 juin 2025

22 juin.


Il est venu me chercher ce 22 juin
Nous avions besoin de panser et penser nos blessures
Je crois
Il était venu déjà sans prévenir pour refaire "notre chemin à l'envers"
Nous avions marché, dans le silence
Avec pour toute parole : nos regards
Et quelques gestes de tendresse
Ceux de l'amour, 
Ceux que jamais l'autre n'oublie
Car il faut s'être aimé pour faire ça et s'aimer encore 
Je crois
Je lui avais demandé de me promettre 
De ne pas me dire, encore
De ne pas me parler de notre passé
De ce temps où nous nous sommes aimés
De ces moments que la guerre encore nous a volés
De sa vie qu'il avait choisi envers et contre tout, et tous
A nous oublier souvent, à penser à nous, de si loin

"Je me bats pour que ceux qui te ressemblent aient le droit de vivre " m'avait-il dit alors, oubliant sûrement que sa mère était marane.

La guerre est toute sa vie, c'est ainsi que nous nous sommes connus.
C'est là, à travers elle que nous nous sommes aimés

Pourtant je le savais, et le sais encore,

Ce n'est jamais bon d'aimer un soldat
Infernale répétition

La guerre, les missions, les opérations, partout, du moment que ce soit en enfer, il a toujours aimé défier le satan, c'est pour ça que je l'aime encore

Il disait qu'il ne repartirait plus. 
Je savais qu'il disait vrai à ce moment là, mais sa vie n'était pas avec moi, avec nous
Il m'écrivait qu'il reviendrait.
Il m'écrivait "attends moi, je t'aime"
Il m'écrivait que j'étais son refuge. Lequel ? je ne sais pas, il n'était heureux qu'en conduisant ses foutus blindés, les seuls avec qui il faisait vraiment corps.

Aujourd'hui je m'en fous, j'étais heureuse qu'il vienne, qu'il soit là, il a su que je ne pourrai pas la vivre seule cette journée cette fois, il est le seul à savoir ça, à tout savoir de moi car on se ressemble.. 

Il n'avait pas promis mais il ne m'a pas dit cette fois "je n'aurai pas du... je regrette...'

Il m'a dit "je veux prendre soin de toi, te protéger de la guerre, te protéger de tout,  je veux être là, maintenant.. Si tu veux, si tu peux, si tu m'aimes, si tu m'aimes encore , si tu m'aimes toujours."

Je n'ai rien dit, j'ai pleuré, pleuré, toutes les larmes d'une vie, de mes vies, toute les larmes que peut contenir une vie je crois.

Il n'a pas toujours été là, j'ai tremblé bien des fois, à chaque fois
J'ai passé et passe encore ma vie à trembler... 

Ce n'est jamais bon d'aimer un soldat
Foutue répétition

Il a été là pourtant quand j'ai soufffert, sans le dire, discret... mais là, je sentais sa présence.. cela me suffisait.

Il était là ce 22 juin, tremblant pour moi, il n'en menait pas large ce jour là, mon bel officier, mon fier tankiste, tout pâle, pleurant devant ce bébé si petit, notre fille.. 
Il a été un bon père, nous avons été de bons parents je crois.

La vie est cruelle, parfois souvent
Mais un enfant lie deux êtres pour toujours quoiqu'il arrive.

Il m'a dit comme la dernière fois "prends tout le temps que tu veux, que tu voudras, qu'il te faut, qu'il te faudra...je ne suis pas pressé, je t'attends........ Depuis tellement longtemps".

Il m'a pris dans ses bras, je crois que je me suis endormie.

Il m'a regardée et pour la première fois m'a dit
'Pardon"
Cela change tout..........
Ce serait tellement plus simple
Si je ne l'aimais plus.

Brigitte Judit Dusch.
crédit photo @brigittedusch



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